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Un tribunal suédois bloque l’abattage de loups prévu pour 2026

Un tribunal suédois a suspendu lundi l’abattage de loups prévu pour l’année prochaine, estimant que les autorités n’avaient pas réussi à prouver que cette mesure préserverait les niveaux de population.Jusqu’à quarante-huit loups étaient concernés par cet abattage à partir du 2 janvier. Cet arrêt a été rendu après que des organisations environnementales ont fait appel de décisions régionales octroyant les licences de chasse.”Les préfectures (n’ont pas) été en mesure d’apporter la preuve qui leur incombe et de démontrer que la chasse prévue ne compromettrait pas le maintien d’un état de conservation favorable de la population de loups”, a déclaré le tribunal administratif de Lulea dans un communiqué.Le gouvernement suédois avait abaissé la “valeur de référence” nécessaire pour une population de loups en bonne santé de 300 à 170 individus.Selon les critiques, dont la Commission européenne et les défenseurs de l’environnement, cette politique fragilise au contraire les populations. Les agriculteurs et les chasseurs les considèrent comme une menace en raison des attaques contre les moutons et les chiens de chasse, et souhaitent que leur nombre soit contrôlé plus strictement.La cour a jugé “peu clair” le poids de cette valeur de référence, au regard des directives de l’UE protégeant les loups.Ces animaux ont été chassés en Suède jusqu’à leur quasi extinction dans les années 1960, ce qui a incité le pays à les protéger en tant qu’espèce. Ils ont commencé à réapparaître à la fin des années 1970 et dans les années 1980, et leur population a depuis augmenté. La Suède a commencé à autoriser la chasse sous licence en 2010 après que leur nombre a dépassé les 200, en fixant des quotas pour le nombre d’animaux pouvant être abattus pendant une période donnée.

Le budget adopté au Sénat, place aux tractations lors d’une semaine décisive

Le projet de budget de l’Etat 2026 a été adopté lundi par le Sénat, donnant le coup d’envoi d’une semaine d’intenses tractations pour le Premier ministre Sébastien Lecornu, toujours convaincu de pouvoir aboutir à un compromis au Parlement avant le 31 décembre malgré de grandes incertitudes.Après une vingtaine de jours et de nuits de débats, les sénateurs ont voté par 187 voix contre 109 un projet de loi de finances (PLF) pour 2026 nettement remanié par la majorité sénatoriale, une alliance entre la droite et les centristes. L’Assemblée nationale n’ayant pas pu s’accorder sur ce texte, la copie des sénateurs sera la base des discussions en commission mixte paritaire (CMP), qui doit réunir vendredi sept députés et sept sénateurs chargés de trouver un accord sur ce si sensible budget. S’ils n’y parviennent pas, il faudra probablement poursuivre les débats budgétaires en janvier, et voter d’ici là une loi spéciale pour permettre la continuité de l’Etat.La semaine est donc décisive pour le chef du gouvernement, qui a promis une nouvelle méthode au début de l’automne pour faire adopter les budgets sans recourir au 49.3, malgré son absence de majorité à l’Assemblée nationale, et s’en tient pour l’instant à cette ligne.Le pari est presque réussi sur le budget de la Sécurité sociale, adopté à l’Assemblée nationale la semaine passée à une courte majorité. Un ultime vote des députés est prévu mardi après-midi sur ce texte qui accorde de nombreuses concessions à la gauche.- Déficit à 5,3% -Mais l’attention du gouvernement est focalisée sur le PLF et la CMP à venir, à l’issue très incertaine. Ce conciliabule réuni à l’Assemblée aura du travail pour atteindre l’objectif du gouvernement de ramener le déficit public sous les 5% du PIB en 2026: dans l’état actuel des discussions, la copie est à 5,3%, contre 5,4% en 2025, a annoncé le gouvernement devant les sénateurs.Ce chiffrage tire notamment les conséquences du compromis trouvé sur le budget de la Sécurité sociale, qui ponctionne plusieurs milliards d’euros au budget de l’Etat. Mais également des votes du Sénat, qui s’est opposé à de nombreux prélèvements nouveaux comme la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, qui devait rapporter quatre milliards d’euros.”Il faut qu’on trouve une manière de se sortir de cette ornière (…) Je suis persuadé qu’on peut le faire, mais on va avoir besoin des efforts de tout le monde”, a lancé le ministre de l’Economie Roland Lescure, jugeant “inacceptable” un déficit final à 5,3% et appelant le Sénat à “faire des concessions”.La droite se dit prête au compromis, mais pas à n’importe quel prix. “Nous ne pourrons pas apporter nos voix à une CMP qui viendrait augmenter la pression fiscale”, a lancé la sénatrice Les Républicains Christine Lavarde, fustigeant une copie gouvernementale initiale “ni responsable ni digne de confiance”.La position ferme de LR et de son patron Bruno Retailleau, voix prépondérante au Sénat, se heurte actuellement aux demandes des socialistes, en quête d’une concession sur la taxation des entreprises ou des hauts patrimoines. “La droite sénatoriale a +karchérisé+ les apports de l’Assemblée nationale. Ce n’est pas avec cela qu’on réussira à aboutir à un accord”, s’est désolé le président des sénateurs socialistes, Patrick Kanner.- Equation insoluble -En CMP, l’ancien socle commun sera majoritaire, ce qui pourrait présager, en théorie, d’un accord possible. Mais cela ne servira à rien si le texte de compromis n’est pas ensuite adopté la semaine prochaine au Palais Bourbon.Equation quasiment insoluble, alors que les socialistes promettent au mieux de s’abstenir et que les écologistes devraient voter contre, selon leur cheffe Marine Tondelier.”Il faut que cette séquence budgétaire s’arrête. Si le compromis est possible, alors il faut qu’il ait lieu maintenant”, veut croire auprès de l’AFP un négociateur du PS, plutôt optimiste.De nombreux responsables plaident pour le retour du 49.3, comme l’ancienne Première ministre, Elisabeth Borne, et le président du Sénat, Gérard Larcher. Mais cela ne permettrait pas au Premier ministre de faire l’économie d’un accord avec le PS. “Si le gouvernement l’utilise sans compromis préalable, il s’expose à une censure immédiate”, a prévenu le patron des socialistes, Olivier Faure.La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a quoi qu’il en soit de nouveau écarté cette piste dimanche.

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Crue d’une rivière en Bolivie : nouveau bilan d’au moins 20 morts

Le débordement du fleuve Pirai en fin de semaine dernière dans l’est de la Bolivie a fait au moins 20 morts et plus de 2.000 familles sinistrées, a annoncé lundi le vice-ministre de la Défense civile.”Malheureusement, les données officielles font état de 20 morts et de dizaines de disparus”, a déclaré Alfredo Troche à la Radio Panamericana.Un premier bilan, samedi, faisait état de trois morts et huit disparus en raison de pluies d’une intensité exceptionnelle qui ont principalement affecté les localités d’El Torno et La Guardia, en périphérie de la ville de Santa Cruz, capitale économique du pays andin.Le président Rodrigo Paz a installé un “cabinet de crise”, estimant que les pluies allaient persister, entrainant le pays dans “une période très complexe”.”En ces premiers jours de la saison des pluies, nous avons battu tous les records des 100 dernières années”, a indiqué le chef de l’Etat, entré en fonctions le 8 novembre.La saison des pluies en Bolivie commence généralement en novembre et dure jusqu’en avril. Le directeur du service d’endiguement des eaux et de régulation du fleuve Pirai, José Antonio Rivero, avait estimé samedi que des pluies hors du commun ont provoqué une “crue historique” dans la région, provoquant même l’effondrement d’un pont à El Torno.”Beaucoup de gens sont touchés, l’eau a détruit des fermes, des villages entiers, nous avons besoin d’aide”, a plaidé dimanche auprès de l’AFP Jorge Trelles, un chauffeur routier de 54 ans.De nombreuses personnes ont trouvé refuge sur les toits des maisons ou la cime d’arbres dans l’attente d’être secourues.”Mon fils a fini par dormir sur le toit, sauvant plusieurs personnes, dont un homme handicapé d’une jambe qu’ils ont réussi à hisser sur le toit”, a témoigné Elia Castro Suarez, une enseignante.Sur la période de la précédente saison des pluies, 51 personnes sont mortes en raison des intempéries, entre novembre 2024 à avril 2025, selon des données officielles.

Dermatose: Genevard attendue dans le Sud-Ouest où se cristallise la crise

Une situation officiellement “sous contrôle” en dépit d’un nouveau cas dans l’Aude: la ministre de l’Agriculture Annie Genevard se rend lundi à Toulouse pour défendre sa gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) critiquée par une partie des agriculteurs et de la classe politique.La ministre a répété lundi matin sur France 2 que la discussion était “ouverte”, y compris sur les modalités de la politique sanitaire, mais a défendu sa stratégie.En dépit d’un nouveau cas de DNC détecté dimanche dans une petite ferme de Pomas, dans l’Aude, où les dix bovins du foyer ont été euthanasiés, le ministère souligne que tous les cas ont été éradiqués et que la situation est “sous contrôle”.La ministre a rappelé les “trois piliers” de la stratégie sanitaire: “le dépeuplement (l’abattage, NDLR), la vaccination et la restriction de mouvement”, seuls à même de venir à bout de cette maladie animale très contagieuse, non transmissible à l’homme mais qui peut toucher très durement le cheptel.La ministre est attendue dans l’après-midi en Haute-Garonne “afin de lancer la campagne de vaccination” de près d’un million de bêtes, dans une région frondeuse où la colère s’est vite convertie en actions de blocages.- “Zéro proposition” -En pointe de la mobilisation: les syndicats Coordination rurale, radicale et parfois ouvertement proche de l’extrême droite, et la Confédération paysanne, classée à gauche, convergent de façon inhabituelle pour réclamer la fin de l’abattage systématique et l’extension générale de la vaccination.Interrogé par l’AFP sur le barrage de Carbonne sur l’A64, où était née la mobilisation agricole de janvier 2024, Jérôme Bayle, l’un des porte-voix de cette colère paysanne, a dit ne pas attendre “grand-chose” de la visite de la ministre qui arrive “avec zéro proposition”, a-t-il déclaré.Frédéric Meynard, céréalier participant au blocage de l’autoroute, et ses camarades attendent pour leur part “surtout d’être entendus” par la ministre, dans ce “pays de la résistance agricole”, comme le proclame une banderole.La crise n’est pas née dans le Sud-Ouest, qui n’est pas le coeur de l’élevage français, mais c’est ici que se cristallise la colère depuis deux ans, en réaction à la crise de la viticulture et aux crises sanitaires, alimentées par le changement climatique.De nouvelles actions ont commencé lundi autour de Toulouse en prévision de la venue de la ministre, avec trois points de blocage pour “augmenter la pression sur les politiques”, a indiqué un militant de la Confédération paysanne.Sur la rocade d’Albi, dans le Tarn, une quinzaine d’agriculteurs ont tenu le barrage toute la nuit et sont déterminés à ne pas lever le camp les mains vides. “Jusqu’ici on a été sages mais si la ministre ne donne pas de réponse satisfaisante, Albi ce soir sera un dépotoir”, prévient Sébastien Rey, 48 ans, éleveur de bovins à Saussenac.  Plusieurs axes routiers sont aussi bloqués ce lundi par des agriculteurs de la Coordination rurale en Gironde, en Dordogne et Haute-Vienne. C’est aussi le cas dans les Landes où la Confédération paysanne et le petit syndicat d’exploitants familiaux Modef ont boycotté une réunion, refusant de siéger au côté d’organisations (FNSEA et chambre d’agriculture) “qui cautionnent la politique sanitaire” de l’Etat.Tout en reconnaissant le drame individuel que constitue l’abattage d’un troupeau, le gouvernement tente d’en appeler “à la science” et à la “responsabilité” pour préserver les 16 millions du cheptel bovin français.- “Désinformation” -Le ministre de la Recherche Philippe Baptiste a rappelé lundi que les protocoles sanitaires en vigueur ont été “mis en place par des vétérinaires, par des scientifiques, par des épidémiologistes”, sur Franceinfo TV.La stratégie sanitaire en place est jusqu’à présent soutenue par la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs, première force syndicale agricole, qui ne voit aucune autre solution que l’abattage des troupeaux touchés, pour “éradiquer totalement” la maladie, associée à une vaccination élargie. La fédération Culture Viande, qui regroupe les entreprises d’abattage et découpe, a mis en garde contre les conséquences économiques d’une vaccination généralisée: la France perdrait alors son statut indemne et “il en résulterait une complexification accrue des conditions d’exportation”. Mais dans de nombreuses fermes, l’abattage total d’un troupeau pour une vache malade ne passe pas. Et les critiques enflent chez des élus ruraux inquiets, comme au niveau national, avec des commentaires sévères ce week-end de responsables politiques, du Rassemblement national à LFI, sur la gestion de la crise.Lundi, plus de 200 maires et élus locaux d’Ariège se sont rassemblés à Foix devant la préfecture pour appeler l’Etat à dialoguer avec les agriculteurs afin de réévaluer le protocole de lutte contre la DNC.

“Qu’est-ce qu’on va devenir?”: au collège incendié de Dijon, des parents “choqués”

Des parents choqués ont redouté lundi un “coup d’arrêt dans l’éducation” de leurs enfants après l’incendie de leur collège à Dijon, une “vendetta” liée au démantèlement d’un réseau de trafiquants de drogue, selon le ministre de l’Intérieur.Au coeur du quartier prioritaire des Grésilles, devant le collège Jean-François Champollion, Laurent Nuñez leur a promis que l’Etat ne se laisserait pas “intimider” et ne “lâcherait rien” dans sa “guerre” contre le narcotrafic.Le ministre de l’Education nationale, Edouard Geffray, s’est engagé à ce que l'”essentiel” des 500 élèves du collège y soient à nouveau en cours après les vacances de Noël ou dans des classes à proximité, en attendant que les classes endommagées soient entièrement reconstruites.   “En tant que maman, je m’inquiète”, a confié avant leur arrivée Nadia, dont le fils est scolarisé en 6e à Champollion. A 11 ans, “il est encore petit” et samedi matin, il était “au bord des larmes” quand il a appris que son collège avait brûlé, dit-elle à l’AFP sous couvert d’anonymat.Cet incendie “met un stop à l’éducation” des élèves du quartier, déplore Nadia, en s’interrogeant pour la suite. “Je sais juste que jeudi et vendredi, ils vont avoir cours en distanciel, mais après les vacances qu’est-ce qu’on va devenir ?”- “Inadmissible” -Dans la nuit de vendredi à samedi, un incendie a provoqué d’importants dégâts dans un bâtiment du collège. Avec “plusieurs départs de feu concomittants”, le sinistre est “vraisemblablement d’origine criminelle”, selon le parquet.Aucune interpellation n’a encore eu lieu, a déclaré à la presse Laurent Nuñez qui, après les autorités locales, a fait un lien entre l’incendie et le trafic de drogue en vigueur dans le quartier.”Sept têtes d’un réseau” local ont été interpellés en septembre aux Grésilles et plusieurs points de deal démantelés, a rappelé le ministre: “On a de bonne raisons de penser qu’il y a un lien” parce que, “quand on fait mal aux trafiquants de drogue (…), il y a souvent des représailles, des actions qui sont des espèces de vendetta”.”Ici à Dijon comme partout sur le territoire national, il y a une guerre à mener. Ici aux Grésilles, nous avons gagné une bataille importante (…) nous allons évidemment poursuivre ce combat, rien n’intimide le gouvernement”, a-t-il lancé.  “C’est un quartier de voyous ici”, confirme une mère, accompagnée de sa fille de 14 ans, qui refuse de donner leurs noms et prénoms: “Ce serait dangereux pour elle et pour moi”.Cet incendie, “c’est inadmissible, on a brûlé un lieu sacré”, s’emporte-t-elle. “C’est la quatrième fois parce qu’il y a eu l’école primaire, la médiathèque deux fois, et là le collège !”, qui, selon elle, avait déjà été visé par des tirs de mortiers.”Ma fille n’est pas en sécurité”, estime cette mère célibataire, qui confie être très “choquée”. “J’ai pleuré quand ma fille m’a dit pour l’incendie et qu’elle m’a demandé: comment on va faire?”- “Néant complet” -En attaquant une école, les inendiaires s’en prennent “à ce qui permet aux autres de s’en sortir”, a regretté M. Geffray, en confiant être partagé entre “le tristesse et la colère”. “La République est chez elle partout, l’école est chez elle dans toutes les écoles, collèges et lycées, ce n’est pas négociable”, a-t-il insisté.Le feu a causé d’importants dégâts dans quelques classes, aux murs noircis et les faux plafonds ont fondu ou se sont effondrés, a constaté un journaliste de l’AFP. Plusieurs mois de travaux seront nécessaires pour remettre les lieux en état.”On est stressé par rapport à tout ce qui se passe dans le quartier”, confie Pascaline, mère d’un élève de 3e, qui se dit dans “le néant complet” pour janvier. “Comment rassurer nos propres enfants si nous, on est angoissé. Comment leur apporter des réponses, si on ne les a pas ?”

Devant le Louvre, des touristes déçus mais compréhensifs

Portes closes, files de touristes éconduits et selfies devant les drapeaux de syndicalistes: entre déception et compréhension, les visiteurs du Louvre faisaient grise mine lundi en trouvant le musée fermé en raison d’une grève massive de ses agents.Dès 9H00, les visiteurs munis d’un billet sont priés de repartir, tandis qu’un panneau indique dès l’entrée : “l’ouverture du musée est actuellement retardée”.”Welcome in France”, lâche, sur un ton quelque peu ironique, l’un des agents d’accueil à la foule qui rit jaune.”Ça fait environ un mois qu’on préparait ce voyage et c’est fermé, c’est vraiment triste”, dit à l’AFP David Gove, 35 ans, un touriste originaire de Malte. “Ça a ruiné nos plans, mais on trouvera autre chose. Il y a beaucoup de choses à faire en France, et on est dans la ville de l’amour”, relativise-t-il.”Je suis vraiment déçu, le Louvre était la raison principale de notre venue à Paris, parce que nous voulions voir Mona Lisa”, le célèbre tableau de La Joconde de Léonard de Vinci, confie de son côté Minsoo Kim, 37, Coréen, en lune de miel avec sa femme.”La plupart des visiteurs étaient au courant” du risque de fermeture et ne sont donc pas surpris, pondère un agent.”Ce n’était pas clair du tout”, déplore pourtant Michel Maillard, venu de Dordogne avec sa femme pour passer quelques jours dans la capitale. “Sur le site, ils écrivent que ça sera peut-être ouvert et avec des salles peut-être fermées”, ajoute le quinquagénaire.”Nous avions entendu dire il y a cinq jours qu’ils allaient se mettre en grève, mais nous avons continué à vérifier et nous n’avons trouvé aucune information”, regrette Rachel Adams, 60 ans, originaire de l’Utah, aux États-Unis.- “On a gagné” -Deux mois après le vol spectaculaire de huit joyaux de la couronne, les personnels dénoncent leurs conditions de travail et d’accueil du public.”C’est normal qu’ils fassent grève s’ils ont besoin de meilleures conditions de travail. Bien sûr, en tant que touriste, ce n’est pas génial d’être ici et que le musée soit fermé, mais nous avons réussi à reporter notre visite, donc ça n’est pas un problème”, estime Patricia, une touriste brésilienne qui n’a pas souhaité donner son nom.À 10H30, les syndicalistes sortent sur le parvis ensoleillé pour annoncer qu’une grève reconductible a été votée “à l’unanimité”. Drapeaux à la main, plusieurs dizaines d’entre eux déploient des banderoles devant la pyramide, en scandant “tous ensemble, tous ensemble”, tandis que les représentants échangent avec la presse.En milieu de matinée, la direction du Louvre annonce que le musée sera fermé toute la journée.”On a gagné, on a gagné”, s’enthousiasment alors les grévistes sur une bande-son entraînante.Devant eux, des dizaines de curieux se pressent contre les barrières, désireux d’en savoir plus ou de profiter de l’ambiance. Certains se prennent en selfie devant les militants.”Attristée pour les gens qui viennent du monde entier”, Naïma, 63 ans, se dit néanmoins “tout à fait d’accord avec les grévistes”.Sur son site, le musée indique que les personnes “ayant réservé pour une visite dans la journée seront automatiquement remboursées”. Sur place, les agents invitent les visiteurs à revenir un autre jour. Ils ne pourront toutefois pas retenter leur chance mardi, jour hebdomadaire de fermeture du musée. Mercredi matin, des perturbations sont à prévoir en raison d’une nouvelle assemblée générale des syndicats.Naïma prend la chose avec philosophie : “On essayera de revenir dans les mois qui viennent”.

Réouverture progressive du site d’Orange dans un quartier sensible de Marseille

Le site d’Orange à Marseille, situé dans le quartier sensible de Saint-Mauront, a rouvert ses portes lundi matin, après une fermeture de quinze jours par mesure de sécurité, a constaté l’AFP.Un tiers seulement du millier de salariés d’Orange à Marseille est revenu sur ce site lundi, selon des sources concordantes.L’entreprise avait annoncé le 27 novembre une fermeture à la suite d’une “montée des tensions” dans le quartier, mettant ses salariés en télétravail. Les syndicats avaient dénoncé des “bagarres” et une emprise du “narcotrafic” proche du site.A l’arrivée des premiers employés lundi matin, une voiture de police stationnait en face. Sur la grille de l’entreprise, des flèches à la peinture blanche indiquent la direction d’un point de deal proche. Elles avaient été effacées mais sont rapidement réapparues.Des patrouilles de police vont se poursuivre dans le secteur pour permettre aux employés de “venir travailler en toute sécurité” et répondre à un “sentiment d’insécurité fort”, a indiqué sur place la préfète de police déléguée Corinne Simon, à l’issue d’une réunion avec la direction.Orange a confirmé lundi une réouverture dans “les meilleures conditions” du site Massalia. L’entrée principale, à proximité immédiate d’une station de métro et proche d’une cité connue pour abriter du trafic de drogue, a été équipée d’un système de badge –même si lundi le portail reste ouvert. Un vigile est posté dans une guérite.- “Coups de feu” -Le retour se fait progressivement a déclaré à l’AFP Jerome Bissey, délégué CFDT. “Aujourd’hui ce sont les salariés qui viennent à pied ou en transport en commun et qui représentent à peu près 380 personnes”, a-t-il détaillé.A partir de mercredi, a-t-il ajouté, commenceront à arriver “les 700 personnes qui viennent en voiture”, “sachant qu’on a une capacité parking de 300 places”.Le délégué syndical demande “la possibilité d’avoir un deuxième site. Aujourd’hui on concentre tous les effectifs dans un quartier compliqué”, avec même, fin novembre, “des coups de feu sous les fenêtres des bureaux”.Outre les patrouilles, la police maintiendra “une présence en statique” pour l’arrivée et le départ des salariés, a précisé la préfète de police déléguée. Prévu pour une quinzaine de jours encore, ce dispositif évoluera selon la situation, a-t-elle dit.”Autour d’Orange vous avez plusieurs points de deal, et donc ça génère un sentiment d’insécurité fort pour les salariés. Notre rôle c’est bien de faire diminuer ce sentiment”.Une employée, qui ne souhaite pas donner son nom, rapporte ce qui se raconte sur la rixe ayant entraîné la fermeture: “des jeunes cagoulés avec des Kalachnikov”, et des employés confinés dans l’entreprise: “On ne peut pas travailler dans une ambiance comme ça”.”Le soir, on essaye de sortir à plusieurs pour ne pas prendre le métro seul”, a-t-elle expliqué.Dans un communiqué, la CFE-CGC Orange a dénoncé “le retour forcé des collaborateurs à Saint-Mauront”.Hicham, 37 ans et papa de trois enfants, fustige lui “un cirque pour rien du tout”: une mobilisation lancée pour Orange, mais pas pour “les familles qui habitent ici.””Il y a toujours la coke, il y a toujours le guetteur, il y a toujours le shit”, martèle cet habitant du quartier. “Si on veut arrêter quelque chose, on rentre dans la cité, on rentre là où ils vendent, on reste jour et nuit.”

On a “fabriqué un coupable”, déplore la défense de Frédéric Péchier

Avec Frédéric Péchier, “on a fabriqué un coupable” avec “acharnement”: après le rouleau compresseur de l’accusation, qui a requis la perpétuité contre Frédéric Péchier, la défense de l’anesthésiste de Besançon a déroulé ses arguments lundi pour instiller le doute et arracher l’acquittement.Pour condamner l’anesthésiste de 53 ans, poursuivi pour l’empoisonnement de 30 patients au bloc opératoire – dont 12 sont morts – “il faut des preuves”, a martelé devant la cour d’assises du Doubs Randall Schwerdorffer, qui plaide seul pour tenter de démontrer l’innocence de son client.Or, dans ce dossier, l’accusation “est venue soutenir qu’il y a des éléments de preuves accablants, alors que c’est le néant de la preuve”, a-t-il insisté, évoquant certains cas où l’implication de son client “ne repose que sur sa présence” à proximité des arrêts cardiaques suspects.Certes, “il y a bien un empoisonneur à la clinique Saint-Vincent” mais ce n’est pas Frédéric Péchier, a soutenu l’avocat. “On n’est pas là pour préjuger quelqu’un, on est là pour le juger”, a-t-il insisté, appellant les six jurés populaires et les trois magistrats professionnels à l'”impartialité”.La question qu’ils doivent trancher “n’est pas: +est-ce que Frédéric Péchier nous plaît, ne nous plaît pas, est-ce qu’il pleure ou ne pleure pas+”, a souligné le pénaliste, en référence au manque d’empathie qui a été reproché à son client.Me Schwerdorffer a établi un parallèle entre Frédéric Péchier et Patrick Dils, qui a passé 15 ans de détention pour les meurtres de deux enfants commis en 1986 près de Metz, avant d’être acquitté en appel.- Comme Patrick Dils -Comme dans l’affaire Dils, à la clinique Saint-Vincent de Besançon, “il fallait que ça aille vite” pour “arrêter l’hécatombe”, a-t-il retracé. Dès le début de l’enquête en mars 2017, les enquêteurs ont été “convaincus de la culpabilité de Frédéric Péchier” et se sont efforcés de “démontrer qu’il est coupable”. “Jamais on ne cherchera ailleurs”, a-t-il fustigé. “Toute la communauté médicale” s’est liguée contre lui, dès lors son sort était “scellé”, selon lui.Après la plaidoirie de Me Schwerdorffer, la parole sera donnée une dernière fois à l’accusé, qui comparaît libre depuis le 8 septembre et n’a cessé de clamer son innocence.Puis la cour d’assises du Doubs se retirera pour délibérer. Elle rendra son verdict d’ici à vendredi.La semaine dernière, au terme d’un réquisitoire fleuve de plus de dix heures d’une rare intensité, les deux avocates générales Thérèse Brunisso et Christine de Curraize ont requis la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 22 ans, à l’encontre de celui qu’elles ont qualifié de “tueur en série” aux crimes “hautement pervers”. Ce soignant s’est mué en “l’un des plus grands criminels de l’histoire” et “a utilisé la médecine pour tuer”, ont-elles asséné. Selon elles, il introduisait, sans se faire remarquer, du potassium, des anesthésiques locaux, de l’adrénaline ou encore de l’héparine dans des poches de perfusion. Ces poches empoisonnées étaient ensuite perfusées aux patients, ce qui déclenchait des arrêts cardiaques ou des hémorragies incompréhensibles pour les soignants.Frédéric Péchier cherchait ainsi à nuire à des médecins avec qui il était en conflit et “nourrir sa soif de puissance”, selon le ministère public.Mais la défense a soutenu que lors de l’empoisonnement de Sandra Simard, qui marque le début de l’enquête en janvier 2017, la poche empoisonnée avait été choisie de manière “aléatoire”. L’empoisonneur n’a donc pas pu viser spécifiquement un patient et par ricochet un médecin, selon Me Schwerdorffer.Malgré les assauts répétés et implacables du ministère public, Frédéric Péchier n’a jamais flanché. “Je maintiendrai toujours que je ne suis pas l’empoisonneur”, a-t-il soutenu une ultime fois lors de son dernier interrogatoire sur les faits.

Narcotrafic: le procès d’Abdelkader Bouguettaia s’est ouvert à Lille

Accusé d’avoir orchestré des importations massives de cocaïne, Abdelkader Bouguettaia a assuré lundi qu’il n’avait “jamais fui” la France, alors qu’il résidait à Dubaï lors de ses trois condamnations, en son absence, à des peines allant jusqu’à 15 ans de prison.Abdelkader Bouguettaia, 38 ans, est apparu dans son box avec des lunettes aux verres épais sur le nez, le crâne et la barbe rasés, au premier jour de son nouveau procès à Lille.Il a rejoint le nouveau quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de la prison de haute sécurité de Condé-sur-Sarthe (Orne) “à quelques jours de l’audience”, a souligné lundi l’une de ses avocates, qui voit dans ce transfert une manoeuvre pour le présenter comme “un trophée” que la justice voudrait “brandir”.Celui qui est surnommé “Bibi” a été condamné en 2022, 2023 et 2024 à Lille, deux fois à neuf ans et une fois à 15 ans de réclusion criminelle, pour des importations de cocaïne ayant eu lieu entre 2019 et 2021.Mais ces procès se sont tenus en son absence car il résidait à l’époque à Dubaï, d’où il aurait continué à piloter le trafic de cocaïne par le port du Havre, sa ville natale, selon les investigations.”Je n’ai jamais fui”, s’est défendu lundi le prévenu à ce sujet. “Quand je suis parti de la France vers l’étranger, je n’avais aucun problème avec la justice”, a-t-il assuré.Après son extradition en juin dernier vers la France, Abdelkader Bouguettaia n’a pas acquiescé à ses trois condamnations, ouvrant la voie à de nouveaux procès, regroupés en un seul sur trois jours devant la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Lille.La matinée du premier jour d’audience s’est principalement concentrée sur divers points de procédure, les trois avocates de M. Bouguettaia dénonçant les conditions de l’extradition de leur client, de l’instruction puis du procès et demandant le huis clos ou le renvoi de l’audience à une date ultérieure, sans succès.- Méthodes d’intimidation violentes -“Je suis un être humain, je suis un citoyen français, j’ai travaillé ici en France, j’ai payé mes impôts (…). Je suis qui pour qu’on ne respecte pas mes droits?”, a accusé Abdelkader Bouguettaia dans une colère contenue.Les trois dossiers rejugés cette semaine portent sur plusieurs saisies de cocaïne au port du Havre, pour un total de plus de deux tonnes de drogue, rappelle un dossier de presse du parquet de Lille.Dans chacun de ces dossiers, les investigations ont permis d’identifier Abdelkader Bouguettaia comme l’un des principaux commanditaires de ces importations.Dans l’un des dossiers, portant sur la découverte de 141 kgs de cocaïne en février 2019, un témoin a identifié “deux commanditaires, dont Abdelkader Bouguettaia”, avant de se rétracter en 2021, selon le parquet. Une rétractation négociée par M. Bouguettaia en échange d’une “somme d’argent substantielle”, a établi l’enquête.Certaines de ces importations étaient effectuées via “des cargaisons légales de gélatines de boeuf et de lames de bois en provenance d’Amérique du Sud, notamment du Brésil”, ou encore “dans un conteneur de miettes de thon sous vide en provenance d’Equateur”.Un de ses collaborateurs présumés avait affirmé, lors d’un interrogatoire dont l’AFP a pu lire le procès-verbal, que M. Bouguettaia était associé avec un haut responsable de la distribution de cocaïne aux Pays-Bas et qu’il gérait la “réception de la marchandise” au Havre, ainsi qu’à Paris et à Anvers, en Belgique.Ses méthodes d’intimidation étaient violentes, poursuivait ce témoin: l’envoi de photos de membres de sa famille sans autre message, celui d’hommes de main quand il répond trop lentement à un message ou qu’il refuse une mission.M. Bouguettaia a en outre été mis en examen en juin à Paris, notamment pour “importation de stupéfiants en bande organisée en récidive” dans une autre affaire, portant sur l’importation d’un conteneur contenant 2,5 tonnes de cocaïne arrivé au Havre depuis la Colombie.

Brandt: après le “traumatisme”, élus et salariés évoquent l’avenir

“Aller de l’avant”: quatre jours après la décision de liquidation du groupe Brandt, environ 200 salariés se sont réunis lundi près d’Orléans, en présence d’élus locaux, pour évoquer leurs perspectives d’avenir.”Vous avez espéré donner une nouvelle vie à Brandt (…) maintenant, il faut aller de l’avant”, a déclaré la préfète du Loiret et de la région Centre-Val de Loire, Sophie Brocas devant une salle comble, à quelques centaines de mètres du principal site industriel de Brandt qui compte 350 salariés.Après la décision jeudi du tribunal des activités économiques de Nanterre de prononcer la liquidation judiciaire du groupe centenaire d’électroménager, qui employait au total quelque 700 personnes, les élus locaux ont à nouveau assuré de leur “solidarité” et promis leur accompagnement.Garantie de percevoir 75% du salaire brut pendant un an grâce au contrat de sécurisation professionnelle, mise en place d’une cellule d’appui et d’écoute ou encore job dating en février: les services de l’Etat ont présenté plusieurs mesures aux salariés.”On va se mobiliser et on a déjà commencé” pour “remettre les salariés de Brandt au travail”, a promis Mme Brocas.Cette dernière a aussi indiqué, comme l’avait fait vendredi le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, qu’un travail était en cours pour “réfléchir aux options envisageables” pour donner une autre destination aux deux sites industriels du groupe situés près d’Orléans et à Vendôme (Loir-et-Cher).”Ce ne sera pas Brandt, mais ça peut être autre chose”, a-t-elle indiqué. Cela pourrait être pour “de la fabrication de drones”, selon le président de la région Centre-Val-de-Loire François Bonneau, mais il y a aussi “d’autres pistes”, a-t-il dit.Plusieurs salariés, dont quelques-uns franchissaient les grilles du site voisin avec leurs effets personnels sous le bras, ont décrit un “traumatisme encore à vif”.”C’est encore à chaud”, a résumé Laurent Grapin, 24 ans d’ancienneté au service recherche et développement. “Certains ont cru à une reprise, moi non”.La justice a rejeté un projet de Scop (société coopérative et participative), soutenu par le groupe Revive et la majorité des salariés qui devait permettre de sauver au moins 370 emplois, ainsi que les marques Vedette, Sauter et De Dietrich.”Les aides, les reprises du site, ce sont des possibilités, mais je pense qu’il faut surtout faire de notre côté et ne pas trop compter” sur des choses “incertaines”, a-t-il déclaré à l’AFP.