AFP Top News

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Indonésie: des Vespa électriques et silencieuses mais qui font du bruit

Entre les angkot, petits bus à six places et la nuée de deux-roues pétaradants, des Vespa étonnamment silencieuses se faufilent dans le foisonnant trafic de Jakarta. Nombre de passionnés de l’iconique marque italienne ont décidé de les convertir à l’électrique.  “Je me sens bien sur ma Vespa! J’ai l’impression de contribuer à un air plus propre”, explique Hendra Iswahyudi, qui attire la curiosité sur un modèle années 1960, bien loin des inconvénients du scooter qu’il pilotait étudiant.”Après avoir mis le contact, on avait le temps de prendre une douche avant que le moteur tourne rond”, se souvient-il.Oubliés ces tracas: le fonctionnaire de 56 ans s’est récemment offert un modèle électrique dans la boutique de Heret Frasthio, qui contre un kit compris entre 1.300 et 3.500 euros, transforme une Vespa bruyante et polluante en un modèle silencieux et propre, tout en gardant son aspect vintage.Avec son look américain, l’atelier de Heret, baptisé Elders, installé dans les sous-sols d’un centre d’expositions de Jakarta, propose des dizaines de deux-roues, dont de nombreuses Vespa, en transition vers un avenir plus propre.Bouc bien taillé, lunettes de soleil, l’entrepreneur de 39 ans, aux commandes d’une Vespa VL de 1957, l’assure: “La Vespa a un design unique, elle a une valeur historique et nostalgique. Ce n’est pas juste un véhicule, c’est aussi un style!”.Le chef d’entreprise affirme que son entreprise a converti et vendu environ 1.000 Vespa à travers le pays depuis sa création en 2021. Et le potentiel est énorme dans un pays qui comptait près d’un million de Vespa en circulation en 2022, selon le Club Vespa de l’archipel. Une mode qui a cependant un prix: sa Vespa collector a coûté 30.000 euros (bien 30.000) à Frasthio avant conversion alors que l’on peut s’offrir à Jakarta des “Vespa Elettrica” neuves importées d’Italie pour 10.000 euros.Ces modèles neufs offrent une autonomie de 100 km maximum. Equipé d’un kit, un modèle vintage converti peut lui parcourir de 60 à 120 km et jusqu’à 200 km avec une version améliorée.Dans une capitale indonésienne qui suffoque sous la pollution atmosphérique, due en partie aux gaz d’échappement, la transition vers l’électrique est engagée. Si les autorités poussent pour plus de voitures et d’autobus électriques, elles ont aussi fixé un objectif de 13 millions de scooters électriques en 2030, contre seulement 160.000 aujourd’hui, selon des chiffres du ministère des Transports.  – Le ronronnement de la machine -Mais certains puristes sont encore réticents à renoncer au très reconnaissable moteur à deux ou quatre temps, préférant conserver le ronronnement de leur machine. “Je préfère la Vespa authentique avec son bruit d’origine, car c’est ce qui la rend unique. On l’entend arriver de loin”, explique Muhammad Husni Budiman.Cet entrepreneur de 39 ans est tombé amoureux dans sa jeunesse des Vespa vintage et a commencé à collectionner des modèles des années 1960 et 1970. En 2021, il a créé un club basé dans la capitale indonésienne et consacré aux modèles des années 1960, qui rassemble désormais plusieurs centaines de membres. Qui défilent fièrement le week-end sur la grande artère Jalan Thamrin. Bien qu’il ait essayé une Vespa électrique, son club reste dédié aux amateurs de modèles originaux.Frasthio lui ne veut forcer personne à la conversion, mettant surtout en avant la simplicité d’utilisation d’un moteur électrique. “Nous n’essayons pas de donner des leçons à qui que ce soit sur les problèmes de pollution”, se défend-il.”Nous expliquons simplement, pour ceux qui ne sont pas habitués aux scooters à embrayage et à vitesses, que les deux-roues électriques peuvent être une solution”. 

Prisons: nouvelles attaques, des personnels ciblés

De nouvelles attaques ont ciblé mercredi l’institution pénitentiaire, avec notamment l’incendie de trois véhicules dans un parking sécurisé de la prison de Tarascon, une tentative de “déstabilisation” dénoncée par le ministre de la Justice Gérald Darmanin.Ces nouveaux incidents interviennent au lendemain d’attaques coordonnées contre plusieurs établissements pénitentiaires en France, principalement des incendies de véhicules, mais également des tirs à l’arme automatique contre la porte de la prison de Toulon (Var), qui n’ont pas fait de victime.Vers 05h20 mercredi, trois véhicules ont été incendiés devant la prison de Tarascon (Bouches-du-Rhône), sur un parking “isolé, réservé aux personnels, grillagé et à l’accès sécurisé par un digicode”, a indiqué à l’AFP le procureur de la République de Tarascon, Laurent Gumbau. Un des véhicules appartenait à un agent de la prison en service, un autre à une entreprise intervenant au centre de détention, et le troisième, totalement détruit, n’avait pas encre été identifié, selon le procureur, qui a précisé qu’il y avait eu au moins deux départs de feu.A priori aucune inscription n’a été retrouvée sur les lieux, a-t-il précisé.Lors des attaques recensées depuis dimanche, au cours desquelles au moins 21 véhicules ont été tagués et ou incendiés, selon une source policière, de mystérieuses inscriptions “DDPF”, apparemment pour “défense des droits des prisonniers français” ont été retrouvées, ainsi qu’une inscription “DDFM” sur la prison de Toulon.Le parquet national antiterroriste s’est saisi mardi de l’enquête pour tenter d’identifier les auteurs de ces faits.- “Menace” et “intimidation” -Par ailleurs, toujours dans le département des Bouches-du-Rhône, un autre véhicule, appartenant à un surveillant de la prison d’Aix-Luynes, a été incendié dans la nuit de mardi à mercredi devant le domicile de celui-ci, a déclaré à l’AFP Jessy Zagari, délégué régional FO Pénitentiaire, syndicat majoritaire dans la région Paca. Il n’a pas été immédiatement en mesure de préciser dans quelle commune s’était produit cet autre incendie.”Ce groupe terroriste DDPF identifie et cible les personnels pénitentiaires”, s’est-il indigné, dénonçant “des actes de menace et d’intimidation”.Un ciblage que semble confirmer un autre événement recensé mercredi matin, avec des inscriptions “DDPF” retrouvées taguées dans le hall d’immeuble d’une surveillante pénitentiaire en Seine-et-Marne, selon une source policière.”Il y a manifestement des gens qui essaient de déstabiliser l’Etat en intimidant”, a dénoncé de son côté le garde des Sceaux Gérald Darmanin sur CNews, en évoquant l’incident de Tarascon.Toutefois, “il n’y aurait pas eu de nouvelle nuit bleue comme on l’a vu hier, qui était évidemment absolument inacceptable”, a ajouté le ministre, qui s’était rendu mardi après-midi à la prison de Toulon, saluer les personnels.Le ministre y avait déjà dénoncé des actes d’intimidation, martelant que l’Etat “ne cèderait pas”.Il a notamment estimé que ces attaques pourraient être un réplique à son projet de régime de détention spécial pour les plus gros narcotrafiquants du pays, qui doivent être regroupés à l’isolement strict dans des établissement de haute sécurité.Emmanuel Baudoin, secrétaire général du syndicat FO-Justice, a dénoncé mercredi des vidéos “qui circulent sur Telegram et montrent des agents, des boîtes aux lettres, les surveillants y sont nommément cités et ces vidéos ciblent “plutôt des agents sur la région du Sud”, où prospèrent quelques-uns des gros groupes de narcotrafiquants. 

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Au Niger, l’essor du solaire face à la pénurie d’électricité

Dans le quartier de Lazaret à Niamey, Elhadj Abdou inspecte la dizaine de panneaux solaires qui ornent le toit de sa maison. Une scène de moins en moins rare dans la capitale nigérienne où les habitants se tournent progressivement vers cette énergie face aux coupures de courant. “Ici, plus de coupures d’électricité et c’est zéro facture à payer: tout marche à l’énergie solaire”, se réjouit-il.Sur le boulevard Tanimoune, Amadou Arzika nettoie à l’aide d’un mouchoir de grands panneaux photovoltaïques poussiéreux: “Les six là seront bientôt livrés à un client”, affirme ce vendeur, casquette à l’envers et tee-shirt gris.Adamou Barmini, un résident de la capitale, est formel: “les panneaux (solaires) sont à présent utilisés par tout le monde à cause des coupures qui peuvent durer jusqu’à trois heures”.Le déclic a eu lieu en 2023, lorsqu’une pénurie inédite d’énergie a frappé le pays.Le Nigeria voisin avait suspendu une large partie de ses exportations d’électricité, dans le cadre de sanctions régionales pour protester contre le coup d’Etat qui a renversé le président civil Mohamed Bazoum.Selon Haoua Amadou, la ministre de l’Energie du Niger, cette rupture avait engendré un “déficit de 30% à 50%” en électricité, obligeant la Société d’électricité (Nigelec) à imposer des délestages pouvant durer des journées entières, surtout dans la capitale.Le Nigeria a depuis repris ses livraisons, mais “ne donne que 46 mégawatts au lieu des 80 mégawatts habituels”, déplore la ministre.En dépit des efforts pour renforcer les capacités locales de production, les délestages persistent à Niamey. Particuliers et sociétés se tournent donc progressivement vers l’énergie solaire, dans ce pays sahélien parmi les plus ensoleillés au monde.”On peut produire de l’électricité solaire pendant dix heures dans la journée”, certifie l’ingénieur Maman Arzika. – Abondance -“Depuis deux ans, le marché du solaire est en pleine expansion (…) la demande reste forte”, abonde Djibril Tata, un fournisseur d’équipements solaires, en se félicitant de son “chiffre d’affaires croissant”.”Les affaires marchent bien”, confirme Hilaire Houndegnon, autre fournisseur, dont les ventes ont “plus que doublé” avec notamment 450 panneaux solaires écoulés en 2024.D’après les experts, l’avènement des batteries lithium de très longue durée et un personnel de plus en plus qualifié ont nourri l’essor du solaire.Les équipements sont surtout importés de Chine et sont vendus en pleine rue. Une abondance d’offre qui rend les équipements plus accessibles. Les prix des panneaux solaires ont été divisés par deux, passant sous les 50.000 francs CFA (75 euros) pour les équipements de meilleure qualité.  “Même avec un petit budget, vous pouvez alimenter quelques ampoules, une télé et un ventilateur”, explique Mahamadou Issa, un technicien.Installé dans une ruelle de la ville, Ali Amadou, vendeur de fruits, s’est doté d’un minuscule panneau solaire: “La nuit je m’éclaire, le jour je recharge les téléphones portables”. Il facture environ 100 francs CFA (0,15 euro) pour ce petit commerce d’appoint.Dans le reste du pays, le solaire est également populaire pour alimenter les pompes destinées au forage d’eau potable dans des zones rurales reculées.Des projets solaires, financés par des partenaires étrangers comme la Banque mondiale ou des organisations humanitaires arabes, permettent aussi d’équiper des écoles ou des hôpitaux afin de réfrigérer vaccins et médicaments. En 2024, le Niger a mis en service sa toute première centrale solaire de 30 mégawatts près de Niamey, un chantier lancé avant le putsch avec notamment avec l’appui de l’Union européenne.Et cet immense pays sahélien où le taux d’électrification est inférieur à 20% ne compte pas en rester là.L’énergie solaire est totalement compatible avec la vision souverainiste de la junte au pouvoir qui veut réduire sa dépendance extérieure. Plusieurs projets solaires sont donc au programme, dont un de 19 mégawatts à Agadez (nord) et un plus ambitieux de 200 mégawatts qui est à l’étude, assure la ministre Haoua Amadou.Le Niger doit également bénéficier du projet “Desert to Power” financé par la Banque africaine de développement (BAD) qui ambitionne de faire du Sahel la plus grande zone de production solaire au monde avec 10.000 mégawatts de capacité.Dans les années 80, le Niger avait déjà popularisé chauffe-eau, séchoirs et cuisinières solaires fabriqués localement, ainsi que des pompes à eau et des télévisions communautaires qui fonctionnaient déjà à l’énergie solaire, via des panneaux photovoltaïques.Mais ce rêve du tout solaire avait été abandonné faute de financement.

Un syndicat appelle à une “libération de la parole” dans les crèches

“Je me taisais par peur, aujourd’hui je signale” : le syndicat national des professionnels de la petite enfance (SNPPE) lance mercredi une campagne de “dénonciation” des conditions de travail dans les crèches et des potentielles dérives. “Notre volonté est de faire en sorte que la parole se libère”, explique à l’AFP le co-secrétaire général du syndicat Cyrille Godfroy. “L’idée c’est que les professionnels fassent remonter aux administrations compétentes les situations qui posent problème, charge à ces administrations d’aller sur le terrain faire des contrôles”.Concrètement, les professionnels qui le souhaitent pourront télécharger des courriers types sur le site du syndicat et les envoyer aux différentes administrations concernées, a-t-il précisé.Ce processus “permettra de mettre en lumière les conditions de travail inacceptables, le manque de moyens, les déficiences dans la sécurité des enfants et les dérives managériales”, détaille dans un communiqué le SNPPE, qui espère “une réaction immédiate des autorités, avant qu’il ne soit trop tard”. Le secteur de la petite enfance a été ébranlé en juin 2022 par la mort d’un bébé dans une crèche People&Baby à Lyon qui a levé le voile sur une série de dysfonctionnements dans certaines structures, notamment privées.Publié en avril 2023, un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) a décrit une qualité d’accueil “très disparate” et pointé une pénurie de personnel et une faiblesse des contrôles.Une “mission flash” du Sénat a abondé dans le même sens, en mars, en déplorant un “sous-dimensionnement des acteurs chargés du contrôle”, à savoir la Caisse d’allocations familiales (CAF), la Protection maternelle et infantile (PMI) ou les services de l’Etat. Après le rapport de l’Igas, l’exécutif a annoncé la mise en place d’un référentiel de la qualité d’accueil des enfants de moins de trois ans, qui a vocation à servir “de base à la mise en œuvre des contrôles de manière plus coordonnée”. La ministre du Travail, de la Santé et des Familles Catherine Vautrin a indiqué fin mars que ce référentiel allait être transmis au professionnels du secteur avant d’être publié par arrêté.

En primaire, l’IA a déjà conquis certaines classes

Dans la galaxie imaginaire IA-404, le fils du gardien cosmique Cataclismus a disparu… et c’est Clément, 7 ans, qui s’emploie à le retrouver un vendredi après-midi en alignant additions et soustractions avec l’aide de l’intelligence artificielle depuis le labo informatique de son école près de Toulouse.Sa maîtresse, Nathalie Miguel, s’est lancée dès 2019 dans l’aventure de l’IA dans l’enseignement, trois ans avant l’arrivée tonitruante de ChatGPT dans le secteur.Elle propose notamment à ses CE1 de l’école primaire George-Sand de Colomiers (Haute-Garonne) de s’exercer sur deux logiciels nourris à l’IA, Mathia (pour les mathématiques) et Lalilo (pour le français), tous deux lauréats de l’appel d’offre P2IA (Partenariat d’innovation et intelligence artificielle) du ministère de l’Education nationale.- Fusée -C’est sur Mathia que Clément, lunettes rouges sur le nez, se concentre ce vendredi du début de printemps. Il réfléchit un moment et devine le bon résultat de la soustraction 88 moins 40. Puis change de monde virtuel et joue désormais au jeu du furet, un exercice mathématique où l’on doit trouver le prochain nombre d’une suite. Grâce à sa réponse, sa petite fusée voyage de planète en planète.A chaque bonne réponse, le petit robot-assistant, baptisé lui aussi Mathia, félicite Clément à grand renfort de confettis, et l’enfant peut surtout, en terminant un exercice, rallumer l’une des étoiles de la galaxie IA-404 que Cataclismus avait éteintes dans sa colère d’avoir perdu son fils Cosinus.Mathia vise à “réconcilier les élèves avec les mathématiques” en France, où cette matière souffre d’un “désamour”, explique Paul Escudé, l’un des fondateurs de l’entreprise Prof en poche, qui édite Mathia.”Si on veut que les enfants développent des émotions positives à l’égard des maths, il faut les féliciter quand ils ont juste, mais il faut aussi leur dire, quand ils ont faux, +ce n’est pas grave, essaie encore, voilà de l’aide+”, détaille-t-il.En plus de ces encouragements, l’IA permet surtout à Mathia d’évaluer le niveau des élèves et de proposer des exercices en conséquence. “Comme les exercices sont vraiment adaptés à l’enfant, il ne se heurte pas à des questions trop difficiles. Et pour ceux qui sont en avance, c’est l’inverse. Ça s’adapte vraiment à chaque enfant”, explique Mme Miguel. Les élèves “sont d’autant plus motivés que les exercices sont progressifs”.En CE1, la notion d’IA est encore très floue. “J’ai l’impression que c’est une personne qui me parle et qui m’explique les exercices. Et après, ça m’aide en classe”, dit Inès, 7 ans et des nœuds roses dans les cheveux.- “Approche adaptative” -“L’apport fondamental de l’IA, c’est une approche adaptative, adaptée aux difficultés de chaque élève. Quand vous avez une hétérogénéité d’élèves, c’est toujours très difficile pour nos enseignants, surtout si les effectifs sont élevés dans une classe”, explique l’ancien recteur de l’académie de Toulouse, Mostafa Fourar, qui a quitté ses fonctions en mars.C’est lui qui avait lancé l’expérimentation de Mathia et Lalilo, pour l’instant proposés du CP au CE2, à grande échelle dans l’académie, où “1.500 classes les utilisent au total”, assure-t-il.”Je peux d’une part savoir quels sont les enfants les plus en difficulté pour les aider ensuite en classe et adapter mon enseignement. Et d’autre part savoir quels sont les enfants qui, justement, sont moteurs et peuvent expliquer les notions aux autres”, explique Mme Miguel.”Et le résultat en termes d’apprentissage est là”, constate Olivier Zoccarato, un parent d’élève.Son fils Ethan, 7 ans, “adore ça, il en fait le week-end”. “C’est attrayant aussi pour l’enfant parce qu’il y a vraiment une dimension ludique (…) avec des notions de succès, des notions de score, de classement où ils veulent progresser”, raconte le papa.”Je trouvais ça dur parce que j’aime pas trop les maths”, mais “comme j’aime bien Mathia, ça m’a motivée à faire des maths”, abonde Elisa, 8 ans, lunettes écailles de tortue aux branches fuschia, deux tresses dans le dos.”On ne peut pas faire l’impasse sur l’IA, parce que (…) les élèves sont nés dans un monde où l’IA est présente”, expose l’inspecteur David Simon. “Donc, il faut que nous aussi, on se l’approprie, et qu’on les éduque à l’utiliser correctement.”

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

La pie se méfie de la nouveauté et les petits oiseaux en profitent

Malgré sa réputation de chapardeuse, la pie se méfie des objets qu’elle ne connaît pas, une phobie qui pourrait être exploitée par d’autres oiseaux pour protéger leurs oeufs de cette prédatrice.Il n’est pas rare de trouver des matériaux d’origine humaine dans les nids d’oiseaux. Les milans les décorent avec du plastique blanc, tandis que le jardinier satiné australien agrémente sa tonnelle d’objets colorés.Les raisons de ces “ornementations” sont mal comprises. D’autant qu’elles ne sont pas sans danger: visibilité accrue du nid, moins bonne isolation, risques de blessures ou d’ingestion par les oisillons…Outre le fait que ces matériaux sont faciles à trouver, en particulier dans les environnements urbains, la décoration du nid pourrait démontrer les capacités du constructeur et accroître ainsi ses chances de reproduction.Elle pourrait également envoyer un signal de propriété et de statut social élevé aux intrus de la même espèce.Dans une étude publiée mercredi dans Royal Society Open Science, deux biologistes norvégiens avancent une autre hypothèse. Ces ajouts pourraient décourager des prédateurs comme les pies et les corbeaux, en utilisant leur aversion à la nouveauté.Souvenez-vous: dans les “Bijoux de la Castafiore”, Tintin retrouvait l’émeraude disparue de la cantatrice dans le nid d’une pie. Hergé s’était inspiré de “La Pie voleuse” de Rossini, dans lequel l’oiseau dérobait cette fois une cuillère en argent.Mais cette réputation de kleptomane est totalement infondée. La pie fait au contraire preuve d’une méfiance instinctive envers les objets qui lui sont inconnus.- Néophobie -Cette “néophobie” est considérée comme une réponse adaptative permettant de réduire les risques face à des dangers potentiels, particulièrement chez les animaux “innovants”, ayant des capacités à trouver des solutions originales pour obtenir des ressources. Parmi les oiseaux, cette aversion est particulièrement prononcée chez les corvidés, comme les pies, les geais, les corneilles ou les corbeaux.Pour tester leur hypothèse, les chercheurs norvégiens ont disposé trois types de nids artificiels contenant des oeufs de caille sur le sol d’une décharge fréquentée par des corbeaux et de jardins habités par des pies.Les nids témoins ne contenaient que des oeufs. Une cuillère en métal avait été ajoutée dans le deuxième type de nid. Le troisième contenait des plumes blanches de poule. Un dispositif destiné à tester une autre hypothèse selon laquelle certains oiseaux disposent de grandes plumes autour de leur nid pour effrayer leurs prédateurs en leur faisant croire qu’un de leurs congénères y a été attaqué.Les pies ont mis en moyenne 96 heures avant de dérober l’oeuf du nid témoin, 149 heures avant de prendre celui du nid avec une cuillère, et 152 heures avant de s’attaquer au nid avec des plumes.Les corbeaux ont procédé dans le même ordre, mais ont été plus aventureux, attendant respectivement 28, 34 et 43 heures.Sans doute parce qu’ils étaient déjà habitués à côtoyer des objets brillants dans la décharge.Et aussi parce qu’ils avaient de la concurrence, le lieu étant occupé par “des centaines de corbeaux, probablement tous jeunes”, explique à l’AFP Magne Husby, biologiste à l’Université de Levanger et co-auteur de l’étude. S’ils hésitaient à prendre un oeuf, “il était très probable qu’un autre corbeau le prenne à leur place”.En revanche, les expériences avec les pies ont eu lieu sur leurs propres territoires et “il n’y avait aucune urgence à prendre les oeufs si elles étaient hésitantes à cause des plumes ou de la cuillère”, poursuit M. Husby. Une hésitation qui, dans la nature, donne un temps précieux au propriétaire du nid pour le défendre.

Elus et usagers des lignes SNCF “dégradées” repartent déçus de leur montée à Paris

Des centaines d’élus et usagers des lignes Paris-Orléans-Limoges-Toulouse (POLT) et Paris-Clermont-Ferrand sont “montés à la capitale” en train mardi pour dire leur “exaspération” face à l’état “dégradé” de ces lignes qu’ils jugent oubliées, mais ils sont redescendus dans leurs régions respectives “en proie à la colère”.”Face à une mobilisation inédite (…) le ministre des Transports choisit l’humiliation et la mascarade”, fustigeait dans un communiqué, François Kuss, directeur de cabinet du président du conseil départemental du Lot, Serge Rigal (DVG), au terme d’un rendez-vous au ministère qui a finalement tourné court.La ville de Limoges, s’exprimait dans le même sens: “Montés à Paris avec détermination, chacun redescend dans sa province en proie à de la colère. À défaut d’oxygène, la lente asphyxie de nos territoires semble inéluctable”, a fustigé la municipalité dirigée par Emile Roger Lombertie (LR) dans un autre communiqué.”Non seulement le Ministre n’a pas daigné recevoir la délégation, mais le plus humiliant, c’est qu’en plein milieu du tour de table, le ministre a diffusé un communiqué de presse, publiant les conclusions d’une réunion à laquelle il n’avait pas participé”, a expliqué M. Kuss, précisant à l’AFP que les élus de la délégation étaient sortis de la réunion au ministère “après une dizaine de minutes”.Ils avaient quitté leurs villes, avec des usagers et des représentants d’associations, très tôt le matin pour rallier Paris-Austerlitz. “Tous unis pour une desserte ferroviaire dynamique respectueuse des usagers et de nos territoires”, pouvait-on lire sur une banderole déployée en gare de Cahors, a constaté l’AFP.”Je suis venu défendre la ligne historique Paris-Toulouse”, déclarait Francesco Testa, conseiller municipal de Cahors, avant d’ajouter: “comme on a affaire à des malentendants, on se déplace pour être plus près de leurs oreilles.”Avant de monter à bord, Monique Codet, 84 ans, ancienne habituée du trajet “Montauban-Cahors pendant 14 ans”, a confié vouloir que les nouvelles générations aient la chance de vivre ce qu’elle avait connu: “Il n’y avait pas de retard. Je me souviens d’une seule panne”. C’était la “bonne époque”, a-t-elle dit, au point qu’elle avait même fêté sa retraite en 1998 “dans le train avec tous les amis que je m’y étais fait”.- “Rames hors d’âge” -Au passage du train en gare de Limoges, où une centaine de manifestants mécontents ont scandé “ras-le-POLT”, M. Lombertie a jugé qu’il était “plus facile aujourd’hui pour un étudiant d’aller faire ses études à Bruxelles, à Berlin, à Copenhague ou ailleurs, que d’aller entre Limoges et Clermont-Ferrand”.Au départ de cette dernière ville, un second train de quelque 130 manifestants rejoignait également la capitale.A son bord, Jean-Philippe Ollier, responsable du projet de reconversion du parc Cataroux, site industriel historique du groupe Michelin, est venu “défendre la capacité de pouvoir aller à Paris de manière fiable” car le “parc Cataroux, c’est 400.000 visiteurs et énormément d’entreprises qui vont s’installer et travailler avec l’écosystème parisien”, a-t-il précisé à l’AFP.”Les choses se sont aggravées depuis 40 ans avec des rames hors d’âge et un temps de trajet qui a augmenté de 40 minutes”, a de son côté souligné Patrick Wolff, président de l’association locale Objectif capitales.- “Engagement de l’Etat” -Vendredi, le ministre des Transports Philippe Tabarot s’était rendu à Clermont-Ferrand “pour rappeler l’engagement de l’Etat et annoncer des mesures correctrices et de long terme” pour ces lignes de trains d’équilibre du territoire (TET), selon un communiqué du ministère, rappelant qu’il promettait de réunir “dans les prochains mois” le comité de suivi des dessertes ferroviaires du POLT.Les lignes POLT (plus de 700 km de voie ferrée) et Clermont-Paris (420 km) transportent respectivement 2,6 et 1,9 millions de voyageurs chaque année dans des trains Intercités. La SNCF a lancé en 2018 un programme de modernisation de ces lignes, qui restent cependant “encore équipées d’installations techniques hétérogènes et vieillissantes”, reconnaît la compagnie ferroviaire.Selon le ministère, des “investissements significatifs réalisés depuis 2018” incluent 1,9 milliard d’euros à l’horizon 2027 pour la ligne POLT et près d’un milliard pour Paris-Clermont, les “deux plus gros chantiers conduits cette année par SNCF Réseau”, même si M. Tabarot souligne “que la situation n’est toujours pas satisfaisante”.Les investissements évoqués ne sont pas suffisants pour Jean-Noël Boisseleau, vice-président de l’association Urgence Ligne POLT qui évoque “une régénération partielle”. Il faudrait “2,5 à 3 milliards d’euros supplémentaires pour que, vraiment, on reparte pratiquement à neuf”, dit-il.

Congrès des Ecologistes: un vote sans suspense mais pas sans critiques

Les 16.000 adhérents écologistes votent de mercredi à vendredi pour choisir leur chef, et devraient sans suspense reconduire Marine Tondelier, qui a explosé médiatiquement depuis trois ans mais s’est attiré des critiques en interne, dans un parti qu’elle voulait apaiser.Forte, avant même le vote, de 2.500 soutiens d’adhérents, la conseillère régionale des Hauts-de-France, âgée de 38 ans, ne fait pas mystère de sa certitude d’être réélue à la tête des Ecologistes. Et sans doute dès le premier tour, face à trois concurrents moins médiatiques: l’ex-eurodéputée Karima Delli, le maire-adjoint de Paris Florentin Letissier et celle de Bordeaux Harmonie Lecerf-Meunier.Mais celle qui déplorait lors de son élection en 2022 les querelles intestines régulières du parti n’a pas échappé aux tensions: ses opposants ont dénoncé un “manque de démocratie” au sein de la formation, mettant en cause la récente modification des règles électorales, au service selon eux de la secrétaire nationale.”Mes opposants n’ont pas grand chose à redire au bilan de l’équipe sortante”, rétorque Marine Tondelier. “Donc ils ont passé plus de temps à se plaindre des nouveaux statuts, pourtant écrits au consensus avec toutes les sensibilités du parti et votés par 74% des adhérents, qu’à parler d’écologie politique”, ajoute la patronne des Verts, déjà en train d’écrire son discours pour son investiture le 26 avril. Marine Tondelier a remporté la semaine dernière un premier vote sur la désignation d’une partie des membres du Conseil fédéral, mais ses opposants soulignent qu’elle n’a obtenu qu’une majorité relative. “Quel que soit son score au poste de secrétaire nationale, elle n’aura pas de majorité”, affirme un observateur, qui estime que “si elle n’a pas fait plus, c’est à cause de la participation, la plus faible historiquement pour un congrès”. Marine Tondelier compte, pour cette deuxième phase du congrès, sur 3.000 adhérents supplémentaires, qui n’avaient pas les six mois de cotisation nécessaires pour voter lors de la première phase.    En plus du vote pour la tête du parti, les militants sont aussi invités à choisir, par des votes uninominaux, le secrétariat exécutif (deux secrétaires nationaux adjoints, deux porte-parole et un trésorier). “Le système électoral est fait pour qu’elle ait les six postes”, remarque un écologiste, “mais il y a un sujet Eric Piolle”. – Incontournable à gauche –  Le maire de Grenoble, qui souhaite devenir porte-parole, a été évincé de la liste Tondelier, qui lui a préféré un candidat de la Manche issu de la ruralité, Guillaume Hédouin. Mais Eric Piolle, premier maire écologiste d’une grande ville, a maintenu sa candidature et peut espérer l’emporter, au regard de sa notoriété. Dans un email interne, Marine Tondelier a clairement appelé à voter pour M. Hédouin, arguant que s’il n’était pas élu, cela signifierait qu’elle a “essayé de donner plus de voix aux ruralités”, mais que “les adhérents n’ont pas voulu”.Les militants doivent également voter pour les membres du bureau politique (12 membres, scrutin de liste à la proportionnelle), et devraient permettre à la députée Sandrine Rousseau d’être présente dans cette instance, malgré une modification du quota des représentants franciliens.Pour l’observateur cité plus haut, “Marine élimine les gens pour être la seule candidate possible en 2027” lors de la présidentielle.Des accusations qui exaspèrent Marine Tondelier, au regret de constater que “les congrès sont toujours l’occasion donnée aux journalistes de nous caricaturer en égoïstes querelleurs”.     Malgré des reproches en interne sur sa gestion de l’affaire Julien Bayou, et sur l’échec cinglant des Européennes (5,5%), celle qui ne se déplace plus sans son emblématique veste verte préfère revendiquer ses succès.Elle rappelle que depuis son élection, les Ecologistes ont gagné plus de 240.000 sympathisants et engrangé plus de 18.000 adhérents, et “n’ont jamais eu autant d’élus locaux et nationaux”, ni eu une secrétaire nationale avec “autant de visibilité médiatique”.Elle se targue aussi d’avoir rendu son parti incontournable dans l’union de la gauche, après la dissolution de l’Assemblée nationale. “Mon travail à la fin du congrès sera d’être moteur de la construction de l’unité” pour 2027, souligne-t-elle.    Et si elle refuse de s’exprimer sur ses ambitions présidentielles, ses proches assurent qu’elle serait “la leader naturelle” s’il fallait désigner une candidature écologiste.

Paris: une personne tuée et une grièvement blessée après une fuite d’azote dans une salle de sport

Une employée d’une salle de sport du 11e arrondissement de Paris est morte et une cliente a été hospitalisée dans un état grave après une fuite d’azote, selon les premiers éléments de l’enquête, lors d’une séance de cryothérapie lundi.Les faits se sont déroulés vers 18H20, selon une source policière. Une employée de la salle de sport, née en 1996, est morte. Une autre personne, cliente de l’établissement, née en 1991, a été hospitalisée et son pronostic vital est engagé.Selon les premiers éléments de l’enquête, une fuite d’azote de la cabine de cryothérapie serait à l’origine de l’intoxication, selon une source proche de l’enquête.”Une enquête en recherche des causes de la mort est ouverte et confiée au commissariat de police du 11e arrondissement de Paris, en co-saisine avec l’inspection du travail”, a indiqué le parquet de Paris, sollicité par l’AFP.”Une autopsie et des analyses toxicologiques ont été ordonnées pour déterminer avec précision la cause de la mort, laquelle serait survenue au cours d’une séance de cryothérapie”, a-t-il précisé.Trois autres personnes qui ont prodigué des soins aux deux victimes ont été prises en charge en urgence relative, a précisé la source policière.L’azote est un gaz inodore qui provoque une diminution de l’oxygène dans l’air et peut entrainer une intoxication.Des journalistes de l’AFP présentes sur les lieux ont vu des agents sortir de la salle de sports un corps sur un brancard recouvert d’un drap blanc et le placer dans un véhicule des services funéraires vers 21H45. Au même moment, une femme en tenue de sport est ressorti de l’établissement, en larmes.- “Thérapie par le froid” -“J’allais m’entraîner comme tous les soirs, j’ai vu deux collègues de la salle qui m’ont dit que la salle était fermée et (…)  qu’il y avait un décès” à cause d’une fuite d’azote de la salle de cryothérapie, rapporte Diego Brisset, 26 ans.Lui ne pratique pas cette technique par le froid: “on m’a toujours dit que c’était dangereux”, dit-il.La cabine de cryothérapie aurait fait l’objet d’une réparation lundi, a indiqué la source proche.La salle de sport, où se trouvaient 150 personnes, a été évacuée peu après les faits, selon la source policière.Des jeunes attablés en terrasse à proximité, boulevard Voltaire, racontent avoir vu vers 19H30 trois camions de pompiers arriver. Des paravents ont été installés pour dissimuler ce qu’il se passait devant la porte de la salle et le long du trottoir.La cryothérapie est une “thérapie par le froid” qui consiste à placer une personne pendant 2 à 3 minutes dans des chambres ou des cabines dont la température peut descendre sous -110°C.La personne est immergée dans des baignoires d’eau glacée ou des chambres à azote.Initialement destinée aux sportifs de haut niveau afin de prévenir ou traiter les douleurs musculaires après l’exercice, cette pratique est proposée pour soulager des maladies inflammatoires ou neurologiques, et même utilisée en dehors de tout contexte pathologique.