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L’ours “poursuit son développement” dans les Pyrénées mais son avenir n’est pas garanti

La population d’ours bruns “poursuit son développement” dans les Pyrénées, avec au moins 96 individus détectés dans le massif l’an dernier, selon le décompte officiel annuel, mais la pérennité de la présence de l’animal n’est pas garantie pour autant.”En 2024, un minimum de 96 ours a été détecté sur l’ensemble du massif des Pyrénées, dont 13 portées totalisant 22 oursons de l’année”, indique jeudi l’Office français de la biodiversité (OFB), qui coordonne en France le Réseau ours brun et établit un bilan en collaboration avec les services espagnols et andorrans. En 2023, ils étaient au moins 90 individus, selon le décompte établi avec différentes méthodes de suivi, comme l’analyse génétique d’échantillons de poils et de crottes.La population d’ours poursuit ainsi un développement régulier avec un “taux d’accroissement moyen annuel entre 2006 et 2023” estimé “à +11 % pour l’ensemble des Pyrénées”, selon le rapport annuel du Réseau ours brun. Soit un rythme de doublement de la population tous les six ans.Mais “on ne sait pas si l’année 2025 va continuer sur cette tendance-là ou pas” et “à ce stade, on ne peut pas dire si c’est une population pérenne”, souligne auprès de l’AFP la direction de l’OFB.- Diversité génétique -L’état de conservation d’une population se mesure en effet non seulement par des éléments quantitatifs mais aussi qualitatifs comme “sa capacité notamment à résister à des maladies, au changement climatique, à un changement de nourriture ou à des événements extérieurs”, explique-t-on. Ainsi la diminution de la diversité génétique “pourrait potentiellement altérer cette dynamique dans les années futures”, met en garde le Réseau ours brun. Deux études -une commandée par l’Etat, l’autre par les associations pro-ours- sont actuellement menées pour quantifier les effets de la consanguinité sur la démographie des ours des Pyrénées, avec des résultats complets attendus fin 2026 pour la première, fin 2025 pour la seconde.Depuis plusieurs années, les associations mobilisées pour la défense de l’ours dans les Pyrénées regrettent le mutisme des pouvoirs publics quant à de nouveaux lâchers d’ours.”Les trop rares ours fondateurs de la population se reproduisent entre eux, ainsi que leurs descendants. La consanguinité augmente, et devient une menace pour l’avenir de l’ours dans les Pyrénées. On mesure déjà que le nombre d’oursons est moindre pour les portées consanguines (…) Il est donc indispensable de lâcher de nouveaux ours dans les Pyrénées”, a estimé l’association Pays de l’ours-Adet, après la publication du rapport de l’OFB.”C’est une question qui doit être réglée par le politique”, rappelle le préfet chargé de la question de l’ours, Thierry Hegay.Alors que l’Etat s’est engagé à effectuer de nouvelles réintroductions quand un ours est tué par l’homme, quatre plantigrades abattus ou empoisonnés en 2020 et 2021 n’ont pas été remplacés, dénoncent les associations.Quatre mois de prison avec sursis ont récemment été requis à l’encontre d’un chasseur, poursuivi pour “destruction d’espèce protégée” après avoir abattu l’ourse Caramelles lors d’une battue au sanglier non autorisée, en 2021.- “Moins de sollicitations” -Dans les années 1990, alors que l’espèce était menacée et qu’il ne restait qu’une poignée de spécimens dans la chaîne montagneuse, une campagne de réintroduction d’ours bruns originaires de Slovénie a été lancée.Mais leur présence est contestée par des éleveurs de bovins et d’ovins, qui se plaignent des prédations durant la période estivale quand le bétail se trouve dans les hauts pâturages.Le rapport dénombre 310 attaques d’ours sur le bétail et 14 attaques sur les ruchers en France l’an dernier, contre respectivement 349 et 7 en 2023.L’aire de répartition de l’ours continue de progresser: elle est estimée à 7.200 km², soit une augmentation de 100 km² par rapport à 2023 et de 1.500km² par rapport à 2022.Cette extension de sa présence n’est pas forcément synonyme d’aggravation des tensions avec les éleveurs. A l’OFB, qui peut réaliser des tirs d’effarouchement pour éloigner les ours les plus menaçants, on constate que “sur l’été 2024, on a eu moins de sollicitations d’interventions que sur les années précédentes”.

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Les singes seront toujours plus doués pour le yodel que les hommes

Que les amateurs de yodel se consolent, les singes seront toujours imbattables à cette forme de vocalises grâce à une particularité de leur larynx, ont expliqué des chercheurs dans une étude jeudi.Quand les singes poussent des cris, ou que des choristes suisses se lancent dans un yodel, ils passent brusquement d’une fréquence sonore à une autre. A l’inverse des chanteurs d’opéra par exemple, qui s’entraînent à passer d’un octave à un autre graduellement.Loin des prouesses de Tarzan, qui n’avait rien à envier à ses compagnons primates, les yodleurs arrivent à sauter brusquement d’un octave à un autre, vers le bas ou le haut.Les singes eux, peuvent effectuer un bond allant jusqu’à trois octaves et demi, selon l’étude parue dans la revue britannique Philosophical Transactions of the Royal Society B.Une “astuce” propre à leur larynx les rendra toujours imbattables, a expliqué à l’AFP son principal auteur, Jacob Dunn, de l’Université britannique Anglia Ruskin.Humains et singes produisent des sons grâce aux vibrations des cordes vocales de leur larynx. Mais là où les premiers ont une seule paire de telles cordes, les deuxièmes en comptent deux paires, qui leur permettent de couvrir une gamme de sons plus grande.Et l’ampleur de cette gamme fournit à ces espèces éminemment sociales une façon plus complexe de communiquer entre elles.Les humains ont apparemment perdu cette deuxième paire de cordes vocales au cours de l’évolution. Et avec elle, l’espoir de se mesurer aux singes dans un concours de yodel.Mais ils y ont gagné un larynx plus “rationnel”, selon M. Dunn, permettant de moduler plus finement des sons et de produire un langage.”Si vous associez un cerveau humain à un larynx de primate”, il aura le plus grand mal à formuler des mots capables de franchir autant de cordes vocales, sans parler des poches d’air des sacs laryngés, explique le scientifique.Les chercheurs ont mené leur étude à l’aide de capteurs sur le cou de singes de la réserve bolivienne La Senda Verde Wildlife Sanctuary.Et ont pu ainsi observer ce qui se passait dans le larynx de singes hurleurs, capucins bruns, singe-écureuil bolivien et singe-araignée péruvien.Ce dernier s’emparant du titre de champion de yodel, avec des bonds vocaux couvrant quatre octaves. Imbattable.

Macron réunit jeudi les “représentants des filières impactées” par les droits de douane de Trump

Emmanuel Macron réunit à l’Elysée jeudi, à 16H00, “les représentants des filières impactées par les mesures tarifaires annoncées par les États-Unis”, a fait savoir la présidence de la République.Le président américain, Donald Trump, a signé mercredi un décret généralisant des droits de douane très lourds, de 10% minimum sur toutes les importations arrivant aux Etats-Unis et de 20% pour les produits arrivant de l’Union européenne.Selon la liste des invités obtenue par l’AFP, plusieurs représentants des secteurs les plus exportateurs seront représentés. Le Premier ministre, François Bayrou, et plusieurs ministres seront aussi présents.Pour l’aéronautique, qui représente un quart des exportations françaises vers les Etats-Unis, sera convié Guillaume Faury, le patron d’Airbus et président du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas).L’industrie et la chimie seront représentées par la patronne d’Eramet Christel Bories, Frédéric Sanchez de groupe Fives, Alexandre Saubot de l’organisation professionnelle France Industrie et le président de France Chimie Frédéric Gauchet.Pour l’agriculture et la viticulture, seront présents Dominique Chargé, président de La Coopération agricole, Jean-François Loiseau, président de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania) et Gabriel Picard de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS).Le secteur automobile, qui sera touché par une surtaxe spécifique de 25% sur les voitures importées, sera représenté par Luc Chatel, président la Plateforme automobile (PFA).La pharmacie sera représentée par Emmanuelle Valentin de Sanofi France.Seront également conviés le directeur des Galeries Lafayette Nicolas Houzé, le secrétaire général du numéro un mondial du luxe LVMH Marc-Antoine Jamet et le délégué général de la Fédération des Entreprises de la Beauté (FEBEA) Emmanuel Guichard.Les organisations patronales seront également représentées, avec Patrick Martin du Medef, Patricia Barbizet de l’Association française des entreprises privées (Afep), Amir Reza-Tofighi de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) et Frédéric Coirier du Mouvement des Entreprises de Taille Intermédiaire (METI).fff-od-max/jbo/tes

Bayer au tribunal face à un adolescent handicapé, exposé in utéro au glyphosate

Le groupe allemand Bayer comparaît jeudi devant un tribunal de l’Isère assigné par une famille dont le fils souffre de graves malformations qu’ils imputent à son exposition in utéro au glyphosate, le produit phare du géant de la chimie.”Ce combat me dépasse”, confie à l’AFP Théo, 17 ans, d’un mince filet de voix. L’adolescent n’a pas de cordes vocales et parle en faisant vibrer son œsophage.”Je représente tous les malformés” et en cas de victoire, “cela fera jurisprudence et permettra à d’autres victimes d’aller en justice beaucoup plus rapidement”, dit-il avant d’entrer dans le palais de justice de Vienne, où l’audience a débuté peu après 09H00.Empli d'”appréhension” mais aussi de “conviction”, il est venu avec toute sa famille, dans l’espoir que la justice, saisie au civil, reconnaisse le lien de causalité entre le glyphosate et son handicap. “Si on y parvient, ce sera une première”, souligne son avocat Me Bertrand Repolt. Il y a déjà eu des poursuites contre Bayer portées par des malades du cancer notamment, mais “c’est une procédure inédite (…) en matière de malformations congénitales”, explique-t-il.Concrètement, la famille réclame une expertise judiciaire dans le cadre d’une “recherche en responsabilité pour faute”, précise Me Repolt qui, “in fine”, compte réclamer des dommages et intérêts au groupe allemand.- 55 opérations -“Moi, j’attends que soient reconnus leurs comportements fautifs lorsqu’ils ont minoré la toxicité du glyphosate face aux agences réglementaires (…) ce qui a mené à son autorisation très large dans le monde entier”, ajoute la mère de Théo, Sabine Grataloup, 54 ans. En 2006, elle a utilisé du glyphosate pour désherber une carrière d’équitation, l’aspergeant “plusieurs fois par jour, sans protection particulière”. Elle ignore alors qu’elle est enceinte de “quelques semaines”, une période clé dans le développement fœtal.Théo naît en mai 2007 “avec l’œsophage et la trachée qui ne se sont pas séparés correctement”. Depuis, il a subi 55 opérations chirurgicales qui lui permettent de manger normalement, mais il respire et parle toujours par un “trou dans la gorge”. En 2018, ses parents assignent la firme américaine Monsanto, tout juste rachetée par le groupe Bayer. C’est elle qui a fourni la molécule du glyphosate à la marque Glyper, l’herbicide utilisé par Mme Grataloup.”Monsanto fournissait le produit (…) qui a la même formulation que le Roundup”, fabriqué par l’Américain, explique-t-elle. Selon elle, le Glyper n’est “rien d’autre qu’un produit de revente du Roundup”. Et rien sur les bidons ne faisait mention du risque de malformations, dit-elle.- Milliards de dollars -Six ans plus tard, la justice va enfin les entendre. “C’est une étape décisive dans un processus qui a demandé des années de recherches, de formalisation et de procédures”, déclare Sabine Grataloup, qui espère approcher de “la fin du marathon”.Seul le Fonds d’indemnisation des victimes des pesticides a reconnu en 2022 le lien entre le glyphosate et les malformations de Théo, qui reçoit depuis depuis une indemnité mensuelle de 1.000 euros.Le glyphosate, herbicide le plus vendu au monde (800.000 tonnes en 2014), est classé en 2015 comme un “cancérogène probable” par le Centre international de recherche sur le cancer de l’Organisation mondiale de la santé.Depuis fin 2018, le produit est interdit en France pour un usage domestique. Son approbation en Europe a cependant été renouvelée en novembre 2023 pour 10 ans “sous réserve de certaines conditions et restrictions”.Depuis le rachat de Monsanto, Bayer a dû verser plus de 10 milliards de dollars en dommages et intérêts dans plus de 100.000 dossiers à cause du glyphosate, notamment aux Etats-Unis, accusé d’avoir causé des cancers, ce que le groupe nie.La procédure à Vienne rappelle “l’impérieuse nécessité de responsabiliser les entreprises face aux risques sanitaires qu’elles engendrent”, estime dans un communiqué Nadine Lauverjat de Générations Futures, une association qui lutte contre les effets des pesticides. Les avocats du groupe Bayer n’ont pas souhaité s’exprimer avant l’audience.

Manifestation RN: Tondelier promet une mobilisation à gauche dimanche

La cheffe des Écologistes Marine Tondelier a assuré jeudi que la gauche préparait une mobilisation pour contrer la manifestation du Rassemblement national dimanche en soutien à Marine Le Pen condamnée à une peine d’inéligibilité immédiate, mais n’a donné aucun détail sur cette initiative. “Il se passera quelque chose dimanche”, a déclaré la responsable écologiste sur franceinfo. “Nous sommes en train d’y travailler, nous sommes les maîtres des horloges de nos propres mobilisations”, a-t-elle déclaré. Elle a précisé discuter “avec tous nos partenaires politiques”, ainsi qu’avec des “personnes de la société civile avec lesquelles on a l’habitude de se mobiliser et d’autres avec lesquelles on avait jusque là moins l’habitude de se mobiliser, mais qui sont tout aussi choqués”. “Nous sommes en train d’y travailler sérieusement et il se passera quelque chose dimanche”, a affirmé Marine Tondelier. Mercredi soir, le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon avait expliqué qu’une initiative pourrait être prise “peut être même dès ce dimanche à la place de la République” à Paris. C’est “une chose qui est en train de se discuter, je ne veux pas anticiper d’une quelconque manière”, avait-il précisé lors d’une conférence diffusée sur les réseaux sociaux.Le Rassemblement national a annoncé dès lundi, lorsque Marine le Pen a été condamnée pour détournement de fonds notamment à cinq ans d’inéligibilité avec application immédiate, l’empêchant de se présenter à la présidentielle, qu’il organiserait un rassemblement de soutien place Vauban à Paris. Le président du parti d’extrême droite Jordan Bardella a assuré mercredi qu’il ne s’agirait pas d’un “coup de force”. “Je ne veux pas que dimanche, sur toutes les chaînes de télé, la seule chose qu’on leur donne à voir, c’est la grande entreprise de victimisation de Marine Le Pen”, a expliqué Marine Tondelier. “Quelqu’un qui veut être présidente de la République, qui détourne 4,1 millions d’euros et qui, alors qu’elle prône des mesures beaucoup plus ferme et une justice moins laxiste pour tous les Français, ah, quand ça lui arrive à elle, là, c’est très compliqué”, s’est-elle agacée. Prévu depuis plusieurs semaines, un meeting de Renaissance viendra également en concurrence de celui du Rassemblement national. Le président du parti, Gabriel Attal, le Premier ministre François Bayrou et le candidat à la présidentielle Édouard Philippe doivent y intervenir. 

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Bolivie: des tonnes d’ordures envahissent les rues de la quatrième ville du pays

Des tonnes d’ordures s’accumulent depuis une dizaine de jours dans les rues de Cochabamba, quatrième ville de Bolivie, en raison du blocage de la principale décharge par des riverains dénonçant sa saturation, ce qui fait craindre aux autorités une crise sanitaire.”Ce pourrait être le début” de cette crise de santé publique, a averti mercredi auprès de l’AFP Rubén Castillo, épidémiologiste au sein du service départemental de santé. Les cas de diarrhées ont augmenté de 7% la semaine dernière et les cas d’hépatite A de 55%, selon les données du service.  Les autorités suspectent un lien avec les ordures qui jonchent depuis 12 jours les trottoirs de la ville de quelque 600.000 habitants où flotte une odeur nauséabonde, a constaté l’AFP. “Toute la rue est dégueulasse. Il n’y a nulle part où jeter” les ordures, se plaint Carmen Condori, une femme au foyer de 53 ans. A l’origine du problème, la saturation de la principale décharge de la ville, qui a conduit les riverains à en bloquer l’accès afin de réclamer sa fermeture définitive.”Nous revendiquons notre droit à la santé, la mairie ne nous écoute pas”, explique à l’AFP Alcira Estrada, une commerçante de 38 ans qui vit près de la décharge et participe au blocage.La ville génère entre 600 et 800 tonnes de déchets par jour, a indiqué à l’AFP le porte-parole de la municipalité, Juan José Ayaviri, assurant qu’une solution allait être proposée dans les 48 heures, à savoir l’utilisation d’un autre terrain habilité.Il a reconnu que la montagne de déchets s’accumulant dans la décharge risquait de s’effondrer, ce qui pourrait contaminer les rivières avoisinantes et contraindre les riverains à quitter les lieux. L’accès à la décharge publique, située à une dizaine de kilomètres du centre de Cochabamba, est régulièrement bloqué par les riverains.  En septembre, ces derniers avaient conclu un accord avec la municipalité pour sa fermeture définitive dans un délai de six mois, mais ce délai est désormais dépassé. 

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Pourquoi des centaines d’oiseaux morts sont découvert chaque année sur la côte Atlantique

Au milieu des rochers et des algues gît un oiseau. Intact, il semble endormi. Mais comme des centaines d’autres chaque hiver, ce guillemot a fini sa vie échoué sur les plages de l’Atlantique. Un phénomène aux causes multiples qui interroge défenseurs de l’environnement et scientifiques.L’an dernier, plus de 800 oiseaux, principalement des guillemots de Troïl mais aussi des fous de Bassan et des mouettes tridactyles ont été retrouvés morts sur les plages françaises. Et cet hiver, 167 découvertes macabres ont été faites sur la façade ouest de l’Hexagone.Ces chiffres sont loin des 42.000 cadavres retrouvés sur l’ensemble du littoral européen en 2014, année exceptionnelle, mais la récurrence du phénomène inquiète.”C’est très variable d’une année sur l’autre, mais chaque fois, ça se compte en centaines, et pour certaines espèces déjà fragilisées, cette répétition n’est pas négligeable”, explique Elisa Daviaud, chargée de mission à la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) Poitou-Charentes. C’est le cas pour le guillemot, classé “vulnérable” en France, avec moins de 1.000 couples.- Hydrocarbures -Comme tous les 15 jours de mi-décembre à la mi-mars, elle et plusieurs bénévoles arpentent la plage des Grenettes sur la commune de Sainte-Marie-de-Ré, dans le cadre du programme européen Life SeaBil, destiné à comprendre cette mortalité et évaluer la santé des littoraux français, espagnols et portugais.”Les oiseaux sont pour ça de bons indicateurs, car ils sont particulièrement sensibles aux pollutions”, explique la naturaliste.Déterminer la cause de leur décès nécessite toutefois souvent une autopsie. C’est pourquoi chaque cadavre fait l’objet d’un protocole, avec plusieurs paramètres à renseigner dans une application (lieu de la découverte, état de décomposition, traces sur le plumage…), et doit être congelé dans les 24 heures avant de partir au laboratoire.”L’an dernier, au niveau européen, 90% des oiseaux étaient contaminés par du plastique. Ca se retrouve dans leur muscle, leur sang, leur estomac”, explique Cédric Marteau, directeur du pôle Protection de la nature de la LPO.Sur l’île de Ré, le plastique représente “moins de 10%, mais presque la moitié des oiseaux présentent des traces d’hydrocarbures”, responsables d’une perte d’imperméabilité, explique Elisa Daviaud.”A partir d’un certain pourcentage de plumage contaminé, ils sont condamnés et meurent d’hypothermie”, explique la jeune femme.- “Coup de grâce” -Une autre explication avancée pour ces décès, et leur grande variabilité, est lié aux tempêtes. Elles étaient la principale cause de l’hécatombe de 2014.”Les forts vents ou pluies, ce n’est pas ça qui tuent les oiseaux, ils savent résister aux intempéries. Mais pour un animal fragilisé par d’autres facteurs, ça peut être le coup de grâce”, indique M. Marteau.La houle, les vents contraires et le brassage des eaux rendent plus difficile l’accès à la nourriture et réduisent les possibilités de se poser pour l’avifaune marine.”En Vendée et en Charente, beaucoup des oiseaux retrouvés apparaissent très amaigris. La plupart sont jeunes, âgés de 6 à 8 mois. A ce stade, ce sont souvent des oiseaux qui ne savent pas trop se nourrir”, souligne Elisa Daviaud.L’an dernier, l’ONG Sea Shepherd, en patrouillant de son côté sur les plages vendéennes, avait constaté que les oiseaux décédés avaient tous un poids plus de 25% inférieur à la normale. L’ONG l’attribuait à une “conjonction” de la surpêche, privant les oiseaux de leurs proies, et du changement climatique, qui accentue la violence des tempêtes.Autres hypothèses: les épidémies de grippe aviaire, qui frappent durement les fous de Bassan, les filets de pêche mais aussi les éoliennes. “Ici on n’en a pas, mais il a été prouvé qu’en plus des risques de collision, ça perturbe les couloirs de migration contribuant à détourner les oiseaux de leur trajet initial et donc avec un risque de les épuiser davantage”, explique Mme Daviaud. Une perspective pour elle inquiétante alors que cinq parcs offshore pourraient émerger au large de la Charente-Maritime d’ici 2050.

Pourquoi des centaines d’oiseaux morts sont découvert chaque année sur la côte Atlantique

Au milieu des rochers et des algues gît un oiseau. Intact, il semble endormi. Mais comme des centaines d’autres chaque hiver, ce guillemot a fini sa vie échoué sur les plages de l’Atlantique. Un phénomène aux causes multiples qui interroge défenseurs de l’environnement et scientifiques.L’an dernier, plus de 800 oiseaux, principalement des guillemots de Troïl mais aussi des fous de Bassan et des mouettes tridactyles ont été retrouvés morts sur les plages françaises. Et cet hiver, 167 découvertes macabres ont été faites sur la façade ouest de l’Hexagone.Ces chiffres sont loin des 42.000 cadavres retrouvés sur l’ensemble du littoral européen en 2014, année exceptionnelle, mais la récurrence du phénomène inquiète.”C’est très variable d’une année sur l’autre, mais chaque fois, ça se compte en centaines, et pour certaines espèces déjà fragilisées, cette répétition n’est pas négligeable”, explique Elisa Daviaud, chargée de mission à la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) Poitou-Charentes. C’est le cas pour le guillemot, classé “vulnérable” en France, avec moins de 1.000 couples.- Hydrocarbures -Comme tous les 15 jours de mi-décembre à la mi-mars, elle et plusieurs bénévoles arpentent la plage des Grenettes sur la commune de Sainte-Marie-de-Ré, dans le cadre du programme européen Life SeaBil, destiné à comprendre cette mortalité et évaluer la santé des littoraux français, espagnols et portugais.”Les oiseaux sont pour ça de bons indicateurs, car ils sont particulièrement sensibles aux pollutions”, explique la naturaliste.Déterminer la cause de leur décès nécessite toutefois souvent une autopsie. C’est pourquoi chaque cadavre fait l’objet d’un protocole, avec plusieurs paramètres à renseigner dans une application (lieu de la découverte, état de décomposition, traces sur le plumage…), et doit être congelé dans les 24 heures avant de partir au laboratoire.”L’an dernier, au niveau européen, 90% des oiseaux étaient contaminés par du plastique. Ca se retrouve dans leur muscle, leur sang, leur estomac”, explique Cédric Marteau, directeur du pôle Protection de la nature de la LPO.Sur l’île de Ré, le plastique représente “moins de 10%, mais presque la moitié des oiseaux présentent des traces d’hydrocarbures”, responsables d’une perte d’imperméabilité, explique Elisa Daviaud.”A partir d’un certain pourcentage de plumage contaminé, ils sont condamnés et meurent d’hypothermie”, explique la jeune femme.- “Coup de grâce” -Une autre explication avancée pour ces décès, et leur grande variabilité, est lié aux tempêtes. Elles étaient la principale cause de l’hécatombe de 2014.”Les forts vents ou pluies, ce n’est pas ça qui tuent les oiseaux, ils savent résister aux intempéries. Mais pour un animal fragilisé par d’autres facteurs, ça peut être le coup de grâce”, indique M. Marteau.La houle, les vents contraires et le brassage des eaux rendent plus difficile l’accès à la nourriture et réduisent les possibilités de se poser pour l’avifaune marine.”En Vendée et en Charente, beaucoup des oiseaux retrouvés apparaissent très amaigris. La plupart sont jeunes, âgés de 6 à 8 mois. A ce stade, ce sont souvent des oiseaux qui ne savent pas trop se nourrir”, souligne Elisa Daviaud.L’an dernier, l’ONG Sea Shepherd, en patrouillant de son côté sur les plages vendéennes, avait constaté que les oiseaux décédés avaient tous un poids plus de 25% inférieur à la normale. L’ONG l’attribuait à une “conjonction” de la surpêche, privant les oiseaux de leurs proies, et du changement climatique, qui accentue la violence des tempêtes.Autres hypothèses: les épidémies de grippe aviaire, qui frappent durement les fous de Bassan, les filets de pêche mais aussi les éoliennes. “Ici on n’en a pas, mais il a été prouvé qu’en plus des risques de collision, ça perturbe les couloirs de migration contribuant à détourner les oiseaux de leur trajet initial et donc avec un risque de les épuiser davantage”, explique Mme Daviaud. Une perspective pour elle inquiétante alors que cinq parcs offshore pourraient émerger au large de la Charente-Maritime d’ici 2050.