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Attaque jihadiste au Mozambique en 2021: information judiciaire ouverte contre TotalEnergies pour homicide involontaire

Nouveau développement dans le dossier de l’attaque jihadiste de Palma, au Mozambique, en 2021: une information judiciaire a été ouverte vendredi pour homicide involontaire contre le géant français des hydrocarbures TotalEnergies, déjà visé par plusieurs procédures, dont certaines ont été classées.Révélée par Franceinfo, cette enquête sous l’égide d’un ou plusieurs juges d’instruction, qui vise également des faits de non-assistance à personne en danger, fait suite à une plainte déposée à l’automne 2023 par des survivants ou familles de victimes de cette sanglante attaque.Ils accusent la compagnie de négligences dans le cadre de son mégaprojet gazier Mozambique LNG. Le 24 mars 2021, une attaque jihadiste qui avait duré plusieurs jours avait fait un nombre indéterminé à ce jour de victimes parmi la population locale et les sous-traitants.Les plaignants, trois survivants et quatre proches, de nationalités sud-africaine et britannique, accusent le groupe (ex-Total) de ne pas avoir assuré la sécurité de ses sous-traitants.”C’est une avancée très positive” pour les victimes, a réagi pour l’AFP Nicholas Alexander, l’un des plaignants. “Nous avions très peur que (TotalEnergies) soit trop influente, trop puissante, et que peut-être la demande de saisie d’un juge d’instruction” échoue pour cette raison, a-t-il ajouté, espérant que l’enquête “fasse la lumière” sur les faits dont le groupe disposait à l’époque. “L’ouverture de cette information judiciaire est une étape décisive pour les victimes du massacre de Palma au Mozambique”, ont réagi pour l’AFP Mes Vincent Brengarth et Henri Thulliez, qui défendent les plaignants. Ces derniers “ont hâte d’être entendus dans une affaire emblématique de la prévalence de considérations économiques sur des vies humaines”, ont ajouté les avocats. “TotalEnergies apportera sa coopération à cette enquête”, a assuré l’entreprise dans un communiqué samedi.L’entreprise “rejette fermement les accusations et rappelle l’aide d’urgence que les équipes de Mozambique LNG ont apportée et les moyens qu’elles ont mobilisés afin de permettre l’évacuation de plus de 2.500 personnes (civils, personnel, contractants et sous-traitants) du site d’Afungi”, où est situé le chantier du projet de gaz liquéfié.Pour cette attaque, Maputo n’a fourni qu’un bilan d’une trentaine de victimes, mais selon un journaliste indépendant, Alexander Perry, le bilan s’élève à 1.402 civils décédés ou disparus, dont 55 sous-traitants. Plusieurs d’entre eux s’étaient réfugiés dans un hôtel à la sortie de la ville, qui fut assiégée par les jihadistes.Après les faits, TotalEnergies avait stoppé son projet gazier et décrété la force majeure, qui permet à un signataire de contrat de se libérer de ses obligations en cas d’événement imprévisible et insurmontable.- Prêt approuvé -Jeudi, l’agence américaine de crédit à l’exportation a approuvé un prêt de 4,7 milliards de dollars à TotalEnergies pour Mozambique LNG.Le démarrage de la production est désormais envisagé en 2029 ou 2030 au lieu de 2028.Plusieurs ONG, parmi lesquelles Reclaim Finance et les Amis de la Terre, ont appelé vendredi “les autres financeurs (…), dont les banques françaises Crédit Agricole et Société Générale, à refuser de suivre cet exemple toxique et irresponsable et à s’opposer au redémarrage du projet, une bombe climatique associée à de nombreuses allégations de violations des droits humains”.Quatrième major mondiale pétro-gazière, TotalEnergies consacre deux tiers de ses investissements aux énergies fossiles tout en se diversifiant dans l’électricité décarbonée à partir d’éolien et de solaire, des efforts jugés insuffisants par les défenseurs du climat.Le géant des hydrocarbures est visé par plusieurs procédures judiciaires lancées par des ONG sur des sujets climatiques, environnementaux et sociaux, dont certaines ont été rejetées. Le 20 février, la justice a classé sans suite une plainte visant l’entreprise, que trois ONG et huit personnes accusaient d’homicides involontaires et d’atteintes à la biodiversité en raison de l’activité du groupe dans les énergies fossiles responsables du réchauffement climatique.En octobre 2023, une autre plainte portée par deux ONG reprochant à TotalEnergies d’avoir continué à exploiter un gisement en Russie après le début de la guerre en Ukraine avait été déclarée irrecevable pour des raisons de procédure.Les activités du groupe en Ouganda et en Tanzanie font l’objet, à Nanterre, d’une plainte avec constitution de partie civile par quatre ONG qui les qualifient de “climaticide”.Au Yémen, le groupe est accusé de polluer les terres et les eaux d’une région désertique de l’Hadramaout. Une cinquantaine de Yéménites ont assigné l’entreprise en référé devant le tribunal judiciaire de Nanterre pour ces faits en janvier 2024.Le parquet enquête aussi depuis 2021 sur d’éventuelles “pratiques commerciales trompeuses” en lien avec la stratégie climatique de neutralité carbone du groupe.

Cinq ans après le début du Covid et le confinement, des traces dans les mémoires de Français

Anthropologue à l’université Paris-Cité, ancienne membre du conseil scientifique créé pendant la pandémie de Covid-19, Laëtitia Atlani-Duault travaille sur l’impact de diverses crises sur les mémoires.Dans son livre “Covid-19 Ad Memoriam, Fragments pour les mémoires” (La Documentation française), elle éclaire plusieurs traces d’un “moment de basculement” par des témoignages anonymes récoltés de 2020 à 2024, des photographies d’objets quotidiens de l’ère Covid entrés au MuCem à Marseille, et des dessins de presse de Plantu.Q. Vous évoquez des “traces profondes” du “moment de basculement individuel et collectif”, voire de “rupture anthropologique”, de la pandémie de Covid-19. Lesquelles vous paraissent significatives?R. “Beaucoup ont perdu des proches, sans parfois pouvoir leur dire adieu ni voir une dernière fois leur visage, une expérience qui reste très marquante. Une naissance dans un pays confiné, des enfants à la maison avec des parents qui télétravaillent, des couples qui se déchirent, des familles séparées dans des pays différents, la douleur autour des Ehpad, et, parfois, le bonheur de cette période sont aussi dans les mémoires.Témoignages et objets montrent aussi comment, dans les failles des réponses institutionnelles, des voisins se sont entraidés, des familles se sont rapprochées, des communautés ont improvisé des solutions.En même temps, la pandémie a accentué les lignes de fracture, comme le racontent les témoignages. Le virus, discriminant par nature, a frappé plus durement les plus vulnérables, en raison de leur âge, leurs conditions socio-économiques ou leurs origines étrangères. On voit également que les règles de gestion de crise, uniformes au nom de l’égalité, ont souvent aggravé des disparités existantes”.Q. La page Covid n’est pas vraiment refermée?R. “Les effets de la crise ne sont pas tous derrière nous et nous vivons encore ses effets différés. Si nous avons appris à vivre avec le virus, si nos services hospitaliers ne sont plus débordés, si les principales mesures prises durant la pandémie font partie du passé, s’expriment encore des formes de désespérance et de souffrance sociale qui ne concernent pas que les familles endeuillées, voire de souffrance physique pour les personnes atteintes de Covid long. Cette crise a laissé des marques profondes, elle a fait des morts, creusé les inégalités, sacrifié des étudiants, des professionnels et des malades, elle a parfois laissé un arrière-goût amer à tous ceux qui, applaudis tous les soirs au printemps 2020, se sont ensuite retrouvés rejetés dans l’anonymat et des conditions de travail plus difficiles qu’avant. Il y a aussi un rapport aux vaccins affecté très fortement, une défiance plus forte dans les autorités”.Q. Pourquoi défendez-vous, à l’unisson d’associations et d’acteurs sanitaires, un devoir de mémoire pour la pandémie?  R. “Pour transmettre aux générations futures mais aussi tirer des enseignements pour se préparer aux crises à venir, pas seulement sanitaires. Les mémoires de la pandémie seront plurielles, mais l’important est d’imaginer collectivement des rituels de passage. Depuis plusieurs années, des mairies ont organisé des hommages, tous les 17 mars. Pourquoi n’y a-t-il pas, du côté de l’État, de volonté d’une journée d’hommage inscrite au calendrier national, possiblement le 17 mars? Certains demandent des hommages aux victimes du Covid, d’autres aux endeuillés, d’autres encore aux soignants, ma proposition est d’un hommage à la société française tout entière. Ce serait une forme de contre-don du gouvernement, d’autant plus important qu’on parle beaucoup de défiance envers l’État et envers la science mais aussi de se préparer à d’autres crises majeures.Plusieurs propositions de loi ont été déposées depuis 2021, sans succès, pour créer une journée d’hommage national inscrite au calendrier national. Une nouvelle, portée par un groupe transpartisan de députés et à laquelle j’ai contribué, vient d’être déposée le 11 mars pour relancer ce débat à l’Assemblée nationale.Certaines mairies ont aussi créé des monuments en mémoire du Covid, mais il n’y a pas de lieu national. Comme il ne s’agit pas de tout attendre de l’État, je crée un lieu de mémoire de la pandémie: il ouvrira en septembre rue de l’École de médecine, au sein de l’université Paris-Cité, et sera un espace dédié avec des expositions permanentes et temporaires, des conférences et des événements”.

Au salon mondial du tourisme à Paris, les croisières en vogue

Au salon mondial du tourisme de Paris, les stands des croisières ne désemplissent pas, signe d’un intérêt grandissant des Français à la fois pour les petits bateaux en mode expédition polaire ou les mastodontes en Méditerranée.”Je vous ai déjà vues l’année dernière!”, lance une commerciale à deux clientes sur le stand Grands Espaces qui propose des croisières d’expédition dans les régions polaires lors de ce salon qui s’est ouvert jeudi et ferme ses portes dimanche.Marie-Dominique du Fontenioux, 73 ans et Laurence Bolloré Bourdin, 71 ans sont déjà parties avec cette compagnie l’année dernière à Spitzberg, en mer du Groenland. “Pour la nature et les animaux, il y a des oiseaux à foison”, se souvient Marie-Dominique du Fontenioux.Les croisières plutôt qu’une destination fixe car “on est attachées à la mer”, assure son amie Laurence Bolloré Bourdin. Les deux bretonnes se sont offert aussi en novembre dernier trois semaines sur un bateau Costa, direction les Antilles depuis Marseille. Un voyage bien différent des bateaux d’expédition polaire qui ne comptent que quelques dizaines de voyageurs.”Je voulais du soleil pas cher”, lance Marie-Dominique qui en est à sa troisième croisière alors que son amie en compte “une dizaine”.Selon Cruise Lines International Association (CLIA), la principale voix de la communauté mondiale du secteur des croisières qui doit publier dans les semaines à venir les chiffres pour 2024, le nombre de Français ayant voyagé en croisière sur les trois premiers trimestres de 2024 est en hausse de 1% à 388.000.C’est toutefois encore loin derrière les Allemands (1,9 million) et les Britanniques et Irlandais (1,8 million).”La croisière est encore un marché relativement récent en France, avec une croissance significative observée depuis un peu plus de 15 ans”, explique à l’AFP Leonardo Massa, vice-président Europe du sud de la division croisière du groupe MSC.- “Effet wahou”-Sur le stand de CroisiEurope, autre opérateur, l’animatrice confirme à l’AFP “un engouement constant” pour les croisières sur les 50 bateaux du groupe qui naviguent en Europe, sur le Mékong et en Afrique.L’entreprise basée à Strasbourg transporte essentiellement des jeunes retraités mais aussi des familles pour les destinations telles que l’Espagne, le Portugal, l’Italie. “Ce qui plaît au Français dans les croisières, c’est la qualité du service, le côté +tout compris+”, explique à l’AFP Didier Arino, qui dirige le cabinet Protourisme.Sur les grands bateaux aux milliers de cabines, souvent cibles de critiques pour leur impact environnemental, il y a “l’abondance d’activités, de nourriture, de spectacles, de boutiques”, ajoute-t-il estimant que les Français aiment “l’effet +wahou+, le gigantisme”.Qu’il s’agisse des croisières sur les énormes bateaux ou plus intimistes de découverte et d’aventure, les vacanciers veulent “sortir du quotidien et s’offrir des souvenirs”, estime M. Arino.Anne Gayot, 64 ans, se renseigne quant à elle pour sa première croisière qu’elle souhaite faire en Norvège. “Je fuis le tourisme de masse”, explique-t-elle à l’AFP, donc pas question de choisir un gros bateau et une destination soleil. Habituée des randonnées, elle voyage seule cette fois et a choisi la croisière vers une destination “pas encore trop connue”.Quant au climat, Didier Arino estime “que cela peut refroidir une partie de la clientèle qui se sent coupable surtout dans des villes comme Marseille”.Des ONG avaient d’ailleurs bloqué en septembre dernier l’arrivée de bateaux dans la ville pour dénoncer la pollution causée par ces navires.Ces dernières années, Venise ou Amsterdam ont interdit leur centre-ville aux géants des mers.”C’est pour cela que les armateurs développent des bateaux moins polluants”, selon M. Arino. Et “il y a aussi un travail à faire sur l’électrification des ports” qui leur permet de couper le moteur à quai, poursuit-il.Mais “c’est comme pour l’avion, les gens disent que c’est polluant mais le prennent quand même”, résume-t-il.  

La France échappe à une dégradation de sa note par Fitch

L’agence de notation Fitch a maintenu vendredi soir la note souveraine “AA-” de la France, qu’elle avait assortie en octobre d’une “perspective négative”, le gouvernement se disant aussitôt “déterminé” à poursuivre le redressement des finances publiques.La perspective négative attribuée le 11 octobre était une menace d’abaissement de la note qui ne s’est pas concrétisée cette fois.Fitch observe que, malgré son “dérapage budgétaire” de 2024 – le déficit public est passé de 4,4% du PIB en 2023 à 6% du PIB – la France conserve une économie “vaste et diversifiée”, avec des “institutions fortes et efficaces”.L’agence de notation relève toutefois que le déficit public reste à un niveau élevé et que sa réduction reste difficile en raison de l’incertitude politique et de l’absence de majorité du gouvernement Bayrou à l’Assemblée nationale.Le ministère de l’Économie français a immédiatement “pris note” de la décision de Fitch “de confirmer la notation française à AA−, témoignant de la très haute qualité de la signature française, et de maintenir sa perspective négative”.- “Bonne qualité” -“Le gouvernement, écrit Bercy dans un communiqué, est déterminé à poursuivre la mise en œuvre de sa trajectoire de consolidation des finances publiques initiée par la loi de finances 2025 et à l’inscrire dans la durée. La résorption de nos déficits est une priorité”.La note AA- désigne une dette de “bonne qualité”. Un abaissement aurait fait tomber la France en A, “moyenne supérieure”, avec le risque de taux d’intérêt sur les marchés plus élevés et d’une charge annuelle de la dette qui finisse par devenir le premier budget de la nation, devant l’Éducation.Les trois grandes agences, S&P, Fitch et Moody’s, classent désormais la France de la même façon, Moody’s conservant toutefois une perspective stable.Fitch prévoit un déficit public à 5,5% du PIB cette année et non 5,4% comme espéré par le gouvernement, et la croissance à 0,6% (0,9% pour le gouvernement).”Cette baisse s’explique principalement par les risques de montée du protectionnisme international et de ralentissement de la croissance en Allemagne, premier partenaire commercial de la France”, explique-t-elle.Le président américain Donald Trump ne cesse en effet d’agiter des menaces de hausse des tarifs douaniers américains depuis son retour à la Maison Blanche en janvier- Défense et aéronautique -Jeudi, il s’est dit prêt à porter à 200% les droits sur les alcools européens si Bruxelles n’abandonnait pas l’idée de taxer à 50% le bourbon. Une nouvelle qui serait “particulièrement inquiétante” pour la France, selon Sylvain Bersinger, chef économiste d’Asterès, car elle est un grand producteur d’alcool.Fitch considère néanmoins que l’impact de ces points négatifs “est quelque peu atténué par l’augmentation des dépenses de défense européennes, qui bénéficiera au secteur français de la défense et de l’aéronautique”. L’UE va en effet augmenter massivement sa capacité de dissuasion face à la Russie, les visées de la politique étrangère américaine étant devenues plus incertaines depuis janvier.Fitch remarque aussi que l’incertitude politique en France “a diminué après l’approbation du budget 2025”. “Mais la confiance des entreprises et des ménages reste faible”, observe-t-elle.La menace d’une future dégradation est toujours là. Fitch émaille sa note d’observations selon lesquelles la situation financière française est pire que celle de ses pairs classés “AA”.”L’incapacité à mettre en œuvre un plan crédible de consolidation budgétaire à moyen terme, par exemple en raison d’une opposition politique ou de pressions sociales, qui conduirait à une stabilisation de la dette à moyen terme”, au lieu d’une baisse, serait un facteur de dégradation, prévient-elle.La dette représentait 113,7% du PIB à la fin du troisième trimestre. Fitch l’anticipe au-dessus de 120% du PIB fin 2028.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Des déchets textiles amassés près du Sénat pour relancer le débat sur la “fast fashion”

Dix tonnes de sacs de vêtements usagés s’amoncelaient vendredi matin près du Sénat, devant les grilles du jardin du Luxembourg à Paris, une image inhabituelle visant à réclamer l’adoption rapide d’une loi contre la “fast fashion”. Quelques dizaines de militants du collectif “Stop fast fashion” se sont activés dans le froid matinal, peu après 8H00, pour décharger ces déchets, formant un amoncellement d’un peu plus de 2 mètres de haut de sacs poubelle transparents et jaunes, un an exactement après l’adoption en première lecture par l’Assemblée nationale d’une proposition de loi visant à freiner la “fast fashion”.Ce texte “a été voté à l’unanimité il y a un an maintenant: qu’il soit aujourd’hui bloqué, retardé, reporté, contesté, on ne le comprend pas trop”, a déploré Tarek Daher, délégué général d’Emmaüs France, qui figure parmi la dizaine d’ONG fédérées dans cette coalition. Si la proposition de loi n’est toujours pas inscrite à l’ordre du jour du Sénat, la ministre déléguée au Commerce, Véronique Louwagie, a assuré vendredi matin sur Sud Radio qu’elle y serait examinée “avant l’été”, soulignant la nécessité de lutter contre les impacts environnementaux, sociaux et économiques de ce que l’on appelle également la “mode jetable”.”On produit tellement de vêtements, dans des quantités tellement astronomiques, que c’est illusoire de se dire qu’on va pouvoir tout recycler, tout traiter, tout réutiliser. Il y a un besoin de produire moins de vêtements”, a de son côté souligné auprès de l’AFP Pierre Condamine, chargé de campagne surproduction de l’ONG Amis de la Terre France, également membre du collectif. Outre cette mobilisation près du Sénat, Stop fast fashion, auquel participent aussi Zero Waste France ou encore France Nature Environnement, a organisé une quarantaine de manifestations vendredi dans différentes villes de France, des rassemblements ou des distributions de tracts visant à sensibiliser aussi les consommateurs. Selon le ministère de la Transition écologique, l’industrie textile est devenue l’une des plus polluantes au monde. Elle génère près de 10% des émissions de gaz à effet de serre (GES) mondiales – soit davantage que les vols internationaux et le trafic maritime réunis – et consomme 4% de l’eau potable du monde. La proposition de loi “visant à réduire l’impact environnemental de l’industrie textile” prévoit notamment une interdiction de la publicité pour la vente de vêtements à prix cassés et un “malus” environnemental renforcé pour les rendre moins attractifs.

Des déchets textiles amassés près du Sénat pour relancer le débat sur la “fast fashion”

Dix tonnes de sacs de vêtements usagés s’amoncelaient vendredi matin près du Sénat, devant les grilles du jardin du Luxembourg à Paris, une image inhabituelle visant à réclamer l’adoption rapide d’une loi contre la “fast fashion”. Quelques dizaines de militants du collectif “Stop fast fashion” se sont activés dans le froid matinal, peu après 8H00, pour décharger ces déchets, formant un amoncellement d’un peu plus de 2 mètres de haut de sacs poubelle transparents et jaunes, un an exactement après l’adoption en première lecture par l’Assemblée nationale d’une proposition de loi visant à freiner la “fast fashion”.Ce texte “a été voté à l’unanimité il y a un an maintenant: qu’il soit aujourd’hui bloqué, retardé, reporté, contesté, on ne le comprend pas trop”, a déploré Tarek Daher, délégué général d’Emmaüs France, qui figure parmi la dizaine d’ONG fédérées dans cette coalition. Si la proposition de loi n’est toujours pas inscrite à l’ordre du jour du Sénat, la ministre déléguée au Commerce, Véronique Louwagie, a assuré vendredi matin sur Sud Radio qu’elle y serait examinée “avant l’été”, soulignant la nécessité de lutter contre les impacts environnementaux, sociaux et économiques de ce que l’on appelle également la “mode jetable”.”On produit tellement de vêtements, dans des quantités tellement astronomiques, que c’est illusoire de se dire qu’on va pouvoir tout recycler, tout traiter, tout réutiliser. Il y a un besoin de produire moins de vêtements”, a de son côté souligné auprès de l’AFP Pierre Condamine, chargé de campagne surproduction de l’ONG Amis de la Terre France, également membre du collectif. Outre cette mobilisation près du Sénat, Stop fast fashion, auquel participent aussi Zero Waste France ou encore France Nature Environnement, a organisé une quarantaine de manifestations vendredi dans différentes villes de France, des rassemblements ou des distributions de tracts visant à sensibiliser aussi les consommateurs. Selon le ministère de la Transition écologique, l’industrie textile est devenue l’une des plus polluantes au monde. Elle génère près de 10% des émissions de gaz à effet de serre (GES) mondiales – soit davantage que les vols internationaux et le trafic maritime réunis – et consomme 4% de l’eau potable du monde. La proposition de loi “visant à réduire l’impact environnemental de l’industrie textile” prévoit notamment une interdiction de la publicité pour la vente de vêtements à prix cassés et un “malus” environnemental renforcé pour les rendre moins attractifs.

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Italie: des dizaines de Toscans évacués face aux inondations

Plusieurs dizaines d’habitants ont été évacués vendredi en Toscane en raison des inondations causées par de fortes pluies ayant fait sortir de son lit le fleuve Arno, qui traverse notamment Florence et Pise.Le président de la région Toscane, Eugenio Giani, a invité “tous les citoyens à la plus grande attention et prudence” face aux “pluies intenses et persistantes” et alors que l’Arno devrait atteindre son niveau maximal dans la soirée. La région a été placée en alerte météo rouge.Près de Pise, une trentaine de personnes ont été évacuées à Montopoli Valdarno, une vingtaine d’autres à Santa Maria a Monte, ainsi qu’une cinquantaine de familles près des rives de l’Arno dans la campagne de Pise, selon la préfecture. Des dizaines d’autres ont été évacuées près de Florence.Des équipes de pompiers ont été chargées d’assister ces personnes dont les habitations sont menacées par la crue de l’Arno.La Première ministre Giorgia Meloni a assuré sur X que “le gouvernement est aux côtés de la population en difficulté et garantira toute l’aide nécessaire”. Le célèbre musée florentin des Offices, qui abrite notamment des chefs-d’œuvre de la Renaissance, a fermé ses portes plus tôt, tout comme la cathédrale dont la coupole rouge domine la ville.A Pise, des militaires ont disposé des sacs de sable en guise de protection sur les rives du fleuve Arno, qui traverse la ville avant de se jeter dans la mer.Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, le maire de Pise Michele Conti a fait état d’une “situation très complexe” et “surveillée avec attention”, appelant les habitants à rester chez eux pour ne pas entraver le travail des secours.Les écoles “seront fermées demain (samedi) comme elles l’étaient déjà aujourd’hui” vendredi, a-t-il ajouté.Selon Eugenio Giani, des vannes et réservoirs ont été mis en service pour réduire la pression sur l’Arno.Face à cette crise, plus de 500 pompiers et 175 véhicules sont mobilisés en Toscane, a indiqué le ministre de l’Intérieur Matteo Piantedosi. “Ils ont déjà effectué 116 interventions et 200 autres sont déjà programmées dans les prochaines heures”, a-t-il précisé.- Alerte maximale -Outre les pompiers, les forces de police et les membres de la Protection civile ainsi que des volontaires sont sur le terrain pour porter secours à la population.Bernardo Gozzini, du service météorologique toscan Consorzio Lamma, a déclaré au journal Il Corriere della Sera que 60 mm de pluie étaient tombés sur la commune de Sesto Fiorentino, qui touche Florence, entre six heures du matin et midi.”À Florence, au mois de mars, nous avons habituellement 70 mm de précipitations totales. En pratique, c’est comme si un mois de pluie était tombé en six heures”, a-t-il observé.Les écoles, parcs et cimetières de Florence et de la ville voisine de Prato sont restés fermés vendredi. Dans la région voisine d’Emilie-Romagne, “la première vague d’intempéries (…) est terminée et la situation des fleuves est actuellement sous contrôle”, a annoncé vendredi la région dans un communiqué.”Mais l’alerte pour les prochaines heures reste maximale en raison de l’arrivée de nouvelles intempéries”, a-t-elle averti.Plusieurs fleuves sont déjà en crue du fait des “épisodes météo très violents survenus dans la matinée”, s’est inquiété le président de la région Michele de Pascale, appelant à “faire très attention du fait que le bassin concerné a connu ces dernières années plusieurs inondations”.L’Emilie-Romagne a été touchée par des inondations catastrophiques en mai 2023 ayant entraîné la mort de 17 personnes et des milliards d’euros de dégâts.Les scientifiques ont établi que le changement climatique causé par les activités humaines accroît les risques de catastrophes naturelles comme les inondations.

Procès en diffamation d’un journaliste du Point: Corbière et Garrido fixés le 12 mai

La déontologie journalistique a été passée à la loupe vendredi lors du procès en diffamation intenté par les ex-LFI Raquel Garrido et Alexis Corbière, accusés dans un article du Point en 2022 d’avoir employé une femme de ménage sans papiers.Le tribunal correctionnel de Paris rendra sa décision le 12 mai.”Vous avez une source unique qui est frelatée, des faits non vérifiés, un contradictoire qui est une farce: cette enquête ne tient tout simplement pas debout!” a fustigé dans sa plaidoirie l’avocat des parties civiles. “Juger de la qualité de cette enquête, c’est comme jouer au jeu des sept erreurs”, a poursuivi Me Xavier Sauvignet, qualifiant de “buzz organisé” l’article du Point.Ce dernier avait été publié en ligne le 21 juin 2022 avec la mention “Exclusif” et s’intitulait: “L’employée sans papiers de Raquel Garrido et Alexis Corbière”.Le journaliste Aziz Zemouri y mettait en cause les deux membres du couple, tous deux alors députés LFI de Seine-Saint-Denis, les accusant d’exploiter une femme de ménage sans papiers qu’ils auraient par ailleurs “soumise à des cadences infernales”.L’article affirmait également que les députés, résidant à Bagnolet, scolarisaient leurs enfants à Paris.Dès le lendemain, l’hebdomadaire avait retiré l’article de son site et admis publiquement son caractère “faux” et “mensonger”.Aziz Zemouri, qui a quitté l’hebdomadaire après cette affaire, avait aussi présenté ses “excuses les plus sincères”, estimant avoir été “victime d’une manipulation”.”Le contradictoire est une farce” dans cette affaire, a dénoncé Me Sauvaget, rappelant qu’Aziz Zemmouri n’a contacté qu’une seule fois par SMS les députés tout juste élus, avant la publication de son article, leur demandant s’ils comptaient régulariser la situation de leur femme de ménage.A son tour, le procureur de la République a évoqué “un manquement à la prudence” et des informations qui n’ont pas été vérifiées comme elles auraient dû l’être. “Il s’est fait avoir! Tout a été fabriqué pour que ça ressemble à quelque chose qui soit totalement vrai”, a soutenu Me David-Olivier Kaminski dans sa plaidoirie en défense.L’avocat du reporter a défendu le professionnalisme de son client, un journaliste “qui est connu de tous pour sa probité professionnelle”.”Même les meilleurs se font avoir”, a conclu le conseil d’Aziz Zemouri avant de demander la relaxe. – “Vérifier l’information” -L’ancien journaliste du Point a toujours affirmé devant les enquêteurs avoir été dupé par une de ses sources, un policier qui lui a donné le tuyau de la femme de ménage sans papiers.Les investigations ont ensuite permis de remonter jusqu’à Rudy Succar, un ex-chauffeur de Jean-Christophe Lagarde, député sortant et candidat UDI opposé à Raquel Garrido.Après plusieurs interrogatoires, l’ex-chauffeur avait reconnu s’être fait passer pour la femme de ménage auprès du journaliste sur demande pressante voire “obsessionnelle” de Jean-Christophe Lagarde, car celui-ci aurait voulu obtenir un élément compromettant contre sa concurrente. L’ex-député a dénoncé les mensonges “les plus absolus et les plus absurdes”.A l’audience, Raquel Garrido a regretté l’absence des deux prévenus, l’auteur de l’article, mais aussi le directeur de la publication du Point, Étienne Gernelle, tous deux responsables selon elle d’une “des pires fake news de l’histoire politique moderne”.Dénonçant un travail bâclé et un article politique, Raquel Garrido a rappelé à la barre que d’autres journalistes ont très vite démonté l’enquête du Point.”Il suffit de poser la question à n’importe qui à Bagnolet, c’est un village, tout le monde sait où on habite et où nos enfants vont à l’école et lui le grand reporter il n’a pas été capable de le faire!”, a ironisé l’ancienne députée.”Comment est-il possible qu’un grand hebdomadaire publie cela ?”, s’est interrogé Alexis Corbière à la barre. “La différence entre un blogueur, un influenceur et un journaliste, c’est le fait que le journaliste, normalement, vérifie l’information”, a poursuivi le député, qui siège aujourd’hui avec les écologistes. Dans l’autre volet de l’affaire, Jean-Christophe Lagarde, Rudy Succar et Noam Anouar, le contact policier d’Aziz Zemouri, sont mis en examen notamment pour escroquerie en bande organisée. Aziz Zemouri est lui partie civile aux côtés du couple Garrido-Corbière.

Paris sur le point d’envoyer à Alger une liste d’une soixantaine d’Algériens à expulser de France

Des relations diplomatiques à l’étiage et un bras de fer qui continue: la France a établi une première liste d’une soixantaine de noms d’Algériens à expulser, qui doit être envoyée à Alger de façon “imminente”.Dans le viseur des autorités françaises: “des profils de type +troubles à l’ordre public+ ou sortant de prison ou avec des profils dangereux. Sur cette liste ne figurent que des ressortissants algériens, dont nous avons les preuves de la nationalité algérienne”, a déclaré le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, en déplacement à Écully, près de Lyon, pour l’inauguration de l’école nationale de police scientifique de la police nationale.Cette liste “sera envoyée, elle ne l’a pas encore été”, a précisé le ministre, par ailleurs candidat à la présidence de LR et qui a multiplié ces dernières semaines les critiques visant l’Algérie, en particulier sur le volet migratoire.Le refus de l’Algérie d’accepter ses ressortissants sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), dont l’auteur d’un attentat qui a fait un mort à Mulhouse le 22 février, a fini d’envenimer des relations déjà très dégradées entre les deux pays depuis la reconnaissance en juillet dernier par le président Emmanuel Macron de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.”L’Algérie est tenue par un accord international et un accord avec la France. Nous avons plusieurs liens. Cette liste, ce sera un moment de vérité: ou bien l’Algérie accepte de respecter ses obligations, le droit, nos accords signés librement, ou bien nous mettrons en œuvre la stratégie que nous avons organisée d’une riposte graduée qui peut aller jusqu’à la remise en cause de l’ensemble de nos accords”, a poursuivi le ministre.La liste des Algériens expulsables, en l’état, semble loin des aspirations de Bruno Retailleau, qui avait initialement évoqué plusieurs centaines de personnes avant de faire état mercredi sur la radio RTL de quelques dizaines de cas. D’autres listes pourraient suivre, cependant.-engagements-“Nous espérons que tous les responsables, chacun à sa place, vont réfléchir au respect des engagements pris et à la compréhension qui sont nécessaires entre deux pays et deux sociétés qui ont négocié des accords aussi importants que ceux-là”, a fait valoir de son côté le Premier ministre François Bayrou, en marge d’un déplacement à La Rochelle, vendredi.Fin février, le Premier ministre avait menacé de “dénoncer” l’accord de 1968 qui donne un statut particulier aux Algériens en France, l’ancienne puissance coloniale, en matière de circulation, de séjour et d’emploi, si, dans un délai de six semaines, l’Algérie ne reprenait pas ses ressortissants en situation irrégulière.De son côté, le chef de l’État français a joué la carte de l’apaisement en se disant “favorable, non pas à dénoncer, mais à renégocier” cet accord.Si cette liste permet à Bruno Retailleau, en pleine campagne interne pour la direction de son parti, de continuer à adopter un discours de fermeté vis-à-vis de l’Algérie où le ministre de l’Intérieur français est accusé de “surenchère”, Paris espère aussi qu’Alger s’en saisisse pour réchauffer les relations diplomatiques avec son ex-colonie. “Bien sûr que la France aspire à avoir de bonnes relations avec l’Algérie, qui est un pays voisin avec lequel nos relations sont denses”, a assuré cette semaine le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. “Pour cela, il faut que ces relations s’apaisent. Mais l’apaisement, ça ne se décrète pas unilatéralement”, a-t-il néanmoins souligné.Il a appelé les autorités algériennes à se saisir de la liste des ressortissants algériens à expulser afin qu’elles “initient ainsi une nouvelle phase de nos relations qui nous permette de traiter nos différends et d’amorcer d’éventuelles coopérations stratégiques”.L’annonce de cette liste a été par ailleurs faite au surlendemain des révélations concernant la mise en examen d’un fonctionnaire du ministère de l’Economie soupçonné d’avoir livré des informations sur des opposants au régime algérien vivant en France, grâce au concours d’une agente de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii).