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Dans l’atelier des taxidermistes du Muséum d’histoire naturelle

Après avoir redonné un coup d’éclat au dromadaire centenaire, Christophe Voisin et Isabelle Huynch Chan Hang naturalisent deux mériones. Pendant plusieurs semaines, les taxidermistes ont préparé les spécimens de l’exposition “Déserts” qui s’ouvre mercredi au Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN).D’une main experte, ils enroulent le fémur et le tibia des petits rongeurs et son armature métallique avec du coton et de la ficelle pour recréer la forme des muscles. Puis insèrent délicatement le tout dans la peau traitée de l’animal, dont même les minuscules griffes ont été conservées en place.Un moulage du crâne a été effectué lors du dépeçage. A l’aide de résine et d’épingles, les taxidermistes sculptent les bajoues, collent des billes de verre à la place des yeux, s’assurent que les oreilles resteront bien dressées.Petit à petit, les mériones – une sorte de gerbille des zones arides d’Afrique et d’Asie – reprennent vie, dressées sur leur pattes arrières.Sur une autre table de l’atelier niché dans les coulisses du Muséum à Paris, leur collègue Vincent Cuisset répare les oreilles d’une antilope à la colle et au pinceau.Avec les attaques de mites et de dermestes, un petit coléoptère, les changements de température ou d’hygrométrie – qui ont littéralement coûté leur peau à un rhinocéros et un hippopotame – sont les cauchemars des taxidermistes. Autour d’eux, des étagères couvertes de marteaux, pinces et scies. Et tout un bestiaire: flamand rose, cigognes, singes, poissons…- “Bibliothèque du vivant” -La célèbre procession d’animaux de la Grande galerie de l’évolution ne représente qu’une toute petite partie des millions de spécimens naturalisés conservés par l’institution fondée au 17e siècle. Les plus anciens datent d’avant la Révolution, dont un “petit merle tué par Louis XVI”, glisse M. Cuisset.Et de nouveaux venus enrichissent régulièrement les collections. “On ne fait plus de grandes expéditions naturalistes comme au 18e siècle où on tuait et on ramenait systématiquement des spécimens”, explique Aude Lalis, chercheuse en biologie de l’évolution de la biodiversité et responsable de collections au MNHN. Aujourd’hui, les animaux proviennent essentiellement de zoos ou de centre de soins pour animaux. A leur arrivée – souvent congelés – ils sont étiquetés, pesés, mesurés. Les taxidermistes effectuent certains prélèvement à la demande des chercheurs: ADN, échantillons de cœur et de muscle des mammifères, foie et bol intestinal des rapaces…”Bibliothèque du vivant”, les collections du Muséum sont “encore très utiles pour beaucoup de questions”, souligne Mme Lalis. Par exemple pour analyser la couleur des poils du dromadaire avec de nouvelles techniques. Ou comparer les rongeurs d’Afrique actuels avec des spécimens collectés il y a plusieurs décennies.  – Art ancestral -Certains sont naturalisés à des fins muséologiques, comme les mériones qui feront partie de la trentaine de spécimens présentés dans le cadre de l’exposition “Déserts”.Les taxidermistes travaillent avec les scientifiques pour décider de la position dans laquelle l’animal sera naturalisé. “Au 19e siècle, les animaux sauvages étaient présentés dans des dioramas” reconstituant leur habitat naturel, souvent “en position d’attaque” pour les prédateurs, rappelle M. Voisin.”Aujourd’hui, on essaye de dépoussiérer un peu cet art ancestral et de donner une présentation plus dynamique, une nouvelle vision de l’animal”, dans le but de communiquer sur la préservation de l’espèce, complète Mme Huynch Chan Hang.Pour les grands mammifères – comme l’ours polaire de “600 kg qu’il a fallu suspendre à 3 m 20 de haut pour l’écorchage”, les taxidermistes réalisent des sculptures en polyuréthane. L’imprimante 3D commence à faire son apparition dans l’atelier.En France, on compte seulement une poignée de taxidermistes travaillant dans les musées – dont trois au MNHN – formés via un CAP de deux ans puis de longues années de pratique.Certains animaux – poissons, reptiles – sont particulièrement difficiles à travailler. D’autres ne le sont tout simplement pas, comme les pieuvres ou les dauphins.”La taxidermie est à la fois un art et un artisanat. Il faut se nourrir d’images pour être au plus proche de la réalité”, note M. Voisin, qui se souvient de sa naturalisation la plus “compliquée”: celle d’un orang-outan. “Il faut beaucoup de documentation et deux-trois connaissances d’anatomie du visage pour pouvoir reconstituer les expressions faciales. On frôle l’humain”, détaille-t-il.

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Paraguay: le filon d’or de la discorde

Source de profit pour les uns, de pollution selon les autres: depuis la découverte d’un filon dans les années 1990, un paisible village du Paraguay autrefois uniquement tourné vers la culture d’herbe à maté est aujourd’hui profondément divisé par la fièvre de l’or.La découverte d’or dans la terre de Paso Yobai, à 210 kilomètres à l’est de Asuncion, a transformé le village. A présent, un habitant sur six de ce qui est devenu une ville de 30.000 habitants s’affaire à creuser d’énormes fosses pour vendre la terre aurifère.Agriculteurs et peuples indigènes se disent victimes de la pollution de l’air et de l’eau et exigent une délimitation du territoire minier. Une revendication non négociable pour les chercheurs d’or, la plupart illégaux.De petits groupes se sont organisés, campant depuis des mois pour empêcher l’ouverture de nouvelles carrières et bassins. Mais l’animosité a laissé place à la violence et, en janvier, une quinzaine de producteurs d’herbe à maté, boisson prisée dans le cône sud de l’Amérique, se sont écharpés avec une cinquante de mineurs masqués, armés de bâtons.”Nous avons bloqué leur passage, ils ont menacé de foncer sur nous avec leurs voitures”, raconte Vidal Britez, président de l’Association des Producteurs de Yerba Mate.”Ils ont déjà tout détruit autour de Paso Yobai: les cours d’eau, les sources, les marais. La pollution se voit dans les eaux rouges, dans les poissons morts”, affirme-t-il à l’AFP.L’exploitation minière artisanale “est une anarchie” où “beaucoup de gens sont impliqués, y compris des entrepreneurs et des politiciens influents”, explique à l’AFP l’ingénieur agronome Rubén Irala Galeano.Participant à une enquête menée par les universités nationale et catholique du Paraguay en attente de publication, il assure qu’un “crime écologique est en train d’être perpétré à Paso Yobai”.L’expert réclame le remplacement du mercure pour l’extraction de l’or par une alternative écologique et demande au gouvernement de respecter la Convention de Minamata, entrée en vigueur en 2017 au Paraguay, qui vise à supprimer l’utilisation de matériaux toxiques dans l’exploitation minière.Selon le Programme des Nations Unies pour l’environnement, le Paraguay “n’a pas effectué d’inventaire national de mercure”, donc difficile de savoir quelles quantités sont déversées.- Impact “minime” ? -Le petit village est devenu une fourmilière où se croisent des camions transportant de la terre sablonneuse jusqu’aux bassins de traitement. De vastes plantations d’herbe à maté ont cédé la place à des trous immenses mesurant jusqu’à 10 mètres de profondeur et 80 mètres de long. Les mineurs dénombrent moins de 150 excavations. Pour les producteurs d’herbe à maté, il y en a plus de 300, la majorité illégales.D’après diverses estimations, chacune permet d’extraire un kilogramme d’or en un à deux mois.La société canadienne Latin American Minerals Paraguay (Lampa SA), qui détient une concession depuis 2012, sous-traite l’extraction de l’or aux mineurs indépendants.En 2024, 600 kilos d’or ont été exportés de Paso Yobai, générant 260.000 dollars de redevances pour l’Etat, selon le vice-ministre des Mines et de l’Energie, Mauricio Bejarano. “La rentabilité est garantie”, se réjouit-il.Le président de l’Association des Producteurs de Yerba Mate montre les feuilles couvertes de la poussière rouge soulevée par l’exploitation de la terre: “Les acheteurs ne veulent plus de notre yerba mate qui pousse près des bassins”, regrette-t-il.Les préoccupations de l’agriculteur sont partagées par le leader de la communauté Mbya Guarani, Nery Cardozo Benitez, qui accuse “les politiciens qui s’enrichissent”. “Les produits chimiques utilisés sont très puissants. Ils s’évaporent dans l’air et contaminent nos animaux”, fustige-t-il.”Les poissons meurent. Nous n’avons pas d’eau potable” (…) la ressource naturelle appartient à tous, pas seulement aux riches ni aux autorités”, se désole Mariano Benitez, le chef d’une autre communauté.Le vice-ministre Bejarano estime pour sa part que l’impact environnemental est “minime” et exige des preuves de pollution. “Jusqu’à présent, à ma connaissance, aucune plainte” n’a été déposée auprès du parquet, argue-t-il. “Ce qu’il y a, c’est une compétition pour le territoire”.Le secrétaire de l’Association des Mineurs, Rubén Villalba, accuse paysans et indigènes d’ignorance. Et compare l’emploi du mercure à celui de l’eau de javel dans la vie quotidienne: “un poison si elle est mal utilisée”.

Décision lundi dans le procès “Carton rouge” de vastes arnaques

Quelque 28 millions d’euros soutirés de 2016 à 2018 auprès d’un millier de victimes, dont des clubs de football: le tribunal de Nancy rend lundi son délibéré à l’encontre des 22 prévenus à l’origine de cette arnaque “exceptionnelle”, principalement aux diamants et aux cryptomonnaies. Le procès s’était étalé sur plus de trois semaines, à l’automne. D’une rare ampleur, il avait nécessité la location, par la justice, de la grande salle de spectacle du Palais des Congrès de Nancy. Les parties civiles sont en grande majorité des particuliers ayant laissé leurs coordonnées sur des sites internet de vente de diamants ou de cryptomonnaies. Rapidement rappelées par des escrocs opérant depuis Marseille ou Israël, elles ont été arnaquées de sommes allant jusqu’à plusieurs centaines de milliers d’euros.Des clubs de foot de Ligue 1 ou Ligue 2 avaient aussi été victimes d’escroqueries ou de tentatives d’escroqueries par de faux agents de joueurs qui visaient à en détourner les salaires.Le procureur Vincent Legaut avait requis dans cette affaire qu’il a qualifiée d'”exceptionnelle” des peines allant jusqu’à huit ans de prison à l’encontre des 22 prévenus, un seul échappant à une demande de prison ferme.Différents degrés d’implication dans l’organisation ont été retenus: certains prévenus étaient poursuivis pour “association de malfaiteurs”, d’autres pour “escroquerie” ou “tentative d’escroquerie”. Des poursuites pour le blanchiment du produit de ces escroqueries étaient aussi engagées.Trois mis en cause, considérés comme des “têtes pensantes” du réseau, étaient absents à l’audience, en fuite et sous le coup d’un mandat d’arrêt.- Entre France et Israël -L’enquête avait débuté en 2017 par les plaintes de clubs de foot professionnel (Sochaux, Angers et Toulouse) qui ont tous trois versé aux escrocs entre 10.000 et 35.000 euros, dupés par des appels téléphoniques d’hommes se faisant passer pour agents d’un joueur. Une douzaine d’autres clubs ciblés par des tentatives d’arnaque avaient aussi effectué des signalements.Le football “a fait office d’alerte”, avait rappelé auprès de l’AFP l’avocat de la Ligue de football professionnel (LFP), Benjamin Peyrelevade.Parmi les prévenus figurent aussi des petites mains, qui ont servi de prête-nom pour ouvrir des comptes en banque ou des sociétés factices permettant de faire transiter le produit des escroqueries.Plus de 200 comptes bancaires ont ainsi été mis au jour par les enquêteurs, ouverts dans 19 pays. Des dizaines d’adresses mail de faux commerciaux avaient aussi été créées, “ce qui en dit long sur la force de vente des escrocs depuis Israël”, avait pointé le représentant du ministère public.M. Legaut avait regretté, lors de ses réquisitions, “l’absence totale d’empathie” ou de “prise de conscience des conséquences” des actions des prévenus, qui ont porté atteinte à “l’intégrité patrimoniale des victimes” mais aussi à leur “intégrité morale”.- Enjeux -Pour les centaines de personnes constituées parties civiles, outre la condamnation des prévenus, “deux enjeux se dessinent” lundi matin, note la fédération France Victimes, qui a accompagné ces dernières tout au long de la procédure: la capacité des mis en cause “à indemniser les victimes” et “l’éligibilité de celles-ci aux fonds de garantie”.Au-delà de ce dossier extraordinaire par son nombre de parties civiles, il pourrait “y avoir un avant et un après le procès +Carton Rouge+”, selon la fédération: “Les solutions proposées aux victimes feront montre de la capacité à les accompagner face à un phénomène d’ampleur, en croissance constante”.Des victimes ont un préjudice important de quelques milliers, dizaines de milliers, voire, pour certaines, centaines de milliers d’euros. Celles rencontrées par l’AFP lors du procès, bien que peu nombreuses à s’être déplacées, avaient confié craindre de ne jamais revoir leur argent.”Je n’y crois pas. Et si un chèque arrive, ce sera une bonne nouvelle”, voulait tout de même espérer Marie-Bernadette, retraitée des Bouches-du-Rhône qui a perdu 10.000 euros dans l’arnaque aux diamants.La justice a saisi durant la procédure 2,8 millions d’euros, soit un dixième seulement du préjudice financier total.

Des députés veulent alerter sur la montée préoccupante du chemsex

Des députés de tous bords veulent alerter sur l’inquiétant essor du chemsex, une pratique dangereuse et addictive consistant à consommer certaines drogues afin d’intensifier ses rapports sexuels, en votant lundi un texte pour demander à l’Etat une “stratégie nationale de prévention”.L’affaire de l’humoriste Pierre Palmade, qui a provoqué en février 2023 un grave accident après plusieurs jours de chemsex, a contribué à faire sortir de l’ombre cette pratique, dont un rapport de 2022 remis au ministère de la Santé estimait qu’elle concernait entre 100.000 et 200.000 personnes a minima en France.Le chemsex “est encore trop peu connu” des Français alors qu’il “s’agit d’un enjeu de santé publique, voire de sécurité”, alerte la députée macroniste Brigitte Liso, à l’initiative de la proposition de résolution débattue dans l’hémicycle.”C’est un sujet délicat”, explique-t-elle, il parle “à la fois de sexualité – voire d’homosexualité – et de drogue”, c’est-à-dire de “l’intime et de l’illicite”. Le chemsex touche principalement des hommes ayant des rapports avec des hommes.Le texte, signé par 124 parlementaires issus de tous les groupes politiques (exceptés LFI et le RN, non-sollicités par Brigitte Liso) réclame à l’exécutif un état des lieux épidémiologique précis et une stratégie de prévention (accompagnement des associations, campagnes de sensibilisation, formation des professionnels de santé…).”La pratique du chemsex s’installe au sein de publics de plus en plus jeunes, venus de tous milieux et de tous les territoires”, alerte Mme Liso, soulignant la facilité avec laquelle il est possible de se procurer les substances et la diffusion de ces pratiques via les applications de rencontre.Outre l’addiction, les risques sont multiples: la baisse de la vigilance peut mener à des rapports non protégés (avec des risques de contaminations) ou à des pratiques violentes; agressions sexuelles. Sans oublier les comas ou décès par overdose.”Il faut envoyer un signal”, plaide le député socialiste Arthur Delaporte, cosignataire du texte et président du groupe d’étude VIH/Sida à l’Assemblée. – “Vague” à venir -“Les faits divers émaillent l’actualité”, avance l’élu. Pour preuve, il tape dans un moteur de recherche “chemsex” sur son téléphone et lit un article tout juste publié: “L’ancien directeur adjoint d’une prison décédé dans la nuit de jeudi à vendredi”. “Ca peut toucher tout le monde”, souligne-t-il.Y compris un député. Le 17 octobre dernier, l’élu insoumis Andy Kerbrat était pris en flagrant délit d’achat de stupéfiants à Paris, plus précisément de 3-MMC. Dans un article de Médiapart, qui révélait qu’il aurait pioché dans son avance de frais de mandat pour acheter de la drogue, l’élu avouait se débattre avec une grave addiction développée dans le cadre de pratiques liées au chemsex.Le député, depuis en arrêt maladie, était d’ailleurs le seul co-signataire LFI d’une proposition de résolution, quasi-identique, qui devait être débattue dans l’hémicycle mi-juin 2024, avant la dissolution.Le sujet est revenu entre les murs du Palais Bourbon en octobre, lors de l’examen du projet de loi de finances.Mme Liso avait réussi à faire voter en commission une enveloppe de 300.000 euros pour la prévention du chemsex, mais le gouvernement n’a pas repris sa disposition dans le texte adopté.La proposition de résolution discutée lundi, qui n’est pas contraignante pour l’Etat, devrait être adoptée très largement, peut-être à l’unanimité.Le groupe de La France insoumise y apportera son soutien. “Il est plus que nécessaire que l’Etat investisse massivement et rapidement dans un plan de prévention”, explique l’élue Ségolène Amiot, disant redouter “une vague” à laquelle les pouvoirs publics ne sont pas prêts à répondre, “les services d’addictologie étant déjà saturés”.Cette ancienne militante associative alerte sur une expansion de la pratique chez les hétérosexuels, qui ne bénéficient pas du maillage associatif de prévention et de réductions des risques tissé par la communauté LGBT+, et alors que l’Etat a, selon elle, “abandonné” depuis des années les politiques de prévention.De l’autre côté du spectre, le Rassemblement national (RN) approuve également le texte. “J’espère qu’il sera adopté à l’unanimité”, dit le député RN Thierry Frappé. “Il faut en parler, faire connaître ce problème” qui “n’est plus anecdotique”.

Un texte sur le maintien dans le logement social arrive dans l’hémicycle, menacé par la gauche

Les députés se penchent lundi sur une proposition de loi visant à durcir les conditions de maintien dans un logement social, un texte vivement critiqué par la gauche et les professionnels du secteur.Déposé par l’ancien ministre du Logement Guillaume Kasbarian (Ensemble pour la République, groupe macroniste), le texte propose de durcir les conditions permettant de rester dans un logement social, notamment en abaissant les seuils de revenu à partir desquels un bailleur social peut demander à un locataire de quitter un logement ou lui réclamer un “sur-loyer” complémentaire. La “détention d’un logement adapté aux besoins ou susceptible de générer des revenus permettant l’accès au parc privé” deviendrait aussi un motif de résiliation d’un bail.L’objectif est une meilleure “justice sociale” et une amélioration de la rotation dans le parc social, selon le rapporteur du texte, le député apparenté EPR Stéphane Vojetta.Concrètement, “un salarié qui vit à Saint-Denis devra quitter son logement social à partir d’un salaire net de 3.800 euros par mois” pendant deux ans, contre 4.336 euros par mois actuellement, a-t-il argumenté lors de l’examen en commission des affaires économiques. Il estime à près de 30.000 le nombre de logements sociaux pouvant être libérés, alors que 2,7 millions de foyers étaient en attente fin 2024. Thomas Portes, député insoumis de Seine-Saint-Denis, a rappelé que des sur-loyers et mesures d’obligation de quitter un logement social existent déjà.Une motion de rejet préalable du texte a été déposée par LFI. “Je vais tendre la main à nos oppositions, notamment à la gauche”, a déclaré vendredi Stéphane Vojetta, qui a déposé plusieurs amendements en ce sens. L’un d’eux modifie le titre du texte, critiqué comme “fallacieux”, qui promet pour le moment la “fin du maintien à vie dans le logement social”.Un autre amendement propose que l’obligation de résiliation du bail pour les locataires devenus propriétaires ne s’applique que dans les zones tendues – hors quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV).Un troisième propose que ces quartiers prioritaires, moins favorisés, restent exemptés des sur-loyers afin d’y “préserver la mixité sociale”.- Mixité sociale -M. Vojetta “fait ça parce qu’il sent bien qu’il n’a pas de majorité derrière lui, y compris dans son propre camp”, a déclaré à l’AFP le député socialiste Iñaki Echaniz, qui maintient son opposition à un texte au contenu jugé “soit inefficace, soit injuste, soit contre-productif”. Le Rassemblement national a, lui, déposé des amendements visant à exclure les personnes de nationalité française du durcissement des conditions d’accès, ou encore à intégrer la “préférence nationale” parmi les critères d’éligibilité à l’accès au parc locatif social. En commission la semaine dernière, les amendements déposés par des députés de gauche et du groupe indépendant Liot pour supprimer les articles principaux de la proposition de loi ont été adoptés. Mais la commission a voté contre la version du texte vidée de sa substance, qui arrive donc dans sa version initiale dans l’hémicycle.Les communistes avaient demandé son retrait de l’ordre du jour, compte tenu de la “large majorité dégagée contre le texte”.”Nous voulons de la mixité sociale, pas des ghettos !” avait réagi sur X la ministre chargée de la Ville Juliette Méadel, saluant le rejet en commission. Riposte immédiate de Guillaume Kasbarian, qui a suggéré à la ministre de démissionner.Lors d’un débat mercredi soir, la ministre chargée du Logement Valérie Létard a déclaré que “si l’objectif est louable, il faut travailler à un texte équilibré”. C’est elle qui sera au banc lundi.L’Union sociale pour l’habitat, qui représente les bailleurs sociaux, est très défavorable à cette proposition de loi.”L’abaissement et la généralisation de ces seuils (de sur-loyer et de départ du logement, NDLR) ne ferait qu’amplifier les atteintes à la mixité sociale, principe fondateur du modèle français du logement social, en contribuant à créer encore plus de ghettos”, a critiqué l’USH dans un communiqué mercredi. Dans un communiqué publié mercredi, l’Agence nationale pour l’information sur le logement (Anil) a aussi discrédité le texte, considéré comme “davantage une mesure de diversion médiatique qu’une tentative de répondre à la crise profonde”.

Netanyahu offers Hamas leaders Gaza exit but demands group disarm

Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu on Sunday offered to let Hamas leaders leave Gaza but demanded the group abandon its arms, as his country kept up its bombardment of the Palestinian territory.Gaza’s civil defence agency said an Israeli air strike on a house and tent sheltering displaced Palestinians killed at least eight people, including five …

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Séisme: opérations de secours en Birmanie et en Thaïlande, des répliques à Mandalay

De nouvelles secousses ont frappé dimanche Mandalay, où les secours tentent de trouver des survivants piégés dans les décombres, au surlendemain du puissant séisme qui a fait au moins 1.700 morts en Birmanie.Les experts craignent que le bilan humain ne soit revu à la hausse dans ce pays, où une grande partie de la population vit le long de la faille de Sagaing, point de rencontre des plaques indienne et eurasienne. D’autant que le conflit civil qui dure depuis le coup d’Etat de 2021 a décimé le système de santé, exposant le pays à une crise d’ampleur.Survenu vendredi en milieu de journée (heure locale), le tremblement de terre de magnitude 7,7, peu profond – ce qui a augmenté son impact – a été suivi quelques minutes après par une secousse de magnitude 6,7. Depuis, des répliques restent perceptibles, ressenties encore dimanche, aggravant la détresse des habitants.Le tremblement de terre, le plus puissant qu’ait connu la Birmanie en plusieurs décennies, a été ressenti jusqu’à Bangkok, la capitale thaïlandaise, où 18 personnes ont trouvé la mort, principalement dans l’effondrement d’une tour en construction.Selon la junte birmane au pouvoir, le séisme a fait environ 1.700 morts, 3.400 blessés et 300 disparus. Mais l’ampleur de la catastrophe reste toujours difficile à évaluer avec précision, dans ce pays isolé et fracturé, où les généraux combattent des dizaines de groupes armés dans plusieurs régions.Dimanche, l’Organisation mondiale de la Santé, qui a dépêché en urgence près de trois tonnes de fournitures médicales vers les hôpitaux de Mandalay et de Naypyidaw où sont pris en charge des milliers de blessés, a lancé un appel pour trouver rapidement 8 millions de dollars afin de sauver des vies et prévenir les épidémies au cours des 30 prochains jours. “Les évaluations préliminaires indiquent un nombre élevé de victimes et de blessures liées à des traumatismes, avec des besoins urgents en soins d’urgence”, a déclaré l’OMS, ajoutant avoir “classé cette crise en urgence de niveau 3”, le plus élevé de son programme d’intervention d’urgence.A Mandalay, la deuxième ville de Birmanie, proche de l’épicentre, le séisme a provoqué l’effondrement d’immeubles d’habitation et de ponts, ou crevassé les routes.- “Pénurie” de fournitures médicales -Une réplique a frappé l’ancienne capitale royale vers 07H30 (01H00 GMT), poussant des occupants de la réception d’un hôtel à se précipiter vers la sortie, ont constaté des journalistes de l’AFP. Une autre secousse, d’amplitude 5,1 selon l’USGS, s’est répétée vers 14H00 (07H30 GMT), créant une vague de panique similaire.Ailleurs dans la ville, les secours s’organisent pour rechercher des survivants.Une femme enceinte, qui avait dû être amputée d’une jambe pour être extraite des décombres d’un immeuble, n’a pas survécu à ses blessures, malgré l’acharnement des médecins, ont constaté des journalistes de l’AFP. Dans un monastère bouddhique, des équipes birmanes et chinoises se coordonnent pour trouver des signes de vie dans les gravats, parmi les dizaines de moines présumés disparus qui passaient un examen lorsque le séisme s’est produit.San Nwe Aye, la sœur d’un moine disparu, attend désespéramment des nouvelles. “Je veux entendre le son de sa voix en train de réciter une prière”, explique-t-elle.Les agences internationales ont prévenu que la Birmanie n’avait pas les moyens d’affronter une catastrophe de cette taille. Avant le séisme, les Nations unies estimaient que quinze millions de Birmans, soit environ un tiers de la population, seraient concernés par le risque de famine en 2025.La Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) a lancé dimanche un appel pour récolter en urgence plus de 100 millions de dollars pour “venir en aide à 100.000 personnes (20.000 foyers)”.Une “grave pénurie” de fournitures médicales affaiblit l’assistance déployée sur place, a prévenu samedi l’ONU. Les opérations de secours sont en outre compliquées par les dégâts subis par les hôpitaux et autres infrastructures sanitaires, ainsi que par les routes et les réseaux de communication.La Chine, l’Union européenne, l’Inde ou les Etats-Unis ont aussi décidé de prêter main forte, répondant à l’appel du chef de la junte Min Aung Hlaing, dans une rare signe d’ouverture envers la communauté internationale.- Cessez-le-feu partiel -Du côté des adversaires du pouvoir, des combattants anti-junte ont déclaré samedi un cessez-le-feu partiel de deux semaines à partir de dimanche, a annoncé le Gouvernement d’unité nationale (NUG), un organe d’opposition fondé par d’anciens députés du parti pro-démocratie d’Aung San Suu Kyi pour beaucoup en exil.Les généraux n’ont pas suspendu leur offensive aérienne pour le moment: un groupe rebelle de l’Etat Shan, l’Armée de libération du peuple Danu, a signalé auprès de l’AFP la mort de sept combattants à la suite d’un bombardement intervenu peu après le séisme.A près de mille kilomètres de Mandalay, à Bangkok, des secours espèrent toujours extraire vivants des ouvriers du site de la tour de trente étages en construction qui s’est effondrée.L’opération a mobilisé de grosses pelleteuses mécaniques, des chiens renifleurs et des drones à imagerie thermique pour repérer des signes de vie.La secousse, extrêmement rare à Bangkok, a également provoqué des fissures et fragilisé la structure de nombreux bâtiments. Au moins 18 personnes ont été tuées dans la capitale thaïlandaise, ont annoncé dimanche en fin d’après-midi les autorités municipales, tandis que 78 sont toujours portées disparues.La plupart des morts sont des ouvriers tués dans l’effondrement de l’immeuble de construction dans le quartier de Chatuchak, proche d’un marché prisé des touristes.burx-ah-vgu/mm/ybl/lrb

Aftershocks rattle Myanmar as rescuers search for survivors

Rescuers braved aftershocks to scour the devastated city of Mandalay for survivors on Monday, after a massive earthquake killed at least 1,700 people in Myanmar and at least 18 in neighbouring Thailand.The initial 7.7-magnitude quake struck near the central Myanmar city of Mandalay Friday afternoon, followed minutes later by a 6.7-magnitude aftershock.The tremors collapsed buildings, …

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