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Blocage d’un train de blé: prison avec sursis requise contre 12 militants écologistes

Des peines allant de trois à six mois de prison avec sursis ont été requises lundi devant le tribunal judiciaire de Lorient contre 12 militants écologistes qui avaient bloqué un train transportant du blé en mars 2022.La procureure Laëtitia Mirande a souligné le préjudice financier “conséquent” de l’action pour plusieurs sociétés, dont la SNCF et l’entreprise destinataire du chargement, Sofral Le Gouessant.Le 19 mars 2022, une cinquantaine de militants, réunis à l’appel du collectif “Bretagne contre les fermes usines”, avaient bloqué entre Saint-Gérand et Noyal-Pontivy (Morbihan) un train de marchandises destiné à une usine voisine d’aliments pour bétail.Les militants avaient symboliquement édifié un mur en parpaings en travers des voies ferrées et déversé 142 tonnes de blé sur les quelque 1.300 contenues dans les 22 wagons du train de marchandise.Les militants pensaient en fait intercepter une cargaison de soja à destination d’une autre société de l’agro-industrie, le groupe Sanders.Les prévenus, huit hommes et quatre femmes, ont reconnu leur participation à cette action mais ont réfuté les faits reprochés, parmi lesquels l’entrave d’un train de marchandises et la dégradation en réunion.Âgés pour la plupart d’une trentaine d’année, les militants ont refusé de répondre aux questions de la présidente et largement utilisé leur espace de parole comme tribune contre l’agro-industrie, convoquant tour à tour les atteintes à la biodiversité, la prolifération des cancers, la “pollution généralisée”, les suicides des agriculteurs ou encore la quête effrénée du profit.L’action de mars 2022 était “juste et proportionnée”, a défendu l’un des prévenus, Axel Lopez, présenté comme un des principaux responsables.Sa camarade Aleksandra Dergacova, appelée à sa suite à la barre, a présenté l’action comme “honnête”, “pacifique” et “cohérente”.”C’est l’inaction des pouvoirs publics qui nous encourage à agir”, a renchéri Nina Rolland, une des prévenues, dans une salle d’audience pleine. Les avocats de la défense ont plaidé la relaxe. Une petite centaine de personnes étaient présentes à l’extérieur du tribunal afin d’apporter, en musique, leur soutien aux militants écologistes.Ines Léraud, autrice de la BD à succès “Les Algues vertes, l’histoire interdite”, a été citée en tant que témoin.L’opération, surnommée Yakari par ses instigateurs, a été moquée par Me Alexandre Boucher, avocat de Sofral Le Gouessant, qui l’a comparée à une “attaque de diligence” digne d’un “mauvais western”.Le jugement sera rendu le 11 février 2026.

Explosion dans l’Ain: au moins six victimes, dont deux enfants décédés

Deux enfants en bas âge sont décédés lundi soir dans une explosion survenue dans un immeuble d’habitation à Trévoux, dans l’Ain, et qui a fait au moins quatre autres victimes.Il s’agit d’un bilan provisoire et les recherches se poursuivent, a précisé la préfecture du département, qui appelle la population à éviter le secteur. “Le risque n’est pas encore écarté”, a-t-elle précisé.L’explosion s’est produite vers 17h30 au rez-de-chaussée d’un bâtiment qui comporte quatre étages, dans cette ville de 6.930 habitants située à une quarantaine de kilomètres au nord de Lyon.”Une personne avec trois enfants était chez elle quand ça a explosé, elle ne sait pas pourquoi”, a déclaré à l’AFP Philippe Berthaud, adjoint au Logement. “Elle est rescapée avec son fils aîné, mais ses deux enfants sont dans un état critique”, a-t-il ajouté.Dégagés des décombres en arrêt cardio-respiratoire, ces enfants de trois et cinq ans ont été déclarés décédés peu après, selon les secours.Le bâtiment ne s’est pas effondré, mais ses habitants ont été évacués et abrités dans un gymnase situé à proximité. Une cellule d’urgence médico-psychologique a été activée, selon la préfecture.- “On a paniqué” -La déflagration était tellement forte que les vitres de deux établissements scolaires à proximité se sont brisées, a indiqué la préfecture, qui précise que les responsables des établissements n’ont pas signalé de blessés.”J’étais dans le lycée, on a entendu un gros boum, ça a fait tout trembler”, “le lycée a été évacué”, “on a paniqué”, ont décrit à l’AFP deux lycéennes, Maylee et Lena, qui n’ont pas souhaité donner leur nom de famille.Les gendarmes ont mis en place un périmètre de sécurité et la population est invitée à éviter le secteur qui restait bouclé vers 19H30.D’importants moyens humains et matériels ont été déployés pour les secours et les investigations, selon des journalistes de l’AFP.Cinquante pompiers, 36 engins et des secours médicalisés sont sur les lieux, a précisé la préfecture dans un communiqué. Un poste de commandement a été installé dans une piscine à proximité.La préfète de l’Ain a activé le plan nombreuses victimes (Novi), qui permet de mobiliser tous les acteurs de la chaîne de secours en cas de nombreuses victimes sur un même lieux. Le maire a enclenché un plan communal de sauvegarde.La préfète Chantale Mauchet, qui a adressé “ses condoléances les plus attristées” aux proches des victimes, doit se rendre sur les lieux dans la soirée.Les causes de l’explosion restent à cette heure inconnue. Contacté par l’AFP, le parquet de Bourg-en-Bresse n’était pas joignable dans l’immédiat.

Narcotrafic: à son procès, Abdelkader Bouguettaia se dit victime de faux témoignages

Jugé pour des importations massives de cocaïne via le port du Havre, Abdelkader Bouguettaia a contesté les témoignages l’incriminant, au coeur des trois dossiers qui lui ont valu, en son absence alors qu’il résidait à Dubaï, des peines allant jusqu’à 15 ans de prison.Abdelkader Bouguettaia, 38 ans, est apparu dans son box avec des lunettes aux verres épais sur le nez, le crâne et la barbe rasés, au premier jour de son nouveau procès lundi à Lille.Surnommé “Bibi”, il assure n’avoir “jamais fui” la France, mais l’avoir quittée “par peur”, d’abord à destination de l’Algérie, après avoir été enlevé et séquestré en région parisienne en janvier 2019.”Je ne sais pas qui ils visaient, peut-être un de mes proches”, a assuré ce sixième de sept enfants (six frères et une soeur), réfutant tout lien entre cet enlèvement et une quelconque implication personnelle dans le narcotrafic. Deux de ses frères sont actuellement en détention pour trafic de cocaïne.Condamné à plusieurs reprises pour trafic de stupéfiants, dont la première dès l’adolescence, Abdelkader Bouguettaia, reconnaît avoir été “un vendeur de cannabis”, ce qu’il qualifie d'”erreurs de jeunesse”.Il a été extradé en juin dernier de Dubaï, d’où il est soupçonné d’avoir continué à piloter le trafic de cocaïne via le port du Havre, sa ville natale.Interrogé sur la manière dont il a financé ses déplacements à l’étranger, il a expliqué avoir économisé en travaillant “plus de 10 ans au Buffalo Grill”. Davantage que le temps qu’il a passé en liberté depuis sa majorité, s’est étonnée une assesseure.A Dubaï, Abdelkader Bouguettaia assure qu’il était chef de salle dans un restaurant.Selon un extrait d’interrogatoire d’un ancien proche consulté par l’AFP en 2024, il y occupait avec sa compagne deux appartements dans un immeuble cossu de la marina, possédait des voitures haut de gamme, et fréquentait des piscines d’hôtels luxueux ou restaurants chics.- docker -Au tribunal, il s’est présenté comme un citoyen sans problèmes à qui on voudrait faire porter “un chapeau XXL”: “je paie mes impôts (…), j’ai mon permis, j’ai mes 12 points”.Condamné en 2022, 2023 et 2024, deux fois à neuf ans et une fois à 15 ans de réclusion criminelle, pour des importations de cocaïne ayant eu lieu entre 2019 et 2021, il n’a pas acquiescé à ces condamnations. Il est donc rejugé en sa présence jusqu’à mercredi devant la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Lille.Ces dossiers portent sur plus de deux tonnes de cocaïne saisies.Dans le premier dossier évoqué, qui porte sur la découverte de 141 kilogrammes de cocaïne en février 2019, la présidente a cité un témoin selon lequel M. Bouguettaia “est au courant de tout et tout le monde lui dit tout”.Selon ce témoin, Abdelkader Bouguettaia payait 100.000 euros à quiconque “lui ramenait un docker” prêt à travailler pour lui, lequel touchait également 100.000 euros.- “Même Kennedy, c’est moi qui l’ai tué” -Ce témoin dit avoir été “corvéable à merci pour +Bibi+”, qu’il a qualifié de “menaçant”: “Si je ne répondais pas, il m’envoyait du monde”.”Tout ça, c’est complètement faux”, a simplement répondu “Bibi”. “Si on écoutait (ce témoin), même le président Kennedy, c’est moi qui l’ai tué”.Interrogé sur le fait qu’un autre témoin l’ait identifié, sur photo, comme l’un des commanditaires de cette livraison, il estime que cela ne peut être qu’une confusion due à une fréquentation commune d’un bar à chicha.Dans chacun des trois dossiers jugés cette semaine, les investigations ont permis d’identifier Abdelkader Bouguettaia comme l’un des principaux commanditaires de ces importations.Certaines importations étaient effectuées via des cargaisons légales de gélatines de boeuf et de lames de bois en provenance d’Amérique du Sud, notamment du Brésil, ou encore “dans un conteneur de miettes de thon sous vide en provenance d’Equateur”, selon le parquet de Lille.M. Bouguettaia a en outre été mis en examen en juin à Paris, notamment pour l’importation d’un conteneur contenant 2,5 tonnes de cocaïne arrivé au Havre depuis la Colombie.

Le Louvre dans la tourmente resté fermé lundi en raison d’une grève

Le musée du Louvre est resté fermé lundi en raison d’une “grève reconductible” de ses agents, une nouvelle épreuve pour une institution dans la tourmente depuis le spectaculaire cambriolage du 19 octobre et la mise à nu de ses dysfonctionnements.A 9H00 lundi, les portes du musée sont restées closes devant une file de visiteurs, puis la direction du musée a annoncé une fermeture de l’établissement pour “toute la journée”.”Je suis vraiment déçu, le Louvre était la raison principale de notre venue à Paris, parce que nous voulions voir Mona Lisa”, le célèbre tableau de La Joconde de Léonard de Vinci, a déclaré à l’AFP Minsoo Kim, 37, Coréen, en lune de miel.Un peu plus tôt, les personnels du musée le plus visité au monde, réunis en assemblée générale, avaient voté “à l’unanimité” une grève reconductible pour dénoncer les conditions de travail et d’accueil du public.Plusieurs dizaines d’agents ont ensuite déployé devant la pyramide une banderole indiquant “Le Louvre en lutte pour des conditions de travail décentes, hausse des salaires, + d’effectifs contre la vétusté du palais et le projet LNR”,  le Louvre Nouvelle Renaissance, projet de rénovation à grande échelle annoncé par le président Emmanuel Macron. Les organisations syndicales ont ensuite été reçues au ministère de la Culture avec la Direction générale des patrimoines et de l’architecture (DGPA), notamment, selon des sources concordantes.”Nous avons eu quelques avancées en matière de rémunération, mais cela reste insuffisant et nous attendons une proposition écrite du ministère – certainement mardi – pour nous prononcer”, a déclaré à l’AFP Alexis Fritche, secrétaire général de la CFDT-Culture, à l’issue de deux heures de réunion.Selon lui, “pas d’avancée” non plus sur les emplois: “On nous annonce 28 postes pour la surveillance, mais ils proviennent de redéploiements”.A l’issue de l’assemblée générale, le délégué CGT Christian Galani avait rappelé que la filière accueil et surveillance avait “perdu 200 équivalents temps plein en l’espace de 15 ans, alors que la fréquentation a augmenté de moitié”.Une prochaine AG est prévue mercredi à 9H00, le mardi étant le jour de fermeture hebdomadaire du Louvre.- Conflit social et réorganisation -“On est en colère”, “nous ne sommes pas d’accord avec la manière dont Le Louvre a été géré”, a dit devant la presse Elise Muller, agente de surveillance Sud Culture.Valérie Baud, représentante CFDT, s’était félicitée d’un mouvement “interprofessionnel”, regroupant métiers de la “conservation, agents d’accueil et de surveillance, professions support, juristes, graphistes”.En parallèle de ce conflit social, le musée doit faire face à une réorganisation à marche forcée et continuer de répondre aux interrogations sur les failles qui ont permis à un commando de s’emparer de huit joyaux de la Couronne, toujours introuvables. Fragilisée, la présidente du Louvre, Laurence des Cars, devra travailler en tandem avec Philippe Jost, le haut fonctionnaire chargé du chantier de reconstruction de Notre-Dame, à qui Rachida Dati a confié vendredi la mission de “réorganiser en profondeur le musée”.- Audition de la présidente mercredi -“Des mesures indispensables sont à prendre, bien au-delà de la sûreté et de la sécurité”, a déclaré la ministre de la Culture.”Toute réflexion sur l’avenir du Louvre ne saurait se limiter à une approche technico-organisationnelle”, avait réagi la CFDT.Le ministère de la Culture a précisé que la mission de M. Jost serait menée en janvier et février et que ses recommandations étaient attendues “fin février”.Des sénateurs vont par ailleurs poursuivre leur quête de réponses sur les dysfonctionnements du musée, après avoir pris connaissance de l’enquête administrative lancée après le cambriolage. Mardi, la commission culture du Sénat doit entendre pour la première fois l’ancien président du Louvre Jean-Luc Martinez, destinataire pendant son double mandat (2013-2021) de deux audits alarmants peu suivis d’effets.Mercredi, la même commission entendra de nouveau Laurence des Cars, à la tête du musée depuis fin 2021, pour comprendre notamment comment ces deux audits n’ont été découverts par l’actuelle direction qu’après le casse du 19 octobre.jt-mdv-adp-kp/vg/tes

“Je ne suis pas un empoisonneur”, clame une dernière fois Frédéric Péchier

“Je ne suis pas un empoisonneur”, a une dernière fois clamé lundi Frédéric Péchier, anesthésiste de Besançon qui encourt la réclusion à perpétuité, avant que la cour d’assises du Doubs ne se retire pour délibérer au terme de trois mois et demi d’un procès éprouvant.”Ca fait huit ans que je me bats contre le fait qu’on me présente comme un empoisonneur”, mais “non, je ne suis pas un empoisonneur”, a déclaré le médecin de 53 ans.Accusé d’avoir empoisonné 30 patients dont 12 sont morts, entre 2008 et 2017, le quinquagénaire assure avoir “toujours respecté” le serment d’Hippocrate.La cour devra en décider.Après 15 semaines d’audience, elle se retire “dans un lieu tenu secret” pour délibérer, a déclaré la présidente Delphine Thibierge en clôture des débats. Le verdict est attendu d’ici à vendredi.Quant à Frédéric Péchier, qui a comparu libre depuis le 8 septembre, il a quitté le palais de justice escorté par les forces de l’ordre. Il devra “rester à la disposition de la justice” et ne pourra pas quitter le logement qu’il occupe à Besançon, a précisé la magistrate.La semaine dernière, au terme d’un réquisitoire intense, les deux avocates générales ont requis la réclusion à perpétuité, assortie d’une période de sûreté maximale de 22 ans, à l’encontre de ce “tueur en série” aux crimes “hautement pervers”.- “Fabriquer un coupable” -Mais pour condamner le médecin, “il faut des preuves”, a martelé son avocat, Randall Schwerdorffer. Or, dans ce dossier, “c’est le néant de la preuve”, selon lui.”Je vous demande d’acquitter purement et simplement Frédéric Péchier”, a-t-il conclu à l’issue de près de cinq heures de plaidoirie.Me Schwerdorffer a établi un parallèle entre Frédéric Péchier et Patrick Dils, qui a passé 15 ans en détention pour les meurtres de deux enfants commis en 1986 près de Metz, avant d’être acquitté en appel.Dans les deux cas, “il fallait que ça aille vite” pour trouver un coupable, a-t-il retracé. Dès le début de l’enquête en mars 2017, les enquêteurs ont été “convaincus de la culpabilité de Frédéric Péchier” et se sont efforcés de la “démontrer”.”Jamais on ne cherchera ailleurs”, a-t-il fustigé. “On a fabriqué un coupable” et “toute la communauté médicale” s’est liguée contre lui. Dès lors, son sort était “scellé”, selon lui.Une comparaison “particulièrement malhonnête et déplacée”, a jugé Frédéric Berna, avocat de nombreuses parties civiles.”On ne peut pas comparer Patrick Dils, qui avait 16 ans à l’époque, qui était assez peu lettré, qui était un garçon très fragile, et qui de surcroît a avoué, avec le Dr Péchier, qui est un homme supérieurement intelligent, qui a 45 ans à l’époque et qui n’a jamais rien avoué”.Pour Me Schwerdorffer, “rien d’hallucinant dans la vie” de son client “ne permet de dire qu’il est dingue”, alors que pour “tuer à répétition de cette façon là, il faut une telle rage, une telle violence”.- “Coïncidences” -Mais “quoi qu’il dise, quoi qu’il fasse, il sera toujours critiqué”, regrette le pénaliste, et “comme Patrick Dils était devenu +le tueur d’enfants, le monstre+, Frédéric Péchier est devenu +l’empoisonneur, le monstre+”.Certes, “il y a bien un empoisonneur à la clinique Saint-Vincent” mais ce n’est pas Frédéric Péchier, a soutenu la défense, appelant les six jurés populaires et les trois magistrats professionnels à l'”impartialité”.Dans ce dossier, “on a fait avec des coïncidences une règle de preuve, mais ce ne sont que des coïncidences”, a estimé Me Schwerdorffer après l’audience.”On a expliqué aux jurés que les coïncidences n’existaient pas et que le hasard n’existait pas”, mais “allez expliquer ça à monsieur Dils – qui s’est trouvé par hasard près du lieu du crime de Francis Heaulme – que le hasard n’existe pas”, a-t-il ajouté.Selon les avocates générales, Frédéric Péchier a pollué des poches de perfusion utilisées pendant les interventions pour déclencher des arrêts cardiaques incompréhensibles pour les soignants.L’ancien anesthésiste, “l’un des plus grands criminels de l’histoire judiciaire française” selon l’accusation, cherchait ainsi à nuire aux collègues avec qui il était en conflit et “nourrir sa soif de puissance”.

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Au Maroc, 37 morts dans les pires inondations de la dernière décennie

“L’eau nous a submergés”: 37 personnes sont mortes dimanche à Safi, sur la côte atlantique du Maroc, à la suite de crues soudaines et d’inondations, le plus lourd bilan de la dernière décennie pour des intempéries de ce type dans le pays.Sept blessés, dont deux en soins intensifs, sont toujours traités à l’hôpital Mohammed V de Safi, a indiqué le directeur de l’établissement à l’agence officielle marocaine MAP. Cette ville portuaire, située à environ 300 kilomètres au sud de Rabat, a été touchée dimanche par de violentes précipitations orageuses ayant “provoqué des écoulements torrentiels exceptionnels” en l’espace “d’une heure”, ont déclaré les autorités locales.”L’eau nous a submergés (…) Nous n’avons pas pu dormir de la nuit, nous avons tout perdu, même les manuels scolaires de mes enfants”, raconte à l’AFP Hanane Nasreddine, la voix tremblante. “La situation est dramatique”, ajoute cette mère de six enfants.Les images circulant sur les réseaux sociaux montrent un torrent d’eau boueuse qui dévale les rues de Safi, emportant sur son passage voitures, poubelles et caisses de marchandises. Sur d’autres, on voit un mausolée à moitié submergé, des embarcations de la Protection civile en intervention pour secourir des résidents ou encore un homme pagayant à bord d’un canoë sur une voie transformée en canal.”37 millimètres de pluie sont tombés en peu de temps et ont touché le marché historique de Bab Chabaa (à Safi), traversé par une rivière, causant la mort d’un certain nombre de commerçants et d’ouvriers qui travaillaient à ce moment-là”, a expliqué lundi dans l’après-midi le chef du gouvernement Aziz Akhannouch devant le Parlement. Le parquet national a de son côté annoncé l’ouverture d’une enquête pour “déterminer les causes de cet incident tragique et en élucider les circonstances”.- “Pertes considérables” -“J’ai perdu tous mes vêtements, ma voisine m’en a donné pour me couvrir. Je n’ai plus rien”, témoigne une autre habitante, Nezha El Meghouari. Lorsque sa maison a été inondée, quelqu’un a crié: “Sors d’ici, tu vas mourir”, raconte-t-elle. “J’ai vu qu’il y avait beaucoup d’eau, je me suis enfuie”.Lundi matin, l’eau avait reflué et les habitants s’affairaient à nettoyer les devantures de leurs logements tandis que les autorités déblayaient les rues des gravats. Les commerçants dressaient un premier bilan des dégâts matériels dans la vieille ville, réputée pour son artisanat et où des centaines d’objets en terre cuite – assiettes, plats à tajine, jarres – gisent brisées ou ensevelies sous la boue.”Les pertes sont considérables. Les bijoutiers ont perdu toute leur marchandise (…), pareil pour les propriétaires des magasins de vêtements”, souligne auprès de l’AFP un commerçant de 55 ans, Abdelkader Mezraoui, qui espère “des indemnisations”.- “Renforcer la vigilance” -L’antenne locale du ministère de l’Education nationale a annoncé que les cours étaient suspendus pour trois jours, par “mesure préventive (…) afin de veiller à la sécurité des élèves”.Au Maroc, l’automne est normalement marqué par une diminution des températures, mais le réchauffement climatique limite désormais cette baisse, tout en maintenant l’évaporation héritée de l’été. Cette combinaison augmente le risque d’averses intenses, selon des experts.La Direction générale de la météorologie (DGM) a annoncé lundi de fortes averses, parfois orageuses, de lundi à mercredi dans plusieurs provinces du pays, notamment à Safi.Les autorités régionales ont appelé à “renforcer la vigilance, adopter les plus grandes précautions et respecter les mesures de sécurité, compte tenu des fluctuations climatiques extrêmes que connaît notre pays”.En septembre 2024, de fortes intempéries avaient provoqué des inondations dans le sud et le sud-est, causant la mort de 18 personnes. En novembre 2014, au moins 32 personnes avaient péri dans le sud à la suite de violentes précipitations ayant provoqué des crues de rivières au pied des montagnes de l’Atlas.Les crues soudaines, provoquées par des pluies torrentielles que le sol asséché ne peut pas absorber, ne sont pas rares. Mais selon la communauté scientifique, le changement climatique provoqué par l’activité humaine a rendu plus fréquents et intenses les événements météorologiques comme les crues, les sécheresses et les canicules.

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Des milliers de glaciers menacés de disparition chaque année à cause du réchauffement, selon une étude

Des milliers de glaciers disparaîtront chaque année au cours des prochaines décennies et seule une fraction pourrait survivre à la fin du siècle à moins que le réchauffement climatique ne soit freiné, affirme une étude publiée lundi.Les mesures prises par les gouvernements en matière de changement climatique pourraient déterminer si le monde perdra 2.000 ou 4.000 glaciers par an d’ici le milieu du siècle, selon cette étude publiée dans la revue Nature Climate Change et dirigée par le glaciologue Lander Van Tricht.Quelques degrés pourraient faire la différence entre la préservation de près de la moitié des glaciers du monde en 2100 et celle de moins de 10%.”Nos résultats soulignent l’urgence d’une politique climatique ambitieuse”, est-il écrit dans cette étude.Les chercheurs se concentrent généralement sur la perte de masse et de superficie des géants de glace mondiaux, mais M. Van Tricht et ses collègues ont cherché à déterminer combien de glaciers individuels pourraient fondre chaque année au cours de ce siècle.- Tourisme, culture locale -Si la fonte des petits glaciers a moins d’impact sur l’élévation du niveau de la mer que celle des grands glaciers, leur disparition peut nuire considérablement au tourisme ou à la culture locale, selon les scientifiques impliqués dans cette étude.”La disparition de chaque glacier individuel peut avoir des répercussions locales importantes, même si sa contribution à la fonte des eaux est faible”, a affirmé M. Van Tricht, spécialiste de glaciologie à l’école polytechnique fédérale de Zurich (ETH), lors d’un échange avec la presse.”La perte des glaciers dont nous parlons ici est plus qu’une simple préoccupation scientifique. Elle touche vraiment nos coeurs”, a dit Matthias Huss, co-auteur de l’étude et également glaciologue à l’ETH, qui a participé en 2019 à des funérailles symboliques du glacier Pizol dans les Alpes suisses.Les scientifiques ont examiné les contours de 211.490 glaciers à partir d’une base de données satellitaires mondiales afin de déterminer l’année où le plus grand nombre d’entre eux disparaîtra, un concept qu’ils ont baptisé “pic d’extinction des glaciers”.A l’aide de modèles informatiques évaluant plusieurs scénarios de réchauffement qui vont de 1,5°C à 4°C par rapport aux niveaux préindustriels, ils en ont conclu que le rythme actuel de perte de 1.000 glaciers chaque année devrait s’accélérer. Celui-ci atteindrait un pic de 2.000 d’ici 2041, même si le réchauffement était limité à 1,5 °C, le seuil que les pays se sont engagés à respecter dans le cadre de l’accord de Paris afin d’éviter les pires effets du changement climatique, même si mes Nations Unies ont averti que le réchauffement devrait dépasser ce niveau dans les prochaines années.À ce rythme, il ne resterait plus que 95.957 glaciers sur la planète d’ici 2100, soit un peu moins de la moitié.- Pire scénario -Selon les projections actuelles indiquant que les températures augmenteraient de 2,7°C, environ 3.000 glaciers disparaîtraient chaque année entre 2040 et 2060, selon les glaciologues.Et d’ici 2100, seul un glacier sur cinq, soit 43.852, aurait survécu dans un monde où la température aurait augmenté de 2,7 °C.Dans le pire scénario, avec une hausse des températures de 4°C, jusqu’à 4.000 glaciers disparaîtraient chaque année d’ici le milieu des années 2050. Et seuls 9% des glaciers, soit 18.288, subsisteraient à la fin du siècle, indique l’étude.Le moment où la disparition des glaciers atteindra son pic varie selon les régions, en fonction de leur taille et de leur emplacement. Dans les zones où les glaciers sont principalement de petite taille, comme les Alpes et les Andes subtropicales, la moitié pourrait disparaître d’ici deux décennies.Dans les régions du monde où les glaciers sont plus grands, comme le Groenland et la périphérie de l’Antarctique, le pic de disparition des glaciers se produira plus tard dans le siècle.