AFP Top News

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Séisme : des opérations de secours en Birmanie et en Thaïlande, des répliques à Mandalay

De nouvelles secousses ont frappé dimanche Mandalay, où les secours tentent de retrouver des survivants piégés dans les décombres, deux jours après le puissant séisme qui a fait au moins 1.700 morts en Birmanie, mobilisant l’aide internationale.Les experts craignent que le bilan humain soit encore revu à la hausse, où une grande partie de la population vit le long de la faille de Sagaing, point de rencontre des plaques indienne et eurasienne. D’autant que le conflit civil qui dure depuis le coup d’Etat de 2021 a décimé le système de santé, exposant le pays à une crise d’ampleur.Survenu vendredi en milieu de journée (heure locale), le tremblement de terre de magnitude 7,7, peu profond – ce qui a augmenté son impact – a été suivi quelques minutes après par une secousse de magnitude 6,7. Depuis, des répliques restent perceptibles, ressenties encore dimanche, aggravant la détresse des habitants.Le tremblement de terre, le plus puissant qu’ait connu la Birmanie en plusieurs décennies, a été ressenti jusqu’à Bangkok, la capitale thaïlandaise, où 17 personnes ont trouvé la mort, principalement dans l’effondrement d’une tour en construction.La junte birmane a indiqué dimanche que le séisme avait fait environ 1.700 morts, 3.400 blessés et 300 disparus. Mais l’ampleur de la catastrophe reste toujours difficile à évaluer avec précision, dans ce pays isolé et fracturé, où les généraux combattent des dizaines de groupes armés dans plusieurs régions.A Mandalay, la deuxième ville de Birmanie, proche de l’épicentre, le séisme a provoqué l’effondrement d’immeubles d’habitation et de ponts, ou crevassé les routes.- Cessez-le-feu partiel -Une réplique a frappé l’ancienne capitale royale vers 07H30 (01H00 GMT), poussant des occupants de la réception d’un hôtel à se précipiter vers la sortie, ont constaté des journalistes de l’AFP. Une autre secousse, d’amplitude 5.1 selon l’USGS, s’est répétée vers 14H00 (07H30 GMT), créant une vague de panique similaire.Ailleurs dans la ville, les secours s’organisent pour aider les victimes et rechercher des survivants.Dans un monastère bouddhique, des équipes birmanes et chinoises se coordonnent pour trouver des signes de vie dans les gravats, parmi les dizaines de moines présumés disparus qui passaient un examen lorsque le séisme s’est produit.San Nwe Aye, la soeur d’un moine disparu, attend désespéramment des nouvelles. “Je veux entendre le son de sa voix en train de réciter une prière”, explique-t-elle.Les agences internationales ont prévenu que la Birmanie n’avait pas les moyens d’affronter une catastrophe de cette taille. Avant le séisme, les Nations unies estimaient que quinze millions de Birmans, soit environ un tiers de la population, seraient concernés par le risque de famine en 2025.La Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) a lancé dimanche un appel pour récolter en urgence plus de 100 millions de dollars.Une “grave pénurie” de fournitures médicales affaiblit l’assistance déployée sur place, a prévenu samedi l’ONU. Les opérations de secours sont en outre compliquées par les dégâts subis par les hôpitaux et autres infrastructures sanitaires, ainsi que par les routes et les réseaux de communication.L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a dépêché en urgence près de 3 tonnes de fournitures médicales vers les hôpitaux de Mandalay et de Naypyidaw où sont pris en charge des milliers de blessés.La Chine, l’Union européenne, l’Inde ou les Etats-Unis ont aussi décidé de prêter main forte, répondant à l’appel du chef de la junte Min Aung Hlaing, dans une rare signe d’ouverture envers la communauté internationale.- Aide internationale -Du côté des adversaires du pouvoir, des combattants anti-junte ont déclaré samedi un cessez-le-feu partiel de deux semaines à partir de dimanche, a annoncé le Gouvernement d’unité nationale (NUG), un organe d’opposition fondé par d’anciens députés du parti pro-démocratie d’Aung San Suu Kyi pour beaucoup en exil.Les généraux n’ont pas suspendu leur offensive aérienne pour le moment : un groupe rebelle de l’Etat Shan a signalé auprès de l’AFP la mort de sept combattants à la suite d’un bombardement intervenu peu après le séisme.A près de 1.000 kilomètres de Mandalay, à Bangkok, des secours espèrent toujours extraire vivant des ouvriers du site de la tour de 30 étages en construction qui s’est effondrée sous l’effet du séisme.L’opération a mobilisé de grosses pelleteuses mécaniques, des chiens renifleurs et des drones à imagerie thermique pour repérer des signes de vie.La secousse, extrêmement rare à Bangkok, a également provoqué des fissures et fragilisé la structure de nombreux bâtiments. Les autorités locales ont annoncé le déploiement de spécialistes pour réparer 165 immeubles dimanche.Au moins 17 personnes ont été tuées dans la capitale thaïlandaise, ont annoncé dimanche les autorités municipales, tandis que 83 sont toujours portées disparues.La plupart des morts sont des ouvriers tués dans l’effondrement de l’immeuble de construction dans le quartier de Chatuchak, proche d’un marché prisé des touristes.burx-ah-vgu/thm

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Séisme en Birmanie: larmes et prières pour des moines piégés sous les décombres

Couvert de poussière, le visage éteint d’un moine bouddhiste ressort des décombres d’un bâtiment religieux effondré de Mandalay, autour duquel des proches de disparus prient pour retrouver des survivants, deux jours après le séisme qui a ravagé la Birmanie.”J’espère qu’il est en vie”, témoigne à l’AFP Kyaw Swe, 59 ans, le père de Seikta, un moine de 40 ans disparu, une larme coulant sur une joue. “Sa mère est inconsolable.””Si l’heure de mourir a sonné, alors il est impossible d’éviter la mort”, affirme le pieux agriculteur.Au moins 180 moines étaient en train de passer un examen, vendredi, vers 12H50 (06H20 GMT) lorsqu’un tremblement de terre de magnitude 7,7 a provoqué l’effondrement d’une partie de l’édifice.Certains ont réussi à s’échapper, mais pas tous ont eu cette chance: il est encore impossible de déterminer le nombre exact de moines piégés sous les décombres, mais il pourrait s’agir de dizaines.Les secours ont réussi à extraire 21 religieux vivants, ainsi que 13 corps sans vie, selon un coordinateur de l’opération. A travers Mandalay (centre), la deuxième ville de Birmanie, des opérations sont en cours pour repérer des signes de vie dans les montagnes de gravats d’immeubles effondrés suite au séisme le plus violent des dernières décennies dans le pays.- Marteaux-piqueurs -La junte a fait état dimanche d’environ 1.700 morts, 3.400 blessés et 300 disparus, mais les experts craignent que le bilan soit encore fortement revu à la hausse ces prochains jours. Les généraux ont émis un appel à l’aide auprès de la communauté internationale, une démarche rare pour les militaires birmans qui laisse craindre l’ampleur massive des destructions.Dans le monastère U Hla Thein, des novices, des moines et des proches des disparus, beaucoup équipés de masques chirurgicaux, observent le travail des secouristes, qui utilisent des marteaux-piqueurs pour casser les blocs de béton sous lesquels pourraient se trouver des survivants.Deux personnes seraient en vie sous les décombres, selon un sauveteur.Une équipe chinoise, vêtue de bleu, est venue prêter main forte aux secouristes birmans. A l’instar de la Chine, la communauté internationale s’est mobilisée pour soutenir la Birmanie, où la guerre civile a décimé les systèmes de santé et de secours.Une partie du bâtiment est restée debout, mais les murs lézardés de fissures indiquent que sa structure s’est fragilisée. A chaque réplique, tous fuient vers l’extérieur, craignant un nouvel effondrement.San Nwe Aye, 60 ans, attend des nouvelles de son frère moine.”Je veux entendre sa voix en train de réciter des prières”, confesse-t-elle. “Il a une si belle voix. J’étais heureuse à chaque fois que je le voyais.”Bhone Tutha, un moine de 31 ans, était sur le site la veille du tremblement de terre. Le bouddhisme apprend à ses disciples comment accepter les événements de la vie, explique-t-il.”C’est arrivé parce que c’est dans l’ordre des choses. On ne peut jeter l’opprobre sur quelqu’un”, philosophe-t-il.”Je suis venu ici pour voir si un des amis fait partie de ceux piégés”, poursuit-il. “Je pense que les chances de survie sont basses. Surtout maintenant, avec l’odeur de la décomposition.”

Nouvelle-Calédonie: Valls remet un projet d’accord aux délégations politiques

Manuel Valls, en visite jusqu’à mardi en Nouvelle-Calédonie, a remis dimanche matin aux délégations politiques indépendantistes et loyalistes un projet d’accord sur l’avenir institutionnel de l’archipel, meurtri par les émeutes de 2024, a appris l’AFP auprès d’un membre de la délégation loyaliste.Ce document, transmis lors de rencontres bilatérales, marque une nouvelle étape des négociations engagées samedi à Nouméa par le ministre des Outre-mer, en déplacement sur le “Caillou” jusqu’à mardi.”Le ministre a pris des initiatives. Il a remis un document à toutes les délégations politiques, un projet d’accord que chacun est en train d’examiner”, a déclaré à l’AFP Pascal Vittori, membre de la délégation des Loyalistes. Selon lui, “c’est un texte rédigé avec une proposition sur chaque sujet mais qui reste à négocier. Nous en sommes là à ce stade”.Une réunion plénière est prévue lundi après-midi, au Haut-commissariat, pour réunir l’ensemble des partenaires autour du projet d’accord et tenter d’avancer dans les discussions vers un compromis.Dès l’ouverture des discussions samedi après-midi, Manuel Valls a insisté sur l’importance d’aboutir à un compromis. “Nous devons faire un pas décisif vers un compromis global”, a-t-il lancé. Il a appelé les responsables calédoniens à “faire preuve d’audace” et à “se hisser à la hauteur de ce moment décisif et historique”, soulignant que “l’Histoire ne repassera pas les plats”.Le ministre a détaillé les grands axes de travail : modalités de l’autodétermination, répartition des compétences régaliennes, gouvernance locale, citoyenneté calédonienne, corps électoral et élaboration d’une loi fondamentale propre au territoire ayant vocation à être inscrite dans la Constitution.Un participant aux négociations confie que “les bases pressent aujourd’hui leurs partis pour trouver un accord même si les enjeux sont différents: pour les Loyalistes, il s’agit d’assurer la sécurité sur le long terme. Pour les indépendantistes, dont les populations souffrent le plus de la situation aujourd’hui, il s’agit d’aller vite pour permettre de trouver des solutions aux problèmes du quotidien”.Dimanche, Manuel Valls a également rencontré les maires calédoniens pour évoquer leurs situations. Les échanges ont porté sur la sécurité, les finances locales, la reconstruction et les enjeux de scolarité. Les deux associations de maires doivent se réunir la semaine prochaine pour formuler des propositions sur la place des communes dans le futur statut.A l’occasion de ces échanges, le ministre a confirmé la notification des dotations communales pour 2025, le déblocage des subventions d’investissement et du Fonds communal de développement, ainsi que la mise en œuvre d’une enveloppe de 200 millions d’euros devant encore faire l’objet d’arbitrages, alors que les communes, en première ligne face aux difficultés sociales croissantes – scolarité, sécurité, précarité – peinent à maintenir leurs services.En parallèle du volet institutionnel, Manuel Valls a également annoncé l’extension immédiate du dispositif de défiscalisation pour soutenir la reconstruction des commerces détruits en 2024. L’objectif affiché est de soutenir une reprise économique rapide. “Il en va de l’avenir et de la paix civile”, a insisté M. Valls.Le ministre doit quitter le territoire mardi soir, après quatre jours essentiellement consacrés aux discussions sur l’avenir institutionnel.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Maroc: “l’autoroute de l’eau”, une piste contre le stress hydrique

Une “autoroute de l’eau” créée au Maroc a permis de sauver de la soif des millions de personnes, mais son succès à long terme reste incertain en raison d’une sécheresse inédite, avertissent les experts.Malgré une période d’intenses averses début mars dans le nord-ouest, ce pays du Maghreb reste confronté à un stress hydrique aigu en raison d’une sécheresse qui dure depuis six ans.C’est “la plus longue de l’histoire” du pays alors que les cycles de sécheresse ne dépassaient auparavant pas trois ans, a alerté à la mi-mars le ministre de l’Equipement et de l’Eau, Nizar Baraka.Les apports en eau ont été presque divisés par quatre ces dix dernières années par rapport aux années 80, passant d’une moyenne annuelle de 18 milliards de mètres cubes à 5 milliards de m3, selon le ministre. Les précipitations ont également chuté de 75% par rapport à une moyenne “normale”, ces six dernières années, et les températures ont augmenté de 1,8 degré Celsius l’année dernière, exacerbant l’évaporation des eaux.Face à cette situation, les habitants de Rabat et ses environs ont été confrontés à la menace d’une rupture d’approvisionnement en eau potable fin 2023, après l’assèchement du barrage qui approvisionnait la capitale, a rappelé M. Baraka.”Toutefois, le transfert du surplus d’eau du bassin du Sebou (nord) nous a permis de sauver de la soif environ 12 millions de personnes”, a indiqué à l’AFP Mahjoub Lahrache, un responsable du ministère de l’Agriculture. – Projet stratégique -Au lieu de poursuivre son cours naturel vers l’océan Atlantique, l’eau du Sebou, l’un des fleuves les plus importants du pays, est captée dans une station, dans la banlieue de Kénitra, où elle est traitée avant d’être transférée, à travers un canal souterrain long de 67 km, vers la capitale, en fonction des besoins quotidiens. Depuis son inauguration fin août 2023, cette “autoroute de l’eau” assure l’approvisionnement en eau potable de Rabat et ses environs, ainsi que de la partie nord de la capitale économique Casablanca, située à 90 km de Rabat.  Ce projet a permis de transférer plus de 700 millions de m3 jusqu’à début mars, selon des données officielles. Le premier tronçon, construit en urgence après l’aggravation du stress hydrique, a coûté environ 7 milliards de dirhams (plus de 664 millions d’euros), selon M. Lahrache.Cette “autoroute de l’eau” devrait être prolongée pour relier plusieurs barrages se trouvant à l’extrême nord du pays à la région de Marrakech (sud). Le projet est stratégique pour le pays, même si le Maroc mise principalement sur le dessalement de l’eau de mer pour accroître ses ressources en eau potable.Le Maroc pâtit d’une “inégalité dans la répartition des ressources hydriques. Cinquante-trois pour cent des précipitations tombent sur seulement 7% du territoire national”, a noté M. Baraka.”Des quantités importantes (de pluie recueillie) dans les bassins du nord se déversent en Méditerranée ou dans l’Atlantique (sans être captées, ndlr). C’est pour cela que l’autoroute de l’eau a toute son importance”, souligne le chercheur Nabil El Moçayd.- “Rester prudents” -Toutefois, “les bassins du nord seront beaucoup plus affectés par le changement climatique que ceux du sud, d’après différentes simulations climatiques concernant les 60 années à venir”, alerte le chercheur.”Il est possible que l’excès dont on parle aujourd’hui ne soit plus présent à l’avenir, rien qu’à cause de ce déficit”, ajoute M. El Moçayd, qui a préconisé dans une étude en 2020 de “réduire l’échelle du projet” de l’autoroute de l’eau.Abderrahim Handouf, chercheur en politique d’irrigation, estime que la première tranche de “l’autoroute de l’eau” “est une solution efficace en l’absence d’alternatives”.Mais il s’interroge également sur sa pérennité à long terme, au regard des défis climatiques qui “poseront à l’avenir problème même dans le nord. Nous devons donc rester prudents”. Pour ce chercheur, outre le dessalement de l’eau, il faudrait développer les recherches et l’encadrement des agriculteurs, afin de généraliser l’utilisation de techniques d’irrigation, économes en eau. L’agriculture génère 12% du PIB et emploie 30% de la population. 

Présidence des Républicains: “je suis sûr que je vais gagner”, affirme Wauquiez

Boudé par la majorité des ténors du parti qui lui préfèrent son rival Bruno Retailleau, devancé dans les sondages, Laurent Wauquiez se dit toutefois convaincu qu’il va remporter la présidence des Républicains, la tendance étant “en train de s’inverser”, assure-t-il dans un entretien à l’AFP.A un mois et demi du congrès des 17 et 18 mai qui doit désigner le nouveau patron du parti, le député de Haute-Loire, accompagné de sa mère, de sa femme et de son fils, est revenu samedi dans son fief du Puy-en-Velay puiser “l’énergie pour la suite” auprès de quelque 500 sympathisants.”Cela me fait du bien de revenir ici”, confie-t-il après un meeting où il s’est félicité de “la forte hausse” du nombre d’adhérents dans le département, passé selon lui de “200 à 1.400” depuis la mi-février. Il espère atteindre les “2.000 adhésions” dans les prochaines semaines.Le vote pour désigner le nouveau patron de LR, après le départ fracassant d’Eric Ciotti rallié au Rassemblement national, est ouvert aux adhérents qui auront pris leur carte avant le 17 avril. D’ici là, Laurent Wauquiez, qui entend avoir effectué un total de 120 déplacements pendant la campagne pour aller à la rencontre des militants au rythme d’un minimum de sept meetings par semaine, multiplie les rencontres présentées comme “le meilleur côté de la politique avec une forme de vérité et de simplicité, sans calcul ou arrière-pensée”. – “Un scénario Balladur-Chirac” – Décrit par un soutien de Bruno Retailleau comme quelqu’un qui “refuse habituellement l’obstacle” et par une autre source proche du ministre de l’Intérieur comme un homme politique qui “se défile dès qu’il y a quelqu’un de fort en face”, le député de Haute-Loire ne s’avoue pas vaincu.”Là où il ne faut absolument pas se tromper, c’est que je suis sûr que je vais gagner”, assure-t-il. “Je ne suis pas du tout dans l’idée où je me dis que je suis au fond du trou et que je viens me remonter le moral au Puy-en-Velay. Je suis au contraire dans un tempérament de conquérant”.”Je suis convaincu que l’on est dans une trajectoire où les choses sont en train de se retourner”, affirme encore le patron des députés LR.Au début de la campagne, lorsque Bruno Retailleau lui a brûlé la politesse en annonçant sa candidature avant lui, il admet “qu’il y a eu une gigantesque vague. Mais les choses sont en train de s’inverser jour après jour”, estime-t-il, n’hésitant pas à pronostiquer “un scénario Balladur-Chirac” comme en 1995 qui, au final, lui sera favorable. – “Percer l’armure” face à Retailleau – “Petit à petit, les gens sont en train de comprendre que Bruno Retailleau n’a pas le temps de faire campagne et qu’il n’aura pas le temps de s’occuper ensuite du parti”, lance-t-il.Son adversaire a engrangé les soutiens de quasiment tous les ténors nationaux des Républicains – dont, dernier en date, l’ancien Premier ministre Michel Barnier – et a pris énormément la lumière depuis son arrivée place Beauvau en septembre, enregistrant d’importants gains dans l’opinion.”Le message de Bruno Retailleau, c’est : +je suis le meilleur dans les sondages, mettez-moi à la tête du parti+. Mais ce n’est pas ça ce que veulent les Français. Ils veulent qu’il fasse son job de ministre de l’Intérieur et nos adhérents, eux, veulent quelqu’un qui s’occupe d’eux”, lance Laurent Wauquiez.Interrogé sur les propos de l’un de ses soutiens, qui estime que le fait “d’être challengé” par le ministre de l’Intérieur “lui a fait du bien”, Laurent Wauquiez admet qu’il a été obligé de “percer l’armure, à sortir d’un aspect un peu mécanique que je pouvais avoir dans mes interventions avec les médias”.”Quelque part, ça m’aide à dévoiler une partie de moi-même qui est différente, que je ne suis pas qu’une machine à délivrer des éléments de langage”, confie-t-il.

Assurance chômage: ce qui change au 1er avril

Les nouvelles règles d’assurance chômage négociées à l’automne dernier entre partenaires sociaux sont applicables depuis le 1er janvier mais pour des raisons pratiques la plupart des changements n’entrent en vigueur qu’au 1er avril. Le point sur ce qui change, va changer, ou a déjà changé avec cette nouvelle convention pour quatre ans, qui doit générer 1,5 milliard d’euros d’économies par an en régime de croisière.Les règles qui changent au 1er avril:- Mensualisation -Le montant de l’allocation chômage ne dépendra plus du nombre de jours dans le mois, mais sera versé sur la base de 30 jours tous les mois. Sur une année calendaire pleine, un chômeur perdra cinq jours d’indemnisation, voire six les années bissextiles.- Seniors -Les bornes d’âge ouvrant droit à une indemnisation plus longue sont relevées de deux ans. Le palier ouvrant droit à 22,5 mois d’indemnisation passe ainsi de 53 à 55 ans et celui donnant droit à 27 mois de 55 à 57 ans.Pour les autres demandeurs d’emploi, la durée d’indemnisation maximum reste de 18 mois.L’accès au dispositif de “maintien de droit” jusqu’à la retraite à taux plein est décalé dans les mêmes conditions que l’âge légal de la retraite, jusqu’à atteindre 64 ans pour la génération née en 1968.- Calcul de l’allocation – Pour le calcul du montant journalier de l’allocation (SJR), le nombre maximum de jours non travaillés pris en compte est abaissé à 70% du nombre de jours travaillés, contre 75% auparavant.- Dégressivité – Pour tenir compte de la situation particulière des seniors, la dégressivité de l’allocation chômage, qui concerne les hauts revenus, ne sera plus appliquée à partir de 55 ans, contre 57 ans jusqu’ici.- Saisonniers -Afin de mieux sécuriser la situation des saisonniers sur le marché du travail, leur condition d’affiliation est abaissée à cinq mois, avec une indemnisation minimale de cinq mois.- Démission -L’allocataire qui a repris un travail depuis moins de quatre mois, et non plus trois mois, pourra être à nouveau indemnisé s’il démissionne.- Cumul de l’allocation avec une activité non salariée -Pour lutter contre les effets d’aubaine, la réforme limite la possibilité de cumuler l’assurance chômage avec un revenu d’activité non salariée pour les créateurs ou les repreneurs d’entreprise à 60% de ses droits à l’allocation chômage, sauf en cas de cessation de l’activité créée.Pour ceux qui ont opté pour l’Aide à la reprise et à la création d’entreprise (Arce) qui est versée en deux fois, le deuxième versement est conditionné à l’absence d’exercice d’une activité en CDI.- Détenus – Les anciens détenus ayant travaillé au titre d’un contrat d’emploi pénitentiaire, qui n’étaient pas indemnisés jusqu’à présent, pourront l’être dorénavant, dans les mêmes conditions que l’ensemble des salariés.Dispositions à venir: – Première ouverture de droits – D’après la nouvelle convention d’assurance chômage, les demandeurs d’emploi indemnisés pour la première fois pourront ouvrir un droit après avoir travaillé cinq mois, au lieu de six aujourd’hui. Mais cette disposition requiert un changement législatif. Elle figure dans un avant-projet de loi portant sur l’emploi des seniors et le dialogue social transmis par le gouvernement au Conseil d’Etat.- Baisse des cotisations patronales – La cotisation patronale pour l’assurance chômage passera de 4,05% à 4% du salaire brut. La mesure entrera en vigueur à compter du 1er mai 2025.Disposition déjà appliquée:- Frontaliers -Depuis le 22 mars, les chômeurs résidant en France mais ayant travaillé à l’étranger risquent de perdre leur indemnisation s’ils refusent deux fois une offre raisonnable d’emploi (ORE) basée sur le salaire habituellement pratiqué en France, alors que c’était le salaire de référence à l’étranger, beaucoup plus élevé notamment en Suisse, qui était auparavant pris en compte.

Le président de la Conférence des évêques invite à rester vigilant sur les violences sexuelles dans l’Eglise

Bétharram, abbé Pierre, engouement des jeunes… A quelques jours de passer la main, Eric de Moulins-Beaufort, le président de la Conférence des évêques de France (CEF), invite à rester vigilant sur les violences sexuelles dans l’Église.Q: Quel sentiment, à l’heure du bilan?R: “Cela a été six années très intenses, où j’ai toujours travaillé avec facilité avec les conseils lors de mes deux mandats. Cela m’a sûrement permis de porter le choc qu’a été le rapport de la Ciase (de 2021 sur la pédocriminalité dans l’Église, NDLR), et d’animer le travail nécessaire pour l’absorber.”Q: Qu’avez-vous éprouvé à la lecture de ce rapport?R: “J’avais été un peu prévenu de l’ampleur des chiffres. Il n’empêche que la lecture du rapport a été un motif de très grande tristesse, devant la masse de souffrance que cela représentait. J’avais déjà eu l’occasion de rencontrer des victimes, je mesurais un peu ce qu’elles avaient pu vivre, mais multiplié par tant de personnes, cela a été terrible.Aujourd’hui, on sait que beaucoup de violence peut s’exprimer dans la relation avec les enfants. Il ne faut pas simplement se dire: ce sont quelques monstres affreux dans un coin. Ils sont plus proches de nous qu’on ne croit, il faut porter cette vigilance un peu partout.Surtout, ils ont bénéficié jusqu’à maintenant d’un silence un peu systématique, dans les familles, l’Église, le sport… Il faut que nous sortions de cette surdité volontaire.”Q: Que reste-t-il à faire?R: “Nous avons pris beaucoup de mesures pour que l’Église soit un lieu sûr. Mais on n’a pas terminé d’entendre les victimes. On le voit avec les affaires de Bétharram ou Garaison: tout un pan de cette réalité n’a pas été complètement élucidé. La Ciase avait mentionné 330.000 victimes mineures. Avant c’était des chiffres, maintenant cela devient des histoires, des personnes. Il faut que nous restions prêts à entendre les victimes lorsqu’elles veulent parler, que ce soit aujourd’hui ou plus tard. Certaines ne parleront d’ailleurs jamais.Nous avons aussi mis en place le tribunal pénal canonique national. Il faut du temps pour rendre les premières sentences, inscrire petit à petit une jurisprudence. Cela aussi doit continuer.Et puis il y a beaucoup de dispositifs à mettre en œuvre dans la prévention.”Q: Et sur l’indemnisation?R: “Nous sommes engagés à accompagner les personnes victimes. Nous le ferons.”Q: Votre fin de mandat a été marquée par les affaires abbé Pierre et Bétharram…R: “L’affaire de l’abbé Pierre a été une surprise, comme pour tout le monde. Je lis parfois que les évêques savaient: non, quelques-uns dans les années 50 ont su et malheureusement, ça ne s’est pas transmis. A Bétharram, les récits sont effrayants. Il y a eu un sadisme, une complaisance dans la violence, qui s’est aggravée avec la présence d’agresseurs sexuels, y compris de la part de religieux. Ce système clos sur lui-même est atroce, il est lamentable qu’il ait pu prospérer si longtemps.” Q: Le pire est-il passé pour l’Eglise?R: “Je ne dirais pas cela. On ne sait jamais ce qui peut se produire. J’emploie l’image d’un bateau: on a traversé une grande tempête, il n’est pas exclu qu’il y en ait d’autres. Mais nous pouvons tenir la barre fermement, car nous savons vers où aller.”Q: L’Église, malgré tout, va-t-elle mieux, notamment aux yeux des jeunes?R: “En lisant le rapport de la Ciase, je me suis dit que je comprenais que des gens se détournent de l’Église. Si nous faisons le travail de vérité, même si ce n’est jamais assez, peut-être que l’Église peut redevenir attrayante pour les jeunes de notre temps.On a vu aux JMJ (Journées mondiales de la jeunesse) une jeunesse catholique très variée, venue de toutes sortes de quartiers. Celle que l’on qualifierait d’identitaire ne représente qu’un tout petit nombre.”Q: Quelle sera la tâche de votre successeur?R: “Il faudra absolument continuer à mener le bateau-Église vers la sortie de ce contexte de violences et d’agressions sexuelles. Mais il faudra surtout, dans un monde qui cumule les motifs d’inquiétude, incarner une Église qui porte un message d’espérance, de liberté, de force intérieure.” 

Pentagon chief says US will ensure ‘deterrence’ across Taiwan Strait

The United States will ensure “robust, ready and credible deterrence” across the Taiwan Strait, US Defense Secretary Pete Hegseth said Sunday, calling China “aggressive and coercive”.Hegseth also stopped short of publicly calling on Tokyo to hike military spending, saying in Japan he trusted the close US ally to “make the correct determination of what capabilities …

Pentagon chief says US will ensure ‘deterrence’ across Taiwan Strait Read More »