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A Libourne, la copie d’une toile d’un grand maître italien qui n’en était pas une

“Une redécouverte exceptionnelle!” Dormant dans les sous-sols du musée de Libourne (Gironde) depuis des décennies, une toile considérée jusque-là comme une simple copie tardive d’un Guido Reni, pourrait bien être un original du peintre baroque italien du XVIIe siècle.”Les rebondissements font partie de nos métiers, du off, de ce que le public ne voit pas. Mais des rebondissements de cette sorte, c’est unique dans une vie”, s’enthousiasme Caroline Fillon, la directrice du Musée des Beaux-Arts de Libourne qui a pris le pari de partager cette “enquête policière” avec le grand public.Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, cette petite ville à l’est de Bordeaux reçoit, pour son musée, un legs de la veuve d’un député: une toile de 2×3 m, présentée comme une copie du XIXe siècle de la scène “Atalante et Hippomène” de Guido Reni (Bologne, 1575-1642).Il existe trois versions reconnues de ce tableau: au Prado à Madrid, au musée Capodimonte à Naples et auprès d’un particulier à Bologne.Fin 2022, dans les réserves du musée de Libourne où dorment quelque 4.500 œuvres, la plupart provenant de la collection royale du Louvre, “l’attention des équipes se porte sur un tableau qui n’avait jamais été exposé”, souligne Mme Fillon. – “Surprise” -Sous un film protecteur, on devine tout juste l’oeuvre, sans détails. Il est alors décidé d’en retirer une petite partie.”On tombe sur la main gauche d’Atalante qui tient une pomme d’or. Et là, on se dit que cette main, avec ce volume, cette carnation, elle est magnifique”, se souvient la directrice du musée.Une restauratrice indépendante, Sophie Jarrosson, a immédiatement un doute sur la datation XIXe siècle. Notamment à cause du tissage sergé de la toile, “tout à fait caractéristique d’un XVIIe siècle”, explique-t-elle.Interpellé par la découverte, le Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF) à Paris, habilité à prendre en charge les collections des institutions bénéficiant de l’appellation “Musée de France”, accepte d’étudier le tableau pendant six mois, de juillet à décembre 2024.Dans cet “hôpital des œuvres” regroupant toute sorte de spécialistes, la toile passe par tous les services, de la radiographie, à la réflectographie infrarouge ou encore la cartographie de fluorescence X. Des prélèvements sont aussi effectués.”Les premières analyses confirment qu’il ne s’agit pas d’une copie peinte au XIXe. C’est déjà une très bonne surprise”, indique à l’AFP Matthieu Dussauge, conseiller pour les musées à la DRAC.- Des peintres “businessmen” -En attendant d’autres résultats, le tableau est retourné à Libourne, où Mme Jarrosson poursuit un minutieux travail de restauration, accessible au public du 18 mars au 15 juin.Scalpel à la main, elle gratte une fine couche de résidu de cire, pour tenter de retrouver les couleurs originales de cette toile représentant le jeune Hippomène battre Atalante à la course grâce à une ruse: il jette sur son chemin des pommes d’or, confiées par la déesse Aphrodite, que la jeune femme s’empresse de ramasser.”Regardez la ligne, là, de la jambe, est un +repentir+. Et en dessous du gros orteil, pareil. En tout, il y a une dizaine de ces +repentirs+, signe de changements de composition. Ce sont des choix qu’on ne fait qu’à la création d’une œuvre, pas à la copie”, explique la spécialiste qui a notamment travaillé pour la restauration de Notre-Dame-de-Paris.A l’époque de Guido Reni, qui était l’un des artistes les plus recherchés des cours européennes du XVIIe siècle, il était courant que coexistent plusieurs versions d’une même oeuvre. “Les peintres étaient aussi des businessmen, c’est comme ça qu’ils gagnaient leur vie”, explique Mme Jarrosson.”Ce vers quoi on s’oriente aujourd’hui c’est qu’il s’agit bien d’un tableau sorti de son atelier” où quelque 200 élèves collaborateurs travaillaient pour lui, en reproduisant des tableaux à succès, affirme Matthieu Gilles, responsable de la filière peinture au C2RMF.Est-ce la toile vendue à Paris en 1867 par le Marquis de Salamanca, homme politique et entrepreneur espagnol, puis perdue de vue? Et si le tableau s’avérait être de la main du grand peintre baroque lui-même, pourrait-il avoir précédé toutes les autres versions connues?”L’enquête” menée par un comité scientifique (composé de membres du musée, du C2RMF, de la DRAC et de spécialistes du peintre ou de la période) se poursuit, “mais tout concourt à dire qu’on a fait une découverte fabuleuse”, savoure la directrice du musée de Libourne.

Samuel Paty: le collège de l’enseignant assassiné a officiellement pris son nom

Le collège de Conflans-Saint-Honorine (Yvelines), où enseignait Samuel Paty, assassiné par un islamiste radical tchétchène, a officiellement pris son nom vendredi après-midi en présence notamment d’une de ses soeurs et de la ministre de l’Education nationale.Une plaque portant le nom de l’enseignant d’histoire-géographie assassiné en octobre 2020 a été dévoilée à l’intérieur de la cour de l’établissement, précédemment appelé collège du Bois d’Aulne, à cette occasion. Auparavant, dans le vaste hall au plafond géométrique où les collégiens se sont sagement installés avec leurs sacs à dos, la principale Marianne Viel, la ministre de l’Education nationale Elisabeth Borne et Gaëlle Paty se sont entre autre exprimées pour louer l’action éducative de Samuel Paty et appeler à faire vivre les “valeurs de la République”.Ce changement de nom “est le symbole d’une promesse que ni l’oubli, ni la peur, ni la violence ne l’emporteront”, a déclaré Elisabeth Borne devant un parterre de collégiens, d’enseignants, de personnels de l’Education nationale, d’élus et d’officiels. Une chorale de collégiens a ensuite interprété “Il changeait la vie” de Jean-Jacques Goldman. “Après le Bois d’Aulne, Samuel Paty, c’est donc le nom de la vie qui continue malgré la mort, au-delà de la mort”, a déclaré une enseignante, lisant un texte composé avec ses collègues. “C’est le nom de la transmission à la jeunesse, de l’espoir envers les générations futures, c’est désormais le nom de notre collège et nous l’écrirons sur son fronton, à côté des mots +Liberté, égalité et fraternité+”, a-t-elle conclu, émue.Le collège avait proposé en septembre ce changement de nom, une décision approuvée par le conseil municipal puis par le département.Samuel Paty, professeur âgé de 47 ans, a été poignardé puis décapité le 16 octobre 2020 par Abdoullakh Anzorov, un réfugié d’origine tchétchène.Le jeune homme de 18 ans, musulman radicalisé, lui reprochait d’avoir montré en classe des caricatures de Mahomet. Avant d’être tué par la police, il avait revendiqué son geste en se félicitant d’avoir “vengé le prophète”.Le maire de Conflans-Sainte-Honorine, Laurent Brosse, avait indiqué en octobre, après le vote du conseil municipal, avoir souhaité attendre que tous les collégiens ayant connu Samuel Paty aient quitté l’établissement avant de rebaptiser le collège, ce qui est le cas depuis fin juin 2024.”Je pense qu’aujourd’hui (…) il faut qu’on arrive à construire des choses concrètes pour les jeunes” et “que le nom de Samuel devienne le symbole d’autre chose qu’un drame”, a déclaré Gaëlle Paty à la presse à l’issue de l’inauguration.

Le nouveau Nutri-Score validé, après des dissensions gouvernementales

Mieux orienter les consommateurs vers les produits plus équilibrés sans “pénaliser” pour autant les “produits du terroir”, selon le gouvernement: pour lutter contre surpoids et obésité, le nouveau Nutri-Score a été validé vendredi en dépit de dissensions au sein l’exécutif.”Compte tenu des enjeux impératifs de santé publique, les ministres ont décidé de signer l’arrêté modifiant les règles de calcul du Nutri-Score”, ont annoncé dans un communiqué quatre ministres (Economie, Santé, Agriculture, Commerce).Il s’agit de “lutter contre le surpoids, l’obésité” avec derrière “des sujets aussi lourds que les maladies cardiovasculaires, le diabète et certains cancers”, a précisé la ministre de la Santé Catherine Vautrin sur TF1.Gage toutefois donné au secteur agroalimentaire: les ministres assurent qu’ils seront “attentifs à ce que ce système (…) ne nuise pas aux produits issus de la richesse de nos terroirs et symboles de notre patrimoine culinaire”. Ils entendent rester “vigilants aux effets de bord” que la nouvelle méthode de calcul du Nutri-Score “engendre pour les produits issus du savoir-faire français”.Les entreprises et marques engagées dans cette démarche volontaire ont, par ailleurs, “deux ans pour mettre à jour leurs emballages et apposer le nouveau Nutri-Score”, selon leur communiqué.”C’est une victoire de la santé publique, un grand motif de satisfaction puisque cet arrêté était attendu depuis plus d’un an: cela permet de rappeler que ces enjeux de santé publique doivent être au premier plan des préoccupations du gouvernement”, s’est réjoui auprès de l’AFP le Pr Serge Hercberg, l’un des concepteurs du Nutri-Score.L’association de consommateurs Foodwatch y a aussi vu une victoire de “la mobilisation citoyenne contre les lobbies agroalimentaires”.  – “Oui, mais” -Le feu vert gouvernemental semblait loin d’être acquis la semaine dernière. De précédents gouvernements avaient validé cette nouvelle mouture, plus sévère pour certains produits transformés par l’industrie agroalimentaire pour tenir compte de récents travaux scientifiques. Mais l’actuelle ministre de l’Agriculture Annie Genevard avait assumé publiquement bloquer la publication de l’arrêté, reprochant au niveau Nutri-score de donner une mauvaise note aux produits “remarquables” du terroir, fromages et charcuterie notamment.”Oui au Nutri-score, mais avec une demande d’amélioration continue du dispositif, a déclaré à l’AFP la ministre qui rencontrera vendredi le Pr. Serge Hercberg.”C’est cet équilibre là que je voulais”, a-t-elle ajouté. Mme Genevard met cependant toujours en garde contre les “effets de bord” du dispositif. “Quand on prend un fromage: 100 grammes de fromage classé en E, on ne tient pas compte de la réalité d’une consommation normale de fromage qui est aux alentours de 30 grammes.”Conçu par des scientifiques experts en nutrition, le Nutri-Score a été mis en place en 2017 en France, sur la base du volontariat, et six autres pays européens. Il classe les produits alimentaires de A à E selon leur composition et leurs apports nutritionnels.Le nouveau mode de calcul améliore notamment “la différenciation entre les aliments selon leur teneur en sel et sucre”, ainsi que la classification des poissons gras, des huiles moins riches en acides gras saturés et des boissons.”Il sera demandé aux ministères concernés d’étudier” les “effets de bord” potentiels et “d’initier au niveau européen des échanges pour voir comment mieux les prendre en compte”, précise le communiqué commun des ministres.- “Autres batailles” -Face aux critiques d’Annie Genevard, des voix se sont élevées ces derniers jours pour défendre ce nouvel étiquetage.Il s’agit d’un “vrai outil de santé publique, plébiscité par les Français et influençant les choix d’achats et on ne peut pas faire comme si le surpoids et l’obésité n’étaient pas un problème de santé publique”, a notamment souligné jeudi le directeur général de la Santé, le Dr Grégory Emery.Certains acteurs de la grande distribution et de la transformation agro-alimentaire ont aussi exprimé leur soutien.La fédération patronale des supermarchés, la FCD, a ainsi salué l’arrêté sur le Nutri-Score revisité, étiquetage “utile pour tous: il pousse à des meilleurs choix nutritionnels autant qu’il pousse les entreprises à améliorer leurs recettes”. Il reste “d’autres batailles à mener pour convaincre les industriels d’adopter le Nutri-Score”, et à terme “le rendre obligatoire” pour “donner une chance maximum aux consommateurs de faire des choix éclairés”, selon Serge Hecberg.Foodwatch a assuré qu’elle continuera de “dénoncer les manœuvres des lobbies auprès de la Commission européenne” et de batailler pour que “le logo devienne obligatoire sur tout le continent”. ref-vac-mep-cda-cho-ic/grd/dch   

Procès en diffamation d’un journaliste du Point: Raquel Garrido et Alexis Corbière dénoncent un travail “bâclé”

“Nous vivons en +mythocratie+ et notre dernier rempart c’est le travail des journalistes”, a déclaré vendredi à la barre Raquel Garrido, au procès en diffamation d’un ancien journaliste du Point, qui avait accusé à tort l’ex-députée et Alexis Corbière d’employer une femme de ménage sans papiers, dans un article paru en juin 2022.Vêtue d’un pantalon beige et d’un pull de la même couleur, Raquel Garrido a pris la parole la première, dénonçant l’absence des deux prévenus, l’auteur de l’article, Aziz Zemouri, et le directeur de la publication du Point, Étienne Gernelle. “Il a pris ce qu’on lui a dit pour argent comptant et même avec gourmandise!”, a estimé devant le tribunal correctionnel de Paris Mme Garrido, en commentant le travail de l’ancien journaliste du Point. L’affaire remonte au 21 juin 2022 avec la parution d’un article sur le site internet du Point portant la mention “Exclusif” et intitulé: “L’employée sans papiers de Raquel Garrido et Alexis Corbière”.Le journaliste y mettait en cause le couple de députés LFI de Seine-Saint-Denis, les accusant d’exploiter une femme de ménage sans papiers qu’ils auraient par ailleurs “soumise à des cadences infernales”. L’article affirmait également que les députés, résidant à Bagnolet, scolarisaient leurs enfants à Paris.Dès le lendemain, le journal avait retiré l’article et admis publiquement son caractère “faux” et “mensonger”.”Les vérifications complémentaires que nous avons menées nous ont révélé que des erreurs et des manquements à la prudence ont été commis”, avait reconnu le directeur du Point, Étienne Gernelle, dans un message publié sur Twitter (devenu X) et le site du magazine.”Il suffit de poser la question à n’importe qui à Bagnolet, c’est un village, tout le monde sait où on habite et où nos enfants vont à l’école et lui le grand reporter il n’a pas été capable de le faire!”, a ironisé l’ancienne députée.Aziz Zemouri, qui a quitté l’hebdomadaire après cette affaire, avait présenté ses “excuses les plus sincères”, estimant avoir été “victime d’une manipulation”.Aux enquêteurs, le journaliste avait expliqué avoir été contacté fin mai 2022 par une de ses sources policières, qui lui aurait donné le tuyau sur la femme de ménage sans papiers.Les investigations ont ensuite permis de remonter jusqu’à Rudy Succar, un ex-chauffeur de Jean-Christophe Lagarde, député sortant et candidat UDI opposé à Raquel Garrido. – “Vérifier l’information” -Après plusieurs interrogatoires, l’ex-chauffeur avait reconnu s’être fait passer pour la femme de ménage auprès du journaliste sur demande pressante voire “obsessionnelle” de Jean-Christophe Lagarde, car celui-ci aurait voulu obtenir un élément compromettant contre sa concurrente. L’ex-député a lui dénoncé des mensonges “les plus absolus et les plus absurdes”.”Comment est-il possible qu’un grand hebdomadaire publie cela?”, s’est interrogé Alexis Corbière à la barre. “La différence entre un blogueur, un influenceur et un journaliste, c’est le fait que le journaliste, normalement, vérifie l’information” a-t-il poursuivi. Selon Raquel Garrido et Alexis Corbière, Aziz Zemouri ne les aurait contactés qu’une seule fois par sms la veille de la publication de son article, leur demandant s’ils comptaient régulariser la situation de leur femme de ménage.Dénonçant un travail bâclé et un article politique, Raquel Garrido a rappelé à la barre que d’autres journalistes ont très vite démonté l’enquête du Point. “En tant que militants, personnalités politiques, on est habitué à être attaqués, mais ce moment a été très dur pour notre famille”, a dit Alexis Corbière à la barre. Le procès se poursuit avec les plaidoiries des avocats. 

Conflit sur la succession de Claude Berri: sept personnes mises en examen dont Darius Langmann et Nathalie Rheims

Après des années de dénonciations du producteur Thomas Langmann sur sa possible spoliation dans la succession de son père, le producteur Claude Berri mort en 2009, sept personnes ont été mises en examen récemment, dont le frère de Thomas, Darius, ou l’ultime épouse du “dernier nabab”, la romancière Nathalie Rheims.Ces sept personnes sont mises en examen dans cette information judiciaire ouverte en 2019 notamment pour vol en bande organisée, abus de confiance, faux et usage de faux ou encore blanchiment de fraude fiscale, ont indiqué des sources proches du dossier à l’AFP, confirmées par le parquet de Paris.Selon des éléments de l’enquête dont l’AFP a eu connaissance, Claude Berri, réalisateur (Tchao Pantin, Manon des sources…) et producteur (Les Trois frères, La Reine Margot, Astérix et Obélix: Mission Cléopâtre, Bienvenue chez les Ch’tis…) majeur de l’histoire du cinéma français, laisse à sa mort en janvier 2009 un impressionnant héritage, évalué à 82 millions d’euros. Outre des propriétés à Paris et dans le Lubéron, l’essentiel de ce patrimoine, tel qu’il est évalué en 2011, est composé d’environ 800 oeuvres d’art valant environ 65 millions d’euros.Les deux demi-frères, Thomas, producteur à succès du film oscarisé The Artist, et Darius Langmann, décident alors de partager à parts égales l’héritage (un troisième fils de Claude Berri, Julien Rassam, est mort en 2002), faisant fi d’un testament signé en 1990 par leur père favorisant Darius, né hors mariage et donc lésé par la législation d’alors.La répartition de l’héritage, qui mobilise experts, marchands d’arts, maison d’enchères et implique des collaborateurs historiques de Claude Berri, dure jusqu’en 2013.A l’issue de celle-ci, Thomas, “heureux”, écrit un courriel à Darius versé au dossier: “Nous avons su partager cet héritage comme deux frères”.Mais en juillet 2015, le producteur de “The Artist” déclenche les hostilités contre son petit frère et saisit la justice, s’estimant lésé par la dissimulation de “nombreuses oeuvres d’art” ou par “des erreurs manifestes d’évaluation” dans le partage de 2011.- “Eviter le fisc” -Depuis, l’affaire fait l’objet d’une lourde procédure civile encore en cours, sans décision définitive sur le fond, mais avec quelques défaites d’étape pour Thomas Langmann.Sur le plan pénal, l’information judiciaire ouverte suite à la plainte avec constitution de partie civile de Thomas Langmann de novembre 2018 a abouti à ces sept mises en examen récentes.Outre Darius Langmann et Nathalie Rheims, sont mis en cause la costumière Sylvie Gautrelet, deuxième femme de Claude Berri et mère de Darius, une tante des enfants, l’expert en art et ancien patron de Sotheby’s France, Marc Blondeau, ou encore l’ancienne assistante du producteur et un ex-chauffeur.Selon plusieurs sources en défense qui ont accepté de répondre anonymement à l’AFP, les mises en examen ne sont toutefois pas à la hauteur des faits dénoncés par Thomas Langmann. Selon l’une de ces sources, seuls deux protagonistes, dont Darius Langmann, sont mis en examen pour vol en bande organisée, et un troisième pour complicité de cette infraction.Pour la défense, le coeur du dossier est la fraude fiscale, à savoir les soupçons de dissimulation volontaire, dès le début du partage signé en 2011 et avec l’accord de l’ensemble des protagonistes, Thomas Langmann compris, d’un important volume d’oeuvres d’art détenues par Claude Berri, afin qu’elles ne soient pas fiscalisées.”C’était l’une des plus grandes collections d’art d’Europe, l’inventaire était galère et a été mal fait, certaines œuvres ont été oubliées, d’autres ont été cachées d’un commun accord par les deux frères au moment du partage pour éviter le fisc”, a assuré l’une de ces sources.”Je vous confirme que ma cliente Nathalie Rheims n’a été mise en examen que pour un sujet fiscal et n’a pas été mise en examen pour les faits dénoncés par Thomas Langmann”, a indiqué à l’AFP son conseil, Me Christophe Ingrain.Les autres avocats du dossier, dont celui de Thomas Langmann, n’ont pas souhaité commenter.Selon les éléments de l’enquête, Darius Langmann a d’ailleurs reconnu que certaines oeuvres n’avaient pas été inventoriées, mais affirme que son frère Thomas “en avait parfaite connaissance” voire en détenait certaines.Plusieurs médias ont indiqué qu’une rectification fiscale a visé les deux frères. 

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Extension de la chasse au cerf: le gouvernement n’a “pas tranché”

La ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, a indiqué vendredi n’avoir “pas tranché” sur une possible extension de la période de chasse au cerf, envisagée pour réduire les dégâts agricoles et forestiers mais contestée par les défenseurs de l’environnement.”Pour être claire, je n’ai pas tranché aujourd’hui, mais ce que je sais, c’est que j’ai un problème et j’ai des solutions qui sont testées actuellement auprès des différentes parties prenantes”, a-t-elle dit à des journalistes en marge d’un déplacement consacré aux forêts à Auberive en Haute-Marne.Le gouvernement avait ainsi mis en consultation jusqu’à jeudi un projet de décret qui permettrait d’avancer au 1er juin la chasse au cerf élaphe (ou cerf d’Europe), sous conditions, contre le 1er septembre au plus tôt actuellement. “Les densités de cerfs trop fortes peuvent conduire au surpâturage et provoquer des dégâts agricoles et forestiers importants”, justifie le gouvernement dans ce document. Les populations, en progression constante, occupent le tiers de la superficie forestière nationale, note la même source.”On a trop de cervidés. Les cervidés sont taquins, ils boulottent … une replantation sur deux”, a observé Agnès Pannier-Runacher lors d’une table-ronde. “Quand vous voulez faire un milliard d’arbres et que vous vous retrouvez avec 500 millions d’arbres, il y a un léger problème donc il va falloir gérer cela”, a-t-elle commenté, en référence au plan gouvernemental de replantation d’arbres.Le projet de décret a toutefois suscité une forte opposition des associations de défense de l’environnement.”Cette nouvelle extension de période de chasse accentuerait le dérangement de la faune sauvage en pleine période de reproduction et de dépendance des jeunes, tout en encourageant l’usage d’armes à feu à une époque de l’année où les promeneurs sont les plus nombreux dans la nature”, critique ainsi la LPO.La ministre a reconnu la nécessité de concilier à la fois une “perception d’un risque” et l’attachement à des “espèces fort aimables” avec “une réalité, c’est-à-dire un peuplement de cervidés qui a énormément progressé et des chasseurs qui, au plan national, ne réalisent que 73% de leur plan de chasse”. “Ce sera un des enjeux du Comité de l’équilibre sylvo-cynégétique, qui sera réuni la semaine prochaine”, a-t-elle indiqué. Ce comité, composé de représentants des propriétaires forestiers et des chasseurs, est notamment chargé d’établir un bilan des dégâts de gibier.

A 200% de droits de douane sur l’alcool européen, “le business s’arrête”, craignent les professionnels

Les professionnels du vin et des spiritueux français ont exprimé jeudi “stupéfaction” et “consternation” après que Donald Trump a menacé de porter à 200% les droits de douane des alcools européens si l’UE ne retirait pas son projet de taxe sur le bourbon.”A 200%” de droits de douane, “le business s’arrête”, a prévenu Nicolas Ozanam, directeur de la Fédération française des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS).Cela reviendrait à tripler le prix de la bouteille vendue. Inimaginable pour le secteur, partagé jeudi entre “stupéfaction, consternation et sentiment d’urgence pour trouver une solution”, a dit M. Ozanam à l’AFP.La nouvelle serait “particulièrement inquiétante” pour la France, observe Sylvain Bersinger, chef économiste d’Asterès, car celle-ci “représente environ la moitié des exportations européennes de boissons alcoolisées vers les États-Unis”.La patrie du champagne, du cognac et du bordeaux a exporté en 2024 pour 3,9 milliards d’euros d’alcools aux Etats-Unis, soit un quart des exportations du secteur.”Les vins et spiritueux ne doivent pas être l’otage d’une escalade commerciale”, a réagi dans la soirée le président du Comité Champagne, David Chatillon, invitant “les deux parties à trouver une solution négociée”.”Notre secteur génère 70.000 emplois en France (…) et n’accepte pas d’être sacrifié du fait de décisions politiques européennes qui ne le concernent pas”, a aussi estimé le Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC), pour qui “le marché américain est (le) premier débouché”.Le pays représente aussi le premier marché des vins de Bordeaux, selon le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux, qui n’a pas souhaité réagir dans l’immédiat aux menaces américaines.- Peu ou pas de droits de douane actuellement -Donald Trump a menacé jeudi d’imposer des droits de douane de 200% sur les vins et alcools de l’UE, si elle ne retirait pas les taxes de 50% annoncées sur le whisky et le bourbon américains.Bruxelles a annoncé ces taxes mercredi en représailles aux surtaxes américaines de 25% sur l’acier et l’aluminium.”On ne comprend pas ce que fait la Commission européenne, (…) ça n’a aucun sens”, a estimé M. Ozanam.Mais “on ne peut pas se laisser terrasser par des menaces de cet ordre”, a estimé le Premier ministre François Bayrou, en marge d’un déplacement à Lyon. “Il importe que nous montrions, nous, Européens, (…) que nous ne cédons pas à ce genre de menaces”, a-t-il ajouté, balayant l’idée d’abandonner la taxe sur le bourbon.”Nous n’avons jamais voulu qu’il y ait une augmentation des droits de douane”, a souligné le ministre du Commerce extérieur, Laurent Saint-Martin, sur BFMTV. “Nous ne voulons pas d’une guerre commerciale mais l’Europe ne va pas se laisser faire si les Etats-Unis continuent à menacer les exportations européennes”, a-t-il ajouté, appelant à poursuivre le dialogue pour convaincre les Américains de faire machine arrière.Les droits de douane américains sur le vin français sont aujourd’hui à un niveau très bas, autour de 10 centimes d’euro le litre, selon la FEVS. Les spiritueux étaient eux exonérés de taxes depuis un accord transatlantique de 1997.Ce dernier avait permis, selon le lobby du secteur Spirits Europe, un boom des échanges jusqu’en 2018, quand la précédente administration Trump avait lancé sa première guerre commerciale sur l’acier et l’aluminium.- Secteur déjà fragilisé -Les spiritueux subissent déjà depuis l’automne une surtaxe de Pékin, son autre grand marché, en contentieux avec l’UE, ce qui a entraîné une baisse de 25% des exportations de cognac et d’armagnac vers la zone Chine/Hong-Kong/Singapour.”On savait que ça allait nous tomber dessus, mais 200%… Les Etats-Unis sont notre deuxième marché export en valeur et en volume”, s’est alarmé jeudi Olivier Goujon, directeur de l’interprofession armagnac, appelant le gouvernement à “prendre le sujet à bras le corps”.A 200% de taxes, une bouteille de champagne vendue une soixantaine de dollars passerait à plus de 180, souligne Vitalie Taittinger, présidente de la maison de champagne éponyme: “le prix risque de devenir inaccessible pour le consommateur”, alors que les Etats-Unis sont le deuxième marché à l’exportation après le Royaume Uni.Depuis son retour à la Maison Blanche, le président américain a multiplié les annonces de droits de douane, comme moyen de pression sur les Etats tiers, de protection de certains secteurs industriels et source de revenus pour l’Etat fédéral.burs-pla-max-lam-cho/jum

Droits de douane: Eric Lombard déplore une “guerre idiote”

Le ministre de l’Economie Eric Lombard a regretté vendredi une “guerre idiote” avec les Etats-Unis, après les menaces de Donald Trump d’imposer à la France et à l’Union européenne des droits de douanes de 200% sur leurs champagnes, vins et autres alcools.”Les Etats-Unis en faisant ça, se font mal”, a estimé Eric Lombard dans l’émission les 4 vérités sur France 2.”On va être dans une phase d’escalade, ils ont taxé à 25% l’acier et l’aluminium européen, nous avons répondu, ils répondent à nouveau, ça s’est passé comme ça il y a huit ans”, a-t-il poursuivi, déplorant une “guerre idiote”.”Il faut qu’on discute avec les Américains pour refaire baisser la tension”, a encore déclaré Eric Lombard précisant qu’il se rendrait aux États-Unis pour rencontrer ses homologues “dans les jours qui viennent”.Depuis son retour au pouvoir en janvier, le président américain a lancé une série d’offensives commerciales contre ses alliés comme ses concurrents, affirmant que les Etats-Unis étaient injustement traités dans les échanges internationaux.Sont ainsi entrées en vigueur mercredi des surtaxes de 25% sur l’acier et l’aluminium, auxquelles l’UE a riposté en annoncant le jour même des droits de douane sur plusieurs produits américains dont le bourbon, les motos ou les bateaux. Le président américain a surenchéri avec ses menaces sur les alcools européens.”On sait que Trump est un négociateur et que sa façon de négocier, c’est d’abord d’augmenter les droits de douane”, a estimé Eric Lombard. Et “si on veut pouvoir négocier avec lui, il faut qu’on se mette à armes égales”, a-t-il justifié. Interrogée vendredi sur Sud Radio, la ministre du Commerce Véronique Louwagie a indiqué de son côté qu’il y avait “une autre liste de 90 pages qui est prête au niveau européen pour taxer d’autres produits venant des Etats-Unis”, mais sans détailler lesquels.”Il ne faut surtout pas, s’il y avait un deuxième paquet de sanctions (européennes, NDLR), y adjoindre des vins et des spiritueux,” a pour sa part dit vendredi à l’AFP la ministre de l’Agriculture Annie Genevard.”Je regrette, avec les producteurs (d’alcools européens NDLR), qu’on ait intégré dans la liste des produits sanctionnables, le bourbon. C’était un chiffon rouge”, a-t-elle ajouté, condamnant la menace américaine et espérant “que le travail de discussion entre les Etats-Unis et l’Union européenne va s’engager de façon à revenir à la raison”.Le Canada de son côté a déposé plainte devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC), estimant que les surtaxes américaines vont “à l’encontre des obligations des Etats-Unis” en matière de commerce international.

Puces de Saint-Ouen: 3,5 tonnes de marchandises de contrefaçon saisies

Près de 3,5 tonnes de marchandises de contrefaçon, selon une première estimation, ont été saisies sur le marché aux puces de Saint-Ouen, a-t-on appris mercredi de source policière et auprès du parquet de Paris.”A la suite d’un renseignement anonyme portant sur différents lieux de stockage et de vente des puces de Saint-Ouen, dont certains situés sur la commune de Paris, la SDLII (Sous-direction de lutte contre l’Immigration irrégulière) a interpellé cinq personnes” dimanche, a relaté le parquet.Les interpellations ont eu lieu dimanche matin, vers 7H00, sur le marché aux puces de Saint-Ouen, selon une source policière.Un homme, mis en cause par les premiers éléments de l’enquête, “a été remis en liberté et les investigations se poursuivent dans le cadre d’une enquête préliminaire”, a ajouté le parquet.Les quatre autres personnes “ont été laissées libres sans poursuites, aucun élément ne permettant de retenir leur implication dans le caractère contrefait de la marchandise”, a-t-il précisé.Une première estimation faisait état de 20 tonnes de marchandise contrefaite saisie.”Si un certain nombre de cartons ont été saisis, le poids ne sera connu qu’au moment de la destruction et est évalué plutôt à 3,5 tonnes au maximum”, selon le parquet. Par ailleurs, les premières investigations n’ont pas démontré “de caractère organisé de cette vente de contrefaçon, mais a été découvert un atelier à Aubervilliers, dans lequel de fausses marques étaient apposées sur les vêtements destinés à la vente”, a développé le ministère public. Dans un premier temps, les soupçons portaient sur un réseau d’immigration irrégulière spécialisé dans l’exploitation de vendeurs à la sauvette et d’importation illégale de maroquinerie de contrefaçon en grandes quantités. Lors de la perquisition du domicile du mis en cause à Dugny (Seine-Saint-Denis), 4.500 euros en espèces ont été saisis, a précisé la source policière.Avec plus de cinq millions de visiteurs par an, le marché aux puces de Saint-Ouen est prisé des collectionneurs, décorateurs d’intérieur et des badaud.Mais depuis des années, des boutiques écoulent de la marchandise de contrefaçon et empiètent sur le territoire des 1.400 antiquaires répartis sur neuf hectares au nord de Paris.

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Licenciements de fonctionnaires: l’ex-patron de l’agence météo américaine tire la sonnette d’alarme

L’ancien chef de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), Rick Spinrad, a tiré la sonnette d’alarme dans un entretien avec l’AFP, à la suite des licenciements voulus par l’administration Trump.Depuis le retour au pouvoir en janvier du républicain, des employés de la NOAA, principale agence américaine chargée des prévisions météorologiques, de l’analyse du climat et de la conservation marine, ont été licenciés et d’autres ont acceptés un plan de départ volontaire. D’autres limogeages sont encore attendus pour aboutir à une réduction de près de 20% des effectifs initiaux.Question: Quel est l’impact de ces départs sur le travail de l’agence?Réponse: “Beaucoup de missions de soutien de la NOAA, dont celles concernant le déploiement de navires et d’avions (météorologiques), ont été supprimées. Cela a empêché l’agence de faire les évaluations nécessaires à l’établissement des quotas de poissons permettant une gestion efficace de l’industrie de la pêche.Les saisons de pêche commerciale doivent être définies bientôt, mais sans données provenant de l’évaluation des quotas, il sera impossible de le faire correctement. Il s’agit d’une industrie de 320 milliards de dollars et de deux millions d’emplois.- Saison des ouragans -Nous entrons dans la saison des tornades dans le centre et le sud-est des Etats-Unis. A mesure que nous perdons des techniciens, entretenir et faire fonctionner des satellites et des radars (permettant de prédire leur apparition) devient plus compliqué. Je suis très inquiet concernant la saison des ouragans. Si on ne peut pas déployer des avions +chasseurs+ d’ouragans ou maintenir les systèmes d’observation qui alimentent les modèles de prévision, les conséquences pourraient être graves.”Q: Avez-vous des informations concernant les plus de 1.000 suppressions supplémentaires de postes réclamées par le gouvernement de Donald Trump ? R: Il n’est pas inhabituel que les gouvernements cherchent à faire des économies et à réduire les coûts. Mais durant mes presque 40 ans d’expérience avec le gouvernement, toutes les autres manoeuvres de cette nature incluaient une déclaration de mission prioritaire, une stratégie ou même une idéologie. Rien de tel, même pas une priorité géographique, n’a été fournie cette fois.Quand je suis parti, la NOAA avait 12.000 employés fédéraux et presque autant de contractuels. Ce qui montre que l’agence a plutôt besoin d’une main-d’oeuvre plus nombreuse, et non pas du contraire, car, honnêtement, les contractuels coûtent cher.”Q: Le programme conservateur “Project 2025”, qui semble être la feuille de route utilisée par le gouvernement Trump, appelle à privatiser l’agence météorologique nationale (NWS). Qu’en pensez-vous?R: “Les coûts (des services) augmenteraient simplement à cause des dépenses d’investissement, des opérations et de la maintenance. Imaginez que le secteur privé doive gérer 122 radars météorologiques, 16 satellites, dix avions (…) sans parler des bateaux.En fin de compte, cela fait que les prévisions météorologiques deviendraient un peu comme la vidéo à la demande. Si vous le voulez et pouvez vous l’offrir, vous le payez. Mais en quoi cela correspond à l’idée que le gouvernement doit être là pour tout le monde, tout le temps?”- “Scientifiques démoralisés”-Q: En quoi réduire le travail de la NOAA sur le climat nuit-il aux intérêts des Etats-Unis?R: “Ce serait une perte terrible. Nous avons travaillé d’arrache-pied pour collaborer avec nos partenaires au travers de l’Organisation météorologique mondiale de l’ONU (OMM).La grande majorité des Américains comprennent la réalité des effets du changement climatique et le fait qu’ils se font sentir dès maintenant. Notre capacité à contribuer à la compréhension de ses impacts sur notre société sera compromise.Les scientifiques sont démoralisés. Ils sont très inquiets car le modèle sur lequel nous nous sommes basés depuis 60 ans est en train de voler en éclats, et nous ne savons pas à quoi va ressembler le nouveau.”