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Algues toxiques entre Vendée et Finistère: pêche aux coquillages interdite dans de nombreux secteurs

Le ramassage et la commercialisation des coquillages sont interdits dans de nombreux secteurs de la Vendée au Finistère en raison de la prolifération d’une algue toxique, ont averti les préfectures des départements concernés à la veille d’un week-end de grandes marées propices à la pêche à pied.Dès jeudi soir, la préfecture de Loire-Atlantique a pris un arrêté interdisant jusqu’à nouvel ordre sur l’ensemble du département “la pêche, le ramassage, le transport, le stockage et la commercialisation des coquillages à titre professionnel et de loisir destinés à la consommation humaine en provenance du littoral du département”.”Cette interdiction fait suite à la prolifération rapide et importante de l’algue pseudo-nitzschia australis qui produit une toxine amnésiante (…) susceptible de provoquer des troubles neurologiques potentiellement graves chez le consommateur de coquillages”, précise la préfecture dans son communiqué.Une interdiction similaire a été décrétée dans certaines zones des départements voisins de la Vendée (Baie de Bourgneuf, côte ouest de l’île de Noirmoutier et île d’Yeu) et du Morbihan (Baie de Plouharnel, rivière d’Etel, rade de Lorient, Belle-Ile, etc.)La côte sud du Finistère, notamment les baies de Concarneau et de Douarnenez, est également concernée par cette prolifération de ce phytoplancton potentiellement dangereux.L’ingestion de coquillages contaminés provoque des symptômes gastro-intestinaux suivis de désordres neurologiques plus ou moins graves: désorientation, confusion, perte de mémoire voire convulsions et coma, pouvant aller jusqu’au décès.Ces effets peuvent survenir entre 15 minutes et 48 heures après consommation. Les toxines produites par la micro-algue pseudo-nitzschia australis ne sont pas détruites par la cuisson, soulignent les préfectures.Appelée ASP (Amnesic Shellfish Poisoning), la maladie provoquée par cette micro-algue avait été mise en évidence en 1987 au Canada, après un épisode massif de 150 cas, dont 19 hospitalisations et quatre morts, à la suite de l’ingestion de moules contaminées.La toxine est surveillée depuis 1998 en France et “depuis qu’on la surveille, on la trouve”, a indiqué à l’AFP Phlipp Hess, directeur de l’unité Phytox de l’Ifremer (Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer).Ces micro-algues prolifèrent au printemps avec l’augmentation de la température et de l’ensoleillement, a-t-il décrit, car, “juste après l’hiver, l’eau de mer est naturellement assez riche en nutriments”. Les engrais agricoles qui ruissellent jusqu’à la mer peuvent aussi s’ajouter “aux nutriments naturellement présents”, a-t-il ajouté.En revanche, “on n’a pas dégagé de réelle tendance sur une durée de 30 ans de surveillance” en lien avec le changement climatique, a précisé le chercheur. “On n’a pas encore assez de données pour dire qu’il y a des tendances qui se dégagent”.Les grandes marées à venir, les samedi 29 mars (coefficient 109), dimanche 30 mars (coefficient 114), lundi 31 mars (coefficient 114) et mardi 1er avril (coefficient 107) sont propices à la pêche à pied sur le rivage.Les pouvoirs publics appellent les pêcheurs de loisirs à la plus grande prudence et les invitent à consulter le site internet https://www.pecheapied-responsable.fr pour les détails des interdictions.

Algues toxiques entre Vendée et Finistère: pêche aux coquillages interdite dans de nombreux secteurs

Le ramassage et la commercialisation des coquillages sont interdits dans de nombreux secteurs de la Vendée au Finistère en raison de la prolifération d’une algue toxique, ont averti les préfectures des départements concernés à la veille d’un week-end de grandes marées propices à la pêche à pied.Dès jeudi soir, la préfecture de Loire-Atlantique a pris un arrêté interdisant jusqu’à nouvel ordre sur l’ensemble du département “la pêche, le ramassage, le transport, le stockage et la commercialisation des coquillages à titre professionnel et de loisir destinés à la consommation humaine en provenance du littoral du département”.”Cette interdiction fait suite à la prolifération rapide et importante de l’algue pseudo-nitzschia australis qui produit une toxine amnésiante (…) susceptible de provoquer des troubles neurologiques potentiellement graves chez le consommateur de coquillages”, précise la préfecture dans son communiqué.Une interdiction similaire a été décrétée dans certaines zones des départements voisins de la Vendée (Baie de Bourgneuf, côte ouest de l’île de Noirmoutier et île d’Yeu) et du Morbihan (Baie de Plouharnel, rivière d’Etel, rade de Lorient, Belle-Ile, etc.)La côte sud du Finistère, notamment les baies de Concarneau et de Douarnenez, est également concernée par cette prolifération de ce phytoplancton potentiellement dangereux.L’ingestion de coquillages contaminés provoque des symptômes gastro-intestinaux suivis de désordres neurologiques plus ou moins graves: désorientation, confusion, perte de mémoire voire convulsions et coma, pouvant aller jusqu’au décès.Ces effets peuvent survenir entre 15 minutes et 48 heures après consommation. Les toxines produites par la micro-algue pseudo-nitzschia australis ne sont pas détruites par la cuisson, soulignent les préfectures.Appelée ASP (Amnesic Shellfish Poisoning), la maladie provoquée par cette micro-algue avait été mise en évidence en 1987 au Canada, après un épisode massif de 150 cas, dont 19 hospitalisations et quatre morts, à la suite de l’ingestion de moules contaminées.La toxine est surveillée depuis 1998 en France et “depuis qu’on la surveille, on la trouve”, a indiqué à l’AFP Phlipp Hess, directeur de l’unité Phytox de l’Ifremer (Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer).Ces micro-algues prolifèrent au printemps avec l’augmentation de la température et de l’ensoleillement, a-t-il décrit, car, “juste après l’hiver, l’eau de mer est naturellement assez riche en nutriments”. Les engrais agricoles qui ruissellent jusqu’à la mer peuvent aussi s’ajouter “aux nutriments naturellement présents”, a-t-il ajouté.En revanche, “on n’a pas dégagé de réelle tendance sur une durée de 30 ans de surveillance” en lien avec le changement climatique, a précisé le chercheur. “On n’a pas encore assez de données pour dire qu’il y a des tendances qui se dégagent”.Les grandes marées à venir, les samedi 29 mars (coefficient 109), dimanche 30 mars (coefficient 114), lundi 31 mars (coefficient 114) et mardi 1er avril (coefficient 107) sont propices à la pêche à pied sur le rivage.Les pouvoirs publics appellent les pêcheurs de loisirs à la plus grande prudence et les invitent à consulter le site internet https://www.pecheapied-responsable.fr pour les détails des interdictions.

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Incendies en Corée du Sud: le bilan s’alourdit à 28 morts, les pluies offrent un peu de répit

Les pluies de la nuit ont permis d’éteindre certains des pires incendies de forêt que la Corée du Sud ait jamais connus, ont annoncé les autorités vendredi, selon qui le dernier bilan des feux qui font rage depuis près d’une semaine s’est alourdi à 28 morts.Plus d’une dizaine d’incendies ont réduit en cendres de vastes zones du sud-est du pays, détruisant un temple millénaire et forçant environ 37.000 personnes à évacuer.Les incendies ont coupé des routes et des lignes de communication, poussant les habitants à fuir dans la panique, les flammes menaçant les voitures bloquées dans les embouteillages pour sortir de la zone.Les feux ont été attisés par des vents violents et une sécheresse extrême, la région ayant connu des pluies inférieures à la moyenne pendant des mois. L’année 2024 a en outre été la plus chaude jamais enregistrée dans le pays.Mais dans la nuit de jeudi à vendredi, la pluie est tombée sur les zones touchées, ce qui a aidé les pompiers à circonscrire certains des incendies les plus importants.”La pluie qui est tombée de l’après-midi au début de la matinée a contribué aux efforts de lutte contre les incendies”, a déclaré Lim Sang-seop, chef du Service des forêts sud-coréen.La pluie “a dissipé la brume, améliorant la visibilité, et les températures plus fraîches que les autres jours créent des conditions très favorables aux efforts de lutte contre les incendies”, a-t-il expliqué.Le ministère sud-coréen de l’Intérieur a indiqué vendredi matin que 28 personnes avaient été tuées et que 37 autres avaient été blessées, dont neuf grièvement, dans les incendies. Un précédent bilan avait fait état de 27 morts.Parmi les victimes figurent un pilote dont l’hélicoptère s’est écrasé mercredi alors qu’il était engagé contre le feu, ainsi que quatre pompiers et d’autres intervenants qui ont perdu la vie après avoir été piégés par des flammes progressant rapidement.- 2024, année la plus chaude -Plus de 2.240 maisons ont été détruites dans la région, selon un dernier bilan, et un responsable a déclaré jeudi que quelque 35.000 hectares de forêt étaient partis en fumée.Il s’agit des l’incendie de forêt le plus destructeur jamais enregistré en Corée du Sud, après le brasier d’avril 2000 qui avait consumé 23.913 hectares sur la côte est.Les feux ont détruit plusieurs sites historiques, notamment le complexe du temple de Gounsa à Uiseong, dont on estime qu’il a été construit au VIIe siècle.L’année 2024 a été la plus chaude jamais enregistrée en Corée du Sud, bien que les températures des mois précédant l’incendie aient été plus fraiches que l’année dernière et conformes à la moyenne du pays sur 30 ans, selon les données de l’administration météorologique coréenne.Mais la région touchée par l’incendie a connu un temps exceptionnellement sec et des précipitations inférieures à la moyenne.Selon le ministère de l’intérieur, les incendies ont été déclenchés accidentellement par un visiteur de la tombe et par des “étincelles provenant d’une débroussailleuse”. Les feux dévastateurs qui ont ravagé la Californie en janvier et ceux de la Corée du Sud présentent des similitudes, a observé Kimberley Simpson, spécialiste des solutions climatiques basées sur la nature à l’école des biosciences de l’université de Sheffield.”Les deux événements ont été précédés par des conditions exceptionnellement chaudes et sèches qui ont rendu la végétation hautement inflammable, et ont été intensifiés par des vents forts qui ont propagé les flammes et entravé les efforts de lutte contre les incendies”, a-t-elle expliqué.”Trois mois seulement après le début de l’année 2025, nous avons déjà assisté à une activité record des feux de forêt dans de nombreuses régions”, a souligné Mme Simpson.”Alors que le changement climatique entraîne une hausse des températures et modifie les régimes de précipitations, les conditions à l’origine de ces incendies dévastateurs sont de plus en plus fréquentes.”

Bayrou et Borne relancent la réforme de la formation des enseignants, “priorité absolue”

Plusieurs fois annoncée puis laissée de côté, la réforme de la formation initiale des enseignants, “priorité absolue” pour tenter d’enrayer la crise des vocations, a été remise sur les rails vendredi par François Bayrou et Elisabeth Borne, en visite dans une école des Hauts-de-Seine.”On a tous à l’esprit ce qu’était la mission des anciennes écoles normales”, qui ont été, aux XIXe et XXe siècles, chargées de former les instituteurs avant leur intégration dans des structures universitaires plus larges, a déclaré le Premier ministre lors d’une visite dans une école primaire de Rueil-Malmaison.”Notre idée, notre orientation, c’est de retrouver l’esprit de ces écoles normales, de redonner aux futurs enseignants une formation pluridisciplinaire axée sur les fondamentaux. Et pour cela, va être engagée pour la rentrée 2025, une réforme profonde de la formation” des enseignants, a-t-il ajouté.Une semaine après avoir promis quatre chantiers “d’ici le 15 avril”, notamment dans le domaine de l’éducation, le Premier ministre, lui-même ancien professeur et ex-ministre de l’Education de 1993 à 1997, a affiché son ambition de voir enfin aboutir ce chantier. La réforme avait été présentée par le président Emmanuel Macron il y a un an pour répondre à la crise de recrutement, mais mise de côté ensuite en raison de la dissolution de l’Assemblée nationale. Elisabeth Borne avait affiché début 2025 sa volonté de la relancer.La ministre de l’Education nationale, numéro 2 du gouvernement, l’a qualifiée vendredi de “priorité absolue” et d'”étape absolument essentielle pour notre école”, face au manque d’attractivité du métier enseignant, après plusieurs autres tentatives de changements de la formation. Les concours enseignants avaient été déplacés de la première année de master à la seconde par une réforme de 2021.”Les concours (enseignants) ne font plus le plein et depuis 2021, avec le passage du recrutement de bac+4 à bac+5, les inscriptions ont chuté de 45% dans le premier degré et de 21% dans le second degré. Et en 2024, ce sont près de 3.000 postes qui sont restés vacants à l’issue des concours. Nous devons regarder cette réalité en face et agir”, a-t-elle souligné.- “Ecrire tous les jours” -Principal changement, la nouvelle réforme ramènera les concours enseignants à bac+3 au lieu de bac+5 aujourd’hui et ce, à partir de la session du printemps 2026. A la rentrée 2025, de premiers modules préparatoires aux nouveaux concours seront instaurés.Les enseignants seront ensuite formés pendant deux années, jusqu’à l’obtention de leur master 2, années pendant lesquelles ils seront rémunérés: 1.400 euros net la première année, et 1.800 la deuxième, pour les professeurs des écoles comme ceux du second degré (collège et lycée).Pour le concours du premier degré, une licence spécifique de préparation au professorat des écoles sera, par ailleurs, mise en place, accessible dès l’obtention du bac. Le coût supplémentaire lié à la mise en place de cette réforme est estimé à 26 millions d’euros en 2026, 294 millions en 2027 et environ 500 millions par an à partir de 2028, a-t-on indiqué de source gouvernementale.Mais, alors que tout reste à faire du côté des universités pour mettre en place concrètement ces nouvelles licences et masters, les syndicats de l’enseignement supérieur (Snesup-FSU, CFDT Education, CGT Ferc sup, FO ESR, Sud Education…) se sont “alarmés” cette semaine “de ce qu’aucune concertation n’ait été entamée avec les partenaires sociaux” sur cette réforme.Mettant en exergue une autre “difficulté” à l’école, la “place de l’écrit”, M. Bayrou a aussi insisté vendredi sur l’importance d’une “reconquête de l’écrit” avec un plan en préparation pour la rentrée.”On ne peut pas accepter qu’au niveau du bac, il y ait 30% des élèves qui ne soient pas capables d’écrire convenablement”, a-t-il déclaré, après avoir assisté avec M. Borne à un atelier d’écriture en CP.”Notre idée, notre programme, c’est qu’on ait à écrire et à lire tous les jours à l’école, au collège, au lycée”, “quelle que soit la discipline et quel que soit le cours”, a détaillé le Premier ministre, attendu mardi devant le Conseil économique, social et environnemental (Cese) pour exposer les prochains chantiers du gouvernement. 

Le ministre français de la justice va lancer un appel d’offres pour la construction de prisons modulaires

Le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, a annoncé vendredi à Londres le lancement dans les semaines à venir d’un appel d’offres visant à la construction de nouvelles places de prison via des structures modulaires.Cet appel d’offres interviendra dans “les prochaines semaines” et s’inscrit dans l’objectif d’une construction de 15.000 places supplémentaires d’ici 2029, a précisé le garde des Sceaux à la presse lors d’un déplacement outre-Manche.M. Darmanin est arrivé au Royaume-Uni jeudi, afin de visiter l’unité modulaire de la prison de Rochester (sud-est de l’Angleterre) où sont placés des détenus considérés comme les moins dangereux par la Justice britannique.Le ministre, qui a quitté Londres vendredi matin, s’est également entretenu avec son homologue britannique, Shabana Mahmood, ainsi qu’avec la ministre de l’Intérieur, Yvette Cooper.La France et le Royaume-Uni sont tous les deux confrontés à un problème de surpopulation carcérale. Selon les derniers chiffres du ministère de la Justice, la densité carcérale globale en France était de 129,3% au 1er janvier 2025 (80.669 détenus dans les prisons françaises au 1er janvier pour seulement 62.385 places), faisant de Paris l’un des plus mauvais élèves en Europe.Le Royaume-Uni, qui a du libérer de manière anticipée plus de 3.000 détenus durant le dernier trimestre 2024, s’est lancé depuis quelques années dans la construction d’unités modulaires en algeco, afin d’augmenter le nombre de places dans ses prisons.M. Darmanin, qui a répété vouloir “changer de modèle carcéral”, avec une catégorisation des détenus et des prisons, veut s’inspirer de ce modèle.Les prisons modulaires sont “plus rapides à construire et moins chères”, a-t-il dit à la presse.Il a toutefois indiqué que seuls certains détenus, les moins dangereux, pourront être mis dans ces prisons modulaires.Début mars, il a annoncé que deux nouvelles prisons de haute sécurité accueilleront dès 2025 les 200 narcotrafiquants les plus dangereux. 

Dans l’usine KNDS de Bourges, “on pousse les murs” pour produire toujours plus de canons Caesar

Dernière canonnerie de France, l’usine KNDS de Bourges a triplé sa production du célèbre canon Caesar depuis le début de la guerre en Ukraine et se prépare à encore accélérer ses cadences, pour répondre à un nouvel afflux de commandes.Dans cet immense atelier, aux règles de confidentialité draconiennes et aux sas de sécurité réguliers, sont usinés les canons de neuf mètres de long qui vont équiper les Caesar, dont 90% de la production part en Ukraine.Ici, “on est en plein dans l’économie de guerre” voulue par le gouvernement, pour le groupe franco-allemand (ex-Nexter), qui ambitionne d’intensifier ses profonds “efforts” déjà opérés depuis le début du conflit ukrainien.”On croyait tous que les conflits du XXIe se régleraient à coups de drones ou de missiles, mais ce n’est pas le cas”, a expliqué le directeur général de KNDS Nicolas Chamussy, lors de la visite mi-mars du Premier ministre François Bayrou, soulignant “un savoir-faire français” pour répondre aux besoins nationaux et internationaux.L’usine KNDS de Bourges et ses 200 salariés produisent du moyen calibre de 30 mm destiné aux avions de combat Rafale ou du gros calibre de 120 mm des chars Leclerc, mais ce sont les productions de canons Caesar qui représentent l’essentiel de son activité.Le Caesar, livré en une soixantaine d’exemplaires en Ukraine et décrit comme “un des canons les moins détruits sur le front” par un responsable, peut tirer six obus en moins d’une minute, à 40km avec “une précision de l’ordre d’un demi-terrain de football”.- Stocks -Au détour des dédales de l’usine, les longs cylindres sont partout, déplacés avec une précision d’orfèvre, en sortant d’imposantes machines-outils.Fin mars, une nouvelle machine à plusieurs millions d’euros de dernière génération a par exemple été lancée pour participer à “toutes les phases d’usinage” du canon.Les cadences, largement augmentées, ont permis d’assembler six Caesar par mois, contre deux en moyenne avant 2022, sur le site de Roanne. En 2025, huit pourront sortir d’usine “si les commandes le nécessitent”.A Bourges, 201 tubes de gros calibres ont été produits en 2024, une augmentation de 50% par rapport à 2022, avec un objectif nouveau de “constituer des stocks”, selon le groupe leader de l’artillerie en Europe.”On pousse les murs” en “même temps qu’on augmente les cadences”, pointe un porte-parole de l’entreprise, selon qui “l’usine n’est pas la même d’une semaine sur l’autre”, tant les travaux d’aménagements sont importants et les choix stratégiques nombreux.45 nouveaux employés ont été recrutés dans la canonnerie et 600 millions d’euros ont été investis par l’entreprise depuis 2022. Sur l’autre site de KNDS, détenu à 50% par l’Etat français et à 50% par un fonds familial allemand, situé à une dizaine de kilomètres de là, même anticipation: on y prépare les obus de 155 mm destinés aux Caesar et la production a, ici aussi, été doublée.- “Fierté -“L’effort de guerre, on connaît”, explique Stéphane S., le responsable de l’atelier. “On a doublé la capacité de production en deux ans, on est passés de 30.000 à 60.000 obus par an”.Il assure qu’on peut “encore faire monter la production”, indiquant que les plages de travail, en “3×8”, ont été étendues au samedi.A la manœuvre, parfois de jeunes opérateurs, comme Elodie, 27 ans, ancienne intérimaire dans la vente, qui décrit “sa fierté de pouvoir servir concrètement à la défense de son pays”.Un peu plus loin, Samuel, 26 ans, a vu la cadence s’accélérer. “On nous demande beaucoup plus” et “les carnets de commandes sont pleins”.”Mais c’est très rassurant pour nous de savoir qu’on aura du travail sur le long terme et aucune difficulté à payer nos factures”, conclut-il.”Maintenant, les proches posent aussi moins de questions sur ce qu’on fait, ils comprennent”.

Le cabinet d’un avocat fiscaliste perquisitionné dans une enquête sur un milliardaire russe

Le cabinet d’un avocat fiscaliste parisien a été perquisitionné en décembre 2024 dans le cadre de l’enquête sur un dispositif fiscal accordé à un milliardaire russe, Souleïman Kerimov, a indiqué vendredi le parquet à l’AFP confirmant une information de Mediapart.Dans le cadre de cette information judiciaire ouverte en 2014 à Nice initialement sur des soupçons de blanchiment immobilier visant Souleïman Kerimov, le ministère de l’Economie et des Finances a été perquisitionné jeudi. Ces “perquisitions devraient permettre de comprendre le dispositif fiscal” ayant concerné des villas de luxe sur la Côte d’Azur, “pour un enjeu estimé à plus de 38 millions d’euros”, avait précisé le parquet. Ces villas étaient “déclarées sous des prête-noms afin de dissimuler le véritable propriétaire de nationalité russe”.Selon le Monde, les enquêteurs s’intéressent à un accord conclu entre le milliardaire et l’administration fiscale française en 2019.Avec un patrimoine estimé à plus de 16 milliards de dollars par le classement Forbes 2020, M. Kerimov, originaire du Daguestan, est l’un des hommes les plus riches de Russie. Il figure sur la liste des personnes sous sanctions de l’Union européenne dont les avoirs doivent être gelés depuis le déclenchement de l’offensive russe en Ukraine le 24 février 2022.L’avocat fiscaliste, perquisitionné le 16 décembre 2024, représente la société suisse Swiru Holding, soupçonné d’être l’une des sociétés écran utilisées pour l’achat de villas.La société Swiru Holding, créée en 1996, a payé 1,4 million d’euros d’amende dans le cadre d’une convention judiciaire d’intérêt public (Cjip) à Nice en mai 2020 pour que cessent les poursuites de complicité de fraude fiscale.La procédure portait sur l’acquisition de la villa “Hier” en 2008: Swiru Holding avait versé aux vendeurs 35 millions d’euros alors que le prix du bien immobilier était fixé à 127 millions d’euros.Un montage financier avait ainsi permis de dissimuler 92 millions d’euros et donc de se soustraire au paiement de taxes et des impôts.La société avait été mise en examen en novembre 2019. Elle a régularisé sa situation auprès de l’administration fiscale en payant 10,3 millions d’euros en décembre 2019.M. Kerimov avait, lui, obtenu l’annulation de sa mise en examen pour complicité de fraude fiscale aggravée en novembre 2019.

Perpétuité requise au procès du féminicide de Chahinez, brûlée vive

La réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 22 ans, a été requise vendredi contre Mounir Boutaa pour “l’assassinat” il y a quatre ans de son épouse Chahinez Daoud, brûlée vive devant chez elle à Mérignac.Le 4 mai 2021, ce maçon franco-algérien avait tiré au fusil dans les jambes de la victime, avant de l’asperger d’essence et de mettre le feu, dans un “acharnement meurtrier destiné à exterminer” qui a marqué “profondément toute notre société”, a déclaré l’avocate générale Cécile Kauffman devant la cour d’assises de la Gironde, où des militantes féministes ont manifesté toute la semaine.Caché depuis l’aube dans un fourgon inconnu de la victime et aménagé pour observer sans être vu, Mounir Boutaa avait épié toute la journée les allées et venues de la jeune femme de 31 ans, avec laquelle il s’était marié en 2015, avant de passer à l’acte.Durant les débats entamés lundi, l’accusé de 48 ans a maintenu qu’il voulait “lui faire la peur de sa vie” mais sans la tuer, convaincu qu’elle lui était infidèle – ce qu’aucun élément de l’enquête n’a confirmé.La mort de Chahinez, “c’était pas moi, c’était mon corps, pas mon esprit”, a-t-il plusieurs fois répété. “Bien sur sûr que je regrette”, “je l’aimais”, a-t-il fini par lâcher jeudi, sans s’excuser, pressée par l’une de ses avocates, Me Elena Badescu.”Tuer parce qu’on aime à la folie est une aberration”, a cinglé l’avocate générale, dépeignant un homme “jaloux pathologique, manipulateur, dépourvu d’empathie”.”Chahinez était bien vivante quand cet homme a allumé le feu”, “son corps a brûlé à 85%”, a souligné la magistrate, alors que la famille de la victime venait de quitter la salle, en pleurs, quand elle a commencé à rappeler les faits.- “Dangerosité” –  Durant l’instruction comme dans son box, l’accusé a clamé sa certitude de l’existence d’un “amant”, déplorant qu’il ne soit pas présent à l’audience et criant au complot.”Paranoïaque” aux “traits narcissiques”, celui qui a raconté aux médecins avoir été violé enfant, sans le confirmer à la barre, avait basculé petit à petit “dans une pathologie psychotique”, faisant de sa conjointe “la cause de tous ses maux”, selon les experts psychiatriques qui ont conclu durant l’instruction à l’altération de son discernement, ce qui peut limiter la peine à 30 ans de réclusion.L’avocate générale a retenu aussi l’altération mais a requis “d’écarter cette diminution de peine” en raison de “la dangerosité de cette homme”, de son “incapacité à se réinsérer”.La victime, mère de trois enfants dont deux issus d’une première union, “vivait dans la peur” et se savait condamnée, ont témoigné des amies.Son téléphone était vérifié, son compte Facebook contrôlé et ses papiers administratifs déchirés par son mari pour l’empêcher de travailler. “Il voulait tout maîtriser: la façon de s’habiller, la façon de cuisiner”, a dénoncé une sœur de Chahinez Daoud.Mais elle “n’a pas voulu être prisonnière, être un jouet, c’est pour ça qu’elle a été tuée”, a dit son père.- “Emblématique” -L’ancienne épouse de Mounir Boutaa a raconté à la cour avoir subi “gifles, coups de pieds, insultes”, et une emprise similaire.Me Julien Plouton, avocat de la famille Daoud, a fait de l’accusé une “figure emblématique” des auteurs de féminicides, au “cheminement typique”, passant “d’un amour surdimensionné” à la “dévalorisation” de celle qui devint “le diable en personne”.La défense a évoqué un homme “en souffrance permanente”, “envahi par ses croyances” qui n’a pas pu préméditer son acte exhortant les jurés à ne pas juger “une affaire symbole” mais à “comprendre” celui qui “n’est pas le monstre décrit dans la presse”.”C’est un être humain que notre société doit juger aujourd’hui”, a insisté Me Badescu, pour qui une condamnation à perpétuité ne laisserait la place à “aucun espoir”.Avant que la cour se retire pour délibérer, l’accusé a demandé pardon “au monde entier”.Un mois et demi avant sa mort, Chahinez Daoud avait déposé une nouvelle plainte contre celui qu’elle cherchait à quitter.Mais celle-ci fut mal enregistrée par un policier qui venait lui-même d’être condamné pour violences conjugales, parmi une série de “défaillances” pointées ultérieurement par une enquête administrative sur l’affaire, pour lesquelles la famille de la victime a engagé une procédure contre l’État.

Nouvelle-Calédonie: Manuel Valls de retour à Nouméa pour tenter d’amorcer des négociations

Le ministre des Outre-mer, Manuel Valls, revient samedi en Nouvelle-Calédonie, à peine un mois après son précédent déplacement, pour tenter de débloquer les négociations toujours au point mort sur l’avenir institutionnel de ce territoire meurtri par les émeutes de 2024.Fin février, son passage avait permis, pour la première fois depuis 2021, de réunir à la même table indépendantistes et loyalistes autour d’un calendrier et d’une méthode jugée constructive par tous les acteurs.Depuis, les discussions ont continué et des “ateliers techniques” ont été organisés autour de six thématiques, dont la citoyenneté calédonienne, les compétences régaliennes, la gouvernance ou encore la décolonisation.”Tout est fragile”, a toutefois reconnu mardi Manuel Valls devant la délégation aux Outre-mer de l’Assemblée nationale. Le ministre entend néanmoins “entamer de véritables négociations politiques” lors de cette nouvelle visite de quatre jours, principalement dédiée à des rencontres avec les délégations locales.À la différence de son précédent déplacement marqué par de nombreuses visites de terrain, M. Valls restera cette fois essentiellement à Nouméa. Il échangera toutefois dimanche soir avec la société civile calédonienne et visitera un lycée lundi matin.Les discussions doivent débuter dès samedi après-midi et se prolonger jusqu’au 1er avril.- “Cadre méthodologique clair” -Mais malgré des progrès salués, les négociations peinent encore à débuter et le chemin reste long avant un accord.Le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), principale alliance indépendantiste désormais dirigée par Christian Tein – détenu en métropole pour son rôle présumé dans les émeutes de 2024 – exige “l’établissement d’un cadre méthodologique clair” avant de s’engager dans d’éventuelles négociations.Ce cadre devra définir, poursuit le FLNKS dans un communiqué publié vendredi, “le format, le calendrier, la méthode et l’ordre du jour” de négociations qui ne débuteront pas avant l’aboutissement de discussions sur ce que le Front appelle des “éléments incontournables”.Ceux-ci concernent notamment la présence à la table des négociations de Christian Tein, qui devrait donc être sorti de prison, mais aussi la supervision des discussions par les Nations unies.Autant de conditions rejetées par une partie significative des loyalistes. Ces derniers attendent désormais de “passer de la parole aux actes”, a indiqué à l’AFP un conseiller des Loyalistes, principal parti non-indépendantiste, sous couvert d’anonymat.”Nous sortons d’une semaine de discussions autour d’ateliers thématiques, on ne peut pas aller beaucoup plus loin (…). Les Calédoniens attendent que l’on ouvre les discussions”, a-t-il précisé.Le territoire français du Pacifique sud traverse une crise profonde depuis les émeutes de 2024, qui ont fait 14 morts et provoqué plus de deux milliards d’euros de dégâts. Le nickel, ressource vitale de l’archipel, est en pleine tourmente et les finances des collectivités sont exsangues.Pour Philippe Dunoyer, élu du parti non-indépendantiste modéré Calédonie ensemble, “l’enjeu n’est pas uniquement politique, il est peut-être davantage économique, social et sanitaire”.”Si nous ne parvenons pas à un compromis, la Calédonie s’enfoncera inexorablement”, alerte-t-il alors que se profilent également les élections provinciales, cruciales sur l’archipel et prévues fin novembre après avoir déjà été décalées d’un an.

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Enquête après une vidéo des Jeunes Agriculteurs mettant en scène la mort d’un agent de l’OFB

Une enquête a été ouverte pour outrages et actes d’intimidations à la suite de la diffusion par le syndicat Jeunes Agriculteurs d’une vidéo, présentée comme humoristique, mettant en scène le décès d’un agent de l’Office français de la biodiversité (OFB), a-t-on appris vendredi auprès du parquet de Cherbourg.”Une enquête est ouverte pour outrages et actes d’intimidations vis-à-vis d’agents dépositaires de l’autorité publique pour des faits susceptibles d’être qualifiés de provocation”, a indiqué à l’AFP Pierre-Yves Marot, procureur de la République de Cherbourg.Selon le média en ligne d’investigation Le Poulpe, cette vidéo a été diffusée en public le 14 mars, lors d’une assemblée générale des JA accueillie au lycée agricole de Saint-Lô Thère, avant une table ronde sur “la relation entre les générations”.Le film, que l’AFP a pu se procurer, mettait en scène un agriculteur qui reçoit une amende d’un supposé agent de l’Office français de la biodiversité renommé “OCB” (pour “office du complot de la biodiversité”) pour le curage de son cours d’eau en 1950, et lors de la même scène en 2024.Lors de la deuxième scène, l’agent de “l’OCB”, grimé en rasta, est menacé de coups de pelle. Le plan suivant ne laisse plus voir que ses bottes dépasser d’un tas de terre.Selon Le Poulpe, la vidéo a été diffusée en présence du préfet de la Manche, Xavier Brunetière. “A plusieurs reprises, le préfet de la Manche a exprimé son soutien aux personnels et aux actions de l’OFB. Il a pris clairement la parole lors de cette assemblée générale (des JA, ndlr) en ce sens et rappelé sa ferme condamnation de toute mise en cause ou menace contre des personnels détenteurs de l’autorité publique”, a réagi la préfecture, sollicitée par l’AFP.”Cette vidéo est très révélatrice de l’incompréhension d’une partie des agriculteurs du rôle et des missions de l’OFB”, a expliqué Sylvain Michel, secrétaire national adjoint de la CGT environnement et représentant du personnel de l’Office français de la biodiversité (OFB) dans le Finistère. “La fin est profondément dérangeante car elle cautionne une forme de violence que nous subissons depuis plus d’un an”, a ajouté M. Michel, “banaliser ou ironiser sur la violence envers un agent de l’État, c’est assez irresponsable”.”Une stèle située dans le centre de formation de l’OFB dans le Loiret recense les 85 agents morts en service, dont une quinzaine tués par balle”, depuis 1945, peut-on voir sur le monument, a-t-il rappelé.Contacté par l’AFP, le syndicat des Jeunes Agriculteurs n’a pas répondu mais avait posté un message sur son compte Facebook le 20 mars, annonçant avoir “retiré la vidéo” de leur “film humoristique 2025”. “En aucun cas, nous n’appelons à la violence envers les agents de contrôle ou de l’Etat. La liberté d’expression est une valeur de notre démocratie, à laquelle nous sommes attachés”, poursuivait le syndicat.