AFP Top News

Attaques contre des prisons: de nouvelles “attaques dissuadées”, selon Darmanin

“Plusieurs attaques” contre des prisons “ont été dissuadées”, a annoncé mardi le ministre de la Justice Gérald Darmanin sur son compte X, après une nouvelle nuit de tensions autour des centres pénitentiaires et leurs agents.”Un grand merci pour la mobilisation et la vigilance des agents pénitentiaires, comme des forces de l’ordre. Par leur présence, plusieurs attaques ont été dissuadées, comme dans l’Isère où en pleine nuit, des individus ont été interpellés à proximité d’un établissement pénitentiaire avec des jerricanes d’essence”, a assuré le garde des Sceaux sur son compte X.Ainsi, à Varces-Allières-et-Risset (38), dans la nuit de lundi à mardi, trois individus ont été contrôlés aux abords de la prison. Dans le coffre de leur véhicule, un jerrican d’essence d’une capacité de dix litres, a précisé à l’AFP une source au sein de la gendarmerie.Dans le Calvados, vers 03H00 du matin, plusieurs véhicules ont été incendiés sur le parking du service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) de Caen. Selon une source policière à l’AFP, le feu serait parti d’un véhicule et s’est propagé à d’autres: cinq véhicules administratifs ont été dégradés dont quatre entièrement brûlés.D’autres faits ont eu lieu dans l’Oise, à Hermes, où un véhicule personnel et une boîte aux lettres ont été tagués “DDPF” (droits des prisonniers français, NDLR).A Fresnes (Val-de-Marne), un agent pénitentiaire a porté plainte pour “actes d’intimidations”, a indiqué une autre source policière à l’AFP: selon lui, lundi en fin d’après-midi, il aurait été suivi après son service à la maison d’arrêt.Un véhicule dans lequel se trouvaient cinq personnes a brusquement freiné devant le surveillant en lui demandant de baisser la vitre: “Surveillant, surveillant, tu as peur maintenant”, lui aurait lancé un des occupants alors qu’un autre filmait la scène. Le surveillant assure avoir reconnu l’un des individus en cause comme un ancien détenu.Enfin, il y a eu des survols de drones au-dessus des centres pénitentiaires à Lutterbach (Haut-Rhin), Lannemezan (Hautes-Pyrénées) et Saint-Quentin-Fallavier (Isère).Lundi, le parquet national antiterroriste (Pnat) s’est saisi de l’enquête sur des tirs et jets de cocktail Molotov ayant visé un lotissement en Isère où résident des agents pénitentiaires.Le Pnat s’est saisi de multiples faits visant depuis mi-avril plusieurs établissements pénitentiaires et des surveillants en France.Un groupe revendiquant la “défense des droits des prisonniers français”, ou DDPF, sigle retrouvé aux abords des prisons prises pour cibles, avait publié vidéo et menaces sur la messagerie cryptée Telegram. Les attaques visant établissements ou agents pénitentiaires ont débuté il y a plus d’une semaine. Les ministres de la Justice Gérald Darmanin et de l’Intérieur Bruno Retailleau ont envoyé jeudi des consignes pour que la sécurisation des prisons soit renforcée.

Macron à La Réunion pour faire le point sur le chikungunya et les dégâts du cyclone Garance

Après Mayotte, Emmanuel Macron est en déplacement mardi à La Réunion pour faire le point sur les dégâts provoqués par le cyclone Garance et l’épidémie de chikungunya qui a fait six morts sur l’île depuis le début de l’année.100.000 personnes, soit un habitant sur neuf, pourraient avoir été contaminées par cette maladie infectieuse transmise par le moustique tigre, un impact pour l’instant moindre que celui de 2005-2006, marqué par plus de 260.000 cas et plus de 250 décès. Début avril, 40.000 doses du vaccin Ixchiq, le premier ayant obtenu une autorisation de mise sur le marché en Europe, sont arrivées à La Réunion pour lancer la campagne de vaccination. Elles sont destinées aux personnes de 65 ans et plus, présentant des comorbidités.”Nous sommes le premier pays au monde à avoir acheté autant de doses disponibles de ce tout nouveau vaccin”, a relevé Emmanuel Macron lors d’un point presse, avant d’annoncer qu’il assistera aux funérailles du pape François samedi et d’aller à la rencontre de responsables religieux dans la cathédrale de Saint-Denis de La Réunion.Il faut aussi mettre en place “toutes les mesures de protection et de prévention surtout pour les mamans enceintes”, a ajouté le président qui va échanger dans la journée avec l’Agence régionale de la santé pour faire un point global sur l’épidémie.Les difficultés restent palpables. Le directeur général du centre hospitalier de La Réunion, Lionel Calenge, a demandé l’envoi de renforts médicaux.”Tous les jours depuis plusieurs semaines, on accueille entre 30 et 40 patients atteints de +chik+ sur nos deux services d’urgence”, générant “vraiment une grosse tension sur nos capacités”, a-t-il alerté dimanche. Début avril, le CHU avait déclenché le plan blanc, dispositif permettant de déprogrammer certaines opérations ou de rappeler des personnels en congés dans les hôpitaux. “Si des renforts sont nécessaires, ils seront mis en place”, a promis mardi Emmanuel Macron.- Dispositif d’urgence -Autre défi pour La Réunion, autosuffisante aux trois-quarts: le passage du cyclone Garance, le 28 février, a généré près de 250 millions d’euros de dégâts, dont 150 pour le secteur agricole, selon de premiers bilans.Déjà frappées par une sécheresse sévère, toutes les filières agricoles de l’île ont lourdement été impactées par le cyclone Garance, qui a fait cinq morts.Le chef de l’Etat a rencontré dans la matinée des exploitants agricoles.”Je me retrouve sans salaire”, s’est désolé un agriculteur, disant avoir perdu ses deux derniers hectares de bananes. “On a besoin d’être soutenus plus que cela pour les fruits et légumes”, a ajouté un chef d’entreprise agroalimentaire. Le chef de l’Etat a annoncé la mise en place “d’ici à juin” d’un “dispositif d’urgence”, avec un travail engagé “dès les prochaines semaines” sous l’autorité du préfet.Dans ce cadre, il envisage notamment d’augmenter “autour des 1.000 euros” l’aide ponctuelle pour les planteurs de canne. Début avril, le ministre des Outre-Mer, Manuel Valls avait annoncé porter cette aide de 385 à 765 euros par hectare pour les exploitants affectés par Garance. – Renforts militaires – A la même époque, l’an passé, le cyclone Bilal avait déjà mis à terre les productions de l’île, deux cyclones en deux ans qui témoignent de l’augmentation et de l’intensification de ces phénomènes météorologiques.La souveraineté alimentaire sera au coeur du cinquième sommet de la Commission de l’océan Indien jeudi à Madagascar.La Réunion y est représentée aux côtés de Madagascar, Maurice, des Comores et des Seychelles mais pas Mayotte, les Comores s’opposant à l’intégration de l’archipel dans l’organisation en raison d’un contentieux colonial.Emmanuel Macron va y réaffirmer le “rôle stratégique de La Réunion dans la zone indo-pacifique”, où la France aspire à se poser en puissance régionale au côté des Etats-Unis, de la Chine ou l’Inde. “Depuis 2018, la France a une stratégie indo-pacifique. Nous avons mis beaucoup plus de moyens militaires et diplomatiques ces dernières années, et cela va encore se renforcer”, a relevé mardi le chef de l’Etat.”Nous allons ici, à La Réunion, augmenter d’environ 200 le nombre de militaires présents” qui “vont passer d’environ 1.600 à 1.800”, a-t-il ajouté, s’appuyant sur la dernière loi de programmation militaire. Dans la zone indo-pacifique, on a “plus de 8.000 militaires”, “les meilleurs équipements sur le plan maritime, aérien ou terrestre”, “des missions régulières qui se multiplient”, a-t-il détaillé.

Fusillade à Rennes liée au trafic de drogue: le commando écroué

Leur but était de reconquérir un point de deal: les quatre hommes, âgés de 21 à 23 ans, suspectés d’avoir formé un commando et d’avoir tiré à plusieurs reprises en pleine journée dans un quartier populaire de Rennes jeudi, ont été mis en examen et écroués.Trois des assaillants ont été mis en examen des chefs d’association de malfaiteurs et tentative de meurtre en bande organisée et encourent “une peine de réclusion criminelle à perpétuité”, a annoncé mardi Frédéric Teillet, procureur de la République de Rennes dans un communiqué.Le quatrième a été mis en cause pour trafic de stupéfiants et association de malfaiteurs, soit une peine encourue de dix ans.La fusillade, survenue vers 17H30 à une heure où le quartier Villejean est très animé, avait fait trois blessés par balle dans une sandwicherie, tandis qu’un quatrième homme avait été percuté par la voiture des tireurs. Le pronostic vital de cette dernière victime n’est plus engagé, a indiqué mardi matin M. Teillet. Les investigations menées par la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de Rennes sous l’autorité du parquet JIRS de la ville ont permis d’établir que les quatre suspects “sont impliqués dans le trafic de produits stupéfiants organisé par un réseau d’individus originaires de la région parisienne sur la dalle Kennedy (à Villejean), depuis le mois de janvier”, d’après le magistrat.Le 14 avril, “après plusieurs jours d’assauts violents, ce clan a été évincé par le groupe des Villejeannais, qui a repris possession du terrain qu’il estimait être le sien”, explique-t-il.L’un des mis en cause, originaire de la région parisienne et qui a reconnu son implication dans le trafic de stupéfiants et sa participation au commando “était notamment chargé de filmer la scène pour le commanditaire et de brûler le véhicule, qu’il savait volé et à proximité duquel il a été interpellé”.”Leur équipement (armes, vêtements, voiture volée…) et leur mode opératoire ont démontré leur détermination extrême à reconquérir par tous les moyens le point de deal, à la demande de leurs commanditaires, en éliminant physiquement leurs concurrents et en prenant le risque de blesser, en plein après-midi, toute personne se trouvant à proximité”, a dénoncé M. Teillet.- “Carnage” évité -Après avoir vu “la clientèle évoluer” de son restaurant et averti “le préfet, le procureur” de l’existence d’un point de deal dans les toilettes, le gérant de la sandwicherie visée par les tirs a expliqué avoir vu les vendeurs de stupéfiants déplacer leur point de vente.Jeudi, “on a évité un carnage”, a affirmé mardi Patrick Rety, montrant les impacts de balle dans les meubles de son établissement.Pour Anaïg Faur-Le Fur, habitante du quartier depuis 1965, “la situation s’est dégradée” en raison du trafic de drogue ces dernières années. Elle appelle les habitants à “occuper l’espace public” comme “s’asseoir dans le petit parc”. “Parce que malheureusement, ce ne sont pas les enfants qui l’occupent, ce sont les dealers”, déplore l’octogénaire. En visite mardi sur les lieux de la fusillade, la ministre de la Ville Juliette Méadel a estimé que “lutter contre le trafic de drogue, c’est aussi commencer à la racine”. Elle a assuré venir “avec des propositions pour soutenir les mères de famille seules”. “Tout se joue dès l’enfance, tout se joue entre 9 ans et 13 ans”, a-t-elle insisté devant quelques mères du quartier l’appelant à “investir davantage” dans le tissu associatif de ce quartier.”Où sont les pères de ces enfants qui sont victimes du trafic ?”, a tancé la ministre. “Ce sont les femmes qui tiennent le quartier, qui assument toutes les responsabilités.”Présent jeudi dans la sandwicherie par hasard lors de la fusillade, l’élu municipal (Horizons) Charles Compagnon a confié mardi à Mme Méadel avoir eu la sensation de “voir la mort en face”.”Quand on a appris que (les tireurs) avaient été arrêtés, ça a été un gros soulagement. On s’est dit qu'(ils) ne sont plus dans la rue et ça nous a aidés à revenir ici.”

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Vacances décalées et plus de ventilateurs: comment les écoles Philippines se battent contre la chaleur

Institutrice en maternelle, Lolita Akim dispose une série de ventilateurs dans sa classe tout en luttant pour maintenir l’attention de ses élèves dans la chaleur torride de Manille.”Par ce temps, ils sont trempés de sueur, ils ne sont pas à l’aise et se lèvent souvent. Il est plus difficile de capter leur attention”, explique-t-elle à propos des bambins de cinq ans de sa classe de l’école Senator Benigno S. Aquino.L’année dernière, des vagues de chaleur de jusqu’à 38,8°C ont pour la première fois conduit à des fermetures de classes massives à travers le pays, affectant des millions d’élèves.L’épisode a été marqué par une multiplication des saignements de nez, des cas d’épuisement voire des hospitalisations parmi les élèves.Et même les enfants les plus résistants ont eu du mal à se concentrer dans des salles de classe dépourvues d’air conditionné. Pour tenter d’y remédier, les cours ont commencé cette année deux mois plus tôt que d’habitude pour qu’ils puissent s’achever au moment du début des plus grosses chaleurs, en mai.Le temps de cours a été raccourci à quatre heures par jour pour éviter les chaleurs de la mi-journée, avec une session le matin et une autre le soir.Et dans chaque classe des points d’eau ont été installés ainsi qu’au minimum deux ventilateurs muraux. Les plus grands établissements emploient désormais des infirmières.Malgré cela, près de la moitié des écoles de Manille ont dû fermer leurs portes pendant deux jours en mars, lorsque l’indice de chaleur – une mesure de la température et de l’humidité – a atteint un niveau “dangereux”.”Nous surveillons (l’indice de chaleur) depuis 2011 mais ce n’est que récemment que c’est devenu exceptionnellement chaud” indique à l’AFP Wilmer Augustin, spécialiste météo aux Philippines, pointant le changement climatique et le phénomène El Niño.Cette année, les conditions dans la majeure partie du pays se situeront entre “extrême prudence” et “danger” dans le système d’alerte chaleur du gouvernement, a-t-il déclaré, “surtout en avril et en mai”.Début avril, de nombreuses écoles de la capitale ont a nouveau fermé face à des températures devant atteindre 34°C et un indice d’un niveau dangereux dans au moins cinq provinces, selon les autorités.- “Impact significatif” -Au moment des fermetures d’écoles l’année dernière, le recours aux cours en ligne a été tenté. Mais “l’impact global sur l’éducation des élèves a été significatif”, selon Jocelyn Andaya, secrétaire adjointe à l’éducation chargée des opérations.Car seuls 3% des élèves ont pu effectivement suivre de tels cours en ligne. Cette année, des documents imprimés ont été préparés pour les élèves qui doivent rester chez eux. “Il n’y a pas de réelle alternative à l’apprentissage en face-à-face”, relève Noel Geluo, le directeur de l’école Benigno Aquino.Si certaines écoles ont été dotées de toits réfléchissant la chaleur, les moyens sont limités.Dans un pays où 18.000 classes supplémentaires sont nécessaires rien que dans la capitale, selon les estimations, le ministère de l’Education dispose d’un budget limité à 10 milliards de pesos (158 millions d’euros) pour l’adaptation au changement climatique.Or la surpopulation des classes, avec parfois 50 élèves par cours, exacerbe souvent le problème de la chaleur.- “Difficile d’enseigner” -Juste en face de l’école Benigno Aquino, des élèves de quatrième du collège Président Corazon C. Aquino dirigent de minuscules ventilateurs vers eux pendant un test d’algèbre.Deux des quatre ventilateurs placés au plafond ont rendu l’âme et les deux restants ne suffisent pas pour les 40 élèves.”C’est difficile d’enseigner dans cette chaleur”, témoigne leur professeur, Rizzadel Manzano. “Les motiver est un vrai challenge.”L’obligation de porter un uniforme a été supprimée au début de l’année et les élèves portent désormais des pantalons de survêtement et des T-shirts offerts par la ville, explique à l’AFP Reynora Laurenciano, la directrice.L’école et le collège sont situées dans un bidonville très peuplé, Baseco, où les conditions de vie à la maison peuvent être encore plus difficiles, rappelle-t-elle.”Si vous leur demandez, ils considèrent l’école comme un endroit plus sécurisant”, indique Mme Laurenciano.Ella Azumi Araza, 11 ans et en classe de CM2, peut seulement se rendre à l’école quatre jours par semaine en raison du manque de classes.Le vendredi, elle étudie dans le 9 mètre carrés où elle habite avec sa famille, sur le lit qu’elle partage avec son jeune frère.Trois ventilateurs électriques sont disposés dans cet appartement sans fenêtre.Malgré la situation à la maison, sa mère, Cindella Manabat s’inquiète des conditions à l’école.”Elle transpire abondamment à l’école et rentre à la maison en toussant”, confie-t-elle à l’AFP.cgm/cwl/sah/tc/alh/phs/roc La publication de ce papier d’angle coïncide avec le “89 Percent Project” de l’initiative Covering Climate Now, qui vise à souligner qu’une large majorité dans le monde souhaite davantage d’action climatique.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Le retard fatal d’Athènes pour se préparer aux canicules

Sur les hauteurs de Kypseli, l’un des quartiers les plus densément peuplés d’Athènes, des habitants déambulent dans un petit parc récemment créé pour apporter un peu de fraîcheur quand la capitale grecque suffoque, une initiative qui arrive avec beaucoup de retard, de l’avis d’habitants et d’experts.Ce nouvel espace vert est la première “micro-forêt” d’Athènes voulue par son maire, Haris Doukas, qui veut planter 5.000 buissons et arbres par an.Dans cette cité méditerranéenne bétonnée, les espaces verts font cruellement défaut alors que le mercure dépasse régulièrement les 40°C durant plusieurs jours au coeur de l’été.Verdir les villes est une réponse crédible à l’effet dit d'”îlot de chaleur urbain”, en Grèce comme dans les innombrables villes qui en souffrent déjà et en souffriront davantage avec le réchauffement futur, martèlent des experts. Mais la réponse doit être massive, et Athènes fournit un contre-exemple spectaculaire.Les petits arbres du parc d’Alepotrypa à Kypseli auront besoin d’environ une décennie pour grandir.”Trop peu, trop tard”, déplore Katerina Christoforaki, architecte et urbaniste à l’Université Technique d’Athènes, dans un entretien à l’AFP.La dernière tentative de réaménagement d’Athènes remonte à plus de 20 ans, avant les Jeux olympiques de 2004.Mais à l’époque la construction de stades et d’infrastructures de transport avait été privilégiée au détriment des espaces verts.- Occasion ratée -“Nous n’avons mis l’accent ni sur la réduction du trafic automobile ni sur la modernisation des bâtiments”, insiste Katerina Christoforaki. La plupart des bâtiments et des rues d’Athènes ont été construits avec des matériaux datant de plus de 40 ans qui absorbent la chaleur en été. Et l’hiver, l’isolation est mauvaise, explique-t-elle.Le maire adjoint chargé du climat, Nikos Chrysogelos, ancien eurodéputé des Verts, convient qu’Athènes “a raté une occasion” de développer un dispositif anti-chaleur lors des travaux pour les JO de 2004. “À partir de 2000, nous aurions pu faire beaucoup plus car nous connaissions l’ampleur du problème”, insiste-t-il.Avec près de quatre millions d’habitants, la grande région d’Athènes s’est développée de manière désordonnée tout en perdant 60% de ses forêts alentour en raison des incendies à répétition ces derniers étés, rappelle-t-il. La construction de hauts immeubles dans la banlieue balnéaire empêche l’air marin de rafraîchir la ville.- Chaudron bouillant -Le centre d’Athènes est la deuxième zone la plus densément peuplée d’Europe après Paris, selon Eurostat.La capitale ne compte que 0,96 mètre carré d’espace vert par habitant, selon l’OCDE, ce qui est bien loin de la recommandation de l’Organisation mondiale de la santé d’au moins neuf mètres carrés par habitant. Pour Ivvona Kujda, une Athénienne de 54 ans, les vagues de chaleur de ces dernières années sont “alarmantes”.”Athènes est un bassin entouré de trois montagnes, nous sommes dans un chaudron bouillant”, explique cette Polonaise installée depuis trois décennies en Grèce.En 2021, Athènes a enregistré la pire canicule de ces 30 dernières années avec des températures de 45°C. Les deux derniers étés, elle a souffert de canicules prolongées. La Grèce a subi la mortalité liée à la chaleur la plus élevée d’Europe en 2023, selon une étude dans Nature Medicine.La ville a besoin d’une solution plus drastique que des “parcs de poche”, réclame Achilleas Plitharas, un ancien responsable de la section grecque du WWF. “Ce n’est pas qu’Athènes a raté le train. Nous n’avons même jamais construit les rails pour un train”, tance-t-il. – 25.000 arbres d’ici à 2028 -“Une intervention à grande échelle est nécessaire”, assure-t-il, qui pourrait aller jusqu’à la démolition “de blocs entiers (d’habitations) pour créer des corridors verts”. Mais cela nécessite une volonté politique et des choix difficiles ainsi qu'”une de coopération dont nous manquons”, ajoute-t-il.Maire d’Athènes depuis janvier 2024, Haris Doukas s’est engagé à planter 25.000 arbres d’ici 2028 pour tenter de réduire la température ressentie de trois à cinq degrés en été. De nouveaux capteurs fourniront des données de température en temps réel, quartier par quartier, lors des journées les plus chaudes pour planifier une réponse d’urgence si nécessaire. En attendant, chaque été, les Athéniens se débrouillent comme ils peuvent pour se protéger de la chaleur écrasante. Ivvona Kujda ne travaille que le matin et en fin d’après-midi. Aux heures les plus chaudes, elle se réfugie dans sa maison climatisée.”Nous n’avons pas assez de verdure, ni assez d’oxygène”, déplore-t-elle. “Je pense que ça va s’aggraver parce que le climat change”.jph/hec/yap/mr/icoLa publication de ce reportage coïncide avec le “89 Percent Project” de l’initiative Covering Climate Now, qui vise à souligner qu’une large majorité dans le monde souhaite davantage d’action climatique.

Décès de la résistante Odile de Vasselot

L’ancienne résistante Odile de Vasselot, qui avait rejoint après la guerre une congrégation religieuse, est décédée lundi, à Paris, à l’âge de 103 ans, a-t-on appris mardi auprès de l’Ordre de la Libération.Née le 6 janvier 1922 à Saumur (Maine-et-Loire) dans une famille noble, fille d’un militaire gaulliste fait prisonnier au tout début du conflit, elle était jeune bachelière le 18 juin 1940 quand elle avait entendu en direct l’Appel du 18-Juin depuis leur château familial du Poitou.Elle racontait avoir alors su instinctivement qu’il “fallait agir”.Après avoir pris part le 11 novembre 1940 à la manifestation sur les Champs-Elysées à Paris, l’un des tout premiers actes publics de résistance en France, elle avait intégré le réseau Zéro avec pour mission, sous le nom de code “Danièle”, de transporter du courrier entre Paris et Toulouse.Puis au sein d’une autre organisation, le “réseau Comète”, “Jeanne”, son nouveau pseudonyme, a aidé à faire traverser la France à des aviateurs alliés tombés en Belgique et leur permettre de regagner la Grande-Bretagne via l’Espagne.Elle avait aussi participé en août 1944 à la Libération de Paris et échappé de peu à la mort lors d’une ultime mission d’agente de liaison.Après la guerre, titulaire d’une licence d’histoire à la Sorbonne, elle a enseigné au sein de la Communauté Saint-François-Xavier à Paris puis, de 1959 à 1988, à Abidjan, où elle a créé et dirigé le collège-lycée Sainte-Marie.Revenue en France, Odile de Vasselot, grand officier de l’Ordre national du Mérite, commandeur de la Légion d’honneur et médaillée de la Résistance française, avait décidé de transmettre son histoire dans les écoles.”J’ai été +passeur+ dans les réseaux et je continue à être +passeur+”, racontait-elle en 2023 à l’AFP, passionnée par son ultime mission: “transmettre l’amour de la patrie, le refus de l’intolérable, l’empathie, le respect des cultures”.

Fusillade à Rennes liée au trafic de drogue: les quatre membres du “commando” écroués

Leur but était de reconquérir un point de deal: les quatre hommes, âgés de 21 à 23 ans, suspectés d’avoir formé un commando et d’avoir tiré à plusieurs reprises en pleine journée dans un quartier populaire de Rennes jeudi, ont été mis en examen et écroués.Trois ont été mis en examen des chefs d’association de malfaiteurs et tentative de meurtre en bande organisée et encourent “une peine de réclusion criminelle à perpétuité”, a annoncé mardi Frédéric Teillet, procureur de la République de Rennes dans un communiqué.Le quatrième a été mis en cause pour trafic de stupéfiants et association de malfaiteurs, soit une peine encourue de dix ans.La fusillade avait fait trois blessés par balle dans une sandwicherie, à une heure de la journée où ce quartier était très animé, tandis qu’un quatrième homme avait été percuté par la voiture des tireurs. Le pronostic vital de cette dernière victime n’est plus engagé, a indiqué mardi matin M. Teillet. Les quatre mis en examen sont déjà connus pour de multiples délits liés à des violences et au trafic de stupéfiants.- “Possession du terrain” -Les investigations menées par la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de Rennes sous l’autorité du parquet JIRS de la ville ont permis d’établir que les quatre suspects “sont impliqués dans le trafic de produits stupéfiants organisé par un réseau d’individus originaires de la région parisienne sur la dalle Kennedy (à Villejean), depuis le mois de janvier”, d’après le magistrat.Le 14 avril, “après plusieurs jours d’assauts violents, ce clan a été évincé par le groupe des Villejeannais, qui a repris possession du terrain qu’il estimait être le sien”, explique-t-il.C’est dans ce contexte “de règlement de compte lié au narcotrafic que des tirs d’arme à feu ont fait trois victimes et qu’une quatrième a été pourchassée en voiture, renversée violemment et laissée à terre”, poursuit M. Teillet.Cet homme “a pu être entendu par les enquêteurs et souffre de blessures à la tête notamment, ayant dû subir une intervention chirurgicale”, selon la même source.L’un des mis en cause, originaire de la région parisienne, a reconnu son implication dans le trafic de stupéfiants et sa participation au commando: “il était notamment chargé de filmer la scène pour le commanditaire et de brûler le véhicule, qu’il savait volé et à proximité duquel il a été interpellé”.Un deuxième suspect, originaire de Tours, n’a reconnu “qu’une participation aux faits de trafic de produits stupéfiants, mais les investigations ont permis de le mettre également en examen des chefs d’association de malfaiteurs et tentative de meurtre en bande organisée”.- “détermination extrême” -Le troisième gardé à vue, originaire de Marseille, a choisi de garder le silence mais “a été mis en examen pour toutes les infractions au vu des investigations menées, qui établissent sa participation active tant dans le cadre du trafic sur la dalle Kennedy que dans le déchaînement de violences du 17 avril”. “Leur équipement (armes, vêtements, voiture volée…) et leur mode opératoire ont démontré leur détermination extrême à reconquérir par tous les moyens le point de deal, à la demande de leurs commanditaires, en éliminant physiquement leurs concurrents et en prenant le risque de blesser, en plein après-midi, toute personne se trouvant à proximité”, a dénoncé M. Teillet.Sur X, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau avait réagi à cet épisode de violences, estimant que “la guerre que nous menons contre le narco-trafic n’admet aucune relâche et aucune faiblesse. Elle sera longue et difficile, mais nous la gagnerons, à Rennes comme ailleurs”.Dimanche, un rassemblement pour la “paix” dans le quartier Villejean, théâtre de plusieurs épisodes de tirs ces derniers mois, a rassemblé environ 200 personnes, dont de nombreuses mères de famille, a constaté l’AFP. Juliette Méadel, ministre déléguée chargée de la Ville, doit se rendre mardi matin à Villejean.

Fusillade à Rennes: les quatre suspects mis en examen et écroués

Les quatre hommes, âgés de 21 à 23 ans, suspectés d’avoir tiré à plusieurs reprises en pleine journée dans un quartier populaire de Rennes le 17 avril pour “reconquérir” un point de deal, ont été mis en examen et écroués, a annoncé mardi le parquet de Rennes. Trois ont été mis en examen des chefs d’association de malfaiteurs et tentative de meurtre en bande organisée et encourent “une peine de réclusion criminelle à perpétuité”, a annoncé Frédéric Teillet, procureur de la République de Rennes dans un communiqué.Le quatrième a été mis en cause pour trafic de stupéfiants et association de malfaiteurs, soit une peine encourue de dix ans d’emprisonnement.La fusillade avait fait trois blessés par balle et un quatrième homme avait été percuté par la voiture des tireurs. Le pronostic vital de cette dernière victime touchée par le véhicule n’est plus engagé, a indiqué M. Teillet mardi matin. Les quatre hommes sont déjà connus pour de multiples délits. Selon les investigations menées par la DCOS de Rennes sous l’autorité du parquet JIRS de Rennes, les quatre gardés à vue “sont impliqués dans le trafic de produits stupéfiants organisé par un réseau d’individus originaires de la région parisienne sur la dalle Kennedy (à Villejean), depuis le mois de janvier”, d’après le magistrat.Le 14 avril, “après plusieurs jours d’assauts violents, ce clan a été évincé par le groupe des Villejeannais, qui a repris possession du terrain qu’il estimait être le sien”, explique le magistrat.C’est dans ce contexte “de règlement de compte lié au narcotrafic que des tirs d’arme à feu ont fait trois victimes et qu’une quatrième a été pourchassée en voiture, renversée violemment et laissée à terre, le 17 avril”, poursuit M. Teillet.Deux des mis en cause sont originaires de Tours, l’un de Marseille et le quatrième de la région parisienne. “Leur équipement (armes, vêtements, voiture volée…) et leur mode opératoire ont démontré leur détermination extrême à reconquérir par tous les moyens le point de deal, à la demande de leurs commanditaires, en éliminant physiquement leurs concurrents et en prenant le risque de blesser, en plein après-midi, toute personne se trouvant à proximité”, a dit M. Teillet.