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Pour Hugo Roellinger, la 3e étoile Michelin “ne change rien mais change tout”

Dans le décor feutré d’une villa des années 1920 plantée en bord de mer, face au Mont-Saint-Michel, éclatent quelques applaudissements. Des clients félicitent Hugo Roellinger, chef cuisinier qui vient de décrocher sa troisième étoile au guide Michelin, la seule de Bretagne.”On est encore sur un petit nuage et avec une gueule de bois émotionnelle”, dépeint le chef de 37 ans, queue de cheval, t-shirt et surchemise, dans un petit salon où sont accueillis habituellement les clients de son restaurant, Le Coquillage, à Saint-Méloir-des-Ondes, près de Cancale (Ille-et-Vilaine).”Cela faisait trois ans qu’on faisait partie des prétendants, mais jusqu’au dernier moment, on n’a rien su”, raconte-t-il. Pour autant, un “faisceau d’indices” laissait penser qu’il pouvait décrocher la plus haute distinction, une vingtaine d’années après son père Olivier Roellinger, considéré comme un monument de la gastronomie française.D’abord, plusieurs visites d’inspecteurs du guide Michelin, qui malgré leur anonymat, ont été repérés par les équipes du restaurant. Puis l’invitation à la cérémonie de remise des prix de son épouse Marine, qui travaille avec lui, et de ses parents. S’étant mis à la cuisine alors que son père avait rendu ses trois étoiles pour raisons de santé, “je n’ai jamais eu son regard en cuisine” sur son travail, “c’est une chance”, relate-t-il.”Je suis hyper fier d’offrir les trois étoiles à mes parents”, confie-t-il.Cette troisième étoile “ne change rien mais change tout”, poursuit l’ancien officier de marine marchande en faisant visiter les salles du restaurant surplombant des jardins et la plage qui le matin accueillent les clients de l’hôtel attenant au restaurant, ou encore le cabinet de curiosités regroupant les coquillages récoltés enfant au cours des voyages en famille.”Ce n’est pas parce qu’on a trois étoiles qu’on va mettre plus d’esbroufe”, assure le père de deux enfants, dont la marque de fabrique est le menu unique d’une douzaine de plats aux noms emprunts de poésie, avec la mer maîtresse et la viande proscrite depuis plusieurs années.- “600 réservations” -“Cela fait quelques années qu’on a un niveau d’exigence très élevé”, explique Hugo Roellinger.Pendant que le chef fêtait sa consécration à l’autre bout de la France, ses équipes étaient réunies dans un bar de Cancale pour y suivre la remise des récompenses retransmise sur écran géant “comme un match de foot”, raconte le cuisinier avec émotion.”J’ai besoin de mon équipe, de ce lieu”, dit encore le chef, en montrant le potager à deux pas de la villa, où poussent les aromates qui serviront en cuisine, la serre qui abrite agrumes et légumes, le verger avec ses 25 variétés de pommes et un champ voisin où trône une ancre de bateau, face à la mer.Malgré ce désir de continuer sur la même lignée, l’annonce de cette nouvelle étoile et son “coup de projecteur”, six ans après la deuxième, bouscule. “On a pris 600 réservations d’un coup!”, lâche Hugo Roellinger, abasourdi. Avec un restaurant triplement étoilé situé à Cancale, “ça crée une destination” gastronomique susceptible d’attirer des clients internationaux, espère-t-il. “ça fait plaisir à l’ego, pour l’équipe et pour la Bretagne.”

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En Asie centrale, les moissons menacées par une forte vague de chaleur printanière, selon une étude

Une vague de chaleur intense et inhabituelle a frappé l’Asie centrale en mars, selon une étude publiée vendredi, mettant en péril les moissons et l’accès à l’eau dans une région largement rurale, qui subit déjà les conséquences du réchauffement climatique.Au cours de ce mois de mars, les températures y étaient supérieures de jusqu’à 10 degrés Celsius par rapport à la moyenne pré-industrielle, selon le World Weather Attribution (WWA), un réseau de référence qui a mené cette recherche.L’étude a été réalisée dans les cinq pays d’Asie centrale: le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan, le Turkménistan et l’Ouzbékistan.Le changement climatique a intensifié la vague de chaleur d’environ 4 degrés Celsius, a déclaré le WWA dans un communiqué, tout en prévenant que ce chiffre était “probablement sous-estimé”.”C’est une vague de chaleur qui n’a pas fait les gros titres – elle a eu lieu au printemps et dans une région qui n’est pas vraiment connue pour des vagues de chaleur écrasantes”, souligne dans un communiqué Maja Vahlberg, experte du Centre pour le climat de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, qui a participé à l’étude.”Nos études sur les vagues de chaleur détectent souvent des changements de 2 à 4 degrés Celsius, donc 10 degrés Celsius, c’est franchement délirant”, relève Ben Clarke, chercheur de l’Imperial College de Londres.”Des températures plus chaudes en mars ont des conséquences sur les récoltes agricoles et l’accès à l’eau en Asie centrale, ainsi que la santé des habitants”, explique Friederike Otto, codirectrice du WWA.La fonte des glaciers est déjà une menace majeure pour cette région aride et enclavée, à des milliers de kilomètres des mers les plus proches.Les glaciers y font office de châteaux d’eau cruciaux pour la sécurité alimentaire des Centrasiatiques, alimentant les fleuves notamment durant les mois sans précipitations.Mais de 14 à 30% des glaciers du Tian-Shan et du Pamir, les deux principaux massifs montagneux centrasiatiques, ont fondu ces 60 dernières années, estime la Banque eurasiatique de développement dans un rapport.Cette vague de chaleur est arrivée à une saison cruciale pour l’agriculture, lorsque les amandiers, abricotiers et cerisiers fleurissent et que le blé est semé. Environ la moitié de tous les travailleurs du Tadjikistan et de l’Ouzbékistan sont employés dans le secteur agricole, qui représente un cinquième de l’économie de la région.Au plus chaud, les températures ont pu atteindre 30 degrés Celsius, ce qui est très inhabituel au mois de mars.L’Asie centrale connaît généralement des hivers extrêmement rigoureux et des étés très chauds.Selon les climatologues, de telles vagues de chaleur précoces, ne resteront probablement pas une exception dans la région.”Nous devrions nous attendre à ce que des événements comme celui-ci se produisent souvent”, a déclaré Ben Clarke en réponse à une question de l’AFP lors d’une conférence de presse.

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Dans les cendres et les larmes, l’étrange mission de préservation d’une forêt thaïlandaise brûlée

La généticienne Inna Birchenko pleure, au milieu de la réserve naturelle thaïlandaise d’Umphang. Il n’était pas prévu que cette forêt, où elle est venue collecter des spécimens d’arbres, brûle. La fumée flotte encore dans l’air.”Cette belle communauté diverse d’arbres et d’animaux est en train d’être détruite sous nos yeux”, se lamente-t-elle, choquée de découvrir les ravages du feu.Inna Birchenko est chercheuse aux célèbres Jardins botaniques royaux de Kew, un organisme public britannique qui gère le projet titanesque de la “Banque de semences du millénaire”: près de 2,5 milliards de graines de plus de 40.000 espèces de plantes sauvages méticuleusement échantillonnées dans le monde, et conservées pour la postérité.Avec des scientifiques du Royaume-Uni et de Thaïlande, elle est cette fois venue ici pour collecter des graines et des feuilles d’arbres de cette réserve naturelle, censée être un joyau de préservation. Avec l’objectif d’étudier l’impact de la température et de l’humidité sur la germination des arbres.Ces connaissances pourraient un jour aider à reboiser avec des arbres plus résistants à l’élévation des températures et aux climats plus secs.Mais à Umphang, dans cette zone isolée du nord-ouest thaïlandais, les chercheurs sont atterrés de constater les répercussions des activités humaines sur des forêts pourtant théoriquement protégées.La randonnée sauvage d’Inna Birchenko et de ses collègues s’est transformée en sinistre marche de plusieurs kilomètres sur un sol couvert de cendre noire et grisâtre, à travers des bois parfois encore fumants. Ils ont aussi découvert, sur des parcelles visiblement défrichées, des étendues de champs de maïs.Aucune trace de la faune sauvage: Inna ne verra pas les calaos (des oiseaux), éléphants, cerfs et tigres qui font la réputation du site.A la place, l’équipe ramasse une cigale jaune à moitié carbonisée et découvre cinq oeufs aux coquilles roussies par les flammes dans un nid de poule sauvage.”Cela me fend le coeur”, lâche Nattanit Yiamthaisong, doctorante de l’unité de recherche sur la restauration des forêts (Forru) à l’université de Chiang Mai, qui travaille avec Mme Birchenko et son collègue de Kew, Jan Sala.”Je croyais qu’une réserve ou un parc naturel étaient des zones protégées. Je ne m’attendais pas à voir autant de champs, ni autant de feux”.- Incendies récurrents -Les feux de forêt sont courants en Thaïlande au printemps, quand les agriculteurs embrasent les restes de la récolte précédente pour faire place nette à de nouveaux semis.Certaines communautés, qui peuplent les zones protégées de longue date, ont des autorisations spéciales pour y cultiver des parcelles.Les brûlis agricoles peuvent aider à enrichir le sol. Le feu fait aussi partie intégrante d’écosystèmes forestiers, certaines graines en ayant par exemple besoin pour germer.Mais, parfois, les feux de champs atteignent les forêts adjacentes, accidentellement ou non. Le risque est accru par le climat plus sec lié au changement climatique et par la pression économique sur les agriculteurs, qui les pousse à semer plus fréquemment et sur de plus grands espaces.Or des forêts soumises à des incendies récurrents et extrêmes pourraient ne jamais s’en remettre, avertissent des experts.Vue de satellites de la Nasa, la multiplication des incendies est frappante depuis plusieurs semaines dans de nombreuses zones de Thaïlande pourtant officiellement protégées.Dans la région touristique de Chiang Mai, les pompiers interviennent et envoient des hélicoptères qui larguent de l’eau sur les forêts en flammes, au prix de milliers de dollars par mission.Mais la réserve d’Umphang, elle, est loin des regards et délaissée. Des gardes forestiers protègent certes le secteur, mais ils sont mal payés et surmenés, et manquent de moyens, selon des défenseurs de l’environnement.Le ministère thaïlandais des Parcs nationaux n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP.- Déforestation rapide -“La forêt tropicale immaculée que nous nous attendions à voir a disparu”, déplore Jan Sala, expert en germination. “Cela montre vraiment l’importance de la préservation de la biodiversité car tout est en train d’être déboisé très, très rapidement”.Le projet de Jan Sala et Inna Birchenko vise à cartographier la structure et la diversité génétiques de trois espèces d’arbres, à prédire leur résistance au changement climatique et, au bout du compte, à délimiter en Thaïlande des zones de plantation selon l’adaptabilité des espèces.”Nous espérons que certains (arbres) seront plus résistants au changement climatique. Et ensuite (…) nous pourrons mieux faire usage” de tel ou tel type d’arbre pour reboiser, explique M. Sala.De retour au Royaume-Uni, les chercheurs feront germer les graines collectées, à des températures et des niveaux d’humidité différents afin de connaître leurs limites.Des analyses génétiques permettront d’identifier les mutations qui rendent les arbres plus résistants au réchauffement.D’où la mission de collecte de spécimens en Thaïlande, concentrée sur trois espèces d’arbres non menacées: l’albizia odoratissima, le phyllanthus emblica (une sorte de groseiller) et le sapindus rarak. Toutes se développent dans des climats différents et les habitants de la zone savent les repérer.Malgré leur aide, la tâche s’avère parfois complexe pour l’équipe scientifique, qui scrute la forêt pour repérer les formes de feuilles des arbres en question.- Capsule “pour l’avenir” -“Ma Sak?”, crie Jan Sala, en prononçant le nom local du sapindus rarak, dont les fruits étaient autrefois utilisés comme détergent naturel.La confirmation revient au technicien du Forru, Thongyod Chiangkanta, un ancien garde forestier et expert en identification des plantes.Idéalement, les graines sont prélevées dans les fruits encore attachés à l’arbre. Quand les branches sont trop hautes, l’équipe lance une corde rouge lestée vers les branches pour les secouer et faire pleuvoir les fruits, mais aussi des feuilles qu’analysera Inna Birchenko. Ces échantillons de branches et de feuilles sont soigneusement pressés comme dans un herbier, et rejoindront plus de sept millions d’autres spécimens en Angleterre, dans l’herbarium de Kew.Quant aux graines, les chercheurs prévoient d’en collecter des milliers durant l’expédition, en s’assurant au préalable qu’elles ne sont ni gâtées ni infestées.La mission n’est pas infructueuse. “C’est génial de trouver les arbres, mais en même temps vraiment triste, parce qu’à cinq mètres de l’arbre, il y a un feu de forêt, l’espace est dégradé, et j’imagine que ces arbres ne seront plus là dans quelques années”, dit Jan Sala.Les prélèvements de l’équipe ont lieu dans sept zones de Thaïlande, qui heureusement n’ont pas toutes brûlé.C’est “une capsule de la diversité génétique que nous préservons pour l’avenir”, résume Inna Birchenko, qui n’en reste pas moins anxieuse de l’avenir: “Nous faisons quelque chose, mais nous faisons trop peu et peut-être trop tard.”

Batteries: les usines françaises avancent malgré la défiance du secteur

ACC, AESC, Verkor: les usines de batteries pour véhicules électriques grandissent dans le nord de la France, même si le secteur est en plein doute après la faillite du géant suédois Northvolt.La pionnière ACC monte en cadence à Douvrin. Elle a livré ses premières batteries pour la Peugeot 3008. “Nous avons fabriqué autant de cellules et de modules au premier trimestre 2025 que pendant toute l’année 2024”, a souligné Matthieu Hubert, secrétaire général d’ACC.A quelques kilomètres de là, AESC-Envision fait les derniers tests avant de lancer la production en série. L’usine du géant sino-japonais de la batterie s’est installée à Douai sur un parking de l’usine Renault, dont il équipera les R5 électriques.Près du port de Dunkerque et de l’imposante centrale nucléaire de Gravelines, au milieu des champs, l’usine de la start-up Verkor est sortie de terre et installe ses machines. “On va tout raccorder mécaniquement, électriquement, dans les prochaines semaines”, a déclaré mercredi à des journalistes Benoît Lemaignan, un des cofondateurs de Verkor. Après des tests, l’entreprise devrait démarrer la production au plus tard en début d’année 2026.L’objectif de Verkor est de produire 16 gigawattheures de batteries par an à partir de 2028, dont 12 pour Renault, soit de quoi équiper 150.000 véhicules. A quelques pas de la nouvelle usine, un terrain est réservé pour le groupe taïwanais ProLogium, qui compte y construire aussi sa propre usine française.- Stratégique -La réussite de ces usines de batteries pour voitures électriques en France, en Hongrie ou en Espagne est considérée comme stratégique par l’Europe, alors que la Chine produit encore 83% des batteries mondiales, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Plus de 60 milliards d’euros ont été investis dans ces usines à travers le continent depuis 2020, selon le géant de l’informatique Capgemini.Dans la “vallée de la batterie” du nord de la France, ces usines devraient créer 13.000 emplois directs et au moins le double d’emplois indirects, d’après l’Aria, qui représente les industriels locaux de l’automobile.Réuni cette semaine à Dunkerque, le secteur s’interrogeait sur les difficultés des entreprises à monter en cadence et surtout à trouver des financements. La faillite début mars de Northvolt, plus grande initiative européenne dans ce secteur stratégique, était liée à des retards dans sa production mais aussi à un ralentissement du marché des voitures électriques en Europe.Pour Richard Bouveret, patron de Blue Solutions, “il y a eu un peu d’hystérie” sur les financements et “beaucoup d’actionnaires le paient”. Cette filiale du groupe Bolloré mise sur un modèle de batteries et d’usines moins coûteuses, tandis que d’autres comme ProLogium visent des batteries plus puissantes promettant une recharge très rapide.”Il faut aller au-delà des produits qu’on a déjà et gagner la confiance des consommateurs comme des investisseurs”, a estimé M. Bouveret lors d’une table ronde.La rentabilité de ces projets pharaoniques reste incertaine. Les coûts de production en Europe sont environ 50% plus élevés qu’en Chine, la chaîne d’approvisionnement liée aux batteries reste relativement faible et le secteur manque de salariés qualifiés, notait l’AIE début mars dans un rapport.”On est à un moment charnière”, a résumé Pierre Bagnon, spécialiste du secteur chez Capgemini.Après leur construction, les usines doivent faire des tests pendant de longs mois et produire des cellules de batteries qui seront jetées, avant de monter en qualité et passer à la production en série. Le patron d’ACC, Yann Vincent, parle de cette phase de tests comme d’une “vallée de la mort”.”Le démarrage ne dure pas un an”, a précisé M. Bagnon. “Construire une industrie européenne pérenne, durable dans le temps en termes de consommation énergétique, se passe sur le temps long”, a-t-il relevé.”Que ce soit aux Etats-Unis ou en Asie, les niveaux de soutien ont été considérables. L’Europe n’a pas encore pris conscience de ce dont on parlait”, a lancé Benoît Lemaignan chez Verkor. Comparés à l’argent que l’Europe dépense pour importer du pétrole, “les petits milliards qui ont été mis sur la table pour construire une industrie de la batterie en Europe ne sont pas à la hauteur”, selon lui.

Chikungunya à La Réunion: “Les semaines les plus délicates se profilent”, dit Valls

“Les semaines les plus délicates se profilent” à La Réunion, où le pic de l’épidémie de chikungunya est attendu mi-avril, a déclaré vendredi le ministre des Outre-mer Manuel Valls, qui se rendra sur place à partir de samedi.”Il y a un énorme travail qui est fait pour lutter contre les effets du chikungunya. Les semaines les plus délicates se profilent, le pic est attendu mi-avril”, a-t-il déclaré sur franceinfo, ajoutant que 40.000 doses de vaccin étaient arrivées jeudi, à destination en priorité des personnes âgées ou fragiles.Le ministre des Outre-mer a précisé que l’épidémie “met sous tension tout le système de santé”, alors que l’hôpital du sud notamment, dans la partie de l’île la plus touchée par l’épidémie, a publié un “appel à la population à éviter de se rendre aux urgences pour des situations non critiques”.Manuel Valls doit se rendre à partir de samedi à La Réunion puis à Mayotte. “L’une des raisons pour lesquelles je me rends à La Réunion, c’est pour marquer notre engagement sur ce dossier qui inquiète évidemment les populations”, a-t-il dit.L’épidémie de chikungunya a fait plus de 20.000 cas depuis son déclenchement en août 2024 et continue de progresser. Selon le dernier bilan sanitaire, publié mercredi, près de 6.000 nouveaux cas ont été enregistrés au cours de la semaine du 17 au 23 mars.Deux personnes, âgées de 86 et 96 ans, sont officiellement  mortes du virus, transmis par le moustique tigre. L’ARS a également recensé 31 cas graves, dont la moitié chez des nourrissons.La Haute autorité de santé a recommandé début mars de vacciner en priorité les personnes de plus de 65 ans, les adultes avec des comorbidités et les agents de lutte anti-moustique. Le seul vaccin disponible est le vaccin Ixchiq, du groupe ple vaccin Ixchiqharmaceutique franco-autrichien Valneva, qui a reçu une autorisation de mise sur le marché européen en juin 2024.L’impact de la maladie reste pour l’instant loin de celui de l’épidémie de 2005-2006, qui avait touché 260.000 personnes – plus d’un tiers de la population – et fait plus de 200 morts.Manuel Valls se rendra ensuite à Mayotte, “qui reste dans une situation très difficile” après le cyclone Chido en décembre, qui a tué au moins 40 personnes. Après une première loi d’urgence pour la reconstruction de l’île entrée en vigueur fin février, un projet de loi plus complet pour “refonder” l’île arrivera au Sénat le 19 mai.

L’enquête sur les “biens mal acquis” gabonais en France est terminée

Vers un nouveau procès de “biens mal acquis” ? Le juge d’instruction chargé de l’enquête ouverte en 2010 sur des biens gabonais acquis de façon frauduleuse en France a signifié la fin des investigations, dans lesquelles sont mis en cause onze descendants d’Omar Bongo ou encore la BNP Paribas.Une source judiciaire a confirmé vendredi à l’AFP cette information apprise de source proche du dossier.Il appartient désormais au Parquet national financier (PNF) de prendre ses réquisitions avant la décision finale du magistrat instructeur sur la tenue éventuelle d’un procès.Le dossier fait l’objet au total de vingt-quatre mises en examen : onze descendants du défunt président Omar Bongo, dont Pascaline, fille aînée et ex-directrice de cabinet d’Omar, la banque BNP Paribas, mais aussi l’ex-miss France Sonia Rolland, un notaire, un avocat ou encore plusieurs sociétés civiles immobilières. Un des mis en cause est décédé.L’Etat gabonais a obtenu d’être partie civile.Dans ce dossier foisonnant et vieux de plus de quinze ans, plusieurs membres de la famille Bongo sont suspectés d’avoir bénéficié d’un important patrimoine immobilier “frauduleusement” acquis et évalué par la justice “à 85 millions d’euros”.Les biens auraient été obtenus grâce à l’argent de la “Françafrique”, un puissant système de corruption, de cooptation politique et de chasses gardées commerciales entre Paris et ses anciennes colonies du continent, qui a notamment donné lieu à l'”affaire Elf” en France.Selon des éléments de l’enquête obtenus par l’AFP, la justice française considère qu’Omar Bongo a remis à une société gabonaise, Atelier 74, au moins 52 millions d’euros en espèce pour procéder à des acquisitions immobilières et à des travaux de réfection. L’argent transitait ensuite sur le compte français de cette société.En août 2023, le renversement par des militaires du président Ali Bongo Ondimba est venu remettre en cause son immunité de chef d’Etat et le menacer d’être à son tour poursuivi.”Il n’est pas mis en examen à ce stade”, a indiqué la source judiciaire à l’AFP. Mais le débat sur la mise en examen de celui qui selon la justice “connaissait l’origine frauduleuse de la fortune de son père” pourrait être réglé par le PNF et le juge d’instruction à l’occasion de la clôture du dossier. Selon deux sources proches du dossier, son immunité pourrait finalement être retenue.- “Carences” -Au total, environ 70 millions d’euros de biens ont été saisis, indiquait fin 2023 une source judiciaire, notamment des propriétés dans des coins huppés de Paris, en Provence ou sur la Côte d’Azur.La banque BNP Paribas, elle, a été mise en examen en mai 2021 pour “au moins 35 millions d’euros” de blanchiment allégué.En interrogatoire, elle avait reconnu des “carences” mais contesté tout “dessein frauduleux”.L’ex-miss France 2000, Sonia Rolland, est quant à elle poursuivie depuis mai 2022 pour recel de blanchiment de détournement de fonds publics, pour avoir reçu en 2003 un appartement parisien d’Edith Bongo, épouse d’Omar Bongo.Sollicités, plusieurs avocats d’enfants Bongo n’ont pas répondu à l’AFP.En défense, plusieurs de ces descendants ont contesté connaître l’origine frauduleuse des fonds ou argué de leur jeune âge au moment de l’acquisition des biens.”On est certain que tout le clan Bongo et ses complices prestataires français vont être jugés, il va y avoir un procès, on peut l’espérer à l’horizon 2026″, a réagi Me William Bourdon, avocat de l’association anti-corruption Transparency International, à l’origine de cette procédure via une plainte en mai 2007.”Les investigations ont été très poussées et les circuits d’enrichissement du clan ont été parfaitement mis à jour ainsi que ceux qui les ont facilités en France ou en ont été les bénéficiaires”, a ajouté le conseil.Après la condamnation, définitive depuis 2021, de Teodorin Obiang dans le volet équato-guinéen, d’autres volets africains du dossier sont à ce jour moins avancés, notamment celui congolais.En juillet 2021, le Parlement français a voté un dispositif de restitution aux populations des avoirs saisis dans les affaires de biens mal acquis.

Droits de douane: “Nous faisons appel au patriotisme” des entreprises, lance le ministre français de l’Economie

Le ministre de l’Economie, Eric Lombard, a appelé vendredi les entreprises françaises à faire preuve de “patriotisme” face aux droits de douane massifs annoncés par le président américain Donald Trump. “Nous faisons appel au patriotisme”, a déclaré M. Lombard sur BFMTV/RMC. Alors que s’engage une négociation avec les Américains sur les droits de douanes, “il est clair que si une grande entreprise française acceptait d’ouvrir une usine aux États-Unis, ce serait donner un point aux Américains”, a-t-il ajouté. Le président Emmanuel Macron avait appelé jeudi les entreprises à suspendre leurs investissements outre-Atlantique. A propos de la riposte européenne qui se prépare, Eric Lombard a averti qu’elle pourrait aller “au-delà des droits de douane”. Il a évoqué normes, échange de données ou outils fiscaux.”On va riposter sur un ensemble de produits sur lequel on ne risque pas de désorganiser l’échelle de valeur en Europe”, a ajouté le ministre sur BFMTV/RMC. “La riposte peut être très vigoureuse et il ne faut pas qu’on riposte exactement avec les mêmes armes parce que si on fait comme les Etats-Unis (…), on va avoir aussi un effet négatif en Europe”, avec inflation et baisse de la croissance, a-t-il souligné. La riposte doit être “proportionnée” et “nous conduire à la table de négociation”, laquelle se fait “d’égal à égal”, l’économie européenne étant une “des plus puissantes du monde”, a-t-il insisté. “Nous avons tout à fait les moyens de négocier (…) pour obtenir un désarmement (des mesures annoncées, NDLR) le plus rapidement possible. Le dialogue se poursuit en permanence”, a-t-il ajouté.

Présidence LR: ces nouveaux adhérents LR attirés par le match Retailleau-Wauquiez

Il y a ceux qui rentrent au bercail par “fidélité” à Laurent Wauquiez et ceux qui s’engagent pour la première fois, séduits par le “courage” de Bruno Retailleau: tour d’horizons des nouveaux adhérents LR qui affluent pour élire le nouveau patron de la droite. A Oullins, dans l’agglomération lyonnaise, les participants au meeting du député de Haute-Loire doivent s’armer de patience pour quitter les lieux, les organisateurs ne les laissant passer qu’au compte-goutte pour dénicher parmi eux ceux qui n’ont pas encore adhéré. La plupart ont déjà sauté le pas, à l’image de Xavier, 54 ans, qui préfère taire son nom de famille, comme beaucoup d’autres personnes interrogées.Il confie avoir claqué la porte du parti “il y a plus 20 ans”, mais il a repris sa carte récemment pour voter par “fidélité à Laurent Wauquiez” dont il espère qu’il pourra accomplir à l’échelon national “ce qu’il a fait” à la présidence de la région Auvergne-Rhône-Alpes.Le dispositif mis en place place à Oullins témoigne du rôle déterminant qu’auront, une fois encore, les nouveaux adhérents dans le choix du président de LR lors d’un congrès les 17 et 18 mai.  Le parti est d’ailleurs “en passe de doubler” le nombre de ses membres qui était de près de 44.000 au début de la campagne, indique à l’AFP une source du parti. Des chiffres que l’AFP n’a pu vérifier.- “C’est pas gagné” -L’argument de la “fidélité” à Laurent Wauquiez revient avec plus de force encore le lendemain lors d’une autre réunion publique dans son fief du Puy-en-Velay.      “On veut que notre cheval gagne!”, s’exclament Louis et Chantal, un couple de retraités qui signent leur chèque d’adhésion juste avant les discours, reconnaissant voter de longue date pour Laurent Wauquiez, mais sans jamais avoir adhéré aux Républicains pour autant.”Si on est là aujourd’hui, c’est que ce n’est pas gagné pour lui. Il a besoin de notre soutien”, renchérissent Monique et Jean, un couple qui a patiemment fait la queue pour -disent-ils- “régulariser” leur situation chez LR. En Haute-Loire, Laurent Wauquiez se targue d’avoir multiplié par 7 le nombre d’adhérents, passés de 200 à 1.400 depuis la mi-février, et espère même les décupler d’ici la date limite d’adhésion fixée au 17 avril, un mois avant le scrutin.Si LR a frôlé la disparition en juin lorsque son ancien patron, Eric Ciotti, s’est allié au RN aux législatives, le parti s’est redressé depuis l’arrivée en septembre de Michel Barnier à Matignon, retrouvant des couleurs dans les sondages, en particulier Bruno Retailleau qui attire la lumière à Beauvau.- “Retailleau présidentiable” -A Maisons-Alfort en banlieue parisienne, lors d’un meeting, le Vendéen place à trois reprises dans son discours un appel aux adhésions pour ce qu’il présente comme “l’élection du siècle”.Ici aussi, les bulletins sont distribués généreusement à l’entrée. Et comme à Oullins, la plupart des participants ont déjà leur carte, même si certains se plaignent de ne pas l’avoir encore reçue par courrier.C’est le cas d’Emma Dubois, 23 ans, qui a adhéré pour la première fois dix jours plus tôt, convaincue par le “courage” de Bruno Retailleau, “un présidentiable comme on n’en avait pas connu depuis Nicolas Sarkozy”. Agé de 22 ans, Antoine Luciani raconte comment il a adhéré à la fin février avec ses deux parents, précisant que sa mère avait voté François Hollande en 2012 et Emmanuel Macron en 2017 “et maintenant elle est presque plus à droite que nous”.”Je suis aligné sur les idées de Bruno Retailleau, mais aussi sur celles de François-Xavier Bellamy et Philippe de Villiers. C’est la ligne (conservatrice, ndlr) de ce que devrait être la droite aussi bien d’un point de vue sociétal qu’économique”, soutient ce jeune militant.        Au terme du discours du ministre de l’Intérieur, Freddy Onillon, 50 ans, venu avec un ami, se laisse encore le temps de réfléchir avant de reprendre sa carte, même s’il admet “une prédisposition pour la famille LR depuis de longues années”.  

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Les climatosceptiques s’enthousiasment pour une étude…rédigée par l’IA d’Elon Musk

Un étude présentée comme entièrement rédigée par Grok 3, le chatbot d’intelligence artificielle (IA) d’Elon Musk, est brandie par les climatosceptiques sur les réseaux sociaux mais des chercheurs indépendants mettent en garde contre la crédibilité d’une telle méthode.Intitulé “Réévaluation critique de l’hypothèse du réchauffement planétaire lié aux émissions de CO2″, l’article rejette notamment les conclusions et projections des rapports des experts de l’ONU sur le climat (Giec), se fondant notamment sur des études largement contestées depuis des années dans le domaine scientifique.De nombreux comptes climatosceptiques ont partagé l’étude après sa publication fin mars, y compris le biochimiste américain Robert Malone, à l’origine de multiples fausses informations au sujet de la vaccination durant la pandémie de Covid-19.”L’utilisation de l’IA pour la recherche financée par l’Etat va se normaliser et des normes seront élaborées pour son utilisation dans les revues scientifiques”, a estimé M. Malone. L’étude sonne la fin de “l’escroquerie climatique”, a-t-il même clamé sur X, recueillant plus d’un million de vues.Il existe pourtant un consensus scientifique faisant un lien entre la consommation d’énergies fossiles et le réchauffement, ainsi que l’intensité grandissante de phénomènes météorologiques, comme les vagues de chaleur et les inondations.- “Pas la capacité de raisonner” -Des spécialistes mettent ainsi en garde contre un faux sens de neutralité sous couvert d’une intelligence artificielle présentée comme “auteure” d’un article scientifique.Ces “grands systèmes de langage n’ont pas la capacité de raisonner. Il s’agit de modèles statistiques qui prédisent des mots ou phrases sur la base de ce à quoi ils ont été formés. Ce n’est pas de la recherche”, rappelle Mark Neff, professeur en sciences de l’environnement.L’article soutient que Grok 3 a “rédigé l’intégralité du manuscrit”, avec l’aide de coauteurs qui ont “joué un rôle crucial dans l’orientation de son développement”.Parmi ces coauteurs figure l’astrophysicien Willie Soon, un climatosceptique notoire qui a reçu plus d’un million de dollars de fonds provenant du secteur des énergies fossiles à travers sa carrière.Certaines études référencées par Grok 3, pourtant remises en questions par des scientifiques lors de leur parution, ont été rajoutées dans l’analyse à la demande des coauteurs, selon l’article.”Nous ignorons tout de comment les auteurs ont demandé à l’IA d’analyser” les données et sources présentées dans l’article, souligne Elisabeth Bik, microbiologiste néerlandaise installée en Californie et spécialisée dans l’intégrité scientifique.- “Fausse impression de renouveau” -Pour Ashwinee Panda, expert en intelligence artificielle, il est impossible de vérifier si l’IA a procédé à une analyse sans interférence extérieure: “N’importe qui peut prétendre qu’une IA a écrit cela, seule, et que donc ce n’est pas biaisé”, dit-il.Ni le journal ni son éditeur ne semblent faire partie d’un comité d’éthique scientifique. L’article a aussi été soumis et approuvé pour publication en seulement 12 jours, un laps de temps très court, notent des experts.”Qu’une IA puisse plagier des articles bidons” n’est nullement une surprise pour Gavin Schmidt, climatologue de la Nasa. Et cette analyse présentée comme nouvelle “a aussi peu de crédibilité” que les références qu’elle utilise, affirme-t-il.”L’utilisation de l’IA n’est que le dernier stratagème pour donner une fausse impression de renouveau dans l’argument climatosceptique”, abonde Naomi Oreskes, historienne des sciences à l’université de Harvard.L’AFP a contacté les auteurs de l’article au sujet du processus de recherche et rédaction de l’étude mais n’a pas reçu de réponse immédiate.