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Le monde agricole ne décolère pas contre l’accord Mercosur, voté à Bruxelles

“Colère totale des paysans”: le vote de l’accord UE-Mercosur à Bruxelles ne passe pas vendredi auprès des agriculteurs français, qui poursuivent leur mobilisation, à grand renfort de tracteurs, avant des annonces du gouvernement en leur “faveur” prévues à 18H00.Après plus d’un mois de mobilisation en province et au lendemain du débarquement à Paris des tracteurs de la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole, à la ligne contestataire, la gendarmerie dénombrait à la mi-journée 49 actions dans 31 départements, mobilisant 1.200 personnes avec 500 tracteurs.A l’aube, la Confédération paysanne, troisième syndicat, a lancé une opération escargot avec quelques tracteurs sur le périphérique parisien, avant que deux de ses porte-parole ne soient interpellés devant l’Arc de Triomphe.Il est “inadmissible que la Confédération paysanne soit le seul syndicat à subir cette répression”, a dénoncé cette autre organisation contestataire, classée à gauche.Le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a assumé jeudi soir de n’avoir pas dispersé l’action “illégale” de la Coordination rurale (CR) avec ses tracteurs à Paris alors que les rassemblements non déclarés y étaient interdits.La Confédération paysanne a prévu un rassemblement devant un commissariat à Paris en fin d’après-midi tandis que la CR manifestera devant le tribunal de Meaux, pour protester contre les interpellations de leurs adhérents.Après avoir cheminé de leurs bastions du Sud-Ouest, de Normandie ou du Nord, les agriculteurs de la CR, habitués des actions coup de poing, sont parvenus à l’Assemblée nationale. Ses militants se sont repliés dans la soirée, mais nombre d’entre eux sont encore autour de Paris, prêts à “revenir”.- L’Anses “doit disparaître” -Le préfet de police Patrice Faure “tient à rappeler qu’aucun trouble à l’ordre public ou atteinte aux forces de l’ordre, ne peut être toléré”, a indiqué vendredi sur X la préfecture.Le ton est monté au sud de Paris vendredi en début d’après-midi devant le siège de l’agence sanitaire Anses, où quelques dizaines de “bonnets jaunes” de la Coordination rurale sont venus lancer des oeufs contre un organisme qui doit “disparaître”, a affirmé José Pérez, président de la CR du Lot-et-Garonne, joint par téléphone par l’AFP. Aucune interpellation n’a été rapportée.La FNSEA et ses alliés des Jeunes Agriculteurs, alliance syndicale qui domine dans le monde agricole, mènent de leur côté des actions déclarées dans plusieurs départements vendredi et ont appelé à manifester le 20 janvier à Strasbourg devant le Parlement européen, qui devra prochainement voter la ratification de l’accord UE-Mercosur. Le vote à Bruxelles par les États membres “est une trahison de la souveraineté agricole européenne”, a indiqué la FNSEA vendredi, et “provoque la colère totale des paysans”. L’opposition d’Emmanuel Macron au traité UE-Mercosur n’a non seulement pas permis de bloquer l’accord à Bruxelles, mais n’a pas non plus satisfait les syndicats: ils attendent des mesures concrètes dans les cours de ferme et aucun ne se réjouit de “la perte d’influence de la France” en Europe, selon l’expression de la FNSEA.Une conférence de presse a lieu à 18h en présence des ministres de l’Agriculture, Annie Genevard – qui accueille la rencontre – des Comptes publics Amélie de Montchalin, de l’Europe Nicolas Forissier et de la Transition écologique et Mathieu Lefèvre pour faire des “annonces en faveur du monde agricole”. – Actions dans plusieurs régions -Viticulteurs en crise, céréaliers confrontés à la hausse des prix des engrais, éleveurs confrontés à de multiples épizooties… la liste est longue.La Confédération paysanne et la CR demandent notamment la fin de l’abattage total des troupeaux bovins infectés par la dermatose nodulaire. La CR demande aussi un “moratoire” sur les contrôles des pratiques des agriculteurs.Des actions ont lieu vendredi dans plusieurs régions, mais aussi en Belgique, en Italie ou encore en Pologne.Des autoroutes sont bloquées dans le sens France-Belgique dans le Nord, mais aussi dans le Sud-Ouest. Des dépôts de carburants ont été pris pour cible dans ces mêmes régions, à Haulchin et à Bassens.”C’est une descente aux enfers (…) Les produits qui rentrent du Mercosur sont moins chers, parce qu’ils produisent du maïs sur des milliers d’hectares”, avec des OGM interdits en Europe, se désole Jean-Michel Larrère, président de la FDSEA des Landes lors d’un rassemblement dans une zone portuaire près de Bayonne.

Prison avec sursis pour des militants du suicide assisté pour trafic de barbituriques

Au milieu des débats parlementaires sur la fin de vie, le tribunal correctionnel de Paris a condamné vendredi douze militants radicaux du suicide assisté à des peines allant jusqu’à 10 mois de prison avec sursis pour trafic de barbituriques.Jugés de mi-septembre à début octobre, douze adhérents de l’association Ultime Liberté, âgés de 75 à 89 ans, ont tous été reconnus coupables d’avoir, entre août 2018 et novembre 2020, aidé des dizaines de personnes à acheter sur internet du pentobarbital, un barbiturique entraînant une mort rapide et sans douleur.Ces retraités, qui n’étaient poursuivis que pour des délits liés au trafic de substances illicites et non pour incitation ou aide au suicide, avaient fait de leur procès cet automne une tribune sur l’aide à mourir.Les peines prononcées s’échelonnent de 2.000 euros d’amende, dont 1.000 avec sursis, à 10 mois de prison avec sursis pour la fondatrice de l’association, Claude Hury, dont les juges ont fustigé l'”amateurisme dans l’accompagnement” de personnes souhaitant mourir.Devant une salle comble de personnes âgées venues en soutien, à l’image de l’audience, la présidente de la 31e chambre a commencé par indiquer que “le tribunal n’est pas déconnecté des enjeux de société, de ses évolutions. Il a parfaitement conscience du mouvement souhaité par les Français dans leur grande majorité en matière de fin de vie”.Pour autant, alors que le Sénat examine ce mois-ci le texte de loi créant un droit à l’aide à mourir, qui ferait sensiblement évoluer la législation française, “les prévenus ne peuvent attendre d’un tribunal correctionnel qu’il s’érige en législateur et anticipe sur l’avènement d’une loi”.Même si leur action n’était motivée que par leur engagement humanitaire, pratiqué hors de tout cadre médical, le tribunal s’est inquiété de l'”extrémisme” de certains des militants prônant une “liberté sans limite” de mettre fin à ses jours, au-delà du cas des personnes malades et en grande souffrance.Très clivante, née en 2009 de la scission de la frange la plus radicale de la grande organisation pro-euthanasie ADMD, Ultime Liberté revendique le droit à un suicide “serein” pour toute personne en pleine possession de ses moyens, malade ou non.- “On n’a tué personne” -“On n’a tué personne, on a simplement aidé. On a fait un geste d’humanité envers des personnes qui demandent”, a réagi à l’issue du délibéré Claude Hury, professeure retraitée de 76 ans, annonçant faire appel de la décision.L’un des avocats de la défense, Me Frédéric Verra, a salué “une peine relativement symbolique qui montre toute la gêne de la juridiction”.Le médecin militant Bernard Senet, qui assume avoir pratiqué des euthanasies durant sa carrière médicale, a été condamné à six mois de prison avec sursis.Avec son défilé à la barre de médecins ou intellectuels spécialistes du sujet, d’anonymes ayant aidé leurs proches à en finir, le procès a esquissé devant la justice le continent caché de l’aide à mourir pour des malades en grande souffrance. Un acte illégal mais néanmoins pratiqué à travers toute la France, dans le secret des familles, derrière les portes closes de chambres à coucher.Dans un témoignage aussi inattendu que bouleversant, un prêtre est ainsi venu pudiquement confesser à la barre avoir eu recours, à l’encontre du dogme religieux, au suicide assisté pour son père touché par un cancer en phase terminale.”Il m’avait fait jurer d’abréger ses souffrances lorsque le moment serait venu. Ça a été une double peine pour moi puisque j’ai respecté ma parole. En tant que fils, cela a été très compliqué à vivre. En tant que chrétien et prêtre, c’était presque schizophrénique: +Tu ne tueras pas+”, a raconté cet imposant ecclésiastique en soutane noire et col romain, en citant la Bible.Dressant le parallèle entre le mouvement pour l’aide à mourir et la campagne pour la légalisation de l’avortement au début des années 1970, nombre de témoins ont salué l’avancée législative et sociétale que représenterait selon eux le texte voté en première lecture en mai par l’Assemblée nationale, dont le Sénat débattra fin janvier.Cette proposition de loi du député MoDem Olivier Falorni créerait un “droit à l’aide à mourir” en France. Elle légaliserait le suicide assisté, et de manière exceptionnelle, l’euthanasie, sans pour autant que ces mots jugés connotés négativement ne figurent dans le texte.

Le candidat LFI à Marseille Sébastien Delogu jugé en juin pour la diffusion de documents privés volés

Le député et candidat LFI à la mairie de Marseille Sébastien Delogu sera jugé en juin notamment pour recel de vol pour avoir diffusé sur ses réseaux sociaux des documents privés d’un chef d’entreprise fin 2024, a appris l’AFP vendredi auprès du parquet.Il comparaitra devant le tribunal correctionnel de la deuxième ville de France le 9 juin pour “recel de biens provenant d’un vol”, “divulgation d’informations personnelles permettant d’identifier ou localiser une personne et exposant un risque direct d’atteinte à la personne” et “d’atteinte au secret des correspondances”, a détaillé le parquet de Marseille, confirmant une information initiale du Parisien.Contacté par l’AFP, le député n’était pas joignable dans l’immédiat pour réagir.En mai, il avait été entendu par les enquêteurs et son domicile tout comme sa permanence avaient été perquisitionnés. Cette enquête portait sur le vol d’une pochette contenant des documents privés d’Isidore Aragones, éphémère président du conseil d’administration de Laser Propreté du 12 septembre à début octobre 2024. Ces faits étaient intervenus en plein conflit social touchant le nettoyage du métro et de la gare Saint-Charles de Marseille au cours duquel le député avait apporté son soutien aux salariés.M. Aragones, avocat à la retraite et ex-président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) de Marseille, s’était rendu compte de ce vol après que son bureau avait été envahi par une délégation syndicale de la CGT d’une centaine de personnes, le 19 septembre 2024.Cinq jours plus tard, le 24 septembre 2024, Sébastien Delogu diffusait sur son compte Instagram, fort de 95.000 abonnés, “une grande partie des documents dérobés à Isidore Aragones, évoquant ses liens avec l’Etat d’Israël, ainsi que ses projets financiers personnels, et en précisant que des gens bienveillants les leur avaient transmis”, avait détaillé en mai le parquet.Dans ses posts sur Instagram le 24 septembre, M. Delogu évoquait notamment des voyages de M. Aragones au Brésil et en Israël et des travaux que celui-ci envisageait de réaliser dans une résidence secondaire, en publiant au passage les factures correspondantes. “Dans le contexte (du conflit au Proche-Orient, NDLR), c’est ma vie qu’il a exposée, et il m’a exposé à un danger réel, à un grave danger”, avait alors témoigné M. Aragones auprès de l’AFP. 

Deux motions de censure à l’Assemblée la semaine prochaine, Lecornu dénonce “des postures cyniques”

Deux motions de censure axées sur le Mercosur, l’une déposée par LFI, l’autre par le RN, devraient être débattues en milieu de semaine prochaine à l’Assemblée contre le gouvernement de Sébastien Lecornu qui a dénoncé en retour des “postures cyniques partisanes”.Vendredi matin, La France insoumise a déposé une motion de censure pour protester contre le “piétinement” de la souveraineté populaire et du droit international tant concernant l’accord de libre-échange avec le Mercosur que le Venezuela.”La France humiliée à Bruxelles mais aussi à Washington, voilà le bilan désastreux” d’Emmanuel Macron, estiment les signataires de cette motion, déposée de manière spontanée en vertu de l’article 49.2 de la Constitution et annoncée par la cheffe des députés LFI Mathilde Panot sur X. Malgré le “non” d’Emmanuel Macron au Mercosur, LFI accuse le président d’avoir “laissé ouverte la porte de la capitulation de notre pays face à la Commission européenne” avec cet accord, voyant dans ses tentatives d’obtenir des contreparties des “artifices”. Le Rassemblement national a également annoncé jeudi son intention de déposer une motion de censure sur le Mercosur. Son président Jordan Bardella a estimé que ce “non” était “une manœuvre de communication aussi tardive qu’hypocrite, “une mise en scène”, et donc “une trahison des agriculteurs”. Ces deux motions de censure n’ont cependant que peu de chances d’aboutir. Certes le patron des Républicains Bruno Retailleau avait lui aussi fait planer le “risque d’une censure” mais uniquement si Emmanuel Macron avait choisi de voter en faveur du texte. Quant au PS, c’est éventuellement sur le budget, en cas d’une “mauvaise copie” soumise à un 49.3 qu’il pourrait se joindre à une censure selon son Premier secrétaire Olivier Faure.Fait inhabituel, Sébastien Lecornu a fustigé sur X ces motions de censure comme des “postures cyniques partisanes”.”La France a une position claire sur le Mercosur : nous voterons contre, sans surprise”, a écrit le Premier ministre, accusant ces formations politiques de “choisir délibérément d’afficher des désaccords politiciens internes” et “d’affaiblir la voix de la France”. Ces motions “retardent encore les discussions budgétaires, déjà bloquées par les mêmes partis politiques sur fond d’agenda électoral, et envoient un très mauvais signal à l’étranger”, ajoute M. Lecornu.Le Premier ministre juge que “le moment devrait être à la mobilisation au sein de chaque groupe politique au Parlement européen, pour construire une majorité contre cet accord”.Faute d’avoir réussi à bloquer le traité de libre échange au niveau des Etats membres, l’exécutif mise maintenant sur le Parlement européen en espérant qu’une majorité d’eurodéputés votent contre la ratification de l’accord ou décident de saisir la Cour européenne de justice, ce qui retarderait le processus de quelques mois.

A la Bourse de Paris, le CAC 40 atteint des sommets inédits

Le CAC 40, l’indice vedette de la Bourse de Paris, a établi un record en séance vendredi, à 8.317,82 points, dans un début d’année marqué par la forte hausse des valeurs de la défense en Europe, recherchées en raison du contexte géopolitique tendu.Vers 12H15 GMT (13H15, heure de Paris), le CAC 40 progressait de 0,84%, à 8.312,77 points, peu après avoir dépassé son dernier point haut du 13 novembre 2025.En cette sixième séance de 2026, l’indice affiche une progression d’environ 2% depuis le début de l’année, en ligne avec les autres principales places boursières européennes, qui elles aussi ont signé des records cette semaine.L’indice DAX, équivalent du CAC 40 pour la Bourse de Francfort, a atteint de nouveaux sommets en séance et en clôture, tout comme le FTSE 100 londonien et l’Ibex 35 madrilène.Sur la cote parisienne, les plus fortes progressions depuis le début de l’année sont à attribuer aux entreprises de la défense et de l’aéronautique. Thales grimpe de plus de 15%, Airbus de plus de 7% et Safran de près de 6%.”Le marché a conclu l’année 2025 en pensant qu’on s’acheminait vers un début de solution sur la crise ukrainienne et puis 2026 a débuté sur l’opération américaine au Venezuela et le marché se demande si c’était la première d’une série d’actions militaires des Etats-Unis”, commente Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marchés à IG France.Samedi dernier, des forces spéciales américaines ont enlevé le président vénézuélien Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores à Caracas et les ont transportés à New York pour y être jugés pour des accusations de trafic de drogue. Depuis, Donald Trump a déclaré ouvertement que les États-Unis allaient “diriger” le Venezuela et que les entreprises américaines contrôleraient son pétrole.”Dès lors qu’on cible le Venezuela, on considère que les Etats-Unis envoient aussi un message de force brute et géopolitique fort à la Chine et à la Russie, mais les tensions sur le Groenland jouent aussi pour les investisseurs européens, parce qu’elles touchent directement l’Union européenne, ce qui tend fortement les relations diplomatiques”, poursuit l’analyste.Le président américain martèle que les Etats-Unis doivent prendre le contrôle du Groenland, territoire autonome danois, pour assurer leur sécurité face à la Chine et à la Russie.La Maison Blanche, tout en refusant d’exclure l’option militaire, a fait savoir que le président réfléchissait “activement” à un achat de l’immense île arctique.Outre les valeurs de la défense, celles du luxe, qui pèsent lourd dans l’indice CAC 40, progressent depuis le début de l’année: Hermès s’octroie 3,16%, L’Oréal 4,49% et Kering 5,91%. La première capitalisation boursière du CAC 40, LVMH, leader du secteur, est en revanche à l’équilibre.

Immigration: les ministères des Affaires étrangères et de l’Intérieur renforcent leur coopération

Le chef de la diplomatie française a promis vendredi “une coordination nouvelle” entre ministère des Affaires étrangères et ministère de l’Intérieur pour mieux répondre à l’attente des Français en matière de maîtrise des flux migratoires à la frontière.”Nos compatriotes attendent que nos frontières soient maîtrisées. Oui, nous gagnons à accueillir des travailleurs, des créateurs, des innovateurs étrangers”, a déclaré Jean-Noël Barrot dans son discours annuel aux ambassadeurs. Mais “lorsqu’une personne ne dispose pas ou qu’elle ne dispose plus du droit de séjourner sur le territoire national, elle doit être reconduite à nos frontières”, a-t-il ajouté, soulignant que “le premier niveau de réponse à cette attente légitime” était la résolution des tensions géopolitiques qui font fuir les populations.Il a salué l’adoption au niveau européen du Pacte sur la migration et l’asile qui entrera en vigueur cette année et qui va, selon lui, “changer la donne”. “Mais nous devons aller plus loin encore et nous ne pouvons le faire qu’en lien étroit avec le ministère de l’Intérieur”, a-t-il insisté alors que la maîtrise de l’immigration est un sujet de débat politique récurrent en particulier à l’approche des élections municipales.Jean-Noël Barrot a fait part d’une “coordination nouvelle”, associant ambassadeurs et préfets “pour gagner en fluidité et en efficacité”. “Cette coordination nous permettra de mieux gérer le risque migratoire, mais aussi l’attractivité des talents dont la France a besoin”, a-t-il ajouté. “La lutte contre l’immigration irrégulière est une priorité absolue et elle ne pourra se passer d’une coopération internationale solide”, a abondé dans son allocution le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.Il a ainsi demandé aux ambassadeurs “de continuer” à “appuyer les efforts” pour “augmenter les retours volontaires et forcés qui portent leurs fruits”. Les retours forcés ont enregistré une hausse de 22% en 2025, a-t-il indiqué.Laurent Nuñez a également évoqué l’accord bilatéral franco-britannique signé cet été qui prévoit le renvoi en France de migrants arrivés à bord de petits bateaux au Royaume-Uni, en échange de l’accueil par ce pays de migrants se trouvant en France, sur le principe du “un pour un”.L’accord est valable “jusqu’en juin 2026”, “j’espère que d’ici là on passera à autre chose”, a-t-il souligné.”Nous gérons une frontière extérieure de l’Union européenne pour l’instant seuls (…) Nous avons besoin d’un soutien extrêmement important de l’ensemble des pays de transit”, a plaidé le ministre, soulignant que “40% des entrées irrégulières dans l’Union européenne sont des personnes qui se dirigent vers La Manche pour rejoindre le Royaume-Uni.

L’influenceur d’extrême droite Papacito jugé en février pour cyberharcèlement de la boxeuse algérienne Imane Khelif

Nouveau procès pour cyberharcèlement à la suite des JO-2024: l’influenceur d’extrême droite Papacito sera jugé le 26 février à Paris pour avoir harcelé en ligne la boxeuse algérienne Imane Khelif, cible d’une polémique sur son genre pendant la compétition mondiale.La médaillée d’or avait déposé une plainte à Paris le 12 août 2024, dénonçant une “campagne féroce” à son encontre. L’enquête, confiée à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité et les crimes de haine (OCLCH), a mené à l’identification de l’un de ses cyberharceleurs présumés: Papacito, Ugo Gil-Jimenez de son vrai nom.L’accusation lui reproche des propos relayés sur le réseau social TikTok, où il réunit plus de 30.000 abonnés (il a par ailleurs 160.000 suiveurs sur Instagram).”C’est important que la justice passe, et qu’elle rappelle que l’espace numérique n’est pas une zone de non-droit. Le cyberharcèlement, de manière générale, peut avoir des répercussions dramatiques pour les victimes”, a réagi auprès de l’AFP l’avocat d’Imane Khelif, Me Nabil Boudi.Le trentenaire, né à Toulouse et demeurant en Espagne d’après le parquet, est déjà bien connu des services d’enquête.Son premier scandale remonte à juin 2021, quand il avait diffusé une vidéo sur YouTube simulant l’exécution d’un électeur de La France insoumise. En avril 2024, il a été condamné pour injures homophobes et incitation à la violence envers le maire d’un petit village du Sud-Ouest, qui avait dû être placé sous protection policière. Cette affaire avait conduit YouTube France à clôturer sa chaîne en juin 2023.En février, il comparaîtra devant le tribunal correctionnel pour cyberharcèlement et injure discriminatoire au préjudice de Mme Khelif.- “Exprimer son avis” -“Mon client s’étonne de se voir reprocher une prétendue campagne de cyberharcèlement alors qu’il s’est strictement borné à exprimer son avis dans le cadre de la controverse relative à l’éligibilité d’Imane Khelif à concourir dans la catégorie féminine”, s’est indigné auprès de l’AFP son avocat, Me Martial Groslambert.La polémique autour de la championne olympique avait trouvé son origine dans l’exclusion d’Imane Khelif, comme de la Taïwanaise Lin Yu-ting, des championnats du monde à New Delhi en mars 2023.Selon la Fédération internationale de boxe (IBA), Imane Khelif avait échoué à un test destiné à établir son genre. Non reconnue par le monde olympique, l’IBA a refusé de préciser quel type de test avait été pratiqué.Sauf que pour le Comité international olympique (CIO), son éligibilité ne faisait aucun doute: elle pouvait participer aux Jeux dans le tournoi féminin. Mais l’exclusion de New Delhi a refait surface quand son adversaire au premier tour, l’Italienne Angela Carini, a abandonné dès la première minute de leur combat.Sur les réseaux sociaux, la boxeuse a alors été victime d’une campagne de haine et de désinformation, empreinte de racisme, la présentant comme un “homme combattant des femmes”.”Je suis une femme forte avec des pouvoirs spéciaux. Depuis le ring, j’ai envoyé un message à ceux qui étaient contre moi”, avait déclaré Imane Khelif aux médias après sa victoire à la finale des -66kg.”Je suis pleinement éligible pour participer, je suis une femme comme les autres. Je suis née femme, j’ai vécu en tant que femme et j’ai concouru en tant que femme”, avait-t-elle insisté.Outre Papacito, un autre homme sera jugé le 26 février par le tribunal de Paris: un Algérien âgé de 31 ans soupçonné d’avoir cyberharcelé et d’avoir proféré des menaces de mort racistes à une autre boxeuse, la Marocaine Oumayma Bel Ahbib, a précisé le ministère public.La boxeuse avait porté plainte le 7 août 2024, dénonçant des menaces, des injures et du cyberharcèlement, lui valant 5 jours d’ITT. Elle expliquait être accusée par ces internautes d’être “l’instigatrice des rumeurs sur le genre d’Imane Khelif”, rapporte le parquet.Plusieurs affaires de cyberharcèlement ont bousculé la tenue des Jeux olympiques en France, telles que le déferlement haineux ayant ciblé la DJ française Barbara Butch ou le directeur artistique de la cérémonie d’ouverture des Jeux Thomas Jolly. Des condamnations ont depuis été prononcées.

Le monde agricole ne décolère pas contre le Mercosur, voté à Bruxelles

Repli des tracteurs de la Coordination rurale et entrée en scène de ceux de la Confédération paysanne, qui dénonce l’interpellation de deux de ses responsables devant l’Arc de Triomphe: la mobilisation agricole se poursuit vendredi en France, contre le Mercosur et la politique sanitaire du gouvernement.Le vote vendredi à Bruxelles de ce traité de libre-échange entre l’Union européenne et des pays latino-américains, malgré l’opposition de la France et des agriculteurs qui craignent un déferlement de boeuf, volailles et sucre produits avec des normes moins disantes que les règles européennes, devrait amplifier la colère qui éclate depuis début décembre dans les campagnes.Deux porte-parole de la Confédération paysanne ont été interpellés devant l’Arc de Triomphe où ils marchaient avec des militants après une opération escargot sur le périphérique parisien. Le syndicat a dénoncé des “arrestations scandaleuses” et “violentes”.Jean-Luc Mélenchon a dénoncé sur X “une grave mise en cause de la liberté de manifestation”, peu après le dépôt par son parti la France insoumise d’une motion de censure contre le gouvernement, notamment pour protester contre l’accord de libre-échange.Avant l’aube, plusieurs dizaines d’agriculteurs de la Confédération paysanne sont entrés sur le périphérique à l’est, porte de Montreuil, avec six tracteurs. Vers 11H00, des tracteurs étaient bloqués dans l’ouest de Paris, porte Maillot, accompagnés de militants de la CGT et des Soulèvements de la terre.”C’est le Mercosur qu’il faut abattre, pas nos vaches!”, a déclaré Nicolas Fortin, secrétaire général du 3e syndicat agricole français, historiquement marqué à gauche, opposé au libre-échange et très engagé contre la gestion actuelle de l’épizootie de dermatose qui frappe les bovins.- “Un exploit” -Une position défendue la veille par les “bonnets jaunes” de la Coordination rurale (CR), 2e syndicat agricole, coutumier des opérations coup de poing et dont certains responsables dans le Sud-Ouest ne cachent pas leur proximité avec l’extrême droite.”Mercosur mort à coup sûr”, clamait une pancarte accrochée à un tracteur de la CR jeudi à l’Arc de Triomphe, où ils n’ont pas été inquiétés par les forces de l’ordre.Après avoir cheminé de leurs bastions du Sud-Ouest, de Normandie ou du Nord, les agriculteurs de la CR ont réussi leur démonstration de force, parvenant à entrer dans la capitale, jusque devant l’Assemblée nationale malgré les interdictions de rassemblements non déclarés devant le grandes institutions parisiennes.Onze interpellations, 12 mises en fourrière et 65 verbalisations ainsi que plus de 600 manifestants ont été recensées jeudi par le ministère de l’Intérieur en Ile-de-France, hors de la capitale. Laurent Nunez a assumé de n’avoir pas dispersé cette action “illégale”.Dans la soirée, le président du syndicat, l’éleveur Bertrand Venteau, a appelé ses troupes au repos, promettant de “revenir” en force si besoin.- Actions dans plusieurs régions -Des actions sont prévues vendredi dans plusieurs régions, mais aussi en Belgique ou encore en Pologne.Dans le Nord, les autoroutes A27 et A2, qui mènent aux autoroutes belges E42 et E19, sont fermées depuis jeudi soir dans le sens France-Belgique. L’entrepôt pétrolier de Haulchin (Nord) est bloqué par des tracteurs de la CR.La gendarmerie a fait état de plusieurs blocages routiers à 7h30, à Beaune (Bourgogne) mais aussi en Lozère, dans le Tarn et dans le Pays Basque.L’accès au dépôt de carburant de Bassens, sur le port de Bordeaux, est toujours bloqué par des agriculteurs de la CR.”C’est une descente aux enfers (…) Les produits qui rentrent du Mercosur sont moins chers, parce qu’ils produisent du maïs sur des milliers d’hectare”, avec des OGM interdits en Europe, se désole ean-Michel Larrère, président de la FDSEA des Landes lors d’un rassemblement dans une zone portuaire près de Bayonne. “C’est une distorsion complète”, ajoute cet éleveur de poulet qui compare son prix, 7 euros, au “poulet ukrainien deux fois moins cher au poulet brésilien à 2,5 euros”.Depuis début décembre, la mobilisation s’est durcie, pour dénoncer la gestion sanitaire de la dermatose nodulaire, la signature imminente du traité de libre-échange UE-Mercosur, la faiblesse des prix des céréales et la hausse de celui des engrais. Les annonces de Paris et de Bruxelles en faveur des agriculteurs n’ont pas suffi et l’annonce d’un “non” au Mercosur de la France, qui n’est pas parvenue à réunir une minorité de blocage à Bruxelles, signifie surtout, pour les syndicats, la “faiblesse” et “l’isolement” de la première puissance agricole européenne.La FNSEA, premier syndicat avec ses alliés des Jeunes agriculteurs, a appelé à un grand rassemblement devant le Parlement européen à Strasbourg le 20 janvier contre l’accord de libre-échange.

Municipales: le maire écologiste de Bordeaux brigue un nouveau mandat

Le maire écologiste de Bordeaux, Pierre Hurmic, s’est lancé officiellement, vendredi, pour briguer un nouveau mandat à la tête de la ville qu’il avait conquise par surprise en 2020 après 73 ans de règne de la droite alliée au centre.”Cela fait des mois qu’on m’interroge, je vous réponds aujourd’hui et vous annonce ma candidature pour la mairie de Bordeaux”, a déclaré devant la presse cet avocat de profession, âgé de 70 ans et élu municipal depuis 1995.Il y a six ans, il l’avait emporté de peu au second tour face au sortant Nicolas Florian (Les Républicains), éphémère dauphin d’Alain Juppé, alors que la droite et le centre s’étaient divisés au premier.Cette fois, après des mois de tergiversations depuis le décès soudain de Nicolas Florian en janvier dernier à l’âge de 55 ans, l’opposition a uni ses forces autour du député Renaissance Thomas Cazenave, derrière lequel la présidente du Parti radical Nathalie Delattre, ex-ministre macroniste comme lui, a fini par s’effacer. Elle devra cependant composer avec l’économiste Philippe Dessertine, qui a maintenu sa candidature au centre-droit.M. Hurmic estime que “le choix du changement qui avait été fait il y a six ans a été honoré”. “La ville est devenue plus vivante, plus solidaire et l’une des mieux préparées, en Europe, au changement climatique”, selon le maire sortant, qui s’enorgueillit de distinctions récemment obtenues par la ville pour la qualité de sa stratégie de transition vers la neutralité carbone. “Nous avons réparé la ville qui a été trop longtemps négligée et nous devons poursuivre avec une équipe qui a fait ses preuves et qui sera enrichie, renouvelée”, a ajouté l’élu vert, soutenu comme en 2020 par le Parti socialiste, le Parti communiste et Génération-s. “Nous vivons en France un moment de fracture démocratique profonde (…) si je me présente, c’est parce que je crois en la capacité des villes à résister, ce sont les villes qui tiennent quand l’État vacille”, a-t-il encore déclaré. Parmi les autres candidats à la mairie de Bordeaux, les 15 et 22 mars, deux femmes sont en lice à l’extrême droite, la députée européenne Julie Rechagneux pour le Rassemblement national et Virginie Bonthoux Tournay pour le parti Reconquête! d’Éric Zemmour, dont elle est la référente départementale en Gironde.Au premier tour, Pierre Hurmic affrontera également la liste de La France insoumise conduite par Nordine Raymond, et quatre autres d’extrême gauche dont une du Nouveau Parti anticapitaliste que pourrait mener l’ancien candidat à l’élection présidentielle Philippe Poutou, conseiller municipal sortant.