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L’Europe est dans une phase “de colère et de sursaut” qu’il faut “cultiver”, selon Raphaël Glucksmann

L’Union européenne est à un “moment de bascule”, face aux coups de butoir russes et maintenant américains, et doit agir dans la durée si elle entend réellement prendre son destin en main, avertit l’eurodéputé français Raphaël Glucksmann dans un entretien à l’AFP.Membre de la commission des Affaires étrangères au Parlement européen, l’homme politique français de 45 ans n’a eu de cesse ces dernières années d’appeler les Européens à s’émanciper des Etats-Unis.L’Amérique de Donald Trump, plus menaçante que jamais à l’encontre de l’UE, a renforcé le discours de celui qui a été baptisé cette semaine par la Maison Blanche de “petit homme politique français méconnu” pour avoir réclamé le retour en France de la Statue de la liberté. La défense de l’Ukraine, dont il a fait son combat, l’a aussi fait revenir sur le devant de la scène, en France mais aussi au Parlement européen. Arrivé en tête de la gauche (13,8%) aux européennes en France, il ambitionne de “peser” sur la prochaine élection présidentielle, prévu en 2027.S’il se félicite du grand chamboulement géopolitique en cours, il reste prudent. “Il y a une prise de conscience indéniable (…), mais il faut que ça débouche sur des actions”.Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche est en train d’agir comme un électrochoc. Mais surtout, explique-t-il, la “claque” administrée par le président américain à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, fin février dans le bureau ovale à Washington, “a réveillé beaucoup de monde”.Et de citer l’Allemagne, qui vit “une révolution absolue”. “Entendre le futur chancelier chrétien démocrate (Friedrich) Merz dire qu’il va falloir faire sans les Etats-Unis, c’est quelque chose d’inédit”, tant l’alliance avec l’Amérique est “consubstantielle à l’existence même de la démocratie allemande”, assure-t-il.Il y a eu un “moment de colère et de sursaut”, et, “il faut qu’on cultive ça”, souligne-t-il.Or, rien n’est moins simple dans des sociétés à la mémoire “de poissons rouges”, habituées à “zapper”.- Ne pas rater le coche -“Ce qu’il s’est passé dans le Bureau ovale, ce n’est pas un accident de l’Histoire. Ce sera une politique, et donc on aura chaque jour un réveil qui sonnera” avec une déclaration ou une décision de la part du président américain.”C’est une offensive tous azimuts, et il ne faut pas croire que ça va s’arrêter, ça va continuer”, assure-t-il.Face à cette situation,  les Européens peuvent décider “d’abandonner le projet européen (…) et de laisser l’Europe se morceler sous les coups de boutoir de Poutine et de Trump. Mais, alors l’Europe connaîtra un destin “de serpillère” ou servira de “paillasson” aux empires renaissants, avertit-il.Il faut donc agir vite pour “réarmer” l’Europe, comme l’ambitionnent la Commission européenne et sa présidente Ursula von der Leyen. Mais, redoute Raphaël Glucksmann, les Européens risquent de rater le coche.Mme von der Leyen veut mobiliser jusqu’à 800 milliards d’euros sur quatre ans pour renforcer la défense du continent. Mais, avec cette proposition, “elle passe la balle aux Etats membres” en se contentant de faciliter leurs dépenses militaires, dans l’espoir qu’elles atteignent 650 milliards avant 2030.Or, ce qu’il faut, “ce n’est pas 27 Etats qui investissent de manière séparée, ce qu’il nous faut c’est un emprunt commun de 500 milliards d’euros, comme on l’avait fait pendant la pandémie” de Covid, estime-t-il, évoquant une piste qui suscite des réserves dans de nombreux Etats membres.Pour convaincre les opinions publiques en Europe, dont beaucoup sont sceptiques sur la réalité de la menace et l’urgence à y répondre, M. Glucksmann juge essentiel que les Européens se montrent capables “de lever de l’argent”. Car l’enjeu de “l’emprunt commun à 500 milliards, c’est aussi de permettre de ne pas mettre en compétition les dépenses sur le social et la défense”, juge l’eurodéputé français.

Grippe aviaire: le risque abaissé d'”élevé” à “modéré” en France

Les autorités françaises ont abaissé le risque de grippe aviaire sur l’ensemble du territoire d'”élevé” à “modéré”, en raison d’une “amélioration de la situation sanitaire dans l’avifaune sauvage”, selon un arrêté publié jeudi au Journal officiel.La France était passée “en risque élevé” le 9 novembre dernier, situation qui entraînait notamment le confinement de volailles.Il existe trois niveaux de risque en France: élevé, modéré et négligeable.Jeudi, l’arrêté publié au JO indique que “le niveau de risque épizootique est qualifié de +modéré+ sur l’ensemble du territoire métropolitain” et que le texte a été “pris à la suite d’une amélioration de la situation sanitaire dans l’avifaune sauvage”.Depuis début février, la France était de nouveau “indemne” concernant la grippe aviaire, un statut indépendant du niveau de risque. Aucun nouveau foyer d’Influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) n’avait en effet été détecté sur le mois précédent dans les élevages nationaux.L’arrêté paru jeudi, qui entrera en vigueur vendredi, concerne “les opérateurs détenant des volailles ou autres oiseaux captifs”.En cas de risque “élevé”, les volailles devaient notamment être “mises à l’abri et leur alimentation et leur abreuvement sont protégés” dans les élevages de plus de 50 oiseaux. Les volailles et oiseaux sont “claustrés ou protégés par des filets” dans les plus petits.Concernant le risque “modéré”, dans les zones “à risque de diffusion” de la grippe aviaire, les palmipèdes de moins de 42 jours doivent être mis à l’abri, selon le ministère de l’Agriculture. Dans les zones “à risque particulier”, soit les zones humides dans lesquelles les conditions naturelles augmentent le risque de contamination des élevages par la faune sauvage, les “volailles, toutes espèces”, doivent être “mises à l’abri”.La grippe aviaire A (H5N1) est apparue en 1996 en Chine, mais, depuis 2020, le nombre de foyers chez les oiseaux a bondi, un nombre croissant d’espèces de mammifères a été touché tout comme des régions du monde jusqu’alors épargnées, comme l’Antarctique.La France l’a surtout été de 2015 à 2017 puis quasiment en continu depuis fin 2020. Le pays a euthanasié des dizaines de millions de volailles ces dernières années. Les pertes économiques se chiffrent en milliards d’euros.Pour casser cette spirale, le gouvernement a rendu obligatoire depuis l’automne 2023 la vaccination dans les élevages supérieurs à 250 canards.

Dans le Loiret, le premier vélo électrique sans batterie

Un vélo électrique sans batterie, qui utilise l’énergie du pédalage pour alléger l’effort sur des parcours plus vallonnés, a vu le jour près d’Orléans, résultat de la volonté de son créateur de tendre vers une voie plus écologique pour la mobilité douce.Il ressemble à n’importe quel autre vélo classique, mais dispose d’une technologie unique: le Pi-Pop est un vélo à assistance autonome qui se recharge en roulant.”Dans un boîtier placé dans le braquet du vélo, se trouve le moteur, qui sert aussi bien d’assistance qu’à récupérer l’énergie, à l’image d’une dynamo”, explique Adrien Lelièvre, son fondateur, à qui il a fallu “six années de recherche et de développement” pour aboutir à cette bicyclette d’un nouveau genre.Ce système innovant repose ensuite sur une intelligence embarquée et des supercondensateurs, qui conservent l’énergie captée lorsque le cycliste pédale sur du plat ou en descente, pour la restituer aux moments où l’effort se fait plus important, lors de la montée d’une côte par exemple, et ainsi assister l’utilisateur.L’autonomie du vélo est ainsi “illimitée”, promet M. Lelièvre, diplômé en ingénierie mécanique. Sans aucune batterie à recharger, “il est “l’alternative idéale entre les vélos classiques et les vélos électriques” pour se déplacer “quotidiennement dans toutes les villes vallonnées de France”.Avec dix salariés, l’entreprise vient de développer sa troisième génération de vélos, après avoir proposé à la vente ses premiers modèles en 2022.”Le plus dur, c’est de faire comprendre aux gens qu’il n’y a pas de batterie et que, malgré tout, l’assistance est instantanée dès le premier coup de pédale”, explique le monteur Fabrice Courseau. Le poids de ce vélo est même inférieur de “plusieurs kilos” à celui des modèles électriques classiques.Il n’est en revanche pas adapté à de la vraie montagne ou des territoires trop accidentés, l’assistance pouvant assister sur une centaine de mètres en dénivelé positif, en moyenne.- Alternative écologique – Vainqueur d’une médaille d’Or au concours Lépine 2024, qui représente pour lui l’occasion de trouver de nouveaux investisseurs et représente une victoire riche en symboles pour ses proches, l’ingénieur cherche surtout avec ce produit à “faire évoluer les mentalités” en montrant “une alternative plus durable” aux vélos électriques.”Avec une durée de vie beaucoup plus longue et sans utiliser de matériaux rares, le super-condensateur permet une nouvelle possibilité plus écologique, quand les batteries des vélos, au lithium, vont dans le sens inverse de l’histoire”, argue le dirigeant.Il estime que “jusqu’à maintenant, le seul moyen de transport à augmenter son empreinte carbone était le vélo, adoptant des stratégies néfastes pour l’environnement, comme l’automobile, pour construire des batteries”.”On a donc essayé de répondre à ce besoin de transition énergétique, mais aussi au nombre croissant d’utilisateurs”, alors qu’un Français sur quatre fait du vélo au moins une fois par semaine, selon une étude du ministère des Transports en 2024.C’est ce dernier argument qui a poussé un couple de Loirétains, croisés ce jour-là, à venir effectuer un essai, avant d’éventuellement franchir le pas de l’achat.”Nous avons un vélo électrique, mais la batterie nous lâche tous les trois ans. Et avec l’impact sur l’environnement de ces batteries au lithium, on a eu envie de trouver une alternative”, livre Carole Ogez.Proposés à partir de 2690 euros aux particuliers, 600 modèles ont été vendus à travers l’Europe, mais aussi à travers le monde, selon l’entreprise, qui a breveté la technologie.L’objectif de 10.000 ventes annuelles, d’ici trois à cinq ans, est affiché par PiPop, espérant multiplier par cinq ses effectifs pour y parvenir.

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Dans le Loiret, le premier vélo électrique sans batterie

Un vélo électrique sans batterie, qui utilise l’énergie du pédalage pour alléger l’effort sur des parcours plus vallonnés, a vu le jour près d’Orléans, résultat de la volonté de son créateur de tendre vers une voie plus écologique pour la mobilité douce.Il ressemble à n’importe quel autre vélo classique, mais dispose d’une technologie unique: le Pi-Pop est un vélo à assistance autonome qui se recharge en roulant.”Dans un boîtier placé dans le braquet du vélo, se trouve le moteur, qui sert aussi bien d’assistance qu’à récupérer l’énergie, à l’image d’une dynamo”, explique Adrien Lelièvre, son fondateur, à qui il a fallu “six années de recherche et de développement” pour aboutir à cette bicyclette d’un nouveau genre.Ce système innovant repose ensuite sur une intelligence embarquée et des supercondensateurs, qui conservent l’énergie captée lorsque le cycliste pédale sur du plat ou en descente, pour la restituer aux moments où l’effort se fait plus important, lors de la montée d’une côte par exemple, et ainsi assister l’utilisateur.L’autonomie du vélo est ainsi “illimitée”, promet M. Lelièvre, diplômé en ingénierie mécanique. Sans aucune batterie à recharger, “il est “l’alternative idéale entre les vélos classiques et les vélos électriques” pour se déplacer “quotidiennement dans toutes les villes vallonnées de France”.Avec dix salariés, l’entreprise vient de développer sa troisième génération de vélos, après avoir proposé à la vente ses premiers modèles en 2022.”Le plus dur, c’est de faire comprendre aux gens qu’il n’y a pas de batterie et que, malgré tout, l’assistance est instantanée dès le premier coup de pédale”, explique le monteur Fabrice Courseau. Le poids de ce vélo est même inférieur de “plusieurs kilos” à celui des modèles électriques classiques.Il n’est en revanche pas adapté à de la vraie montagne ou des territoires trop accidentés, l’assistance pouvant assister sur une centaine de mètres en dénivelé positif, en moyenne.- Alternative écologique – Vainqueur d’une médaille d’Or au concours Lépine 2024, qui représente pour lui l’occasion de trouver de nouveaux investisseurs et représente une victoire riche en symboles pour ses proches, l’ingénieur cherche surtout avec ce produit à “faire évoluer les mentalités” en montrant “une alternative plus durable” aux vélos électriques.”Avec une durée de vie beaucoup plus longue et sans utiliser de matériaux rares, le super-condensateur permet une nouvelle possibilité plus écologique, quand les batteries des vélos, au lithium, vont dans le sens inverse de l’histoire”, argue le dirigeant.Il estime que “jusqu’à maintenant, le seul moyen de transport à augmenter son empreinte carbone était le vélo, adoptant des stratégies néfastes pour l’environnement, comme l’automobile, pour construire des batteries”.”On a donc essayé de répondre à ce besoin de transition énergétique, mais aussi au nombre croissant d’utilisateurs”, alors qu’un Français sur quatre fait du vélo au moins une fois par semaine, selon une étude du ministère des Transports en 2024.C’est ce dernier argument qui a poussé un couple de Loirétains, croisés ce jour-là, à venir effectuer un essai, avant d’éventuellement franchir le pas de l’achat.”Nous avons un vélo électrique, mais la batterie nous lâche tous les trois ans. Et avec l’impact sur l’environnement de ces batteries au lithium, on a eu envie de trouver une alternative”, livre Carole Ogez.Proposés à partir de 2690 euros aux particuliers, 600 modèles ont été vendus à travers l’Europe, mais aussi à travers le monde, selon l’entreprise, qui a breveté la technologie.L’objectif de 10.000 ventes annuelles, d’ici trois à cinq ans, est affiché par PiPop, espérant multiplier par cinq ses effectifs pour y parvenir.

Après 29 mois de détention en Iran, le Français Olivier Grondeau libre et de retour en France

Le Français Olivier Grondeau, qui était détenu en Iran depuis octobre 2022, “est libre, en France, parmi les siens”, a annoncé jeudi Emmanuel Macron, assurant que “la mobilisation ne faiblira pas” pour la libération des deux derniers ressortissants français encore en prison à Téhéran.”Nous partageons l’immense bonheur et soulagement de sa famille”, a dit sur X le président français, au sujet d’Olivier Grondeau, 34 ans, qui avait été condamné en Iran à cinq ans de prison pour espionnage. Cette peine avait été jugée arbitraire par les autorités françaises qui avaient dénoncé une diplomatie d’otage d’Etat de la part de Téhéran.”Je remercie tous les services de l’État, notre ambassadeur en Iran et le Centre de crise et de soutien du Quai d’Orsay, de leur action décisive”, a-t-il ajouté. Olivier Grondeau, qui fêtera ses 35 ans la semaine prochaine, est arrivé lundi soir en France, ont précisé à l’AFP l’Elysée et une source diplomatique, sans toutefois dévoiler les conditions de sa libération. Il est actuellement hospitalisé pour subir une batterie d’examens alors qu’il était très affaibli ces derniers mois, notamment sur le plan psychologique.Cette remise en liberté intervient après de longues et difficiles négociations entre les deux pays et dans un contexte de bras de fer entre les Occidentaux et l’Iran sur son programme nucléaire. Téhéran nie vouloir se doter de l’arme nucléaire, bien que ses réserves d’uranium enrichi s’approchent du seuil nécessaire pour la fabriquer.”Cette libération fait honneur à la diplomatie française et au travail acharné de notre ambassade à Téhéran, du centre de crise et de soutien et des services du ministère des Affaires étrangères”, a réagi de son côté le chef de la diplomatie Jean-Noël Barrot, sur le même réseau X, en publiant une photo de M. Grondeau, tout sourire, à bord d’un avion. “Immense joie de retrouver Olivier puisqu’innocent de tout, sa place a toujours été parmi nous”, a déclaré à l’AFP Me Chirinne Ardakani, son avocate française. Originaire de Montpellier, dans le sud de la France, Olivier Grondeau était en voyage touristique dans la ville de Shiraz, dans le sud de l’Iran, quand il a été arrêté le 12 octobre 2022.Il a d’abord été détenu à Téhéran, dans la tristement célèbre prison d’Evin, puis dans la ville de Shiraz, avant d’être à nouveau transféré en octobre dernier à Evin, où les conditions de détention sont réputées particulièrement difficiles.Jusqu’en janvier dernier, il avait choisi de ne pas révéler publiquement son identité, espérant que les négociations diplomatiques pour sa libération entre Téhéran et Paris puissent aboutir en toute discrétion.Mais il s’était ravisé et avait préparé une campagne de communication depuis la prison d’Evin, avec l’aide de son comité de soutien composé d’amis.L’Iran, qui détient plusieurs ressortissants occidentaux ou binationaux, est accusé par leurs soutiens, des ONG et des chancelleries occidentales, de s’en servir comme monnaie d’échange, même si officiellement leurs libérations ne donnent lieu à aucune contrepartie.- “Otages d’Etat” -Le gouvernement français a maintes fois condamné cette diplomatie “d’otages d’Etat”.Emmanuel Macron avait lui-même dénoncé récemment la “détention indigne et arbitraire” des ressortissants français, et exigé leur libération. Ces propos avaient provoqué l’ire de Téhéran qui avait fustigé des propos “non constructifs”.Les deux autres Français toujours détenus sont Cécile Kohler et son compagnon Jacques Paris, arrêtés le 7 mai 2022, au dernier jour d’un voyage touristique en Iran, où les autorités les accusent d’espionnage.”Notre mobilisation ne faiblira pas: Cécile Kohler et Jacques Paris doivent être libérés des geôles iraniennes”, a martelé le chef de l’Etat dans son message jeudi. “Toutes mes pensées vont vers eux et leur famille en ce jour”, a-t-il ajouté.”Je pense à ma cliente, toujours incarcérée en section 209 de la prison d’Evin: Cécile cloîtrée dans une cellule de 8m2, sans fenêtre, sous vidéosurveillance continue, qui dort à même le sol”, a déclaré à l’AFP Me Ardakani. Elle souligne la nécessité de se battre pour les deux ressortissants toujours détenus, ajoutant que les “geôliers devront répondre de leurs actes criminels, y compris devant la justice française”.D’autres Français avaient été détenus arbitrairement en Iran avant d’être libérés, dont Louis Arnaud, en juin 2024.Ce consultant, aujourd’hui âgé de 36 ans, avait été arrêté en septembre 2022 à Téhéran, au moment où commençaient les manifestations du mouvement Femme Vie Liberté à la suite de la mort en détention de la jeune kurde Mahsa Amini, accusée d’avoir enfreint le code vestimentaire strict de la République islamique. Benjamin Brière et Bernard Phelan avaient, eux, retrouvé la liberté en mai 2023.

Le bail réel solidaire, dispositif pour devenir propriétaire à moindre coût, encore méconnu

Acheter un logement neuf en payant jusqu’à 50% moins cher, c’est possible grâce au “bail réel solidaire”. Près de dix ans après son lancement, le dispositif reste pourtant méconnu, même dans une ville comme Rennes qui mise beaucoup dessus.Le BRS dissocie le foncier du bâti: l’acheteur acquiert uniquement les murs et paye une redevance à un Office foncier solidaire (OFS), propriétaire du terrain. Résultat, le prix d’achat est largement inférieur à ceux du marché, une aubaine dans des villes touchées par la crise du logement.”c’est à la britannique” où le bail emphytéotique fait partie du paysage, résume François Mouaze, propriétaire pour 99 ans d’une maison de ville flambant neuve avec jardin à Rennes. Il a payé environ 225.000 euros, moitié moins qu’une maison équivalente vendue en accession pleine.Ce quinquagénaire, en couple avec deux enfants, avait toujours été locataire. Obligé de quitter un appartement loué à Rennes, il a regardé avec sa compagne pour acheter en ville.”Ce n’était pas gagné avec nos salaires”, dit-il. Jusqu’à ce que sa conjointe tombe sur une annonce pour de l’achat sur plan en BRS. “Je n’en avais jamais entendu parler”, reconnaît François Mouaze.Rennes métropole, 474.000 habitants environ et une forte croissance démographique attendue à horizon 2040, mise beaucoup sur ce dispositif. “Notre objectif est de loger tout le monde”, explique à l’AFP Honoré Puil, vice-président en charge de l’habitat.L’intercommunalité s’est fixée une production de 5.000 logements par an, dont 1.700 en BRS pour “loger les catégories moyennes en leur donnant la possibilité d’accéder à la propriété”, poursuit l’élu. Rennes métropole y consacre 5,7 millions d’euros en 2025.- “Occasion en or” -L’accès au BRS est soumis à des plafonds de ressources, fortement revus à la hausse depuis 2024. Résultat, “90% des locataires de la métropole sont éligibles au dispositif”, indique Honoré Puil. Le plafond atteint ainsi 7.500 euros pour une famille de quatre personnes.Après “un travail de pédagogie qui est loin d’être achevé, y compris auprès des élus”, “on a maintenant à faire connaître sans doute davantage ce dispositif auprès du public”, reconnaît Honoré Puil.Rennes fait partie des villes qui se sont emparées tôt du BRS, avec Lille. A horizon 2028, le dispositif devrait s’élargir à l’ensemble des régions et de nombreuses constructions sont prévues en Nouvelle-Aquitaine, en Auvergne-Rhône-Alpes ou encore en Ile-de-France, selon les données du réseau Foncier Solidaire France, qui fédère les OFS.Pour mieux faire connaître ce système, Rennes métropole a lancé une campagne d’affichage avec des personnes vivant déjà en BRS. Parmi elles, Nathalie Stoschek, installée avec sa fille dans un appartement à Cesson-Sévigné, une banlieue chic de Rennes.Auparavant locataire en logement social avec sa fille, elle a cherché plus grand. “Je me suis questionnée pour acheter en me disant +ce sera beaucoup trop cher pour moi à Cesson en étant seule+”, jusqu’à tomber sur une publicité d’un promoteur sur les réseaux sociaux.”Une occasion en or, se souvient-elle. “Les gens ne connaissent pas ce système”, constate-t-elle aussi en parlant de son entourage.Enseignante-chercheuse au laboratoire Lab’URBA, Claire Carriou étudie le BRS.Elle constate “une connaissance encore très disparate dans les territoires”. Dans un questionnaire mené auprès de 120 ménages ayant acheté en BRS sur le territoire francilien, “la moitié d’entre eux ont connu le dispositif par une annonce en ligne”.Cette forme d’accession à la propriété n’est pas forcément une évidence. “Dans beaucoup de cas, ça se fait d’abord par renoncement à l’accession libre en pleine propriété”, relève la spécialiste de l’habitat et du logement. Avant achat, la principale appréhension portait sur “la perspective de plus-value limitée à la revente”, les prix et les conditions étant strictement encadrés, poursuit-elle.Mais “pour un certain nombre de ces ménages, le BRS était la seule option possible” pour devenir propriétaire, constate Claire Carriou.

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L’origine du saut des kangourous éclairée par un petit marsupial

Pourquoi le kangourou saute-t-il? Des chercheurs pensent avoir identifié une piste grâce à l’un de ses cousins, un petit marsupial des forêts humides isolées d’Australie.Les kangourous et les wallabies sont les deux seuls animaux de grande taille à se déplacer en bondissant sur leurs deux pattes, expliquent des scientifiques de l’université Flinders, dans le sud de l’Australie, et l’on ignore pour quelle raison.Les chercheurs, dont les travaux ont été publiés jeudi dans la revue scientifique Australian Mammalogy, pensent avoir décelé un indice chez le kangourou-rat musqué, un marsupial d’une vingtaine de centimètres de long, lointain cousin des kangourous et vivant dans les forêts humides d’Australie.Cet animal est le seul de la famille des macropodidés (dont font partie les kangourous et les wallabies) à ne pas s’adonner aux bonds, rappelle la chercheuse Amy Tschirn.”En tant que seul macropodidé qui ne saute pas, le kangourou-rat musqué apporte un éclairage déterminant pour savoir comment et quand l’emblématique moyen de locomotion par le bond a évolué en Australie”, exposent les chercheurs.Ces scientifiques ont suivi la trace de ces petits mammifères à travers les forêts humides de l’extrême nord de l’Etat du Queensland (nord-ouest).Ils ont pu observer que ces quadrupèdes se déplaçaient en sautillant certes grâce à leurs pattes arrière mais, précision importante, en gardant leurs pattes avant au sol.Cette découverte suggère l’existence d’une étape au cours de l’évolution, entre la marche à quatre pattes et le déplacement par bonds sur deux pattes, expliquent les chercheurs.”Peut-être que cela a commencé avec un ancêtre qui se mouvait sur ses quatre pattes comme les autres marsupiaux, puis un animal qui sautait comme les (kangourous-rats musqués), et enfin que cela évolué avec ces kangourous au bond emblématique que l’on observe aujourd’hui en Australie.”Parmi les animaux pesant plus de 5 kg, kangourous et wallabies sont les deux seuls animaux se déplaçant en bondissant, d’après les scientifiques. Plusieurs rongeurs plus petits sont également capables de sauter. Les chercheurs disent espérer découvrir des fossiles de lointains marsupiaux pour mieux comprendre la trajectoire évolutive des kangourous d’aujourd’hui.

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A Fos-sur-Mer, une décarbonation à plusieurs inconnues

Enjeu majeur de transition énergétique et de reconquête industrielle, la décarbonation de l’immense zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer, à 50 km au nord-ouest de Marseille, peine à sortir du papier et des discours, freinée par de nombreuses incertitudes.Du château de l’Hauture qui surplombe l’ancienne cité médiévale entre étangs et marais, la ZIP s’étend à perte de vue jusqu’au port à conteneurs, une succession d’usines chimiques, raffinerie, hauts-fourneaux, dépôts pétroliers, cheminées, pylônes…”Fos, c’est 9.000 hectares dont 7.500 consacrés à l’industrie”, soit plus de 80% du territoire communal, explique le maire DVG René Raimondi, 65 ans, qui, enfant, voyait passer taureaux et chevaux de Camargue à l’entrée du village.Soixante ans après l’installation de la première raffinerie, le secteur englobant le Golfe de Fos et l’étang de Berre voisin produit un quart des émissions industrielles de la France, soit plus de 17 millions de tonnes de CO2/an.”La dernière usine s’est installée en 1987. Depuis, rien !, constate le maire. Et il y a trois ans, après la crise du Covid et avec la guerre en Ukraine, on a recommencé à parler de souveraineté industrielle et de transition énergétique, et ces deux préoccupations se sont rejointes à Fos”.En janvier 2023, Fos-sur-Mer est choisie par le gouvernement pour devenir, avec Dunkerque, une des premières “zones industrielles bas carbone” du pays. Les projets affluent, attirés par le foncier disponible et des perspectives d’aides publiques.Ils sont à ce jour une trentaine – énergies renouvelables (photovoltaïque, éolien flottant, hydrogène vert…), aciérie décarbonée, carburants durables… A la clé, la promesse de 10.000 emplois directs.- “Moment historique” -“Notre stratégie, c’est de faire la première zone européenne de décarbonation et de réindustrialisation”, proclamait fin février le président de Région, Renaud Muselier, à l’occasion de la signature avec l’Etat et la Métropole d’une “feuille de route pour le développement industriel de la zone Fos-Berre” à l’horizon 2030.”On vit un moment extraordinaire, historique!”, s’emballe le président de la CCI Aix-Marseille-Provence, Jean-Claude Chauvin, chiffrant les investissements potentiels à “12 à 15 milliards en nouveaux projets, et 3 à 5 milliards pour la transformation des industries existantes”.Un enthousiasme accueilli avec circonspection à la Maison des syndicats de Fos. “La question qu’on se pose n’est pas +quand+, mais +est ce qu’un jour, ça va vraiment démarrer+”, dit Sandy Poletto délégué CGT chez ArcelorMittal.Arcelor, premier employeur de la ville avec 2.500 salariés, a suspendu fin 2024 ses projets de décarbonation en Europe, réclamant des mesures de soutien.- “Moment complexe” -“Le moment est complexe, on a beaucoup de projets, donc beaucoup d’incertitudes, et le contexte géopolitique ne fait qu’en rajouter. Mais on ne peut pas dire que la décarbonation n’a pas commencé”, tempère Nicolas Mat, secrétaire général de l’association Piicto qui regroupe, autour de Fos, industriels et acteurs publics dans une démarche d’écologie industrielle.”Le concret, on y est déjà. On parle de centaines de millions d’euros investis ces dernières années”, assure-t-il, citant l’amélioration de l’efficacité énergétique, la valorisation des déchets ou des projets d’infrastructures mutualisées pour la captation de CO2. Toutefois, tous les acteurs l’admettent: le gros de la décarbonation ne pourra se faire sans apport supplémentaire d’électricité pour remplacer pétrole et charbon.La demande pourrait doubler d’ici 2030, portée par la transformation des industries fossilo-dépendantes, le développement des filières innovantes, l’hydrogène notamment, mais aussi les nouveaux usages du quotidien.Prévu pour 2028, un projet de ligne à très haute tension (THT), traversant une partie de la Camargue, continue de susciter une forte opposition, malgré un tracé “de moindre impact” présenté en septembre par RTE. “Il y a urgence à se décider, insiste le patron de la CCI, car à chaque retard, ce sont des projets qui peuvent partir ailleurs !”Autres obstacles, les infrastructures dont manque cruellement la ZIP, desservie par une voie ferrée unique et une simple route départementale: “On est le seul port d’Europe dans lequel on rentre par un rond-point et une seule route”, constate M. Chauvin.Le financement des infrastructures de transport, estimées à 2 milliards d’euros, et la création d’une gouvernance spécifique sont au coeur des préoccupations des industriels de la région, qui ont lancé un appel à l’Etat en octobre.Un débat public global est attendu au printemps, sous l’égide de la Commission nationale du débat public (CNDP), autour des enjeux et impacts des projets industriels mais aussi de la ligne THT.”Il faut accélérer”, répète le président de la CCI. Il faut qu’on passe des projets à la réalisation, qu’on passe du potentiel à la vraie vie !”

Ubisoft joue son va-tout avec la sortie du nouvel Assassin’s Creed

L’industrie du jeu vidéo retient son souffle: le géant français Ubisoft lance jeudi son plus gros projet, “Assassin’s Creed Shadows”. En cas d’échec, c’est l’avenir de l’entreprise et la stabilité du secteur en Europe qui sont menacés.Une telle fébrilité dans l’industrie, “je n’avais jamais vu ça”, confiait à l’AFP Charles-Louis Planade, analyste chez Midcap Partners, quelques jours avant la sortie du nouvel épisode de cette série entamée en 2007.Depuis 2020, Ubisoft, l’un des plus gros acteurs du jeu vidéo dans le monde avec près de 18.000 employés, a connu une longue série de revers: lancements décevants, chute du cours de Bourse, scandales de harcèlements sexuel et moral visant d’anciens cadres, mouvements de grève…Désormais au pied du mur, le groupe mise sur sa saga phare pour se relancer avec un opus très ambitieux ancré dans le Japon féodal.Près d’une vingtaine de studios et des centaines de personnes ont travaillé dessus pendant près de cinq ans, pour un budget de plusieurs centaines de millions d’euros, selon certaines estimations.Plutôt bien reçu par les critiques, “Assassin’s Creed Shadows” – commercialisé sur PC, PS5 et Xbox Series – affichait mercredi une note “globalement favorable” de 81 sur 100 sur le site d’agrégation d’avis Metacritic, soit un point de plus que l’épisode “Valhalla”, sorti en 2020 et plus gros succès de la série.Pour le journaliste américain Stephen Totilo, “Shadows” est le volet le “plus beau” et le “plus agréable à jouer”, tandis que le site spécialisé IGN salue un très bon épisode qui ne “réinvente pas totalement” la formule.- Effet boule de neige -Ce manque de renouveau pourrait finir par “lasser certains joueurs”, redoute Julien Pillot, économiste spécialiste des industries culturelles. Pour lui, les récentes contre-performances d’Ubisoft sont “peut-être le signe d’un désamour du public pour ses jeux”.”Tout le monde croise les doigts pour que cette sortie soit un énorme succès”, souligne M. Planade, qui anticipe un effet boule de neige pour toute l’industrie européenne en cas de mauvaises ventes.Avec environ 4.000 salariés en France sur les 15.000 que compte le secteur, “Ubisoft est la locomotive du jeu vidéo” dans ce pays, rappelle en outre l’analyste.L’entreprise sert régulièrement de tremplin en sortie d’école et bon nombre de ses anciens employés ont fondé des studios en France et à l’étranger.Pour sortir la tête de l’eau, elle a entamé début 2023 un plan de réduction des coûts, entraînant des fermetures de studios et le départ de près de 2.000 salariés.- “Plusieurs options” pour l’avenir -Malgré cela, le groupe n’a pas réussi à rebondir sur les marchés financiers. Alors que son action s’échangeait à plus de 100 euros il y a dix ans, elle a atteint en septembre son niveau le plus bas, à 9,01 euros. Mercredi, malgré les premiers échos favorables de la presse autour de “Shadows”, elle a encore lâché 5,58% pour s’établir à 12,60 euros.Cette situation, dans un secteur en pleine crise de croissance depuis deux ans, a poussé Ubisoft à annoncer en janvier qu’il étudiait désormais “plusieurs options” pour son avenir, entraînant bon nombre de spéculations.Si un rachat conjoint avec le géant chinois de la tech Tencent – qui possède 10% de son capital – pour sortir l’entreprise de la Bourse a été évoqué dans un premier temps, plusieurs médias rapportent désormais la possible création d’une nouvelle entité, recentrée sur les marques phares du groupe, qui céderait le reste de son catalogue.”Toutes les options sont sur la table”, résume M. Planade, pour qui le rapport de force dans la négociation sera en grande partie déterminé par le succès de “Shadows”.

IVG: au Sénat, une loi mémorielle pour réhabiliter les femmes condamnées pour avoir avorté

“Une démarche mémorielle après des décennies de honte et de silence”: le Sénat s’apprête jeudi à voter un texte pour réhabiliter les femmes condamnées pour avoir avorté illégalement avant la dépénalisation de l’IVG.Cinquante ans après le vote de la loi Veil de 1975 dépénalisant l’interruption volontaire de grossesse, un an après l’inscription de la “liberté garantie” d’avorter dans la Constitution, les sénateurs entendent passer un nouveau message pour reconnaître les “souffrances” des femmes victimes de lois attentatoires à leur liberté.Une proposition de loi du groupe socialiste, portée par l’ancienne ministre des Droits des femmes Laurence Rossignol, semble en effet bien partie pour être adoptée en première lecture dans l’après-midi, avant sa transmission à l’Assemblée nationale.Approuvée à l’unanimité ces derniers jours en commission, elle entend faire reconnaître à l’Etat que les lois en vigueur avant 1975 ont constitué “une atteinte à la protection de la santé des femmes, à l’autonomie sexuelle et reproductive” ou encore “aux droits des femmes”, et qu’elles ont conduit à “de nombreux décès” et été sources de “souffrances physiques et morales”.- “Des pays ne plient pas” -Ce texte, “c’est une façon de dire que la honte doit changer de camp, que ces législations étaient criminelles”, explique à l’AFP Laurence Rossignol, qui défend “une démarche mémorielle après des décennies de honte et de silence”.”Alors que la défense du droit à l’avortement est remise en cause dans le monde, il faut dire au monde entier qu’il y a des pays qui ne plient pas”, insiste la sénatrice du Val-de-Marne.Sa proposition de loi, soutenue par le gouvernement, propose par ailleurs la création d’une commission de reconnaissance du préjudice subi par les femmes ayant avorté, chargée de contribuer au “recueil” et à la “transmission de la mémoire” des femmes contraintes aux avortements clandestins et de ceux qui les ont aidées.Cette initiative concrétise un appel publié au mois de janvier dans Libération au moment des 50 ans de la loi Veil, qui demandait déjà cette réhabilitation.Il était signé par un collectif de personnalités politiques, artistiques et féministes parmi lesquelles l’écrivaine et prix Nobel de littérature Annie Ernaux, les comédiennes Anna Mouglalis et Laure Calamy ou encore la présidente de la Fondation des femmes Anne-Cécile Mailfert.Pour cette dernière, ce texte “répare une injustice”. “On parle de plus de 11.000 personnes condamnées, c’est essentiel de pouvoir les réhabiliter, de leur dire +On n’aurait jamais dû vous condamner pour avoir exercé votre liberté+”, dit-elle à l’AFP.L’initiative donne également corps à une pétition de la Fondation des femmes sur ce sujet, appelant à “réparer une injustice historique” et qui recueillait mercredi soir 9.000 signatures.- “Dignité” -Les associations de défense des droits des femmes ont salué cette proposition. “C’est un très bon signal: à l’heure où une sage-femme vient d’être arrêtée au Texas pour avoir pratiqué des avortements, la France va exactement dans le sens inverse”, a souligné auprès de l’AFP Suzy Rojtman, porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes.Pour Sarah Durocher, présidente du Planning familial, cela permettra de “rendre un peu de dignité” aux femmes “qui ont vécu dans le silence”.La majorité sénatoriale, une alliance entre la droite et les centristes qui avait longtemps rechigné ces dernières années à emprunter le chemin de la constitutionnalisation de l’IVG avant de s’y résoudre, semble cette fois totalement alignée sur cette initiative.D’autant que le texte ne prévoit pas de volet indemnitaire pour porter réparation aux personnes concernées par cette loi. A dessein, “parce qu’il n’y avait pas que des amies des femmes qui ont pratiqué des avortements”, note Laurence Rossignol, qui évoque les “mères maquerelles” ou encore les “proxénètes” ayant pratiqué des avortements clandestins.Une initiative parallèle des sénateurs socialistes, pour réhabiliter les personnes condamnées pour homosexualité du fait des lois discriminatoires en vigueur entre 1942 et 1982 en France, a déjà prospéré dans les deux chambres du Parlement ces derniers mois. Mais attend toujours son adoption définitive.