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Séisme en Birmanie: le chef de la junte arrive à Bangkok pour discuter de la réponse à apporter

Le chef de la junte birmane Min Aung Hlaing est arrivé jeudi à Bangkok pour un sommet régional, ont constaté des journalistes de l’AFP, et devrait devrait discuter vendredi de la réponse au séisme qui a dévasté son pays et la Thaïlande le 28 mars avec les dirigeants de sept pays asiatiques, dont l’Inde et le Bangladesh.Min Aung Hlaing, est arrivé jeudi après-midi dans un hôtel de la capitale thaïlandaise. Le Premier ministre indien Narendra Modi et le chef du gouvernement provisoire du Bangladesh Muhammad Yunus ont atterri avant lui.Le chef de la junte birmane avait annoncé la veille qu’il allait se déplacer à Bangkok pour discuter de la réponse au séisme dans le cadre d’un sommet de l’Initiative du Golfe du Bengale pour une coopération technique et économique multisectorielle (Bimstec), qui regroupe le Bangladesh, le Bhoutan, l’Inde, la Birmanie, le Népal, le Sri Lanka et la Thaïlande.La Thaïlande, pays hôte et également touchée par le séisme, a proposé la publication d’une déclaration commune sur l’impact de la catastrophe vendredi.Le tremblement de terre de magnitude 7,7 qui a dévasté le centre de la Birmanie a fait plus de 3.000 morts et laissé des milliers de personnes sans abri dans ce pays en proie à une guerre civile.Alors que plusieurs pays et organisations ont dépêché de l’aide en Birmanie, la junte a annoncé mercredi un cessez-le-feu jusqu’au 22 avril “dans le but d’accélérer les efforts de secours et de reconstruction, et de maintenir la paix et la stabilité”.Mais elle a averti ses opposants -un ensemble complexe de groupes armés prodémocratie et de minorités ethniques- qu’elle riposterait aux attaques et à tous “rassemblements, organisations et expansions territoriales qui porteraient atteinte à la paix”.L'”Alliance des Trois Fraternités”, formé des principaux groupes rebelles ethniques, avait déjà annoncé une pause d’un mois dans les hostilités. Les Forces de défense populaire (FDP) avaient elles décrété un cessez-le-feu partiel.A New York, le secrétaire général de l’ONU a salué le cessez-le-feu temporaire, appelant à ce qu’il mène “rapidement” à un “dialogue politique sérieux”.”Je salue les annonces de cessez-le-feu temporaires. C’est essentiel pour la distribution de l’aide et pour que les secouristes fassent leur travail”, a déclaré Antonio Guterres. “Mais une fin des combats doit mener rapidement au début d’un dialogue politique et à la libération des prisonniers politiques”. “Alors que les communautés à travers la Birmanie s’unissent dans la douleur, il est temps aussi de s’unir derrière une solution politique”, a-t-il ajouté. – Scènes chaotiques -Des journalistes de l’AFP ont assisté mercredi à des scènes chaotiques alors qu’au moins 200 personnes désespérées faisaient la queue pour recevoir de l’aide à Sagaing, à moins de 15 kilomètres de l’épicentre du tremblement de terre dans le centre du pays.La destruction à Sagaing est généralisée, avec 80% des bâtiments endommagés, la moitié gravement. Titon Mitra, représentant résident en Birmanie du Programe des Nations unies pour le développement (PNUD), a déclaré à l’AFP qu’il n’y a “pas assez de matériel médical”.”Nous avons vu des enfants, des femmes enceintes, des personnes blessées” et “si l’on considère l’ensemble de la zone touchée, il y a peut-être plus de trois millions de personnes qui ont été affectées”, a-t-il indiqué.Les établissements de santé, endommagés par le séisme, sont “submergés par un grand nombre de patients”, tandis que les réserves de nourriture, d’eau et de médicaments diminuent, selon l’OMS.Des bénévoles ont distribué de l’eau, du riz, de l’huile de cuisson et d’autres produits de première nécessité aux habitants qui réclamaient de l’aide. De nombreuses personnes dorment dans la rue depuis le séisme, incapables de retourner dans les bâtiments endommagés ou craignant les répliques. “Nous avons besoin de toitures et de murs pour avoir un abri convenable pour la nuit”, a dit  Ayethi Kar, directrice d’une école pour jeunes nonnes, rasée depuis vendredi. “Nous n’avons pas assez d’aide”, a ajouté cette femme de 63 ans, qui dit dormir encore “à même le sol”.- Espoir d’un “miracle” -Le sauvetage de deux hommes des ruines d’un hôtel de Naypyidaw mercredi a ravivé les espoirs de retrouver des survivants, même si les chances diminuent d’heure en heure.La junte a publié jeudi un nouveau bilan d’au moins 3.085 morts, 4.715 blessés et 341 disparus.A Bangkok, où l’effondrement d’un immeuble de 30 étages en construction a fait au moins 22 morts, les recherches se poursuivent pour retrouver quelque 70 disparus.Le gouverneur de la capitale thaïlandaise, Chadchart Sittipunt, a déclaré jeudi matin lors d’un live sur Facebook “espérer un miracle”.”Mais n’en attendez pas trop car il y a de fortes chances qu’il y ait aussi des déceptions”, a-t-il prévenu. En Birmanie, l’ampleur réelle de la catastrophe reste encore à déterminer, les difficultés de communication et le mauvais état des infrastructures retardant les efforts de collecte d’informations et d’acheminement de l’aide. Les organisations humanitaires affirment que la réponse au séisme a été entravée par la guerre civile qui a éclaté après le coup d’Etat militaire de 2021. Les rebelles ont accusé la junte d’avoir procédé à de nombreuses frappes aériennes depuis le séisme.Avant même le séisme de vendredi, 3,5 millions de personnes avaient été déplacées par les combats, selon l’ONU.

L’usine chimique Vencorex sera fixée sur sa reprise le 10 avril

Reprise partielle par un groupe chinois ou rachat en coopérative par des salariés ? Le tribunal de commerce de Lyon a étudié jeudi les options de l’usine chimique Vencorex, menacée de liquidation, et tranchera le 10 avril.Après un premier délai supplémentaire de six mois accordé en mars, le tribunal effectuait un point intermédiaire sur la situation de cette société installée à Pont-de-Claix, près de Grenoble, et devrait désormais se prononcer le 10 avril, ont indiqué les participants à l’issue de la réunion.Les deux scénarios à l’étude sont celui, annoncé de longue date, d’une reprise partielle par le groupe chinois Wanhua, avec 50 à 70 emplois maintenus sur les 450 que comptait initialement Vencorex, et celui de la création d’une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC), bâti dans l’urgence par deux salariés de la CGT aidés par un entrepreneur local. “On est très confiants sur la possibilité de faire une offre ferme. Notre offre est bien meilleure en termes d’activités et au niveau emploi”, ont affirmé les deux salariés, Denis Carré et Séverine Dejoux, à la sortie du tribunal.Baptisé CIRCEI (Coopérative industrielle de relance Chimie Electrochimie Isocyanate), le projet envisage la reprise totale des actifs corporels et incorporels de Vencorex, ainsi que 273 employés sur les 301 que compte désormais l’entreprise, après une première vague de licenciement en mars. Les salariés proposent un prix symbolique de 2 euros pour cette reprise.”Notre ambition est de créer une plateforme d’innovation chimique, de nombreuses entreprises pourraient venir s’installer sur le site et fonctionner clés en main”, a expliqué leur partenaire Olivier Six, PDG d’une entreprise d’ingénierie métallique voisine de Vencorex et élu d’opposition à Grenoble.”Il nous manque quatre semaines pour transformer tous les engagements en argent”, a-t-il souligné.Pour la relance de l’usine, le projet CIRCEI aura besoin de 20 millions de ligne de trésorerie au redémarrage, et de 120 millions d’euros à horizon 2029. Dans leur offre présentée au tribunal, que l’AFP a pu consulter, la SCIC compte sur 60 millions d’euros publics, sous forme de subventions, de capitaux, de quasi fonds propres et de prêts. Et 40 millions qui devront être empruntés à des banques.Environ 300.000 euros ont déjà été promis par des collectivités locales et la Région Auvergne-Rhône-Alpes a confirmé sa volonté de s’investir, sans préciser de montant, selon Christophe Ferrari, président de la métropole de Grenoble et maire de Pont-de-Claix.- “Dossier hors du commun” -Salariés, élus locaux et nationaux redoutent depuis des mois un “scénario catastrophe” en Isère si Vencorex, qui joue un rôle central pour la chimie régionale, devait fermer l’essentiel de son activité.Selon eux, une liquidation ne mettrait pas seulement en péril les emplois directs mais des milliers d’autres dans la région en raison de l’interconnexion des activités. Un démantèlement entraînerait en outre une perte de souveraineté pour des secteurs comme le nucléaire ou le spatial – dont certains groupes utilisent les sels produits par Vencorex – et laisserait sans solution un vaste site lourdement pollué, arguent-ils. Plusieurs élus dont François Hollande, Olivier Faure et le député LR Olivier Marleix ont écrit cette semaine à Emmanuel Macron pour l’appeler à se saisir de ce “dossier hors du commun” et lever les obstacles au projet de SCIC. “Une intervention rapide de l’État au plus haut niveau est indispensable pour empêcher une catastrophe industrielle, environnementale, sociale et stratégique”, soulignent-ils dans leur courrier, évoquant le risque de voir “dépecer notre industrie” si Wanhua arrive à ses fins.Jeudi devant le tribunal, Gauthier Herrmann, directeur de l’activité Europe de Wanhua, a qualifié l’offre chinoise de “solide, basée sur un investissement important”. “Elle permet d’optimiser la plateforme et de la stabiliser et de réduire les coûts pour pérenniser l’activité à Pont-de-Claix”, a-t-il déclaré après l’audience. Vencorex a été placé en redressement judiciaire le 10 septembre à la demande de son actionnaire, le groupe thaïlandais de pétrochimie PTT GC. Une demande de nationalisation temporaire de Vencorex a été rejetée au début de l’année par le Premier ministre François Bayrou.

Rebaptisé Mandarin Oriental Lutetia, le palace Lutetia passe sous pavillon asiatique

Le groupe asiatique d’hôtellerie de luxe Mandarin Oriental a décroché le contrat de gestion de l’emblématique palace parisien Lutetia, qui se voit rebaptisé à partir de jeudi le “Mandarin Oriental Lutetia, Paris”.Le groupe hôtelier, propriété d’un conglomérat basé à Hong Kong, gèrera ainsi deux palaces à Paris sur chacune des rives de la Seine: le Mandarin Oriental, rue Saint Honoré, près de l’emblématique place Vendôme, et le Mandarin Oriental Lutetia, près du quartier de Saint-Germain-des-Prés.Le Lutetia appartient depuis 2010 à Locka Holding BV, filiale du groupe israélien d’immobilier de luxe Alrov qui en garde les murs.La famille Akirov, propriétaire du groupe Alrov, et le PDG du groupe Mandarin Oriental Laurent Kleitman ont participé jeudi à une cérémonie d’inauguration dans le palace de la rive gauche, dévoilant une plaque aux couleurs du groupe asiatique sur la façade.”Pour nous c’est bien plus qu’un hôtel, c’est une institution”, a déclaré Georgi Akirov, disant partager “une vision commune” avec Mandarin Oriental.”Cela va nous apporter une visibilité sur des zones que nous ne connaissons pas, comme l’Asie”, a estimé le directeur de l’établissement, Jean-Pierre Trevisan.Sans donner de détails financiers sur le contrat de gestion, une source proche du dossier a indiqué qu’il s’agissait d’un engagement “de très long terme qui permet d’installer l’hôtel dans le temps”, parlant de “plusieurs décennies”.Le groupe asiatique ne prévoit pas d’apporter de changements majeurs à l’établissement, récemment rénové, mais une visibilité à l’international et son réseau commercial.Fondé en 1910 par la famille Boucicaut, propriétaire du magasin Le Bon Marché, le Lutetia est le seul palace de la rive gauche de la Seine, tout près de l’historique grand magasin.Surnommé “le paquebot”, l’établissement au style Art nouveau et Art déco a accueilli des personnalités telles que Picasso, Matisse, Charles de Gaulle et James Joyce, qui a notamment terminé entre ses murs son roman Ulysse.- “Héritage” -Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’hôtel a été réquisitionné par les forces d’occupation, abritant les services de renseignement allemands, puis à la Libération il a servi de lieu de refuge pour les personnes déportées de retour des camps, “ajoutant une dimension historique unique à son riche héritage”, souligne le communiqué. Le Lutetia a obtenu la distinction “Palace” en 2019, après quatre ans de travaux et une rénovation d’un coût de 200 millions d’euros signée par l’architecte Jean-Michel Wilmotte.Les travaux ont été financés par le groupe Alrov qui a déboursé 145 millions d’euros en 2010 pour son acquisition, avaient indiqué à l’époque des sources proches du dossier à l’AFP.Il propose 184 chambres dont 47 suites. Certaines de ses suites ont été décorées par des célébrités, comme le réalisateur Francis Ford Coppola ou l’actrice Isabelle Huppert.Le prix d’une nuitée dans le palace va de 1.500 euros à plus de 10.000 euros pour une suite.C’est l’un des 31 palaces que compte la France, une distinction récompensant “des caractéristiques exceptionnelles”, comme “une situation géographique incomparable, un caractère de légende par le biais d’un intérêt historique ou une fréquentation de personnalités renommées…”, selon Atout France, l’agence qui promeut le tourisme français à l’étranger.Le groupe Mandarin Oriental exploite aujourd’hui 43 hôtels, 12 résidences et 26 maisons dans 26 pays et territoires.Les chambres de son autre palace parisien, rue Saint-Honoré, dont il a acheté les murs pour 290 millions d’euros en 2013, vont de 1.700 à plus de 20.000 euros la nuit pour une suite.Le chef Thierry Marx y a dirigé un restaurant pendant 14 ans avant d’annoncer son départ fin 2023 pour se concentrer sur ses autres projets.Le groupe, qui souhaite doubler son portefeuille au cours des dix prochaines années, a 28 chantiers en cours, à Athènes, Rome, Budapest, Miami, Koweït, au Caire ou encore à Vienne.

Au tribunal, Bayer nie tout lien entre le glyphosate et le handicap d’un adolescent

Le géant de la chimie Bayer, assigné par une famille dont le fils souffre de graves malformations qu’ils imputent à son exposition in utéro au glyphosate, s’est vivement défendu jeudi devant le tribunal de Vienne, en Isère.Il n’y a “aucun lien de causalité” entre l’herbicide phare du groupe allemand et le handicap de l’adolescent, comme il n’y a “aucun effet sur la reproduction” humaine, a assuré Me Jean-Daniel Bretzner, le conseil de Bayer, en citant de nombreuses études scientifiques.Les parents de Théo Grataloup, 17 ans, sont convaincus du contraire et ont lancé en 2018 une action au civil pour faire reconnaître ce lien par les tribunaux, une “première” selon eux puisque les autres procès intentés au groupe allemand portent surtout sur des cancers. “Je représente tous les malformés” et en cas de victoire, “cela fera jurisprudence et permettra à d’autres victimes d’aller en justice beaucoup plus rapidement”, a déclaré Théo à l’AFP à son arrivée au palais de justice.”Ce combat me dépasse”, a-t-il ajouté d’un mince filet de voix.L’adolescent est né avec “l’œsophage et la trachée qui ne se sont pas séparés correctement”, explique sa mère Sabine Grataloup. Depuis, il a subi 55 opérations chirurgicales qui lui permettent de manger normalement, de respirer et parler par un “trou dans la gorge”.Pour elle, son handicap trouve sa source en août 2006. A l’époque, dit-elle, elle a utilisé du glyphosate pour désherber une carrière d’équitation, l’aspergeant “plusieurs fois par jour, sans protection particulière”. Elle ignore alors qu’elle est enceinte de “quelques semaines”, une période clé dans le développement fœtal.- “David contre Goliath” -Lors de l’audience, les avocats de Bayer ont critiqué deux témoignages d’ouvriers, présents ce jour là, qualifiés d'”attestations impropres”, “rédigées onze ans après les faits” pour établir l’exposition de Mme Grataloup au produit Glyper, un générique de l’herbicide Roundup de Monsanto. Me Bretzner a aussi renvoyé la responsabilité de la fabrication du produit à l’époque, à une entité belge du groupe, ce que réfute la partie adverse.”Il y a des présomptions, graves, précises et concordantes”, concernant le lien de causalité entre cet usage du glyphosate et le handicap de Théo, ont plaidé les avocats de la famille Grataloup, soulevant notamment “la proximité temporelle” et l’absence d’autres “causes et éléments extérieurs”.Me Bertrand Repolt a aussi dénoncé une tentative “de dilution de responsabilités” du défenseur. A l’issue de l’audience, Mme Grataloup a comparé son combat à celui de “David contre Goliath”: “dans l’argumentation de la partie adverse, c’était un peu +c’est pas moi, c’est mon cousin belge+, et nous, petite famille du nord-Isère, il aurait fallu qu’on assigne la société belge et puis la société italienne, et probablement aussi la société américaine…”- Milliards de dollars –  Le glyphosate, herbicide le plus vendu au monde (800.000 tonnes en 2014), a été classé en 2015 comme un “cancérogène probable” par le Centre international de recherche sur le cancer de l’Organisation mondiale de la santé.Le fonds français d’indemnisation des victimes des pesticides a reconnu en 2022 le lien possible entre le glyphosate et les malformations de Théo, qui reçoit depuis depuis une indemnité mensuelle de 1.000 euros.Depuis fin 2018, le produit est interdit en France pour un usage domestique. Son approbation en Europe a cependant été renouvelée en novembre 2023 pour 10 ans “sous réserve de certaines conditions et restrictions”.Depuis le rachat de Monsanto, Bayer a dû verser plus de 10 milliards de dollars en dommages et intérêts dans plus de 100.000 dossiers à cause du glyphosate, notamment aux Etats-Unis, accusé d’avoir causé des cancers, ce que le groupe nie.La décision a été mise en délibéré au 31 juillet.

Guerre commerciale: Emmanuel Macron dénonce une décision “brutale et infondée” de Trump

Emmanuel Macron a qualifié jeudi de “brutale et infondée” la décision de Donald Trump de rehausser brusquement les droits de douane, à l’ouverture d’une réunion à l’Elysée de responsables des principales filières affectées par ces mesures.Le président américain a signé un décret généralisant des droits de douane de 10% minimum sur toutes les importations arrivant aux États-Unis et de 20% pour les produits arrivant de l’UE.”Une chose est sûre, avec les décisions de cette nuit, l’économie américaine et les Américains, qu’il s’agisse des entreprises ou des citoyens, sortiront plus faibles qu’hier, et plus pauvres”, a également déclaré le président Macron, appelant les Européens à “rester unis” dans ces circonstances.Pour lui, “tous les instruments sont sur la table”, pour répondre, y compris la suspension des investissements aux Etats-Unis.Le président français a évoqué une “riposte européenne” en “deux étapes”. “La première riposte aura lieu mi-avril, elle porte sur les taxes déjà décidées en particulier sur acier et aluminium”. “La deuxième réponse, plus massive, celle aux tarifs annoncés hier (mercredi), se fera à la fin du mois après une étude précise, secteur par secteur”.L’inquiétude des milieux économiques était générale au lendemain des annonces de Donald Trump.Avant la réunion, dans une déclaration transmise à l’AFP, le président du Medef Patrick Martin avait lui aussi évoqué des mesures “d’une extrême gravité pour l’économie européenne et probablement pour l’économie américaine elle-même.”Il avait prôné à la fois “une négociation ferme” avec les Etats-Unis, mais aussi à la mise en place de mesures de soutien aux secteurs impactés”.La réunion de l’Elysée regroupe les représentants des grandes filières exportatrices et du patronat, en présence de François Bayrou et des ministres concernés (économie, agriculture, industrie, commerce extérieur).M. Bayrou pour sa part a considéré que la décision américaine était “une atteinte à l’idée que nous nous faisions de la stabilité du monde, en tout cas occidental”.- “Rapport de force” -Sont réunis à l’Elysée les représentants des filières aéronautiques (dont Guillaume Faury, de Airbus), industrielles, agricoles et viticoles. Ainsi que ceux de la chimie, de l’électronique, de la métallurgie, de la santé et des cosmétiques.Pour Emmanuel Guichard, de la Fédération des Entreprises de la Beauté (FEBEA), “il y aura forcément un impact pour l’industrie cosmétique de passer de 0% à 20% de droits de douane. Il sera avalé soit par l’inflation, soit par la baisse des volumes vendus avec les Etats-Unis, notre premier marché à l’export”, a-t-il indiqué à l’AFP.Le secteur automobile, qui sera touché par une surtaxe spécifique de 25% sur les voitures importées, n’était pas représenté à la réunion.A la Bourse de Paris, le CAC 40 accusait le coup, chutant de près de 3% à quarante minutes de la clôture.Les Etats-Unis étaient en 2023 le 4e marché à l’exportation de la France, derrière l’Allemagne, l’Italie et la Belgique, selon les douanes françaises.Parmi les secteurs les plus exposés figurent l’aéronautique (avec 9 milliards d’euros en 2024, il représente un cinquième des exportations de la France vers les Etats-Unis), le luxe (parfums, maroquinerie etc.), les vins et le cognac.- “Impact énorme” -“Nous évaluons les impacts potentiels”, a déclaré jeudi à l’AFP un porte-parole d’Airbus.”Nous vendons aux États-Unis, nous fabriquons, nous assemblons, nous développons aux États-Unis, comme peu d’autres entreprises”, avait expliqué en février le PDG de l’avionneur européen, Guillaume Faury.Côté vins et alcools distillés, la France, réputée pour ses vins de Bordeaux, de Bourgogne ou de Champagne, en exporte massivement aux Etats-Unis, qui est son premier marché à l’exportation.En 2024, quelque 2,4 milliards d’euros de “vins de raisin” ont traversé l’Atlantique pour les Etats-Unis, auxquels il faut ajouter 1,5 milliard d’euros de “boissons alcoolisés distillées”, notamment le cognac.La Fédération française des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS) craint “un recul des exportations (aux Etats-Unis) d’environ 800 millions d’euros”, avec “un impact énorme sur l’emploi et l’économie du secteur”.D’après les annonces faites mercredi, Donald Trump semble avoir abandonné l’idée d’une taxation à 200% des alcools européens qu’il avait envisagée à la mi-mars.vl-bpa-od/jbo

Violences sexuelles dans l’enseignement catholique: l’Eglise “doit mieux faire”, estime Mgr Aveline

Le futur président de la Conférence des évêques de France (CEF) Jean-Marc Aveline a estimé jeudi que sur la question des violences sexuelles dans l’enseignement catholique, l’Eglise “doit mieux faire”.”La situation actuelle montre qu’on peut mieux faire, pas simplement l’enseignement catholique mais aussi l’Eglise”, “et ça veut dire aussi: doit mieux faire”, a affirmé l’archevêque de Marseille, qui prendra en juillet la tête de l’épiscopat français pour une durée de trois ans.”Ce n’est pas une reprise en main de l’un par l’autre, mais une responsabilité commune qui nous incombe et nous serions en tort si nous ne la relevions pas”, a ajouté Mgr Aveline, élu mercredi à la tête de la CEF qui tenait son assemblée plénière.”Il faudra qu’on encourage sérieusement une révision de la façon dont nous travaillons en Eglise avec l’enseignement catholique”, a-t-il ajouté sans plus de détails.Après deux jours de colloque, lundi et mardi, pour faire le point sur la lutte contre les violences sexuelles, “c’est résolument qu’on a pris l’option de poursuivre le travail”, a-t-il assuré.”Il n’est pas question de s’arrêter en chemin”, a martelé Mgr Aveline.Mais alors que les révélations sur multiplient sur Notre-Dame-de-Bétharram, “le centre de gravité se déplace un peu” puisque “l’enseignement catholique est au centre de beaucoup d’attention et il y a beaucoup de travail à faire”, a-t-il ajouté.Mgr Vincent Jordy, reconduit jeudi comme vice-président de la CEF aux côtés de l’évêque de Pontoise Benoît Bertrand, a assuré que la présidence avait rencontré “trois personnes du collectif de Bétharram” dont le porte-parole Alain Esquerre.Interrogé sur ses futurs chantiers, Jean-Marc Aveline a mentionné “la contribution que l’Eglise peut apporter à de grands défis de société”, tels que la pauvreté. A Marseille “le nombre de gens qui dorment dans la rue a cru énormément ces dernières années” et l’Eglise “ne serait pas à sa place si elle n’essayait pas, sur ces lignes de fracture, d’apporter sa contribution. C’est vrai pour les pauvres, les migrants, toutes sortes de populations en difficulté”, a-t-il affirmé.Quant à la hausse des baptêmes de jeunes enregistrée ces dernières années, “il ne faut pas crier cocorico trop vite”: il y a “une responsabilité dans l’accueil” or “on n’a pas formé les accompagnateurs de catéchumènes”.”Il faut rattraper ce retard, on va le faire”, a-t-il assuré.

Meurtre d’un bébé à la crèche: 30 ans de prison requis contre l’accusée

Trente ans de réclusion criminelle, dont 20 ans incompressibles, ont été requis jeudi à Lyon contre une employée de crèche qui, en 2022, a empoisonné un bébé dont elle avait la garde avec un produit caustique de type Destop.Il y a une part “d’insondable, qui nous échappe” dans ce crime, a déclaré l’avocat général Baptiste Godreau, tout en estimant que l’accusée, Myriam Jaouen, avait agi “en parfaite conscience”.”Afin de sanctionner l’extrême gravité de cet acte, pour avoir lâchement retiré la vie à une enfant sans défense, afin de protéger la société de façon durable et de protéger les intérêts de la famille”, il a assumé de réclamer une peine “lourde”.Les jurés de la cour d’assises du Rhône, qui doivent encore entendre les arguments de la défense, rendront leur verdict en fin de journée.L’accusée, aujourd’hui âgée de 30 ans, a reconnu dès sa garde à vue avoir fait ingérer le liquide corrosif, un déboucheur de canalisation, à la petite Lisa, tout en assurant ne pas avoir voulu la tuer.Elle a présenté plusieurs versions des faits avant de reconnaître, au cours du procès, avoir maintenu la tête de l’enfant et versé le produit directement dans sa bouche. Elle ne supportait plus, selon ses explications, les pleurs de la petite fille.”Huit minutes seule avec un enfant quand on est diplomée d’un CAP petite enfance, est-ce que c’est insurmontable”?, s’est interrogé M. Godreau en référence au court intermède lors duquel s’est noué le drame.Le magistrat a dénoncé la “lâcheté” de l’accusée après les faits, qui n’a pas appelé les secours elle-même, a fait disparaître la bouteille de liquide incriminée, a fini sa journée de travail puis est allée faire du shopping, apparemment indifférente à “l’agonie” du bébé.- “Cruauté indicible” -L’avocate des parents de Lisa a regretté les réponses évasives de l’accusée pendant le procès.”La première personne qui doit réfléchir, se remettre en question (…), c’est Myriam Jaouen et elle ne le fait pas”, a déploré Me Catherine Bourgade. “Au bout de trois jours, on n’en sait pas plus”.Mais pour Me Jean Sannier, conseil de l’association Innocence en danger, “elle ne répondra pas, car il n’y a pas de réponse: on ne tue pas un enfant dans une crèche”.Elle a commis “un geste d’une cruauté indicible”, a renchéri sa collègue Sidonie Leblanc pour L’Enfant bleu Enfance maltraitée, qui s’est également constituée partie civile.Les débats, auxquels Myriam Jaouen a assisté le dos souvent voûté mais sans manifester beaucoup d’émotion, ont mis en lumière sa personnalité fragile et ses capacités cognitives limitées. A l’époque du drame, la jeune femme, atteinte d’une surdité partielle, vivait encore chez ses parents après une scolarité difficile et des expériences intermittentes dans le secteur de la petite enfance.Elle est d’une “immaturité absolue”, a pointé l’avocat général.- “Pas un bébé Destop” -Malgré ses failles et son manque d’expérience, Myriam Jaouen avait été embauchée par le groupe People & Baby qui gérait la micro-crèche Danton Rêve.Le 22 juin 2022, elle était seule à l’ouverture de l’établissement, quand le père de Lisa est venu déposer le nourrisson, qui “ne pleurait pas” selon son témoignage poignant.Quelques minutes plus tard, deux femmes venues déposer leurs fils ont trouvé l’employée en panique, et l’enfant en train de vomir.La fillette, grièvement brûlée, est décédée en fin de matinée à l’hôpital où elle avait été transportée.Le drame a suscité un vif émoi et déclenché une série d’enquêtes administratives, parlementaires et journalistiques qui ont épinglé la course au rendement dans le secteur des crèches privées.Très éprouvés, les parents de Lisa ont souhaité ramener le débat sur la responsabilité pénale du “monstre” qui a tué leur fille.”Parler des crèches, c’est un mauvais sujet”, a lancé mercredi la mère, vibrante d’émotion et de colère. Lisa, “c’était pas un bébé Destop”, a-t-elle asséné, mais une petite fille riante, tuée à une semaine de son premier anniversaire.