AFP Top News

De Polnareff à Tiakola, le Printemps de Bourges à l’abordage

Le Printemps de Bourges ouvre mardi sa 49e édition en même temps que le bal des festivals musicaux, avec une pluie de stars, dont le retour de Michel Polnareff en soirée, et des nuages sur le plan budgétaire.Le W, sa plus grande scène, s’apprête à vibrer dans un enchaînement de styles: la “grenade” pop Clara Luciani, l’indébranchable Jean-Louis Aubert, l’artiste électro The Avener ou encore Lucky Love et Styleto, tous deux nommés aux dernières Victoires de la musique.La programmation se fera plus rap en fin de semaine, avec la nouvelle référence Tiakola, la star algérienne Soolking, l’ancien youtubeur Théodort (“Wayeh”) ou encore Vald, de retour avec son remarqué “Pandémonium”.Mais la soirée d’ouverture est sûrement la plus osée: Bourges a misé sur Michel Polnareff pour lancer les festivités.- “Amiral” et moussaillons -A 80 ans, le chanteur à tubes, dont “Goodbye Marylou” et “L’Amour avec toi”, rempile pour une nouvelle – et peut-être dernière – tournée, dont Bourges sera la première date française, après un démarrage à Londres.Prudence toutefois: lors de ses précédents concerts dans l’Hexagone en 2023, “l’Amiral” avait essuyé des critiques sur la qualité de sa prestation.Il revient avec “Un temps pour elles”, un album dont la sortie a été repoussée au 25 avril.”Avant de monter sur scène, je suis toujours dans un état absolument épouvantable. Et ça prend 2-3 titres pour se dire: bon, je suis content d’être là”, confiait “Polna” à l’AFP, fin mars.Avant lui, Emma Peters lance la soirée: la chanteuse, qui a explosé avec un remix de sa reprise de “Clandestina”, a été bercée par les tubes de Michel Polnareff. “J’avais un double CD à la maison que j’écoutais sur mon walkman, donc c’est vraiment un plaisir d’être programmée avec lui ce soir”, a-t-elle confié à l’AFP juste avant son concert.”C’est quelqu’un qu’on entend depuis longtemps même s’il n’est pas souvent en France (la star réside aux Etats-Unis, NDLR), ses concerts sont rares”, a glissé Daniel, un festivalier de 64 ans.La découverte, c’est aussi l’ADN du festival du centre de la France: depuis 40 ans, son dispositif national d’accompagnement, les Inouïs, a pris sous son aile 1.600 artistes. Feu! Chatterton, Fishbach et Eddy de Pretto – président du jury 2025 -, y sont passés.”Pour moi, ça reste nécessaire, comme pour n’importe quel artiste émergent, de repasser par cette case d’apprentissage, de rencontrer des professionnels”, a expliqué à l’AFP Alex Montembault, sensation de “Starmania”, l’un des 32 sélectionnés.Le Printemps de Bourges dévoile en parallèle six créations, dont une proposition du pianiste Edouard Ferlet mêlant jazz et intelligence artificielle et une célébration du répertoire d’Oum Kalthoum, voix majeure du monde arabe disparue il y a 50 ans.”C’est un peu magique: il y a des têtes d’affiche et tout un tas d’artistes pour les +djeuns+ (“les jeunes”) ou moins connus”, s’enthousiasme Erika Maurice, 54 ans, venue avec sa fille. Même si “ça a changé, j’ai connu l’époque avec Daniel Colling (décédé en janvier), c’étaient des javas non-stop !”, sourit-elle. Un hommage sera rendu mercredi au co-fondateur du festival, en présence de la ministre de la Culture Rachida Dati.- Coup de rabot -Les concerts se tiennent jusqu’à samedi mais le festival bat jusqu’à dimanche avec “le Printemps dans la ville”, sa déclinaison gratuite.Tous espaces confondus, Bourges a accueilli environ 250.000 festivaliers l’année dernière.A l’approche de la cinquantaine, le Printemps ne peut pas se reposer sur ses lauriers: entre baisse des crédits et inflation des coûts de production et des cachets, l’effet ciseau plombe ses finances.Pour la première fois en dix ans, le budget – 7,5 millions d’euros en 2024 – a été revu à la baisse, amputé de 400.000 euros de financement, dont 250.000 euros d’aides publiques. Une situation qui reflète de récents arbitrages politiques défavorables au milieu culturel.”C’est une décroissance contrainte”, observe son directeur Boris Vedel, estimant qu’il n’y a pas d’autre choix que de “se renforcer sur l’émergence”, plutôt que lorgner sur de gros noms.Ce constat est similaire à celui d’autres festivals, qui font également face à une offre multiple, un changement de consommation des jeunes fans et sont à la merci des caprices météorologiques. Selon le Centre national de la musique, 44% des festivals affichant des taux de remplissage supérieurs à 90% ont bouclé une édition déficitaire en 2024. 

Prisons visées par des attaques: “pas de revendication”, indique Darmanin

Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a affirmé mardi qu’il “n’y a pas eu de revendication” de la série d’attaques visant plusieurs établissements pénitentiaires dans toute la France depuis dimanche, assurant que “la République ne cèdera pas” à ces “intimidations”.”On n’a pas l’habitude de voir ce genre d’actions coordonnées et avec un message qui a été bombé sur la porte de cette prison (DDFM, NDLR). Il y a des groupes sur les réseaux sociaux, Telegram, Signal, qui se sont créés et qui manifestement encouragent de faire ce genre de faits. On ne sait pas très bien ce que ça signifie manifestement, il n’y a pas eu de revendication”, a assuré le ministre en déplacement devant la prison de Toulon-La Farlède (Var).Cet établissement a été la cible de tirs à la kalachnikov dans la nuit de lundi à mardi et plus d’une dizaine de douilles ont été retrouvées sur place. Plusieurs véhicules appartenant à des agents pénitenciers ont également été pris pour cibles en étant incendiés dans différentes villes françaises depuis dimanche.Le parquet national antiterroriste s’est saisit de l’enquête et selon les premiers éléments de celle-ci, toutes les hypothèses sont envisagées mais la piste anarchiste semble prendre le pas, a indiqué à l’AFP une source proche du dossier.M. Darmanin s’est lui montré plus prudent, parlant davantage de méthodes que l’on retrouve dans les règlements de compte sur fond de trafic de stupéfiants.”Quand on brûle au cocktail Molotov des voitures sur un parking qui appartiennent aux agents pénitentiaires; quand on attaque l’école de formation des agents pénitentiaires (un incendie a touché le parking de l’Ecole nationale de l’administration pénitentiaire dans la nuit de dimanche à lundi, NDLR); quand on tire à la kalachnikov sur une porte de prison, ça ressemble furieusement à ce que j’ai connu quand j’étais à l’Intérieur, c’est-à-dire souvent des gens qui sont payés quelques centaines, quelques milliers d’euros, qui vont remplir des petits contrats pour pouvoir intimider”, a expliqué M. Darmanin.”Alors on le fait en général entre voyous, on le fait rarement contre les forces de la République, mais pour intimider l’autre. Donc le parquet (national antiterroriste, saisi de l’enquête) dira ce qui se passera et beaucoup de preuves vont sans doute s’accumuler dans les prochaines heures”, a ajouté le ministre.”Il y a manifestement des actes d’intimidation contre les agents, donc contre la République. On ne cédera pas”, a averti M. Darmanin.

Feu vert en appel à une libération sous bracelet électronique de Pierre Palmade

L’humoriste Pierre Palmade, incarcéré depuis décembre après sa condamnation pour avoir provoqué un grave accident routier sous stupéfiants, a obtenu mardi de la cour d’appel de Bordeaux l’aménagement de sa peine et sa libération prochaine sous bracelet électronique.La chambre de l’application des peines, qui a rendu son délibéré mardi, a confirmé la décision rendue fin mars par le tribunal de l’application des peines, en modifiant les horaires de sortie fixés pour encadrer la détention à domicile du condamné, a précisé une porte-parole du parquet général à l’AFP.Le parquet de Bordeaux avait fait appel de la décision rendue en première instance en contestant ses modalités horaires.L’arrêt de la cour d’appel ajoute également une interdiction de contact avec les victimes de l’accident, a ajouté cette source, précisant que la mesure prenait effet mercredi “à 9h00”.Après quatre mois passés au centre pénitentiaire de Bordeaux-Gradignan, proche de son domicile bordelais, Pierre Palmade (57 ans) va donc pouvoir quitter sa cellule.Contactés mardi par l’AFP, ses avocats n’ont pas souhaité faire de commentaires.Cette décision aménage sa peine de cinq ans de prison dont deux ferme, prononcée en novembre par le tribunal correctionnel de Melun (Seine-et-Marne) au terme d’un procès ultramédiatisé. Le comédien avait été écroué le 9 décembre.Pierre Palmade a été reconnu coupable de blessures involontaires sur une famille après la violente collision qu’il a provoquée en février 2023 sur une route de Seine-et-Marne en conduisant sous l’emprise de stupéfiants, après trois jours à consommer des drogues sans dormir.L’accident avait fait trois blessés graves: un homme de 38 ans, son fils de six ans et sa belle-sœur de 27 ans, qui avait perdu après le choc le bébé qu’elle attendait.L’intéressé n’a pas fait appel du jugement, le rendant définitif.Ce dossier retentissant avait entraîné une cascade de révélations dans la presse sur les addictions de l’humoriste (alcool, stupéfiants, “chemsex”) et mis au jour sa face sombre.Apparaissant très marqué à son procès en novembre, visage livide, Pierre Palmade avait demandé pardon aux victimes à la barre.

A bord des “trains de la colère”, “l’exaspération” des usagers de lignes SNCF oubliées

Des centaines d’élus et usagers des lignes Paris-Orléans-Limoges-Toulouse (POLT) et Paris-Clermont-Ferrand se sont rassemblés mardi en milieu de journée à leur arrivée à la gare d’Austerlitz à Paris pour dire leur “exaspération” face à l’état “dégradé” de ces lignes.Dénonçant “40 ans d’inaction” sur ces deux lignes oubliées, nombre d’entre eux avaient pris tôt le matin l’un des deux “trains de la colère”, à Cahors ou Clermont, pour gagner Paris, où une délégation doit être reçue mardi après-midi au ministère des Transports. “Nous, usagers, parlementaires, élus locaux, forces vives d’Occitaine, d’Auvergne, du Limousin, et du Centre-Val de Loire exprimons notre colère et notre ras-le-bol face aux rustines qu’on nous octroie à défaut d’un véritable plan d’urgence à la hauteur des enjeux”, a déclaré devant la presse le président de l’association Urgence Ligne POLT, Jean-Claude Sandrier.La journée avait commencé à l’aube dans le Lot, quand les premiers manifestants avaient pris le train à Cahors. “Tous unis pour une desserte ferroviaire dynamique respectueuse des usagers et de nos territoires”, pouvait-on lire sur une banderole déployée à la gare, a constaté l’AFP.”Je suis venu défendre la ligne historique Paris-Toulouse”, déclare Francesco Testa, conseiller municipal de Cahors, avant d’ajouter: “Comme on a affaire à des malentendants, on se déplace pour être plus près de leurs oreilles.”Pour ce trajet de plus de 11 heures aller-retour dans la même journée, il avait prévu de quoi se sustenter: “du jambon, du pain et du vin de Cahors”. Avant de monter à bord, Monique Codet, 84 ans, qui a fait le trajet “Montauban-Cahors pendant 14 ans”, confie qu’elle aimerait que les nouvelles générations aient les mêmes conditions de transport qu’elle a connues: “Il n’y avait pas de retard. Je me souviens d’une seule panne”. – “Des rames hors d’âge” -Au passage du train à Limoges, où une centaine de manifestants mécontents ont scandé “ras-le-POLT” dans le hall de la gare, le maire de la ville (LR) Emile Roger Lombertie a estimé “plus facile aujourd’hui pour un étudiant d’aller faire ses études à Bruxelles, à Berlin, à Copenhague ou ailleurs, que d’aller entre Limoges et Clermont-Ferrand”.A Clermont-Ferrand, environ 130 personnes ont pris le train, a constaté une journaliste de l’AFP.”Les choses se sont aggravées depuis 40 ans avec des rames hors d’âge et un temps de trajet qui a augmenté de 40 minutes”, explique Patrick Wolff, président de l’association Objectif capitales qui réclame un objectif de “moins de trois heures” pour rejoindre Paris contre trois heures et quinze minutes actuellement.Jean-Philippe Ollier, responsable du projet de réhabilitation du parc Cataroux de Michelin, à Clermont, “vient défendre la capacité de pouvoir aller à Paris de manière fiable. Le parc Cataroux, c’est 400.000 visiteurs et énormément d’entreprises qui vont s’installer et travailler avec l’écosystème parisien”, souligne-t-il.- “Axes stratégiques”-Les lignes POLT (plus de 700 km de voie ferrée) et Clermont-Paris (420 km) transportent respectivement 2,6 et 1,9 millions de voyageurs chaque année dans des trains Intercités.La SNCF a lancé en 2018 un programme de modernisation de ces lignes, qui restent cependant “encore équipées d’installations techniques hétérogènes et vieillissantes”, reconnaît la compagnie ferroviaire.”En modernisant ces deux axes stratégiques”, la SNCF, qui prévoit “des investissements sans précédent”, compte rendre les “trajets plus rapides, plus fiables et plus accessibles”.Selon le ministère des Transports, ces “investissements significatifs réalisés depuis 2018” incluent 1,9 milliard d’euros à l’horizon 2027 pour la ligne POLT et près d’un milliard pour Paris-Clermont. “Il s’agit des deux plus gros chantiers conduits cette année par SNCF Réseau”, souligne-t-il mardi dans un communiqué.”Une régénération partielle qui pour nous n’est pas suffisante”, dénonce Jean-Noël Boisseleau, vice-président de l’association Urgence Ligne POLT. Pour lui, il faudrait “2,5 à 3 milliards d’euros supplémentaires pour que, vraiment, on reparte pratiquement à neuf”.

Dette: Bayrou présente un sombre “diagnostic” aux Français mais reste discret sur ses remèdes

Comment redresser les comptes publics ? A défaut de résoudre l’équation immédiatement, François Bayrou a voulu de nouveau alerter les Français sur le “piège” de la dette qui menace “la survie de notre pays” et promis des réponses d’ici le 14 juillet en écartant déjà la piste d’augmentation des impôts.”Seule la confrontation les yeux ouverts avec la vérité de notre situation peut soutenir une action déterminée”, a déclaré le Premier ministre à l’issue d’un “Comité d’alerte du budget” qui a réuni – sans lui – plusieurs membres de son gouvernement avec des parlementaires, des représentants d’organismes de sécurité sociale ou encore syndicaux. Graphiques à l’appui, le chef du gouvernement a énuméré les faiblesses de la France qui “manque de moyens” pour financer ses priorités parce “qu’elle ne produit pas assez et ne travaille pas assez” par rapport à ses voisins, notamment en raison d’un taux d’emploi plus faible chez les jeunes et les seniors.Cela conduit à une aggravation de la dette – 3.305,3 milliards d’euros en 2024, soit 113% du PIB – qui devient “un piège dangereux, potentiellement irréversible”, selon le Premier ministre. – “explosion assurée” -“Nous ne pourrons pas en supporter durablement la charge” qui pourrait “atteindre 100 milliards d’euros en 2029”, a-t-il prévenu.  “Si les taux d’intérêt explosent, alors c’est l’explosion assurée” à laquelle aucun gouvernement ne résistera, a-t-il insisté, un leitmotiv de longue date chez lui.Après avoir fait ce “diagnostic” d’une “situation intolérable”, et annoncé “un effort de quelque 3 milliards supplémentaires” en 2026 pour la défense face à la guerre en Ukraine et au retournement stratégique des États-Unis, François Bayrou n’a pas détaillé de réponses concrètes à ce stade. Il a simplement annoncé que les “grandes orientations” et les “grands choix” du prochain budget seront proposés avant le 14 juillet, en amont des débats budgétaires au Parlement début octobre.”Ce calendrier va permettre de rassembler toutes les contributions pendant quelques semaines autour des choix que nous allons devoir faire”, a-t-il expliqué, en ajoutant que cela passera par “la refondation de l’action publique” via “une véritable remise à plat des missions et des budgets de nos administrations”.Dans un contexte de ralentissement de la croissance pour 2025, rabotée à 0,7% dans les prévisions du gouvernement, après 1,1% en 2024, le Premier ministre n’a pas chiffré le volume d’économies à réaliser.A ses côtés, le ministre de l’Economie Eric Lombard avait évoqué dimanche “un effort” de 40 milliards pour réduire le déficit de 5,4% du PIB — objectif 2025 — à 4,6% en 2026. Il a précisé mardi viser une réduction de 6% des dépenses en cinq ans.Sur quels leviers agir ? “L’effort doit être équitable entre les trois grandes catégories” – Etat, sécurité sociale et collectivités locales, a indiqué M. Lombard. La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a notamment évoqué une action contre “la très grande dérive” des arrêts maladie. Côté recettes, M. Bayrou a exclu “d’augmenter les prélèvements” car c’est “intenable”.”Si nous choisissions de continuer à augmenter ces prélèvements, c’est notre pays qui en souffrirait”, a-t-il dit. Afin de préserver la compétitivité des entreprises, “nous ne souhaitons pas augmenter ni les impôts, ni les charges des entreprises”, a renchéri M. Lombard.- ‘opération de communication’ -Embourbé dans les sondages et souvent taxé d’immobilisme après quatre mois à Matignon, François Bayrou entendait mardi amorcer la méthode dite de “coresponsabilité” avec les Français qu’il a souvent prônée avant de prendre les commandes du gouvernement.Mais ce gouvernement tiendra-t-il jusqu’à la présentation du budget 2026 alors que La France insoumise et le Rassemblement national menacent à nouveau de censurer ? “La conférence de presse du Premier ministre n’est pas à la hauteur de la grave crise des finances publiques”, a réagi Marine Le Pen, prévenant que le RN “ne laissera pas passer des mesures contre les Français alors qu’il existe tant de gabegies”.La gauche s’inquiète, elle, de “l’impact récessif” sur la croissance de nouvelles économies et appelle le  gouvernement à envisager des hausses d’impôts pour les plus riches et des remises en causes d’exonérations aux entreprises.Invité au comité d’alerte comme président de la commission des Finances de l’Assemblée, Eric Coquerel (LFI) a eu “l’impression d’être figurant d’une opération de communication”.Même vocabulaire chez la leader de la CGT, Sophie Binet, pour qui le Premier ministre n’a apporté “aucune réponse” à ses “interrogations” et “interpellations”. De son côté, la patronne de la CFDT, Marylise Léon, a déploré “une vision comptable” du gouvernement, estimant qu'”on ne fait pas un budget uniquement avec un tableur Excel”. bur-bpa-far/hr/dch   

Le gouvernement veut réduire les dépenses de 6% d’ici 2029, sans “tronçonneuse”

Le gouvernement souhaite réduire de 6% les dépenses publiques d’ici à 2029 sans recourir à “la tronçonneuse”, a annoncé mardi la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, évoquant notamment la lutte contre “la très grande dérive” des arrêts maladie.   “Nous voulons réduire de 6% notre dépense publique en cinq ans”, a indiqué Mme de Montchalin lors d’une conférence de presse sur les finances publiques, auprès du Premier ministre François Bayrou. “Si nous étions un ménage, nous sommes en train de décrire une situation où on pourrait passer de 100 euros de dépenses à 94 euros de dépenses”, a-t-elle illustré. “Le but, ce ne sont pas les finances publiques, le but, ce ne sont pas les chiffres, ce sont nos marges de manoeuvre, notre capacité à rester un pays puissant, un pays souverain”, a-t-elle insisté. Parmi les pistes évoquées, la ministre a mentionné la fusion ou la suppression de certains opérateurs publics, une action contre “la très grande dérive” des arrêts maladie, la révision du mécanisme des achats publics afin de faire baisser les prix, ou “la gratuité qui déresponsabilise” en matière de services publics. “C’est autour de ces principes que nous construirons le budget” pour 2026, a-t-elle poursuivi. “Avec cela, nous pouvons réduire la dépense, le faire sans tronçonneuse, sans serpette ou sans sécateur”.  Soulignant l’objectif de ramener le déficit public à 3% du PIB en 2029, le maximum autorisé par les règles de l’Union européenne, Amélie de Montchalin a précisé: “ce n’est pas le diktat de Bruxelles. (…) Nous faisons cela pour nous, pour notre nation, pour notre indépendance, pour notre souveraineté”. Cette dette pesait fin 2024 113% du produit intérieur brut, soit 3.305,3 milliards d’euros. La charge de la dette, de 62 milliards d’euros cette année, est “partie presque inexorablement pour atteindre 100 milliards d’euros en 2029″, a alerté le Premier ministre François Bayrou. Le ministre de l’Economie, Eric Lombard, a précisé que la réduction de 6% des dépenses publiques en cinq ans équivalait à un effort d'”1% par an, un peu moins même les premières années”. “L’effort doit être équitable entre les trois grandes catégories” – Etat, sécurité sociale et collectivités sociales, et cela relèvera “du dialogue”, a-t-il ajouté. Afin de préserver la compétitivité des entreprises, “nous ne souhaitons pas augmenter ni les impôts, ni les charges des entreprises”, a noté Eric Lombard. En 2025, l’effort budgétaire s’élève à une cinquantaine de milliards d’euros, auxquels 5 milliards supplémentaires sont venus s’ajouter récemment, puisés dans des crédits mis en réserve.”Nous ne ferons pas trois milliards de dépenses, et par ailleurs nous allons aussi mettre de côté deux milliards d’euros de dépenses que nous nous préparons à annuler si à nouveau les temps restent difficiles d’ici la fin de l’année”, a détaillé Amélie de Montchalin.  

“L’esprit de Notre-Dame”: Macron décore les artisans de la reconstruction

Emmanuel Macron va décorer mardi cent participants au chantier titanesque de la reconstruction de Notre-Dame de Paris, six ans après l’incendie dévastateur, lors d’une cérémonie où il entend invoquer une fois de plus “l’esprit” de la cathédrale pour surmonter les défis qui attendent la France.En fin d’après-midi à l’Elysée, à l’heure même où les flammes se déclaraient dans le chef-d’oeuvre gothique de l’île de la Cité, le chef de l’Etat va distinguer le président de l’établissement public qui a permis la restauration en un temps record de cinq ans, Philippe Jost, promu commandeur de la Légion d’honneur.Ce haut fonctionnaire avait succédé au général Jean-Louis Georgelin, décédé en 2023 et lui-même grand’croix, plus haut grade de cette récompense fondée par Napoléon Bonaparte.Les architectes Rémi Fromont et Philippe Villeneuve seront aussi décorés. A leurs côtés, près de 100 fonctionnaires, entrepreneurs ou artisans représentatifs de l’ensemble des 2.000 personnes qui ont participé à l’opération, seront décorés de la Légion d’honneur ou de l’Ordre national du mérite. Ils sont issus de “l’ensemble des corps de métiers, les charpentiers, les ferronniers, les échafaudistes, les cordistes, les restaurateurs de l’orgue, les restaurateurs des vitraux, les restaurateurs des peintures”, a énuméré la présidence de la République.Aymeric Albert, qui sera fait chevalier de la Légion d’honneur, a par exemple prospecté dans les forêts de France pour sélectionner les chênes nécessaires à la reconstruction de la flèche, de la nef et du choeur. Cette promotion spéciale a été publiée au Journal officiel du 18 janvier, un mois après la réouverture en grande pompe de la cathédrale, le 9 décembre.- “30.000 visiteurs par jour” -“Le brasier de Notre-Dame était une blessure nationale et vous avez été son remède par la volonté, par le travail, par l’engagement”, avait alors souligné Emmanuel Macron. “Vous avez réussi ce qu’on pensait impossible”, avait-t-il ajouté. Emmanuel Macron va épingler les décorations accompagné du Premier ministre François Bayrou, d’autres membres du gouvernement dont Rachida Dati (Culture), mais aussi du général Jean-Claude Gallet qui était à la tête de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris lors du sinistre retransmis en direct par les télévisions du monde entier.Dans son discours, le président va revenir sur “la fierté qui est celle de la France devant le succès de cette opération”, selon son entourage, qui relève que depuis la réouverture, “c’est en moyenne 30.000 personnes par jour qui viennent à la cathédrale”.”C’est un des grands enseignements de ce chantier: la France peut être fière, elle détient les fabuleux savoir-faire qui permettent aujourd’hui de rebâtir une cathédrale”, a aussi souligné Philippe Jost, mardi sur France 2.Ce chantier titanesque a été financé grâce à près de 850 millions d’euros de dons en provenance du monde entier.”La générosité a été telle dans les jours qui ont suivi l’incendie qu’il nous reste (…) 140 millions d’euros. Et, donc, on va pouvoir engager de nouvelles restaurations à l’extérieur pour des travaux dont la cathédrale avait déjà besoin avant l’incendie”, a expliqué M. Jost.Selon un conseiller du président, ce dernier “exprimera certainement le voeu que cet esprit de Notre-Dame puisse se perpétuer dans un certain nombre de chantiers ou d’entreprises que notre pays doit mener à bien dans les prochaines années”.Ces derniers mois, le chef de l’Etat a plusieurs fois invoqué cet “esprit”, ainsi que celui des Jeux olympiques réussis de l’été dernier dans la capitale, comme exemple de la capacité de la France à s’unir dans l’adversité. Sans que cela ait déteint sur la vie politique du pays, plus fracturée que jamais depuis qu’il a dissous l’Assemblée nationale en juin.

A bord des “trains de la colère”, “l’exaspération” des usagers de lignes SNCF “dégradées”

“On en a ras-le-POLT”, ont scandé mardi dans la gare de Limoges une centaine d’usagers du train Paris-Orléans-Limoges-Toulouse (POLT), dont beaucoup ont grimpé dans le convoi à destination de Paris pour dire leur “exaspération” face à l’état “dégradé” de cette ligne et de celle reliant Paris à Clermont-Ferrand.Dénonçant “40 ans d’inaction” sur ces deux lignes oubliées, des centaines d’élus et usagers “montent à la capitale” pour demander des investissements au ministère des Transports, qui doit les recevoir à Paris. Entre 500 et 800 manifestants, y compris des cheminots, sont attendus par les organisateurs à l’arrivée des convois à la gare d’Austerlitz. “L’exaspération est à son comble”, estiment des associations organisatrices des deux “trains de la colère” transportant les manifestants depuis Cahors et Clermont vers Paris, pour lesquelles 2023 et 2024 ont été des “années de cauchemar avec les retards et les pannes de plus en plus fréquentes et trop longues à résorber”.”Tous unis pour une desserte ferroviaire dynamique respectueuse des usagers et de nos territoires”, pouvait-on lire sur une banderole déployée tôt le matin par les premiers manifestants du Lot, avant de prendre le train à la gare de Cahors, a constaté l’AFP.”Je suis venu défendre la ligne historique Paris-Toulouse”, déclare Francesco Testa, conseiller municipal de Cahors, avant d’ajouter: “Comme on a affaire à des malentendants, on se déplace pour être plus près de leurs oreilles.”Pour ce trajet de plus de 11 heures aller-retour dans la même journée, il a prévu de quoi se sustenter: “Du jambon, du pain et du vin de Cahors”. Avant de monter à bord, Monique Codet, 84 ans, qui a fait le trajet “Montauban-Cahors pendant 14 ans”, confie qu’elle aimerait que les nouvelles générations aient les mêmes conditions de transport qu’elle a connues: “Il n’y avait pas de retard. Je me souviens d’une seule panne”. – “Des rames hors d’âge” -Au passage du train à Limoges, où des manifestants mécontents s’étaient rassemblés dans le hall de la gare, le maire de la ville (LR) Emile Roger Lombertie a estimé “plus facile aujourd’hui pour un étudiant d’aller faire ses études à Bruxelles, à Berlin, à Copenhague ou ailleurs, que d’aller entre Limoges et Clermont-Ferrand”.Dans le train, à chaque arrêt, chacun guette le nombre de personnes mobilisées qui montent dans le train. “J’espère qu’on ne va pas arriver en retard, mais ce serait symbolique”, lâche un habitué de la ligne. A Clermont-Ferrand, environ 130 personnes ont pris le train, a constaté une journaliste de l’AFP.”Les choses se sont aggravées depuis 40 ans avec des rames hors d’âge et un temps de trajet qui a augmenté de 40 minutes”, explique Patrick Wolff, président de l’association Objectif capitales qui pointe la “faiblesse de la protection des voies” et réclame un objectif de “moins de trois heures” pour rejoindre Paris contre 3h15 actuellement.Jean-Philippe Ollier, responsable du projet de réhabilitation du parc Cataroux de Michelin, à Clermont, “vient défendre la capacité de pouvoir aller à Paris de manière fiable. Le parc Cataroux, c’est 400.000 visiteurs et énormément d’entreprises qui vont s’installer et travailler avec l’écosystème parisien”, souligne-t-il.En janvier, à cause d’une panne de locomotive, des passagers sont arrivés avec près de douze heures de retard à Paris.Le ministre des Transports Philippe Tabarot a lui-même reconnu vendredi à Clermont “une qualité de service qui n’est pas à la hauteur”, annonçant un “geste tarifaire”.- “Axes stratégiques”-Les lignes POLT (plus de 700 km de voie ferrée) et Clermont-Paris (420 km) transportent respectivement 2,6 et 1,9 millions de voyageurs chaque année dans des trains Intercités.La SNCF a lancé en 2018 un programme de modernisation de ces lignes, qui restent cependant “encore équipées d’installations techniques hétérogènes et vieillissantes”, reconnaît la compagnie, qui prévoit “des investissements sans précédent” de près de trois milliards d’euros d’ici 2027.”En modernisant ces deux axes stratégiques”, la SNCF compte rendre les “trajets plus rapides, plus fiables et plus accessibles”.”Une régénération partielle qui pour nous n’est pas suffisante”, dénonce Jean-Noël Boisseleau, vice-président de l’association Urgence Ligne POLT. Pour lui, il faudrait “2,5 à 3 milliards d’euros supplémentaires pour que, vraiment, on reparte pratiquement à neuf”.

Des prisons visées par des incendies de véhicules ou des tirs d’armes automatiques

Plusieurs établissements pénitentiaires ont fait l’objet d’incendies de véhicules et celui de Toulon a été visé par des tirs à l’arme automatique dans la nuit de lundi à mardi, a indiqué l’entourage de Gérald Darmanin.Le garde des Sceaux doit se rendre dans l’après-midi au centre pénitentiaire de Toulon pour apporter son soutien aux agents sur place. Selon une source proche du dossier, “tout cela semble coordonné et manifestement en lien avec la stratégie contre le narcobanditisme du ministre”.Selon un communiqué du syndicat pénitentiaire FO Justice, “des véhicules ont été brûlés, des portes d’entrée incendiées et même visées par des tirs d’armes lourdes”.Trois véhicules, dont deux appartenant à des agents pénitentiaires, ont été incendiés lundi soir sur le parking de la maison d’arrêt de Villepinte (Seine-Saint-Denis), selon une source policière.Un bidon d’hydrocarbure de cinq litres a été retrouvé sur place.Les images de vidéosurveillance ont permis de voir que les deux auteurs ont pénétré dans l’enceinte en passant par une butte de terre, incendiant chacun un véhicule, le troisième a été atteint par propagation.Selon une autre source policière, les établissements de Nanterre (Hauts-de-Seine), Aix-Luynes (Bouches-du-Rhône) et Valence (Drôme) ont aussi été touchés par des incendies de véhicules, dont certains avaient préalablement été tagués. Au centre pénitentiaire de Toulon-La Farlède (Var), 15 impacts ont été relevés sur la porte de l’établissement après une “attaque  à l’arme lourde, de type Kalachnikov”, a affirmé FO Justice sur X. Au centre pénitentiaire d’Aix-Luynes, deux véhicules ont été incendiés, “ainsi que le portail de l’Eris (Equipe régionale d’intervention et de sécurité, NDLR) visé directement”, selon la même source.Dans la nuit de dimanche à lundi, des incendies ont aussi touché le parking de l’Ecole nationale de l’administration pénitentiaire (Enap) et le centre pénitentiaire de Réau (Seine-et-Marne), selon plusieurs sources proches du dossier.”Ces actes criminels sont une attaque frontale contre notre institution, contre la République et contre les agents qui la servent au quotidien”, a dénoncé FO Justice, exigeant “une réponse forte, immédiate et sans ambiguïté de l’État”.”On attend une action coordonnée par les ministres de la Justice et de l’Intérieur”, a de son côté déclaré à l’AFP Wilfried Fonck, secrétaire national de l’Ufap Unsa Justice, soulignant que l’administration pénitentiaire n’avait “pas les forces humaines pour assurer la sécurisation aux abords des établissements 24 heures sur 24”.edy-spe-amd-mca/mat/bow