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Chez Vinci, Xavier Huillard quitte la direction générale, une page se tourne

Après presque 20 ans à la tête de Vinci, qu’il a complètement transformé, le PDG Xavier Huillard a rendu jeudi les clés de la direction générale du géant français du BTP, de l’énergie et des concessions, lors d’une assemblée générale des actionnaires qui a accueilli son dauphin Pierre Anjolras.A quelques semaines de son 71e anniversaire, M. Huillard conservera, au moins jusqu’à l’AG de 2026, la présidence du groupe qu’il a façonné depuis sa nomination comme directeur général en 2006, puis comme PDG en 2010.Ce “vieux loup de mer qui ne se la pète pas”, selon un observateur avisé du monde entrepreneurial français, a marqué Vinci au point qu’il s’identifie à l’entreprise, et refuse les interviews qui n’en parlent pas, selon son entourage.Issu d’une myriade de sociétés du bâtiment, Vinci, qui emploie plus de 280.000 salariés dans le monde, est entré dès 2002 dans la cour des “géants mondiaux” de l’indice boursier du CAC40 aux côtés des TotalEnergies, Saint-Gobain, Hermès ou LVMH.Jeudi devant les actionnaires, Xavier Huillard a rappelé ses choix stratégiques durant les 20 dernières années — diversification et internationalisation — via le développement de lucratives concessions autoroutières et aéroportuaires, et d’activités autour de l’énergie. Dans ce domaine, il a été “précurseur” avec sa filiale Cobra IS depuis 2021, qui installe des champs solaires ou des lignes haute tension partout dans le monde, “avant ses concurrents Bouygues et Eiffage”, souligne Vincent de la Vaissière, président du cabinet en communication VcomV.- Modèle “prédateur” ou “vertueux” ? -Un modèle unique, parfois critiqué à gauche. En 2016, Le Monde Diplomatique voyait en Vinci un “archétype du prédateur des marchés publics” qui “joue sur deux tableaux pour engranger les profits”: “le rapide retour sur investissement de son activité de construction et les rentes de gestion à long terme”.Sous la houlette de M. Huillard, le groupe est en effet devenu le premier exploitant aéroportuaire privé mondial, avec 72 aéroports dans 14 pays, dont les trois japonais de Kansai, Osaka et Kobe, et récemment au Royaume Uni, le rachat de la plateforme d’Edimbourg après celui de Gatwick en 2018.Ses concessions autoroutières représentent aujourd’hui 43% de son résultat net alors qu’elles ne pèsent que 9% de son chiffre d’affaires, en faisant les “vaches à lait du groupe”, selon Hervé Maurey, sénateur centriste de l’Eure, dans un rapport sur la rentabilité record des sociétés d’autoroutes publié en octobre 2024.Bien que critiqué en France, ce système de concessions est jugé “vertueux” par M. Huillard.”Cette belle machine génère son propre combustible”, a-t-il dit jeudi aux actionnaires, faisant valoir aussi que le “réseau autoroutier français était le plus beau réseau en Europe”, car les contrats de concession prévoient l’entretien des autoroutes.Le chiffre d’affaires du groupe en France représente désormais 42% contre 66% à son arrivée, selon M. Huillard qui a égrainé les “méga-tendances” qui ont selon lui piloté sa transformation: “le développement des mobilités, l’urbanisation croissante du monde et l’électrification et le digital”.Parmi les défis à venir, il a mentionné les enjeux d’adaptation au réchauffement climatique et ceux de souveraineté.- transition en douceur -La transition se fait en douceur et dans la discrétion. Pierre Anjolras, 59 ans, qui a mené à bien l’absorption du constructeur de routes Eurovia par Vinci Construction, est directeur général opérationnel depuis mai 2024 pour un tuilage aux côtés de Xavier Huillard.Jeudi, l’assemblée générale a accepté sa nomination au conseil d’administration à 99,35% des votes. Mais il n’est pas monté à la tribune. Dans la foulée, il devait être nommé directeur général lors d’un premier conseil chargé de dissocier cette fonction de celle de président à partir du 1er mai.Le plus important défi de M. Anjolras sera “d’exister” selon M. de la Vaissière, aussi bien face à ses barons en interne, que face à ses concurrents. Il devra surtout gérer le délicat renouvellement des concessions d’autoroutes en France, dont les contrats passés avec l’État expirent à partir de 2031. Par ailleurs, après l’arrêt par le gouvernement du projet d’aéroport Notre-Dame-des-Landes, le groupe espère savoir “d’ici octobre 2026” s’il est retenu pour la gestion de celui de Nantes.

Dans le Nord, la lutte antidrones est synonyme de “made in France”

“Le contexte géopolitique actuel nous donne raison”: près de Lille, l’entreprise MC2 Technologies, spécialisée dans la lutte antidrones, revendique une maîtrise totale de sa production, un avantage dans une Europe “très dépendante des technologies américaines et asiatiques”.”Quand on dit qu’on est souverain dans nos technologies, qu’on maîtrise vraiment toute la chaîne de valeur, c’est une réalité”, assure Nicolas Vellas, cofondateur et président de cette société basée à Villeneuve-d’Ascq (Nord).Associé à Christophe Gaquière, qui était le directeur de sa thèse dans le domaine des hyperfréquences, M. Vellas a créé en 2004 cette entreprise initialement spécialisée dans la microélectronique, et désormais à la pointe de la lutte antidrones, contre lesquels elle développe détecteurs et brouilleurs.Dans ce domaine, l’Europe “a laissé partir des technologies aux Etats-Unis ou en Asie” qu’elle n’aurait pas dû abandonner, et a en conséquence “une forme de dépendance à des fournisseurs américains ou asiatiques”, déplore M. Vellas.Chez MC2, “du composant électronique jusqu’au système, on maîtrise vraiment toute la chaîne de l’informatique, tout ce qui est système embarqué, tout ce qui est mécanique, électronique, hyperfréquence, etc.”, énumère-t-il.”Tout ça est maîtrisé en interne. Et c’est ça qui fait notre force”, assure l’entrepreneur, avant de souligner, dans un sourire: “Le contexte géopolitique actuel nous donne raison”.- “Bulle de protection” -MC2 Technologies compte près d’une centaine de salariés, contre une quinzaine en 2015. Une expansion rapide qui a déjà obligé la société à déménager plusieurs fois ces dernières années, pour agrandir ses locaux.Ses “fusils” brouilleurs de drones NEROD RF, des armes semblant tout droit sortir d’un épisode de Star Wars, ont été utilisés pour la sécurisation de grands événements tels que le 14-Juillet et les JO de Paris-2024.L’entreprise fabrique aussi de gros équipements comme son MAJES, imposant brouilleur de drones de près de 2 mètres de haut pour plus de 400 kgs, qui peut aussi fonctionner en réseau avec plusieurs unités.De quoi “permettre de générer une bulle de protection de plusieurs kilomètres autour d’un site sensible à défendre” tel qu’un “palais présidentiel, une base militaire, un aéroport, un stade”, selon Alexandre Massonnet, responsable commercial chez MC2.Les technologies anti-drones sont devenues “absolument indispensables”, relève Léo Péria-Peigné, chercheur au Centre des études de sécurité de l’Institut français des relations internationales (Ifri).Trois ans après le début de l’invasion russe de l’Ukraine, “le drone est partout, tout le temps, dans tous les domaines et, surtout, le drone est maintenant un outil consommable”, souligne ce chercheur.L’armée française ne compte actuellement que quelques milliers de drones dans ses équipements, quand les Ukrainiens en ont utilisé plus d’un million et demi l’an passé et comptent en utiliser 4,5 millions cette année pour faire face à la Russie.- “Six semaines” de développement -L’explosion de l’usage du drone s’est accompagnée d’une accélération du cycle de développement. “Il y a 15 ou 20 ans”, ces cycles “étaient de plusieurs années”, rappelle Nicolas Vellas. En Ukraine, leur durée est à présent de “six semaines”, selon Léo Péria-Peigné.MC2, qui réalise déjà 85% de ses ventes sur le marché de la défense, se dit prêt à tripler voire quadrupler sa production, et à passer d’un chiffre d’affaires actuel d’environ 15 millions d’euros à 50 millions d’euros, sur fond de la volonté affichée par la France et l’Europe de se réarmer massivement.Mais le développement des dispositifs anti-drones en France est ralenti par un coût bien plus élevé qu’en Russie. Entre ce que produit MC2 Technologies et ce qui peut se faire là-bas, “vous pouvez avoir un facteur 10 sur le coût”, reconnaît Nicolas Vellas.Il y a aussi des contraintes normatives, et la rareté des exercices lors desquels MC2 peut faire tester ses technologies. “Si on veut faire des essais de nos équipements, on doit le faire dans le cadre d’exercices organisés par les autorités régaliennes” telles que l’armée et la police, explique Nicolas Vellas.”En six mois de temps, il n’y a eu qu’une (fenêtre)”, regrette-t-il. “Il aurait fallu en faire dix”.

Douanes: face au narcotrafic, le port de Dunkerque en “riposte active”

Nouveau scanner mobile, redéploiement des ressources: les douanes opposent une “riposte active” au narcotrafic dans les Hauts-de-France, ont-elles assuré jeudi, un mois après une saisie record de cocaïne dans le port de Dunkerque (Nord).Près de 4,6 tonnes de stupéfiants ont été saisies en 2024 dans les Hauts-de-France, un chiffre en hausse de 9% par rapport à 2023, a déclaré à Dunkerque le directeur interrégional des douanes des Hauts-de-France, Philippe Richard, lors de la présentation du bilan 2024 de ses services. “Une tendance lourde”, selon lui.Les prises de 2025 dans la région s’annoncent déjà bien plus importantes: 12 tonnes de stupéfiants ont été saisies au premier trimestre, a souligné M. Richard, dont près de 10 tonnes de cocaïne lors d’une saisie au sein du port de Dunkerque début mars, un record en métropole.Cette saisie, et d’autres de moindre importance, font craindre à la directrice régionale des douanes de Dunkerque, Frédérique Durand, que le principal port nordiste ne devienne une nouvelle porte d’entrée de la drogue en Europe, à l’image des ports d’Anvers, Rotterdam et du Havre.Ces ports “ont pris des mesures pour sécuriser leurs plateformes, sécuriser leurs ports”, ce qui a entraîné “des saisies spectaculaires de cocaïne ces derniers mois”, selon Mme Durand.En conséquence, a-t-elle estimé, les narcotrafiquants “ont choisi de passer (…) par d’autres ports, des ports un peu plus modestes, comme le port de Dunkerque”.Face à ce phénomène, la douane “est en riposte active”, a assuré Philippe Richard. “On sait s’organiser, analyser les flux, cibler, utiliser les moyens” pour couper la circulation de stupéfiants.”En trois ans, on a triplé le nombre de contrôles de conteneurs sur le port de Dunkerque”, a insisté Frédérique Durand. La moitié des 1.600 douaniers des Hauts-de-France travaillent au sein de la seule direction régionale de Dunkerque, qui couvre la bande littorale du Nord et du Pas-de-Calais, comprenant les ports de Calais et de Dunkerque ainsi que le tunnel sous la Manche.Le port de Dunkerque dispose depuis décembre d’un scanner mobile qui permet de contrôler un container en deux minutes, contre parfois plusieurs heures sans un tel outil.En outre, “nous sommes en train d’étudier la création, probablement en 2026, d’une brigade spécifiquement dédiée à la lutte contre le trafic de stupéfiants” au sein du port de Dunkerque, a précisé Mme Durand.En 2024, les services français (police, gendarmerie, douanes et marine nationale) ont saisi 53,5 tonnes de cocaïne, soit une augmentation de 130% par rapport à 2023 (23 tonnes), selon des chiffres du ministère de l’Intérieur.

Prisons visées par des dégradations: “nuit calme”, pas de piste privilégiée par les enquêteurs

Les investigations se poursuivent dans l’enquête antiterroriste sur des attaques de prisons: après une “nuit calme”, le parquet ne privilégie jeudi aucune piste à ce stade, mais celle du narcobanditisme reste mise en avant au sein de l’exécutif.Le procureur de la République antiterroriste a indiqué jeudi matin qu’il n’y avait, pour le moment, “pas de piste qui soit privilégiée” dans cette enquête sur les attaques ayant visé des prisons en France lors de trois nuits consécutives, de dimanche soir à mercredi matin.Les enquêteurs devraient avoir “les premiers résultats, dans les prochaines heures et jours qui viennent”, de multiples “expertises techniques, notamment les retours d’expertise ADN”, a précisé Olivier Christen sur France info.”A partir de cela, des pistes seront privilégiées mais au moment où nous nous parlons, ce serait une erreur de fermer l’une ou l’autre des voies”, a insisté le procureur.Au sein de l’exécutif, des analyses sont pourtant déjà avancées.”L’intime conviction qu’un certain nombre de nos agents du ministère de l’Intérieur ont, c’est plutôt la piste du +narcoracaille+, du narcotrafic”, a déclaré sur RTL le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, évoquant des “pieds nickelés”.Même “sentiment personnel” pour Cédric Logelin, porte-parole du ministère de la Justice, qui a dit sur BFMTV voir dans ces actions des “mesures de représailles”.- “Terrorisme par intimidation” – Pendant trois nuits, plus d’une dizaine de faits ont été recensés, selon M. Christen.”Deux contre des domiciles personnels d’agents de l’administration pénitentiaire”, une attaque conduite “sur des véhicules dans les parkings de l’Ecole nationale de l’administration pénitentiaire” mais aussi “neuf directement, contre des établissements pénitentiaires et également, une fois, contre un établissement de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ)”.Parmi ces attaques, “deux faits plus lourds ont été commis avec des armes à feu” à Toulon à Aix-Luynes, sans faire de victime.”Ce sont huit départements touchés en tout”, avec “un tiers des faits commis dans les Bouches-du-Rhône et un tiers en Île-de-France”.Le parquet national antiterroriste s’est saisi de cette “opération concertée” derrière laquelle “pourrait être retenue” la qualification de “terrorisme par intimidation”, explique M. Christen.Le but “est de faire pression sur la population ou sur les pouvoirs publics pour qu’ils fassent, ou ne fassent pas, quelque chose”.Les enquêteurs, notamment ceux de la Sous-direction antiterroriste (Sdat) de la police judiciaire, doivent encore identifier “les auteurs”, “les personnes qui coordonnent les actions” et “le ou les commanditaires”.”Il n’y a pas d’arrestation au moment où nous parlons, et encore une fois, pas de ciblage de profil spécifique”, a assuré le procureur.”A ma connaissance”, dans la nuit de mercredi à jeudi, “il n’y a pas eu de fait commis de la même nature” que ceux faisant l’objet des investigations, a aussi précisé M. Christen. “C’était une nuit calme”, a aussi relevé M. Retailleau.Ce dernier a, avec le ministre de la Justice Gérald Darmanin, envoyé jeudi des consignes aux préfets, au préfet de police et au directeur de l’administration pénitentiaire, pour renforcer la sécurisation des prisons.Dans un télégramme dont l’AFP a eu connaissance, ils demandent à la police et la gendarmerie d'”organiser des patrouilles dynamiques” aux abords des établissements, et aux services de renseignement de faire une “veille renforcée des réseaux sociaux”. Ils demandent aussi des travaux de sécurisation des parkings et enceintes des prisons.En outre, le garde des Sceaux a adressé une circulaire aux parquets, appelant à une “mobilisation sans faille” et une “réponse ferme et rapide”. En cas de faits visant établissements ou agents pénitentiaires, il est demandé aux procureurs d’informer immédiatement le parquet antiterroriste “afin que celui-ci apprécie s’il entend se saisir des faits”.Dans la plupart des actions recensées depuis dimanche, de mystérieuses inscriptions “DDPF”, apparemment pour “défense des droits des prisonniers français”, ont été retrouvées. Le groupe Telegram à ce nom a été fermé “à la demande de l’autorité judiciaire”, a indiqué le procureur antiterroriste, selon qui ce groupe “n’existait pas il y a quelques jours” et était “totalement inconnu des différents services de renseignements”.Ce “peut être des groupes plus radicalisés, politiques, des groupes plus liés avec la criminalité organisée” ou encore “une convergence d’objectifs et de personnes qui se manipulent les uns et les autres”, a souligné M. Christen. “Tous les champs sont ouverts.”clw-sc-al-edy-spe/mat/bow

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Sévères intempéries dans les Alpes en Suisse, France et Italie

Les Alpes suisses, françaises et italiennes connaissent de très fortes chutes de neige jeudi, occasionnant d’importantes perturbations qui ont conduit les autorités locales à prendre des mesures exceptionnelles face aux difficultés de circulation et risques d’avalanches et de chutes d’arbre.Le département français de la Savoie a été placé en vigilance orange pour les avalanches depuis mercredi soir par Météo-France, en raison des forts cumuls de neige à la frontière italienne.Les chutes de neige “exceptionnelles” qui s’abattent sur le canton du Valais (sud-ouest) devraient se prolonger jusque dans l’après-midi, selon les autorités suisses.”Le Conseil d’Etat a décidé de déclarer la situation particulière”, écrit le gouvernement local suisse dans un communiqué, ce qui lui permet de mobiliser plus facilement les moyens d’intervention.Quelque 4.000 foyers français sont privés d’électricité et plusieurs routes coupées à la suite de chutes d’arbres. L’autoroute A43 est fermée aux poids lourds, selon les services de l’Etat.En Italie, les services météo de l’armée de l’air ont fait état de pluies “intenses et abondantes” se transformant en neige au-dessus de 1.800 mètres avec des quantités qui pourraient être “exceptionnelles”.L’autoroute reliant Turin à Aoste (nord) a été fermée à la circulation car partiellement inondée, tandis que les parcs de Milan (nord) ont été fermés en raison des risques de chute d’arbres et de branches, un vent fort atteignant par endroit jusqu’à 100 km/h fouettant également la Péninsule.Dans le Val d’Aoste, frontalier de la France et de la Suisse, des habitations et des étables ont dû être évacuées en raison de la montée de certains cours d’eau.Côté suisse, de nombreuses routes sont également fermées en raison de la forte accumulation de neige ou de la chute de branches d’arbres qui ont cédé sous le poids des précipitations. La circulation ferroviaire et des télécabines est également perturbée ou interrompue et plusieurs communes sont privées d’électricité.Le risque d’avalanche ou de coulées de boue est très élevé. Les écoles, y compris professionnelles, resteront fermées ce jeudi, précise le gouvernement valaisan.- Vacances affectées -Le gouvernement local suisse recommande à la population de limiter les déplacements au strict nécessaire, de ne pas se promener en forêt ou à proximité d’arbres. Les habitants sont aussi appelés à se mettre en sécurité plutôt que filmer les événements et à se conformer strictement aux ordres des autorités, souligne le gouvernement régional.Les personnes qui avaient prévu de se rendre en Valais pour les vacances de Pâques “sont invitées à décaler d’un jour” leur arrivée. Vendredi Saint est un jour férié dans une grande partie de la Suisse et les départs pour les vacances scolaires commencent donc dès ce jeudi.  La route du col du Simplon, qui culmine à 2009 mètres et relie la Suisse à l’Italie, est notamment interdite à la circulation en raison de la neige. Le col du Grand-Saint-Bernard (2.473 m) a été fermé par précaution dès mercredi soir.La neige est tombée jusqu’en plaine et la ville de Sion a demandé à ses 36.000 habitants de rester chez eux. Une bonne partie de la ville est fermée au trafic routier et même piéton, selon un communiqué de la commune.- Danger 5/5 -Météo-France attend des cumuls de l’ordre “de 10 à 20 cm dès 800 m, et 20 à 30 cm au-dessus de 1.100 m” dans les Alpes frontalières avec l’Italie.MétéoSuisse a confirmé mercredi un degré de danger dit “très fort”, soit 5/5, pour le Haut-Valais, à la frontière avec l’Italie jusqu’à jeudi 16H00. C’est le niveau d’alerte le plus élevé depuis 2001 selon le quotidien Waliser Bote, qui signifie une “montée extrême du niveau des eaux des ruisseaux et lacs, inondations dans de nombreux endroits ainsi qu’un risque élevé de glissements de terrain et de laves torrentielles”, selon le site de MétéoSuisse.L’Office fédéral de météorologie et de climatologie explique cette situation exceptionnelle par l’arrivée d’un système dépressionnaire qui entraîne des pluies torrentielles pouvant atteindre jusqu’à 250 litres par mètre carré. Le danger d’avalanche est “fort” en Valais ainsi que sur la crête nord des Alpes dans l’Oberland bernois et dans le nord-ouest du Tessin, selon le bulletin d’avalanches de jeudi. Le risque d’avalanche est évalué à 4 sur une échelle de 5.

France TV: Delphine Ernotte Cunci candidate à sa succession

Delphine Ernotte Cunci a annoncé jeudi sa candidature à un troisième mandat à la tête de France Télévisions dans un message consulté par l’AFP adressé aux salariés du groupe, une course dans laquelle elle part favorite.”Je souhaite continuer à défendre notre média de service public à vos côtés, avec force et passion, au service de la maîtrise de notre espace démocratique, de notre souveraineté culturelle et de la réconciliation de la société française”, a indiqué la patronne de 58 ans.”Voilà pourquoi j’adresserai aujourd’hui (jeudi) à l’Arcom (le régulateur de l’audiovisuel) ma candidature à la présidence de France Télévisions”, a-t-elle ajouté.Deux autres prétendants sont déjà connus: la productrice et ex-députée Frédérique Dumas, ainsi que le journaliste de France TV et délégué syndical SNJ Serge Cimino.Les candidats ont jusqu’à vendredi pour se manifester auprès du régulateur de l’audiovisuel qui devra les départager en vue d’un mandat de cinq ans débutant le 22 août.Mais la donne pourrait être bouleversée si une holding commune à tout l’audiovisuel public voit le jour. Le projet est soutenu par la ministre de la Culture, Rachida Dati, mais critiqué par la gauche.Sous l’autorité d’un ou une présidente, la holding, France Médias, chapeauterait quatre filiales (France Télévisions, Radio France, France Médias Monde, Institut national de l’audiovisuel).Cependant, l’examen du texte dans l’hémicycle, prévu la semaine dernière, a été reporté sine die en raison d’un programme parlementaire très chargé.Selon ce que le Parlement validera in fine, le prochain PDG de France Télévisions pourrait voir son mandat écourté.Ancienne patronne d’Orange France, Delphine Ernotte Cunci a été la première femme nommée à la tête du groupe audiovisuel, en 2015. Elle a notamment lancé la chaîne d’information en continu franceinfo et plusieurs plateformes (Okoo, Lumni, france.tv…). Avec TF1 et M6 notamment, elle a impulsé en 2024 la structuration d’une filière audiovisuelle pour faire face à la concurrence des plateformes américaines.

Rassemblements à Paris et Marseille en soutien aux journalistes tués à Gaza

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées mercredi à Paris et Marseille à l’appel d’organisations de journalistes désirant marquer leur solidarité avec leurs confrères tués à Gaza, ont constaté des journalistes de l’AFP.A Paris, quelque 200 journalistes, dont le fondateur de Mediapart Edwy Plenel, se sont symboliquement allongés sur les marches de l’Opéra Bastille, à mesure que les noms des victimes étaient égrenés. Près de 200 journalistes ont été tués à Gaza depuis le début de la guerre en octobre 2023.Ils portaient des dossards de presse maculés de rouge et des photos des victimes. “Gaza des visages, pas que des nombres”, pouvait-on lire à côté des photos. Dans la foule, des pancartes d’organisations syndicales côtoyaient de nombreux drapeaux palestiniens et keffiehs. “On ne se taira pas, génocide à Gaza” et “Free Palestine”, ont également scandé quelques participants. Le dirigeant d’un syndicat de journalistes palestiniens en Europe, Youssef Habash, a dénoncé un “génocide” et appelé a la fin du blocus à Gaza. Il n’y a “jamais eu autant de victimes dans notre profession. Le droit des citoyens du monde a être informé est compromis”, a estimé Pablo Aiquel, secrétaire général du SNJ-CGT, s’exprimant au nom de la Fédération européenne des journalistes (FEJ).”Ce rassemblement arrive tard, peut être trop tard. (…) Je n’avais jamais vu un conflit où lorsqu’un journaliste périt, on dit qu’il était un terroriste”, a de son côté déploré Thibaut Bruttin, directeur général de Reporters sans frontières (RSF).A Marseille, environ 160 personnes se sont réunies sur le Vieux-Port. Les noms des journalistes tués à Gaza ont été cités, avant une minute de silence en leur hommage.Dans une tribune publiée lundi par le journal Le Monde, plusieurs organisations, dont les syndicats de journaliste SNJ, CGT et CFDT, RSF, la FIJ et une quarantaine de Sociétés de journalistes ou rédactions de divers médias, dont l’AFP, avaient dénoncé “une hécatombe d’une magnitude jamais vue”.”L’armée israélienne cherche à imposer un black-out médiatique sur Gaza, à réduire au silence, autant que possible, les témoins des crimes de guerre commis par ses troupes”, avaient-elles accusé. La guerre à Gaza a été déclenchée par l’attaque sans précédent perpétrée le 7 octobre 2023 par le Hamas contre le sud d’Israël.Cette attaque a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des chiffres officiels. Sur 251 personnes alors enlevées, 58 sont toujours retenues à Gaza dont 34 mortes, selon l’armée.Selon le ministère de la Santé du Hamas, le nombre de morts à Gaza depuis le début de la riposte israélienne s’élève à 51.025, des données jugées fiables par l’ONU.

Archives sur l’abbé Pierre au Vatican: l’Eglise de France demande des éclaircissements

La Conférence des évêques de France (CEF) a annoncé jeudi qu’elle allait “se rapprocher” du Vatican pour “faire la lumière” sur de nouveaux éléments dont elle “n’avait pas connaissance”, à l’occasion de la parution d’un livre-enquête sur l’abbé Pierre.”Les éléments mis au jour sont graves, et méritent d’être creusés, pour comprendre ce qui s’est passé, et quel a été le comportement des évêques français” en responsabilité à l’époque, indique la CEF dans un communiqué transmis à l’AFP.Décédé en 2007, l’abbé Pierre est visé depuis 2024 par une série d’accusations d’agressions sexuelles. Dans un livre publié jeudi – “Abbé Pierre, la fabrique d’un saint” (Allary)  – les journalistes Laetitia Cherel et Marie-France Etchegoin expliquent avoir consulté des archives du Vatican montrant que le Saint-Siège était au courant “dès l’automne 1955” des agissements de l’abbé Pierre.Elles font notamment état d’une lettre du Vatican datée du 11 novembre 1955 envoyée à Alexandre Renard, l’évêque de Versailles, pour le sommer d’ouvrir “une procédure judiciaire”.”Il semble que les relations ‘inhonestae’[déshonorantes]  de l’abbé ont été moins graves qu’il n’a été dit”, répond alors Alexandre Renard, qui insiste parallèlement sur le fait qu’en France le prêtre est devenu “un symbole aux yeux des masses qu’il galvanise à la manière d’un prophète”.C’est “une bonne chose que la vérité puisse être faite, et c’est d’ailleurs pour cela que la CEF a ouvert” les archives du Centre national des archives de l’Église de France (CNAEF) dès septembre 2024, et demandé au Saint-Siège d’enquêter dans ses archives”, souligne la conférence des évêques dans son communiqué.”Au regard de la gravité des faits évoqués”, la CEF annonce qu’elle “va se rapprocher de la Nonciature (ambassade du Saint-Siège, ndlr) et du Vatican pour faire la lumière sur ces éléments dont elle n’avait pas connaissance, n’en ayant nulle trace dans ses archives”.”Il y aura à comprendre aussi comment tout cela a pu être oublié, et disparaître potentiellement des archives du CNAEF à partir de 1970″, ajoute-t-elle.