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Crimes en RDC: l’ex-rebelle congolais Lumbala à l’heure du verdict

La cour d’assises de Paris rend lundi soir son verdict contre l’ex-chef rebelle congolais Roger Lumbala qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour les atrocités commises par ses soldats dans l’est de la République démocratique du Congo en 2002-2003. Vendredi, l’accusation a réclamé cette peine, le maximum prévu pour complicité de crimes contre l’humanité. Détenu depuis cinq ans à Paris, Roger Lumbala, 67 ans, a refusé jour après jour d’assister aux débats. Il dénie toute légitimité à la justice française et dénonce une instruction à charge, non pas en quête de vérité mais “à la recherche de la culpabilité”, selon l’ultime message quotidien de refus de comparaître envoyé lundi à la cour par cet homme, éphémère ministre dans son pays en 2004.Viols utilisés comme armes de guerre, esclavage sexuel, travail forcé, tortures, mutilations, exécutions sommaires, pillage systématique, racket, captation des ressources (diamants, coltan…): durant un mois, la cour a écouté le récit d’exactions commises lors de l’offensive “Effacer le tableau”, menée contre une faction rivale dans le nord-est du pays par le RCD-N, le groupe rebelle de Roger Lumbala. Soutenu par l’Ouganda voisin, celui-ci était allié au MLC de l’actuel ministre congolais des Transports, Jean-Pierre Bemba.A l’instar de procès passés sur le génocide des Tutsi au Rwanda, la première guerre civile au Liberia ou les exactions du régime syrien de Bachar al-Assad, Roger Lumbala est poursuivi au titre de la compétence universelle que s’octroie sous certaines conditions la France pour les crimes contre l’humanité. Ce procès est jugé “historique” par les organisations de défense des droits humains qui espèrent que le verdict mettra à mal le sentiment d’impunité de belligérants qui, depuis 30 ans, guerroient dans l’est de la RDC, avec l’implication de pays voisins comme le Rwanda ou l’Ouganda, et avec comme objectif principal le contrôle des ressources minières et naturelles. Ces guerres, dont le bilan est impossible à établir, ont fait des millions de morts et de déplacés. Au moment où le procès Lumbala se tient, l’accord “pour la paix” entériné début décembre à Washington demeure lettre morte et la région reste le théâtre d’affrontements, entre le M23, groupe soutenu par Kigali, et l’armée congolaise appuyée par les forces burundaises. Trois chefs de guerre, Thomas Lubanga, Germain Katanga et Bosco Ntaganda, ont certes été condamnés entre 2012 et 2021 par la Cour pénale internationale. Mais aucune cour nationale d’un pays s’octroyant la compétence universelle n’a jusqu’à présent condamné pour des atrocités commises dans l’est de la RDC, relèvent les ONG.- “Une des têtes pensantes” – L’opération “Effacer le tableau” s’inscrit dans cette longue succession de combats entre multiples factions. Selon Hervé Cheuzeville, un travailleur humanitaire alors sur place, elle fut “un paroxysme d’horreur”, “une orgie sans précédent de violences et de pillages”.Les faits examinés par la cour d’assises depuis le 12 novembre ne sont que “la partie émergée de l’iceberg” des atrocités même si elles en sont “un échantillon représentatif”, selon l’un des avocats des parties civiles, Henri Thulliez. Durant le procès, un homme a ainsi expliqué comment son frère avait été amputé de l’avant-bras puis exécuté après avoir été incapable de manger son oreille sectionnée; des femmes ont livré le récit de viols par des soldats, souvent collectifs et sous les yeux de parents, d’époux, d’enfants.Les victimes étaient majoritairement nande ou pygmées bambuti, groupes ethniques accusés par les assaillants de pencher du côté d’une faction rivale.  Et Roger Lumbala fut bien “l’une des têtes pensantes” de l’offensive, il avait “une position d’autorité” sur ses troupes, selon le Parquet national antiterroriste (Pnat) qui a balayé l’autoportrait d’un simple politique sans prise sur les combattants, brossé par l’accusé pendant l’enquête. Selon les avocats généraux, cet “opportuniste”, qui posait volontiers en uniforme et se vantait dans la presse des conquêtes de ses soldats, les a non seulement laissé commettre leurs crimes mais y a “directement participé”, certes pas sur le front, mais en leur fournissant notamment munitions et armes, financées par le racket de la population. 

“Qu’est ce qu’on va devenir?”: au collège incendié de Dijon, des parents “choqués”

C’est un “coup d’arrêt dans leur éducation”: des parents inquiets et choqués dénonçaient lundi l’incendie vraisemblablement criminel qui rend impraticable le collège de leur enfants, dans un quartier sensible de Dijon.Une dizaine d’entre eux se sont réunis dans la matinée devant le lycée Jean-François Champollion, en plein coeur du quartier des Grésilles, avant une visite des ministres de l’Intérieur et de l’Education, pour savoir comment va s’organiser la rentrée en janvier.”On nous dit qu’on sera reçus plus tard dans un gymnase plus loin, pas ici, car ils attendent des ministres”, s’emporte Nadia, la mère d’un élève de 6ème, qui ne souhaite pas donner son nom de famille. “Mais c’est nous, les parents, qu’il faut recevoir !”.”En tant que maman je m’inquiète”, poursuit-elle en expliquant avoir pris une journée pour rester avec son fils très touché par la situation. Samedi matin, il était “au bord des larmes” quand il a appris que son collège avait brûlé.”C’est un coup d’arrêt dans leur éducation”, lâche-t-elle, en s’interrogeant pour la suite. “Je sais juste que jeudi et vendredi, ils vont avoir cours en distanciel, mais après les vacances qu’est-ce qu’on va devenir ?””On est stressé par rapport à tout ce qui se passe dans le quartier”, ajoute Pascaline, mère d’un élève de 3e, qui souhaite aussi rester anonyme. “Comment rassurer nos propres enfants si nous, on est angoissé. Comment leur apporter des réponses, si on ne les a pas ?””C’est un quartier de voyous ici”, ajoute une autre maman, accompagnée de sa fille de 14 ans qui refuse de donner son prénom : “ce serait dangereux pour elle et pour moi”.”C’est inadmissible, on a brûlé un lieu sacré. Et c’est la 4e fois parce que il y a eu l’école primaire, la médiathèque deux fois, et là le collège”, s’emporte-t-elle. “Ma fille n’est pas en sécurité. L’année dernière, ils ont tiré des mortiers sur le collège!”Cette mère célibataire se dit “choquée”.  “J’ai pleuré quand ma fille m’a dit pour l’incendie et qu’elle m’a demandé : comment on va faire?”Dans la nuit de vendredi à samedi, un incendie a provoqué d’importants dégâts dans un bâtiment du collège, qui ne pourra pas rouvrir avant plusieurs mois. Le préfet et plusieurs responsables politiques ont estimé qu’il existait un lien entre l’incendie et le récent travail des forces de l’ordre pour mettre un terme au trafic de drogue qui sévit dans le quartier. 

Dermatose: “la discussion est ouverte”, mais la stratégie pas remise en cause, selon Genevard

La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a ouvert la porte lundi à une éventuelle évolution de la procédure en vigueur pour gérer la dermatose nodulaire contagieuse, vivement critiquée par une partie des agriculteurs, tout en défendant sa politique sanitaire.Interrogée sur France 2 sur la possibilité d’une suspension de la procédure en vigueur, et notamment de l’abattage systématique des troupeaux affectés, elle a répondu: “La discussion est ouverte sur ce point et je ne veux pas vous donner de réponse catégorique aujourd’hui, parce ce temps de dialogue est indispensable et il faut pouvoir y associer les professionnels”.La ministre a toutefois défendu la politique sanitaire en vigueur, affirmant que la situation était à l’heure actuelle “sous contrôle”.Le ministère a précisé à l’AFP dans la matinée que si les modalités d’éradication du virus pouvaient être discutées, rien ne changeait à ce stade : “En attendant l’avis scientifique sur un protocole allégé (prôné par plusieurs syndicats, NDLR), la stratégie française ne bouge pas”. La stratégie mise en place implique l’abattage de toutes les bêtes des élevages affectés, des restrictions de mouvements des troupeaux et une “vaccination d’urgence” des bovins sur 50 km à la ronde. La zone de vaccination a récemment été élargie dans le sud de la France.”Ce que la science et les vétérinaires nous disent, ce que les pays étrangers ont appliqué, c’est trois piliers: le dépeuplement (l’abattage, NDLR), la vaccination et la restriction de mouvement”, a de nouveau insisté la ministre lundi. Mais cette méthode est vivement contestée par des éleveurs et des syndicats, comme la Coordination rurale et la Confédération paysanne, et les actions se multiplient dans le pays et en particulier dans le Sud-Ouest.”Le dialogue est ouvert avec la profession. (…) Notre responsabilité collective, (celle des) organisations syndicales, professionnelles, avec les vétérinaires, avec les scientifiques, c’est de dire ensemble, +déterminons comment on lutte au mieux contre cette maladie+”, a ajouté la ministre. “Bien sûr, il y a de l’angoisse parce que chacun s’imagine que le virus est à la porte de leur bâtiment d’élevage. Mais non, la situation est contrôlée aujourd’hui”, a voulu rassurer Annie Genevard, qui se rendra dans la journée à Toulouse pour dialoguer avec des éleveurs et lancer une opération de vaccination du bétail. “Je pense qu’il faut bien que chacun ait conscience que l’ennemi c’est le virus, et que d’abord il doit y avoir le respect des consignes”, a-t-elle répété.Du 29 juin au 13 décembre 2025, 111 foyers de dermatose nodulaire contagieuse ont été détectés en France, selon le ministère de l’Agriculture.

Trafic de cocaïne: le procès d’Abdelkader Bouguettaia s’est ouvert à Lille

Le procès du narcotrafiquant présumé Abdelkader Bouguettaia, jugé pour des importations de cocaïne de grande ampleur en France, s’est ouvert lundi à Lille, plusieurs années après ses condamnations, en son absence, à des peines allant jusqu’à 15 ans de prison.Lunettes aux verres épais sur le nez, Abdelkader Bouguettaia, 38 ans, est apparu dans son box aux alentours de 9H30, le crâne rasé et habillé d’un pull blanc.Celui qui est surnommé “Bibi” a été condamné en 2022, 2023 et 2024 à Lille, deux fois à neuf ans et une fois à 15 ans de réclusion criminelle, pour des importations de cocaïne ayant eu lieu entre 2019 et 2021.Mais ces procès se sont tenus en son absence, car il résidait à l’époque à Dubaï.Après son extradition en juin de cette année vers la France, il n’a pas acquiescé à ces condamnations, ouvrant la voie à de nouveaux procès, regroupés en un seul sur trois jours devant la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Lille.”Bibi” est soupçonné d’avoir longtemps coordonné l’importation de cocaïne au Havre, sa ville natale, avant de rejoindre Dubaï fin 2019, d’où il aurait continué à piloter le trafic.L’ouverture son procès a attiré quelques dizaines de journalistes, soumis au passage par deux portiques de sécurité puis au déminage de leur matériel, scruté par deux chiens.La presse a reçu consigne de ne citer aucun nom de magistrat ni même d’avocat, une mesure rarissime. L’une des avocates de M. Bouguettaia a demandé à un dessinateur de presse de ne pas croquer son client de manière reconnaissable.Les trois dossiers rejugés à Lille portent sur plusieurs saisies de cocaïne au port du Havre, pour un total de plus de 2 tonnes de drogue, rappelle un dossier de presse du parquet de Lille.- Rétractation de témoin -Dans chacun de ces dossiers, les investigations ont permis d’identifier Abdelkader Bouguettaia comme l’un des principaux commanditaires de ces importations.Dans l’un des dossiers, portant sur la découverte de 141 kgs de cocaïne en février 2019, un témoin a identifié “deux commanditaires, dont Abdelkader Bouguettaia”, avant de se rétracter en 2021, selon le parquet. “Les enquêteurs ont établi qu’Abdelkader Bouguettaia l’avait contacté via une messagerie cryptée pour lui proposer une somme d’argent substantielle en échange du retrait de ses accusations”, précise cette source.Certaines de ces importations étaient effectuées via “des cargaisons légales de gélatines de boeuf et de lames de bois en provenance d’Amérique du Sud, notamment du Brésil”, ou encore “dans un conteneur de miettes de thon sous vide en provenance d’Equateur”.Un de ses collaborateurs présumés avait affirmé, lors d’un interrogatoire dont l’AFP a pu lire le procès-verbal, que M. Bouguettaia était associé avec un haut responsable de la distribution de cocaïne aux Pays-Bas et qu’il gérait la “réception de la marchandise” au Havre, ainsi qu’à Paris et à Anvers, en Belgique.M. Bouguettaia a en outre été mis en examen en juin à Paris, notamment pour “importation de stupéfiants en bande organisée en récidive” dans une autre affaire, portant sur l’importation d’un conteneur contenant 2,5 tonnes de cocaïne arrivé au Havre depuis la Colombie.

Procès Péchier: “Il faut des preuves”, martèle la défense

“Il faut des preuves”: Après le rouleau compresseur de l’accusation, qui a requis la perpétuité contre Frédéric Péchier, la défense de l’anesthésiste de Besançon est entrée en scène lundi avec une plaidoirie destinée à instiller le doute et arracher l’acquittement.”C’est le procès d’une vie”, a confié quelques minutes avant de prendre la parole Randall Schwerdorffer, qui assure la défense de l’anesthésiste – épaulé par Julie Péchier, avocate et sœur de l’accusé.Silhouette imposante et chevelure de jais, l’avocat a débuté sa plaidoirie à 9H15 devant la cour d’assises du Doubs pour porter la voix et la version du médecin de 53 ans.La question “ce n’est pas : +est-ce que Frédéric Péchier nous plaît, ne nous plaît pas, est-ce qu’il pleure ou ne pleure pas+”, a déclaré son avocat en référence au manque d’empathie qui a été reproché à son client.”Il faut des preuves”, a-t-il martelé. “On n’est pas là pour préjuger quelqu’un, on est là pour le juger”, selon le conseil qui en appelle à l'”impartialité” des jurés.Il a établi un parallèle entre Frédéric Péchier et Patrick Dils, qui a passé 15 ans de détention pour les meurtres de deux enfants commis en 1986 à Montigny-lès-Metz (Moselle) avant d’être acquitté en appel.Accusé d’avoir empoisonné 30 patients – dont 12 sont morts – au bloc opératoire, entre 2008 et 2017 dans deux cliniques de Besançon, Frédéric Péchier, qui comparaît libre depuis le 8 septembre, n’a cessé de clamer son innocence, a rappelé son conseil.Son défenseur veut tenter d’obtenir des six jurés populaires et des trois magistrats professionnels un acquittement.Après sa plaidoirie, la parole sera donnée une dernière fois à l’accusé, puis la cour d’assises du Doubs se retirera pour délibérer. Elle rendra son verdict d’ici à vendredi.La semaine dernière, au terme d’un réquisitoire fleuve de plus de dix heures d’une rare intensité, les deux avocates générales Thérèse Brunisso et Christine de Curraize ont requis la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 22 ans, à l’encontre de celui qu’elles ont qualifié de “tueur en série” aux crimes “hautement pervers”. Frédéric Péchier est “l’un des plus grands criminels de l’histoire”, il “a utilisé la médecine pour tuer”, ont-elles asséné.- “L’imposture Péchier” -Jamais Frédéric Péchier n’a flanché malgré les assauts répétés et implacables du ministère public.”Je maintiendrai toujours que je ne suis pas l’empoisonneur”, a une ultime fois soutenu l’accusé lors de son dernier interrogatoire sur les faits.  Depuis plus de trois mois, les débats de la cour d’assises ont passé en revue l’enquête de police, les expertises médicales et les témoignages émouvants des victimes présumées et de leurs familles, défendues par 27 avocats.Selon le duo de magistrates de l’accusation, le praticien introduisait, sans se faire remarquer, du potassium, des anesthésiques locaux, de l’adrénaline ou encore de l’héparine dans des poches de perfusion. Ces poches empoisonnées étaient ensuite perfusées aux patients, ce qui déclenchait des arrêts cardiaques ou des hémorragies incompréhensibles pour les soignants. L’empoisonneur cherchait ainsi à nuire à des médecins avec qui il était en conflit et “nourrir sa soif de puissance”, selon le ministère public.Une démonstration saluée par les avocats des parties civiles, qui pendant les trois mois d’audience ont exhorté l’accusé à avouer, en vain. “Douze morts, dix-huit rescapés, je crois qu’on ne pouvait pas requérir autre chose” que la perpétuité, a noté Me Stéphane Giuranna.Pour son confrère Frédéric Berna, à présent que les avocates générales ont “définitivement débusqué l’imposture Péchier”, les “écrans de fumée de la défense” ne pourront plus “faire échapper Péchier à la vérité judiciaire”.Pour être “bien condamné”, l’accusé doit être “bien défendu”, a reconnu le conseil. “Je ne doute pas qu’il le sera, mais encore une fois, j’espère que la défense aura la dignité de sortir de la position d’imposture qu’elle a eue jusque-là”.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Les deux seuls pandas du Japon seront renvoyés en Chine en janvier, selon des médias

Les deux pandas du zoo de Tokyo, les seuls présents au Japon, seront renvoyés en Chine en janvier, ont rapporté lundi des médias nippons, ce qui pourrait priver le Japon de ces animaux emblématiques pour la première fois en un demi-siècle.Prêtés dans le cadre du programme chinois de “diplomatie du panda”, ces animaux symbolisent l’amitié entre Pékin et Tokyo depuis la normalisation des relations diplomatiques en 1972.Le Japon ne compte actuellement que deux pandas – Lei Lei et Xiao Xiao – au Jardin zoologique de Tokyo, dans le quartier d’Ueno.Ces jumeaux devraient être rapatriés un mois avant l’expiration de leur période de prêt en février, ont indiqué le quotidien Asahi et d’autres médias.La ville de Tokyo avait demandé que ces mammifères extrêmement populaires restent au zoo où ils attirent des foules considérables, mais la Chine n’a pas accepté, selon le quotidien économique Nikkei.La mairie de Tokyo, contactée par l’AFP, s’est refusée à tout commentaire.Le quotidien Asahi rapporte également que Tokyo cherche séparément à obtenir le prêt d’un nouveau couple, bien que leur arrivée avant le retour de Lei Lei et Xiao Xiao semble improbable.Les relations entre les deux plus grandes économies d’Asie se sont brusquement raidies après que la nouvelle Première ministre conservatrice du Japon, Sanae Takaichi, a laissé entendre que Tokyo pourrait intervenir militairement en cas d’attaque contre Taïwan.Cette déclaration a provoqué l’ire de Pékin, qui revendique l’île comme partie intégrante de son territoire et n’exclut pas de s’en emparer par la force.Le zoo d’Ueno bénéficie depuis longtemps de la diplomatie du panda, ayant coopéré avec des établissements en Chine et aux Etats-Unis pour la reproduction de pandas géants.Lei Lei et Xiao Xiao sont nés en 2021 de leur mère Shin Shin, arrivée en 2011 et renvoyée en Chine l’an dernier.La reproduction des pandas en captivité est extrêmement complexe en raison de leurs difficultés à s’accoupler, de la fréquence chez eux des grossesses nerveuses et du taux élevé de mortalité des nouveau-nés.

Dermatose: la ministre de l’Agriculture attendue dans le Sud-Ouest, où les actions se multiplient

La ministre de l’Agriculture Annie Genevard se rend lundi à Toulouse pour défendre sa gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) contre laquelle des agriculteurs en colère bloquent des autoroutes et axes de grand passage dans le sud-ouest.Alors que la crise sanitaire menace de devenir politique, la ministre, a affirmé lundi matin que “la situation est sous contrôle”. Elle doit se rendre en Haute-Garonne dans l’après-midi “afin de lancer la campagne de vaccination” d’un million de bêtes, destinée à endiguer cette maladie dans le Sud-Ouest.A Carbonne, tout près de Toulouse, où elle est attendue notamment à la préfecture pour une “réunion de crise sur la situation sanitaire et la campagne vaccinale”, une vingtaine d’agriculteurs ont passé la nuit sur un barrage installé sur l’A64 depuis vendredi.”On attend d’être reçus et surtout d’être entendus” par la ministre, a déclaré à l’AFP Frédéric Meynard, céréalier, sur le blocage où une affiche proclame “Ici continue le pays de la résistance agricole.A Cestas, près de Bordeaux, c’est l’autoroute A63 qui pour la première fois a été bloquée tard dimanche soir. Les glissières ont été rapidement démontées, les braseros se sont mis à crépiter, les vivres rapidement installés, dont des dizaines de saucisses grésillant sur des planchas, sous des barnums situés sous le pont autoroutier”Mon devoir est aussi de protéger 125.000 autres éleveurs qui ne veulent pas voir arriver la maladie chez eux, et de préserver 16 millions de bovidés”, a déclaré la ministre à L’Opinion.”La vaccination dans les zones concernées et dans le cordon qui les entoure, mesure centrale et déterminante pour enrayer la propagation de la maladie, constitue aujourd’hui le principal horizon d’espoir pour les éleveurs bovins”, affirme le ministère, soutenu par l’alliance syndicale majoritaire FNSEA-Jeunes Agriculteurs.La stratégie mise en place implique l’abattage de toutes les bêtes des foyers affectés, des restrictions de mouvements des troupeaux et une “vaccination d’urgence” des bovins sur 50km à la ronde.Mais cette méthode est vivement contestée par des éleveurs et d’autres syndicats, comme la Coordination rurale et la Confédération paysanne, et les actions se multiplient dans le Sud-Ouest, comme le blocage de routes.Dimanche, 27 actions ont été recensées en fin d’après-midi, rassemblant un peu plus de 1.000 agriculteurs, selon le ministère de l’Intérieur. La sous-préfecture de Millau (Aveyron) a été recouverte de paille, lisier et pneus usagés, tandis que l’A64 était bloquée depuis vendredi soir sur plus d’une centaine de kilomètres du Pays basque à l’est de Tarbes par des dizaines de tracteurs.- “Le compte n’y est pas” -“On sait que la ministre se déplace et on fera quelque chose pour lui confirmer notre volonté que cette politique sanitaire d’abattage total s’arrête”, a dit à l’AFP Emilie Deligny, secrétaire générale de la Confédération paysanne.Ce syndicat dit porter “toujours le même message”, qui est la demande d'”élargissement de la vaccination et l’arrêt des abattages totaux”.”On est en lien plus ou moins avec la ministre pour lui porter nos revendications mais ça n’avance pas à la vitesse que l’on voudrait”, déplore Emilie Deligny.La DNC, non transmissible à l’humain, est apparue en France en juin, en Savoie. Elle s’est depuis développée dans le Sud-Ouest après la détection d’un foyer dans un élevage de l’Ariège, le 9 décembre, où plus de 200 vaches ont été abattues malgré la mobilisation de manifestants.Du 29 juin au 13 décembre 2025, 111 foyers ont été détectés en France, selon le ministère : Savoie (32), Haute-Savoie (44), Ain (3), Rhône (1), Jura (7), Pyrénées-Orientales (20), Doubs (1), Ariège (1), Hautes-Pyrénées (1) et Haute-Garonne (1).Des responsables politiques, du Rassemblement national à LFI, ont critiqué ce weekend la gestion du gouvernement face à la colère montante d’une partie des agriculteurs. La présidente socialiste de la région Occitanie, Carole Delga, a adressé dimanche une lettre ouverte au Premier ministre Sébastien Lecornu, lui demandant “d’intervenir afin de garantir, dans les plus brefs délais, un dialogue franc et sincère avec les agriculteurs”.D’autres dossiers brûlants comme la baisse annoncée du budget de la Politique agricole commune (PAC) européenne et l’accord de libre-échange prévu entre l’UE et les États du Mercosur alimentent aussi la colère des agriculteurs.Emmanuel Macron a demandé à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen “un report de l’examen de l’accord” par les États membres de l’UE, constatant que “le compte n’y est pas pour protéger les agriculteurs français”, a indiqué dimanche soir l’entourage présidentiel. Mme von der Leyen souhaite parapher l’accord avec l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et le Paraguay samedi prochain lors d’un sommet Mercosur au Brésil. Un feu vert préalable des États membres est nécessaire.

La mère du journaliste français Christophe Gleizes a adressé une demande de grâce au président algérien

La mère du journaliste sportif français Christophe Gleizes, condamné début décembre en Algérie à sept ans de prison ferme en appel, a transmis une demande de grâce au président algérien Abdelmadjid Tebboune, selon une lettre consultée lundi par l’AFP.”Je vous demande respectueusement de bien vouloir envisager de gracier Christophe, afin qu’il puisse retrouver sa liberté et sa famille”, écrit Sylvie Godard dans cette missive du 10 décembre, assurant faire appel à la “haute bienveillance” du président algérien. Le journaliste de 36 ans a par ailleurs formé un pourvoi en cassation contre sa condamnation pour obtenir un nouveau procès, ont fait savoir ses avocats dimanche.Collaborateur des magazines français So Foot et Society, Christophe Gleizes a été arrêté le 28 mai 2024 en Algérie où il s’était rendu pour un reportage sur le club de football le plus titré du pays, la Jeunesse Sportive de Kabylie (JSK), basé à Tizi-Ouzou, à 100 kilomètres à l’est d’Alger.Le 3 décembre 2025, la Cour d’appel de Tizi-Ouzou a confirmé sa condamnation à sept ans de prison pour “apologie du terrorisme”. La justice algérienne lui reproche des contacts avec des personnes liées au mouvement séparatiste MAK (Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie), classé terroriste en Algérie.”La confirmation de la condamnation à sept années de prison ferme a été pour Christophe, comme pour moi et ma famille, un choc immense”, indique Mme Godard dans sa lettre au chef de l’État algérien, qu’elle dit écrire “avec gravité et une profonde émotion”. “Cette sentence nous est incompréhensible au regard des faits et du parcours de mon fils”, développe-t-elle. “Nulle part dans aucun de ses écrits vous ne trouverez trace d’un quelconque propos hostile à l’Algérie et à son peuple.”Deux jours après la décision en appel, le président français Emmanuel Macron avait jugé “excessif” et “injuste” le jugement prononcé contre Christophe Gleizes, se disant déterminé à trouver “une issue favorable”.- “Grave injustice” -Dans un communiqué publié lundi, l’association Reporters sans frontières (RSF), qui coordonne le comité de soutien de Christophe Gleizes, appuie cette demande de grâce “afin de mettre fin à une grave injustice”.”Nous appelons désormais les autorités algériennes à prendre rapidement la seule décision possible dans ce dossier : libérer Christophe et lui permettre de retrouver les siens le plus rapidement possible”, détaille Thibaut Bruttin, directeur général de l’association, cité dans le communiqué. M. Gleizes est actuellement le seul journaliste français en détention à l’étranger.Sa condamnation en première instance en juin 2025 avait été prononcée au pic d’une grave crise diplomatique entre la France et l’Algérie, marquée notamment par le retrait des deux ambassadeurs et des expulsions réciproques de diplomates.Mais les relations bilatérales avaient semblé en voie d’apaisement après l’octroi d’une grâce et la libération par Alger de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, le 12 novembreSelon son avocat français Emmanuel Daoud, Christophe Gleizes a, parallèlement au recours en grâce et au pourvoi en cassation, la possibilité d’adresser une demande de mise en liberté à la Cour Suprême, qui peut s’accompagner “d’une demande d’aménagement de sa peine”.”Il est aussi très important, psychologiquement, pour Christophe, de contester toute culpabilité car, comme il l’a dit à la Cour, il n’a fait que son métier et n’a, en aucune façon, enfreint la déontologie journalistique”, assure l’avocat, cité dans le communiqué publié lundi.