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Un jeune homme tué par balles près d’une école à Vaulx-en-Velin

Un homme de 19 ans a été tué par balles lundi en pleine journée près d’une école primaire de Vaulx-en-Velin, dans la banlieue est de Lyon, où des trafiquants de drogue se livrent à une “guerre des gangs” selon les autorités.Vers 13H30, les policiers ont découvert le jeune homme blessé à la tête dans le quartier sensible du Mas du Taureau. Malgré les soins prodigués, il est décédé, a déclaré une source policière à l’AFP.La victime avait 19 ans, a précisé le parquet de Lyon qui a ouvert une enquête pour “assassinat” et confié les investigations aux policiers spécialisés dans la criminalité organisée.Une autre source policière avait dans un premier temps indiqué à l’AFP que la victime était mineure.Les tirs sont survenus tout près de l’école élémentaire Angelina Courcelles, dont les élèves et le personnel ont été confinés pendant une heure. Une cellule psychologique a été mise en place pour les soutenir.”Les coups de feu, on les a tous entendus”, raconte à l’AFP un père de famille de 29 ans, qui venait de déposer ses enfants à l’école et préfère rester anonyme. “C’est choquant”, poursuit cet homme en évoquant le risque de traumatismes pour les témoins de la fusillade mais aussi le danger des “balles perdues”: “C’est fortement possible si (le tireur) rate sa cible que ça atterrisse sur une autre personne…”Selon un autre témoin anonyme cité par Radio France, trois coups de feu ont été tirés. “J’ai entendu les coups, trois coups. J’ai cru que c’était des pétards, comme d’habitude”, a déclaré cet habitant de l’immeuble au pied duquel l’homme a été tué.Un point de deal avait été démantelé à proximité de l’école et l’homicide pourrait s’inscrire dans une “guerre de territoire” entre trafiquants de drogue, selon une source proche du dossier.Aucune interpellation n’a encore eu lieu, selon cette source.”Ici, il y a des trafics, ce qui s’est passé est lié à des guerres de gangs”, a confirmé à la presse le préfet délégué à la sécurité Antoine Guérin, qui s’est rendu sur place dans l’après-midi. Des renforts policiers sont attendus pour “sécuriser durablement ce quartier”, a-t-il ajouté. “L’école est un sanctuaire et il doit être préservé.”- “Détonations” -Cette violence “n’est pas normale, il ne faut pas s’y habituer, il faut rester déterminé”, a commenté la maire socialiste de Vaulx-en-Velin, Hélène Geoffroy, présente à ses côtés. “Il va y avoir une présence de police continue, c’est la meilleure réponse pour empêcher un point de deal de se réinstaller.”Selon elle, “le périmètre de l’école a été bien confiné” et il faut surtout “accompagner les enfants qui étaient dehors et qui ont pu entendre les détonations”.En milieu d’après-midi, une tente blanche recouvrait la scène de crime, située dans une allée au pied d’un immeuble. Des agents de la police scientifique effectuaient des prélèvements, tandis que d’autres policiers tenaient les curieux à distance.En 2022, dans la nuit du 15 au 16 décembre, un incendie s’était déclaré dans une copropriété du quartier, faisant 10 morts dont quatre enfants. Le feu était parti du bas du hall de l’immeuble squatté par des trafiquants de drogues.Hakim, 36 ans, habite un des immeubles à proximité. Selon lui, le quartier était “calme” depuis “deux ou trois ans”. “D’habitude, ici, normalement, c’est rose, on va dire. Les mamans, elles sont assises là. Elles sont tous ensemble posées ici avec leurs enfants”, dit-il. “Et là, ça recommence.”Dans un communiqué diffusé dans la soirée, Hélène Geoffroy rappelle avoir “significativement augmenté” le nombre de caméras de vidéoprotection à Vaulx-en-Velin et “multiplié par cinq les effectifs de la police municipale qui a été armée”.”L’urgence exhorte les pouvoirs publics à mettre en place une réponse puissante”, ajoute l’édile en demandant “aux députés d’adopter le texte de loi sur le narcotrafic” actuellement en débat à l’Assemblée.

“Important incendie” dans un centre de tri de déchets au nord de Paris, selon les pompiers

Un “important incendie” s’est déclenché lundi en fin d’après-midi dans le 17e arrondissement, au nord de Paris, ont annoncé les pompiers sur X.Le feu touche le centre de tri des déchets du 17e arrondissement, ont précisé les pompiers, joints par l’AFP.Des images filmées par l’AFPTV montrent le centre de tri Syctom ravagé par les flammes, et de nombreux passants à proximité filmer l’incendie.Quelques 60 engins et 200 sapeurs-pompiers étaient engagés sur le sinistre lundi en début de soirée, ont ajouté les pompiers.”Un important incendie est en cours Boulevard de Douaumont à #Paris17. Évitez le secteur pour laisser les secours travailler”, ont-ils indiqué dans un post sur le réseau social.Le maire de l’arrondissement, Geoffroy Boulard (LR), a indiqué sur BFMTV que la circulation avait été coupée dans les deux sens sur le périphérique “pour permettre l’acheminement des pompiers”. “Le bâtiment est complètement ravagé et détruit”, a-t-il ajouté, précisant que tous les agents qui y travaillent avaient pu être évacués.”Les pompiers sont arrivés très vite, mais le feu a pris en souterrain et s’est propagé à tout le bâtiment par la suite”, a-t-il également indiqué.Des journalistes de l’AFP ont constaté un épais panache de fumée s’élever au dessus des toits de la capitale, non loin du palais de justice et du boulevard périphérique. “Un incendie s’est déclaré dans l’usine de tri sélectif Syctom à proximité de la Porte de Clichy”, a de son côté confirmé sur X la mairie de Clichy, ville au nord-ouest de Paris, qui borde la capitale.”À ce stade, la circulation n’est pas impactée”, notamment sur le périphérique situé à proximité, a ajouté la ville des Hauts-de-Seine sur son compte X.Le Syctom est le service public de traitement et de valorisation des déchets ménagers de 82 communes en Ile-de-France.

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Brésil: des leaders indigènes veulent peser comme les chefs d’Etat à la COP30

Plusieurs milliers de représentants de peuples autochtones d’Amazonie et d’Océanie se sont retrouvés lundi à Brasilia, réclamant “la même voix et le même pouvoir” pour leurs leaders que pour les chefs d’Etat à la COP30, prévue en novembre au Brésil.Arborant pour la plupart tenues traditionnelles et peintures corporelles, les délégations de 200 peuples se sont présentées aux rythmes des maracas et des tambours, soulevant un nuage de poussière à quelques encablures des sièges des institutions dans la capitale brésilienne.Quelque 8.000 personnes participent au campement qui se tient jusqu’à vendredi, selon les organisateurs.Cette année, le rassemblement annuel “Terre libre”, qui regroupe habituellement surtout des représentants de peuples indigènes brésiliens, reçoit des délégations de Bolivie, d’Equateur, du Guyana, de Guyane française, du Surinam et du Venezuela, ainsi que d’Australie, des îles Fidji et d’autres pays d’Océanie.Tous ces peuples autochtones disent partager la même vulnérabilité face au réchauffement climatique.”Nous exigeons que les leaders des communautés indigènes et locales aient la même voix et le même pouvoir que les chefs d’Etat à la COP30, avec la même légitimité et le même pouvoir décisionnaire que les représentants des pays”, a affirmé Alana Manchineri, une cheffe indigène du Brésil, lisant une déclaration conjointe des peuples représentés.Cette déclaration réclame par ailleurs des “financements directs” pour les peuples autochtones, afin qu’ils puissent préserver l’environnement et être “compensés pour les dommages subis”.”Dans le Pacifique, nous avons des difficultés spécifiques, mais nous voulions être ici pour montrer aux indigènes d’Amazonie que nous pouvons lutter” ensemble, a déclaré à l’AFP Alisi Rabukawaqa, venue des îles Fidji, où l’augmentation du niveau de l’océan a des conséquences concrètes sur la vie de son peuple.”L’eau salée entre sur les terres où nous plantons notre nourriture”, a alerté cette jeune femme de 37 ans.La présidence brésilienne de la COP30 a annoncé la création d’un “Cercle de leaders indigènes” pour permettre que les peuples autochtones soient entendus lors de cette conférence de l’ONU sur le climat, du 10 au 21 novembre dans la ville amazonienne de Belem (nord).Sous le mot d’ordre “Nous sommes la réponse”, le rassemblement “Terre libre” prévoit cette semaine plusieurs cortèges vers l’Esplanade des ministères, un des lieux de pouvoir emblématiques de Brasilia, capitale à l’architecture futuriste inaugurée en 1960.

En attendant 2027, Villepin écrit son “non”

Surfant sur une popularité inattendue à deux ans de l’élection présidentielle, Dominique de Villepin distribue les gages à gauche et les coups à droite dans un entretien à l’AFP, à l’occasion de la sortie lundi de son nouvel essai, “Le pouvoir de dire non”.Les ressources s’épuisent, les empires s’affrontent, et Villepin revient. “Il ne s’agit pas de regarder passer les trains, ni de s’adonner à des travaux de jardinage (…) Je veux montrer qu’on peut faire des choses”, affirme l’ancien Premier ministre au verbe aussi haut que sa cote dans les baromètres d’opinion.Toujours fringant à 71 ans, et plus vert que jamais: dans son texte en accès libre publié lundi par la revue Le Grand Continent, il propose d’inscrire la “neutralité carbone” dans la Constitution, de “désinvestir ce qui est toxique” et de “mettre fin à l’exploitation aveugle des ressources”.Après Villepin l’égérie de la gauche, acclamé à la Fête de l’Huma, voici donc Villepin l’écolo, qui ne veut “pas interdire mais planifier”. Du Mélenchon dans le texte, ou presque.Car le chiraquien met, lui, sur le même plan “l’exigence de justice sociale” et “l’absolue nécessité” d’un “ordre républicain”, arguant que l’on “ne peut plus demander à la société d’avancer si elle ne peut pas le faire sur deux jambes”.Equilibre défendu d’abord contre ceux qui érigent l’ordre en “valeur suprême”, fut-ce “au détriment de nos libertés” et au moyen du “tour de passe-passe” de la “surenchère identitaire” qui “crée une sorte d’hystérie”.En atteste selon lui “la dérive d’un certain nombre de partis de droite engagés dans la course à l’échalote avec l’extrême droite” et cédant à “la tentation de se servir d’un certain nombre de sujets” comme “l’immigration”, “le voile” et “bien sûr l’Algérie”.Allusion assumée au ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, qui a défaut de “résultats” tangibles “contre la criminalité et le trafic de drogue”, offre un “spectacle d’impuissance”.A l’écrit, il pourfend plus largement la “logique d’enracinement parfois xénophobe” d’une certaine droite “qui réduit l’identité à l’héritage, à la biologie, à une pureté fantasmée”. Et prend le parti d’une laïcité brandie “non comme une arme, mais comme une promesse républicaine”.- “Nous avons des atouts” -La rupture semble donc consommée entre l’ancien rival de Nicolas Sarkozy et ce qui reste de sa famille politique d’origine. Contrairement aux Républicains d’aujourd’hui, Dominique de Villepin revendique d’être resté “exactement sur la même ligne” et de “refuser tout glissement vers cette tentation identitaire” encouragée par des “puissances” cherchant à “dominer le jeu en France et en Europe”.A l’aide de “mouvements populistes dans la main de quelques élites” et sous la coupe “d’influences étrangères”, le Vieux continent serait ainsi destiné à devenir “le parfait vassal (…) dont on prendrait la richesse”.Perspective insupportable à l’homme qui incarna le refus de la seconde guerre d’Irak en 2003. Aujourd’hui comme hier, “l’avenir qui nous est promis n’est pas acceptable” et “tout commence par la capacité à dire non”, assène-t-il.Pas simplement pour le panache. “L’idée c’est d’abord une mobilisation des esprits, des consciences, mais c’est surtout de montrer que nous ne sommes pas impuissants”, explique-t-il, soulignant au contraire “à quel point nous avons des atouts, à quel point il y a des marges de manoeuvre, à quel point nous pourrions mener d’autres politiques”.Y compris pour une “jeunesse trois fois sacrifiée” sur l’autel de “la dette” financière, de la “dette écologique” et qui n’aura “sans doute jamais de retraite”. Ce “sacrifice de nos enfants, je ne l’accepte pas”, s’indigne encore le père du “contrat première embauche” mort-né en 2006 qui lui a coûté cher à l’époque dans la course à l’Elysée – une “incompréhension” dont il a “souffert”.Il y a loin toutefois de la révolte au pouvoir, pour celui qui prétend “mener à tous les niveaux” un “combat existentiel pour la démocratie et la République”. Au milieu de ses nombreuses apparitions médiatiques, ce livre marque “à l’évidence un engagement supplémentaire”, reconnaît-il cependant.Un jalon de plus vers un retour en politique? Le grand fauve esquive: “Mon premier devoir, c’est de faire en sorte d’apporter jusqu’au bout la contribution qui est la mienne”.

Au procès libyen, la défense des ministres plaide contre “le roman” de l’accusation

Est-ce que le “plausible” suffit “à condamner un homme” ? A l’avant-dernier jour du procès libyen, les avocats des trois anciens ministres de Nicolas Sarkozy se sont succédé à la barre lundi pour plaider la relaxe contre le “roman” écrit selon eux par l’accusation.Le premier des trois à se lever, Me Jean-Yves Le Borgne, défend Eric Woerth. Avec sa voix de stentor, son emphase et ses imitations théâtrales du parquet national financier (PNF), l’avocat est aussi démonstratif que son client est austère.Trésorier de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy, Eric Woerth avait laissé le tribunal perplexe en expliquant que les espèces trouvées au QG de campagne étaient des “dons anonymes” déposés dans des enveloppes contenant plusieurs milliers d’euros chacune.L’accusation, qui a requis contre lui la peine maximale (mais aménagée sous bracelet électronique) d’un an de prison pour complicité de financement de campagne, estime plutôt qu’il s’agit d’argent venu de Libye après le pacte de corruption passé avec Mouammar Kadhafi par Nicolas Sarkozy pour que le richissime dictateur finance son accession à l’Élysée.”Je ne dis pas que les accusations sont absurdes, stupides, oui elles sont plausibles, envisageables”, lance Me Le Borgne.”Le roman que l’accusation a servi avec talent au tribunal est plausible. Le plausible, c’est ce qui est possible comme son contraire, ce qui est envisageable mais pas démontré. C’est cette affaire depuis le début”, s’emporte l’avocat depuis son banc – la salle est grande mais lui n’a pas besoin de micro.Il prend un ton caverneux pour décrire l’armoire du siège de campagne “de la taille d’un homme” et ses billets en pile de “cinq centimètres d’épaisseur”… “Voilà le plausible qui se transforme ! Où Kadhafi met-il ses sous ? Dans l’armoire !”, s’écrit-il extatique, arrachant un sourire aux procureurs financiers.”Le possible, le plausible, est-ce que cela suffit à condamner un homme ?”, demande-il redevenu sérieux, sous les yeux d’Eric Woerth, assis à côté de Brice Hortefeux.Claude Guéant, malade et peu venu aux audiences, est présent aussi. Nicolas Sarkozy est absent, comme ses deux principaux avocats qui – c’est inhabituel – ne sont venus écouter ni les plaidoiries des avocats des parties civiles, ni celles de la défense.- “Pataugeage” -Après Me Le Borgne, les avocats de Brice Hortefeux et Claude Guéant s’attèlent à démontrer qu’ils n’ont pas été les hommes de main de Nicolas Sarkozy envoyés en Libye pour parfaire le pacte de corruption, et que leurs rencontres respectives avec le beau-frère du dictateur condamné pour terrorisme en France n’étaient pas planifiées mais résultaient d’un “piège”.Claude Guéant n’a pas convaincu le PNF avec sa thèse d’un “guet-apens” (“une pratique coutumière des Libyens”, argue sa défense), et le PNF n’a pas convaincu la défense avec sa “stratégie sémantique” visant à “dissimuler le vide abyssal” de la démonstration juridique, leur lance son avocat, Me Philippe Bouchez El Ghozi.”Il est permis de penser que, on peut supposer que”… “on a romancé l’accusation”, “vous n’avez rien”, dit-il, reprenant chaque élément du dossier pour montrer qu’il n’y a qu'”extrapolation”, “pataugeage” et un “château de cartes” ne demandant qu’à s’écrouler.”Avoir été le bras droit de Nicolas Sarkozy semble être un délit à lui tout seul”, ajoute l’avocat.”Si le PNF avait eu un dossier solide”, il n’aurait pas eu besoin de “bourrer les crânes faute de convaincre les cerveaux”, attaque-t-il encore, dénonçant la “peine extrêmement brutale” de 6 ans de prison requise contre Claude Guéant, 80 ans – “une peine de mort déguisée”.”J’ai une grande confiance en votre indépendance, vous êtes indépendants”, conclut l’avocat de Brice Hortefeux (trois ans requis) à l’intention du tribunal. “J’ai d’autant plus de bonheur à vous le dire que depuis huit jours on entend quand même un grand nombre de propos démagogiques”, ajoute Me Jean-Yves Dupeux en référence aux charges contre la justice qui ont suivi le jugement de Marine Le Pen. “Ce que nous vous demandons, c’est de faire du droit”.L’audience reprend mardi après-midi avec les plaidoiries de la défense de Nicolas Sarkozy, contre qui sept ans d’emprisonnement ont été demandés. Le tribunal donnera ensuite la parole une dernière fois aux prévenus et annoncera la date de la décision, dans plusieurs mois.

Prison avec sursis requise contre les policiers de la brav-M pour avoir roulé sur un manifestant

Des peines de 5 à 10 mois de prison avec sursis ont été requises lundi à l’encontre de trois policiers membres de la BRAV-M, jugés à Paris notamment pour avoir roulé en moto sur un étudiant en mars 2023.”Ce qui m’a le plus surprise, c’est qu’aucun des mis en cause n’a reconnu les faits”, a regretté la procureure de la République. A l’encontre de Vincent V., le conducteur de la moto, accusé d’avoir roulé sur la jambe du manifestant et de lui avoir porté un coup de poing, la magistrate a requis 10 mois de prison avec sursis et l’interdiction d’exercer toute fonction publique. Le ministère public a demandé au tribunal de condamner les deux autres policiers, Mathias M. et Valentin T. à une peine de 5 mois de prison avec sursis. Les trois fonctionnaires de police étaient présents à l’audience devant le tribunal correctionnel. La victime, Valentin P., ne s’est pas constituée partie civile et n’a pas souhaité assister au procès.Les faits remontent au 21 mars 2023, aux alentours de 23H10, dans le 12e arrondissement de Paris, en marge d’une mobilisation contre la réforme des retraites.Ce soir-là, deux équipages de la BRAV-M — soit deux motards et deux passagers — étaient intervenus après le signalement de personnes lançant des projectiles.La suite, le tribunal l’a découverte en visionnant deux vidéos exploitées par l’enquête de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). L’une a été enregistrée par un passant et largement diffusée sur les réseaux sociaux, l’autre provient de la caméra piéton portée par l’un des policiers mis en cause.On y voit un jeune homme s’enfuir pour échapper aux motards, trébucher sur le trottoir, puis être rattrapé par les policiers. L’un des motards accélère, et l’on voit le véhicule avancer vers la jambe gauche de Valentin P., avant que des coups ne lui soient assénés, accompagnés d’insultes.On voit ensuite les policiers se retrouver et raconter à leurs collègues: “On vient de percuter un mec, on l’a démonté, on l’a découpé!”.Valentin P., étudiant de 19 ans à l’époque des faits, s’était vu prescrire une ITT (incapacité totale de travail) de huit jours, les soignants des urgences signalant d’importantes ecchymoses ainsi qu’un hématome de 56 cm derrière le tibia gauche.”À aucun moment je lui ai roulé dessus! Je suis pas un fou furieux”, a déclaré à la barre Vincent V., le conducteur de la moto.- “Ce sont des aveux” -Des explications qui n’ont pas convaincu la présidente du tribunal, laquelle a interrogé le prévenu sur la conversation de “cow-boys” entre les policiers après les faits.”C’est surréaliste, cette conversation! Il y a de la surenchère, on a l’impression d’un défoulement. Pour nous, ce sont des aveux !”, a-t-elle réagi.Carrure impressionnante, crâne rasé et barbe châtain, Vincent V. a seulement reconnu avoir porté un coup de genou à la victime “pour éviter qu’il prenne la fuite, pas pour lui faire mal”.Son collègue d’unité, Mathias M., a lui aussi refusé de reconnaître les violences volontaires. Il a admis avoir donné une claque, mais dans la main de la victime, “pour la dégager”, et non sur son visage.Même démenti de la part de Valentin T., le troisième policier, qui affirme n’avoir donné “ni coup de pied, ni coup de genou” à l’homme à terre.Légèrement bousculé par la présidente sur la violence de l’opération, le policier a toutefois reconnu qu’il ne s’agissait pas d’une intervention “normale”, mais qu’elle était le résultat malheureux de “pression et de fatigue”.Un médecin expert a estimé que la blessure de la victime pouvait correspondre au passage d’une roue à faible vitesse, avec un poids total — moto et conducteur — de 358 kg.Les BRAV-M (Brigades de répression de l’action violente motorisées) ont été créées au printemps 2019 afin d’intervenir rapidement lors de manifestations, de violences urbaines ou de dégradations.Ces unités sont régulièrement pointées du doigt depuis leur création, accusées d’usage excessif de la force.Les trois fonctionnaires de police, ainsi qu’un de leurs collègues, seront également jugés ultérieurement pour faux, après avoir rédigé des rapports erronés sur les événements de la soirée.

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Course contre la montre pour sauver des singes menacés d’Amazonie

Un matin, en 2024, Armando Schlindwein a eu la surprise d’apercevoir sur son toit un des cinq singes qui vivent sur une colline de sa ferme, en Amazonie brésilienne. Auparavant, ils n’osaient pas s’aventurer loin des arbres.Ce que cet agriculteur ignorait, c’est que le primate était tout bonnement en train de lutter pour sa survie, après avoir vu son habitat naturel drastiquement réduit ces dernières années.Piégé à la fois par la déforestation et l’inondation d’une partie de son habitat causée par le barrage d’une centrale hydroélectrique, il tentait de trouver une échappatoire pour sa famille de titis de la haute-forêt (Plecturocebus grovesi), une des espèces de singes les plus menacées au monde.M. Schlindwein et d’autres habitants des environs se sont lancés il y a un an dans une course contre la montre pour leur venir en aide, avec un projet de reforestation. Le but est de leur permettre d’atteindre en sautant de branche en branche d’autres zones boisées au-delà de sa ferme.”Leur sauvetage est un travail quotidien”, explique à l’AFP le fermier de 62 ans.Il ne reste que quelques milliers de spécimens de ce singe, reconnaissable à son collier de poils orangé qui ressemble à une barbe. Il vit exclusivement dans le nord de l’Etat brésilien du Mato Grosso (centre-ouest).Quatre titis adultes et un bébé ont élu domicile dans la ferme de M. Schlindwein, située dans la commune de Sinop.Mais ils sont confinés sur une colline pas plus grande que quatre terrains de football, dans une région connue comme l'”arc de la déforestation”, la plus touchée du Brésil, où la jungle est rasée pour laisser place à des champs de soja ou d’autres monocultures vouées à l’exportation.- “Prisonniers” -Armando Schlindwein les a vus pour la première fois sur ses terres en 2020, quand leurs cris avaient attiré son attention.”Maintenant, ces cris me servent de réveil, c’est un peu comme le chant du coq”, raconte-t-il.En 2022, le titi de la haute-forêt figurait parmi les 25 singes les plus menacés de la planète, selon la publication scientifique Primates in Peril (Primates en danger).Des études ont montré que l’espèce a perdu 40% de son habitat naturel à cause de la déforestation.Si cette tendance continue, 80% de ces animaux auront disparu d’ici deux décennies.”Quand des petits doivent migrer après leur naissance pour donner suite au cycle reproductif, ils n’ont nulle part où aller”, explique Gustavo Rodrigues Canale, primatologue de l’Université fédérale de Mato Grosso.”L’action humaine en fait des prisonniers de petits fragments de forêts”, ajoute-t-il. D’autant plus que les titis de la haute-forêt ne se déplacent pas sur le sol, mais seulement dans les arbres, sautant de branche en branche.Grâce au soutien d’ONG de défense de l’environnement, comme l’Institut Ecotono ou le Mouvement des affectés par les barrages (MAR), des habitants de la région ont planté l’an dernier des graines de 47 espèces autochtones sur un hectare qui avait été déboisé près de la colline.Objectif: donner aux singes l’accès à d’autres zones où ils trouveront des arbres en abondance, et tripler ainsi leur espace vital disponible d’ici cinq à sept ans.- Barrage -Mais la déforestation n’est pas la seule menace. De l’autre côté de la colline, les cinq titis sont bloqués par une inondation causée par un barrage de la centrale hydroélectrique UHE Sinop, gérée par l’entreprise Sinop Energia, dont EDF Brasil — filiale du groupe français EDF — est l’actionnaire majoritaire.”Ici, il y avait un ruisseau avec des arbres, mais l’UHE Sinop (…) a créé un grand lac artificiel que les singes ne peuvent pas traverser”, fustige Anthony Luiz, porte-parole du MAR, désignant cette étendue d’eau d’environ 300 mètres de large.Sinop Energia a déclaré à l’AFP que “toutes les exigences légales et environnementales” ont été remplies, et que, “pour garantir la stabilité de l’écosystème, l’entreprise surveille de façon permanente la qualité de l’eau, la faune aquatique et terrestre, ainsi que la régénération végétale de la zone”.La société affirme en outre avoir mis en place, dès le début des opérations de la centrale en 2020, “un programme de surveillance des primates menacés, en totale conformité avec la législation environnementale, et sous contrôle régulier” des autorités locales.

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Au Pakistan, des glaciers artificiels pour alimenter les vallées en eau

Ils vivent au pied de montagnes blanchies par le gel toute l’année et pourtant ils manquent d’eau. Les habitants du nord pakistanais ont trouvé la solution à ce paradoxe, aggravé par le changement climatique, en fabriquant leurs propres réservoirs gelés. Dans le Gilgit-Baltistan, où culmine le K2, deuxième sommet du monde après l’Everest, les rivières coulent rarement.A cette altitude, la pluie est rare, et la fonte des glaciers ne les alimentent qu’en été. Le reste de l’année, la neige -avant abondante- pourvoyait aux besoins mais les effets du changement climatique ont drastiquement réduit sa quantité.Pour irriguer malgré tout leurs vergers de pommes et d’abricots, à 2.600 mètres d’altitude, les agriculteurs de cette vallée de Skardu ont cherché des idées sur internet.”On a découvert les glaciers artificiels sur YouTube”, raconte à l’AFP Ghulam Haider Hashmi. “On a regardé les vidéos de Sonam Wangchuk”, défenseur de l’environnement dans le Ladakh indien, à moins de 200 kilomètres de là.Cet ingénieur a développé il y a une dizaine d’années une technique pour former ces hauts tas de glace dont la forme rappelle les temples bouddhistes, les “stupas” comme on les appelle en Inde.- Sècheresse et neige fondue -Pour créer un “stupa de glace”, il faut amener l’eau vers les villages en contrebas. Puis, la garder dans des tuyaux. Et, enfin, “la propulser pour qu’elle gèle en l’air quand les températures sont négatives et créer ainsi des tours de glace”, explique Zakir Hussain Zakir, professeur à l’Université du Baltistan.Le Gilgit-Baltistan compte 13.000 glaciers –soit plus qu’aucun autre pays sur terre en dehors des terres polaires.Mais, au printemps, l’eau qui dévale vers les villages “vient principalement de la fonte des neiges”, explique à l’AFP Sher Muhammad, chercheur au Centre international pour un développement intégré en montagne (Icimod).La neige fondue “contribue six à sept fois plus au flux hydrique annuel que la fonte des glaciers, mais ces dernières années ont été plutôt sèches”, poursuit ce spécialiste de l’impact du changement climatique dans la chaîne montagneuse Hindu Kush-Himalaya, qui va de l’Afghanistan à la Birmanie.C’est pour lutter contre cette “sècheresse” que les premiers stupas de glace sont apparus en 2018 au Gilgit-Baltistan.Aujourd’hui, plus de 20 villages en fabriquent chaque hiver et “plus de 16.000 habitants ont accès à de l’eau sans avoir eu besoin de construire de réservoirs ou de citernes”, se félicite Rashid-ud-Din, responsable provincial de GLOF-2, un plan de l’ONU et du Pakistan pour atténuer les effets du changement climatique.Dans le village de Hussain Abad, cette année, huit stupas ont été fabriqués, soient environ 20 millions de litres d’eau emprisonnés dans la glace, rapporte Mohammed Raza, agriculteur.Depuis que ces réservoirs à ciel ouvert sont apparus sur les pentes du Karakoram, assure-t-il, “nous n’avons plus de pénurie d’eau pendant les semailles”.”Avant, on devait attendre que les glaciers fondent en juin pour avoir de l’eau, les stupas ont sauvé nos champs”, assure Ali Kazim, lui aussi agriculteur dans la vallée.- Saison agricole supplémentaire -Avant les stupas, surtout, “on plantait nos semailles en mai”, raconte Bachir Ahmed, 26 ans. Et “on avait une seule saison agricole alors que maintenant on peut planter deux ou trois fois” dans l’année.Un enthousiasme que le chercheur Sher Muhammad nuance: “avec des températures plus basses, il fallait planter plus tard dans l’année. Maintenant que les températures remontent plus tôt, les agricultureurs plantent plus tôt, mais cela affecte forcément la qualité” des récoltes, prévient-il.Déjà, les scientifiques alertent sur le fait qu’au Pakistan, l’augmentation de la température est deux fois plus rapide que la moyenne mondiale.A travers le monde, les glaciers fondent. Et malgré l’exceptionnelle résistance des bancs de glace du Karakoram, le risque d’inondations subites et de diminution des réserves en eau est réel sur le long terme.La question de l’eau est particulièrement sensible dans le pays, le 15è le plus en pénurie hydrique au monde, selon l’ONU.Ses 240 millions d’habitants vivent sur un territoire à 80% aride ou semi-aride et dépendent pour plus des trois-quarts de leur eau de fleuves et de rivières prenant leur source dans les pays voisins.”Face au changement climatique, il n’y a ni riches ni pauvres, ni urbains ni ruraux, c’est le monde entier qui est devenu vulnérable”, lance Yassir Parvi, 24 ans.”Dans notre village, on a décidé de tenter notre chance avec les stupas de glace”, poursuit ce cultivateur de pommes de terre, de blé et d’orge.