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Favoriser l’achat de produits bio pour protéger la femme enceinte et son bébé

Chou-fleur, poireaux, patates douces, kiwis… Dans une ferme maraîchère de l’agglomération de La Rochelle, Cassandra remplit son panier de produits bio chaque semaine, comme d’autres femmes enceintes que la collectivité aide financièrement à mieux s’alimenter pour protéger leur bébé.La future maman, âgée de 25 ans et habituée d’ordinaire aux supermarchés, bénéficie du programme “Jeunes pousses” lancé fin mars, inspiré d’initiatives similaires ailleurs en France.Vingt-cinq femmes enceintes de plus de trois mois bénéficient pendant six mois de 15 euros par semaine pour acheter des fruits et légumes bio chez des producteurs locaux. Des ateliers de sensibilisation à la santé environnementale, à la cuisine et à la diététique complètent le dispositif.”L’objectif est de convaincre les femmes enceintes de la nécessité absolue d’avoir une alimentation de qualité”, souligne Marc Maigné, vice-président de la communauté d’agglomération chargé du contrat local de santé.”Les 1.000 premiers jours de la vie, dès la conception, sont les plus dangereux” pour l’enfant. “Il est important qu’il soit exposé le moins possible aux produits chimiques de synthèse, dont les pesticides et les perturbateurs endocriniens”, ajoute-t-il.Les sages-femmes du territoire ont fait connaître le programme. “J’ai tout de suite été intéressée. J’ai pris conscience que je mangeais aussi pour mon bébé et j’ai envie de mieux m’alimenter”, témoigne Cassandra Fleury. “Je découvre des producteurs locaux près de chez moi, qui me permettent d’éviter les pesticides. C’est tout bénef !”, estime la jeune femme.- Changer les habitudes -Même enthousiasme chez Marine Serpette, qui attend son deuxième enfant. Cette femme de 33 ans, enceinte de sept mois, admet avoir une “alimentation pas très variée”. Son chéquier en poche, elle achète désormais ses légumes aux Jardins de l’Aubreçay, près de chez elle.”Il n’y a que du positif dans ce programme. Les produits sont de qualité, on me donne plein de conseils pour cuisiner”, apprécie celle qui voudrait “garder l’habitude de venir” après son accouchement.Les maraîchers saluent aussi l’initiative.”Cela permet de sensibiliser. Les gens viennent souvent au bio quand ils deviennent parents mais j’espère que leur consommation changera sur le long terme”, souligne Pierre-François Robin, cogérant de la ferme Les Enfourneaux, à Saint-Xandre (Charente-Maritime), où s’approvisionne Cassandra.”C’est une façon d’apporter notre pierre à l’édifice sur un territoire particulièrement touché par les cancers pédiatriques”, abonde Boris Georges, des Jardins de l’Aubreçay.Une étude récente a révélé un risque accru pour ces pathologies en plusieurs endroits de Charente-Maritime, où la pollution aux pesticides agricoles est régulièrement dénoncée. Notamment dans la plaine céréalière d’Aunis, près de La Rochelle, où des résidus de produits phytosanitaires ont été retrouvés dans les cheveux et urines de dizaines d’enfants.- Proposition de loi -La collectivité rochelaise s’est inspirée de “l’ordonnance verte” expérimentée à Strasbourg depuis plus de deux ans et qui a déjà essaimé en France, de Caen à Lons-le-Saunier en passant par Angoulême. La métropole alsacienne, pionnière, touche désormais 1.500 femmes enceintes ou en parcours de procréation médicale assistée (PMA).”L’expérience de Strasbourg n’a que des vertus positives. Elle sensibilise les femmes enceintes et fait fonctionner l’économie locale”, juge Sandra Regol, députée EELV du Bas-Rhin.Elle a déposé en septembre une proposition de loi visant à généraliser une ordonnance verte financée par l’État, sur le budget de la Sécurité sociale. “C’est de la politique de prévention sur le long terme”, justifie l’élue.En partant du budget strasbourgeois et du nombre de naissances national, la parlementaire chiffre le besoin de financement annuel autour de 700 millions d’euros, en intégrant le coût des séances avec les écoconseillers en santé qui seraient confiées aux services départementaux de la protection maternelle et infantile.”En comparaison, les coûts engendrés par l’exposition aux perturbateurs endocriniens atteindraient près de 160 milliards d’euros au niveau européen”, indique la proposition de loi que soutient l’association Alerte des médecins sur les pesticides, basée à Limoges.”Nous plaidons pour la mise en place d’ordonnances vertes dans tout le pays, en s’inspirant du modèle de Strasbourg qui est le plus abouti. Nous voulons qu’elles s’inscrivent dans la loi, c’est un enjeu de santé publique”, souligne son coprésident, Pierre-Michel Périnaud, pour qui “l’exposition aux pesticides pendant la grossesse fait partie des angles morts de la prévention”.

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Favoriser l’achat de produits bio pour protéger la femme enceinte et son bébé

Chou-fleur, poireaux, patates douces, kiwis… Dans une ferme maraîchère de l’agglomération de La Rochelle, Cassandra remplit son panier de produits bio chaque semaine, comme d’autres femmes enceintes que la collectivité aide financièrement à mieux s’alimenter pour protéger leur bébé.La future maman, âgée de 25 ans et habituée d’ordinaire aux supermarchés, bénéficie du programme “Jeunes pousses” lancé fin mars, inspiré d’initiatives similaires ailleurs en France.Vingt-cinq femmes enceintes de plus de trois mois bénéficient pendant six mois de 15 euros par semaine pour acheter des fruits et légumes bio chez des producteurs locaux. Des ateliers de sensibilisation à la santé environnementale, à la cuisine et à la diététique complètent le dispositif.”L’objectif est de convaincre les femmes enceintes de la nécessité absolue d’avoir une alimentation de qualité”, souligne Marc Maigné, vice-président de la communauté d’agglomération chargé du contrat local de santé.”Les 1.000 premiers jours de la vie, dès la conception, sont les plus dangereux” pour l’enfant. “Il est important qu’il soit exposé le moins possible aux produits chimiques de synthèse, dont les pesticides et les perturbateurs endocriniens”, ajoute-t-il.Les sages-femmes du territoire ont fait connaître le programme. “J’ai tout de suite été intéressée. J’ai pris conscience que je mangeais aussi pour mon bébé et j’ai envie de mieux m’alimenter”, témoigne Cassandra Fleury. “Je découvre des producteurs locaux près de chez moi, qui me permettent d’éviter les pesticides. C’est tout bénef !”, estime la jeune femme.- Changer les habitudes -Même enthousiasme chez Marine Serpette, qui attend son deuxième enfant. Cette femme de 33 ans, enceinte de sept mois, admet avoir une “alimentation pas très variée”. Son chéquier en poche, elle achète désormais ses légumes aux Jardins de l’Aubreçay, près de chez elle.”Il n’y a que du positif dans ce programme. Les produits sont de qualité, on me donne plein de conseils pour cuisiner”, apprécie celle qui voudrait “garder l’habitude de venir” après son accouchement.Les maraîchers saluent aussi l’initiative.”Cela permet de sensibiliser. Les gens viennent souvent au bio quand ils deviennent parents mais j’espère que leur consommation changera sur le long terme”, souligne Pierre-François Robin, cogérant de la ferme Les Enfourneaux, à Saint-Xandre (Charente-Maritime), où s’approvisionne Cassandra.”C’est une façon d’apporter notre pierre à l’édifice sur un territoire particulièrement touché par les cancers pédiatriques”, abonde Boris Georges, des Jardins de l’Aubreçay.Une étude récente a révélé un risque accru pour ces pathologies en plusieurs endroits de Charente-Maritime, où la pollution aux pesticides agricoles est régulièrement dénoncée. Notamment dans la plaine céréalière d’Aunis, près de La Rochelle, où des résidus de produits phytosanitaires ont été retrouvés dans les cheveux et urines de dizaines d’enfants.- Proposition de loi -La collectivité rochelaise s’est inspirée de “l’ordonnance verte” expérimentée à Strasbourg depuis plus de deux ans et qui a déjà essaimé en France, de Caen à Lons-le-Saunier en passant par Angoulême. La métropole alsacienne, pionnière, touche désormais 1.500 femmes enceintes ou en parcours de procréation médicale assistée (PMA).”L’expérience de Strasbourg n’a que des vertus positives. Elle sensibilise les femmes enceintes et fait fonctionner l’économie locale”, juge Sandra Regol, députée EELV du Bas-Rhin.Elle a déposé en septembre une proposition de loi visant à généraliser une ordonnance verte financée par l’État, sur le budget de la Sécurité sociale. “C’est de la politique de prévention sur le long terme”, justifie l’élue.En partant du budget strasbourgeois et du nombre de naissances national, la parlementaire chiffre le besoin de financement annuel autour de 700 millions d’euros, en intégrant le coût des séances avec les écoconseillers en santé qui seraient confiées aux services départementaux de la protection maternelle et infantile.”En comparaison, les coûts engendrés par l’exposition aux perturbateurs endocriniens atteindraient près de 160 milliards d’euros au niveau européen”, indique la proposition de loi que soutient l’association Alerte des médecins sur les pesticides, basée à Limoges.”Nous plaidons pour la mise en place d’ordonnances vertes dans tout le pays, en s’inspirant du modèle de Strasbourg qui est le plus abouti. Nous voulons qu’elles s’inscrivent dans la loi, c’est un enjeu de santé publique”, souligne son coprésident, Pierre-Michel Périnaud, pour qui “l’exposition aux pesticides pendant la grossesse fait partie des angles morts de la prévention”.

En Guadeloupe, la montée en gamme du tourisme freinée par les réalités du terrain

Entre villas de luxe et hôtels-spa quatre étoiles, la Guadeloupe rêve d’un tourisme haut de gamme. Mais cette ambition se heurte à des faiblesses persistantes: infrastructures vieillissantes, coupures d’eau et d’électricité récurrentes, manque de formation et d’équipements, le tout sur fond de tensions sociales.L’effort de montée en gamme est bien réel pourtant. En 2023, le tourisme guadeloupéen a enregistré plus de 650.000 arrivées, encore largement porté par la clientèle hexagonale, selon le dernier bilan économique de l’Insee paru en juin.Le comité du tourisme des Îles de Guadeloupe (CTIG) mise désormais sur des visiteurs fortunés venus de l’étranger, moins sensibles à la flambée des prix des billets d’avion.”On sait qu’on a un réservoir de clientèles allemande ou suisse”, affirme Rodrigue Solitude, directeur par intérim du CTIG. Le cœur du marché étranger reste toutefois nord-américain, notamment canadien francophone, avec près de 40% des visiteurs étrangers selon l’Insee.Depuis 2020, la région, appuyée par des fonds européens, a renforcé son soutien à la montée en gamme de l’hébergement touristique, en finançant la rénovation de gîtes classés et le développement de projets hôteliers ambitieux.Le plus emblématique, un hôtel-spa sous l’enseigne Pullman du groupe Accor, est en construction au Moule, sur la côte atlantique, après avoir longtemps été à l’arrêt faute de financement. Un hôtel quatre étoile à destination de la clientèle d’affaire est aussi prévu près de l’aéroport international Maryse-Condé, qui doit être modernisé à l’horizon 2030.- Des services fragiles -“Il y a une montée en gamme nette sur les villas de luxe en Guadeloupe”, se réjouit Olivier Falise, directeur d’une agence de voyage spécialisée dans le haut de gamme.Mais l’offre peine encore à suivre la demande. Conciergerie, gastronomie, loisirs nocturnes parfois minés par des faits divers violents: plusieurs pans de l’expérience haut de gamme peinent à répondre aux standards internationaux.À ces failles s’ajoutent des handicaps structurels: coupures d’électricité, pannes d’eau courantes, plages parfois interdites à la baignade à cause de pollutions bactériologiques.”Tant qu’on n’aura pas d’eau, l’économie et le tourisme en pâtiront”, a averti mi-mars Patrick Vial-Collet, président de la chambre de commerce et d’industrie guadeloupéenne, lors d’une visite du ministre des Outre-mer Manuel Valls.Autre difficulté, pointée par les professionnels, la rareté de l’usage de l’anglais dans les services touristiques. “Cette clientèle est exigeante. Il ne faut pas la décevoir, ni survendre la destination si les services ne suivent pas”, reconnaît le CTIG.Enfin, la montée en gamme suscite des crispations locales. La construction de villas de luxe, concentrées sur le littoral, est accusée de faire grimper les prix de l’immobilier.À Capesterre-de-Marie-Galante, la hausse atteint 67% en cinq ans et à Saint-François, commune prisée du nord, 37% en cinq ans également, selon plusieurs baromètres immobiliers.Une tendance qui aggrave la pression foncière dans un territoire où plus de 30% de la population vit sous le seuil de pauvreté.L’essor de la plaisance n’est pas en reste mais faute d’infrastructures suffisantes, les bateaux s’accumulent dans les baies sans réglementation claire. À Bouillante, la commune a annoncé la création de 150 mouillages écologiques pour tenter d’endiguer la saturation.

La sardine en boîte mise à mal par le changement climatique

On la trouve dans tous les placards de cuisine. La sardine en boîte serait-elle la prochaine victime du réchauffement climatique? Sa taille réduite et sa moindre abondance mettent au défi les conserveries bretonnes. “La difficulté d’un poisson petit, c’est que ça a un impact immédiat sur notre productivité”, décrit Caroline Hilliet Le Branchu, PDG de la Belle-Iloise. “Il faut plus de temps pour fabriquer une boîte.”L’an dernier, la célèbre conserverie de Quiberon (Morbihan), qui ne travaille que du poisson frais, n’a ainsi pas pu fabriquer suffisamment de boîtes pour satisfaire l’appétit de ses clients. Résultat: “jusqu’à mi-juillet, il y a quelques références qui vont être en rupture”, explique la dirigeante.La faute à une pêche particulièrement calamiteuse en 2024 sur les côtes bretonnes. Mais le phénomène le plus étonnant reste la réduction de la taille, et donc du poids, de la sardine, qui s’est réduit de 50% en 15 ans, à âge égal, selon l’Ifremer. Or, une sardine plus petite, “quand on travaille à la main, à la fois pour l’étripage et la mise en boîte, c’est deux fois plus de main d’œuvre”, a souligné Jean-François Feillet, directeur qualité-sécurité-environnement de la conserverie Chancerelle, lors d’un colloque à Brest.- Le zooplancton, suspect n°1 -Déjà observé chez la sardine de Méditerranée, dont la pêcherie s’est effondrée dans les années 2000-2010, cette diminution de taille serait due au réchauffement climatique, qui affecte le zooplancton dont se nourrissent les poissons. Au sein du zooplancton, les scientifiques ont ainsi observé une augmentation de la proportion de petits copépodes (des petits crustacés) tandis que celle des gros a diminué.La sardine doit ainsi déployer plus d’efforts pour se nourrir de petites proies, de moins bonne qualité, dans un océan plus chaud et moins oxygéné, ce qui lui réclame des besoins énergétiques plus élevés.”Généralement, quand on a une augmentation de la température dans les écosystèmes, ça va avec des tailles d’organismes plus petites”, résume Martin Huret, chercheur en halieutique à l’Ifremer.Cette tendance, liée au réchauffement climatique, “est partie pour durer”, ajoute Mathieu Doray, lui aussi chercheur à l’Ifremer: “ce qu’on anticipe, au mieux, c’est une stabilisation de la taille et du poids.”- Une pêche moins fructueuse -A ce problème de taille, s’ajoute celui d’une ressource en berne. Longtemps surpêchée, la sardine du golfe de Gascogne a vu sa biomasse divisée par près de trois en 20 ans. Elle évolue désormais tout près du niveau “limite”, sous lequel un stock de poissons est considéré comme “effondré”, selon les estimations scientifiques.”Le niveau des captures, c’est notre première préoccupation”, assure M. Feillet, en soulignant que la conserverie Chancerelle, à Douarnenez (Finistère), a besoin de sardines fraîches et locales pour fabriquer ses marques haut de gamme (Label Rouge, Connétable, Pointe de Penmarc’h).Pour pallier le manque de poisson, des conserveries s’approvisionnent au Portugal ou en Espagne. Et d’autres jusqu’au Maroc, en poisson congelé. Face à ce défi d’approvisionnement pour la filière, certains plaident même pour une interdiction de la pêche à la sardine en hiver, afin de permettre aux stocks de se renouveler.Mais les bolincheurs, qui pêchent la sardine au filet tournant, sont très dépendants de ce petit poisson, surtout depuis qu’ils ont vu leurs quotas de chinchards et de maquereaux coupés drastiquement. “Les jeunes se détournent de ce métier parce qu’il n’est pas viable”, déplore Yvan Le Lay, 55 ans, président de l’association des bolincheurs bretons.Autrefois très prisé, ce métier n’est plus pratiqué que par 21 bateaux, qui vendent leurs poissons 70 à 80 centimes le kilo aux conserveries. La sardine en boîte demeure pourtant très convoitée par les Français, qui apprécient ce poisson bleu, réputé pour ses bienfaits pour la santé: ils en achètent plus de 16.000 tonnes chaque année, à 11 euros le kilo en moyenne. “Quand il n’y a plus rien à manger, on a toujours la sardine comme sécurité”, décrit Sigrid Lehuta, chercheuse à l’Ifremer. Jusqu’à récemment, “c’était à la fois un produit refuge pour les consommateurs et une espèce refuge pour les pêcheurs.”

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La sardine en boîte mise à mal par le changement climatique

On la trouve dans tous les placards de cuisine. La sardine en boîte serait-elle la prochaine victime du réchauffement climatique? Sa taille réduite et sa moindre abondance mettent au défi les conserveries bretonnes. “La difficulté d’un poisson petit, c’est que ça a un impact immédiat sur notre productivité”, décrit Caroline Hilliet Le Branchu, PDG de la Belle-Iloise. “Il faut plus de temps pour fabriquer une boîte.”L’an dernier, la célèbre conserverie de Quiberon (Morbihan), qui ne travaille que du poisson frais, n’a ainsi pas pu fabriquer suffisamment de boîtes pour satisfaire l’appétit de ses clients. Résultat: “jusqu’à mi-juillet, il y a quelques références qui vont être en rupture”, explique la dirigeante.La faute à une pêche particulièrement calamiteuse en 2024 sur les côtes bretonnes. Mais le phénomène le plus étonnant reste la réduction de la taille, et donc du poids, de la sardine, qui s’est réduit de 50% en 15 ans, à âge égal, selon l’Ifremer. Or, une sardine plus petite, “quand on travaille à la main, à la fois pour l’étripage et la mise en boîte, c’est deux fois plus de main d’œuvre”, a souligné Jean-François Feillet, directeur qualité-sécurité-environnement de la conserverie Chancerelle, lors d’un colloque à Brest.- Le zooplancton, suspect n°1 -Déjà observé chez la sardine de Méditerranée, dont la pêcherie s’est effondrée dans les années 2000-2010, cette diminution de taille serait due au réchauffement climatique, qui affecte le zooplancton dont se nourrissent les poissons. Au sein du zooplancton, les scientifiques ont ainsi observé une augmentation de la proportion de petits copépodes (des petits crustacés) tandis que celle des gros a diminué.La sardine doit ainsi déployer plus d’efforts pour se nourrir de petites proies, de moins bonne qualité, dans un océan plus chaud et moins oxygéné, ce qui lui réclame des besoins énergétiques plus élevés.”Généralement, quand on a une augmentation de la température dans les écosystèmes, ça va avec des tailles d’organismes plus petites”, résume Martin Huret, chercheur en halieutique à l’Ifremer.Cette tendance, liée au réchauffement climatique, “est partie pour durer”, ajoute Mathieu Doray, lui aussi chercheur à l’Ifremer: “ce qu’on anticipe, au mieux, c’est une stabilisation de la taille et du poids.”- Une pêche moins fructueuse -A ce problème de taille, s’ajoute celui d’une ressource en berne. Longtemps surpêchée, la sardine du golfe de Gascogne a vu sa biomasse divisée par près de trois en 20 ans. Elle évolue désormais tout près du niveau “limite”, sous lequel un stock de poissons est considéré comme “effondré”, selon les estimations scientifiques.”Le niveau des captures, c’est notre première préoccupation”, assure M. Feillet, en soulignant que la conserverie Chancerelle, à Douarnenez (Finistère), a besoin de sardines fraîches et locales pour fabriquer ses marques haut de gamme (Label Rouge, Connétable, Pointe de Penmarc’h).Pour pallier le manque de poisson, des conserveries s’approvisionnent au Portugal ou en Espagne. Et d’autres jusqu’au Maroc, en poisson congelé. Face à ce défi d’approvisionnement pour la filière, certains plaident même pour une interdiction de la pêche à la sardine en hiver, afin de permettre aux stocks de se renouveler.Mais les bolincheurs, qui pêchent la sardine au filet tournant, sont très dépendants de ce petit poisson, surtout depuis qu’ils ont vu leurs quotas de chinchards et de maquereaux coupés drastiquement. “Les jeunes se détournent de ce métier parce qu’il n’est pas viable”, déplore Yvan Le Lay, 55 ans, président de l’association des bolincheurs bretons.Autrefois très prisé, ce métier n’est plus pratiqué que par 21 bateaux, qui vendent leurs poissons 70 à 80 centimes le kilo aux conserveries. La sardine en boîte demeure pourtant très convoitée par les Français, qui apprécient ce poisson bleu, réputé pour ses bienfaits pour la santé: ils en achètent plus de 16.000 tonnes chaque année, à 11 euros le kilo en moyenne. “Quand il n’y a plus rien à manger, on a toujours la sardine comme sécurité”, décrit Sigrid Lehuta, chercheuse à l’Ifremer. Jusqu’à récemment, “c’était à la fois un produit refuge pour les consommateurs et une espèce refuge pour les pêcheurs.”

Le décret réformant les concours enseignants publié au JO

Le décret encadrant la réforme des concours enseignants, qui vont être avancés de bac+5 à bac+3 pour tenter notamment de répondre aux difficultés de recrutement de nouveaux professeurs, a été publié samedi au Journal officiel. Cette nouvelle organisation de la formation initiale des enseignants, “priorité absolue” selon le gouvernement face à la crise des vocations, avait été relancée fin mars par le Premier ministre François Bayrou et la ministre de l’Education nationale Elisabeth Borne.La réforme sera mise en œuvre dès l’année prochaine avec un premier concours rénové au printemps 2026.Elle prévoit de ramener les concours enseignants à bac+3 au lieu de bac+5 aujourd’hui. Un concours de recrutement sera organisé en fin de licence, pour les enseignants du premier degré (écoles maternelles et élémentaires) comme du second degré (collèges et lycées).Les deux concours (en fin de M2 et fin de L3) coexisteront dans un premier temps aux printemps 2026 et 2027, avant la disparition du concours en fin de M2 en 2028.Une fois le concours en poche, les futurs enseignants suivront désormais une formation professionnalisante en deux ans, en master 1 puis master 2, moyennant une rémunération. Ils deviendront élèves fonctionnaires en M1 et toucheront 1.400 euros nets, puis fonctionnaires stagiaires en M2 et gagneront 1.800 euros nets, dans le premier comme le second degré. En contrepartie, ils devront s’engager à exercer le métier de professeur pendant une période de quatre ans.Par ailleurs, pour préparer le concours du premier degré, une licence spécifique de préparation au professorat des écoles sera mise en place à partir de la rentrée 2026.Le président de la République Emmanuel Macron avait dit à ce sujet vouloir faire des “écoles normales du XXIe siècle”. Il avait présenté cette réforme il y a un an pour répondre à la crise de recrutement, avant qu’elle ne soit mise de côté ensuite en raison de la dissolution de l’Assemblée nationale.

Avalanches: un décès en Savoie, la prudence de mise pour le week-end pascal

Après d’abondantes chutes de neige, le beau temps est revenu vendredi mais la prudence reste de mise dans les Alpes, particulièrement en Savoie où un jeune Britannique, enseveli la veille par une avalanche, est décédé.La vigilance orange avalanches, entrée en vigueur à 10H00 en Savoie, avait été prolongée jusqu’à 18H00 par Météo-France. Des quantités “remarquables pour la période” sont tombées jeudi dans le département avec des cumuls “atteignant un mètre de neige dès le bas des stations de sports d’hiver”, souligne l’institut.Un jeune Britannique de 27 ans, qui se trouvait sur le bord d’une route à Val Thorens, a été emporté jeudi matin sur une quinzaine de mètres par une avalanche à l’entrée de la station savoyarde. Retrouvé en arrêt cardio-vasculaire, il a été hospitalisé à Grenoble mais est décédé dans la soirée, a indiqué le parquet d’Albertville.Deux autres coulées ont atteint jeudi Les Menuires, une station de ski voisine, sans faire de victime, selon la préfecture qui appelle à la plus grande vigilance en raison de l’instabilité du manteau neigeux.Les zones frontalières d’Italie et de Suisse ont également subi de très fortes intempéries, qui ont provoqué le décès de trois personnes en Italie: un père de 64 ans et son fils de 33 ans, emportés dans leur voiture par un torrent en crue en Vénétie (nord-est), et un nonagénaire retrouvé mort dans sa maison inondée dans le Piémont (nord-ouest).  En Suisse, la météo est également redevenue plus clémente vendredi dans le canton du Valais, mais la population est appelée à rester vigilante, limiter ses déplacements et éviter de se promener à proximité d’arbres et des cours d’eau, ont indiqué les autorités.- “On profite” -A Val Thorens, de nombreux vacanciers, contraints de rester confinés la veille en raison du risque d’avalanche, profitaient de pistes bien fournies et de terrasses ensoleillées en ce long week-end pascal. La station a progressivement rouvert son domaine skiable, en déconseillant fortement le ski hors piste et la randonnée hors des zones balisées.Signe que tout n’était pas encore rentré dans la normalité, de petites coulées de neige étaient visibles vendredi sur les flancs de la montagne et des tirs de déclenchement préventif d’avalanche se faisaient entendre par intervalles.”Avec ce beau temps, on a tous envie d’aller en dehors des pistes”, sourit Gregor Hedrich, un moniteur de snowboard croisé par l’AFP. Mais “le risque est au maximum, donc il faut faire un peu attention. Sur les pistes, les pisteurs ont fait un super travail”, ajoute-t-il. “La météo est superbe”, renchérit François Jumeau, un autre skieur âgé de 31 ans. “Il y a encore un gros risque d’avalanche”, mais “on profite des pistes” qui sont ouvertes en attendant que les autres les rejoignent au cours du weekend.- “Grandes avalanches possibles” -Si plus aucun massif alpin n’est classé en alerte maximum avalanche, beaucoup d’entre eux dont la Haute-Tarentaise et la Haute-Maurienne, les plus touchés par les fortes précipitations de la veille, restent en risque “fort” (4/5) et “de grandes avalanches sont encore possibles (…) jusqu’à vendredi après-midi”, prévient Météo France.Dans cette neige récente, quelle que soit l’altitude, “une simple présence humaine (skieur, randonneur…) pourrait suffire à déclencher des avalanches d’ampleur”, met également en garde la préfecture.La quasi totalité des axes routiers des zones affectées jeudi sont désormais ouverts à la circulation. Quelque 1.000 foyers ont continué d’être privés d’électricité toute la journée vendredi sur plus de 5.000 déconnectés la veille. Mais, vendredi soir, le gestionnaire du réseau Enedis a assuré qu’il ne restait que “quelques centaines de foyers impactés”, principalement en Savoie, qui “devraient être rétablis au plus tard en fin de matinée” samedi.En raison des intempéries survenues jeudi en Italie, le tunnel du Mont-Blanc était toujours fermé dans les deux sens de circulation pour les poids lourds et des files d’attente s’étaient constituées aux abords.L’accès au tunnel du Fréjus, côté français, était également perturbé avec plusieurs kilomètres de bouchons et des poids lourds stockés sur une aire de régulation.La SNCF a de son côté indiqué que la circulation des trains TER resterait perturbée toute la journée dans le département, certaines lignes étant interrompues.burs-mlv-mla-ahe/chp/gir/sp

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Avalanches: un décès en Savoie, la prudence de mise pour le week-end pascal

Après d’abondantes chutes de neige, le beau temps est revenu vendredi mais la prudence reste de mise dans les Alpes, particulièrement en Savoie où un jeune Britannique, enseveli la veille par une avalanche, est décédé.La vigilance orange avalanches, entrée en vigueur à 10H00 en Savoie, avait été prolongée jusqu’à 18H00 par Météo-France. Des quantités “remarquables pour la période” sont tombées jeudi dans le département avec des cumuls “atteignant un mètre de neige dès le bas des stations de sports d’hiver”, souligne l’institut.Un jeune Britannique de 27 ans, qui se trouvait sur le bord d’une route à Val Thorens, a été emporté jeudi matin sur une quinzaine de mètres par une avalanche à l’entrée de la station savoyarde. Retrouvé en arrêt cardio-vasculaire, il a été hospitalisé à Grenoble mais est décédé dans la soirée, a indiqué le parquet d’Albertville.Deux autres coulées ont atteint jeudi Les Menuires, une station de ski voisine, sans faire de victime, selon la préfecture qui appelle à la plus grande vigilance en raison de l’instabilité du manteau neigeux.Les zones frontalières d’Italie et de Suisse ont également subi de très fortes intempéries, qui ont provoqué le décès de trois personnes en Italie: un père de 64 ans et son fils de 33 ans, emportés dans leur voiture par un torrent en crue en Vénétie (nord-est), et un nonagénaire retrouvé mort dans sa maison inondée dans le Piémont (nord-ouest).  En Suisse, la météo est également redevenue plus clémente vendredi dans le canton du Valais, mais la population est appelée à rester vigilante, limiter ses déplacements et éviter de se promener à proximité d’arbres et des cours d’eau, ont indiqué les autorités.- “On profite” -A Val Thorens, de nombreux vacanciers, contraints de rester confinés la veille en raison du risque d’avalanche, profitaient de pistes bien fournies et de terrasses ensoleillées en ce long week-end pascal. La station a progressivement rouvert son domaine skiable, en déconseillant fortement le ski hors piste et la randonnée hors des zones balisées.Signe que tout n’était pas encore rentré dans la normalité, de petites coulées de neige étaient visibles vendredi sur les flancs de la montagne et des tirs de déclenchement préventif d’avalanche se faisaient entendre par intervalles.”Avec ce beau temps, on a tous envie d’aller en dehors des pistes”, sourit Gregor Hedrich, un moniteur de snowboard croisé par l’AFP. Mais “le risque est au maximum, donc il faut faire un peu attention. Sur les pistes, les pisteurs ont fait un super travail”, ajoute-t-il. “La météo est superbe”, renchérit François Jumeau, un autre skieur âgé de 31 ans. “Il y a encore un gros risque d’avalanche”, mais “on profite des pistes” qui sont ouvertes en attendant que les autres les rejoignent au cours du weekend.- “Grandes avalanches possibles” -Si plus aucun massif alpin n’est classé en alerte maximum avalanche, beaucoup d’entre eux dont la Haute-Tarentaise et la Haute-Maurienne, les plus touchés par les fortes précipitations de la veille, restent en risque “fort” (4/5) et “de grandes avalanches sont encore possibles (…) jusqu’à vendredi après-midi”, prévient Météo France.Dans cette neige récente, quelle que soit l’altitude, “une simple présence humaine (skieur, randonneur…) pourrait suffire à déclencher des avalanches d’ampleur”, met également en garde la préfecture.La quasi totalité des axes routiers des zones affectées jeudi sont désormais ouverts à la circulation. Quelque 1.000 foyers ont continué d’être privés d’électricité toute la journée vendredi sur plus de 5.000 déconnectés la veille. Mais, vendredi soir, le gestionnaire du réseau Enedis a assuré qu’il ne restait que “quelques centaines de foyers impactés”, principalement en Savoie, qui “devraient être rétablis au plus tard en fin de matinée” samedi.En raison des intempéries survenues jeudi en Italie, le tunnel du Mont-Blanc était toujours fermé dans les deux sens de circulation pour les poids lourds et des files d’attente s’étaient constituées aux abords.L’accès au tunnel du Fréjus, côté français, était également perturbé avec plusieurs kilomètres de bouchons et des poids lourds stockés sur une aire de régulation.La SNCF a de son côté indiqué que la circulation des trains TER resterait perturbée toute la journée dans le département, certaines lignes étant interrompues.burs-mlv-mla-ahe/chp/gir/sp

Au coeur de Toulouse, le bâti ancien sous surveillance après une série d’évacuations

Depuis l’effondrement il y a un an d’un immeuble proche de son emblématique place du Capitole, Toulouse a connu une série d’évacuations d’habitations anciennes de son centre historique, un phénomène aux facteurs multiples devenu politique à un an des municipales.Dimanche dernier, à quelques dizaines de mètres de la basilique Saint-Sernin, autre symbole de la Ville rose, une quinzaine de logements a de nouveau été évacuée, en raison d’un mur porteur commun partiellement effondré.Au total, en 2024 et 2025, 56 arrêtés d’interdiction d’accès, dont 29 de mise en sécurité d’urgence, ont été pris, selon les chiffres de la mairie.Cette succession d’incidents a pour point de départ le spectaculaire écroulement le 9 mars 2024 d’une bâtisse de plusieurs étages d’une petite ruelle très commerçante de l’hyper-centre, un bâtiment du XVIe siècle profondément remanié au fil des époques.”Combien d’effondrements faudra-t-il pour que le maire sorte enfin de sa posture réactive et engage une réelle politique de prévention ?”, réagit le groupe d’opposition Toulouse écologiste et solidaire.François Piquemal, député LFI de Toulouse et candidat à la mairie, décrit pour l’AFP une “situation alarmante” et accuse le maire Jean-Luc Moudenc (DVD) d’avoir “procrastiné” en mettant “en danger beaucoup d’habitants et d’habitantes”.- Briques et colombage -Côté municipalité, la conseillère Claire Nison répond: “on n’a pas attendu que cela s’effondre pour agir (…) on sait très bien que l’on a un centre historique fragile”.Et si le nombre d’évacuations s’est accéléré, affirme la déléguée à l’habitat dégradé et à la sécurité des bâtiments, c’est parce que la vigilance s’est accrue.La “montée en puissance des signalements est extrêmement saine”, signe d’une “prise de conscience de tout le monde”, se félicite Jean-François Latger, architecte-urbaniste et administrateur de l’association de défense du patrimoine “Les Toulousains de Toulouse”.Dans la Ville rose, le bâti ancien, c’est bien sûr la brique de terre cuite (communément appelée toulousaine ou foraine) mais aussi le recours au colombage en bois ou à la brique crue, deux matériaux très sensibles à l’eau.Dans les évacuations de ces derniers mois, “on est très loin d’une seule problématique qui expliquerait tout”, fait remarquer à l’AFP Claude Jam, expert en bâtiment auprès de la cour d’appel de Toulouse. Les infiltrations d’eau, dit-il, sont souvent un élément déterminant.- “Culture de responsabilité” -L’impact du changement climatique est également évoqué. Toulouse est concernée notamment par des “effets de sol, avec des gonflements ou rétrécissements d’argile”, précise Mme Nison, mais “de là à lier ce phénomène-là au fait d’avoir, d’un seul coup, plus de fissures, on ne peut pas clairement l’établir”.Les travaux imprudents menés sur des structures fragiles, associés à un manque de suivi essentiel des toitures ou des fondations, peuvent également être en cause.Pour remédier à la situation, les autorités locales cherchent différents leviers car “la loi ne nous permet pas de rentrer comme ça chez les gens pour vérifier la santé du bâti”, explique Mme Nison. La communication auprès des syndics, propriétaires et copropriétaires est un premier axe sur lequel on a “pris les devants”, affirme-t-elle.”Nous avons renforcé notre pôle de consultations sur les questions d’architecture et de pathologies des bâtiments parce que la demande de nos adhérents était là, en lien avec l’actualité”, explique de son côté Nadine Cazalbou, de l’association des propriétaires de Haute-Garonne.Autre outil: un plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV), approuvé récemment en préfecture, qui doit permettre de mieux préserver le centre historique, l’un des Sites patrimoniaux remarquables (SPR) les plus importants de France (256 ha).L’opposition municipale préconise l’extension du permis de louer pour accroître le droit de regard public sur le bâti mais la municipalité, qui a limité son usage à un seul quartier, juge trop complexe une application à grande échelle. L’entrée en vigueur de la loi du 9 avril 2024 sur l’habitat dégradé pourrait s’avérer décisive mais ses décrets d’application tardent à sortir. La solution passe également par une plus grande “culture de responsabilité” des propriétaires, insiste M. Latger. “Dans un centre ancien, on a cette double responsabilité, dit-il, certes de faire fructifier un patrimoine immobilier privé mais aussi de créer les conditions de sa sauvegarde”.Tout en reconnaissant qu'”être propriétaire, c’est avoir une obligation légale d’entretien et de sécurité”, le groupe d’opposition Alternative municipaliste citoyenne (AMC) souligne que, “quand ces obligations ne sont pas respectées, le pouvoir public doit agir”.  

Quatre hommes en garde à vue après la fusillade à Rennes sur un point de deal

Ils venaient de Paris, Marseille et Tours. Quatre jeunes hommes ont été interpellés dans les heures qui ont suivi la fusillade jeudi en plein après-midi dans un quartier populaire de Rennes, touché par le trafic de stupéfiants, qui a fait trois blessés par balle et un quatrième percuté par la voiture des tireurs, a annoncé le parquet.Jeudi vers 17H15, “trois fusillades” ont eu lieu dans le quartier de Villejean, dans le nord-ouest de Rennes, a précisé dans un communiqué le procureur de la République adjoint Jean-Marie Blin. Au cours de “la première séquence”, un véhicule Peugeot 2008 “percutait un Italien d’une vingtaine d’années, avant de poursuivre plusieurs individus qui réussissaient à s’enfuir”, a indiqué M. Blin.Le pronostic vital de la victime renversée “est engagé à l’heure actuelle”, selon le magistrat.Le véhicule est revenu “à hauteur du blessé qu’il venait de percuter et les occupants du véhicule le prenaient en photo”.Puis, trois individus sont descendus de la voiture “l’un en possession d’une arme longue, les deux autres d’une arme de poing et fonçaient en direction de jeunes attablés en terrasse” devant une sandwicherie.”Trois des personnes poursuivies se réfugiaient à l’intérieur du restaurant où ils étaient victimes de tirs opérés par les attaquants”, d’après le procureur adjoint.Charles Compagnon, élu municipal Horizons, se trouvait précisément dans le restaurant. “On s’est jetés au sol, mon collègue m’a attrapé la veste, et ils ont tiré juste au-dessus de moi, ils ont touché les trois qui étaient derrière moi”, a-t-il dit à l’AFP.Trois personnes, âgées entre 18 et 27 ans, ont été blessées aux membres inférieurs et à l’abdomen pour l’une d’entre elles. Après avoir reçu des soins, ils sont sortis de l’hôpital dans la nuit, d’après le parquet.Puis les agresseurs ont à nouveau tiré, sans faire de victime, avant de prendre la fuite. Vers 19H00, leur véhicule incendié a été repéré dans la métropole rennaise. Un homme de 20 ans, de nationalité française, originaire de la région parisienne, a été interpellé près du véhicule et immédiatement placé en garde à vue pour “tentatives de meurtre en bande organisée et association de malfaiteurs en vue de la préparation de crimes”. – “Agissements criminels” -Dans la nuit de jeudi à vendredi, un appartement de Rennes a été identifié par l’antenne de l’office antistupéfiants (OFAST) de Rennes comme un possible “lieu de repli des agresseurs et de domiciliation de l’individu interpellé” et a été perquisitionné. Trois hommes, âgés de 21 à 23 ans, deux de nationalité Française, l’autre Congolais, dont deux résident dans la région de Tours, le troisième à Marseille, ont été interpellés et placés en garde à vue.Le parquet de la juridiction interrégionale de Rennes (JIRS) a été saisi vendredi.”La guerre que nous menons contre le narco-trafic n’admet aucune relâche et aucune faiblesse. Elle sera longue et difficile, mais nous la gagnerons, à Rennes comme ailleurs”, a réagi sur X le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, indiquant qu’une compagnie de CRS envoyée jeudi “restera sur place aussi longtemps que nécessaire”.La maire socialiste de Rennes Nathalie Appéré a indiqué dans un communiqué, après de “nouveaux échanges” avec Bruno Retailleau, s’êtré “assurée que la CRS 82 reste déployée dans le quartier. La CRS 56 prendra le relai ce week-end (…) Ce déploiement de force est indispensable dans le moment de tension”.Plusieurs quartiers populaires de Rennes, dont celui de Villejean, ont été le théâtre ces derniers mois de plusieurs épisodes de tirs sur fond de trafic de stupéfiants.”Dans le quartier les gens ont peur, ils rasent les murs et baissent la tête pour éviter de prendre une balle. Les gens en ont marre”, a pesté auprès de l’AFP un habitant de longue date, Albert, âgé de 65 ans, qui n’a pas souhaité donner son nom de famille.”J’ai voulu venir ici dès aujourd’hui pour dire toute la fermeté et toute la volonté qui est celle de l’Etat pour mettre fin à ces agissements criminels dont certains quartiers de Rennes sont victimes depuis plusieurs mois”, a déclaré à la presse le préfet d’Ille-et-Vilaine Amaury de Saint-Quentin, venu saluer vendredi après-midi les policiers de la CRS 82 sur la dalle Kennedy, avant de prôner la “tolérance zéro”.