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“Comme vivre en enfer” : à Mandalay en Birmanie, un monastère bouddhiste dévasté par le séisme

“Cela me rend triste de les voir détruits” : U Wayama, moine bouddhiste aux cheveux grisonnants, constate les dégâts sur les bâtiments de son monastère de Mandalay en Birmanie, proche de l’épicentre du séisme qui a tué au moins 2.700 personnes dans ce pays déjà en proie à la guerre civile.Autour de lui s’affairent des correligionnaires plus jeunes, vêtus d’un simple tissu cramoisi et de sandales, occupés à déblayer des tas de débris.Par équipe de deux, les moines enveloppent des restes de briques écroulées dans de grandes bandes de tissus, jetant les gravats de côté pour laisser passer les gens.”Cela me rend triste de voir des dégâts ailleurs aussi”, confie-t-il.Les experts anticipent des milliers de morts supplémentaires par rapport au bilan établi par le chef de la junte à près de 3.000 morts, car la faille de Sagaing, à l’origine du séisme, traverse des régions parmi les plus peuplées du pays, avec des villes comme Naypyidaw et Mandalay, la deuxième du pays.- “Comme vivre en enfer” -La guerre civile, qui a déjà mis à genoux les infrastructures vitales et fracturé le pays où sont actifs des dizaines de groupes armés de minorités ethniques et d’opposants politiques, complique aussi la collecte d’informations et le travail des secours locaux et étrangers.Nyo Nyo San était dans le monastère de Mandalay vendredi.Lorsque le séisme a éclaté, elle est restée sur place, pensant qu’il ne s’agissait que de petites secousses comme elle en avait déjà ressenti dans le passé.”Mais cette fois, le tremblement de terre était beaucoup plus fort, et des briques tombaient autour du monastère”, raconte-t-elle.”C’était comme vivre en enfer et j’ai couru pour m’échapper à l’extérieur”.Nyo Nyo San prévoit bientôt de retourner chez elle, dans son village.- “Rentrer chez moi après-demain”-Mais le trajet l’oblige à passer par la région de Sagaing, qui est également l’une des plus touchées par le conflit civil qui a éclaté en 2021 après le coup d’Etat de la junte.Elle explique que “le pont de Sagaing est effondré”, et que les routes sont “détruites”.”J’espère pouvoir rentrer chez moi après-demain”, lâche-t-elle pourtant.A Mandalay, des centaines de personnes dorment encore dans des tentes et sous des bâches en plein air, incertaines de savoir quand elles pourront retourner dans un abri permanent.Dans la capitale Naypyidaw, un jeune d’une vingtaine d’années a été extrait des décombres d’un hôtel en ruines vers 00H30 locales mercredi (18H00 GMT mardi), par une équipe de secouristes birmans et turcs. Une sexagénaire avait été secourue mardi matin, toujours à Naypyidaw, après avoir été piégée pendant 91 heures, ravivant les espoirs pour les proches des disparus.

Des policiers de la Brav-M jugés pour violences en marge d’une manifestation

Plusieurs policiers de la Brav-M sont jugés jeudi par le tribunal correctionnel de Bobigny pour des violences à l’encontre de deux personnes, en marge d’une manifestation en mars 2023 à Paris.Deux gardiens de la paix de la brigade de répression de l’action violente motorisée (Brav-M) ont été renvoyés devant la justice par le parquet pour des faits de violences par personne dépositaire de l’autorité publique et menaces de violences réitérées envers un étudiant tchadien. Six autres policiers de la brigade vont comparaître sur demande de Souleyman Adoum Souleyman et d’une autre étudiante, arrêtée elle aussi à Paris, via le mécanisme de citation directe qui permet à une victime de saisir directement le tribunal. Dans la nuit du 20 au 21 mars 2023, des membres de la Brav-M (Brigade de répression de l’action violente motorisée) avaient interpellé sept jeunes, soupçonnés d’avoir pris part à des dégradations dans un cortège sauvage dans le centre de Paris lors du mouvement de contestation de la réforme des retraites.L’un des interpellés avait alors discrètement enregistré les échanges avec les policiers.Dans l’enregistrement audio révélé dans la presse trois jours après les faits, on entend plusieurs menaces lancées à l’étudiant étranger, particulièrement visé parmi les sept personnes arrêtées au cœur de la capitale par la brigade. “La prochaine fois qu’on vient, tu monteras pas dans le car pour aller au commissariat, tu vas monter dans un autre truc qu’on appelle ambulance pour aller à l’hôpital”, lance notamment un policier à Souleyman Adoum Souleyman.Suite aux révélations médiatiques, le préfet de police Laurent Nuñez s’était dit “très choqué”, jugeant “inacceptables” ces propos qui, “déontologiquement, posent des problèmes très graves”.”Le parquet ne poursuit que deux personnes alors que d’autres avaient commis aussi des violences, des injures, et que finalement, tout l’équipage de la BRAV-M présent ce jour-là participe, peu ou prou, aux actes de violence à caractère raciste”, a indiqué Me Arié Alimi pour expliquer la motivation des citations directes pour “violences à caractère racial et complicité d’agressions sexuelles.”L’avocat des deux étudiants veut “démontrer que la BRAV-M est en soi une brigade illégitimement violente, constituée par et pour la violence illégale”.L’avocate des policiers poursuivis n’a pas pu être jointe en amont de l’audience.La préfecture de police de Paris a indiqué que “les policiers impliqués ont écopé, à l’issue de la procédure administrative, d’une exclusion temporaire de fonction de trois jours pour le premier concerné, d’un blâme pour le second et d’un avertissement pour le troisième.”

L’Assemblée s’empare de la sensible réforme du scrutin à Paris, Lyon et Marseille

Modifier le mode d’élection à Paris, Lyon et Marseille à un an des municipales : une gageure, tant le sujet est épineux, et les oppositions nombreuses, y compris au sein de la coalition gouvernementale. Mais alors que le sujet fait ses premiers pas à l’Assemblée mercredi, les défenseurs du texte veulent croire au succès d’une réforme “populaire”.La commission des lois doit examiner dans la matinée une proposition de loi initialement portée par le député Sylvain Maillard, ancien président du groupe Renaissance, et chef des macronistes à Paris. Son arrivée dans l’hémicycle est prévue en début de semaine prochaine.Le texte a le soutien du Premier ministre, à défaut d’avoir celui de Bruno Retailleau, qui se fait en cela l’écho des sénateurs LR dont il était encore il y a peu le chef. Selon les promoteurs de la proposition de loi, les sénateurs LR de Paris rejettent une réforme qui fragiliserait leur réélection.Pour l’essentiel, elle prévoit d’instaurer deux scrutins distincts pour les trois métropoles, l’un pour élire les conseillers d’arrondissement ou de secteur, l’autre pour élire ceux du conseil municipal, sur une circonscription unique.Actuellement, les électeurs votent dans chaque arrondissement pour une liste de conseillers d’arrondissement, et les élus du haut de la liste siègent à la fois au conseil d’arrondissement et au conseil municipal.Un mode de scrutin décrié, qui peut aboutir à l’élection d’un maire ayant réuni une minorité de voix, et qui conduit à ce que l’élection se joue dans une poignée d’arrondissements clés.Dans ces trois villes, “tout se joue sur deux ou trois arrondissements, tout le reste ça ne compte pas”, ce qui conduit les maires à s’occuper “en priorité” des arrondissements qui les ont élus, explique M. Maillard à l’AFP. “On pense que c’est un problème démocratique”, ajoute-t-il, en défendant le principe, “un électeur, une voix”, et en soulignant le soutien dont bénéficie la réforme dans l’opinion.Le texte prévoit aussi de modifier la prime majoritaire de la liste arrivée en tête, en l’abaissant à 25%, plutôt que 50% comme c’est le cas actuellement dans l’ensemble des communes.- LR grand perdant ? -Mais les oppositions sont multiples, issues de la droite comme de la gauche hors LFI – le RN et les Insoumis se montrant plus enclins au changement, alors qu’ils n’ont quasiment pas d’élus dans ces villes. Les députés Léa Balage El Mariky (EELV), Sandrine Runel (PS) et Olivier Marleix (LR) ont ainsi déposé des amendements de suppression du principal article du texte.La porte-parole du groupe écologiste dénonce une “réforme précipitée, sources d’inégalités, de déséquilibres démocratiques et d’évidentes difficultés pratiques”.Sur le fond, certains s’étonnent notamment qu’une réforme prétendant rapprocher le scrutin municipal des trois villes de la règle commune opte pour une prime majoritaire spécifique. D’autres craignent une dilution du rôle des arrondissements.Et, sur la forme, beaucoup contestent la volonté de faire appliquer le texte dès 2026, alors que le code électoral prévoit qu’on ne puisse modifier le mode de scrutin ou le périmètre des circonscriptions moins d’un an avant le premier tour d’une élection.Désigné rapporteur du texte, le député MoDem Jean-Paul Mattei s’est efforcé de déminer le sujet en multipliant les rencontres, et en proposant des amendements de réécriture avec différents scénarios.Cet effort a contribué à décaler l’examen en commission, initialement prévu le 12 mars. Il a aussi conduit le président de la commission des Lois Florent Boudié (Renaissance) à demander au ministère de l’Intérieur des projections sur les conséquences des modifications envisagées, en se fondant sur les résultats de 2020.Résultat, selon ces projections consultées par l’AFP: un très net recul du nombre de sièges de LR, et une poussée des macronistes. A Paris par exemple, la droite aurait obtenu avec la réforme proposée par Sylvain Maillard 34 sièges de conseillers de Paris, contre 55, et les listes conduites par Agnès Buzyn et Cédric Villani 31 sièges, au lieu de 11.”On peut pas dire qu’il y ait un énorme consensus”, convient M. Mattei, qui ne désespère pas cependant de parvenir à une réforme qui s’applique dès 2026.

Les jeunes, angle mort de la lutte contre le gaspillage alimentaire en France

Entre des portions pas adaptées pour une vie en solitaire, un mode de vie qui rend difficile l’organisation des repas et parfois une précarité poussant à consommer des produits qui se conservent moins bien, les jeunes sont ceux qui gaspillent le plus de nourriture en France. Lors d’Etats généraux sur le gaspillage alimentaire organisés à l’Assemblée nationale mi-mars, l’ingénieure agronome spécialisée dans la consommation Pascale Hebel en fait le constat: 46% des 18-24 ans ont déjà jeté au moins une fois dans le mois un yaourt contre 28% des 45-54 ans et 8% des 65 ans et plus. Idem pour les biscuits: 35% des 18-24 ans contre 15% des 45-54 ans et 7% des 65 ans et plus, selon un panorama des tendances de consommation d’octobre 2024 réalisé par le cabinet qu’elle dirige, C-Ways.Une étude de l’application Too Good To Go publiée en mai 2024 affirmait pourtant que 8 étudiants sur 10 identifiaient l’anti-gaspi comme une solution pour l’environnement. Alors pourquoi les jeunes gaspillent ? Ce gâchis n’est bien souvent pas intentionnel. Parmi les raisons avancées: le petit budget de cette tranche d’âge, qu’ils soient étudiants ou jeunes actifs aux salaires de débutants. Selon une étude menée par C-Ways pour l’Observatoire des vulnérabilités alimentaires 2024 de la Fondation Nestlé, “58% des 18-24 ans sont en insécurité alimentaire”. Or, paradoxalement, “quand on est en difficulté, on jette plus”, relève Pascale Hebel.Il est parfois difficile de cuisiner faute d’équipement, explique-t-elle en soulignant que 20% des personnes en insécurité alimentaire n’ont par exemple pas de réfrigérateur. Pour Emmeline Vriest, co-fondatrice de l’association Aux Goûts du Jour, qui accompagne différents publics dans l’amélioration de leurs comportements alimentaires, les jeunes en situation de précarité peuvent se tourner vers “des aliments à bas prix et donc qui se conservent souvent moins bien”.A cela, s’ajoute un problème dans “les conditionnements des aliments qui ne sont pas forcément adaptés à la vie seule”, tels que le pain, premier produit alimentaire gaspillé, souligne-t-elle.Les derniers chiffres de l’Insee indiquent qu’en 2021, 22% des 20-24 ans vivent seuls dans leur logement. Et les colocataires ne partagent pas forcément leur repas.- Education -Une mauvaise organisation peut aussi jouer, avance une étude OpinionWay-Smartway (une start-up qui aide les distributeurs à éviter de jeter des invendus) sur les Français et le gaspillage alimentaire (réalisée en ligne en juin 2023 sur un échantillon de 1.008 personnes). Selon ce sondage, 42% des 18-24 ans déclarent jeter un produit en raison d’une date de péremption dépassée, contre 20% des 65 ans et plus, et 17% des plus jeunes jettent de la nourriture après avoir cuisiné en trop grande quantité, contre 8% des 65 ans et plus.Des jeunes témoignent de ces difficultés, à l’image d’Antsa qui s’est confiée à l’AFP dans la queue d’une distribution alimentaire organisée tous les jeudis dans le 20e arrondissement de Paris par l’association Linkee, qui récupère des denrées invendues auprès de magasins ou professionnels de l’événementiel et les distribue à des étudiants.Antsa doit jongler entre son travail d’équipière dans un McDo et ses études. “Je prends le temps de cuisiner mais il m’arrive souvent de devoir manger au travail. Alors ce que j’ai préparé reste à la maison et pourrit”, regrette l’étudiante en sciences politiques de 19 ans.Pour Emmeline Vriest, il est nécessaire que les politiques publiques s’adaptent à une jeunesse aux modes de vie et de consommation hétérogènes, qui ne se réduisent pas seulement aux fast-food et aux plats préparés. “On est face à une génération dont les plus précaires vont être tributaires des aides alimentaires et les plus aisés vont plus facilement consommer en restauration rapide livrée à domicile”, souligne l’ingénieure agroalimentaire. L’éducation alimentaire est à ses yeux un levier d’action essentiel qui ne doit pas se limiter à l’école. Elle est aussi “importante à l’âge adulte, surtout pour les jeunes qui sont dans un moment de transition, de première gestion d’un budget, après avoir quitté leur famille, leurs habitudes ne sont pas encore ancrées”, affirme-t-elle.

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Les jeunes, angle mort de la lutte contre le gaspillage alimentaire en France

Entre des portions pas adaptées pour une vie en solitaire, un mode de vie qui rend difficile l’organisation des repas et parfois une précarité poussant à consommer des produits qui se conservent moins bien, les jeunes sont ceux qui gaspillent le plus de nourriture en France. Lors d’Etats généraux sur le gaspillage alimentaire organisés à l’Assemblée nationale mi-mars, l’ingénieure agronome spécialisée dans la consommation Pascale Hebel en fait le constat: 46% des 18-24 ans ont déjà jeté au moins une fois dans le mois un yaourt contre 28% des 45-54 ans et 8% des 65 ans et plus. Idem pour les biscuits: 35% des 18-24 ans contre 15% des 45-54 ans et 7% des 65 ans et plus, selon un panorama des tendances de consommation d’octobre 2024 réalisé par le cabinet qu’elle dirige, C-Ways.Une étude de l’application Too Good To Go publiée en mai 2024 affirmait pourtant que 8 étudiants sur 10 identifiaient l’anti-gaspi comme une solution pour l’environnement. Alors pourquoi les jeunes gaspillent ? Ce gâchis n’est bien souvent pas intentionnel. Parmi les raisons avancées: le petit budget de cette tranche d’âge, qu’ils soient étudiants ou jeunes actifs aux salaires de débutants. Selon une étude menée par C-Ways pour l’Observatoire des vulnérabilités alimentaires 2024 de la Fondation Nestlé, “58% des 18-24 ans sont en insécurité alimentaire”. Or, paradoxalement, “quand on est en difficulté, on jette plus”, relève Pascale Hebel.Il est parfois difficile de cuisiner faute d’équipement, explique-t-elle en soulignant que 20% des personnes en insécurité alimentaire n’ont par exemple pas de réfrigérateur. Pour Emmeline Vriest, co-fondatrice de l’association Aux Goûts du Jour, qui accompagne différents publics dans l’amélioration de leurs comportements alimentaires, les jeunes en situation de précarité peuvent se tourner vers “des aliments à bas prix et donc qui se conservent souvent moins bien”.A cela, s’ajoute un problème dans “les conditionnements des aliments qui ne sont pas forcément adaptés à la vie seule”, tels que le pain, premier produit alimentaire gaspillé, souligne-t-elle.Les derniers chiffres de l’Insee indiquent qu’en 2021, 22% des 20-24 ans vivent seuls dans leur logement. Et les colocataires ne partagent pas forcément leur repas.- Education -Une mauvaise organisation peut aussi jouer, avance une étude OpinionWay-Smartway (une start-up qui aide les distributeurs à éviter de jeter des invendus) sur les Français et le gaspillage alimentaire (réalisée en ligne en juin 2023 sur un échantillon de 1.008 personnes). Selon ce sondage, 42% des 18-24 ans déclarent jeter un produit en raison d’une date de péremption dépassée, contre 20% des 65 ans et plus, et 17% des plus jeunes jettent de la nourriture après avoir cuisiné en trop grande quantité, contre 8% des 65 ans et plus.Des jeunes témoignent de ces difficultés, à l’image d’Antsa qui s’est confiée à l’AFP dans la queue d’une distribution alimentaire organisée tous les jeudis dans le 20e arrondissement de Paris par l’association Linkee, qui récupère des denrées invendues auprès de magasins ou professionnels de l’événementiel et les distribue à des étudiants.Antsa doit jongler entre son travail d’équipière dans un McDo et ses études. “Je prends le temps de cuisiner mais il m’arrive souvent de devoir manger au travail. Alors ce que j’ai préparé reste à la maison et pourrit”, regrette l’étudiante en sciences politiques de 19 ans.Pour Emmeline Vriest, il est nécessaire que les politiques publiques s’adaptent à une jeunesse aux modes de vie et de consommation hétérogènes, qui ne se réduisent pas seulement aux fast-food et aux plats préparés. “On est face à une génération dont les plus précaires vont être tributaires des aides alimentaires et les plus aisés vont plus facilement consommer en restauration rapide livrée à domicile”, souligne l’ingénieure agroalimentaire. L’éducation alimentaire est à ses yeux un levier d’action essentiel qui ne doit pas se limiter à l’école. Elle est aussi “importante à l’âge adulte, surtout pour les jeunes qui sont dans un moment de transition, de première gestion d’un budget, après avoir quitté leur famille, leurs habitudes ne sont pas encore ancrées”, affirme-t-elle.

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Birmanie: la junte annonce reprendre ses “activités” face aux rebelles

Un homme a été retrouvé vivant sous des décombres dans la nuit de mardi à mercredi en Birmanie, cinq jours après le tremblement de terre qui a tué au moins 2.700 personnes dans le pays en proie à la guerre civile, où la junte a déclaré reprendre “ses activités défensives” contre les groupes rebelles armés.Alors que plusieurs groupes rebelles ont annoncé suspendre les hostilités, le chef de la junte Min Aung Hlaing a promis de poursuivre les “activités défensives” contre les “terroristes”.”Les terroristes se livrent à des actes de sabotage et perturbent notamment l’approvisionnement en électricité”, a-t-il déclaré dans un communiqué publié mardi en fin de journée.Si “certains groupes armés ethniques ne sont actuellement pas engagés dans des combats”, ceux-ci “s’organisent et s’entraînent pour mener des attaques”, peut-on y lire.L’armée birmane “continuera à mener les activités défensives nécessaires”, a-t-il poursuivi.Mardi en fin de journée, trois des plus puissants groupes rebelles ethniques du pays ont annoncé une pause d’un mois dans les hostilités afin de soutenir les efforts humanitaires déployés en réponse au séisme.L’annonce de l’Alliance des trois groupes fait suite à un cessez-le-feu partiel décrété par les Forces de défense populaire (FDP), un autre groupe rebelle formé de civils ayant pris les armes après le coup d’Etat de 2021 pour lutter contre la junte.- Attaques “inhumaines” -“Nous condamnons ces actes et appelons le régime militaire à cesser immédiatement les opérations militaires et à permettre un accès humanitaire total aux zones touchées”, a déclaré mardi la ministre australienne des Affaires étrangères Penny Wong.L’envoyée spéciale des Nations unies pour la Birmanie, Julie Bishop, a appelé lundi toutes les parties à cesser les hostilités et à donner la priorité aux opérations d’aide aux civils.Amnesty International a déclaré que les attaques militaires “inhumaines” compliquaient considérablement les opérations de secours aux victimes du tremblement de terre en Birmanie.”On ne peut pas demander de l’aide d’une main et bombarder de l’autre”, a déclaré Joe Freeman, spécialiste du pays au sein de l’ONG.Un jeune d’une vingtaine d’années a été extrait des décombres d’un hôtel en ruines de Naypyidaw vers 00H30 locales mercredi (18H00 GMT mardi), par une équipe de secouristes birmans et turcs. Une sexagénaire avait été secourue mardi matin, toujours dans la capitale, après avoir été piégée pendant 91 heures, ravivant les espoirs pour les proches des disparus.Les experts anticipent des milliers de morts supplémentaires par rapport au bilan établi par le chef de la junte à 2.719 morts, car la faille de Sagaing, à l’origine du séisme, traverse des régions parmi les plus peuplées du pays, avec des villes comme Naypyidaw et Mandalay, la deuxième du pays.La guerre civile, qui a mis à genoux les infrastructures vitales et fracturé le pays où sont actifs des dizaines de groupes armés de minorités ethniques et d’opposants politiques, complique aussi la collecte d’informations.Plus de 1.000 secouristes étrangers sont arrivés en Birmanie dans le cadre de la mobilisation internationale pour épauler des services locaux sous-équipés.Le ministère français des Affaires étrangères a annoncé lundi le décès de deux de ses ressortissants, et trois Chinois ont aussi été tués dans le séisme, a rapporté l’agence de presse Chine nouvelle.Proche de l’épicentre, la ville de Mandalay, où résident plus de 1,7 million d’habitants, a subi les pires destructions, de nombreux immeubles résidentiels étant réduits à l’état de ruines.Le conflit civil, qui dure depuis le coup d’État du 1er février 2021 contre le gouvernement élu d’Aung San Suu Kyi, a décimé le système de santé. La situation était déjà alarmante avant le séisme, les combats ayant déplacé plus de 3,5 millions de personnes vulnérables, d’après les Nations unies.- Enquête à Bangkok -Le chef de la junte, Min Aung Hlaing, a lancé vendredi un appel au secours auprès de la communauté internationale, une démarche rarissime pour un haut gradé birman, qui illustre l’ampleur de la catastrophe.L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé dimanche le séisme au plus haut degré de ses urgences, pendant que la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) a lancé un appel pour récolter plus de 100 millions de dollars. La Chine, la Russie et l’Inde ont envoyé des équipes, alors que les Etats-Unis ont annoncé lundi le déploiement d'”experts humanitaires”.A près de 1.000 kilomètres de l’épicentre, à Bangkok, des secours continuent de chercher des survivants dans les décombres d’une tour en construction de 30 étages qui s’est effondrée. Quelque 22 personnes ont trouvé la mort dans la capitale thaïlandaise, selon un bilan mercredi, mais des dizaines d’autres sont toujours portées disparues.la Première ministre thaïlandaise Paetongtarn Shinawatra a ordonné une enquête sur les matériaux et les normes de sécurité du site à un groupe d’experts qui doit lui rendre compte cette semaine.bur-pfc-ah-vgu/pt

Au “bal des célibataires”, voir du monde, faire des rencontres et tromper la solitude

Sur la piste de danse, certains attendent les slows pour tapoter sur une épaule et s’élancer à deux. D’autres se déhanchent titre après titre, rouge aux joues et bras vers le ciel. Ce samedi soir à Saint-Omer-de-Blain (Loire-Atlantique), le “bal des célibataires” fait carton plein.Sous les spots qui colorent la piste en rose et jaune, des célibataires en quête de nouvelles rencontres échangent regards en coin et premiers sourires sur des morceaux de Céline Dion, Téléphone et du film “Dirty Dancing”. Au bar, au fumoir ou devant les platines, ils gravitent en jean ou tenue de soirée, jupe à sequins ou santiags patinées. Thierry Praud, 55 ans, voudrait bien “rencontrer quelqu’un”. Il s’est déjà inscrit sur des sites de rencontre mais “préfère le vrai”: “C’est important les regards. Et le style, la présence, la voix.” Ces fêtes permettent aussi de “voir du monde, de ne pas se sentir isolé”, explique-t-il, polo blanc et lunettes carrées. “On rencontre de nouvelles personnes, qui ne sont ni des voisins, ni des collègues”, ajoute Johny Pasquiet, 58 ans, venu avec des amis. Lui aussi a essayé les sites de rencontre il y a quelques années mais en a gardé un souvenir de “catalogue pas très humanisé”. La plupart des danseurs ont plus de 50 ans. Ils viennent de Loire-Atlantique ou de plus loin, du Maine-et-Loire ou du Morbihan. Hommes et femmes racontent souvent la même histoire: de premières rencontres à la vingtaine, au travail ou en “discothèque”, une ou plusieurs relations, une séparation. Et puis la solitude, qui parfois s’éternise. “Je manque de lieux de sociabilité. A l’époque, j’allais en discothèque, des endroits type Macumba, on dansait, on rencontrait du monde”, explique Martine, 67 ans (elle n’a pas souhaité donner son nom), robe noire et châle pailleté. Plusieurs danseurs repensent avec nostalgie aux boîtes de nuit qu’ils ont vu disparaître à la campagne ou en périphérie des villes au fil des années. Le dernier Macumba de France a fermé en février près de Lille, symbole de la fin d’une époque, celle des vastes discothèques des années 1980 – la France comptait alors 4.000 boîtes de nuit selon la Sacem, contre environ 1.500 actuellement. – Bracelets -“En discutant entre amis, entre voisins, on s’aperçoit que les gens qui divorcent, à 50 ou 60 ans, ont du mal à retrouver quelqu’un. Où ? Quand ? Et il y en a plus qu’avant: la séparation ne suscite plus vraiment de jugement”, estime Michel Blot, 65 ans, président du comité des fêtes de Saint-Omer-de-Blain, village de quelques centaines d’habitants. A 22h30, milieu de soirée, on compte au guichet près de 400 entrées. A leur arrivée, les célibataires en quête de partenaire se voient tendre un bracelet vert. Les indécis portent du orange, ceux qui sont venus uniquement pour faire la fête, du rouge. Au bar, Annick Boutin, 83 printemps, commande un “verre de bulles”. Flûte en plastique à la main, elle explique être venue avec sa fille “pour le monde et pour la danse”.”J’ai géré des cafés toute ma vie, à Nantes, à Saint-Nazaire. On voyait chaque jour de nouveaux visages: cela me manque”, raconte-elle, en robe noire et blanche, châle en laine et chignon élégant. Les plus jeunes font leur entrée à mesure que l’heure avance. Le dernier bar du coin où l’on pouvait “rester un peu tard” a avancé sa fermeture à 21h, raconte Anaïs, 20 ans, chemise bleue et cheveux coupés au carré, qui ajoute: “S’il y a une soirée, autant en profiter.”  Près d’elle, Fanny, 45 ans, a trouvé l’entrée “pas trop chère” et le prix des boissons “plus bas qu’au bar”: un euro le verre de vin, 2,50 euros le demi de bière blonde, 1,50 euro le soda.Bras croisés près de la piste de danse, Patrick, lui, reprend son souffle. L’an dernier, à la même soirée, il avait fait une “jolie rencontre”. Un coup de téléphone deux jours plus tard, un premier dîner: l’histoire a duré quelques mois. “Qui sait ce qui arrivera ce soir?” 

L’Assemblée nationale adopte un texte intégrant le non-consentement à la définition pénale du viol

Les députés ont adopté mardi en première lecture une proposition de loi intégrant le non-consentement à la définition pénale du viol, une modification à la portée symbolique forte mais qui divise juristes et associations féministes.La texte, transpartisan et soutenu par le gouvernement, a été adopté par 161 voix pour et 56 voix contre. Les députés du Rassemblement national, du groupe ciottiste UDR, et certains députés socialistes s’y sont opposés.”Je crois que ce soir, collectivement, nous avons acté que nous passions de la culture du viol à la culture du consentement”, s’est félicitée la co-rapporteure écologiste Marie-Charlotte Garin. “C’est une première pierre que nous lançons dans le mur de l’impunité.”La mesure ne fait toutefois pas consensus. Ses opposants craignent qu’inclure le non-consentement à la définition pénale du viol conduise à centrer l’enquête sur l’attitude de la victime. Ses défenseurs le contestent, arguant que cette modification permettrait d’inclure des situations mal couvertes aujourd’hui, comme l’état de sidération.Tout en envoyant un signal fort, quelques mois après le procès des viols de Mazan.”Ce qui compte, ce n’est pas ce que l’agresseur croit, c’est ce que la victime veut”, a martelé la ministre chargée de l’Egalité femmes-hommes, Aurore Bergé.”Le consentement est partout dans la procédure judiciaire, mais il est absent de la loi française”, qui en l’état actuel, “ne permet pas suffisamment de sanctionner les agresseurs”, a argumenté la députée macroniste Véronique Riotton, également co-rapporteure du texte.- “Libre et éclairé” -La proposition de loi, issue d’une mission d’information parlementaire de plusieurs mois, devra maintenant être étudiée au Sénat. Elle redéfinit l’article du code pénal portant sur l’ensemble des agressions sexuelles, dont le viol.Elle propose de les redéfinir comme “tout acte sexuel non consenti”. Le texte précise ce qu’est ou n’est pas le consentement, afin d’aiguiller les enquêteurs et les juges.”Le consentement est libre et éclairé, spécifique, préalable et révocable. Il est apprécié au regard des circonstances environnantes”, propose d’établir le texte. “Il ne peut être déduit du seul silence ou de la seule absence de réaction de la victime”, ajoute-t-il.Enfin, il précise qu'”il n’y a pas de consentement si l’acte à caractère sexuel est commis avec violence, contrainte, menace ou surprise”, quatre modalités déjà présentes dans le code pénal.Toutes les formulations ont été validées par le Conseil d’Etat, dont les suggestions ont été entièrement reprises par les co-rapporteures.Dans son avis début mars, le Conseil d’Etat a estimé que “le principal apport de la proposition de loi” serait de “consolider (…) les avancées de la jurisprudence”, qui considère déjà le défaut de consentement “comme un élément clé”.Mais qui ne s’applique pas partout de manière égale, pointe Mme Garin.- “Changement de mentalité” -L’extrême droite s’est opposée à l’initiative. “La définition actuelle du viol est déjà suffisamment précise”, a déclaré Sophie Blanc (RN).Le droit pénal “n’a pas vocation à s’aligner sur l’opinion ou la douleur, aussi légitimes soient elles”, a renchéri Sophie Ricourt Vaginay (UDR). Le groupe socialiste, divisé, avait lui opté pour une liberté de vote.Si 21 députés socialistes ont voté pour, 9 s’y sont opposés, dont Mme Céline Thiébault-Martinez, selon qui “personne ne peut dire que cette proposition de loi aura l’effet attendu, à savoir une meilleure reconnaissance des victimes”.Elle redoute que l’initiative ne “pénalise encore plus les victimes”, qui se trouveront interrogées “d’abord et avant tout sur leur consentement”.Un argument balayé par Mme Garin, pour qui l’introduction du consentement dans la loi “n’a jamais” mis la victime “au cœur des audiences”, dans les pays qui l’ont fait, citant l’Espagne, la Suède ou le Danemark.”Demain, ce sera l’auteur qui devra démontrer par des actes positifs qu’il s’est assuré du consentement, et l’enquête devra porter sur ce qu’il a compris, ce qu’il a perçu, ce qu’il a fait pour s’assurer de l’accord de l’autre”, a abondé le ministre de la Justice Gérald Darmanin.Sans toutefois que le texte n’impose “d’obligation de preuve positive, comme on signerait un contrat”, a-t-il ajouté.Près de l’Assemblée, quelques dizaines de femmes se sont rassemblées dans l’après-midi à l’appel de mouvements féministes. Il est “important de montrer qu’une partie des féministes est avec les parlementaires”, a estimé Sarah Durocher, présidente du Planning familial, pour qui le texte reflète “un changement de mentalité”.

Réforme de l’audiovisuel public: examen par les députés suspendu après un accrochage avec Dati

Le projet de rapprochement des entreprises de l’audiovisuel public, Radio France et France Télévisions en tête, a connu mardi soir un nouveau coup de frein. Son examen par les députés en commission a été suspendu après un accrochage avec Rachida Dati.Des députés de gauche ont dénoncé un “grave” incident entre la ministre de la Culture et une fonctionnaire, ce que Mme Dati conteste.”Il y a eu un échange vif avec une administratrice”, hors caméras, selon l’entourage de la ministre, qui récuse toute insulte. La décision de suspendre l’examen du texte est “politique” car la gauche n’obtenait pas les votes voulus, a-t-on ajouté de même source à l’AFP.De son côté, la présidente de la commission des Affaires culturelles, la socialiste Fatiha Keloua Hachi, a évoqué la “prise à partie” d’une fonctionnaire durant cette pause. “Je ne peux tolérer ce type de comportement” et “ai décidé de suspendre l’examen de ce texte” de réforme de la gouvernance de l’audiovisuel public, a-t-elle annoncé, alors que les débats avaient démarré dans l’après-midi et qu’un millier d’amendements restent au menu.Le gouvernement venait de déposer des amendements de dernière minute, pratique contre laquelle la gauche s’était élevée. Mais selon l’entourage de la ministre, ceux-ci étaient justement “une réponse à l’obstruction massive de la gauche”.La reprise des débats mercredi matin, comme initialement prévu, est incertaine.  “Si cette réforme n’intervient pas, l’affaiblissement sera inévitable” face à la concurrence des plateformes notamment, avait martelé la ministre en ouvrant les échanges.Déjà validée en première lecture au Sénat en 2023, la proposition de loi portant la réforme prévoit de créer une holding, France Médias, qui chapeauterait France Télévisions, Radio France, l’Ina (Institut national de l’audiovisuel), sous l’autorité d’un(e) président(e).Contrairement aux plans initiaux, France Médias Monde, branche internationale de l’audiovisuel public français (RFI, France 24), pourrait être exclue de cette holding. C’est ce que préconise finalement le gouvernement, dans une évaluation de la réforme consultée par l’AFP, et c’est ce qui a été voté par amendement avant l’arrêt de la réunion.- grève et rassemblement -Serpent de mer, le projet d’origine prévoyait carrément une fusion des sociétés, dans une sorte de BBC à la française, mais il a été interrompu par la dissolution de l’Assemblée mi-2024.Aujourd’hui, “cette réforme n’est pas un projet de fusion” et elle “ne se fera pas contre l’intérêt des salariés”, a affirmé Mme Dati, 15 à 16.000 postes étant concernés.Mardi en début d’après-midi, plusieurs centaines d’opposants au projet se sont rassemblés près du Palais Bourbon.”La holding ressemble furieusement à une fusion. Ça nous promet des années et des années de souffrance”, a lancé au micro Matthieu Darriet, du SNJ (Syndicat national des journalistes) de Radio France.”L’objectif est de faire des économies”, a renchéri Pierre Mouchel, délégué central CGT à France Télévisions.Comme la première lundi, une deuxième journée de grève dans les entreprises concernées a surtout eu des conséquences à Radio France.Selon le SNJ, 72% des journalistes étaient en grève.A France Télévisions, dont la présidente Delphine Ernotte Cunci soutient le projet, le taux de grévistes était de 9% sur la journée, d’après la direction. Des préavis avaient également été déposés à France Médias Monde et l’Ina.L’arrivée de la réforme dans l’hémicycle de l’Assemblée est programmée le 10 avril mais elle pourrait être décalée en raison de l’examen préalable d’un autre texte sur la simplification de la vie économique.Début mars, Mme Dati a confié à Laurence Bloch, ex-directrice des antennes de Radio France, une “mission d’accompagnement” sur le projet, dont les conclusions sont attendues dans les prochaines semaines.La note d’évaluation de la réforme par le gouvernement évoque la création de nouvelles filiales par la société mère France Médias: franceinfo pour des coopérations plus poussées entre radio et télé et Ici pour réunir les réseaux régionaux.Rachida Dati espère une adoption définitive à l’été.Le calendrier est serré pour ce texte soutenu par les macronistes et la droite. Le Rassemblement national souhaite lui, à terme, une privatisation pure et simple de l’audiovisuel public.