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Il y a 150.000 ans à Abidjan, une immense forêt tropicale et déjà l’Homo sapiens

Le quartier d’Anyama est un coin d’Abidjan ordinaire où les enfants jouent tranquillement et les grillades fument au coin des rues. Difficile d’imaginer qu’ici l’Homo sapiens vécut il y a 150.000 ans, quand la capitale économique ivoirienne était une immense forêt tropicale.Une quinzaine d’archéologues et d’anthropologues de différentes nationalités viennent pourtant de le désigner comme le lieu de la plus vieille présence humaine dans une forêt tropicale, dans une étude publiée dans la revue Nature fin février.Avant cette découverte, les traces d’Homo sapiens – notre espèce apparue il y a 300.000 ans – admises par la science dans ce type d’environnement étaient bien plus récentes: elles remontaient à 70.000 ans maximum en Asie et en Océanie, rappellent les chercheurs.Ruth Fabiola Agoua, 25 ans, assiste sa mère commerçante à deux pas de l’ancien site de fouilles. “C’est intéressant”, dit-elle à l’AFP, “on ne peut pas vivre sans connaître son histoire”.Vigile d’un magasin, Basile Sawadogo, 51 ans, est lui plus indifférent. “On vit dans le présent”, dit-il en se rendant au travail dans ce quartier excentré et en construction, qui ne compte que de petits commerces essentiels, des maisons basses et une seule grande route traversante en dur.  A Abidjan, il ne reste que près de 3.500 hectares de forêt tropicale, au “Banco”, un parc national situé au coeur de la ville et continuellement grignoté par l’urbanisation.Dès 1982, un archéologue ivoirien renommé, François Guédé Yiodé, alerté par un géologue, avait commencé des fouilles à Anyama sur le terrain d’un particulier.Accompagné de chercheurs, dont certains feront partie des auteurs de l’étude publiée par Nature, il creuse et met au jour sous plusieurs mètres de terre de nombreux outils de pierre datant du pléistocène, une période du paléolithique. Il les fait analyser et les conserve chez lui.Dans une chambre étroite de sa modeste maison, M. Guédé Yiodé, aujourd’hui âgé de 77 ans et à la retraite, exhume péniblement des cartons entassés qui renferment ces vestiges.Taillés dans du silex, du quartz ou d’autres roches, “des pics servent à fendre des matériaux” quand d’autres outils, des “chopper”, présentent un bord tranchant pour couper la peau d’un animal afin de le dépecer, explique-t-il.”Les forêts africaines n’étaient pas une barrière écologique majeure pour l’Homo sapiens il y a 150.000 ans”, ont conclu les chercheurs dans l’étude publiée par Nature.En outre, les données “soulignent l’importance des nombreux biomes d’Afrique (région qui s’étend sous un même climat, ndlr)” et de leur diversité dans l’évolution de l’humanité, ont-ils indiqué.Pour François Guédé Yiodé, l’étude doit convaincre “les gens de ne plus émettre de doutes sur l’existence précoce de l’homme en terre africaine”.- “Science lente” -Sa publication pourrait aussi permettre de braquer les projecteurs sur les autres richesses archéologiques du pays.”Il y a plusieurs sites en Côte d’Ivoire où on pourrait faire des fouilles (…), des études sur le paléolithique”, affirme Eugénie Affoua Kouamé, chercheuse en anthropologie et archéologie à l’Institut d’histoire, d’art et d’archéologie africains (IHAAA).L’étude publiée par Nature peut également “pousser les étudiants à se spécialiser dans ces filières”, pense Akissi Diane Guebie, en licence 2 d’anthropologie.La recherche dans ces disciplines s’est intensifiée ces quinze dernières années, mais le manque de moyens, de matériel et de spécialistes reste un frein, remarque Mme Kouamé.En Côte d’Ivoire, “l’archéologie est une science lente à sortir ses conclusions parce qu’elle n’est pas financée”, confirme François Guédé Yiodé.Des années après leur découverte, des outils en pierre et sédiments d’Anyama, dont ceux trouvés par l’archéologue ivoirien, ont été analysés en Allemagne. Une partie de la recherche a été financée par des organismes européens.François Guédé Yiodé, considéré par ses pairs comme le seul spécialiste de la préhistoire de la Côte d’Ivoire, dit avoir payé de sa poche les premières années de fouilles à hauteur de 15 millions de francs CFA (22.000 euros).Il dénonce avec amertume un “manque de volonté” de l’Etat pour l’aider.Il lui reproche également de ne pas avoir protégé le site de fouilles avant qu’il ne soit brutalement détruit il y a quelques années, selon lui par une personne se présentant comme le propriétaire des lieux, pour en faire une carrière.L’archéologue à la retraite dit essayer en vain d’exposer sa collection dans un musée, pour le grand public et “la coopération entre chercheurs”.”Je ne suis pas à l’aise que tout ça soit à la maison”, confie-t-il. 

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A Sofia, l’agonie de la montagne Vitosha, berceau du skieur Popov

Sur les murs d’un refuge de la montagne Vitosha surplombant Sofia, s’affichent les dossards d’Abi, surnom affectueux donné au meilleur skieur de Bulgarie, Albert Popov. C’est là qu’enfant, il a chaussé les spatules. Mais aujourd’hui, impossible de former de futures stars, déplore Ivaylo Rangelov, fondateur il y a 25 ans du club qui a vu naître Popov et d’autres champions de la glisse.Devenu l’un des défenseurs les plus virulents du massif, il montre avec colère poteaux rouillés et câbles métalliques en déliquescence, vestiges d’une infrastructure autrefois florissante.”Ici se trouvait le premier télésiège de Bulgarie”, raconte cet ex-commando des forces spéciales, âgé de 57 ans. “Mon père y a appris à skier, puis ce fut mon tour et après moi, trois générations d’enfants de Sofia, parmi lesquels Abi”.A la fin des années 1980, Sofia-Vitosha avait posé sa candidature à l’organisation des Jeux olympiques d’hiver de 1992, finalement attribués à la ville française d’Albertville. À l’époque, la montagne comptait plus d’une douzaine de télécabines et remontées mécaniques. Après la chute du communisme en 1989, ces infrastructures ont été progressivement privatisées et, au fil des ans, elles ont cessé de fonctionner les unes après les autres, alors que prospérait dans le même temps la populaire station de Bansko (sud-ouest).- Un seul télésiège -Située à faible altitude, la station est aussi touchée par la coûteuse fabrication de neige artificielle sur fond de réchauffement climatique.Désormais, dans le pays le plus pauvre de l’UE, les habitants de Sofia n’ont accès qu’à un seul télésiège divisé en deux sections, pour une seule piste. En ce jour de grand soleil, une centaine de petits s’initient au chasse-neige loin de l’air pollué de la capitale bulgare en contrebas.”Vitosha, c’est le terrain de sport des habitants de Sofia”, commente M. Rangelov. Mais “une fois que les enfants ont appris à tenir sur des skis et à faire leurs premiers virages, ils n’ont plus d’endroit pour progresser”, constate-t-il, amer.La silhouette de la montagne est omniprésente dans cette ville de 1,2 million d’habitants, d’où l’on aperçoit ses pentes boisées et son sommet, Cherni Vrah, à 2.290 mètres, le “Mont Noir” ainsi nommé en raison des tempêtes qui le balayent fréquemment. C’est aussi le plus ancien parc naturel des Balkans, avec ses 200 espèces d’oiseaux et ses cerfs, chevreuils, ours et loups peuplant les forêts.Albert Popov, entré à 27 ans dans l’histoire du ski bulgare en remportant le slalom de Madonna di Campiglio (Italie) début janvier, regrette lui aussi le déclin du domaine skiable.”Athlètes, enfants, passionnés, jeunes, vieux, nous méritons que cette précieuse montagne nous soit rendue dans toute sa splendeur”, disait-il en 2023 dans la presse bulgare. Il n’a pas donné suite à la demande d’interview de l’AFP, tout comme la compagnie gestionnaire.- Difficile “renaissance” -Si le refuge résiste, la plupart des chalets et autres logements ont été transformés en luxueuses résidences privées appartenant à des oligarques. Et depuis la fermeture en mai 2024 de la télécabine qui menait de Sofia au coeur de la zone skiable, l’accès n’est plus possible qu’en voiture et en bus – ou à pied pour les plus courageux (trois heures de marche).Faute de places de parking suffisantes, des dizaines de véhicules sont garés le long de la route et les autocars se bousculent.Parmi les passagers, un couple de retraités venus du sud de la France. Ils ont choisi de se rendre à Vitosha “pour partager les habitudes des Sofiotes”, expliquent les sexagénaires François et Isabelle Trebosc. “Vitosha est un peu ce que la mer est aux Marseillais”. Encore faut-il “rendre la montagne aux habitants”, promesse du maire Vassil Terziev, qui veut redémarrer les remontées mécaniques.  Après la victoire en début d’année d’Albert Popov, l’élu a confié sur Facebook son “angoisse” à l’idée des occasions perdues pour former de futurs champions à Vitosha.”La tâche est difficile”, a-t-il reconnu, appelant l’ensemble des acteurs à “se retrousser les manches pour permettre une renaissance”.

Immigration: au Sénat, deux textes LR pour donner à Retailleau les moyens de son action

Rétention allongée pour les étrangers dangereux, prestations sociales conditionnées à une durée de résidence… La droite sénatoriale lance mardi ses grandes manœuvres sur l’immigration avec deux propositions de loi fidèles à la ligne de Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur en quête de résultats.Constamment critiqué par le Rassemblement national et par son rival à l’élection à la présidence des Républicains Laurent Wauquiez – qui doutent de sa capacité à mener certains chantiers prioritaires au sein d’un gouvernement partiellement macroniste – Bruno Retailleau peut toujours compter sur le Sénat, où il a lui-même siégé pendant 20 ans.Le groupe LR de la chambre haute, première force de cette assemblée, remet sur le métier la question migratoire avec deux propositions de loi examinées en première lecture.”Nous faisons nôtre la volonté exprimée par Bruno Retailleau d’avoir des dispositions législatives pour traduire les discours en actes et traiter efficacement la question de l’immigration irrégulière”, martèle auprès de l’AFP Mathieu Darnaud, successeur du locataire de Beauvau à la tête du puissant groupe LR.Le premier texte, porté par la sénatrice du Val-d’Oise Jacqueline Eustache-Brinio et fustigé par la gauche, entend “faciliter le maintien en rétention” des étrangers condamnés pour des faits graves, comme des viols ou des violences. – Mesures censurées -Il prévoit ainsi d’étendre de 90 jours maximum actuellement, à 180 jours, voire 210 jours dans certains cas, la durée de maintien en centre de rétention administrative (CRA) des étrangers frappés d’une décision d’éloignement et condamnés pour un crime ou un délit puni d’au moins cinq ans d’emprisonnement. Ce délai étendu, qui existe déjà en matière de terrorisme, concernerait également les étrangers constituant “une menace d’une particulière gravité pour l’ordre public”.Les sénateurs entendent ainsi mettre en œuvre l’une des promesses de Bruno Retailleau, lancée après le meurtre de l’étudiante Philippine, tuée en septembre 2023 par un Marocain sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF); puis l’attaque au couteau perpétrée à Mulhouse (Haut-Rhin) en février par un Algérien également sous OQTF.Mais le ministre, qui a engagé le bras de fer sur le dossier algérien au point de mettre sur le tapis l’hypothèse d’une démission du gouvernement, voit déjà plus loin: “Je pense qu’il faut aller au-delà, donc au maximum, c’est-à-dire 18 mois” de rétention maximale, a-t-il déjà prévenu ces derniers jours, craignant “demain un nouveau Mulhouse”.L’hypothèse de voir le gouvernement traduire cette ambition par voie d’amendement restait toutefois encore en suspens lundi soir.Encore plus épidermique pour la gauche et une partie de la macronie, l’autre proposition de loi LR débattue mardi reprend partiellement des mesures censurées par le Conseil constitutionnel début 2024 dans le cadre de la loi immigration portée à l’époque par Gérald Darmanin.- “Retaillisation” -Il s’agit de conditionner l’octroi de certaines prestations sociales aux étrangers à une durée de résidence régulière en France d’au moins deux ans. Parmi elles, les allocations familiales, l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) ou encore l’aide personnalisée au logement (APL).Une manière selon la droite de limiter “l’appel d’air” migratoire que représenterait le régime social français.En avril 2024, le Conseil constitutionnel avait jugé qu’un conditionnement à cinq ans de résidence était “disproportionné”, conduisant Les Républicains à abaisser cette durée à deux ans.Sur ces deux textes, les intentions du gouvernement seront scrutées, notamment sa volonté d’inscrire ces propositions rapidement à l’agenda de l’Assemblée nationale pour les voir prospérer.”Charge à nous de rappeler au gouvernement qu’il s’agit d’ardentes priorités pour LR” et qu’elles sont “plébiscitées” dans l’opinion, insiste Mathieu Darnaud.La gauche, elle, est vent debout et dénonce une “course à l’échalote vis-à-vis de l’extrême droite”, déjà à l’œuvre selon elle ces dernières semaines avec l’adoption d’un texte sur l’interdiction du voile dans le sport amateur ou l’interdiction du mariage des étrangers en situation irrégulière.La chambre haute “n’est pas là pour servir les intérêts personnels de Bruno Retailleau dans sa course à l’Elysée”, s’indigne auprès de l’AFP le chef des sénateurs socialistes Patrick Kanner, qui s’alarme d’une “retaillisation du Sénat”.

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Un chasseur jugé pour avoir tué une ourse en 2021 dans les Pyrénées

Un chasseur de 81 ans comparaît mardi et mercredi devant le tribunal correctionnel de Foix pour avoir abattu une ourse qui venait de l’attaquer, en 2021, lors d’une battue au sanglier dans les Pyrénées.Il est jugé pour “destruction d’espèce protégée”, l’ours étant une espèce en voie d’extinction dans le massif pyrénéen, malgré un programme de restauration de la population.Quinze autres chasseurs ayant également participé à la battue sont poursuivis pour diverses infractions, notamment la chasse dans une zone interdite, la réserve naturelle du Mont-Valier, sur les hauteurs du village de Seix.L’auteur du tir mortel “était en état de légitime défense, il a tiré. Il aurait dû la laisser faire? Non, il a sauvé sa peau”, résume Jean-Luc Fernandez, président de la fédération de chasse de l’Ariège.Dans le camp de la partie civile, la notion de légitime défense avancée par les chasseurs, passe mal. “Dans quelle mesure peut-on faire valoir l’état de nécessité, alors qu’on a commis une série d’infractions qui ont conduit à la mort de l’ourse Caramelles”, interroge Alain Reynes, de l’association Pays de l’ours, pionnière dans la défense du pachyderme dans les Pyrénées.- L’ours divise -Une vingtaine d’associations se sont portées partie civile, dont Pays de l’ours, Ferus, France nature environnement, l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS), One Voice.L’accident de chasse est survenu en Ariège, un département rural et montagneux, où vivent la majorité des 86 ours des Pyrénées, selon une estimation de 2023.Un département où leur présence est très contestée par les éleveurs, qui se plaignent des prédations de l’ours quand les troupeaux de brebis se trouvent dans les hauts pâturages, de juin à septembre. Des centaines de brebis sont tuées chaque été.La France a engagé dans les années 1990 un programme visant à rétablir la population d’ours bruns des Pyrénées, en réintroduisant des mâles et des femelles adultes venant de Slovénie. “Par ce procès c’est la présence de l’homme dans nos territoires de montagne qui est en question”, ironise le président de la chambre d’agriculture d’Ariège, Philippe Lacube. – Eleveurs solidaires -“Nous tenons à exprimer la solidarité de la profession agricole aux chasseurs et tout particulièrement au chasseur qui a déjà été marqué dans sa chair par la sauvagerie de l’ours qui l’a attaqué, et qui doit subir aujourd’hui la pression psychologique de ce procès”, a ajouté cette figure emblématique du mouvement anti-ours.Le 20 novembre 2021, près du Rocher de l’aigle, dans une zone difficile d’accès à 1.300 mètres d’altitude, le tireur a d’abord été surpris d’apercevoir deux oursons, fait rare, avant d’être chargé par leur mère, qui l’a blessé aux jambes et traîné sur plusieurs mètres. Une participante à la chasse, sapeur-pompier de métier, lui a donné les premiers soins et contenu une hémorragie, le temps qu’il soit évacué par hélicoptère, puis hospitalisé.Alors que les chasseurs invoquent qu’ils chassaient à cet endroit depuis des années, Julie Rover, avocate de 12 associations parties civiles, leur rétorque que l’usage ne fait pas loi. Le fait que la chasse était fréquente dans cette zone “n’enlève rien à la caractérisation du délit”. “Nombre des pièces du dossier démontrent une connaissance des limites de la réserve, avec des marquages sur les arbres”, souligne Me Rover.”Les parties civiles veulent faire passer un message. Elles ne sont pas opposées à la chasse, mais pour qu’elle ne nuise pas à l’environnement, il faut faire respecter ses règles. Les ours sont menacés d’extinction, la disparition d’une femelle reproductrice, c’est grave et préjudiciable” pour la survie de l’espèce, dit-elle. Pour l’association écologiste One Voice, “ces hommes ne devaient pas aller sur le territoire de Caramelles”, “cela fait des mois que ces chasseurs-braconniers se concertent pour cacher leurs délits. Nous demandons le retrait de leur permis ainsi que la confiscation de leurs armes”. A l’issue des deux jours d’audience, la décision du tribunal correctionnel de Foix devrait être mise en délibéré à une date ultérieure.

Un chasseur jugé pour avoir tué une ourse en 2021 dans les Pyrénées

Un chasseur de 81 ans comparaît mardi et mercredi devant le tribunal correctionnel de Foix pour avoir abattu une ourse qui venait de l’attaquer, en 2021, lors d’une battue au sanglier dans les Pyrénées.Il est jugé pour “destruction d’espèce protégée”, l’ours étant une espèce en voie d’extinction dans le massif pyrénéen, malgré un programme de restauration de la population.Quinze autres chasseurs ayant également participé à la battue sont poursuivis pour diverses infractions, notamment la chasse dans une zone interdite, la réserve naturelle du Mont-Valier, sur les hauteurs du village de Seix.L’auteur du tir mortel “était en état de légitime défense, il a tiré. Il aurait dû la laisser faire? Non, il a sauvé sa peau”, résume Jean-Luc Fernandez, président de la fédération de chasse de l’Ariège.Dans le camp de la partie civile, la notion de légitime défense avancée par les chasseurs, passe mal. “Dans quelle mesure peut-on faire valoir l’état de nécessité, alors qu’on a commis une série d’infractions qui ont conduit à la mort de l’ourse Caramelles”, interroge Alain Reynes, de l’association Pays de l’ours, pionnière dans la défense du pachyderme dans les Pyrénées.- L’ours divise -Une vingtaine d’associations se sont portées partie civile, dont Pays de l’ours, Ferus, France nature environnement, l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS), One Voice.L’accident de chasse est survenu en Ariège, un département rural et montagneux, où vivent la majorité des 86 ours des Pyrénées, selon une estimation de 2023.Un département où leur présence est très contestée par les éleveurs, qui se plaignent des prédations de l’ours quand les troupeaux de brebis se trouvent dans les hauts pâturages, de juin à septembre. Des centaines de brebis sont tuées chaque été.La France a engagé dans les années 1990 un programme visant à rétablir la population d’ours bruns des Pyrénées, en réintroduisant des mâles et des femelles adultes venant de Slovénie. “Par ce procès c’est la présence de l’homme dans nos territoires de montagne qui est en question”, ironise le président de la chambre d’agriculture d’Ariège, Philippe Lacube. – Eleveurs solidaires -“Nous tenons à exprimer la solidarité de la profession agricole aux chasseurs et tout particulièrement au chasseur qui a déjà été marqué dans sa chair par la sauvagerie de l’ours qui l’a attaqué, et qui doit subir aujourd’hui la pression psychologique de ce procès”, a ajouté cette figure emblématique du mouvement anti-ours.Le 20 novembre 2021, près du Rocher de l’aigle, dans une zone difficile d’accès à 1.300 mètres d’altitude, le tireur a d’abord été surpris d’apercevoir deux oursons, fait rare, avant d’être chargé par leur mère, qui l’a blessé aux jambes et traîné sur plusieurs mètres. Une participante à la chasse, sapeur-pompier de métier, lui a donné les premiers soins et contenu une hémorragie, le temps qu’il soit évacué par hélicoptère, puis hospitalisé.Alors que les chasseurs invoquent qu’ils chassaient à cet endroit depuis des années, Julie Rover, avocate de 12 associations parties civiles, leur rétorque que l’usage ne fait pas loi. Le fait que la chasse était fréquente dans cette zone “n’enlève rien à la caractérisation du délit”. “Nombre des pièces du dossier démontrent une connaissance des limites de la réserve, avec des marquages sur les arbres”, souligne Me Rover.”Les parties civiles veulent faire passer un message. Elles ne sont pas opposées à la chasse, mais pour qu’elle ne nuise pas à l’environnement, il faut faire respecter ses règles. Les ours sont menacés d’extinction, la disparition d’une femelle reproductrice, c’est grave et préjudiciable” pour la survie de l’espèce, dit-elle. Pour l’association écologiste One Voice, “ces hommes ne devaient pas aller sur le territoire de Caramelles”, “cela fait des mois que ces chasseurs-braconniers se concertent pour cacher leurs délits. Nous demandons le retrait de leur permis ainsi que la confiscation de leurs armes”. A l’issue des deux jours d’audience, la décision du tribunal correctionnel de Foix devrait être mise en délibéré à une date ultérieure.

L’inéligibilité devant le Conseil constitutionnel, à deux semaines du jugement Le Pen

Le Conseil constitutionnel se penche mardi sur la question des peines d’inéligibilité avec exécution provisoire, un hasard du calendrier alors que Marine Le Pen, elle-même menacée de ne pas pouvoir se présenter à la présidentielle 2027, sera fixée sur son sort dans deux semaines.L’audience, menée par le nouveau président du Conseil constitutionnel Richard Ferrand, débutera à 09H30. La décision sera rendue dix jours plus tard, le 27 ou 28 mars, soit quelques jours avant que le tribunal correctionnel de Paris ne rende son jugement concernant Marine Le Pen, contre laquelle le parquet avait requis en novembre une peine d’inéligibilité avec exécution provisoire (s’appliquant immédiatement même en cas d’appel). Le dossier arrivant devant le Conseil constitutionnel n’a rien à voir avec Marine Le Pen: les Sages examinent une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) posée par un élu local de Mayotte déchu de son mandat après avoir été condamné à une peine d’inéligibilité avec exécution provisoire.Cette règle, estime-t-il, est contraire à la Constitution car elle porte atteinte à la séparation des pouvoirs et à la “préservation de la liberté de l’électeur”. Le Conseil d’Etat a jugé que la question valait d’être transmise au Conseil constitutionnel.Les articles de lois visés ne concernent que les conseillers municipaux, mais certains espèrent que le Conseil constitutionnel profitera de l’occasion pour se prononcer plus largement sur le principe de la “liberté de l’électeur”, par exemple pour dire que cette liberté devrait toujours primer sur une décision de justice non définitive.Si c’était le cas, se poserait ensuite la question des conséquences éventuelles pour Marine Le Pen.Les juges interrogés sur ce scenario par l’AFP ont répondu qu’ils verraient mal les trois magistrats chargés du dossier Le Pen ne pas tenir compte d’une telle décision du Conseil constitutionnel – tout en soulignant qu’ils n’en auraient pas l’obligation. Mais ils rappellent aussi que les magistrats du dossier Le Pen ont très probablement déjà pris leur décision (ils délibèrent depuis quatre mois), et ont “évidemment” bien en tête ce qui est en jeu pour la prochaine présidentielle.Cinq ans de prison dont deux ferme, et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire avaient été requis contre Mme Le Pen. Le fait que l’accusation réclame une peine d’inéligibilité était attendu car cette peine est obligatoire en cas de condamnation pour détournement de fonds publics. C’est la demande d’exécution immédiate qui avait surpris, et scandalisé au RN et même parmi ses adversaires politiques.

Le lycée musulman Averroès devant la justice pour récupérer son contrat avec l’Etat

Le lycée musulman lillois Averroès, dont le contrat avec l’Etat a été résilié pour des “manquements graves aux principes fondamentaux de la République”, va demander mardi au tribunal administratif l’annulation de cette décision, qu’il juge “disproportionnée” et “injuste”.L’audience se tient une semaine après que la justice a refusé en référé de restaurer le contrat avec l’un des deux seuls autres lycées musulmans conventionnés, Al Kindi à Lyon.Le 7 décembre 2023, le préfet du Nord a mis fin au contrat d’Averroès, qui est en conséquence privé de subventions publiques depuis septembre 2024.Principal lycée musulman sous contrat jusqu’alors, il a vu ses effectifs chuter de 470 à 290 élèves. Pour assurer sa rentrée de septembre 2024 et financer son fonctionnement, l’établissement a doublé les frais de scolarité et lancé une cagnotte en ligne.La préfecture a justifié sa décision en pointant des enseignements “contraires aux valeurs de la République”.Dans un courrier daté du 7 décembre 2023, le préfet avait dénoncé la mention, dans la bibliographie d’un cours d’éthique musulmane, d’un recueil de textes religieux contenant des commentaires prônant la peine de mort en cas d’apostasie ainsi que la ségrégation des sexes.Il évoquait l’absence de ressources sur certains thèmes comme l’homosexualité, et la prépondérance d’ouvrages religieux sur l’islam au détriment des autres religions au Centre de documentation et d’information (CDI).Le préfet reproche également à l’établissement d’avoir reçu un financement du Qatar et refusé un contrôle inopiné du CDI en juin 2022, alors que le contrôle est “la contrepartie” du financement public.L’Education nationale avait mené plusieurs inspections, sans trouver matière à remettre en cause le contrat d’association.L’inspection générale de l’Education nationale avait notamment estimé dans un rapport de 2020 que “rien” ne permet de penser “que les pratiques enseignantes (…) ne respectent pas les valeurs de la République”.Deux décisions du tribunal administratif, rendues en février et juillet 2024, avaient confirmé en référé la résiliation du contrat.Lors de la dernière audience, l’avocat de l’établissement Me Sefen Guez Guez avait alerté sur les conséquences de cette résiliation, qui pourrait entrainer “une mort lente de l’établissement”, comptant de nombreux élèves boursiers et régulièrement classé parmi les meilleurs de la région.Cette fois-ci, le tribunal examinera l’affaire sur le fond à 10H.Me Guez Guez a indiqué sur X lundi s’attendre à ce que le rapporteur public demande cette fois l’annulation de la décision de la préfecture.- “Procès historique” -“C’est un procès historique qui met en jeu l’honneur et la fierté de notre Etat à faire respecter les principes fondamentaux de la République, de liberté, d’égalité et de fraternité”, a estimé l’association Averroès dans son communiqué.Elle a aussi dénoncé les “contrôles systématiques” dans l’enseignement privé musulman: “Lorsqu’on ne trouve rien, on contrôle de nouveau”, et pointé une “inégalité de traitement” entre les écoles musulmanes sous contrat et d’autres établissements privés.Le chef d’établissement, Eric Dufour, cite notamment le lycée Stanislas à Paris, dont le contrat n’a pas été résilié malgré des dérives signalées par un rapport de l’Education nationale. “La justice doit rétablir cette égalité” de traitement, estime-t-il.Interrogée lundi sur France Info, la ministre de l’Education Elisabeth Borne a déclaré que la résiliation des contrats est dû aux “faits, à la fois dans les enseignements qui étaient délivrés” et “dans les propos tenus par un certain nombre de responsables de ces établissements”.Fondé en 2003 après l’interdiction du voile à l’école, le lycée Averroès était devenu en 2008 le premier établissement musulman à passer sous contrat avec l’Etat.La France compte actuellement 77 établissements scolaires musulmans, dont six sont entièrement ou partiellement sous contrat, selon les données du ministère de l’Education.A la rentrée 2023, avant les résiliations des contrats d’Al Kindi, pour manquements et “atteintes aux valeurs de la République”, et d’Averroès, la Fédération nationale de l’enseignement privé musulman accueillait 1.886 élèves en classes sous contrat.Le nombre d’établissements hors contrat ayant déclaré une obédience musulmane est passé de 53 en 2016 à 71 actuellement.

Macron sur une base aérienne en Haute-Saône au cœur de la “police du ciel”

Emmanuel Macron se rend mardi sur la base aérienne 116 de Luxeuil-les-Bains, en Haute-Saône, au cœur du dispositif français de “police du ciel”, en particulier dans le cadre de l’Otan, et qui a aussi contribué à la dissuasion nucléaire.Au moment où la France et l’Europe ont décidé de renforcer massivement leur défense face au début de rapprochement en cours entre le président américain Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine, le chef de l’Etat va donc visiter un site permettant à la France, selon l’Elysée, “de jouer un rôle central dans la protection des intérêts de l’Alliance atlantique et au-delà”.Cette base “joue un rôle-clé dans la sécurité aérienne, tant sur le territoire national que dans l’espace aérien des alliés, en particulier sur le flanc oriental de l’Alliance”, a expliqué la présidence.Avec un escadron équipé de 26 avions de chasse Mirage 2000-5, elle contribue à la “posture permanente de sûreté”, c’est-à-dire la “police du ciel” au quotidien dans l’espace aérien français, mais aussi à des missions nationales, multilatérales ou de l’Otan, notamment au-dessus des Etats baltes, a-t-elle détaillé à des journalistes.”Symbolique particulière” dans un contexte de désengagement des Etats-Unis, cette base créée en 1912 a accueilli en 1916 l’escadrille La Fayette formée par des volontaires américains qui s’étaient engagés au côté de la France avant même l’entrée de Washington dans la Première Guerre mondiale.De 1966 à 2011, la base 116 a aussi participé à la mise en œuvre de la dissuasion nucléaire aéroportée française.Aujourd’hui, ce sont trois autres bases qui participent à cette dissuasion: Saint-Dizier (Haute-Marne), Istres (Bouches-du-Rhône) et Avord (Cher).Emmanuel Macron a annoncé début mars qu’il avait “décidé d’ouvrir le débat stratégique sur la protection par notre dissuasion de nos alliés du continent européen”, en réponse à un “appel historique” en ce sens du futur chancelier allemand Friedrich Merz.Après avoir visité la base de Luxeuil-les-Bains, le président doit se rendre mardi après-midi à Berlin pour rencontrer le chancelier sortant Olaf Scholz puis Friedrich Merz.

Lutte contre le narcotrafic: Retailleau et Darmanin défendent un texte “vital” devant les députés

Les députés ont entamé lundi une semaine de débats houleux sur la proposition de loi sénatoriale visant à lutter contre le fléau du narcotrafic, un test pour Bruno Retailleau et Gérald Darmanin qui ont défendu à la tribune certaines dispositions combattues par la gauche et une partie de la macronie.Face aux trafiquants, “nous ne sommes pas dans un combat à armes égales”, a déclaré le ministre de l’Intérieur en ouverture des discussions. “Il faut impérativement que nous puissions donner à nos services (…) ces armes dont elles ont impérativement besoin. C’est un combat vital.”La proposition de loi “visant à sortir la France du piège du narcotrafic”, avait été adoptée à l’unanimité au Sénat le 4 février. L’une de ses principales mesures, parmi les plus consensuelles, prévoit la création d’un parquet national anticriminalité organisée (Pnaco).Lundi, face aux craintes que ce parquet ne vienne remplacer les juridictions interrégionales spécialisées (JIRS) qui travaillent déjà sur le sujet, le garde des Sceaux a assuré que ces dernières seraient “renforcées”, et a annoncé “le renfort de 95 magistrats supplémentaires (…) dans la lutte contre le narcobanditisme” dans ces juridictions.”C’est un texte difficile” et “important”, a martelé M. Darmanin.Les votes devraient être plus partagés à l’Assemblée qu’à la chambre haute.En commission des lois début mars, la proposition de loi y a certes été adoptée, mais avec le seul soutien du Rassemblement national (RN) et de la coalition gouvernementale. Les socialistes – comme les écologistes et les communistes – se sont abstenus, bien que l’un des leurs, Roger Vicot, soit corapporteur du texte. Les Insoumis ont voté contre.Et le texte y a été amputé de plusieurs mesures phares.- “Ecoutes de grand-papa” -Les députés ont supprimé en commission un article visant à obliger les plateformes de messagerie chiffrée (Signal, WhatsApp…) à permettre l’accès aux correspondances des trafiquants pour les services de renseignement. La ministre du Numérique Clara Chappaz et le président de la commission des lois, Florent Boudié (Renaissance), s’y étaient eux-mêmes montrés opposés.M. Retailleau a toutefois estimé qu’une “solution” sur cette question pouvait être trouvée. “Les écoutes de grand-papa, c’est terminé. Parce que désormais, ces grands criminels sont passés massivement sur des messageries cryptées”, a-t-il déclaré. “L’Etat ne peut pas avoir une guerre de retard.” Egalement supprimé, un article proposant la mise en place d’un “dossier coffre” ou “procès-verbal distinct” permettant de stocker des informations recueillies via des techniques spéciales d’enquête sans que les avocats des narcotrafiquants ne puissent y accéder lors de la procédure judiciaire. Une disposition qui met à mal le principe du contradictoire, regrettent de nombreux parlementaires, magistrats et avocats.Autant d’épines dans le pied d’un duo ministériel pourtant déterminé à obtenir le rétablissement de ces mesures dans l’hémicycle.Pour Bruno Retailleau, qui est candidat en parallèle à la présidence des Républicains et a mis sa démission dans la balance sur le dossier algérien, l’enjeu est crucial: c’est l’occasion d’obtenir des résultats au Parlement, et répondre du même coup aux critiques régulières du RN et de son rival LR Laurent Wauquiez.- Motions de rejet… rejetées -Sans surprise, deux motions de rejet préalables insoumises ont été repoussées par les députés lundi soir.”Il faut surtout lutter contre la demande” et donc “faire de la prévention”, a plaidé le député LFI Antoine Léaument. Le texte “sera inefficace et dangereux”, a ajouté son collègue Ugo Bernalicis.”La gauche propose aux enquêteurs de revenir au papier carbone, à la machine à écrire, au minitel”, a raillé en réponse Michaël Taverne pour le RN. D’autres mesures, votées en commission, ne manqueront pas de susciter de très vifs débats. Ainsi de l’idée de créer un nouveau régime carcéral d’isolement pour les narcotrafiquants les plus dangereux, portée par Gérald Darmanin.Elle a particulièrement crispé les socialistes, qui se sont abstenus sur le texte en commission pour cette raison, selon M. Vicot.M. Darmanin, suivant un avis du Conseil d’Etat, devrait soutenir l’amendement du rapporteur Vincent Caure portant “à deux ans renouvelables”, plutôt que quatre, la durée d’affectation dans ces quartiers de haute sécurité.Egalement très polémiques: la généralisation de la visioconférence pour les détenus de ces quartiers, le passage à 120 heures de garde à vue pour les “mules”, l’activation à distance des appareils électroniques fixes et mobiles.La mobilisation des quatre groupes de la coalition gouvernementale, peu présents en commission, sera une des clés du devenir du texte. M. Darmanin a accueilli lundi soir à son ministère les membres de la coalition gouvernementale, avec Bruno Retailleau.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Collision en mer du Nord: des granulés de plastique découverts dans l’eau et sur la côte

Des granulés de plastique ont été découverts dans l’eau et sur le littoral de l’est de l’Angleterre, une semaine après la collision en mer du Nord entre un porte-conteneurs et un pétrolier, suscitant lundi une “profonde inquiétude” de la part de la Société royale de protection des oiseaux.Les garde-côtes britanniques ont précisé qu’une opération de récupération de ces pastilles, mesurant entre 1 et 5 millimètres, avait démarré. Selon eux, elles ne sont “pas toxiques mais peuvent représenter un risque pour la faune si elles sont ingérées”.Ces granulés, qui sont utilisés dans la production de plastique, ont dans un premier temps été repérés dimanche par les services de secours britanniques dans l’eau près d’une baie sur la côte est de l’Angleterre, à environ 70 kilomètres au sud du lieu de la collision, a indiqué le chef des garde-côtes, Paddy O’Callaghan. Ils ont aussi été observés à “différents endroits” sur une trentaine de km le long de la côte — qui abrite plusieurs réserves naturelles — et des spécialistes dans la lutte antipollution ont été mobilisés, selon la même source. Les garde-côtes jugent “probable” qu’ils se soient retrouvés dans l’eau à l’issue de la collision.Dans le Norfolk (sud-est), la réserve naturelle de Titchwell est également affectée, a indiqué Steve Rowland, responsable local de la Société royale de protection des oiseaux.”Toute cette zone, qui fait partie des zones humides de la côte est, est d’une importance internationale pour les oiseaux et la faune”, a-t-il relevé, ajoutant qu’il s’agit “d’une voie de migration cruciale à cette époque de l’année, d’un lieu d’alimentation essentiel pour les oiseaux de mer et, bientôt, d’un site de nidification” pour certains oiseaux rares et menacés.”Nous sommes profondément inquiets”, a-t-il souligné.Selon M. Rowland, ces granulés “de la taille d’une lentille” sont pour certains “détachés, d’autres agglutinés”. “Ils sont carbonisés et sentent le kérosène”, a-t-il ajouté.- Course contre la montre -“Nous n’avons que quelques jours pour éliminer (cette pollution) des plages avant que les marées montantes ne dispersent les débris et qu’ils ne soient rejetés dans la mer et dans la chaîne alimentaire”, a-t-il prévenu, évoquant une “course contre la montre”.La collision, le 10 mars, entre le porte-conteneurs Solong et le pétrolier Stena Immaculate, qui était au mouillage à environ 20 km au large du Yorkshire, dans le nord-est de l’Angleterre, a déclenché d’énormes incendies à bord des deux navires. Ces feux ont été maîtrisés après plusieurs jours de lutte, même si des “petites poches de feu” sont toujours actives par intermittence sur le Solong.Le Stena Immaculate, affrété par l’armée américaine, transportait environ 220.000 barils de carburant d’aviation et un des réservoirs a été “brisé” dans la collision.”Sur la base d’une évaluation effectuée par l’équipe de sauvetage, il a été confirmé que 17.515 barils de carburant Jet-A1 ont été perdus à la suite de l’impact et de l’incendie. Le reste de la cargaison est en sécurité”, a expliqué Crowley, l’opérateur américain du pétrolier, dans un communiqué.Les équipes de sauvetage ont déterminé que l’étendue des dégâts était limitée à un réservoir de carburant et à un réservoir d’eau, ajoute le communiqué.Le contenu du porte-conteneurs Solong n’a quant à lui pas été révélé, son propriétaire allemand s’étant contenté de dire, au lendemain de la collision, qu’il ne transportait pas de cyanure de sodium, contrairement à des informations initiales.Les enquêteurs continuent d’essayer de déterminer pourquoi le Solong a changé de cap vers 01H30 GMT et a heurté le Stena Immaculate huit heures plus tard. Un membre de l’équipage du cargo, un Philippin âgé de 38 ans, est présumé mort.Le gouvernement britannique a écarté l’hypothèse d’un acte criminel. Le capitaine russe du Solong a été inculpé ce week-end d’homicide involontaire par négligence grave.bur-lb-ctx-alm/tmt/phs