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Sur les points de deal à Marseille, des ados traités comme des “esclaves modernes”

“Bonjour, on est séquestré pour le réseau. SVP appelle la police”. C’est l’angoissant message que des clients d’un point de deal de Marseille ont découvert griffonné dans le pochon de drogue qu’ils venaient d’acheter.”On a souvent des mineurs violentés très gravement, séquestrés, mis à l’amende, qui n’arrivent plus à sortir des réseaux” mais “c’est l’omerta, on ne dénonce pas”, explique à l’AFP le procureur de Marseille, Nicolas Bessone, qui n’hésite pas désormais à parler de traite d’êtres humains.Les autorités ne savent pas quoi faire pour endiguer ce phénomène apparu peu avant le Covid. Des centaines d’adolescents, souvent en rupture familiale, “jobbent” à Marseille, recrutés sur les réseaux sociaux. Certains viennent d’ailleurs et les autorités ont même parlé de “narcotourisme”. “On fait croire que c’est le job de rêve mais 100 euros pour guetter de 10H à minuit, au taux horaire, c’est de l’exploitation”, remarque une actrice associative qui souhaite rester anonyme tant la peur règne depuis l’assassinat mi-novembre de Mehdi Kessaci, tué sans doute pour faire taire son frère Amine, militant anti-drogue.Pour Hakim*, descendu de région parisienne fin 2020, les choses ont vite mal tourné. C’est l’un des rares cas qui a donné lieu à des poursuites, car les victimes ne portent presque jamais plainte.Quelques jours à peine après son arrivée, il se jette sur des policiers en patrouille cité de la Busserine, les suppliant de le sortir de là. Cet adolescent alors âgé de 15 ans est certes venu de son plein gré dans la deuxième ville de France mais très vite on lui prend son téléphone, on l’oblige à dormir chez une logeuse “énormément radine”: un bol d’eau pour se laver et un cookie à partager avec un partenaire d’infortune, raconte-t-il aux enquêteurs.Il fait le guetteur et doit crier “ara” à l’arrivée de la police. On lui reproche d’avoir raté une alerte, c’est le début d’un déferlement de violences. Et le gérant du point de deal, à peine plus âgé, un surnommé Loose D dont il ne connaissait pas le vrai nom, une garantie en cas d’interpellation, lui lance sous la menace d’un couteau: “Qu’est-ce que tu serais prêt à faire pour rester en vie ? Est-ce que tu serais prêt à me sucer ?”. Il est violé, on lui fait croire qu’il est filmé pour qu’il se taise.- des “mouchoirs jetables” -Début février une affaire similaire sera jugée aux assises des Bouches-du-Rhône. Les faits se passent cette fois dans la cité de Frais-Vallon en 2022: deux minots à qui on invente “un trou” dans la caisse de 500 euros.Dans les pochons de drogue qu’ils remettent aux clients, ils glissent des petits papiers: “bonjour, on est séquestré pour le réseau. SVP appelle la police il nous oblige a vendre gratuit depuis 1 mois et nous tabasse avec des bare. SVP appelle la police on a besoin d’aide (on a 15 ans)” (sic).Ils finiront par sauter du 2e étage de l’appartement où ils étaient retenus et les pompiers les récupéreront grâce à l’appel d’un passant.Cette brutalité commence désormais à déborder sur des fratries: “si d’aventure, le frère ne rembourse pas ou ne jobbe pas assez, le petit frère ou la petite soeur est mis à contribution, elle est violée pour rembourser”, témoigne un directeur d’un établissement accueillant des mineurs délinquants. Il confirme: ils ne portent jamais plainte par peur des représailles et parce qu’on ne “balance” pas.Les dossiers se ressemblent et face à ce phénomène, où les tortionnaires ont parfois eux-mêmes subi des sévices, la justice est en train d’opérer un changement d’approche significatif.”Quand nous sommes arrivés en 2023, c’était en pleine guerre de gangs entre les clans Yoda et DZ Mafia. Et nous avons fait immédiatement le constat qu’on avait énormément de mineurs décédés, gravement blessés. C’était eux qui étaient au front, ils étaient complètement interchangeables, des mouchoirs jetables. Ils arrivaient volontairement en disant +je vais rentrer dans un réseau+, et puis, très vite, ils déchantaient, puisqu’ils étaient vraiment traités comme des esclaves”, explique Isabelle Fort, qui pilote le pôle criminalité organisée au parquet de Marseille.C’est une juge pour enfants aujourd’hui à la retraite, Laurence Bellon, qui a commencé à parler de traite d’êtres humains. “Ces adolescents sont coincés dans un processus de répétition que l’on aborde aujourd’hui uniquement sous l’angle de la récidive alors qu’il s’agit aussi d’emprise et de soumission à des réseaux très violents”, expliquait-t-elle à l’AFP en 2023.Habituellement, la traite d’êtres humains est réservée aux dossiers de proxénétisme ou de mendicité forcée. Parler de criminalité forcée est totalement inédit en France et cette approche bouscule, divise, mais finit par cheminer.L’Unicef a poussé un cri d’alerte en juillet, soulignant qu’il est “en contradiction avec le droit international que les enfants victimes d’exploitation criminelle fassent encore l’objet de poursuites et de sanctions pénales en France au lieu d’être considérés et pris en charge comme des victimes”.En Belgique ou au Royaume-Uni des lois récentes établissent “que les victimes de la traite ne doivent pas être punies pour des infractions commises sous contrainte”, souligne l’organisme onusien.- D’abord auteur ou victime ? -La France commence à avancer sur ce sujet. En janvier, le ministre de la Justice Gérald Darmanin préconisait lui-même dans une circulaire d'”envisager le traitement des procédures sous l’angle de la répression de la traite des êtres humains”.Le parquet de Marseille a donc ouvert une dizaine d’enquêtes comportant un volet traite d’êtres humains sur des réseaux de trafiquants, annonce-t-il à l’AFP. “Il y a un travail de changement de paradigme pour tout le monde, mais sans tomber dans l’excès inverse de déresponsabiliser complètement les jeunes qui viendraient au soleil de Marseille parce qu’on paye mieux qu’ailleurs”, insiste Céline Raignault, procureure-adjointe, en charge de la division Mineurs-Famille.La traite d’êtres humains obéit à des critères précis : la notion de déplacement, de recrutement aux fins d’exploitation, les menaces, violences, l’abus de vulnérabilité et éventuellement le recrutement par voies de télécommunication, énumère-t-elle.Du côté des policiers, il y a une certaine réticence et une difficulté à faire parler ces petites mains du trafic. “Il faut dans la traite d’être humains qu’on ait à faire à des victimes à 100%”, estime Sébastien Lautard, numéro deux de la police marseillaise.”Actuellement, c’est bien beau, c’est des belles idées, mais on n’est pas prêts”, ajoute le commissaire, pour qui “il y a un flou artistique dans le traitement de ces jeunes-là”, notamment le manque d'”un parcours pour sortir du trafic”.”Il n’y a aucun retour possible, à part de les extraire et de prendre soin d’eux”, insiste le directeur d’établissement déjà cité: “il faudrait les mettre à la campagne et les reconsidérer comme des enfants”, faire des choses simples avec eux, des jeux de société, la cuisine pour les sortir d’un mode de fonctionnement qui repose sur la violence où “agresseur, agressé tout se mélange”.Me Frédéric Asdighikian, spécialiste du droit des enfants, se souvient d’un client, un mineur en fuite. Il est revenu brûlé au chalumeau sur le flanc, sa blessure était à vif, pas soignée. “Ils ont l’habitude de cette douleur, on l’avait torturé dans une cave trois jours”.”c’est vraiment de l’esclavage moderne”, estime l’avocat pour qui “il faut qu’on essaie de réfléchir autrement parce que c’est une histoire sans fin”.* prénom modifié

Pour les sommelières, un verre à moitié plein

La sommellerie a longtemps été un bastion masculin mais les femmes prennent désormais largement leur place et s’imposent avec éclat jusque dans les concours et les établissements prestigieux, malgré les obstacles qui subsistent dans le milieu.Aujourd’hui figure de la sommellerie internationale, Pascaline Lepeltier se souvient de ses débuts: des clients masculins “d’un certain âge ne me faisaient pas confiance” ou “demandaient à voir le sommelier”, raconte à l’AFP cette quadragénaire installée à New York depuis 2009.Même ressenti pour Paz Levinson, sommelière argentine. “Quand je suis arrivée en France, il y avait des clients qui avaient tendance à préférer un homme sommelier… et Français”, se souvient-elle. Vingt ans plus tard, le paysage a changé. “Les choses ont évolué en termes de mixité. Ce n’est pas la parité, mais on s’en approche”, assure Mme Lepeltier.Le sommelier est une figure incontournable des grandes tables gastronomiques. Il est l’expert du vin et des boissons, chargé d’en imaginer la carte, de gérer la cave et d’accompagner les clients dans leurs accords mets-vins.Si les années 1970-1980 ont vu émerger quelques pionnières, comme les Françaises Danièle Carré-Chantal ou Maryse Allarousse, le véritable tournant s’est opéré “il y a une vingtaine d’années”, estime Fabrice Sommier, président de l’Union de la sommellerie française (UDSF). Au point qu’aujourd’hui, les femmes représentent près de la moitié des effectifs en formation.”Ça reste un métier masculin. Quand on voit les chefs sommeliers dans les restaurants, il y a plus d’hommes que de femmes”, nuance toutefois Paz Levinson, mais “depuis 15 ans que je suis en France, j’ai vu des changements.”Son parcours en témoigne: deux fois sacrée meilleure sommelière d’Argentine (2010, 2014), puis meilleure sommelière des Amériques en 2015, la quadragénaire dirige depuis 2018 la sommellerie des restaurants d’Anne-Sophie Pic.La même année, Pascaline Lepeltier a signé un doublé historique en devenant à la fois Meilleur Sommelier de France et Meilleur Ouvrier de France, avant d’être sacrée vice-meilleure sommelière d’Europe en 2024.- Accords sans alcool -Pour Marion Cirino, récemment élue meilleure sommelière de l’année par le Gault et Millau, la question du genre ne s’est en revanche jamais posée. “Il suffit juste de bien faire son métier, sincèrement, pour que tout le monde vous respecte”, estime la sexagénaire, sommelière du triplement étoilé L’Ambroisie à Paris. Après avoir constitué pendant près de vingt ans la cave du deux étoiles L’Hostellerie Jérôme, près de Monaco, elle observe même que le client “est peut-être plus apaisé avec une femme qu’avec un homme”.”Je me suis toujours comportée comme si être homme ou femme n’avait pas d’intérêt. C’est la passion qui nous réunit”, abonde Agnese Morandi, sommelière du restaurant deux étoiles Table à Paris. L’Italienne de 28 ans s’est notamment formée auprès de Paz Levinson, qui lui a “ouvert l’esprit” sur les accords sans alcool. Une démarche qui l’inspire encore aujourd’hui, notamment à travers la carte des thés qu’elle propose chez Table.- Objectif monde -Les femmes sommelières “partent plus dans des régions ou des produits plus confidentiels” et proposent des accords “un peu plus doux”, selon Alexandre Lesieur, enseignant à l’École de Paris des Métiers de la Table (EPMT).”Je ne dirais pas qu’on a une approche différente”, nuance Pauline Monclus, l’une de ses apprenties. “Chacun a vraiment sa personnalité (…), homme comme femme”, assure la jeune femme de 25 ans. Si la féminisation progresse, la parité reste absente des podiums. Pascaline Lepeltier demeure la seule femme sacrée meilleur sommelier de France, et au concours du meilleur sommelier du monde dans lequel moins de 10 % des candidats sont des femmes. Certaines ont brillé – la Canadienne Véronique Rivest (2e en 2013), la Danoise Nina Jensen (2e en 2019 et 2023) ou encore la Française Julie Dupouy (3e en 2016) – mais aucune n’a encore remporté le titre.”Il nous reste la place à prendre des meilleures sommeliers du monde. On garde beaucoup d’espoir ”, assure Paz LevinsonArrivée 4e en 2023, Pascaline Lepeltier représentera de nouveau la France en 2026 à Lisbonne. 

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Sept téléphériques urbains en France

La mise en service samedi du téléphérique urbain du Val-de-Marne porte à sept le nombre d’infrastructures de ce type en France. Historiquement utilisés pour franchir des reliefs accidentés en montagne, ils servent de plus en plus à désenclaver des quartiers isolés.C’est à Grenoble, enchâssée au pied des Alpes, que le premier téléphérique urbain du pays a vu le jour en 1934, restauré en 1976, pour relier le centre-ville au fort de la Bastille qui surplombe la ville.Mais cet équipement de transport aérien par câble, comme celui de Toulon qui relie la ville au mont Faron à 584 mètres d’altitude depuis 1959, reste à vocation de desserte essentiellement touristique.Le transport urbain par câble a commencé par être terrestre, avec les funiculaires au XIXe siècle, comme celui de Montmartre (1900) à Paris, également à vocation touristique.Pour que ce mode de déplacement prenne les airs et soit véritablement intégré au réseau de transport en commun, en sortant d’un usage purement touristique, il a fallu attendre celui de Brest en 2016.D’une longueur de 420 mètres, il relie deux rives du fleuve et raccorde le centre-ville au quartier des Capucins qui a fait l’objet d’un programme de rénovation urbaine. Les passagers l’empruntent grâce à un titre de transport standard, sans surcoût.Depuis 2020, trois autres projets de ce type, servant à réduire des fractures urbaines et à désenclaver des zones isolées, ont vu le jour: Toulouse et Saint-Denis de La Réunion en 2022, puis Ajaccio en Corse en 2025.Jusqu’à l’inauguration du C1 dans le Val-de-Marne samedi, celui de Toulouse, baptisé Téléo, était le plus long de France, avec ses 3,7 kilomètres. Il dessert l’université Paul-Sabatier et un centre de recherche hospitalier sur le cancer, survolant la Garonne et la colline de Pech-David.A Saint-Denis de La Réunion, connue pour ses embouteillages monstres, le téléphérique de 2,7 kilomètres relie en 14 minutes et trois stations intermédiaires un quartier est à un quartier nord.A Ajaccio, “Angelo”, inauguré en octobre, sert aussi à relier des quartiers isolés au centre-ville, sur près de 3 kilomètres et 4 stations desservies.Avec 4,5 kilomètres et 5 stations de plain-pied sans escalier ni escalator ni ascenseur, le C1 exploité par Transdev, se présente comme “le plus long téléphérique urbain d’Europe”.Il est “une réponse concrète aux besoins des riverains de Limeil-Brévannes, Valenton et du plateau de Villeneuve-Saint-Georges qui étaient enclavés dans leur secteur”, explique Grégoire de Lasteyrie, vice-président du conseil régional d’Ile-de-France chargé des Transports.Alors que cette zone n’est qu’à 15 kilomètres de Paris, elle ne bénéficiait ni du métro de la capitale ni de RER et les bus étaient ralentis par un “faisceau ferroviaire de lignes à grande vitesse sortant de Paris, une gare de triage et plusieurs axes routiers”.

Sept téléphériques urbains en France

La mise en service samedi du téléphérique urbain du Val-de-Marne porte à sept le nombre d’infrastructures de ce type en France. Historiquement utilisés pour franchir des reliefs accidentés en montagne, ils servent de plus en plus à désenclaver des quartiers isolés.C’est à Grenoble, enchâssée au pied des Alpes, que le premier téléphérique urbain du pays a vu le jour en 1934, restauré en 1976, pour relier le centre-ville au fort de la Bastille qui surplombe la ville.Mais cet équipement de transport aérien par câble, comme celui de Toulon qui relie la ville au mont Faron à 584 mètres d’altitude depuis 1959, reste à vocation de desserte essentiellement touristique.Le transport urbain par câble a commencé par être terrestre, avec les funiculaires au XIXe siècle, comme celui de Montmartre (1900) à Paris, également à vocation touristique.Pour que ce mode de déplacement prenne les airs et soit véritablement intégré au réseau de transport en commun, en sortant d’un usage purement touristique, il a fallu attendre celui de Brest en 2016.D’une longueur de 420 mètres, il relie deux rives du fleuve et raccorde le centre-ville au quartier des Capucins qui a fait l’objet d’un programme de rénovation urbaine. Les passagers l’empruntent grâce à un titre de transport standard, sans surcoût.Depuis 2020, trois autres projets de ce type, servant à réduire des fractures urbaines et à désenclaver des zones isolées, ont vu le jour: Toulouse et Saint-Denis de La Réunion en 2022, puis Ajaccio en Corse en 2025.Jusqu’à l’inauguration du C1 dans le Val-de-Marne samedi, celui de Toulouse, baptisé Téléo, était le plus long de France, avec ses 3,7 kilomètres. Il dessert l’université Paul-Sabatier et un centre de recherche hospitalier sur le cancer, survolant la Garonne et la colline de Pech-David.A Saint-Denis de La Réunion, connue pour ses embouteillages monstres, le téléphérique de 2,7 kilomètres relie en 14 minutes et trois stations intermédiaires un quartier est à un quartier nord.A Ajaccio, “Angelo”, inauguré en octobre, sert aussi à relier des quartiers isolés au centre-ville, sur près de 3 kilomètres et 4 stations desservies.Avec 4,5 kilomètres et 5 stations de plain-pied sans escalier ni escalator ni ascenseur, le C1 exploité par Transdev, se présente comme “le plus long téléphérique urbain d’Europe”.Il est “une réponse concrète aux besoins des riverains de Limeil-Brévannes, Valenton et du plateau de Villeneuve-Saint-Georges qui étaient enclavés dans leur secteur”, explique Grégoire de Lasteyrie, vice-président du conseil régional d’Ile-de-France chargé des Transports.Alors que cette zone n’est qu’à 15 kilomètres de Paris, elle ne bénéficiait ni du métro de la capitale ni de RER et les bus étaient ralentis par un “faisceau ferroviaire de lignes à grande vitesse sortant de Paris, une gare de triage et plusieurs axes routiers”.

Au domaine de Grosbois, les champions trotteurs peaufinent leur forme avant l’Amérique

Au petit matin, par petits groupes en file indienne, des trotteurs foulent la piste du centre d’entraînement de Grosbois (Val-de-Marne). Pas de casaque pour les différencier mais un même couvre-reins marron: difficile de reconnaitre le Français Keep Going ou encore le Suédois Borups Victory en quête d’un sacre dans l’Amérique.Tous les jours, les chevaux attelés ou montés, dont de nombreux cracks, séjournent dans le plus grand centre d’entraînement de chevaux trotteurs d’Europe, notamment en vue du Prix d’Amérique, sur le domaine de Grosbois à Marolles-en-Brie (Val-de-Marne).Le “Clairefontaine des courses hippiques” possède quatre pistes d’entraînement, dont un anneau de vitesse et 40 km d’allées cavalières en forêt.”On n’a pas l’impression qu’il y a surpopulation alors que nous avons actuellement 1.500 chevaux sur le site. Il n’y a pas d’embouteillage aux accès des pistes car il y a 100 hectares de surfaces en sable pour faire trotter les chevaux”, explique Christophe Walazyc, chef de l’établissement du domaine de Grosbois qui s’étend sur 412 hectares.Soixante-quinze entraîneurs y séjournent durant le meeting d’hiver. Cette année encore, les écuries font le plein de résidents à quatre jambes.”Les pistes avec les grandes lignes droites et les virages relevés permettent aux entraîneurs de travailler beaucoup le fractionné pour le cardio”, détaille-t-il. Matthieu Abrivard, entraîneur et driver, revient à l’écurie, la séance de la belle alezane est terminée. Le professionnel angevin, âgé de 40 ans, a pris ses quartiers d’hiver à Grosbois cette année encore, “pour éviter la fatigue pour lui et ses chevaux et faire des économies de carburant. Car les courses à Vincennes l’hiver c’est quasiment tous les jours”, confie-t-il.”Le domaine de Grosbois est ce qui se fait de mieux pour entraîner mes chevaux.” “Je n’ai pas ces infrastructures à la maison, comme les grandes lignes droites et les allées cavalières en forêt.”Une dizaine de personnes veillent à l’entretien des pistes pour les rendre confortables pour les chevaux toute l’année, quelles que soient les conditions climatiques.- Balnéo, ostéo, véto -Matthieu Abrivard va tenter de qualifier Iguski Sautonne, le fer de lance de son écurie, dans le Prix de Bourgogne le 28 décembre pour se mettre à “rêver” d’Amérique, une course “spéciale”. “La seule course de l’année ou au départ il n’y a pas un bruit, aucun cheval ne bouge, la concentration est extrême.” Pour inscrire son nom au palmarès de cette course mythique, le futur lauréat devra “être très maniable et pratique”. “Cette course se joue beaucoup au moment du départ. Il faut compter sur un bon déroulement de course”, estime Matthieu Abrivard, qui n’a encore jamais gagné le Prix d’Amérique. Troisième est son meilleur classement.Un Prix d’Amérique, c’est aussi une course de pilote. “On a une préparation mentale similaire à celle d’un pilote de formule 1”, relève-t-il. “Comme eux, on doit prendre les bonnes options. Nous on n’accélère pas, on ne freine pas mais on doit doser l’effort de notre cheval pour ne pas le payer pour finir”, fait-il valoir.Et pour arriver en forme le jour J, les chevaux font de la balnéo, vont sous les lampes chauffantes pour soulager leur dos, voient un ostéopathe ou encore un vétérinaire dans la clinique privée installée sur le site.Dans une autre écurie, Keep Going mange son foin paisiblement dans un filet accroché à la porte de son box, comme ses compagnons d’écurie. Pas de régime de faveur pour l’élève de Mathieu Mottier, qui a déjà son passeport pour l’Amérique. Keep Going est “hyper maniable et véloce”, “transformé à Grosbois”, affirme le professionnel de 33 ans. Il espère être à l’arrivée du Prix d’Amérique le 25 janvier. Avant, il courra le Prix Tenor de Baune, “une course éprouvante”, puis “il aura cinq semaines pour se reposer”.Il est bientôt midi, les chevaux s’excitent dans les boxes, la ration de grain arrive. Matthieu Abrivard, Mathieu Mottier ou encore Benjamin Rochard, qui sera associé à Izoard Védaquais dans l’Amérique, partent pour Vincennes en quête de nouvelles victoires.

Inauguration du premier téléphérique urbain en Ile-de-France

Le premier téléphérique urbain d’Ile-de-France, baptisé le C1, est inauguré samedi dans le Val-de-Marne, un département entrecoupé de voies rapides et de lignes ferroviaires où ce mode de transport aérien desservira des communes jusque-là enclavées.Les premiers usagers décolleront à bord de l’une des 105 cabines dans la foulée de l’inauguration qui se tiendra le matin en présence de la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse et des maires des communes traversées par le C1.Exploité par Transdev, le téléphérique reliera en 18 minutes — au lieu d’une quarantaine en bus ou en voiture — la station Pointe-du-Lac, à Créteil, à la station Villa-Nova, à Villeneuve-Saint-Georges, en passant par les communes de Limeil-Brévannes et Valenton.Sa mise en service doit permettre de relier les quartiers isolés de ces communes à la ligne 8 du métro parisien.D’un coût de 138 millions d’euros financé à 49% par la région, 30% par le département et 21% par l’Etat et l’Union européenne, le C1 doit permettre de transporter 11.000 passagers par jour sur ses 4,5 kilomètres, selon Ile-de-France Mobilités, l’autorité organisatrice des transports de la région parisienne.”A la place du téléphérique pour désenclaver cette zone, un métro souterrain n’aurait jamais vu le jour car le budget de plus d’un milliard d’euros n’aurait jamais pu être financé”, explique Grégoire de Lasteyrie, vice-président du conseil régional d’Ile-de-France chargé des transports.C’est le cinquième téléphérique urbain de France après celui de Brest, Saint-Denis de La Réunion, Toulouse et Ajaccio — le septième si l’on inclut Grenoble et Toulon, où les équipements de transport aérien par câble sont principalement destinées à un usage touristique.- Dix passagers par cabine -Ouvert tous les jours de 05H30 à 23H30 (00H30 les samedis et dimanches), le C1 aura une fréquence d’une cabine toutes les 22 à 30 secondes.Chacune pourra accueillir dix passagers assis ainsi que des fauteuils roulants, des vélos et des poussettes. A l’intérieur, vidéosurveillance et boutons d’appel d’urgence ont été installés pour garantir la sécurité des voyageurs en plus de la présence humaine dans chacune des stations.Pour l’emprunter, il suffira de posséder un passe Navigo ou un ticket “bus-tram”.”Comme les métros, RER et bus, le téléphérique pourra aussi (faire l’objet d’)une patrouille régulière des agents de sécurité de la brigade régionale des transports qui va passer à 200 agents en 2027 contre 100 actuellement”, précise Grégoire de Lasteyrie.Avant la mise en service du C1, un exercice grandeur nature a été organisé mi-novembre, au cours duquel les pompiers de Paris se sont entraînés à évacuer des passagers. En France, le dernier accident meurtrier remonte à 1999 dans les Hautes-Alpes, où 20 personnes ont perdu la vie.Les téléphériques, qui doivent être contrôlés quotidiennement, sont considérés comme l’un des moyens de déplacement les plus sûrs au monde, selon le service technique du ministère des Transports.

Poupées à caractère pédopornographique: où en est-on après le coup de filet de mercredi ?

Une vingtaine de personnes soupçonnées d’avoir acheté en ligne des poupées sexuelles à caractère pédopornographique sur les plateformes Shein et AliExpress ont été interpellées mercredi lors d’une vaste opération policière en France. Où en est-on après ce coup de filet ?- Qui sont les suspects ?Selon le parquet de Paris, les suspects les plus jeunes ont un peu plus de 20 ans, les plus âgés, près de 70 ans. Un tiers (sept) était déjà connu pour des faits de nature sexuelle envers des mineurs.Des interpellations ont eu lieu dans les ressorts des juridictions d’Orléans, Annecy, Mulhouse, Nevers, Tarbes, Nice, Sables d’Olonne, Lorient, Lille, Verdun, Rouen, Nancy, Roanne, Chambéry, Avesnes-sur-Helpe, Toulouse, Toulon et Cambrai.- Qu’ont découvert les enquêteurs ?Au domicile de l’un des suspects interpellés en Alsace, ont été découvertes “plus d’une quinzaine de poupées sexuelles en latex dont huit d’apparence enfantine, présentant des orifices vaginaux et oraux, vêtues de vêtements d’enfants et portant chacune un pendentif avec un prénom différent”, a expliqué le procureur de Mulhouse, Nicolas Heitz. Le suspect de 58 ans a reconnu avoir acquis ces poupées depuis 2017 sur internet et “avoir eu des pratiques masturbatoires avec ces dernières”.Au domicile d’un deuxième suspect arrêté en Alsace et âgé de 54 ans, deux poupées ayant l’apparence de mineures ont été trouvées, de même que “des supports de stockage informatique révélant des contenus à caractère pédopornographique”, qu’il a affirmé avoir générés “avec l’intelligence artificielle”. Il a reconnu lui aussi des pratiques masturbatoires avec les deux poupées.Au domicile d’un employé de 43 ans, interpellé à Gilette (Alpes-Maritimes), ont été découvertes “plusieurs poupées présentant un caractère pédopornographique, des vêtements pour les habiller et différents objets à caractère sexuel”. L’exploitation du téléphone du suspect a permis “de retrouver des images de poupées mais aucune consultation ou détention d’autres photos ou films à caractère pédopornographique”.A Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), un quadragénaire, condamné une fois pour vol, a été interpellé. Sa poupée n’a pas été retrouvée : il a expliqué l’avoir achetée “car il se sentait seul”, utilisée puis jetée, a retracé le parquet de Rouen. Les policiers ont trouvé chez lui des “vidéos datées visiblement de 2024 sur lesquelles le mis en cause, visible, commettait des agressions sexuelles, à l’encontre d’une femme adulte et d’enfants bien réels”.- Que risquent les suspects ?Les prévenus encourent une peine de cinq ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende, pour “acquisition et détention de l’image ou de la représentation d’un mineur présentant un caractère pornographique”.Les deux quinquagénaires alsaciens, qui ne présentent pas d’antécédents judiciaires, comparaîtront à Mulhouse le 6 février. Un homme né en 1959, “inconnu des services”, sera de son côté jugé à Annecy le 21 janvier, a indiqué à l’AFP la procureure Line Bonnet.Dans le ressort de Cambrai (Nord), un homme de 27 ans, inconnu des services judiciaires, comparaîtra le 28 avril, selon la procureure Ingrid Gorgen. La poupée commandée n’a pas été retrouvée à son domicile, mais les enquêteurs y ont découvert des images pédopornographiques générées via l’IA.Dans le même département du Nord, un homme a été placé en garde à vue pour avoir “tenté d’acquérir” l’une de ces poupées. Il sera jugé le 6 janvier et restera en détention provisoire jusque là, a précisé le procureur Laurent Dumaine.L’habitant de Gilette est déféré vendredi devant un magistrat à Nice. Une expertise psychiatrique a mis “en exergue des déviances sexuelles pédophiliques et fétichistes”.Celui de Saint-Etienne-du-Rouvray doit être mis en examen, et le parquet a demandé son placement en détention.- Au moins quatre suspects relâchésAu moins quatre suspects ont été relâchés, dans la Nièvre, car “la perquisition n’a pas permis de découvrir d’objets dont la détention serait incriminée”, selon le parquet, à Toulon ou à Chambéry.Un individu arrêté dans la Loire a “été remis en liberté jeudi soir par manque de charges suffisantes”, a expliqué à l’AFP le procureur de Roanne Xavier Laurent, aucune poupée sexuelle aux traits enfantins n’ayant “été retrouvée lors de la perquisition à son domicile”. Selon une source proche de l’enquête, cet homme de 32 ans est inscrit au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (Fijais).- Quelles suites pour l’enquête ?Si aucun suspect d’acquisition de poupées n’a été identifié dans le ressort de la capitale, le parquet de Paris reste en charge des investigations confiées à l’Office mineurs de la police (Ofmin) et relatives aux conditions dans lesquelles les plateformes ont pu diffuser des images ou représentations de mineurs à caractère pornographique.Les interpellations ont pu être menées grâce au travail d’investigation de 60 enquêteurs, selon le parquet de Paris.

UK king shares ‘good news’ that cancer treatment will be reduced in 2026

Britain’s King Charles III, who has broken royal taboos to talk openly about battling cancer, Friday revealed the “good news” that his treatment will be pared back next year.In a rare and “personal message” filmed for an annual TV fundraising campaign for cancer research, the monarch also urged Britons to take advantage of UK screening …

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La dermatose nodulaire contagieuse, fléau de l’élevage bovin

La dermatose nodulaire contagieuse (DNC), maladie touchant les bovins et apparue en France en juin, menace un cheptel déjà éprouvé: la lutte contre ce fléau a entraîné des mesures sanitaires radicales de plus en plus contestées sur le terrain.En date du 11 décembre, 110 foyers ont été détectés en France, en Savoie, Haute-Savoie, Ain, Rhône, Jura, Pyrénées-Orientales, Doubs, Ariège, Hautes-Pyrénées. Ils concernent 75 élevages, selon le ministère de l’Agriculture. Un peu plus de 3.000 bovins ont été euthanasiés (sur un cheptel total de quelque 15 millions de bêtes).Qu’est-ce que la DNC ?La DNC, détectée le 29 juin dans un élevage d’Entrelacs, en Savoie, est une maladie virale qui conduit à “des pertes de production importantes” pouvant aller “jusqu’à la mort d’une partie du cheptel infecté” (environ 10%), selon le ministère.Elle provoque notamment fièvre, chute de lactation, hypertrophie des ganglions lymphatiques et nodules sur la peau et les muqueuses des animaux.La DNC n’est “pas transmissible à l’homme” et il n’y a “aucun risque pour la santé humaine lié à la consommation de produits issus de ces animaux”, précise le ministère.Maladie émergente transmise par piqûres d’insectes (mouche piquante ou taon), elle est présente en Afrique subsaharienne, en Asie, et depuis 2023 en Afrique du Nord. En Europe, elle avait été repérée le 22 juin en Sardaigne, après avoir sévi auparavant dans les Balkans à la fin des années 2010, notamment en Grèce.Comment lutter?La France a adopté en juillet une stratégie qui prévoit:- le “dépeuplement total des bovins des foyers infectés” pour éteindre les sources du virus, “en conformité avec les obligations européennes”, ce qui peut conduire à abattre tout un lot d’animaux sur un site.- la mise en place de “zones réglementées” dans un rayon de 50 km autour des foyers, incluant des limitations de mouvements du bétail. Dans ces zones, la vaccination est obligatoire, pour tous les bovins quel que soit leur âge, et prise en charge par l’État. A ce jour, un million de bêtes ont été vaccinées, selon la manistre Annie Genevard.- Ces zones réglementées basculent en “zones vaccinales” si au moins 75% du cheptel bovin y est vacciné depuis plus de 28 jours et si le dernier foyer a été dépeuplé depuis au moins 45 jours.La reprise de l’exportation de bovins vivants n’est possible qu’avec l’accord du pays de destination. A l’heure actuelle, en Europe, deux pays ont marqué leur accord pour recevoir, sous conditions, des bovins depuis une zone vaccinale : l’Italie – premier acheteur de jeunes veaux français – et la Suisse.Quel soutien aux éleveurs?L’Etat indemnise “les propriétaires d’animaux euthanasiés” et prend en charge “les opérations de nettoyage et désinfection” ainsi que “l’élimination des cadavres des animaux abattus”, selon un arrêté de juillet.Vendredi, la ministre a assuré que “pas un centime d’euro ne sera perdu pour les éleveurs”.Cette stratégie a été validée par l’alliance FNSEA-Jeunes agriculteurs, première force syndicale agricole. La FNSEA redoute une vaccination généralisée du fait d’un “risque d’effondrement des exportations et des prix”, a expliqué son président, Arnaud Rousseau. “On sera peut-être obligés de le faire si la maladie est incontrôlable. Mais vacciner 15 millions d’animaux, c’est entre 30 et 40 semaines” avant d’avoir une couverture nationale et espérer “retrouver le statut indemne”, a-t-il souligné.Les résistancesLa Confédération paysanne, 3e syndicat, a affirmé son “opposition aux abattages totaux des troupeaux dès la première analyse positive à la DNC”, jugeant qu’il faut laisser une chance aux animaux asymptomatiques de développer “une réponse immunitaire”.Plusieurs de ses membres, ainsi que des éleveurs de la Coordination rurale (2e syndicat), se sont relayés ces deux dernières semaines dans des fermes du Doubs, de l’Ariège, pour faire barrage aux abattages.Cette épizootie est un coup dur pour l’élevage en France, après une année 2024 marquée par la recrudescence de la maladie hémorragique épizootique (MHE) et de la fièvre catarrhale ovine (FCO).Le pays compte le premier cheptel bovin de l’UE mais celui-ci a décliné plus vite que les ovins et les caprins ces dernières années face au manque de bras et de revenus.