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Réouverture progressive du site d’Orange dans un quartier sensible de Marseille

Le site d’Orange à Marseille, situé dans le quartier sensible de Saint-Mauront, a rouvert ses portes lundi matin, après une fermeture de quinze jours par mesure de sécurité, a constaté l’AFP.Un tiers seulement du millier de salariés d’Orange à Marseille est revenu sur ce site lundi, selon des sources concordantes.L’entreprise avait annoncé le 27 novembre une fermeture à la suite d’une “montée des tensions” dans le quartier, mettant ses salariés en télétravail. Les syndicats avaient dénoncé des “bagarres” et une emprise du “narcotrafic” proche du site.A l’arrivée des premiers employés lundi matin, une voiture de police stationnait en face. Sur la grille de l’entreprise, des flèches à la peinture blanche indiquent la direction d’un point de deal proche. Elles avaient été effacées mais sont rapidement réapparues.Des patrouilles de police vont se poursuivre dans le secteur pour permettre aux employés de “venir travailler en toute sécurité” et répondre à un “sentiment d’insécurité fort”, a indiqué sur place la préfète de police déléguée Corinne Simon, à l’issue d’une réunion avec la direction.Orange a confirmé lundi une réouverture dans “les meilleures conditions” du site Massalia. L’entrée principale, à proximité immédiate d’une station de métro et proche d’une cité connue pour abriter du trafic de drogue, a été équipée d’un système de badge –même si lundi le portail reste ouvert. Un vigile est posté dans une guérite.- “Coups de feu” -Le retour se fait progressivement a déclaré à l’AFP Jerome Bissey, délégué CFDT. “Aujourd’hui ce sont les salariés qui viennent à pied ou en transport en commun et qui représentent à peu près 380 personnes”, a-t-il détaillé.A partir de mercredi, a-t-il ajouté, commenceront à arriver “les 700 personnes qui viennent en voiture”, “sachant qu’on a une capacité parking de 300 places”.Le délégué syndical demande “la possibilité d’avoir un deuxième site. Aujourd’hui on concentre tous les effectifs dans un quartier compliqué”, avec même, fin novembre, “des coups de feu sous les fenêtres des bureaux”.Outre les patrouilles, la police maintiendra “une présence en statique” pour l’arrivée et le départ des salariés, a précisé la préfète de police déléguée. Prévu pour une quinzaine de jours encore, ce dispositif évoluera selon la situation, a-t-elle dit.”Autour d’Orange vous avez plusieurs points de deal, et donc ça génère un sentiment d’insécurité fort pour les salariés. Notre rôle c’est bien de faire diminuer ce sentiment”.Une employée, qui ne souhaite pas donner son nom, rapporte ce qui se raconte sur la rixe ayant entraîné la fermeture: “des jeunes cagoulés avec des Kalachnikov”, et des employés confinés dans l’entreprise: “On ne peut pas travailler dans une ambiance comme ça”.”Le soir, on essaye de sortir à plusieurs pour ne pas prendre le métro seul”, a-t-elle expliqué.Dans un communiqué, la CFE-CGC Orange a dénoncé “le retour forcé des collaborateurs à Saint-Mauront”.Hicham, 37 ans et papa de trois enfants, fustige lui “un cirque pour rien du tout”: une mobilisation lancée pour Orange, mais pas pour “les familles qui habitent ici.””Il y a toujours la coke, il y a toujours le guetteur, il y a toujours le shit”, martèle cet habitant du quartier. “Si on veut arrêter quelque chose, on rentre dans la cité, on rentre là où ils vendent, on reste jour et nuit.”

On a “fabriqué un coupable”, déplore la défense de Frédéric Péchier

Avec Frédéric Péchier, “on a fabriqué un coupable” avec “acharnement”: après le rouleau compresseur de l’accusation, qui a requis la perpétuité contre Frédéric Péchier, la défense de l’anesthésiste de Besançon a déroulé ses arguments lundi pour instiller le doute et arracher l’acquittement.Pour condamner l’anesthésiste de 53 ans, poursuivi pour l’empoisonnement de 30 patients au bloc opératoire – dont 12 sont morts – “il faut des preuves”, a martelé devant la cour d’assises du Doubs Randall Schwerdorffer, qui plaide seul pour tenter de démontrer l’innocence de son client.Or, dans ce dossier, l’accusation “est venue soutenir qu’il y a des éléments de preuves accablants, alors que c’est le néant de la preuve”, a-t-il insisté, évoquant certains cas où l’implication de son client “ne repose que sur sa présence” à proximité des arrêts cardiaques suspects.Certes, “il y a bien un empoisonneur à la clinique Saint-Vincent” mais ce n’est pas Frédéric Péchier, a soutenu l’avocat. “On n’est pas là pour préjuger quelqu’un, on est là pour le juger”, a-t-il insisté, appellant les six jurés populaires et les trois magistrats professionnels à l'”impartialité”.La question qu’ils doivent trancher “n’est pas: +est-ce que Frédéric Péchier nous plaît, ne nous plaît pas, est-ce qu’il pleure ou ne pleure pas+”, a souligné le pénaliste, en référence au manque d’empathie qui a été reproché à son client.Me Schwerdorffer a établi un parallèle entre Frédéric Péchier et Patrick Dils, qui a passé 15 ans de détention pour les meurtres de deux enfants commis en 1986 près de Metz, avant d’être acquitté en appel.- Comme Patrick Dils -Comme dans l’affaire Dils, à la clinique Saint-Vincent de Besançon, “il fallait que ça aille vite” pour “arrêter l’hécatombe”, a-t-il retracé. Dès le début de l’enquête en mars 2017, les enquêteurs ont été “convaincus de la culpabilité de Frédéric Péchier” et se sont efforcés de “démontrer qu’il est coupable”. “Jamais on ne cherchera ailleurs”, a-t-il fustigé. “Toute la communauté médicale” s’est liguée contre lui, dès lors son sort était “scellé”, selon lui.Après la plaidoirie de Me Schwerdorffer, la parole sera donnée une dernière fois à l’accusé, qui comparaît libre depuis le 8 septembre et n’a cessé de clamer son innocence.Puis la cour d’assises du Doubs se retirera pour délibérer. Elle rendra son verdict d’ici à vendredi.La semaine dernière, au terme d’un réquisitoire fleuve de plus de dix heures d’une rare intensité, les deux avocates générales Thérèse Brunisso et Christine de Curraize ont requis la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 22 ans, à l’encontre de celui qu’elles ont qualifié de “tueur en série” aux crimes “hautement pervers”. Ce soignant s’est mué en “l’un des plus grands criminels de l’histoire” et “a utilisé la médecine pour tuer”, ont-elles asséné. Selon elles, il introduisait, sans se faire remarquer, du potassium, des anesthésiques locaux, de l’adrénaline ou encore de l’héparine dans des poches de perfusion. Ces poches empoisonnées étaient ensuite perfusées aux patients, ce qui déclenchait des arrêts cardiaques ou des hémorragies incompréhensibles pour les soignants.Frédéric Péchier cherchait ainsi à nuire à des médecins avec qui il était en conflit et “nourrir sa soif de puissance”, selon le ministère public.Mais la défense a soutenu que lors de l’empoisonnement de Sandra Simard, qui marque le début de l’enquête en janvier 2017, la poche empoisonnée avait été choisie de manière “aléatoire”. L’empoisonneur n’a donc pas pu viser spécifiquement un patient et par ricochet un médecin, selon Me Schwerdorffer.Malgré les assauts répétés et implacables du ministère public, Frédéric Péchier n’a jamais flanché. “Je maintiendrai toujours que je ne suis pas l’empoisonneur”, a-t-il soutenu une ultime fois lors de son dernier interrogatoire sur les faits.

Narcotrafic: le procès d’Abdelkader Bouguettaia s’est ouvert à Lille

Accusé d’avoir orchestré des importations massives de cocaïne, Abdelkader Bouguettaia a assuré lundi qu’il n’avait “jamais fui” la France, alors qu’il résidait à Dubaï lors de ses trois condamnations, en son absence, à des peines allant jusqu’à 15 ans de prison.Abdelkader Bouguettaia, 38 ans, est apparu dans son box avec des lunettes aux verres épais sur le nez, le crâne et la barbe rasés, au premier jour de son nouveau procès à Lille.Il a rejoint le nouveau quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de la prison de haute sécurité de Condé-sur-Sarthe (Orne) “à quelques jours de l’audience”, a souligné lundi l’une de ses avocates, qui voit dans ce transfert une manoeuvre pour le présenter comme “un trophée” que la justice voudrait “brandir”.Celui qui est surnommé “Bibi” a été condamné en 2022, 2023 et 2024 à Lille, deux fois à neuf ans et une fois à 15 ans de réclusion criminelle, pour des importations de cocaïne ayant eu lieu entre 2019 et 2021.Mais ces procès se sont tenus en son absence car il résidait à l’époque à Dubaï, d’où il aurait continué à piloter le trafic de cocaïne par le port du Havre, sa ville natale, selon les investigations.”Je n’ai jamais fui”, s’est défendu lundi le prévenu à ce sujet. “Quand je suis parti de la France vers l’étranger, je n’avais aucun problème avec la justice”, a-t-il assuré.Après son extradition en juin dernier vers la France, Abdelkader Bouguettaia n’a pas acquiescé à ses trois condamnations, ouvrant la voie à de nouveaux procès, regroupés en un seul sur trois jours devant la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Lille.La matinée du premier jour d’audience s’est principalement concentrée sur divers points de procédure, les trois avocates de M. Bouguettaia dénonçant les conditions de l’extradition de leur client, de l’instruction puis du procès et demandant le huis clos ou le renvoi de l’audience à une date ultérieure, sans succès.- Méthodes d’intimidation violentes -“Je suis un être humain, je suis un citoyen français, j’ai travaillé ici en France, j’ai payé mes impôts (…). Je suis qui pour qu’on ne respecte pas mes droits?”, a accusé Abdelkader Bouguettaia dans une colère contenue.Les trois dossiers rejugés cette semaine portent sur plusieurs saisies de cocaïne au port du Havre, pour un total de plus de deux tonnes de drogue, rappelle un dossier de presse du parquet de Lille.Dans chacun de ces dossiers, les investigations ont permis d’identifier Abdelkader Bouguettaia comme l’un des principaux commanditaires de ces importations.Dans l’un des dossiers, portant sur la découverte de 141 kgs de cocaïne en février 2019, un témoin a identifié “deux commanditaires, dont Abdelkader Bouguettaia”, avant de se rétracter en 2021, selon le parquet. Une rétractation négociée par M. Bouguettaia en échange d’une “somme d’argent substantielle”, a établi l’enquête.Certaines de ces importations étaient effectuées via “des cargaisons légales de gélatines de boeuf et de lames de bois en provenance d’Amérique du Sud, notamment du Brésil”, ou encore “dans un conteneur de miettes de thon sous vide en provenance d’Equateur”.Un de ses collaborateurs présumés avait affirmé, lors d’un interrogatoire dont l’AFP a pu lire le procès-verbal, que M. Bouguettaia était associé avec un haut responsable de la distribution de cocaïne aux Pays-Bas et qu’il gérait la “réception de la marchandise” au Havre, ainsi qu’à Paris et à Anvers, en Belgique.Ses méthodes d’intimidation étaient violentes, poursuivait ce témoin: l’envoi de photos de membres de sa famille sans autre message, celui d’hommes de main quand il répond trop lentement à un message ou qu’il refuse une mission.M. Bouguettaia a en outre été mis en examen en juin à Paris, notamment pour “importation de stupéfiants en bande organisée en récidive” dans une autre affaire, portant sur l’importation d’un conteneur contenant 2,5 tonnes de cocaïne arrivé au Havre depuis la Colombie.

Brandt: après le “traumatisme”, élus et salariés évoquent l’avenir

“Aller de l’avant”: quatre jours après la décision de liquidation du groupe Brandt, environ 200 salariés se sont réunis lundi près d’Orléans, en présence d’élus locaux, pour évoquer leurs perspectives d’avenir.”Vous avez espéré donner une nouvelle vie à Brandt (…) maintenant, il faut aller de l’avant”, a déclaré la préfète du Loiret et de la région Centre-Val de Loire, Sophie Brocas devant une salle comble, à quelques centaines de mètres du principal site industriel de Brandt qui compte 350 salariés.Après la décision jeudi du tribunal des activités économiques de Nanterre de prononcer la liquidation judiciaire du groupe centenaire d’électroménager, qui employait au total quelque 700 personnes, les élus locaux ont à nouveau assuré de leur “solidarité” et promis leur accompagnement.Garantie de percevoir 75% du salaire brut pendant un an grâce au contrat de sécurisation professionnelle, mise en place d’une cellule d’appui et d’écoute ou encore job dating en février: les services de l’Etat ont présenté plusieurs mesures aux salariés.”On va se mobiliser et on a déjà commencé” pour “remettre les salariés de Brandt au travail”, a promis Mme Brocas.Cette dernière a aussi indiqué, comme l’avait fait vendredi le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, qu’un travail était en cours pour “réfléchir aux options envisageables” pour donner une autre destination aux deux sites industriels du groupe situés près d’Orléans et à Vendôme (Loir-et-Cher).”Ce ne sera pas Brandt, mais ça peut être autre chose”, a-t-elle indiqué. Cela pourrait être pour “de la fabrication de drones”, selon le président de la région Centre-Val-de-Loire François Bonneau, mais il y a aussi “d’autres pistes”, a-t-il dit.Plusieurs salariés, dont quelques-uns franchissaient les grilles du site voisin avec leurs effets personnels sous le bras, ont décrit un “traumatisme encore à vif”.”C’est encore à chaud”, a résumé Laurent Grapin, 24 ans d’ancienneté au service recherche et développement. “Certains ont cru à une reprise, moi non”.La justice a rejeté un projet de Scop (société coopérative et participative), soutenu par le groupe Revive et la majorité des salariés qui devait permettre de sauver au moins 370 emplois, ainsi que les marques Vedette, Sauter et De Dietrich.”Les aides, les reprises du site, ce sont des possibilités, mais je pense qu’il faut surtout faire de notre côté et ne pas trop compter” sur des choses “incertaines”, a-t-il déclaré à l’AFP.

Accord UE-Mercosur: dernière ligne droite agitée, la France sème le trouble

Le bras de fer se tend entre Bruxelles et Paris: la Commission européenne a martelé lundi son intention de signer l’accord de libre-échange avec le Mercosur dans les prochains jours, en dépit de la mobilisation agricole et des appels de la France à reporter la décision.Ursula von der Leyen voudrait parapher ce traité commercial avec l’Amérique latine samedi lors du sommet du Mercosur à Foz do Iguaçu au Brésil. Mais elle a d’abord besoin de l’aval des Etats européens durant la semaine à Bruxelles. Et la France, toujours opposée à l’accord en l’état, plaide pour un report du vote en 2026.”A ce stade, le compte n’y est pas pour protéger les agriculteurs français. Les exigences françaises n’ont pas été remplies”, a tonné Paris dimanche soir. Emmanuel Macron “a demandé à la présidente de la Commission un report de l’examen de l’accord”, a indiqué son entourage.L’exécutif européen a opposé au président français une fin de non-recevoir lundi. Ce traité est “de la plus haute importance pour l’Union européenne”, sur “le plan économique, diplomatique et géopolitique”, a souligné un porte-parole de la Commission, qui maintient son calendrier.Une signature est “absolument nécessaire cette semaine”, a renchéri l’Allemagne, fervent défenseur de cet accord avec lequel elle espère relancer ses exportations industrielles. Ce bras de fer lance une semaine qui s’annonçait déjà agitée à Bruxelles. Les syndicats agricoles promettent jusqu’à 10.000 manifestants dans la capitale belge jeudi, en marge d’un sommet européen entre chefs d’Etat et de gouvernement.Les agriculteurs de l’UE restent vent debout contre cet accord commercial avec l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et le Paraguay.Ce traité favoriserait les exportations européennes de voitures, de machines, de vins et de spiritueux. En retour, il faciliterait l’entrée en Europe de viande, sucre, riz, miel ou soja sud-américains, ce qui alarme les filières.Mais la Commission européenne n’en démord pas. “C’est maintenant ou jamais” pour l’accord, souligne une source interne, à propos de négociations entamées il y a plus de 25 ans.”S’il n’y a pas de compromis cette semaine, on risque une crise européenne grave. Ce sera un grand échec pour la Commission, pour l’Allemagne et pour l’Espagne”, met aussi en garde un diplomate européen, sous couvert de l’anonymat.- Sauvegarde et contrôles renforcés -Allemands, Espagnols et Scandinaves misent sur cet accord pour relancer une économie européenne à la peine face à la concurrence chinoise et aux taxes douanières des Etats-Unis.La France aura donc du mal à bloquer ce traité qui n’a besoin que d’une majorité qualifiée pour être adopté, lors d’un vote attendu mercredi ou vendredi. L’Italie, qui a soufflé le chaud et le froid, pourrait jouer les arbitresPour compliquer encore l’équation, un autre scrutin est prévu dès ce mardi, au Parlement européen cette fois.A Strasbourg, les eurodéputés se penchent sur les mesures de “sauvegarde” destinées à rassurer les agriculteurs et amadouer la France.Avec ce dispositif, l’Union européenne promet un “suivi renforcé” des produits les plus sensibles tels que la viande bovine, la volaille, le riz, le miel, les œufs, l’ail, l’éthanol et le sucre, et une intervention en cas de déstabilisation du marché. Les Etats européens ont déjà approuvé cette clause de sauvegarde. Mais le Parlement européen pourrait encore la consolider.Autre signal pour tenter de convaincre Paris, la Commission européenne a annoncé la semaine dernière le renforcement de ses contrôles sur les importations agricoles, afin de s’assurer qu’elles respectent les normes européennes.Bruxelles promet également de mettre à jour ses règles sur les traces de pesticides dans les produits importés, afin d’éviter que des substances interdites en Europe rentrent sur le continent via les importations.Si Ursula von der Leyen signe le traité samedi, la partie ne sera pas terminée pour autant.Il restera une ultime étape au Parlement européen: l’adoption définitive de l’accord au début de l’année 2026 a priori.Des sources internes s’attendent à un scrutin serré dans l’hémicycle, où les considérations nationales pèseront.Tous bords politiques confondus, “tous les Français voteront contre, la plupart des Polonais aussi”, pronostique un bon connaisseur des équilibres parlementaires. En ajoutant la gauche radicale et l’extrême droite, “on arrive déjà à 300 opposants” au traité, calcule-t-il, sur un total de 720 élus.

Budget: dernière ligne droite très incertaine pour Sébastien Lecornu, entre Sénat et Assemblée

Une semaine décisive s’ouvre pour le Premier ministre Sébastien Lecornu, toujours convaincu de pouvoir doter la France d’un budget avant le 31 décembre malgré de grandes incertitudes sur l’issue du budget de l’État, soumis au vote du Sénat lundi avant d’ultimes tractations.Accord sur le gong ? Retour du 49.3 ? Loi spéciale et reprise des débats budgétaires en janvier ? Les scénarios restent ouverts à quelques jours de la fin de l’année.Le chef du gouvernement, qui a promis une nouvelle méthode au début de l’automne pour faire adopter les budgets sans recourir au 49.3, malgré son absence de majorité à l’Assemblée nationale, s’en tient pour l’instant à cette ligne.Le pari est presque réussi sur le budget de la Sécurité sociale, adopté à l’Assemblée la semaine passée à une courte majorité. Un ultime vote des députés est prévu mardi après-midi sur ce texte qui accorde de nombreuses concessions à la gauche.Mais l’attention du gouvernement est désormais focalisée sur le projet de loi de finances (PLF), objet d’un rejet massif en première lecture à l’Assemblée, avec une seule voix favorable.Le Sénat, dominé par une alliance entre la droite et les centristes, devrait, lui, l’adopter très largement lundi après-midi, après deux semaines de débats jour et nuit.- Ligne “anti-taxes” -Une commission mixte paritaire (CMP) réunissant sept députés et sept sénateurs tentera ensuite, vendredi, de trouver un accord, une opération périlleuse au vu des divergences entre les deux chambres.Ce conciliabule réuni à l’Assemblée aura du travail pour atteindre l’objectif du gouvernement de ramener le déficit public sous les 5% du PIB en 2026: dans l’état actuel des discussions, la copie est à 5,3%, contre 5,4% en 2025, a annoncé le gouvernement devant les sénateurs.Ce chiffrage tire notamment les conséquences du compromis trouvé sur le budget de la Sécu, qui ponctionne plusieurs milliards au budget de l’Etat. Mais également des votes du Sénat, qui s’est en effet montré intransigeant sur les prélèvements nouveaux, à l’image de Bruno Retailleau.”Il ne pourra pas y avoir d’accord sur un budget qui augmenterait considérablement les impôts et ne réduirait pas significativement la dette”, a résumé le patron des Républicains, dont la voix est prépondérante au sein du puissant groupe LR du Sénat.Les sénateurs ont ainsi rejeté la surtaxe visant les grandes entreprises, dont le gouvernement espérait quatre mds d’euros, et ils ont réduit significativement la portée de la taxe sur les holdings patrimoniales proposée par le gouvernement.Si le vote favorable du Sénat ne fait aucun doute, le plus difficile commencera pour le gouvernement. Il disposera de quelques jours pour convaincre une majorité de parlementaires avant la tenue de la CMP vendredi.Au sein de celle-ci, l’ancien socle commun sera majoritaire, ce qui pourrait présager, en théorie, d’un accord possible.Mais cela ne servira à rien si le texte de compromis n’est pas ensuite adopté la semaine prochaine à l’Assemblée.Le député socialiste Laurent Baumel a estimé lundi sur Radio J qu’il y avait “peu de chances” de trouver un budget avant la fin de l’année.La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a elle assuré sur CNEWS/Europe 1 que “le buget est une urgence”, appelant au “compromis”.- Le plaidoyer de Borne -Dans l’hypothèse où la CMP s’accorderait sur un texte, le gouvernement pourrait tenter de le faire voter par les députés. Mais l’équation semble quasiment impossible, alors que les socialistes promettent au mieux de s’abstenir et que les écologistes devraient voter contre, selon leur cheffe Marine Tondelier.Autre possibilité: le 49.3, dont l’ancienne Première ministre Elisabeth Borne a défendu dimanche l’utilisation. “C’est une façon moins engageante pour les oppositions de permettre l’adoption d’un texte, sans devoir le voter”, a plaidé celle qui l’a utilisé 23 fois à Matignon.Cela ne permettrait au demeurant pas au Premier ministre de faire l’économie d’un accord avec le PS. “Si le gouvernement l’utilise sans compromis préalable, il s’expose à une censure immédiate”, a prévenu le premier secrétaire du PS, Olivier Faure.La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a quoi qu’il en soit de nouveau écarté cette piste dimanche.En cas d’échec de la CMP ou de rejet de ses conclusions, les discussions reprendront au mois de janvier avec, d’ici là, le vote d’une loi spéciale pour permettre la continuité de l’État.

La secrète collection Dior d’Alaïa s’expose à Paris pour la première fois

Un pan entier de l’histoire de la mode sort de l’ombre: à Paris, une double exposition dévoile pour la première fois une partie de la collection Dior d’Azzedine Alaïa, où des robes emblématiques Christian Dior côtoient l’audace du couturier franco-tunisien.A partir de lundi, la Fondation Azzedine Alaïa fait dialoguer une trentaine de silhouettes de l’inventeur du New Look avec celles du maître de la coupe dans l’exposition “Azzedine Alaïa et Christian Dior, deux maîtres de la Haute Couture”. En parallèle, depuis le 20 novembre, la Galerie Dior présente une centaine de pièces inédites à travers le parcours “La collection Dior d’Azzedine Alaïa”. Ces pièces proviennent des archives personnelles du créateur à la renommée mondiale. En collectionneur passionné, il a réuni en près de quarante ans quelque 20.000 vêtements et accessoires, dont environ 600 créations Dior.Alaïa a toujours été “fasciné par l’ampleur des robes Dior qui +semblaient tenir debout toutes seules+”, explique à l’AFP Olivier Saillard, le directeur de la Fondation Azzedine Alaïa et commissaire des deux expositions. – Un secret bien gardé -Si sa passion pour la mode patrimoniale était connue de tous, le contenu exact de ses archives est resté un mystère jusqu’à sa mort en 2017. “Il était extrêmement discret sur ce qu’il possédait. Il n’a jamais souhaité nous montrer sa collection”, explique Olivier Flaviano, directeur de la Galerie Dior.Ce n’est qu’en 2023 que la Fondation Alaïa sollicite la maison Dior pour identifier et répertorier ces pièces. Très bien conservées pour la plupart, elles se révèlent être des œuvres importantes. “Il y a des modèles que nous n’avions pas dans nos archives”, souligne M. Flaviano.Ce travail minutieux a fait naître l’idée d’une double exposition.À la Fondation Alaïa, l’exposition se concentre exclusivement sur les créations de Christian Dior (1947-1957) et explore les liens entre ces deux experts de la silhouette. “Ce qu’il y a de plus commun entre eux, c’est la taille”, souligne Olivier Saillard.Chez Dior, la taille se dessine avec des corsets intérieurs tandis que chez Alaïa, elle s’affirme par des ceintures sculpturales. Pour illustrer ce parallèle, le commissaire de l’exposition compare une robe Venezuela noire de 1957, emblématique des volumes architecturés de Dior, à une robe courte de 2010 signée Alaïa, à jupe patineuse et épaisse ceinture en cuir, exposée à côté. Autre association, l’Andalouse de Christian Dior, robe jaune et rouge à volants créée en 1955, fait écho à une longue robe bordeaux à volants de 2013 d’Alaïa. Au milieu des robes noires – couleur fétiche du couturier franco-tunisien – ces rapprochements révèlent une parenté esthétique inattendue.- Stage de cinq jours -À la Galerie Dior, les 101 pièces prêtées par la Fondation Alaïa, majoritairement signées Christian Dior, s’intègrent dans un parcours qui mêle robes historiques et documents d’archives, avec notamment pour la première fois des chartes de collection, ces grandes planches où s’alignent croquis et échantillons de tissus.”C’est une exposition où, plus que tout autre, on présente une grande diversité de documents d’archives”, souligne M. Flaviano.L’exposition s’ouvre sur la “Rose des vents”, une robe du soir de 1950 en organza plissé, d’un rose pâle subtilement nuancé de gris, couleurs fétiches de Christian Dior.Un peu plus loin, un cliché d’Azzedine Alaïa en 1956, fraîchement arrivé de Tunis, est exposé à côté de son contrat de travail chez Dior, où il effectua un stage de cinq jours, encore conservé dans les archives de la maison.Dans la salle consacrée au jardin, une robe du soir jaune tournesol à manches longues et à la jupe plissée baptisée “Marcel Pagnol” (1952) attire l’attention. Plus loin, des robes aux nuances allant du rose pâle au rouge intense démontrent que la palette Dior ne se limitait pas à ses teintes emblématiques rose, gris ou bleu marine. Azzedine Alaïa s’est-il inspiré de toutes ces archives pour ses propres créations ? “Ce n’est pas possible, la collection était tellement énorme”, assure Olivier Saillard. “Une fois qu’il ne pouvait plus entrer, dans une salle, il en remplissait une autre. Retrouver une robe était de l’ordre de l’impossible. Mais ça a laissé des souvenirs”, conclut-il. 

Dermatose: Genevard attendue dans le Sud-Ouest où la crise se cristallise

Une situation officiellement “sous contrôle” et une colère qui s’amplifie: la ministre de l’Agriculture Annie Genevard se rend lundi à Toulouse pour défendre sa gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) critiquée par une partie des agriculteurs et de la classe politique.La ministre a répété lundi matin sur France 2 que la discussion était “ouverte” avec la profession, y compris sur les modalités de la politique sanitaire, mais a défendu sa stratégie: la situation est actuellement “sous contrôle” et les foyers de maladie, éradiqués.Elle a rappelé les “trois piliers” de cette stratégie: “le dépeuplement (l’abattage, NDLR), la vaccination et la restriction de mouvement”, seuls à même de venir à bout de cette maladie animale très contagieuse, non transmissible à l’homme mais qui peut toucher très durement le cheptel.La ministre est attendue dans l’après-midi en Haute-Garonne “afin de lancer la campagne de vaccination” de près d’un million de bêtes, dans une région frondeuse où la colère s’est vite convertie en actions de blocages.- “Zéro proposition” -En pointe de la mobilisation: les syndicats Coordination rurale et Confédération paysanne qui convergent, de façon inhabituelle, pour réclamer la fin de l’abattage systématique et l’extension générale de la vaccination.Interrogé par l’AFP sur le barrage de Carbonne sur l’A64, où était née la mobilisation agricole de janvier 2024, Jérôme Bayle, l’un des porte-voix de cette colère paysanne, a dit ne pas attendre “grand-chose” de la visite de la ministre. “On sait très bien qu’aujourd’hui, elle arrive avec zéro proposition”, a-t-il déclaré, soulignant que plusieurs éleveurs de Haute-Garonne avaient refusé de la recevoir lundi.D’autres, comme Frédéric Meynard, céréalier participant au blocage de l’autoroute, attend avec ses camarades “surtout d’être entendus” par la ministre, dans ce “pays de la résistance agricole”, comme le proclame une banderole.La crise n’est pas née dans le Sud-Ouest, qui n’est pas le coeur de l’élevage français, mais c’est ici que se cristallise la colère depuis deux ans, face à la crise de la viticulture et la flambée des crises sanitaires, alimentées par le changement climatique.En Gironde, une cinquantaine d’agriculteurs, équipés de tracteurs, bloquaient l’A63 à 15km au sud de Bordeaux, en direction de l’Espagne, selon la préfecture, qui “déconseille” d’emprunter le secteur. Dans les Landes, plusieurs dizaines d’agriculteurs occupent depuis samedi deux ronds-points sur deux axes majeurs, près de la rocade de Mont-de-Marsan.Tout en reconnaissant le drame individuel que constitue l’abattage d’un troupeau pour un éleveur, le gouvernement tente d’en appeler “à la science” et à la “responsabilité”.- “Désinformation” -“Mon devoir est aussi de protéger 125.000 autres éleveurs qui ne veulent pas voir arriver la maladie chez eux, et de préserver 16 millions de bovidés”, déclarait dimanche la ministre de l’Agriculture à L’Opinion.Rappelant que les protocoles sanitaires en vigueur ont été “mis en place par des vétérinaires, par des scientifiques, par des épidémiologistes”, le ministre de la Recherche Philippe Baptiste a appelé lundi à “la responsabilité et à la confiance”, sur Franceinfo TV.La stratégie mise en place implique l’abattage de toutes les bêtes des foyers affectés, des restrictions de mouvements des troupeaux et la vaccination des bovins sur 50km autour des foyers. La zone vaccinale a été étendue vendredi à tout le sud du pays, face à la progression de la maladie.Cette politique est jusqu’à présent soutenue par la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs, première force syndicale agricole.La FNSEA estime qu’il n’y a actuellement aucune autre solution que l’abattage des troupeaux touchés, pour “éradiquer totalement” la maladie et fustige la “désinformation” qui circule sur cette crise. Son syndicat redoute par ailleurs les conséquences “qu’il faut bien mesurer” en terme économique pour les éleveurs, d’une vaccination généralisée: une vaccination nationale priverait en effet le pays de son statut “indemne” et donc de sa capacité d’export de bovins vivants pendant de longs mois.Mais dans de nombreuses fermes, l’abattage total d’un troupeau pour une vache malade ne passe pas. Syndicat héritier des luttes altermondialistes, la Confédération paysanne dit porter “toujours le même message”, qui est la demande d'”élargissement de la vaccination et l’arrêt des abattages totaux”. Quant à la Coordination rurale, où s’est imposée une ligne dure, anti-écologiste et parfois proche de l’extrême droite, elle ne veut “rien lâcher” et encourage les actions coup de poing devant les préfectures ou sur les ronds-points. Dimanche, une trentaine d’actions avaient été recensées dans le pays en fin d’après-midi, dont un déversement de pneus, lisier et paille devant la sous-préfecture de Millau (Aveyron), selon le ministère de l’Intérieur. Des responsables politiques, du Rassemblement national à LFI, ont critiqué ce weekend la gestion du gouvernement face à la colère montante d’une partie des agriculteurs. 

Louvre: les agents en grève, le musée restera fermé lundi

Le musée du Louvre est fermé lundi en raison d’une “grève reconductible” de ses agents, votée à l’unanimité, une nouvelle épreuve pour une institution dans la tourmente depuis le cambriolage du 19 octobre et la mise à nu de ses dysfonctionnements.Réunis en assemblée générale, les personnels du musée le plus visité au monde ont voté “à l’unanimité” une grève reconductible pour dénoncer les conditions de travail et d’accueil du public, ont indiqué à l’AFP la CGT, la CFDT et Sud.Plusieurs dizaines d’agents ont ensuite déployé devant la pyramide une banderole indiquant “Le Louvre en lutte pour des conditions de travail décentes, hausse des salaires, + d’effectifs contre la vétusté du palais et le projet LNR” (Louvre nouvelle renaissance, projet de rénovation à grande échelle annoncé par Emmanuel Macron, ndlr)”, scandant “tous ensemble, tous ensemble”, ont constaté des journalistes de l’AFP. A 9H00, les portes du musée étaient restées closes devant une file de visiteurs patientant, billets à la main.La direction a indiqué à l’AFP que le musée serait “fermé toute la journée”. Selon les syndicats, une prochaine AG est prévue mercredi à 9H00, le mardi étant la journée de fermeture hebdomadaire du Louvre.Il faut “un changement de braquet (…) concernant les priorités et les urgences” du bâtiment, “à savoir “la sûreté, la rénovation du bâtiment”, a déclaré le délégué CGT Christian Galani.Il a rappelé que la filière accueil et surveillance avait “perdu 200 équivalents temps plein en l’espace de 15 ans, alors que la fréquentation a augmenté de moitié”.”On est en colère”, “nous ne sommes pas d’accord avec la manière dont Le Louvre a été géré”, a dit devant la presse Elise Muller, agente de surveillance Sud Culture.Valérie Baud, représentante CFDT, a souligné que le mouvement est “interprofessionnel”, regroupant métiers de la “conservation, agents d’accueil et de surveillance, professions support, juristes, graphistes”. – “Mauvais timing” -“Je suis vraiment déçu, le Louvre était la raison principale de notre venue à Paris, parce que nous voulions voir Mona Lisa”, le célèbre tableau de La Joconde de Léonard de Vinci, a déclaré à l’AFP Minsoo Kim, 37, Coréen, en lune de miel avec sa femme.”C’est un peu décevant, mais en même temps, je comprends pourquoi ils le font, c’est juste le mauvais timing pour nous”, a témoigné de son côté Natalia Brown, 28 ans, venue de Londres.Des réunions ont eu lieu la semaine dernière au ministère de la Culture avec les syndicats, dont une avec Rachida Dati en personne, une négociation toujours en cours avec le ministère, selon la CFDT.En parallèle de ce conflit social, le musée doit faire face à une réorganisation à marche forcée et continuer de répondre aux interrogations sur les failles qui ont permis à un commando de s’emparer de huit joyaux de la Couronne, toujours introuvables. Fragilisée, la présidente du Louvre Laurence des Cars devra, l’espace de quelques mois, travailler en tandem avec Philippe Jost, le haut fonctionnaire chargé du chantier de reconstruction de Notre-Dame, à qui Rachida Dati a confié vendredi la mission de “réorganiser en profondeur le musée”.- Audition de la présidente mercredi -“Des mesures indispensables sont à prendre, bien au-delà de la sûreté et de la sécurité”, a déclaré la ministre.”Toute réflexion sur l’avenir du Louvre ne saurait se limiter à une approche technico-organisationnelle”, avait réagi la CFDT, demandant de connaître.Le ministère de la Culture a précisé que la mission de M. Jost serait menée en janvier et février et que ses recommandations étaient attendues “fin février”.Des sénateurs vont par ailleurs poursuivre leur quête de réponses sur les dysfonctionnements du musée, après avoir pris connaissance de l’enquête administrative lancée après le cambriolage. Mardi, la commission culture du Sénat doit entendre pour la première fois l’ancien président du Louvre Jean-Luc Martinez, destinataire pendant son double mandat (2013-2021) de deux audits alarmants peu suivis d’effets.Mercredi, la même commission entendra de nouveau Laurence des Cars, à la tête du musée depuis fin 2021, pour comprendre notamment comment ces deux audits n’ont été découverts par l’actuelle direction qu’après le casse du 19 octobre.jt-mdv-adp-kp/jlo/mpm

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Maroc: 37 morts lors de crues soudaines dans une ville côtière

Trente-sept personnes sont mortes dimanche à Safi, sur la côte atlantique du Maroc, en raison de crues soudaines après des précipitations qui ont entraîné des inondations dans des habitations et commerces, ont annoncé lundi les autorités locales dans un nouveau bilan.Il s’agit du plus lourd bilan pour des intempéries de ce type au Maroc depuis plus d’une décennie. “Quatorze personnes sont actuellement soignées à l’hôpital Mohammed V de Safi, dont deux en soins intensifs”, ont précisé les autorités dans un communiqué, affirmant poursuivre les opérations de recherche et d’assistance aux populations sinistrées.La province de Safi, à environ 300 kilomètres au sud de Rabat, a été touchée dimanche par de “très fortes précipitations orageuses” ayant “provoqué des écoulements torrentiels exceptionnels” en l’espace d'”une heure”, d’après la même source.Sur des images diffusées sur les réseaux sociaux dans la soirée, un torrent d’eau boueuse a dévalé les rues de Safi, emportant voitures et poubelles. D’autres montrent un mausolée à moitié submergé et des embarcations de la Protection civile en intervention pour secourir des résidents.Au Maroc, l’automne est normalement marqué par une diminution des températures, mais le réchauffement climatique limite désormais cette baisse, tout en maintenant une forte humidité et une évaporation héritées de l’été. Cette combinaison augmente le risque d’averses intenses, selon des experts.Dans ce contexte, les autorités de la province de Safi ont souligné lundi “la nécessité de renforcer la vigilance, d’adopter les plus grandes précautions et de respecter les mesures de sécurité, compte tenu des fluctuations climatiques extrêmes que connaît notre pays”.En septembre 2024, de fortes intempéries avaient provoqué des inondations dans le sud et le sud-est du pays, causant la mort de 18 personnes. En novembre 2014, au moins 32 personnes avaient péri dans le sud à la suite de violentes précipitations ayant provoqué des crues de plusieurs rivières au pied des montagnes de l’Atlas.Plusieurs centaines de personnes avaient été tuées lors de terribles inondations en 1995 dans la vallée de l’Ourika, à 30 kilomètres au sud de Marrakech (centre).