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Entre Macron et le pape François, une difficile conciliation

“Comme il se doit”, Emmanuel Macron assistera samedi aux obsèques du pape François, dont il n’a cessé de solliciter les bonnes grâces depuis son accession à l’Élysée, en dépit de nombreux désaccords, notamment sur l’IVG et la fin de vie.Emmanuel Macron était un illustre inconnu pour le souverain pontife, jusqu’à son élection. “Je ne sais pas d’où il vient”, confessait même l’évêque de Rome entre les deux tours de la présidentielle de 2017.Les deux hommes avaient depuis appris à se connaître à l’occasion notamment de six échanges en tête-à-tête durant lesquels le Français tutoyait volontiers l’Argentin.La dernière fois pas plus tard qu’en décembre, à l’occasion d’une visite papale éclair en Corse, troisième déplacement en France pour François qui n’y a effectué aucune visite officielle durant ses douze ans de pontificat.”C’est un grand honneur (…) de vous accueillir”, lui avait assuré Emmanuel Macron, qui avait fait l’aller-retour spécialement pour cette rencontre à l’aéroport d’Ajaccio. Sans revenir sur le plaidoyer du pape, au pays de la séparation de l’Église et de l’État, pour une laïcité “pas statique et figée”.Sans rancune non plus, une semaine après que François eut décliné l’invitation à la réouverture de Notre-Dame.Souvent mis à l’épreuve, le président de la République semblait chercher l’indulgence du Saint-Père. Comme en septembre 2023 à Marseille, où le pape avait dénoncé “l’indifférence” face au sort des migrants en Méditerranée.”Nous faisons notre part”, avait réagi Emmanuel Macron, venu comme des milliers de fidèles assister à la messe géante au stade Vélodrome – sans aller toutefois jusqu’à communier.Comme l’a résumé le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot mardi sur franceinfo, “il y a eu à de nombreuses reprises des échanges très francs entre les deux chefs d’État”, mais “chacun (était) dans son rôle”. “Ils ont traversé des crises ensemble, comme celle du Covid. Il y a eu des débats mais pas de frictions. Il y a eu des combats et des compagnonnages communs”, souligne un proche du président, sollicité par l’AFP, appelant à “ne pas exagérer les différences” entre les deux hommes.- Prières et désaveux -Lors de cette même visite dans la cité phocéenne, le pape avait aussi rappelé sa position sur la fin de vie, à rebours du droit à mourir promis par Emmanuel Macron réélu un an plus tôt. “La perspective faussement digne d’une mort douce”, avait au contraire mis en garde François, profondément hostile à toute forme d’euthanasie.Épineux sujet que le chef de l’État français pensait avoir apaisé lors de leur précédente entrevue en octobre 2022. “Le pape sait que je ne ferai pas n’importe quoi”, confiait alors M. Macron à l’issue de son audience au palais apostolique.”Priez pour moi”, avait comme à son habitude lancé le pape pour remercier son hôte, venu pour l’occasion avec sa femme. “Je prie pour vous tous les jours”, avait répondu Brigitte Macron.Autre sujet de discorde, l’inscription de l’IVG dans la Constitution française début 2024. “Il ne peut y avoir de +droit+ à supprimer une vie humaine”, avait protesté l’Académie pontificale pour la Vie, en soutien à la position des évêques de France.Emmanuel Macron, natif d’Amiens, baptisé à sa demande à l’âge de 12 ans, se définit aujourd’hui comme agnostique, avec la part de questionnement que cela implique.Lors de leur première rencontre, en juin 2018, au terme d’une heure d’entretien, conclue par une chaleureuse embrassade, François lui avait lancé : “C’est la vocation des gouvernants de protéger les pauvres”.”E tutti siamo poveri” (et nous sommes tous des pauvres), avait-il ajouté, avec un regard appuyé.Quinze jours auparavant, M. Macron avait défrayé la chronique en s’emportant contre le “pognon de dingue” dépensé “dans les minimas sociaux” sans pour autant permettre “aux gens de s’en sortir”.

Dans un lycée de la Marne, deux députés dénoncent “l’omerta” autour des agissements d’un professeur

En visite mardi au lycée Pierre Bayen de Châlons-en-Champagne, les co-rapporteurs de la commission d’enquête parlementaire sur les violences en milieu scolaire ont dénoncé “l’omerta” et la lenteur de la réaction de l’Éducation nationale face aux alertes visant un enseignant accusé de violences sexuelles.Ce lycée est le premier établissement public visité par les députés Violette Spillebout (Renaissance) et Paul Vannier (LFI) dans le cadre de leur mission. Plusieurs élèves ont mis en cause un professeur de français et des arts du cirque, décédé en décembre 2023.Une ancienne enseignante du lycée, Marie-Pierre Jacquard, indique avoir alerté la direction dès 2021, mais le professeur n’a été suspendu que le 29 septembre 2023, selon le rectorat, après une plainte pour viol, précise Mme Jacquard.Le parquet de Châlons-en-Champagne a indiqué mardi à l’AFP qu’une enquête avait été ouverte le 12 avril 2023, à la suite d’un signalement de l’association Colosse aux pieds d’argile, mentionnant des faits de harcèlement, des comportements inadaptés et des propos à connotation sexuelle de la part de cet enseignant.Au total, neuf plaintes ont été déposées pour des faits s’étalant de 1998 à 2023 selon le parquet: une pour viol, trois pour atteintes sexuelles et cinq pour harcèlement moral.Le suicide de l’enseignant en décembre 2023 a mis fin à l’action publique.La semaine dernière, le parquet a reçu un signalement au titre de “l’article 40” du code pénal, qui prévoit que toute autorité ayant connaissance d’un crime ou un délit doit en informer la justice. Selon ce signalement, “certaines personnes” auraient été au courant des agissements de ce professeur “mais n’auraient rien fait”, a-t-il précisé.”On peut s’interroger sur la lenteur de la réponse de l’administration de l’Éducation nationale, alors que du côté de syndicats, d’associations, d’une autre structure publique, le Centre national des Arts du Cirque, des décisions ont été prises beaucoup plus tôt, permettant de mettre à l’écart l’enseignant à l’origine d’agressions sexuelles et d’accusations de viol”, a assuré lors d’un point presse M. Vannier.Il a insisté sur la nécessité de développer “une culture du signalement” à “tous les étages de l’Éducation nationale”.Sa collègue Violette Spillebout a, de son côté, appelé à casser “l’omerta” autour des violences dans l’Éducation nationale.  Contacté par l’AFP, le rectorat de l’académie de Reims affirme avoir reçu les premiers signalements relatifs aux agissements de cet enseignant début avril 2023.- Plainte contre l’Etat -Deux anciens élèves du lycée, une association de parents d’élèves, des parents d’élèves et Mme Jacquard entendent attaquer dans les prochains jours l’État devant le tribunal administratif, l’accusant d’inaction dans ce dossier, a indiqué leur avocat.A l’issue de la visite à Châlons-en-Champagne mardi, la députée Violette Spillebout a souligné lors d’une conférence de presse les efforts engagés depuis par l’établissement, avec “une direction volontariste et très soucieuse du bien-être” des élèves. M. Vannier a salué la mise en place de “mesures concrètes” comme un espace “safe place” (lieu sûr NDLR) permettant “d’entendre la parole des élèves” pour faciliter “la remontée d’informations préoccupantes” et le traitement des signalements. Cette commission d’enquête parlementaire avait été lancée dans la foulée du scandale déclenché par une série de plaintes concernant des violences commises au sein de l’établissement catholique Notre-Dame de Bétharram dans les années 1970 à 1990. Les co-rapporteurs, qui doivent rendre leurs recommandations fin juin, indiquent avoir déjà effectué une vingtaine de signalements au procureur au titre de l’article 40. Outre l’ex-Notre-Dame-de-Bétharram, ils ont également déjà visité la communauté catholique traditionaliste de Riaumont (Pas-de-Calais), qui a longtemps tenu un village d’enfants visé par plusieurs enquêtes pour violences, agressions sexuelles et viol sur mineur.A ce stade de leurs travaux, le député LFI pointe “un cloisonnement très fort des administrations” et “donc des signalements qui ne sont pas transmis de l’une à l’autre”. Ce cloisonnement créé “une dilution des responsabilités avec des acteurs qui s’interrogent sur le périmètre de leurs actions”. Il faudra “cartographier, diagnostiquer et clarifier pour que les traitements soient plus rapides, plus efficaces et qu’à la fin les enfants soient protégés”, a-t-il ajouté. 

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Nepal: les panthères des neiges estimées à près de 400 selon une enquête de terrain

Le premier recensement à l’échelle nationale des léopards des neiges au Népal a estimé à près de 400 individus la population de ces félins insaisissables appartenant à une espèce menacée, ont indiqué mardi des spécialistes de la faune sauvage.La perte de l’habitat, le changement climatique et le braconnage ont eu un impact sévère sur les populations de panthères des neiges (ou léopards des neiges) en Asie, qui figurent sur la liste des espèces “vulnérables” de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).L’enquête offre cependant une lueur d’espoir, confirmant que le comptage correspond aux estimations antérieures les plus hautes.Ces félins à l’épaisse fourrure grise tachetée, offrant un camouflage efficace dans les territoires montagneux où ils évoluent, sont difficiles à repérer, ce qui rend très compliquées les observations sur le terrain. Leurs larges pattes, véritables raquettes à neige naturelles, facilitent leur fuite.”C’est une étape historique” du travail de préservation du léopard des neiges au Népal, a déclaré à l’AFP Haribhadra Acharya, écologiste en chef au Département des parcs nationaux et de la préservation de la faune sauvage.”C’est la première fois que nous obtenons des données authentiques grâce au travail considérable des chercheurs”, a-t-il dit.Au total, ont été décomptés 397 léopards des neiges, repérés grâce à des caméras détectrices de mouvements et à des analyses génétiques dans sept zones clés.Ce travail offre l’estimation la plus complète du nombre de panthères des neiges au Népal, précédemment évalué à entre 301 et 400 par l’UICN.Les panthères des neiges sont les félins les moins étudiés dans le monde en raison de leur faible population et des zones montagneuses reculées où ils évoluent.”Le Népal ne possède que 2 % du territoire des léopards des neiges dans le monde, (mais) nous abritons 10 % de la population totale estimée”, a déclaré à l’AFP Ghana S Gurung, représentant de WWF Nepal.Le Népal est le deuxième plus petit pays, après le Bhoutan, pour ce qui concerne l’habitat du léopard des neiges, mais c’est la quatrième pour ce qui concerne la taille de la population, a-t-il souligné.De nombreux défenseurs de l’environnement restent préoccupés par les menaces posées par le changement climatique et le développement d’infrastructures qui gigotent l’habitat naturel de ces félins.Le Népal a été remarqué dans le monde pour ses efforts pour la protection de la faune sauvage qui ont permis à plusieurs espèces, dont les tigres et les rhinocéros, d’échapper à l’extinction.La population des tigres au Népal a triplé depuis 2010, atteignant 355 individus. 

Concert “Solidarité Congo” à Paris: pluie de stars et discours engagés attendus

Gims, Dadju, Soolking, Fally Ipupa: un plateau prestigieux est attendu mardi soir à Paris pour le concert caritatif “Solidarité Congo” en soutien aux victimes du conflit en République démocratique du Congo (RDC), “une mobilisation sans précédent” dans la musique, selon les organisateurs.Parmi les grands noms programmés à l’Accor Arena à partir de 19H00 (17h00 GMT), le rappeur et chanteur congolais Gims avait déjà profité de son sacre comme meilleur artiste masculin aux Victoires de la musique, en février, pour rappeler la situation “terrible” en RDC. “C’est inhumain ce qui se passe là-bas”, avait lancé l’interprète de “Sapés comme jamais”.Son petit frère Dadju (8,9 millions d’abonnés sur Instagram) participe également, sur scène et comme partenaire caritatif.Son association, Give back charity, créée en 2019, doit récolter les recettes du concert et assurer leur redistribution. La récolte des fonds était initialement opérée par l’Unicef, mais celle-ci s’est retirée lors de la polémique sur sa date initiale.Le concert était prévu le 7 avril, qui correspond à la journée internationale de commémoration du génocide des Tutsi, ayant fait au moins 800.000 morts en 1994 au Rwanda. Des associations rwandaises avaient exigé un report, vivant ce concert comme un affront. Les organisateurs avaient évoqué “une date choisie malencontreusement”. Sous la menace d’une interdiction par la Préfecture de police de Paris, le concert avait été décalé.- “Impliqués” -Au total, une trentaine d’artistes interpréteront chacun quelques morceaux.”Ils sont plus qu’impliqués, ça fait vraiment sens” pour eux, a souligné l’organisation auprès de l’AFP, expliquant que les artistes se produiront sans cachet. Signe de cet intérêt, la liste des participants s’est allongée: la star algérienne Soolking, le spécialiste de la drill francophone Gazo, le pilier Youssoupha, mais aussi le joueur de kora Sidiki Diabaté et Fally Ipupa, vedette de la nouvelle pop congolaise, sont attendus.Le concert affiche complet, avec jusqu’à 11.000 spectateurs attendus, dont de nombreuses personnes de la diaspora congolaise. “La cause est noble, il faut élever nos voix”, affirme Emmanuel Duciel, 23 ans, venu “exprès” de Lille pour ce concert qui doit “attirer le regard” sur le conflit, qu’il suit au quotidien. Mais il vient aussi pour Fally Ipupa, dont il est fan.En face de la salle, Filomena Kadimua, une Congolaise de 70 ans habitant à Bruxelles (Belgique), vend des drapeaux de la RDC. “Je suis venue pour soutenir le Congo et ce qu’il se passe à l’est”, assure-t-elle.”On sait tous qu’un concert ne va pas changer les choses mais c’est une solution de plus vers des solutions pérennes”, estime de son côté Isaac Massiala, conseiller au Ministère des Sports et Loisirs de la RDC, rencontré par l’AFP sur place.La mobilisation pour cet évènement démontre le besoin de “tirer la sonnette d’alarme une fois de plus”, souligne-t-il.- “Free Congo” -“Des prises de parole” jalonneront le show, avec des “interventions de militants, des victimes, de partenaires afin d’attirer l’attention sur la situation des enfants victimes de la guerre”, ont précisé les organisateurs.Deux mois plus tôt, six poids lourds du rap francophone (Damso, Ninho, Gradur…) ont sorti “Free Congo”, une chanson pour dénoncer un conflit qu’ils estiment passé sous silence.Depuis 30 ans, l’est de la RDC, région riche en ressources naturelles et frontalière du Rwanda, est ravagé par des violences meurtrières impliquant une myriade de groupes armés et certains pays voisins. Ces conflits se sont récemment intensifiés avec l’offensive éclair menée par le groupe armé M23, soutenu par des troupes rwandaises, qui lui a permis de s’emparer de Goma (Nord-Kivu) et de Bukavu (Sud-Kivu).Les dernières violences ont fait des milliers de morts et forcé des centaines de milliers de personnes à quitter leur foyer, selon l’ONU et le gouvernement congolais.Ce conflit puise ses racines dans le génocide des Tutsi, la fuite en RDC de centaines de milliers de Hutu, dont de nombreux génocidaires, et les guerres qui ont suivi.

Vérification d’âge: l’Arcom met en demeure deux sites pornographiques

L’Arcom a mis en demeure deux sites pornographiques pour ne pas avoir mis en place un système de vérification d’âge de leurs utilisateurs, première étape avant un éventuel blocage, a indiqué mardi le gendarme du numérique.Les deux sites pornographiques visés sont Pornovore et Chaturbate, selon les décisions publiées sur le site de l’Arcom.Ils disposent d’un délai de 15 jours pour se mettre en conformité avec une loi, entrée en vigueur en janvier, qui oblige les éditeurs de ces sites à mettre en place un système d’identification empêchant les mineurs d’y accéder.Passé ce délai, “l’Arcom pourra demander leur blocage et leur déréférencement ou prononcer des sanctions pécuniaires”, précise le gendarme du numérique et de l’audiovisuel.Cette mesure, obtenue après une longue bataille entre les pouvoirs publics et les éditeurs, était réclamée depuis longtemps par les associations de protection de l’enfance en France, où 2,3 millions de mineurs fréquentent des sites pornographiques selon l’Arcom.Début mars, le gendarme du numérique avait indiqué avoir identifié six sites porno établis en France ou en dehors de l’Union européenne qui ne s’étaient pas conformés à la loi, dont l’un a déjà été bloqué.Les trois autres sites n’ont, eux, pas écopé d’une mise en demeure car ils ont depuis mis en place divers moyens de prouver sa majorité, comme par exemple un selfie évalué par l’intelligence artificielle.L’Autorité rappelle également que “à compter du 7 juin prochain, elle sera également compétente pour vérifier la conformité de plusieurs plateformes pornographiques établies dans d’autres Etats membres de l’Union européenne”, conformément à l’arrêté interministériel publié en ce sens début mars.

Ils ont rencontré le pape et racontent “un homme qui écoutait”

Politiques, artistes, responsables religieux… ils ont été reçus par le pape François et racontent leur rencontre avec “un homme qui écoutait.”- Manu Payet, reçu en juin 2024 avec d’autres humoristes (à l’AFP): “Ça a duré une bonne heure. C’était joyeux, pas du tout coincé, avec juste ce qu’il fallait d’irrévérence respectueuse, assez jolie et très émouvante.” “J’ai crû à une blague d’abord (en recevant l’invitation, NDLR). Ce que j’ai trouvé formidable de la part de ce pape, c’est sa modernité.”François a prononcé un discours, “un très joli texte sur le pouvoir de l’humour dans le monde d’aujourd’hui. Il est même allé jusqu’à saluer l’importance de l’ironie, de la dérision.”- Gad Elmaleh (acteur), qui a raconté sa rencontre avec le pape François en décembre 2023 dans son spectacle “Lui-même” :”C’était une expérience folle… On a pu échanger sur mon questionnement sur la foi, sur l’identité juive, l’identité chrétienne, la fraternité et le football aussi ! Il m’a bouleversé par sa bonté” (au Parisien).”Nous avons commencé par une conversation sur la lumière, car j’avais expliqué dans ma lettre que je sollicitais ce rendez-vous dans la double lumière d’Hanoukka et de Noël. D’où une belle conversation sur la fraternité judéo-chrétienne…” (au Figaro).- Eric-Emmanuel Schmitt (écrivain), reçu le 14 novembre 2022 (à l’AFP):”Cet homme-là écoutait les gens avec profondeur. (…) Moi qui suis un homme vraiment imparfait, un chrétien encore plus imparfait, il me regardait comme frère…””Pendant cette rencontre, j’étais impressionné parce que j’étais devant l’accomplissement spirituel, un homme entièrement consacré à sa mission. En le quittant, il m’a demandé de prier pour lui : +ma tache est lourde, j’espère que je serai à la hauteur+.”- Nicolas Sarkozy, après une rencontre “en début de pontificat” (sur Instagram): “Je conserve le souvenir d’un entretien joyeux et profond, mais surtout d’un homme qui, bien qu’assis sur le siège de Pierre, successeur de tant de pape et garant de la continuité de l’Église autant que de la perpétuation de son message, disait au moment où vous le quittiez : +Aidez-moi+ +Priez pour moi+. “”Aujourd’hui, alors que l’état du monde suscite une perpétuelle inquiétude, nous pouvons tous souhaiter que le Pape François repose en paix.”- François Hollande, après l’une de ses rencontres en août 2016 (à Paris-Match):”Nous n’étions que tous les deux, dans le petit bureau où il travaillait. Un échange assez long et personnel qui n’avait rien de cérémoniel ou de convenu, sans protocole aucun. Un moment familier et singulier.” “Il m’a exprimé le souci de comprendre ce qui se passait en France (après l’assassinat du père Hamel en juillet 2016, NDLR). Nous avons parlé de la situation du monde, (…) de l’Afrique qui l’intéressait au plus haut point et de la conférence sur le climat.””Il avait un humour délicat (…) À la fin de l’entretien, alors qu’il n’ignorait rien de mon rapport à la religion, il m’a donné un chapelet avec un sourire complice.”- Mireille Mathieu (chanteuse), reçue en décembre 2019 (à l’AFP):”Le Saint-Père nous a reçus avec des cardinaux, avec une grande simplicité. Je lui ai dit que j’étais très fière de chanter pour lui. Il m’a remerciée. C’était très touchant. J’étais surtout très émue… On l’est toujours quand on a l’honneur de rencontrer le Saint-Père.”- Christian Krieger (président de la Fédération protestante de France), reçu en janvier 2020 (à l’AFP):”C’était beaucoup plus un homme d’écoute que de parole. Il voulait savoir. Je l’ai senti un peu affligé que les choses n’avancent pas autant qu’il le souhaitait, notamment sur la question de la justice climatique”. “On a aussi parlé d’immigration. Il avait les larmes aux yeux, parce qu’il voyait d’abord le sort d’êtres humains, pas juste un sujet politique”- Chems-eddine Hafiz (recteur de la Grande mosquée de Paris), reçu le 10 février 2025 (à l’AFP):”Cela a duré 20-30 minutes, mais intenses. Sa mémoire était intacte et il était très vif dans ses échanges.” “Je lui ai ramené un Coran traduit. Il l’a pris et embrassé à plusieurs reprises. C’est pour ça que je dis que je suis amoureux du pape. Pendant des siècles, l’islam était considéré comme l’ennemi du christianisme…”- Gilles Peuzé, victime d’agressions sexuelles par un prêtre, reçu le pape le 28 novembre 2023 (à l’AFP)”On était une vingtaine, il n’y avait que nous, pas de garde du corps, pas de protocole… Je garde le souvenir d’un père, d’un ami, une personne très proche des hommes. On le sentait malgré son état de santé défaillant. Il était fatigué, mais heureux de nous recevoir.””Ses mots ont été très simples,  +je vous demande pardon au nom de l’Eglise+. C’était un moment de plénitude personnelle, de soulagement. Je ne crois plus en l’Eglise mais ce jour-là on a été touchés par la grâce. Ca a permis de trouver une paix intérieure.”

Nutri-Score, publicité alimentaire: le Cese préconise une approche plus contraignante

Le Conseil économique social et environnemental (Cese) propose, dans un avis voté mardi, des mesures contraignantes contre les problèmes de santé liés à l’alimentation, comme la généralisation du Nutri-Score, la taxation des produits nocifs et l’encadrement de la publicité destinée aux enfants.Le Cese, composé de représentants de la société civile et dont le rôle est consultatif, s’est autosaisi de cette question, en parallèle de la construction de la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat 2025/2030 (Snanc).Mise en consultation le 4 avril, pour un mois, la Snanc a été saluée car longtemps attendue mais aussi critiquée par plus de 50 ONG, qui regrettent que “la majorité des mesures mentionnées soient de nature incitative” et non contraignantes.”On voit bien qu’avec des mesures qui ne reposent que sur des intentions, malheureusement ce n’est pas suivi d’effet”, a affirmé à l’AFP Dominique Marmier, co-rapporteur de l’avis du Cese et agriculteur.Il insiste sur la nécessité de mesures plus strictes, “avec des évaluations puis des sanctions”.Rendre obligatoire le Nutri-ScoreLe Conseil préconise de “reprendre les négociations au niveau européen pour rendre rapidement obligatoire” l’apposition du Nutri-Score sur “tous les produits transformés et vendus pré-emballés”.Dans la Snanc, le gouvernement propose, à l’horizon 2030, “d’inciter les annonceurs à apposer le Nutri-Score” et “d’expérimenter les modalités d’une extension de l’usage volontaire du Nutri-Score aux denrées non pré-emballées”. Après avoir refusé de rendre obligatoire le Nutri-Score sous la pression d’agro-industriels, italiens notamment, la Commission européenne a répété récemment “continuer à travailler” sur une solution consensuelle d’étiquetage nutritionnel.Taxer les produits trop nocifsLe Cese et la Snanc préconisent tous deux la mise en place d’un plan de réduction de la teneur en gras, sel et sucre des produits transformés “à des niveaux correspondant aux recommandations nutritionnelles médicales” (Cese).Ce plan serait co-construit avec “l’industrie agroalimentaire et la communauté scientifique”, a précisé Dominique Marmier, co-rapporteur.Dans la stratégie nationale, “en cas de non atteinte, (ce plan) sera suivi d’objectifs réglementaires”.La préconisation du Cese est plus précise : “mettre en place un dispositif de taxation sur les produits ne respectant pas les objectifs fixés après l’échéance collectivement définie”, dont les “recettes pourraient abonder le financement des actions en faveur de la lutte contre la précarité alimentaire”.”Avec les maladies (obésité, diabète…) en nette évolution, on pense que ça coûte à la Sécurité sociale une vingtaine de milliards chaque année, parce qu’on apporte des soins qui ne devraient pas être là si on mangeait correctement”, a expliqué Dominique Marmier. Selon lui, cette “petite taxe” aurait pour objectif de “pénaliser les mauvais élèves” car les simples leviers incitatifs ne suffisent pas.”Je sais que les interdictions et les taxations évoquées dans notre avis irritent” mais n’interviendraient que dans un deuxième temps, a précisé Henri Biès-Péré, président de la commission Territoires, agriculture et alimentation lors de la séance plénière.Mieux encadrer la publicitéLe Cese préconise d’encadrer plus strictement la publicité sur les produits alimentaires destinée aux enfants. Les mesures en vigueur permettent de réguler les publicités avant et après les programmes destinés aux enfants sur les chaînes du service public mais pas sur les chaînes privées, qui représentent pourtant “deux tiers des audiences des programmes” jeunesse, explique le conseil. Et ces programmes représentent moins de 20% de ce que regardent les enfants, qui se tournent notamment vers la téléréalité.Or 88% des publicités destinées aux enfants promeuvent des produits au Nutri-Score D ou E (contre 43% pour les publicités “tous publics”), et 0% pour des produits A ou B (contre 30% pour les “tous publics”), selon une étude de l’UFC-Que Choisir. L’association suggère même “d’interdire les publicités pour les aliments de Nutri-Score D et E lors des programmes les plus regardés par les enfants”. Les ONG reprochent au gouvernement d’avoir substitué un simple “levier incitatif” au “cadre réglementaire” initialement prévu pour “réduire efficacement l’exposition des enfants” à ces publicités dans la Snanc.Ce choix “contraste avec la décision du gouvernement britannique d’interdire la publicité pour la malbouffe sur internet et à la télévision en journée à compter du 1er octobre”, relèvent les ONG.

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Au Maroc, des bénévoles traquent les déchets qui empoisonnent le désert

Aux portes du “Grand Désert”, dans le sud du Maroc, des bénévoles traquent les déchets incrustés dans le sable: bouteilles, sacs plastiques, “il y en a de toutes sortes”, constate l’un d’entre eux lors d’une initiative de nettoyage aux abords d’un village en plein Sahara.A l’occasion de la 20e édition du Festival international des nomades, organisée mi-avril dans la localité de M’Hamid El Ghizlane, environ 50 personnes, gantées et munies de sacs poubelle, s’activent sous une pluie fine.En cinq heures, ils ont récolté entre 400 et 600 kilos de déchets, selon les organisateurs.”Habituellement, les initiatives de nettoyage se concentrent sur les plages et les forêts. Pourtant, le désert souffre également de la pollution”, indique à l’AFP Nouredine Bougrab, fondateur du Festival et habitant de M’Hamid El Ghizlane, village de quelque 6.600 âmes.Cette campagne, qui a réuni artistes, militants associatifs et touristes étrangers, est un “appel” à la “protection des déserts du monde”, poursuit M. Bougrab, 46 ans.Elle a commencé à l’entrée nord de M’Hamid El Ghizlane, “une zone particulièrement touchée par la pollution”, affirme-t-il, puis s’est poursuivie jusqu’à l’autre extrémité de la commune, marquant le début du “Grand Désert”.Les origines de cette pollution sont essentiellement “liées à la production massive de produits en plastique, à son faible taux de recyclage”, sans compter les “polluants atmosphériques transportés par le vent”, explique l’anthropologue Mustapha Naimi.Le Maroc et ses quasi 37 millions d’habitants génèrent chaque année environ 8,2 millions de tonnes de déchets ménagers, d’après le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable.”Cela représente l’équivalent de 811 fois le poids de la Tour Eiffel, ou encore de quoi remplir 2.780 piscines olympiques de déchets tassés”, illustre Hassan Chouaouta, expert international en développement stratégique durable.Sur ce volume, “entre 6 et 7%” sont recyclés, précise-t-il.- “Partout” -Le réveil a sonné “tôt”, confie un bénévole français, Ronald Le Floch. Pour ce photographe, qui habite New York, le but de l’opération est “de montrer que c’est important de prendre soin de ce type d’environnement”.”Ce matin, on a trouvé essentiellement des déchets plastiques”, qui, avec “le temps”, se sont dégradés en “petits morceaux” répandus “partout”, décrit cet homme de 35 ans, affirmant avoir aussi trouvé des vêtements et conserves.Cette initiative est cruciale pour protéger “les animaux” et la population locale, souligne Ousmane Ag Oumar, un Malien de 35 ans, membre de Imarhan Timbuktu, un groupe de blues Touareg. Il pointe un danger direct pour les troupeaux, essentiels à la subsistance des communautés nomades.”Les déchets plastiques ont des effets néfastes sur l’environnement saharien puisqu’ils contaminent les terres, les pâturages, les rivières, les aires de nomadisation”, abonde l’anthropologue Naimi.Le nomadisme pastoral, un mode de vie millénaire reposant sur la mobilité au gré des saisons et des pâtures du bétail, tend à disparaître au Maroc, fragilisé par le dérèglement climatique qui bouleverse les itinéraires de transhumance et pousse les communautés nomades vers la sédentarisation.Les dernières données officielles sur le recensement des nomades remontent à 2014, avec un total de 25.274 personnes, soit une baisse de 63% par rapport à 2004.En outre, cette population n’a “pas bénéficié de beaucoup de soutien de l’Etat, comparativement aux subventions accordées à l’agriculture par exemple, surtout pour les produits destinés à l’exportation”, affirme Mohammed Mahdi, professeur de sociologie rurale.”Pour les éleveurs (nomades), on donne très peu et comme ils n’arrivent pas à se maintenir, un bon nombre a fait faillite et quitté l’activité d’élevage”, ajoute l’expert.Mohamed Oujâa, 50 ans, leader du groupe “Les pigeons du sable”, spécialiste de musique gnaoua (style pratiqué au Maghreb par les descendants d’esclaves noirs) insiste pour sa part sur l’importance d'”un environnement propre” pour “les générations futures”.Cette initiative n’est “que la première d’une série de campagnes à venir de nettoyage du désert”, espère-t-il.

Les cinq cardinaux français électeurs du futur pape

Cent trente-cinq cardinaux-électeurs, âgés de moins de 80 ans, seront appelés à élire lors d’un conclave le successeur du pape François, mort lundi à 88 ans. Parmi eux figurent cinq Français, soit un de plus que lors du conclave de 2013:- Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille et futur visage de l’Eglise de FranceNé en 1958 en Algérie, ce descendant d’une lignée de pieds-noirs andalous a passé presque toute sa vie dans la cité phocéenne, dont il est devenu l’un des visages emblématiques.Ordonné évêque auxiliaire de Marseille en 2013, ce défenseur de la fraternité interculturelle souriant et affable a très tôt cherché à favoriser un dialogue interreligieux apaisé et à œuvrer pour la défense des migrants, deux des piliers du pontificat de François.Artisan principal de la visite du pape à Marseille en septembre 2023, il a été élu en avril, dès le premier tour, à la tête de la Conférence des évêques de France (CEF), une fonction qu’il prendra en juillet.Interrogé lundi sur le conclave, ce cardinal dont le nom est parfois cité parmi les successeurs possibles de François a affirmé qu’il y allait “comme une grande retraite spirituelle, et puis advienne que pourra en écoutant ce que l’esprit nous soufflera à l’oreille”.- Philippe Barbarin, archevêque émérite de Lyon Intellectuel, marathonien, polyglotte et conservateur, Philippe Barbarin, né en 1950 à Rabat, a été créé cardinal en 2003 par Jean-Paul II et a participé aux conclaves de 2005 et 2013.Le médiatique prélat est devenu le symbole des silences de l’Église face à la pédophilie. Condamné en première instance en 2019 à six mois de prison avec sursis pour avoir tu les agressions sexuelles commises – bien avant son arrivée – par un prêtre du diocèse, le “Primat des Gaules” a été relaxé en appel avant de démissionner en 2020 de son poste d’archevêque de Lyon, qu’il occupait depuis 2002.- François Bustillo, évêque d’Ajaccio Ce fils de militaire est né en 1968 à Pampelune en Espagne, où il a vécu jusqu’à ses 17 ans. Religieux franciscain, amateur de sport, il a été en mission dans le sud-ouest de la France, notamment à Lourdes avant de devenir en 2021 évêque d’Ajaccio.Proche des fidèles, engagé dans la vie locale, ce très populaire pasteur estime qu’il faut continuer “la réparation de l’Eglise de l’intérieur”.  Médiatique et énergique, il a été fait cardinal en septembre 2023 par le pape François, qui a effectué en Corse son dernier déplacement à l’étranger, en décembre 2024.- Dominique Mamberti, un diplomate à la CurieNé en 1952 à Marrakech, ce diplomate de formation a été représentant du Saint-Siège en Algérie, au Chili, aux Nations unies, au Liban, au Soudan et en Somalie. De 2006 à 2014, il occupe le poste stratégique de “ministre des Affaires étrangères”, pendant la quasi totalité du pontificat de Benoît XVI, dont il est proche.Créé cardinal en 2015, il est depuis 2014 préfet du Tribunal suprême de la Signature apostolique, l’un des tribunaux du Vatican.En tant que cardinal “protodiacre”, c’est lui qui sera chargé de prononcer la célèbre formule “Habemus Papam” annonçant l’élection du pape.- Christophe Pierre, une longue carrière diplomatiqueCe Breton de 79 ans natif de Rennes, qui a suivi une partie de sa scolarité à Madagascar et au Maroc, a eu une longue et riche carrière diplomatique: il a été en poste en Nouvelle-Zélande, au Mozambique, au Zimbabwe, à Cuba, au Brésil, à Genève, en Ouganda et au Mexique. Depuis 2016, il est ambassadeur du Saint-Siège aux Etats-Unis. Il a été créé cardinal par François en 2023.A cette liste s’ajoute Mgr Jean-Paul Vesco, archevêque d’Alger, créé cardinal en octobre 2024. Bien qu’il ait la double nationalité franco-algérienne, ce dominicain né à Lyon en 1962 représente l’Eglise d’Algérie, et n’est donc pas comptabilisé parmi les cardinaux français.