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Hamas fires at Tel Aviv in first riposte to deadly Israel assault

Hamas said it fired rockets at Israeli commercial hub Tel Aviv on Thursday in its first military response to the growing civilian death toll from Israel’s resumption of air and ground operations in Gaza.Israel said it had closed off the territory’s main north-south route as troops expanded the ground operations they resumed on Wednesday. Gaza’s civil …

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Devant la justice, un Madoff alsacien assume être un “escroc”

“Vous voyez un escroc à la barre, je l’assume”: un Madoff alsacien, suspecté d’avoir abusé de la confiance de dizaines de personnes pour un préjudice de cinq millions d’euros, s’est attaché à montrer un visage repentant jeudi à Saverne (Bas-Rhin).Laurent Raynaud, qui comparaît libre, est jugé devant le tribunal correctionnel de Saverne pour abus de confiance sur des dizaines de personnes, vivant un peu partout en France.Pendant une dizaine d’années, il leur avait proposé de faire fructifier leurs économies via sa société d’investissement.Mais en 2020 il leur avait écrit, avouant avoir abusé de leur confiance.Les sommes qui lui étaient confiées étaient en fait en partie englouties dans son autre structure, une société de conseils (administratifs, financiers) pour personnes endeuillées, qui n’a jamais été rentable et a finalement été liquidée.Ce stratagème, “je l’assume”, a affirmé Laurent Raynaud, présentant ses excuses aux victimes, dont plusieurs personnes âgées présentes dans la salle d’audience.- “Ego surdimensionné” -Cet homme de 60 ans au casier judiciaire vierge et à la mise discrète l’a expliqué par son “espoir” de voir décoller sa société d’aide aux familles endeuillées.”Je voulais absolument que cette entreprise fonctionne, au-delà de la raison”, justifie M. Raynaud, mettant aussi en avant son “ego surdimensionné” et sa “psyché assez troublée”. “La fraude est inscrite dans mon mental”, estime-t-il, répétant avoir suivi une longue psychanalyse.”Vous voyez un escroc à la barre, je l’assume, mais vous ne voyez pas seulement un escroc, je suis aussi un homme”, a-t-il assuré d’une voix posée.Selon les victimes, le préjudice dépasserait les cinq millions d’euros entre 2008 et 2020, “des montants qui donnent le vertige”, souligne la présidente, Violette Pradarelli. Celle-ci précise que seuls 1,5 million d’euros ont été remboursés.”Comment pendant dix ans on arrive à faire fonctionner un tel système alors que les deux sociétés faisaient l’objet de contrôles ?”, s’interroge la présidente.”J’avais cette capacité à sécuriser, à donner le change, à fournir les arguments qu’il fallait”, explique M. Raynaud.Mentionnant l’une de ses amies, présente dans la salle, il dit: “Comment aurait-elle pu douter un seul instant que j’aie pu lui mentir ? Elle avait confiance en moi”.”Il dit qu’il assume, mais assumer c’est rembourser. Je ne pense pas qu’il soit en mesure de rembourser”, tacle cette dernière.- “Tissé sa toile” -Deux soeurs, Chantal et Sabine, racontent également comme leur vie a “basculé” lorsqu’elle ont découvert être victimes d’un escroc alors qu’elles pensaient avoir affaire à un homme “bienveillant, attentif et compréhensif”, rencontré après le décès de leur mère survenu en 2006.”Il a dilapidé l’argent que nos parents nous avaient transmis… Il nous a trahies pendant 12 ans”, confie Chantal la voix brisée par l’émotion.”Il a tissé sa toile comme une araignée pour mieux attraper les insectes qui lui donnaient de l’argent”, décrit Sabine.”Qu’avez-vous fait de votre âme monsieur Raynaud ?”, lui lance une autre victime. “Je tente de la réparer”, répond il.S’il a remboursé partiellement certaines victimes, d’autres n’ont jamais revu leurs économies.”Qu’est ce que vous avez fait des cinq millions ?”, l’interroge Bernard Boulloud, avocat de parties civiles. Il s’interroge aussi sur le rôle des experts comptables employés par les deux sociétés de M. Raynaud, qui ont été entendus comme témoins.”Pourquoi n’avez-vous pas fait de déclaration à Tracfin ?” (service du ministère de l’Economie pour lutter contre les opérations financières illégales, NDLR), demande ainsi l’avocat à l’un des experts. “Les parties civiles veulent comprendre. Elles savent très bien qu’elles ne retrouveront pas un centime de ce qu’il les a escroquées.”L’expert comptable reconnaît avoir été “surpris” que M. Raynaud injecte autant de fonds dans une société qui ne décollait pas, mais que cet argent venait de fonds personnels comme ça peut être le cas pour d’autres “start-ups”.Faute d’obtenir des réponses sur l’origine de ces fonds, il a cependant préféré mettre fin à leur collaboration, prévenant l’expert-comptable qui lui succédera de l’existence de “points de vigilance”.Aujourd’hui assistant familial, Laurent Raynaud dit gagner environ 1.000 euros par mois. Il demande au tribunal de lui “permettre de travailler pour rembourser”.L’audience doit d’achever jeudi soir.

La devanture de l’Hypercacher de la porte de Vincennes cible d’un incendie

La devanture de l’Hypercacher de la porte de Vincennes à Paris, cible d’une meurtrière attaque jihadiste en 2015, a été volontairement incendiée dans la nuit de mercredi à jeudi, a appris l’AFP de sources concordantes.Peu après deux heures du matin, les pompiers ont été requis pour un feu de poubelles devant l’Hypercacher. “Deux engins pompes ont été envoyés et le feu a été éteint très rapidement”, ont expliqué les pompiers.Selon une source policière, l’intérieur du commerce du XXe arrondissement de la capitale a été légèrement noirci.Un homme a été filmé par les caméras en train de mettre le feu à quatre containers placés devant l’entrée de Hypercacher, avant d’incendier une benne de chantier se trouvant à proximité.”Deux départs de feu ont été constatés à plusieurs dizaines de mètres d’intervalle le 20 mars peu après 02H00 du matin, à Saint-Mandé et à Paris 20ème, à proximité de l’Hypercacher”, a confirmé le parquet de Paris.”Une enquête pour dégradation volontaire par incendie a été confiée au commissariat du 20ème” arrondissement, a ajouté le ministère public.Le 9 janvier 2015, quatre personnes de confession juive avaient été tuées dans cette supérette lors d’une prise d’otages par le jihadiste Amédy Coulibaly, ensuite abattu par la police.

Au procès Nemmouche, la défense d’un “tortionnaire idéal, trop beau pour être vrai”

“Il leur faut un coupable et celui-ci, c’est l’idéal”. Très loin de l’accusation qui a réclamé la perpétuité, l’avocat de Mehdi Nemmouche a tenté jeudi de convaincre la cour d’assises spéciale de Paris qu’il n’avait jamais été geôlier d’otages occidentaux pour le groupe Etat islamique en Syrie.”La défense de Mehdi Nemmouche a pu surprendre, paraître trop offensive, trop agressive, irrationnelle parfois”, concède pour commencer Me Francis Vuillemin. Sa voix est posée, mais plus pour longtemps. Pendant trois heures de plaidoirie, il va ensuite vociférer quasi-constamment. D’abord pour s’en prendre à tous les acteurs du procès ou presque (il prend soin d’épargner la cour et la “connaissance parfaite du dossier” de “Monsieur le président”): les parties civiles, qui prennent trop de place et “écrasent la parole de la défense”. La presse, venue “au soutien corporatiste de quatre victimes journalistes”. L’accusation, “qui dit que la défense fait son cinéma mais a demandé à ce que le procès soit filmé pour les archives historiques”.Sa défense n’est pas “complotiste” comme lui a dit le parquet antiterroriste dans ses réquisitions, mais “totale”, scande-t-il.  Assis droit dans le box, attentif, son client, 39 ans, pull gris, coiffé au gel, rasé de près, l’écoute.Il avait été reconnu par les journalistes français après l’attentat du musée juif de Bruxelles, où tout juste rentré de Syrie, Mehdi Nemmouche avait abattu quatre personnes en mai 2014. Didier François, Edouard Elias, Nicolas Hénin et Pierre Torres avaient eux été libérés un mois plus tôt des geôles de l’EI, après près d’un an de supplice. Mehdi Nemmouche, déjà condamné à la perpétuité pour l’attentat à Bruxelles, jure qu’il a uniquement combattu, jamais rencontré aucun otage.Cette reconnaissance par les journalistes français, “à 100%” comme a dit Didier François à l’audience, n’est pas l’unique preuve du dossier mais elle en est la principale. C’est donc ce “récit à l’unité apparente”, “construit” par les ex-otages que Me Vuillemin entreprend de démonter. – “Épanoui” -Sans scrupule, il les attaque, nommément. “On peut être une vraie victime, qui a souffert là-bas, mais aussi être ridicule et de mauvaise foi”, lance d’une voix dure Me Vuillemin au sujet d’un ex-otage espagnol assis dans la salle -il la quittera en cours de plaidoirie.Côté français, seuls sont venus Pierre Torres et Didier François, ce dernier levant régulièrement les yeux au ciel avec un sourire désabusé à l’écoute des envolées de l’avocat.Me Vuillemin reprend les auditions de chacun pendant l’enquête, relève toutes les contradictions. Brandit théâtralement, encore et encore, les photos de Medhi Nemmouche, rappelle qu’untel ne l’avait d’abord pas reconnu, avait changé d’avis ensuite.Pareil pour “la voix”, pourtant identifiée “sans l’ombre d’un doute” par les ex-otages français. Au fil de 10 ans d’enquête, on est passé du “soupçon” à la “certitude”, via la “perfusion médiatique, qui fait son oeuvre lentement” jusqu’au procès, martèle l’avocat.Alors, il reste quoi ? “La preuve par Aznavour ?”, moque-t-il. Les otages ont raconté que leur geôlier en était fan, et Mehdi Nemmouche a aussi parlé du chanteur aux policiers après son arrestation à Bruxelles en 2014.”Le fameux Abou Omar n’existe pas, c’est un geôlier virtuel”, une “construction kaléidoscopique”. Il est “le résultat du mixage de plusieurs geôliers” par des victimes à la “recherche d’un coupable idéal”, s’emporte Me Vuillemin.”Il est le tortionnaire idéal, beaucoup trop beau pour être vrai, sadique à souhait, antisémite jusqu’au bout de la Kalach’, mais ayant le sens de la conversation mondaine, et poussant la chansonnette de temps en temps… Mais antisémites, sadiques, ils le sont tous !”. Me Vuillemin arrive au bout de sa plaidoirie. Il parle longuement de la vie de Mehdi Nemmouche en prison, à l’isolement total. Il sait que “c’est fou pour un avocat de dire ça” mais l’incarcération est devenue son “élément naturel”, il y est “épanoui” après “une vie de tumulte”. Son client lui a même dit -peut-être avec un peu d’ironie- qu’il avait parfois l’impression de “manquer de temps”. L’avocat a terminé. Il n’a pas demandé l’acquittement. “Jugez-le”, dit-il simplement.Le verdict est attendu vendredi en fin de journée.

Les fraudes détectées par l’Assurance maladie ont plus que doublé en cinq ans

Les fraudes détectées et stoppées par l’Assurance maladie ont plus que doublé en cinq ans, à 628 millions d’euros en 2024, un bond qui illustre l’accroissement des efforts anti-fraude mais aussi l’industrialisation des arnaques.Sur ce montant, 416 millions d’euros proviennent des professionnels de santé en ville (68%), 109 millions des assurés sociaux eux-mêmes et le reste (14%) des hôpitaux, cliniques et autres établissements de santé, selon les chiffres publiés jeudi par l’Assurance maladie.Dans les soins de ville, les audioprothésistes – ou plutôt ceux qui se prétendent tels – arrivent en tête des professionnels concernés par la fraude, avec 115 millions d’euros de fraude détectée, une multiplication par quatre par rapport à 2023. Suivent les pharmaciens (62 millions d’euros), les infirmiers (56 millions d’euros) et les transporteurs (42 millions d’euros).”La réforme du 100% santé, très positive en matière d’accès aux soins” en permettant l’équipement en prothèses auditives sans reste à charge, “a malheureusement aussi ouvert un espace de fraude (…) très diversifié”, avec “des fausses sociétés, des faux audio-prothésistes sans diplôme, des facturations fictives bien organisées entre parfois prescripteurs, audioprothésistes et patients”, a expliqué Thomas Fatôme, le directeur général de l’Assurance maladie.En 2024, l’Assurance maladie a contrôlé 55.000 factures d’audioprothèses de manière approfondie, et en a rejeté 20.000. – “Parasites” -Du côté des fraudes chez les assurés sociaux, l’Assurance maladie a notamment repéré et stoppé 42 millions d’euros de fraude aux arrêts de travail, soit 2,4 fois plus qu’en 2023.”Cette hausse s’explique principalement par une recrudescence des faux arrêts de travail vendus sur les réseaux sociaux, avec des kits prêts à l’emploi composés de faux arrêts – souvent de plusieurs mois – et de faux certificats de travail”, indique l’Assurance maladie.D’une manière générale, en quelques années, “on est passé d’une fraude artisanale et un peu opportuniste (…) à une fraude qui est beaucoup plus organisée, beaucoup plus professionnalisée et avec des méthodes de plus en plus sophistiquées”, a expliqué Marc Scholler, directeur délégué de l’Assurance maladie en charge de la fraude.Cela est notamment dû, selon lui, à l’arrivée de fraudeurs “bien souvent extérieurs au monde de la santé, qui s’y greffent comme des parasites”.”On assiste à des recrutements via les réseaux sociaux, par de la publicité, (…) de mules pour certains trafics”, c’est-à-dire “de personnes qui prêtent leur identité et intègrent” des schémas frauduleux “parfois à leur insu”, a-t-il expliqué.- Usurpation d’identité -“On a aussi du phishing et de l’ingénierie sociale”, notamment “pour usurper l’identité d’un professionnel de santé, d’un assuré et donc parfois de bénéficier de prestations, de facturations indues”, a-t-il ajouté.Face à ces nouvelles menaces, l’Assurance maladie se perfectionne: elle s’est équipée de nouveaux outils numériques, a renforcé de 10% ses effectifs de lutte contre la fraude pour arriver à 1.600 agents, recrutant des statisticiens et enquêteurs spécialisés dotés de pouvoirs de police judiciaire, notamment de cyberenquête.Faut-il aussi créer une carte Vitale biométrique, comme le réclament régulièrement des responsables politiques?”La sécurisation des droits, c’est-à-dire vérifier que les personnes qui ont des remboursements ont des droits à l’assurance maladie, est une priorité”, a déclaré M. Fatôme. Tout en rappelant qu’un rapport récent de l’Inspection générale des finances et de l’inspection générale des affaires sociales a souligné que le déploiement d’une telle carte Vitale biométrique aurait un caractère “absurde, coûteux, inefficace, et disproportionné”.Selon les chiffres de l’Assurance maladie, en 2024, seuls 6 millions d’euros de fraude détectée étaient liés à une fausse identité.Les dépenses totales de l’Assurance maladie se sont élevées à environ 257 milliards d’euros en 2024. 

Financiers et industriels réunis à Bercy pour s’allier dans l’effort de défense

Investisseurs et entreprises de défense ont tenté jeudi à Bercy de trouver ensemble de meilleurs façons de financer le secteur en avec des besoins estimés jusqu’à 5 milliards d’euros rendus soudain nécessaires par l’évolution de la position américaine vis-à-vis de l’Ukraine, et la menace russe.”Le financement, public, privé et populaire, m’apparaît plus que jamais comme le +nerf de la paix+ a lancé le ministre de l’Économie Éric Lombard.Les Français pourront en effet contribuer à ce financement, via le lancement par la banque publique d’investissement Bpifrance d’un nouveau fonds destiné aux particuliers, dont la cible est de collecter 450 millions d’euros.Avec un “ticket d’entrée” minimum de 500 euros, ils pourront “devenir indirectement actionnaires des entreprises du secteur de la défense”, a expliqué M. Lombard sur TF1.Jugeant “très important” d’associer l’ensemble des Françaises et Français à cet effort”, il a ajouté que “les grands réseaux bancaires et d’assurances vont mettre à disposition d’autres fonds, purement privés, pour ceux qui le veulent, sur une base de volontariat”.M. Lombard a par ailleurs annoncé que “les investisseurs publics français, comme la Caisse des dépôts et Bpifrance, investiront 1,7 milliard d’euros pour renforcer les fonds propres des entreprises de la défense”.Avec les co-investissements des investisseurs privés, cela représente “en fait jusqu’à 5 milliards d’euros de fonds propres additionnels en soutien du secteur”, s’est félicité le ministre, une somme proche des besoins actuellement évalués. La “base industrielle et technologique de Défense” (BITD) française comporte neuf grands groupes, comme Dassault Aviation, Safran, Thales ou Airbus, mais aussi quelque 4.500 PME et entreprises de taille intermédiaire (ETI), selon Bercy, plus fragiles financièrement que d’autres secteurs.- “Malentendu”” -Mais le monde de la finance est parfois réticent à investir dans la défense, car il est très sensible aux “risques ESG” (environnementaux, sociaux et de gouvernance) dans ses choix d’investissements. Eric Lombard s’est élevé contre “ce malentendu sérieux”, cette “vision fausse”. “L’investissement dans le secteur de la défense est un investissement responsable (…) il protège notre souveraineté (…), la démocratie, la liberté, le développement durable”.”Il y a des armements qui sont proscrits par les textes et par les traités internationaux. Le reste est autorisé”, a insisté le ministre, appelant les acteurs financiers à “s’affranchir de (leur) frilosité”.Le ministre des Armées Sébastien Lecornu a renchéri: produire des armes, “ce n’est pas sale”, “il n’y a que des armes interdites ou des armes autorisées”. Pour Nicolas Namias, président du directoire de Groupe BPCE, qui s’exprimait au nom du secteur bancaire, “il faut un engagement stratégique en matière de politique de crédit, avec une idée simple, qu’on accompagne tout ce qui n’est pas interdit”. Le secteur bancaire est en soutien à la BITD à hauteur de 50 milliards d’euros, 37 milliards en financement et (le reste) à l’export” : “le momentum aujourd’hui nous conduit à faire davantage”, a noté M. Namias.Mercredi, France Assureurs, la fédération des assureurs français, avait assuré qu’eux aussi étaient “prêts à prendre toute leur part dans l’effort de réarmement du pays”.Alain Dulac, vice-président PME du GIFAS (Industries Aéronautiques et Spatiales), et PDG de Factem (produits audio pour l’armée) s’est dit “confiant” après avoir entendu tous ces propos.Le président du Medef, Patrick Martin, a cependant souligné que les entreprises du secteur “s’inquiètent (…) de la pérennité de cet effort” et qu’elles “ne bougeront que si elles ont des certitudes”. – “Point de départ” -L’évènement de jeudi se veut “un point de départ” du dialogue sur le financement prochain de la défense, selon Bercy.Celui-ci s’inscrit dans un contexte d’équation budgétaire difficile. “Il ne peut pas y avoir de nouveau +quoi qu’il en coûte+” à ce sujet, a prévenu sur BFM TV/RMC le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, plaidant pour un effort “mesuré” et “financé”.Jeudi après-midi, les ministres Lombard et Lecornu se rendent à Bergerac chez le fabricant de poudre et d’explosifs Eurenco, et le Premier ministre François Bayrou est attendu vendredi pour une visite à l’usine de fabrication de canons KNDS à Bourges.L’UE tout entière est mobilisée sur la défense depuis le début du mois. Mercredi, elle a donné le coup d’envoi d’un vaste plan visant à réarmer le continent d’ici à 2030, doté de 800 milliards d’euros.od-bp-mpa-kd-hrc/ak/rhl

Retraites: après le départ de la CGT, le “conclave” en sursis

Stop ou encore ? Largement ébranlé par les départs de certains acteurs, les menaces des autres et les déclarations du Premier ministre qui enterrent l’hypothèse d’un retour à 62 ans, le “conclave” sur les retraites censé améliorer la réforme de 2023, se réunit à nouveau jeudi, dans le flou.Jeudis 20 et 27 mars, les organisations syndicales et patronales doivent discuter d'”usure professionnelle et pénibilité”, deux sujets auxquels les syndicats sont particulièrement attachés.Mais “avec les (derniers) rebondissements, j’ai bien peur qu’il y ait du changement”, indique à l’AFP Pascale Coton, négociatrice pour la CFTC.”Il faut que les partenaires sociaux soient clairs entre eux”, insiste Cyril Chabanier, leader de la CFTC, qui compte demander aux autres partenaires : “Est-ce qu’on veut avancer ? Est-ce que chacun est prêt à faire des concessions ?” “Au bout d’un moment, soit ils nous disent +oui+ et on avance, soit ils nous disent +non+ et on arrête le +conclave+. Moi je n’ai pas trois mois à perdre”, s’agace-t-il, menaçant ainsi d’emboîter le pas à la CGT, dont la leader, Sophie Binet, a claqué la porte des négociations mercredi.”Le Premier ministre et le patronat ont malheureusement définitivement enterré ce conclave. Et c’est très grave parce que le Premier ministre s’était engagé à ce que ces discussions soient +sans totem, ni tabou+”, a justifié la patronne de la CGT sur France 2.”Je pense qu’un accord est possible”, a positivé le ministre de l’Economie Eric Lombard jeudi sur TF1. “Les organisations qui se sont éloignées pourront revenir à la table si cet accord leur convient”, a-t-il ajouté. Ce sont les dernières déclarations du Premier ministre, dimanche et réitérées cette semaine au Parlement, jugeant “impossible” un retour de l’âge de départ en retraite à 62 ans, qui ont fait exploser la fragile architecture des négociations.”J’ai simplement rappelé qu’il fallait se fixer comme objectif le retour à l’équilibre (du système de retraites) en 2030″ et jugé “qu’à mes yeux, on ne pouvait pas revenir à 62, supprimer la réforme des retraites et retrouver l’équilibre financier”, a plaidé en vain le Premier ministre mercredi devant les sénateurs.- Du plomb dans l’aile – “Les 62 ans, c’est la question centrale”, a répliqué Sophie Binet.Selon un sondage Elabe pour BFMTV publié mercredi, 50% des personnes sondées souhaitent que, dans les prochaines semaines, une motion de censure soit adoptée contre le gouvernement de François Bayrou sur le sujet des retraites. Et elles sont 56% à souhaiter revenir à 62 ans – contre 62% en janvier.”Nous, on veut discuter de l’âge de départ. C’est le cœur du réacteur. C’est la raison pour laquelle on s’est mobilisés et pour laquelle on a souhaité reprendre le fil des discussions”, avait rappelé mercredi Marylise Léon, N°1 de la CFDT.Dans ces conditions, la responsable du premier syndicat français a précisé que son organisation restait dans les négociations mais “s’affranchit” désormais “de la lettre de cadrage” du gouvernement, appelant à “un autre” conclave.Reste que les concertations sur les retraites, engagées fin février entre partenaires sociaux et prévues pour trois mois, ont plus que jamais du plomb dans l’aile. Force ouvrière, troisième organisation syndicale, a claqué la porte des négociations dès la première réunion le 27 février, en dénonçant une “mascarade” après l’exigence de François Bayrou de rétablir l’équilibre financier du système de retraites en 2030.Côté patronal, la plus petite des trois organisations, l’U2P (artisans, commerçants et professions libérales) a aussi quitté le “conclave” mardi estimant que l’équilibre du régime des retraites “imposera de repousser l’âge légal de départ au-delà de 64 ans”, sauf pour les métiers difficiles.Le Medef, première organisation patronale, a dit mercredi par la voix de son président Patrick Martin vouloir “laisser sa chance” à la discussion estimant toutefois que “tous les partenaires sociaux, les politiques a fortiori, doivent prendre en compte cette situation des finances publiques qui devient critique”.

L’influenceur Doualemn interpellé en vue de son expulsion vers l’Algérie

L’influenceur Doualemn, dont le refoulement par l’Algérie en janvier avait envenimé les relations entre Paris et Alger, a été interpellé jeudi à Montpellier en vue de son expulsion vers son pays d’origine.De son vrai nom Boualem Naman, l’homme de 59 ans a été interpellé vers 06h30 par la police aux frontières.Doualemn “a été notifié ce (jeudi) matin, dans le cadre d’une visite domiciliaire, d’un nouvel arrêté ministériel pris à son égard, faite à la demande de la préfecture suite à l’avis favorable de la Comex”, la commission d’expulsion, a expliqué à l’AFP une source proche du dossier. “Il a été placé en centre de rétention administrative en vue de son éloignement”, a précisé cette source.Une autre source a indiqué qu’un nouvel arrêté d’expulsion allait être pris.- “Inédit” -“On est à la fois consterné mais aussi pas étonné de cette suite. On est très attentif aussi à la motivation de l’arrêté, que pour l’instant nous n’avons pas”, a réagi auprès de l’AFP son avocat montpelliérain, Me Jean-Baptiste Mousset.L’interpellation à son domicile s’est “très bien” passée, selon l’avocat. “Il a été coopérant, comme sa famille”. “C’est un déploiement de force qui est quand même assez inédit. Il y avait dix fonctionnaires de police, dont certains cagoulés, pour arrêter une personne à qui on ne reproche pas une infraction pénale, c’est assez lourd”, a ajouté Me Mousset.”A priori, la raison de la venue des fonctionnaires de police à son domicile est de l’amener en centre de rétention administrative (CRA) et peut-être même, ce que nous craignons fermement, l’expulser manu militari”, a-t-il poursuivi.”Soit il est placé en CRA en attendant une expulsion qui puisse être concrète et réelle avec l’exercice des voies de recours, soit ça peut se passer dans l’urgence, et donc une expulsion tentée dans la journée ou demain, pour en fait entraver l’exercice des voies de recours”, a détaillé le conseil de Doualemn. “On attend que son placement en rétention nous soit notifié pour qu’on puisse exercer les voies de recours, à la fois devant le juge des libertés et de la détention et également devant le tribunal administratif de Paris contre l’arrêté d’expulsion”, a poursuivi l’avocat. – “Sévère correction” -“Ce qui va se passer par la suite, je ne peux pas le présager mais, de même manière que le ministre de l’Intérieur ne s’est pas désavoué en essayant de nouveau de procéder à l’expulsion, je pense que, peut-être, l’Algérie ne se désavouera pas”, a-t-il jugé.Le 12 mars, la commission d’expulsion (Comex) de l’Hérault, composée de trois magistrats, avait rendu un avis favorable à la demande des autorités d’expulser Doualemn.Début janvier, l’influenceur, suivi par quelque 138.000 personnes sur TikTok, avait diffusé une vidéo dans laquelle il appelait à infliger une “sévère correction” à un opposant au pouvoir en Algérie.Il a été condamné le 6 mars à cinq mois de prison avec sursis pour “provocation non suivie d’effet à commettre un crime ou un délit”, pour cette diffusion.Elle lui avait déjà valu début janvier un retrait de son titre de séjour et son expulsion le 9 janvier vers l’Algérie.Mais les autorités algériennes l’avaient immédiatement renvoyé en France, déclenchant une crise avec Paris.Le tribunal administratif de Melun avait ensuite annulé son obligation de quitter le territoire français (OQTF), enjoignant aux autorités de reprendre la procédure, cette fois avec un débat contradictoire, d’où son passage devant la Comex.Les relations entre la France et l’Algérie, historiquement tumultueuses, se sont gravement détériorées depuis quelques mois, les deux pays étant aujourd’hui à deux doigts de la rupture.Immigration, Sahara occidental, arrestation d’influenceurs, d’intellectuel: des polémiques nombreuses alimentent l’actuelle crise diplomatique entre les deux pays, sans précédent depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Sur les sommets du Mont Kenya, la fin des glaciers d’Afrique

Charles Kibaki Muchiri suit de ses doigts l’eau qui ruisselle à la surface du glacier Lewis, une illustration de la disparition des masses froides assises depuis des millénaires sur les sommets d’Afrique.Cela fait près de 25 ans que l’affable guide de 50 ans emmène des randonneurs jusqu’aux pics à près de 5.000 mètres d’altitude du Mont Kenya, observant au fil des ascensions la transformation de neiges éternelles en roches rugueuses.”C’était vraiment très beau”, se rappelle-t-il, interrogé par l’AFP. Et d’évoquer avec nostalgie une épaisse couche blanche tenant plusieurs mois sur les pics, les grottes de glace photogéniques et le Lewis, sur lequel il est assis, qui enjambait un des versants du Mont. De l’imposante masse de glace détonant sur les photos d’archives, il ne reste que deux blocs, le plus grand ne faisant que quelques dizaines de mètres de large, scintillant au soleil là où il n’est pas transpercé par des roches brunes. Le glacier est “en train de disparaître” et n’existera plus d’ici quelques années, avance le guide, inquiet que la transformation des paysages emblématiques de la région ne décourage les visiteurs.Ses observations sont corroborées par de nombreuses études, notamment des travaux de recherche parus en 2011 auxquels a participé le glaciologue Rainer Prinz de l’université autrichienne d’Innsbruck, estimant que les effets du changement climatique ont fait perdre au Lewis près de 90% de son volume entre 1934 et 2010. Le Mont Kenya, un des seuls sommets du continent comptant des glaciers, pourrait selon des scientifiques devenir dès 2030 l’une des premières montagnes totalement déglacées des temps modernes.Au cours de la dernière décennie, la fonte des glaciers s’est accélérée partout dans le monde. – Océan indien -Bien que moins connu que le Kilimandjaro, le plus haut sommet d’Afrique, le Mont Kenya, aussi classé au patrimoine de l’Unesco, attire des milliers de visiteurs chaque année.Des éléphants se laissent parfois apercevoir en contrebas, au milieu d’une forêt dense. Puis les arbres se raréfient, faisant place à des collines verdoyantes. Après de longues heures de marche apparaissent les roches brunes du sommet. Mais le blanc neigeux, lui, est invisible. Rainer Prinz explique le “rétrécissement considérable” de ces glaciers tropicaux par des changements de températures à la surface de l’océan Indien, “responsable du transport de l’humidité vers l’Afrique de l’Est.”Les masses gelées ne reçoivent plus suffisamment de neige et sont privées de la couverture blanche qui les protège des conséquences du rayonnement solaire, explique-t-il à l’AFP. Ce qui fait qu’elles “fondent, tout simplement”.A 28 ans, le porteur et guide Godfrey Mwangi dit avoir déjà vu disparaître de nombreux glaciers. De la main, il désigne une falaise blanchie surplombant le camp Shiptons à 4.200 mètres d’altitude, autrefois recouverte d’un pan de glace. Si son collègue Charles Kibaki Muchiri reste fier de montrer la flore atypique et les paysages pittoresques uniques, il déplore qu’avec la disparition des glaciers, certains types d’escalades techniques ne s’organisent déjà plus. En outre, les rivières s’assèchent, avec des conséquences sur la faune et la flore, ainsi que pour les habitants des villages au pied d’une montagne par ailleurs vénérée par certaines communautés, se désole-t-il. – “Minuscule” -Selon une étude satellitaire publiée en 2024, à laquelle Rainer Prinz a participé, le Kilimandjaro n’a conservé que 8,6% de son étendue glaciaire, le Mont Kenya 4,2% et la chaîne du Rwenzori (Ouganda) 5,8% par rapport aux premières observations fiables de la superficie des glaciers vers 1900.Le deuxième sommet d’Afrique a perdu plus de la moitié de ses glaciers entre 2016 et 2021-2022, leur superficie passant de 15 à 6,9 hectares, indique l’étude.Contrairement à d’autres régions, ils sont cependant trop petits pour constituer des réservoirs d’eau importants, estiment les scientifiques. Mais revêtent “une importance touristique et scientifique considérable”.  “Les réservoirs d’eau d’Afrique de l’Est sont les forêts de montagne”, pas les glaciers, note M. Prinz, qui les dit aujourd’hui “si petits qu’ils ressemblent plus ou moins à un tas de glaçons”. “Par le passé, l’effet de la neige était beaucoup plus important” pour l’écosystème “car le glacier était beaucoup plus grand”, souligne toutefois auprès de l’AFP Alexandros Makarigakis, hydrologue à l’Unesco. Mais le Lewis, par exemple, est “devenu minuscule. Donc, bien sûr, sa contribution n’est plus la même”, ajoute-t-il. Aujourd’hui, des jeunes Kényans essaient néanmoins de planter des arbres autour de la montagne, notamment pour freiner “autant que possible” la diminution de la neige, raconte le scientifique. S’il loue l’initiative, il regrette que la disparition des glaciers africains ne puisse être que ralentie. “Nous aurons bientôt une génération qui n’associera plus jamais l’Afrique aux glaciers”. 

Investir dans la défense est “responsable”, estime le ministre de l’Economie

Le ministre de l’Economie, Eric Lombard, a estimé jeudi qu’il était “responsable” d’investir dans le secteur de la défense, appelant les investisseurs privés à dépasser leur “frilosité” dans ce domaine.  “Certains considèrent que le financement de notre défense ne serait pas cohérent avec une politique environnementale, sociale et de gouvernance ambitieuse. Cette vision est fausse”, a déclaré M. Lombard en ouverture d’un colloque réunissant investisseurs et industriels de la défense sur le financement du secteur.”L’investissement dans le secteur de la défense est un investissement responsable. Il est d’autant plus responsable que cet investissement protège notre souveraineté et les principes que nous portons: la démocratie, la liberté, le développement durable”, a-t-il poursuivi, applaudi par la salle. Selon le ministre, “il n’y a pas d’armes controversées. Il y a des armements qui sont proscrits par les textes et par les traités internationaux. (…) Le reste est autorisé”, a-t-il développé. Rappelant notamment que le label de l’Etat d’investissement socialement responsable (ISR) permettait d’investir dans la défense, hors armements interdits, et que la France avait plaidé pour des lignes directrices en ce sens de l’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA), Eric Lombard a invité “l’ensemble des investisseurs privés à faire de même (…) pour s’affranchir d’une frilosité qui en réalité est dangereuse pour nos démocraties”. Des investisseurs et des entreprises de défense sont réunis jeudi à Bercy pour réfléchir aux meilleures façons pour les premiers de financer les seconds afin de monter en cadence dans le cadre de l’effort national de défense.Cette nouvelle situation est engendrée par l’évolution de la position américaine vis-à-vis de l’Ukraine et la menace russe. Dans ce cadre, les investisseurs publics français, comme la Caisse des dépôts et Bpifrance, investiront 1,7 milliard d’euros pour renforcer les fonds propres des entreprises de la défense, a annoncé Eric Lombard. “Grâce aux coinvestissements avec les investisseurs privés”, cela permettra “d’investir en fait jusqu’à 5 milliards d’euros de fonds propres additionnels en soutien du secteur”, a-t-il détaillé. Prenant la parole à la suite du ministre de l’Economie, son collègue des Armées Sébastien Lecornu a insisté: “produire des armes, ce n’est pas sale”.  La base industrielle et technologique de défense (BITD) française est composée de neuf grands groupes, à l’image de Thales ou Safran, autour desquels s’organisent 4.500 entreprises, petites et moyennes, dont 800 identifiées comme stratégiques ou critiques, selon Bercy.