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Suicides de soignants à l’hôpital: les ministres Vautrin et Borne visées par une plainte

Conditions de travail “mortifères”, “management totalitaire”, “alertes ignorées”: une plainte a été déposée pour harcèlement moral et homicide involontaire contre les ministres de la Santé Catherine Vautrin et de l’Education Elisabeth Borne pour dénoncer des suicides de soignants de l’hôpital public.Cette plainte a été déposée jeudi auprès de la Cour de justice de la République (CJR) par 19 personnes – des soignants et des veufs ou veuves – et vise également les infractions de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner et mise en danger de la personne, a annoncé lundi à l’AFP l’avocate des plaignants, Me Christelle Mazza, confirmant une information de France Inter et du Monde.Une source judiciaire a confirmé à l’AFP la réception de cette plainte à la CJR.Mme Vautrin, qui a “une pensée pour toutes les familles touchées par ces drames”, ne fera “aucun commentaire à ce stade”. “La justice suit son cours dans l’indépendance qui est la sienne”, écrit-elle dans un message à la presse. Mme Borne est visée en tant que ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Interrogé, son ministère a exprimé “son soutien aux soignants ainsi qu’aux proches des soignants qui auraient été confrontés à des drames humains d’une telle gravité”. Le ministère a aussi “réaffirmé son engagement à coopérer pleinement avec les autorités judiciaires”.Le ministre délégué chargé de la Santé et de l’Accès aux soins Yannick Neuder est aussi concerné par les accusations. “L’hôpital connaît une crise majeure depuis de nombreuses années qui semble s’être aggravée depuis environ 2012-2013, par l’application continue de politiques publiques néolibérales qui, malgré de nombreux signaux d’alerte particulièrement inquiétants, dont des suicides, n’ont pas été corrigées, bien au contraire”, est-il écrit en préambule de la plainte.La dégradation des conditions de travail s’est accélérée depuis la crise sanitaire du Covid-19 à partir du printemps 2020, note Me Mazza.”La jurisprudence France Télécom doit s’imposer aux ministres comme à n’importe quel chef d’entreprise au nom du principe d’égalité devant la loi, en particulier quand il y a de telles atteintes à l’intégrité de la personne”, a-t-elle réagi auprès de l’AFP.Deux anciens dirigeants de France Télécom (devenu Orange en 2013) ont été condamnés pour harcèlement moral institutionnel en septembre 2022 par la cour d’appel de Paris. La Cour de cassation, qui a rejeté leurs pourvois en janvier, a estimé que “les agissements” visant à mettre en oeuvre, “en connaissance de cause, une politique d’entreprise qui a pour objet de dégrader les conditions de travail de tout ou partie des salariés aux fins de parvenir à une réduction des effectifs ou d’atteindre tout autre objectif, qu’il soit managérial, économique ou financier, ou qui a pour effet une telle dégradation”, peuvent caractériser une situation de harcèlement moral institutionnel.- “Vague de suicides” -La plainte, consultée par l’AFP, dénonce des “conditions de travail totalement illégales et mortifères”, “des rythmes insoutenables” dans différents corps médicaux, spécialités et régions de France, ainsi que “l’impunité organisée à l’encontre des auteurs des faits”.La “mécanique d’emprise pour organiser illégalement le sur-travail, réquisition de personnels, menaces, travail forcé en dehors de tout cadre réglementaire” ainsi que le “management totalitaire et inégalitaire” sont également pointés.”Les alertes remontées soit par dossier individuellement soit de manière systémique sont totalement ignorées”, est-il précisé. Il n’y a eu “aucune prise de conscience politique ni volonté de modifier le démantèlement de l’hôpital public”.Sont cités en exemple trois établissements, situés en Alsace, dans l’Hérault et dans les Yvelines, qui “connaissent une vague de suicides particulièrement préoccupante, sans aucune mesure mise en oeuvre, participant d’un déni institutionnel”.Un infirmier de santé au travail, qui s’est pendu dans son bureau en septembre 2023, a mis en cause dans “plusieurs lettres”, est-il relaté, “le comportement harcelant de la DRH (Direction des ressources humaines) mais aussi l’organisation du travail dans un service totalement sinistré de santé au travail”.Deux étudiantes infirmières se sont également suicidées dans cet établissement spécialisé en psychiatrie, selon la plainte. Par ailleurs, l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) fait l’objet d’une plainte pour harcèlement moral institutionnel, est-il souligné dans le document.Sollicitée par l’AFP, l’AP-HP a indiqué de son côté que selon les informations à sa disposition, cette plainte avait été déposée par deux médecins faisant eux-même l’objet d’une enquête interne pour des faits de harcèlement, suite à des signalements de plusieurs soignants. La CJR est la seule juridiction habilitée à poursuivre et juger les membres du gouvernement pour des infractions commises dans l’exercice de leurs fonctions.bur-mk-slb-pgr/alu/as

Joggeuse disparue: la justice enquête désormais pour “enlèvement et séquestration”

Quatre jours après la disparition d’une femme de 28 ans partie faire de la course à pied dans la Vienne, le parquet de Poitiers a ouvert une information judiciaire contre X pour “enlèvement et séquestration”, afin de “renforcer les moyens” d’investigation.D’importantes opérations de recherches, infructueuses depuis jeudi, étaient menées jusqu’à présent dans le cadre d’une enquête pour “disparition inquiétante”.Le changement du cadre de la procédure, confiée désormais à un juge d’instruction, est “nécessaire” pour “renforcer les moyens de l’enquête judiciaire”, a annoncé lundi le procureur de la République à Poitiers, Cyril Lacombe, sans rien dire d’une éventuelle piste privilégiée par les gendarmes.Il va permettre “de poursuivre les investigations techniques, les analyses (ADN, numériques), les auditions, les perquisitions”, a expliqué le procureur.Une source proche du dossier avait indiqué dimanche à l’AFP que “toutes les hypothèses” restaient ouvertes au sujet de la disparition d’Agathe Hilairet.Cette pratiquante expérimentée de frêle corpulence (1,65 m, 35 kg), n’a plus donné signe de vie depuis qu’elle a quitté jeudi matin le domicile de ses parents à Vivonne, à 20 km au sud de Poitiers, pour aller courir.Son père a donné l’alerte en ne la voyant pas revenir, alors que son téléphone ne répondait plus.- “Ratisser avec précision” -De jeudi à samedi, une large zone de 100 km2 a été ratissée par une centaine de gendarmes, épaulés par des militaires, des sapeurs-pompiers, des agents de la protection civile et des membres du club sportif de la disparue.Depuis dimanche, les recherches se sont resserrées sur un secteur d’environ 3 km2 autour de Vivonne, et ont continué lundi avec une centaine de gendarmes aidés par des chiens.”Plusieurs pistes ont été explorées, à partir des marquages qui ont pu être effectués” par ces derniers, a indiqué le procureur dans un communiqué. “L’objectif était de couvrir et de ratisser avec précision tous les lieux susceptibles d’avoir été empruntés par la joggeuse.”Un dispositif identique sera maintenu mardi selon la gendarmerie.L’appel à témoins lancé vendredi avait déjà permis de recevoir 90 signalements lundi matin, selon une source proche du dossier.- “Tous surpris” -La disparue, pratiquante de trail, parcourait des distances supérieures à 15 ou 20 km à chacune de ses sorties. Sur l’application de géolocalisation sportive Strava, elle se décrit comme “adorant la course à pied”, qu’elle pratique “depuis (ses) 17 ans”. Elle avait repris en mai 2024 après “plusieurs années d’arrêt”, selon un message posté alors sur son compte Facebook.Son téléphone a été localisé pour la dernière fois jeudi près des lieux-dits “Les Grands Ormeaux” et “Le Champ Salaud” à Voulon, commune située à 10 km de VivonneUn membre de son club, Vivonne Loisirs, décrivait samedi la jeune femme comme une sportive “qui s’aligne régulièrement sur des courses et est très motivée avec de gros objectifs”.”Je n’ai pas eu le sentiment de voir quelqu’un de malheureux, on est tous surpris par cette disparition car elle connaissait parfaitement le parcours”, avait complété un autre.Selon une voisine citée dans la presse, la disparue était en “arrêt maladie depuis deux mois”.

Hungarian lawmakers back constitutional curbs on LGBTQ people, dual nationals

Hungarian lawmakers on Monday overwhelmingly backed constitutional changes targeting the country’s LGBTQ community and dual nationals, the latest step to strengthen longtime nationalist Prime Minister Viktor Orban’s self-styled “illiberal” brand of democracy. Since his return to power in 2010, Hungary’s leader has widely restricted the rights of the LGBTQ community, the media, courts and academia. In …

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“Salles de shoot”: l’Etat sommé de sortir du bois

Médecins du Monde, soutenue par d’autres associations, a annoncé lundi attaquer l’Etat pour son “inaction”, voire son obstruction”, relative aux “haltes soins addictions”, communément appelées “salles de shoot”, un dispositif dont l’avenir semble incertain.Créées en 2016, les deux “salles de consommation à moindre risque”, aujourd’hui nommées “haltes soins addictions” (HSA), existant en France, à Paris et Strasbourg, s’adressent aux personnes les plus démunies et exclues du système de soins. Leur expérimentation doit, en principe, s’achever fin 2025.Préoccupée par le sort de ce dispositif, l’ONG Médecins du Monde a décidé d’attaquer l’Etat français “pour inaction avec le lancement de deux recours en contentieux”, a déclaré Céline Debaulieu, sa référente en réduction des risques, devant la presse.”A visée nationale et cosigné par la Fédération Addictions”, “le premier (recours) porte sur la pérennisation des haltes soins addictions” et le second, “cosigné par AIDES, concerne Marseille, où il y a eu impossibilité en janvier 2024 d’aller au bout d’un projet de halte soins addictions”, a-t-elle détaillé.Pour les requérants, “l’inaction” des pouvoirs publics, “voire leur obstruction, face à la création de haltes soins addictions cause des préjudices et relève de la faute”, aux dépens de la santé des usagers et usagères de drogues.Après des “courriers amiables” au ministère de la Santé restés sans réponse dans le délai imparti, le premier recours, “en carence”, est “historique” sur ce sujet de santé publique, a affirmé Me Vincent Brengarth. “Le ministère de la Santé va devoir se justifier de sa politique” et l’espoir est ensuite d’obtenir “une décision du tribunal administratif” d’ici à “12 à 18 mois”, a précisé l’avocat, selon lequel le jugement national, à la “dimension symbolique importante”, pourrait faire “injonction de mesures précises”.Le second recours vise à obtenir “l’annulation du refus, implicite, de ne pas ouvrir de HSA à Marseille”, après “une obstruction politique”, a-t-il dit. Le juge pourrait “faire injonction au ministère d’ouvrir une HSA s’il estime un manquement caractérisé et, a minima, de réexaminer la demande”.- “Urgentissime” -Pour les associations à l’origine de la procédure, les haltes soins addictions ont “prouvé leur efficacité”: elles “offrent des services de soins, de suivi social, d’hébergement, et réduisent les risques liés à la consommation”.Elles font valoir que “divers rapports, y compris ceux demandés par le gouvernement”, le dernier à l’automne 2024, “soulignent la nécessité d’intégrer ce dispositif dans le droit commun”.Au regard du Code de la santé publique, ces haltes sont “l’un des dispositifs assurant le continuum de soins”, a noté Catherine Delorme, présidente de la Fédération Addictions.Elles “réduisent les risques directement liés aux consommations mais aussi les conséquences médico-sociales de cette addiction sévère en situation de grande précarité”, a exposé le Dr Elisabeth Avril, directrice de l’association Gaïa, gestionnaire de la salle parisienne, évoquant aussi “une amélioration de la tranquillité publique”.”La sécurisation de l’espace public” fait partie des préoccupations des soignants défendant ces lieux, abonde Mme Delorme.A Marseille, bien que validé par différents acteurs sanitaires, dont l’Agence régionale de santé et l’AP-HM, le projet de halte soins addictions a fait les frais d'”une décision politique”, selon les requérants, pointant “un cas d’école” de “manquements”.En février 2024, la Marseillaise Sabrina Agresti-Roubache, alors secrétaire d’Etat chargée de la Ville, s’était félicitée d’avoir “réussi à stopper l’installation d’une salle de shoot à Marseille”, a rappelé Mme Debaulieu.Or la deuxième ville de France connaît “une augmentation réellement préoccupante du nombre d’usagers de drogue de rue”, dont 1.500 à 2.000, “dans une situation dramatique”, dans le seul centre-ville, a déclaré lundi Antoine Henry, président de l’association Asud, lors d’une conférence de presse d’un collectif d’organisations défendant une salle phocéenne.Jugeant la situation “de plus en plus urgentissime”, Michèle Rubirola, première adjointe au maire de Marseille, chargée de la santé, a déclaré à l’AFP être “harcelée par la population qui dit +il y a des seringues partout en ville, qu’est-ce qu’on fait ?+”.  “Si on avait fait la halte soins addiction, il y aurait moins de seringues, moins de gens dans la rue qui se piquent au vu des écoliers qui passent dans le centre-ville…”, a-t-elle estimé, déplorant la suspension après “une instrumentalisation d’opposants”.Il existe environ 80 haltes soins addictions en Europe, dont 24 en Allemagne. Chez nos voisins, a affirmé le Dr Avril, “ce n’est plus un débat, c’est un outil”. 

Xi calls on China, Vietnam to ‘oppose unilateral bullying’ on regional tour

Chinese leader Xi Jinping on Monday called on his country and Vietnam to “oppose unilateral bullying”, Beijing’s state media reported, during a regional tour as leaders confront US tariffs.Xi is in Vietnam for the first leg of a Southeast Asia tour, with Beijing trying to present itself as a reliable alternative to an erratic US …

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À La Réunion, le chikungunya frappe fort et vite

“C’est forcément le +moustique alpha+ du chikungunya qui m’a piqué: un simple moustique n’aurait pas pu terrasser un gars de 94 kg comme moi”, lance Fredo Delmotte, 56 ans, professeur d’EPS dans un collège de La Possession, dans l’ouest de La Réunion.Sur l’île de l’océan Indien, l’épidémie continue de faire des ravages. Du 24 au 30 mars, 6.289 cas ont été confirmés, selon le dernier bulletin de Santé publique France, portant à 27.521 le nombre de cas totaux.Fièvre, douleurs articulaires, maux de tête, éruptions cutanées: les symptômes sont variés, souvent brutaux.”Les premiers signes se sont manifestés mercredi”, raconte à l’AFP Fredo Delmotte, également directeur sportif d’un club de natation. La maladie atteint son pic le lendemain. “La fièvre est montée à 39,7. Tous les mouvements déclenchaient une douleur. Marcher était un véritable problème”, relate-t-il.Beaucoup de malades décrivent un déclenchement fulgurant.”Je me suis réveillée le dimanche avec une douleur intense au poignet, comme s’il était cassé”, témoigne Valérie Sicre, 49 ans, community manager à Sainte-Suzanne (est).La fièvre et les douleurs articulaires sont apparues peu de temps après. Puis sont venus les maux de tête et une fatigue intense. “J’en suis tombée par terre, mon compagnon a dû me relever”, se rappelle-t-elle.La fièvre a rapidement été remplacée par une “éruption cutanée qui allait de mes oreilles à mes orteils. Ça me brûlait”, explique encore Valérie Sicre.Face à ces symptômes, Fredo Delmotte consulte rapidement. “Elle ne m’a pas ausculté. Elle m’a dit +C’est le chikungunya, prenez du paracétamol+”, raconte le colosse, qui se voit délivrer un arrêt maladie de huit jours. “Je n’ai pris que deux jours pour ne pas pénaliser mes collègues”, raconte-t-il encore.Les réactions au virus varient selon les malades. Fredo Delmotte dit avoir commencé à aller mieux vendredi, deux jours après les premiers symptômes. “Mais je suis toujours essoufflé. J’ai aussi l’impression de devoir réapprendre à marcher”, confie-t-il.  – 41,2°C de fièvre -Valérie Sicre, elle, se “remet à peine des effets du virus” huit jours après l’apparition de la maladie.Selon les données de Santé Publique France, les tranches d’âge les plus affectées sont les 45-59 ans, suivies des 60-75 ans et des 30-44 ans.Mais les enfants peuvent aussi être contaminés.”Vendredi soir, Aline, ma fille de 10 ans, a eu une fièvre à 41,2°C et des éruptions sur tout le corps, avec de grosses démangeaisons”, raconte Sandra, une habitante du Port (ouest) qui ne souhaite donner que son prénom.La mère de famille est d’autant plus surprise qu’Aline “a eu le chikungunya il y a 15 jours, je la pensais guérie”.Le médecin évoque une rechute. “Il m’a dit qu’on ne pouvait pas se considérer comme guéri avant trois semaines”, poursuit la maman de la préadolescente, qui a retrouvé la forme dès le dimanche après-midi. Ce lundi, la jeune fille a pu retourner en classe.Une habitante de Saint-Denis de La Réunion, le chef-lieu de l’île, décrit un schéma similaire.”J’ai commencé à être vraiment malade le mardi soir, ça allait beaucoup mieux vendredi et depuis hier (dimanche, ndlr), je suis en rechute, avec une éruption cutanée qui me démange, des douleurs articulaires et une fatigue intense”, détaille cette femme qui souhaite garder l’anonymat.Travailleuse libérale, elle confie: “Je me suis accordée deux jours de repos la semaine dernière mais aujourd’hui, je suis obligée d’y aller”.D’autres ont continué à travailler malgré les symptômes. Un photographe de presse, qui souhaite rester anonyme, a couvert une visite du ministre des Outre-mer Manuel Valls les 5 et 6 avril tout en étant malade.”J’ai d’abord cru à une allergie, puis à des courbatures. J’avais du mal à tenir mon appareil à cause des douleurs, mais pas assez pour m’arrêter”, confie-t-il.Lançant la campagne de vaccination contre le chikungunya lors de son passage, Manuel Valls avait estimé “qu’entre 50.000, 60.000, 70.000 personnes” pouvaient avoir été atteintes, toutes n’ayant pas déclaré leur contamination.Aucune des personnes interrogées n’a d’ailleurs réalisé de test sérologique pour détecter le virus: leur médecin ne leur en avait pas prescrit.Malgré ces chiffres, la situation sanitaire est moins inquiétante qu’en 2005-2006, dernière épidémie en date, qui avait fait plus de 200 morts. Seuls deux décès dus à la maladie ont été recensés.

Procès Le Scouarnec: même sans souvenirs, on peut souffrir de troubles post-traumatiques

Des victimes de violences sexuelles peuvent n’avoir conservé aucun souvenir et malgré tout souffrir d’importants traumatismes, ont expliqué lundi des experts au procès de l’ex-chirurgien Joël Le Scouarnec, jugé à Vannes depuis le 24 février pour des viols et agressions sur 299 patients. La plupart des victimes étaient mineures au moment des faits et pour certaines inconscientes ou en phase de réveil.Mais pour les trois experts cités comme témoins par un collectif d’avocats des parties civiles, “il n’est pas nécessaire de se souvenir pour souffrir de troubles post-traumatiques” durables, comme c’est le cas, à des degrés très variables, pour de nombreux plaignants.”Il est possible de savoir sans savoir, d’avoir des souvenirs et de les oublier”, a résumé Thierry Baubet, psychiatre et expert en psychopathologie de l’enfant.Avant l’âge de trois ans, les enfants ne peuvent tout simplement pas enregistrer des souvenirs mais “des traumatismes sont possibles, avec des conséquences très graves”, insiste le Pr Baubet, qui co-dirige la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Civiise).Et même plus vieux, “l’enfant n’a aucune connaissance ou compréhension de la sexualité d’un adulte”: lors d’une agression sexuelle, “il ressent une grande confusion, une angoisse sans aucun sens”.Ce n’est qu’après, à partir de la puberté et parfois bien plus tard, jusqu’à la révélation des faits par les enquêteurs, que la victime pourra comprendre que ce qu’elle a subi “n’aurait pas dû arriver” et que cet événement prendra son sens traumatique.Même dans le cas des patients inconscients agressés au bloc opératoire ou en salle de réveil par l’ex-chirurgien de 74 ans, “la mémoire du corps” peut jouer, ajoute Jean-Marc Ben Kemoun, pédopsychiatre et médecin légiste.”Le corps parle” et “moins nous sommes dans la conscience d’un événement douloureux ou stressant, plus son impact sur le corps sera fort”, relève-t-il. Les symptômes physiques peuvent durer des années, voire des décennies, avant que cette “mémoire piégée, enkystée, n’explose” lorsqu’une situation viendra rappeler l’événement traumatique.Dans le cas de nombreuses victimes de Joël Le Scouarnec venues s’exprimer devant la cour criminelle du Morbihan, cette révélation aura été une convocation par les gendarmes pour s’entendre lire les carnets où le pédocriminel consignait minutieusement les sévices infligés.Plusieurs parties civiles ont critiqué la manière dont les enquêteurs ont annoncé les faits aux victimes, parfois par téléphone ou en présence de leur enfant.Mais “le traumatisme c’est bien l’agression initiale, pas l’annonce par un policier”, estime le Pr Baubet, qui parle de “”bombe à retardement”.

Trump says no one ‘off the hook’ on tariffs but markets rise

Stock markets on Monday welcomed US tariff exemptions for electronics, but President Donald Trump signalled the reprieve would be temporary and warned no country would get “off the hook” in his trade war — especially China.The world’s two largest economies have been locked in a fast-moving game of brinkmanship since Trump launched a global tariff …

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Affaire Evaëlle: le parquet de Pontoise fait appel de la relaxe de l’enseignante

Le parquet de Pontoise a fait appel de la relaxe des poursuites pour harcèlement sur mineurs à l’encontre de l’ancienne enseignante d’Evaëlle, collégienne qui s’est suicidée en 2019 dans le Val-d’Oise, a appris l’AFP lundi du parquet.Jeudi, le tribunal avait entièrement relaxé l’enseignante, considérant que les éléments à charge étaient “discordants, indirects, peu circonstanciés” ou relevaient de “comportements adaptés et légitimes s’agissant de l’autorité dont doit faire preuve un enseignant en classe”.Les parents d’Evaëlle, âgée de 11 ans au moment de son suicide, “sont satisfaits de l’appel et du nouveau procès durant lequel ils pourront à nouveau exprimer le harcèlement moral commis à l’égard de leur fille”, a déclaré à l’AFP leur avocate Me Delphine Meillet.Le délibéré du tribunal correctionnel de Pontoise les avait “révoltés”.”Je suis dans l’incompréhension totale”, avait déclaré en larmes la mère de la pré-adolescente. “J’ai l’impression qu’on légitime le comportement de cette professeure (…), on n’écoute pas les enfants, on n’écoute pas Evaëlle”, avait ajouté son père à la sortie de l’audience. L’enseignante, absente au délibéré, s’était dite “soulagée”. “La vérité éclate enfin”, avait estimé la femme de 62 ans.En mars, elle avait été jugée pendant deux jours pour harcèlement à l’encontre de trois anciens élèves, dont Evaëlle, qui s’est suicidée en juin 2019 quelques mois après avoir quitté le collège d’Herblay où elle subissait du harcèlement.Pour l’accusation, en plus du harcèlement de camarades de classes, elle était également la cible de son enseignante de français. Dix-huit mois de prison avec sursis et une interdiction définitive d’enseigner avaient été requis. Dans sa relation avec Evaëlle, elle “la jette en pâture au collectif, la fait pleurer”, avait tancé la procureure dans ses réquisitions. Son “harcèlement est le déclencheur et catalyseur du harcèlement des mineurs”, avait affirmé la magistrate.Le tribunal a pourtant considéré qu’il n’y avait “pas d’élément permettant de caractériser l’élément intentionnel de l’infraction” soit “qu’elle aurait volontairement cherché la dégradation des conditions de vie” d’Evaëlle, faits pour lesquels l’enseignante était jugée.   “Une partie des faits reprochés (…) correspond à des comportements adaptés et légitimes s’agissant de l’autorité dont doit faire preuve un enseignant en classe”, a estimé la présidente. Le jour du délibéré, avant que celui-ci ne soit rendu, l’enseignante a été la cible de menaces de mort dans un courrier reçu dans son ancien collège. La photocopie d’un article de journal relatant l’affaire Evaëlle accompagné de la mention “Mon couteau et moi attendons le verdict”, a été retrouvé dans la boîte aux lettres.