AFP Top News

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Turquie: un séisme de magnitude 6,2 secoue Istanbul, nombreuses répliques

Un puissant sĂ©isme de magnitude 6,2, dont l’Ă©picentre se trouvait Ă  7 km de profondeur en mer de Marmara, a secouĂ© mercredi Istanbul, suivi de dizaines de rĂ©pliques, sans faire de victimes ni de dĂ©gâts, selon les premiers constats des autoritĂ©s turques.Selon le ministre de l’IntĂ©rieur Ali Yerlikaya, plus d’une cinquantaine de rĂ©pliques dont une de 5.9 ont Ă©tĂ© enregistrĂ©es dans les deux heures suivant le tremblement de terre qui s’est produit Ă  12H49 locales (9H49 GMT).”Un tremblement de terre de magnitude 6.2 s’est produit dans la mer de Marmara aujourd’hui Ă  12H49 (9H49 GMT). Le tremblement de terre, d’une profondeur d’environ 7 km, a durĂ© au total 13 secondes. (Il) s’est produit Ă  24 km de la cĂ´te de Silivri et a Ă©tĂ© ressenti dans les provinces environnantes dont Istanbul. Ă€ 15H12 (12H15 GMT), 51 rĂ©pliques ont Ă©tĂ© enregistrĂ©es, dont la plus importante Ă©tait de magnitude 5,9″, a prĂ©cisĂ© sur X le ministre.Le sĂ©isme et ses rĂ©pliques ont Ă©tĂ© ressentis dans tous les quartiers de l’immense ville de 16 millions d’habitants, situĂ©e sur le Bosphore et la Mer de Marmara.- rĂ©fugiĂ©s dans les parcs -Des milliers de personnes se sont jetĂ©es dans les rues, en proie Ă  la panique, ont constatĂ© des journalistes de l’AFP, et la plupart restaient rĂ©fugiĂ©es dans des parcs Ă  ciel ouvert, certains munis de tentes, sans oser rentrer chez elles.Le 23 avril Ă©tant un jour fĂ©riĂ© en Turquie, les institutions, les Ă©coles et de nombreux commerces sont fermĂ©s. “J’ai senti la secousse, je me suis jetĂ© dehors” confie un peintre, rencontrĂ© près de la Tour de Galata après avoir dĂ©valĂ© ses quatre Ă©tages. “Nous avons paniquĂ©, mais c’est tout… on a juste pris nos jambes Ă  notre cou. Nous ne pouvons rien faire, absolument rien”, a confiĂ© Ă  l’AFP un vendeur-ambulant.La puissante secousse de 6.2 a Ă©tĂ© ressentie selon l’Afad dans les villes voisines d’Istanbul, dans un rayon de plusieurs centaines de km jusqu’Ă  Izmir sur la cĂ´te Ă©gĂ©enne, ainsi qu’Ă  Sofia, la capitale de la Bulgarie, et sur l’Ă®le grecque de Lesbos, selon les bureaux de l’AFP.Les autoritĂ©s n’ont pas fait Ă©tat de victimes ni de dĂ©gâts. La chaĂ®ne NTV a rapportĂ© l’effondrement d’un immeuble inoccupĂ© selon elle depuis près de 30 ans, dans le quartier de Fatih.Le prĂ©sident Recep Tayyip Erdogan a indiquĂ© “suivre les dĂ©veloppements de près”.”Tous nos services d’urgence sont en Ă©tat d’alerte. Aucun bâtiment ne s’est effondrĂ© selon les informations dont nous disposons Ă  ce stade. Nous poursuivons les recherches”, a indiquĂ© le gouvernorat d’Istanbul qui appelle “les citoyens Ă  ne pas s’approcher de bâtiments endommagĂ©s”.Le ministre des Transports a de son cĂ´tĂ© relevĂ© l’absence de dĂ©gâts aux infrastructures, “autoroutes, chemins de fer, aĂ©roports, mĂ©tros”, selon les premières observations.- La hantise du “Big one” – La Turquie est traversĂ©e par deux failles qui ont causĂ© de nombreux drames par le passĂ©.Istanbul vit dans la hantise du “Big one”: elle est situĂ©e Ă  20 km de la faille nord-anatolienne et les plus pessimistes des experts prĂ©voient un sĂ©ime de magnitude 7 au moins d’ici Ă  2030, qui provoquerait l’effondrement partiel ou total de centaines de milliers d’Ă©difices.Se voulant rassurant, le Pr Naci Görur, un des sismologues rĂ©putĂ©s du pays, a affirmĂ© sur X que celui de mercredi n’Ă©tait pas encore le bon: “Ces secousses ne sont pas les tremblements de terre majeurs auxquels nous nous attendons Ă  Marmara” a-t-il indiquĂ©.”Le vĂ©ritable tremblement de terre ici sera plus fort et supĂ©rieur Ă  7″, insiste-t-il, tout en appelant “la population et le gouvernement Ă  prendre des prĂ©cautions mĂŞme lorsqu’il n’y a pas de tremblement de terre” (…) pour prĂ©parer la ville”.Le sud-est du pays a subi un violent tremblement de terre en fĂ©vrier 2023 qui a fait au moins 53.000 morts et dĂ©vastĂ© la citĂ© antique d’Antakya, l’ex Antioche.Le district de Silivri abrite notamment l’une des principales prisons du pays, oĂą se trouvent incarcĂ©rĂ©s le maire d’oppposition d’Istanbul Ekrem Imamoglu et le mĂ©cène et philanthrope Osman Kavala.C’est Ă©galement lĂ  qu’ont Ă©tĂ© conduits de très nombreux manifestants interpellĂ©s lors de la vague de contestation qui a suivi l’arrestation de M. Imamoglu le 19 mars, incarcĂ©rĂ© Ă  Silivri six jours plus tard.Le rĂ©seau d’entraide des parents des jeunes dĂ©tenus a affirmĂ© sur X que l’Ă©tablissement n’avait pas subi de dĂ©gâts.

La RĂ©union: trois nouveaux dĂ©cès “liĂ©s au chikungunya”, le bilan provisoire passe Ă  neuf morts

Trois nouveaux dĂ©cès “liĂ©s au chikungunya” ont Ă©tĂ© enregistrĂ©s Ă  La RĂ©union, portant Ă  neuf le nombre de morts depuis le dĂ©but de l’Ă©pidĂ©mie, a annoncĂ© mercredi SantĂ© publique France dans son bulletin hebdomadaire.”Depuis le dĂ©but de l’annĂ©e, neuf dĂ©cès survenus entre les semaines 11 et 14 (du 10 mars au 6 avril, NDLR) chez des personnes de plus 70 ans porteuses de comorbiditĂ©s ont Ă©tĂ© classĂ©s comme liĂ©s au chikungunya”, indique l’agence sanitaire, ajoutant que “neuf autres dĂ©cès”, dont un nĂ©onatal, sont en cours d’investigation pour dĂ©terminer s’ils sont liĂ©s au virus. L’Ă©pidĂ©mie se “stabilise Ă  un haut niveau de transmission”, ajoute SantĂ© publique France, selon qui plus de 39.000 cas confirmĂ©s de chikungunya ont Ă©tĂ© signalĂ©s Ă  la RĂ©union depuis le dĂ©but de l’annĂ©e.Du 7 au 13 avril, la dernière semaine pour laquelle les donnĂ©es sont connues, 350 passages aux urgences ont Ă©tĂ© enregistrĂ©s contre 289 la semaine prĂ©cĂ©dente, soit une hausse de 21%.Le nombre de cas confirmĂ©s comptabilisĂ©s sur la mĂŞme pĂ©riode est lui en baisse, de 6.237 Ă  4.304, mais SantĂ© publique France prĂ©cise que ce nombre n’est pas consolidĂ© et qu’il pourrait donc s’avĂ©rer plus Ă©levĂ©.Au total, “47 cas graves de chikungunya ont Ă©tĂ© signalĂ©s principalement chez des personnes âgĂ©es ou des nourrissons nĂ©cessitant une prise en charge en soins intensifs”, souligne l’agence sanitaire. Il s’agissait de 27 adultes de plus de 65 ans, de trois personnes prĂ©sentant des comorbiditĂ©s et de 17 nourrissons de moins de trois mois.Jusqu’alors, 261 hospitalisations dĂ©passant 24 heures ont Ă©tĂ© signalĂ©es, dont près de la moitiĂ© concernait des personnes de plus de 65 ans, et un quart des moins de 6 mois, a prĂ©cisĂ© l’agence sanitaire.Il n’existe pas de traitement spĂ©cifique contre la maladie, mais une campagne de vaccination a Ă©tĂ© lancĂ©e dĂ©but avril. Quelque 40.000 doses du vaccin Ixchiq, le premier ayant obtenu une autorisation de mise sur le marchĂ© en Europe, sont arrivĂ©es Ă  La RĂ©union et 60.000 doses supplĂ©mentaires ont Ă©tĂ© achetĂ©es.Mais la campagne “dĂ©marre timidement”, avec environ 3.000 personnes dĂ©jĂ  vaccinĂ©es, a indiquĂ© mardi le directeur gĂ©nĂ©ral de l’agence rĂ©gionale de santĂ© (ARS), GĂ©rard Cotellon, Ă  Emmanuel Macron en dĂ©placement sur l’Ă®le.Selon le ministre de la SantĂ© Yannick Neuder, Ă©galement sur place, “autour de 120.000” personnes pourraient avoir Ă©tĂ© contaminĂ©es par le chikungunya, maladie transmise par le moustique tigre.Avant la flambĂ©e actuelle, aucun cas de chikungunya n’avait Ă©tĂ© signalĂ© depuis 2010 Ă  La RĂ©union. Une grande Ă©pidĂ©mie y avait touchĂ© 260.000 personnes et fait plus de 200 morts entre 2005 et 2006.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Automobile: le salon de Shanghai, symbole de la nouvelle donne mondiale malgré la tempête douanière

Le salon de l’automobile de Shanghai a dĂ©butĂ© mercredi en illustrant la nouvelle donne de l’automobile mondiale, avec de fortes ambitions de la Chine Ă  l’export malgrĂ© la tempĂŞte des droits de douane.Les groupes chinois ont multipliĂ© les lancements, dĂ©montrant leur avance technologique dans les voitures Ă©lectriques.La startup Xpeng a dĂ©voilĂ© un système de batterie permettant de retrouver 420 kilomètres d’autonomie en 10 minutes, en rĂ©ponse Ă  de rĂ©centes annonces du leader chinois du secteur BYD et du gĂ©ant des batteries CATL.Sur le stand de BYD, une foule compacte de visiteurs, de journalistes et d’influenceurs a assistĂ© Ă  la prĂ©sentation de cinq nouvelles voitures de sa gamme “Ocean”, ainsi qu’un nouveau SUV de sa marque de luxe Yangwang, et un concept sportif de son autre marque premium, Denza.La Chine est devenue le premier marchĂ© automobile mondial, notamment via l’explosion des ventes de voitures Ă©lectriques. Mais les centaines de modèles exposĂ©s au Palais des congrès de Shanghai, construits par des groupes chinois comme Ă©trangers, sont freinĂ©s Ă  l’export par les droits de douane europĂ©ens et amĂ©ricains.”Les droits de douane ont des consĂ©quences pour nos affaires, principalement sur leur rentabilitĂ©”, a soulignĂ© Brian Gu, l’un des patrons de la startup de voitures Ă©lectriques Xpeng. “Mais nous avons un engagement sur le long terme (en Europe) (…) On travaille avec nos partenaires pour dĂ©cider des meilleurs modèles Ă  exporter, des tarifs, ainsi que d’une potentielle production locale”, a expliquĂ© M. Gu dans une interview Ă  l’AFP.Le constructeur Nio a reportĂ© de son cĂ´tĂ© le lancement en Europe de sa marque d’entrĂ©e de gamme Firefly. “Il ne faut pas ĂŞtre irrĂ©aliste”, a soulignĂ© Ă  l’AFP son prĂ©sident, Lin Qihong. “On peut revoir les objectifs de vente Ă  la baisse pour certains modèles, mais il faut qu’on garde un bon rythme (dans le dĂ©veloppement des marchĂ©s)”.- Contre-offensive -Les droits de douane compliquent aussi la vie des constructeurs allemands, qui en plus de leur recul sur le marchĂ© chinois, se retrouvent Ă  affronter les droits de douane amĂ©ricains.”La complexitĂ© actuelle de ce qui se passe, avec un paysage gĂ©opolitique, Ă©conomique et commercial qui change, est inĂ©dite dans ma carrière de 32 ans dans l’automobile”, a lâchĂ© le patron de Mercedes Ola Kallenius lors d’une table ronde avec des journalistes.Oliver Zipse, le patron de BMW, très touchĂ© par les droits de douane amĂ©ricains, a rĂ©pĂ©tĂ© que la marque munichoise “continuera de dĂ©fendre l’ouverture des marchĂ©s”.Sur le stand de BMW, un dirigeant Ă©tranger parlait en mandarin avec un robot, avant qu’Oliver Zipse ne dĂ©voile un SUV futuriste de sa nouvelle gamme “Neue Klasse”. Une version dĂ©diĂ©e Ă  la Chine sera lancĂ©e dès l’an prochain.Les groupes Ă©trangers essaient tous de combler le retard pris sur les Chinois, qui conçoivent et lancent de nouveaux modèles en quelques mois.”Nous n’allions pas Ă  la mĂŞme vitesse parce que les marques chinoises font preuve d’une rapiditĂ© exceptionnelle” pour l’industrie automobile, a expliquĂ© le patron de Nissan pour la Chine, Stephen Ma. Après avoir vu ses ventes divisĂ©es par deux en quelques annĂ©es, le groupe japonais a annoncĂ© qu’il allait investir 10 milliards de yuans supplĂ©mentaires en Chine (1,2 milliard d’euros) et y lancer dix nouveaux modèles d’ici l’Ă©tĂ© 2027, contre huit prĂ©vus jusqu’ici.Volkswagen, premier groupe Ă©tranger en Chine mais en difficultĂ© lui aussi, a dĂ©voilĂ© de son cĂ´tĂ© une contre-offensive massive. Une sĂ©rie de modèles Ă©lectriques pensĂ©s “en Chine pour la Chine”, rĂ©alisĂ©s avec des groupes locaux pour aller plus vite et faire des Ă©conomies, doit arriver dans les concessions dès cette annĂ©e. Pour reprendre quelques parts de marchĂ©, ces modèles mettent en avant les technologies dont sont friands les Chinois, des lumières personnalisables aux aides Ă  la conduite, comme pour la nouvelle Audi E5 Sportback.

PublicitĂ© en ligne: 200 mĂ©dias français attaquent Meta pour “pratiques illĂ©gales”

Quelque 200 mĂ©dias français, dont TF1, France TĂ©lĂ©visions, Radio France ou Le Figaro, attaquent en justice Meta, la maison mère amĂ©ricaine de Facebook et Instagram, en l’accusant de “pratiques illĂ©gales” dans la publicitĂ© en ligne, ont annoncĂ© leurs avocats mercredi.Ces mĂ©dias reprochent au gĂ©ant d’internet un “ciblage publicitaire basĂ© sur la collecte massive et illicite de donnĂ©es personnelles des utilisateurs”, selon un communiquĂ© de leurs avocats, Me Didier ThĂ©ophile du cabinet parisien Darrois et le cabinet amĂ©ricain Scott+Scott.Les plaignants ont assignĂ© Meta mercredi devant le tribunal des activitĂ©s Ă©conomiques de Paris (ex-tribunal de commerce). Ils entendent “obtenir rĂ©paration du prĂ©judice Ă©conomique massif (…) causĂ© par les pratiques commerciales dĂ©loyales du gĂ©ant amĂ©ricain”. Ce dernier a, selon eux, “collectĂ© massivement les donnĂ©es personnelles de ses utilisateurs sans informer ni solliciter (leur) consentement”, en “violation flagrante des règles europĂ©ennes sur la protection des donnĂ©es (RGPD)”.”En exploitant ces donnĂ©es pour proposer des publicitĂ©s ultraciblĂ©es, Meta a pu capter la majoritĂ© des investissements publicitaires au dĂ©triment des mĂ©dias”, argumentent les avocats, en qualifiant de “première historique” un tel front commun.La liste des plaignants comprend tous types de mĂ©dias: des tĂ©lĂ©visions et des radios privĂ©es et publiques (dont TF1, France TĂ©lĂ©visions, Radio France, le groupe RMC BFM, Lagardère, qui dĂ©tient notamment Europe 1), des quotidiens nationaux (Le Figaro, LibĂ©ration) et rĂ©gionaux (dont Ouest France, Centre France, La Voix du Nord, La DĂ©pĂŞche), des magazines (les groupes CMI, qui dĂ©tient Marianne, et Prisma, propriĂ©taire de Voici) ou encore la plateforme vidĂ©o Dailymotion.SollicitĂ© par l’AFP, Meta n’avait pas rĂ©agi dans l’immĂ©diat.Les avocats des mĂ©dias concernĂ©s font valoir que Meta et Google, autre gĂ©ant amĂ©ricain d’internet, accaparent l’essentiel du marchĂ© de la publicitĂ© en ligne. “A eux deux, ils reprĂ©sentent 75 % du marchĂ© et 90% de sa croissance”, assurent-ils, en notant que la publicitĂ© “constitue l’essentiel” des revenus de Meta, soit “98% de son chiffre d’affaires mondial”. “Sans les pratiques dĂ©loyales de Meta, les mĂ©dias français auraient bĂ©nĂ©ficiĂ© d’une part significativement plus importante des investissements publicitaires numĂ©riques”, estiment les avocats.

Attaques contre des prisons et agents: Retailleau Ă©voque “65 faits” depuis dix jours

Quelque “65 faits” ont Ă©tĂ© commis depuis le 13 avril autour de centres pĂ©nitentiaires et leurs agents, mobilisant “125 enquĂŞteurs”, a indiquĂ© le ministre de l’IntĂ©rieur Bruno Retailleau mercredi sur BFMTV-RMC.”Les faits sont nombreux depuis dix jours. Ils sont rĂ©cents et sans doute coordonnĂ©s. Il y en a eu 65 en France dans trente et quelque dĂ©partements: un tiers des dĂ©partement ont connu des faits, des incendies criminels sur des Ă©tablissements pĂ©nitentiaires, sur des domiciles d’agents pĂ©nitentiaires”, a affirmĂ© Bruno Retailleau. “Nous mettons le paquet, nous avons une mobilisation considĂ©rable de nos forces sous l’autoritĂ© judiciaire du Pnat (parquet national antiterroriste, NDLR). Ce sont pas moins de 125 enquĂŞteurs qui sont mobilisĂ©s, avec l’appui de trente autres enquĂŞteurs de la police scientifique et technique. Je ne doute pas qu’on les aura”, a-t-il ajoutĂ©.Le parquet antiterroriste s’est quant Ă  lui saisi de 13 faits, a-t-il indiquĂ© mardi Ă  l’AFP, notamment des tirs d’arme Ă  feu et des jets de cocktails Molotov ayant visĂ© un lotissement Ă  Villefontaine (Isère) oĂą rĂ©sident des agents pĂ©nitentiaires, non loin de la prison de Saint-Quentin-Fallavier. C’est dans ce centre pĂ©nitentiaire que le ministre de l’IntĂ©rieur se rendra aux cĂ´tĂ©s du garde des Sceaux GĂ©rald Darmanin et du Premier ministre François Bayrou mercredi après-midi, pour exprimer leur soutien au personnel pĂ©nitentaire.”On ne peut pas maĂ®triser une situation en quelques jours: je ne suis pas un prestidigitateur”, a poursuivi le ministre de l’IntĂ©rieur.”Il y avait au dĂ©part trois pistes: une piste ultra-gauche, une piste ingĂ©rence Ă©trangère et un autre narcotrafic, des narcoracailles. Quand on voit la configuration des choses, quand on voit que ça vient juste après la loi narcotrafic… (…) Il y a un lien qui paraĂ®t assez Ă©vident mais le Pnat nous le dira mais on voit bien qu’il y a une action très très coordonnĂ©e”, a-t-il encore assurĂ©.Depuis dix jours, un groupe revendiquant la “dĂ©fense des droits des prisonniers français”, ou DDPF, sigle retrouvĂ© aux abords des prisons prises pour cibles, vise les Ă©tablissements ou agents pĂ©nitentiaires, publiant vidĂ©o et menaces sur la messagerie cryptĂ©e Telegram. 

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

En Arabie saoudite, l’art d’extraire le parfum de la “citĂ© des roses”

Depuis cinq dĂ©cennies, Khalafallah al-Talhi taille Ă  la main les buissons Ă©pineux et cueille les fleurs, perfectionnant l’art d’extraire le parfum très demandĂ© de la “citĂ© des roses” nichĂ©e dans les montagnes de l’ouest de l’Arabie saoudite.   “J’aime les roses plus que mes propres enfants”, confie Ă  l’AFP l’homme de 80 ans dans sa ferme florale, l’une des quelque 800 que compte TaĂ«f, ville surnommĂ©e “la citĂ© des roses”.SituĂ©e Ă  quelque 1.700 mètres d’altitude, TaĂ«f produit chaque annĂ©e quelque 300 millions de ces fleurs emblĂ©matiques Ă  pĂ©tales roses. A lui seul, M. Talhi dit en faire pousser de cinq Ă  six millions par saison.A l’arrivĂ©e du printemps, les champs se couvrent gĂ©nĂ©ralement d’un tapis rose Ă©clatant. Les fleurs sont alors cueillies Ă  la main, du levĂ©e du soleil jusqu’Ă  la tombĂ©e de la nuit, par des dizaines de travailleurs.  Une fois rĂ©coltĂ©es, les pĂ©tales sont trempĂ©es et bouillies pendant des heures dans de grandes cuves. Le parfum est ensuite extrait Ă  travers un processus complexe de distillation de la vapeur, qui produit une huile essentielle très prisĂ©e. – Le parfum de La Mecque -L’eau de rose produite Ă  TaĂ«f est utilisĂ©e notamment pour laver les murs de la Kaaba, l’Ă©difice cubique au centre de la Grande mosquĂ©e de La Mecque vers lequel les musulmans se tournent pour prier, tandis que les parfums Ă  base de roses locales sĂ©duisent de nombreux pèlerins. “La quantitĂ© de roses produites Ă  TaĂ«f est limitĂ©e. Il y a peu d’exportations, car la demande locale est très forte. En Arabie saoudite, beaucoup ne jurent que par ce parfum”, souligne l’agriculteur.Une petite partie des huiles est exportĂ©e Ă  l’Ă©tranger, oĂą elles sont utilisĂ©es dans la fabrication de parfums ou intĂ©grĂ©es Ă  des produits cosmĂ©tiques, comme des crèmes ou des savons.Selon la base de donnĂ©es Ă©conomiques TrendEconomy, l’Arabie saoudite a exportĂ© pour seulement 141 millions de dollars de produits de parfumerie en 2023, eau de rose inclue.Durant la rĂ©colte, les travailleurs de la ferme de M. Talhi cueillent chaque jour plusieurs dizaines de milliers de fleurs.”Nous sommes nĂ©s dans les champs, nous avons toujours travaillĂ© la terre”, dit-il, vĂŞtu d’une longue tunique blanche et d’un keffieh rouge et blanc.Mais les roses de TaĂ«f, qui fleurissent d’ordinaire d’avril Ă  juin dans un paysage verdoyant et des tempĂ©ratures clĂ©mentes, subissent les alĂ©as d’une mĂ©tĂ©o de plus en plus capricieuse.Selon les climatologues, le rĂ©chauffement climatique augmente la frĂ©quence et la gravitĂ© de phĂ©nomènes mĂ©tĂ©orologiques extrĂŞmes, comme les canicules, les pluies diluviennes ou les sĂ©cheresses. – “Mon âme” -L’Arabie saoudite, avec son climat aride et ses vastes dĂ©serts, est particulièrement vulnĂ©rable. “Le changement climatique accĂ©lère la dĂ©gradation des sols dans des processus tels que la salinisation, l’Ă©rosion et la dĂ©sertification, ce qui diminue la qualitĂ© et la productivitĂ© des terres arables en Arabie saoudite”, indique un rapport publiĂ© par l’Atlantic council. Le groupe de rĂ©flexion a estimĂ© que les rendements de blĂ© devraient diminuer de 20 Ă  30% d’ici 2050 en raison du stress thermique et du manque d’eau pour l’irrigation, tandis que des rĂ©ductions sont Ă©galement attendues pour les palmiers dattiers et d’autres cultures de base.Et la rĂ©gion de TaĂ«f n’y Ă©chappe pas.”L’an dernier, et l’annĂ©e d’avant, il a fait extrĂŞmement froid. Certains agriculteurs n’ont pas rĂ©coltĂ© une seule fleur”, raconte M. Talhi.Heureusement, cette annĂ©e, la mĂ©tĂ©o a Ă©tĂ© plus clĂ©mente. “Il y a des changements, mais (…) le climat est restĂ© doux”, dit-il.Si le temps devient moins prĂ©visible, M. Talhi, lui, reste content. MalgrĂ© son âge avancĂ©, il se lève chaque jour avant l’aube pour travailler dans les champs, souvent jusque tard dans la nuit.”Cette ferme, c’est mon âme, mon cĹ“ur qui bat”, confie-t-il Ă  l’AFP: “Rien ne m’en sĂ©parera, sauf la mort”.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Climat: le blanchissement mondial des coraux bat record sur record

L’Ă©pisode massif de blanchissement des coraux en cours depuis deux ans ne cesse de battre des records et près de 84% des rĂ©cifs de la planète sont dĂ©sormais endommagĂ©s, menaçant de tuer ces Ă©cosystèmes indispensables Ă  la vie marine et Ă  des centaines de millions de gens.Les coraux sont très vulnĂ©rables Ă  la hausse des tempĂ©ratures de l’eau. Or celles des ocĂ©ans du globe se maintiennent depuis 2023 Ă  des niveaux inĂ©dits, sous l’effet du rĂ©chauffement climatique.ConsĂ©quence de cette surchauffe et de l’acidification des mers, provoquĂ©es par les Ă©missions de gaz Ă  effet de serre de l’humanitĂ©, un Ă©pisode mondial de blanchissement, le quatrième depuis 1998, s’Ă©tend depuis deux ans Ă  travers l’Atlantique, le Pacifique et l’ocĂ©an Indien.”Entre le 1er janvier 2023 et le 20 avril 2025, un stress thermique synonyme de blanchissement a touchĂ© 83,7% des rĂ©cifs de la planète”, a indiquĂ© l’Agence amĂ©ricaine d’observation ocĂ©anique et atmosphĂ©rique (NOAA) dans sa dernière mise Ă  jour publiĂ©e lundi.Plusieurs scientifiques, rĂ©unis par l’Initiative internationale pour les rĂ©cifs coralliens, alertent mercredi dans un communiquĂ© sur l’ampleur de l’Ă©pisode en cours.- “tempĂŞte de neige silencieuse” -Le dĂ©pĂ©rissement du corail, manifestĂ© par sa dĂ©coloration, est provoquĂ© par une hausse de la tempĂ©rature de l’eau qui entraĂ®ne l’expulsion de ses zooxanthelles – des algues vivant en symbiose avec lui – lui donnant ses nutriments et sa couleur vive. Si les hautes tempĂ©ratures persistent, le corail peut mourir.Les rĂ©cifs peuvent toutefois rĂ©cupĂ©rer si les tempĂ©ratures baissent durablement ou si d’autres facteurs comme la pollution ou la surpĂŞche rĂ©gressent. Mais les tempĂ©ratures relevĂ©es dans certaines rĂ©gions sont assez extrĂŞmes pour “entraĂ®ner une mortalitĂ© de plusieurs espèces ou quasi-totale sur un rĂ©cif corallien”, a dĂ©clarĂ© la NOAA.”L’ampleur et l’Ă©tendue du stress thermique sont choquantes”, a commentĂ© Melanie McField, fondatrice dans les CaraĂŻbes de l’initiative Healthy Reefs for Healthy People (HRI), dĂ©crivant le blanchissement “inquiĂ©tant” qui “s’abat sur le rĂ©cif comme une tempĂŞte de neige silencieuse”, faisant disparaĂ®tre les “poissons qui s’agitent et les couleurs vives”.”Si les canicules marines se succèdent, il est difficile de voir comment le rĂ©tablissement va se produire”, a dĂ©clarĂ© cette scientifique chevronnĂ©e jointe par l’AFP en Floride.Environ un milliard de personnes dans le monde vivent Ă  moins de 100 km de ces rĂ©cifs et bĂ©nĂ©ficient, au moins indirectement, de leur prĂ©sence. Ces “superorganismes animals” abritent une faune immense, font vivre des millions de pĂŞcheurs, attirent une forte activitĂ© touristique mais protègent aussi les littoraux des dĂ©gâts des tempĂŞtes en servant de brise-lames.- Fin des fossiles -NĂ©anmoins, 70 Ă  90% des coraux pourraient disparaĂ®tre dans une planète 1,5°C plus chaude qu’Ă  l’ère prĂ©industrielle, soit le climat attendu par les scientifiques au dĂ©but des annĂ©es 2030. Ce sont mĂŞme 99% des coraux qui sont menacĂ©s par un rĂ©chauffement climatique de 2°C, limite fixĂ©e par l’Accord de Paris. Pour l’heure, les engagements de rĂ©duction de la pollution carbone des pays emmènent le monde vers un climat rĂ©chauffĂ© de 3,1°C Ă  la fin du siècle, selon l’ONU.”Nous devons d’urgence mettre fin Ă  l’ère des combustibles fossiles et opĂ©rer une transition vers un avenir juste et durable, alimentĂ© par des Ă©nergies propres”, exhorte Surangel Whipps Junior, prĂ©sident du petit atoll en danger de Palau, dans le Pacifique.”Le lien entre les Ă©missions de combustibles fossiles et la mortalitĂ© des coraux est direct et indĂ©niable”, a dĂ©clarĂ© Alex Sen Gupta, de l’universitĂ© de Nouvelle-Galles du Sud, en Australie. Il faut s’attaquer aux causes du mal mais “des mesures locales telles que la rĂ©duction de la pollution, la gestion du tourisme et le contrĂ´le des Ă©pidĂ©mies de parasites peuvent contribuer Ă  renforcer la rĂ©silience”, a-t-il plaidĂ©.2024 a Ă©tĂ© l’annĂ©e la plus chaude jamais mesurĂ©e sur les continents comme Ă  la surface des ocĂ©ans. Et le rythme de rĂ©chauffement des ocĂ©ans a presque doublĂ© depuis 2005, notait en septembre l’observatoire europĂ©en Copernicus.Ce rĂ©chauffement s’explique en majeure partie par le fait que les ocĂ©ans ont absorbĂ© depuis 1970 “plus de 90% de l’excès de chaleur du système climatique” provoquĂ© par les gaz Ă  effet de serre Ă©mis par l’humanitĂ©, selon le Giec, les climatologues mandatĂ©s par l’ONU.

L’avenir du lycĂ©e musulman lillois Averroès Ă  nouveau devant la justice

Le tribunal administratif doit dĂ©cider mercredi s’il rĂ©tablit le contrat du lycĂ©e musulman lillois Averroès, privĂ© de subventions depuis la rentrĂ©e 2024, après que la prĂ©fecture lui a reprochĂ© des “manquements graves aux principes fondamentaux de la RĂ©publique”.Lors de l’audience du 18 mars, le rapporteur public, magistrat chargĂ© d’Ă©clairer les juridictions administratives, a prĂ©conisĂ© de rĂ©tablir ce contrat liant l’Ă©tablissement musulman Ă  l’État.Au cours de cette audience, le rapporteur public a, pendant plus d’une heure, contestĂ© point par point la plupart des griefs avancĂ©s par la prĂ©fecture. “Aucun Ă©lĂ©ment probant” n’a dĂ©montrĂ© l’utilisation d’ouvrages contraires aux valeurs de la RĂ©publique, a-t-il assurĂ©.Il a reconnu que des manquements existaient, tout en soulignant qu’ils ne justifiaient pas une rĂ©siliation du contrat.Averroès Ă©tait jusqu’Ă  cette suspension le principal lycĂ©e musulman sous contrat de France, souvent louĂ© pour l’excellence de ses rĂ©sultats scolaires.Le tribunal administratif avait par deux fois en 2024 confirmĂ© la suspension du contrat en rĂ©fĂ©rĂ©, mais la dĂ©cision attendue mercredi après-midi est la première sur le fond du dossier.Entendu le 9 avril par la commission d’enquĂŞte parlementaire sur le contrĂ´le des Ă©tablissements scolaires par l’État, Georges-François Leclerc, ancien prĂ©fet du Nord qui avait dĂ©cidĂ© de rĂ©silier le contrat, a assurĂ© qu’il disposait alors d’Ă©lĂ©ments “suffisamment tangibles pour considĂ©rer que les Ă©lèves Ă©taient en danger” au sein d’Averroès.”Des Ă©lĂ©ments documentaires” et “certains enseignements (…) relevaient clairement du salafo-frĂ©risme”, a-t-il assurĂ©, en rĂ©fĂ©rence au salafisme, courant fondamentaliste de l’islam, et Ă  l’idĂ©ologie politico-religieuse nĂ©e du mouvement Ă©gyptien des Frères musulmans.- Peine de mort -Sa dĂ©cision, prise le 7 dĂ©cembre 2023, reposait notamment sur la mention, dans la bibliographie d’un cours d’Ă©thique musulmane, d’un recueil de textes religieux contenant des commentaires prĂ´nant la peine de mort en cas d’apostasie ainsi que la sĂ©grĂ©gation des sexes.Ce recueil, “on ne l’a jamais eu entre les mains, il n’a jamais Ă©tĂ© au CDI d’Averroès”, souligne auprès de l’AFP Eric Dufour, directeur du groupe scolaire Averroès, qui compte Ă©galement un collège hors-contrat.L’Éducation nationale avait menĂ© plusieurs inspections, sans trouver matière Ă  remettre en cause le contrat d’association.”Je n’en veux pas Ă  l’enseignement privĂ© catholique (…) mais quand on voit toutes les affaires qui sont sorties et quand j’entends dire encore une fois par le prĂ©fet que les enfants sont en danger Ă  Averroès, je suis dĂ©solĂ©, les enfants sont en sĂ©curitĂ© chez moi”, rĂ©pond Eric Dufour. La commission d’enquĂŞte a Ă©tĂ© lancĂ©e après des scandales de violences physiques et sexuelles touchant des Ă©tablissements notamment catholiques, Ă  commencer par Notre-Dame-de-BĂ©tharram (PyrĂ©nĂ©es-Atlantiques).Pour M. Dufour, la rĂ©siliation du contrat d’Averroès et celle dĂ©cidĂ©e en janvier contre le groupe scolaire Al-Kindi, près de Lyon, sont “une attaque en règle contre l’enseignement privĂ© musulman”.- “Deux poids deux mesures” -Paul Vannier, corapporteur LFI de la commission d’enquĂŞte parlementaire, a qualifiĂ© de “deux poids deux mesures absolument choquant” le traitement par l’État du lycĂ©e Averroès et de l’Ă©tablissement catholique parisien Stanislas, qui a conservĂ© son contrat malgrĂ© “des tĂ©moignages abondants de violences homophobes” ou “racistes”.Après la perte des subventions publiques Ă  la rentrĂ©e 2024, Averroès a doublĂ© ses frais de scolaritĂ© et lancĂ© une cagnotte en ligne. Il a perdu de nombreux Ă©lèves, passant de 470 lycĂ©ens Ă  290.”Beaucoup reviendront” en cas de rĂ©tablissement du contrat, espère M. Dufour.En revanche, l’association gĂ©rant l’Ă©tablissement “ne pourra pas se substituer Ă  l’Éducation nationale” pendant une deuxième annĂ©e scolaire, prĂ©vient-il. “Les salaires devront ĂŞtre rĂ©duits, (…) des Ă©lèves partiront et des enseignants inĂ©vitablement, aussi”.Pour Averroès, le feuilleton judiciaire pourrait quoi qu’il arrive se poursuivre. Les avocats du groupe scolaire ont saisi la justice concernant le refus par la prĂ©fecture d’accorder un contrat au collège, alors que l’Ă©tablissement remplit “toutes les conditions” selon Éric Dufour. Le collège, qui compte 340 Ă©lèves, a demandĂ© Ă  passer sous contrat dès 2017, cinq ans après son ouverture.Averroès attend Ă©galement l’autorisation d’ouvrir une Ă©cole primaire. Si l’acadĂ©mie de Lille donne son accord, le groupe scolaire accueillera dès la rentrĂ©e prochaine une ou deux classes de cours prĂ©paratoire (CP).

Rabbin agressé à Orléans: le suspect jugé devant un tribunal pour enfants

Un mois après l’agression en pleine rue du rabbin d’OrlĂ©ans, qui avait suscitĂ© une vive Ă©motion et de nombreuses rĂ©actions politiques, le suspect interpellĂ© est jugĂ© mercredi devant le tribunal pour enfants de cette ville.”Le rabbin et son fils sont toujours extrĂŞmement choquĂ©s”, a affirmĂ© Ă  l’AFP leur avocate Me Alexandra Levy-Druon, prĂ©cisant que le premier devrait ĂŞtre prĂ©sent Ă  l’audience, qui se dĂ©roulera Ă  huis clos Ă  partir de 14H00.Elle a dĂ©crit “l’angoisse du rabbin” AriĂ© Engelberg Ă  l’idĂ©e de se retrouver face Ă  son agresseur.”Il a surtout peur de l’après-procès et d’Ă©ventuelles reprĂ©sailles”, a-t-elle ajoutĂ©, celui-ci Ă©tant toujours “très surpris par l’ampleur prise par l’affaire”. Mais “ce procès est nĂ©cessaire pour faire toute la vĂ©ritĂ© sur ces actes”.Une agression pour laquelle le suspect, “un mineur isolĂ©, arrivĂ© en France depuis moins d’un an”, avait dĂ©clarĂ© son avocat fin mars, doit ĂŞtre jugĂ© des chefs de violences volontaires commises en raison de l’appartenance ou de la non-appartenance, rĂ©elle ou supposĂ©e, de la victime Ă  une religion.Le jeune homme sera Ă©galement poursuivi pour “violences psychologiques” Ă  l’Ă©gard du fils d’AriĂ© Engelberg, 9 ans, prĂ©sent lors des faits.ContactĂ© par l’AFP, le conseil du prĂ©venu, Me Nicolas Bouteillan, a indiquĂ© ne pas souhaiter communiquer en amont de l’audience.Son client avait dĂ©clarĂ© lors de sa garde Ă  vue “ĂŞtre âgĂ© de 16 ans et ĂŞtre de nationalitĂ© palestinienne”, sans qu'”aucun Ă©lĂ©ment ne permette de remettre en cause l’Ă©tat de minoritĂ© qu’il dĂ©clare”, selon un communiquĂ© du 24 mars de la procureure de la RĂ©publique d’OrlĂ©ans, Emmanuelle Bochenek-Puren.Il avait, en fin de garde Ă  vue, finalement affirmĂ© ĂŞtre de nationalitĂ© marocaine, selon la magistrate.Le suspect avait Ă©tĂ© placĂ© en dĂ©tention provisoire par le juge des libertĂ©s et de la dĂ©tention “conformĂ©ment aux rĂ©quisitions du ministère public”.ConfrontĂ© aux termes de la plainte dĂ©posĂ©e et aux tĂ©moignages recueillis, il avait alors “niĂ© ĂŞtre Ă  l’origine de l’altercation et soutient s’ĂŞtre dĂ©fendu”.Au sujet de son agression survenue en centre-ville le 22 mars “aux environs de 13H40”, le rabbin AriĂ© Engelberg, “accompagnĂ© de son fils”, a racontĂ© avoir Ă©tĂ© abordĂ© par le mineur “en se filmant, le questionnant sur sa religion (…) tout en profĂ©rant des injures Ă  caractère antisĂ©mite et en crachant en leur direction”.- Vive Ă©motion -M. Engelberg a aussi relatĂ© que son agresseur lui avait demandĂ© s’il Ă©tait juif: “J’ai rĂ©pondu oui” et “il a commencĂ© Ă  dire +tous les Juifs sont des fils de…+”.Le jeune homme, sans formation particulière, est “impliquĂ© dans trois procĂ©dures judiciaires, conduites entre octobre 2024 et dĂ©cembre 2024, pour des faits de trafics de stupĂ©fiants et de violences volontaires sur personnes dĂ©positaires de l’autoritĂ© publique Ă  Marseille, et de vol aggravĂ©” Ă  OrlĂ©ans, a aussi prĂ©cisĂ© le communiquĂ©.A chaque fois, “il a dĂ©clarĂ© une identitĂ© diffĂ©rente”.L’adolescent avait par ailleurs “refusĂ© de se soumettre aux relevĂ©s signalĂ©tiques et aux prĂ©lèvements biologiques permettant son identification, avant de s’y soumettre”, ce pour quoi il sera aussi poursuivi.Le jeune homme sera Ă©galement jugĂ© pour “usage de stupĂ©fiants”, deux grammes de rĂ©sine de cannabis ayant Ă©tĂ© trouvĂ©s sur lui.L’agression avait suscitĂ© une vive Ă©motion dans la ville, plus d’un millier de personnes s’Ă©taient rassemblĂ©es 48 heures après les faits “en soutien au rabbin” et pour “dĂ©noncer l’antisĂ©mitisme”.En 2024, un total de 1.570 actes antisĂ©mites ont Ă©tĂ© recensĂ©s en France, selon le ministère de l’IntĂ©rieur. Le Conseil reprĂ©sentatif des institutions juives de France (Crif) avait dĂ©plorĂ© en janvier un niveau “historique” de ces attaques, avec une “explosion” après le 7 octobre 2023, date de l’attaque sans prĂ©cĂ©dent du Hamas en IsraĂ«l.

Concert “SolidaritĂ© Congo” Ă  Paris: pluie de stars pour “rĂ©pandre la paix”

Gims, Dadju, Soolking, Fally Ipupa et des dizaines d’artistes renommĂ©s ont participĂ© mardi soir Ă  Paris au concert caritatif “SolidaritĂ© Congo” en soutien aux victimes du conflit en RDC, “une mobilisation sans prĂ©cĂ©dent” dans la musique, selon les organisateurs.”Ça montre que la musique peut rassembler tout le monde et surtout pour de nobles causes”, a lancĂ© le rappeur Soolking.Accueilli en star, Fally Ipupa, vedette de la nouvelle pop congolaise, a lui appelĂ© Ă  “faire du bruit pour le Congo indivisible”.LancĂ© Ă  19H00 (17H00 GMT) Ă  l’Accor Arena, le concert a rĂ©ellement dĂ©marrĂ© Ă  mesure que les spectateurs arrivaient, nombre d’entre eux, drapeau tricolore national Ă  la main. Jusqu’Ă  11.000 personnes Ă©taient attendues, selon les organisateurs.Au total, une trentaine d’artistes se sont succĂ©dĂ© le temps d’un ou plusieurs morceaux: le spĂ©cialiste de la drill francophone Gazo, le pilier Youssoupha accompagnĂ© de Singuila, mais aussi le musicien et pasteur congolais Moise Mbiye qui a demandĂ© que “la richesse du Congo profite aux Congolais”.”On n’a pas besoin de la guerre pour rĂ©pandre la paix tous ensemble”, a dĂ©clarĂ© le joueur de kora malien Sidiki DiabatĂ©. – “ImpliquĂ©s” -“Ils sont plus qu’impliquĂ©s, ça fait vraiment sens” pour eux, avait soulignĂ© l’organisation auprès de l’AFP, expliquant que les artistes se produisaient sans cachet.”La cause est noble, il faut Ă©lever nos voix”, a affirmĂ© Emmanuel Duciel, 23 ans, fan de Fally Ipupa et venu “exprès” de Lille.MĂŞme si “un concert ne va pas changer les choses” Ă  lui seul, cette mobilisation dĂ©montre le besoin de “tirer la sonnette d’alarme une fois de plus”, a estimĂ© de son cĂ´tĂ© Isaac Massiala, conseiller au ministère des Sports et Loisirs de la RDC, rencontrĂ© par l’AFP sur place.Le rappeur et chanteur congolais Gims a animĂ© la dernière partie de soirĂ©e. L’interprète de “SapĂ©s comme jamais” avait dĂ©jĂ  profitĂ© de son sacre comme meilleur artiste masculin aux Victoires de la musique, en fĂ©vrier, pour rappeler la situation “terrible” en RDC. Son petit frère Dadju (8,9 millions d’abonnĂ©s sur Instagram) participe Ă©galement, sur scène et comme partenaire caritatif. Son association, Give back charity, doit rĂ©colter les recettes du concert et assurer leur redistribution. La rĂ©colte des fonds Ă©tait initialement opĂ©rĂ©e par l’Unicef, mais celle-ci s’est retirĂ©e lors de la polĂ©mique sur sa date initiale.Le concert Ă©tait prĂ©vu le 7 avril, qui correspond Ă  la journĂ©e internationale de commĂ©moration du gĂ©nocide des Tutsi, ayant fait au moins 800.000 morts en 1994 au Rwanda. Des associations rwandaises avaient exigĂ© un report, vivant ce concert comme un affront. Les organisateurs avaient Ă©voquĂ© “une date choisie malencontreusement”.Sous la menace d’une interdiction par la PrĂ©fecture de police de Paris, le concert avait Ă©tĂ© dĂ©calĂ©.- “Free Congo” -Mardi, une vidĂ©o sur le conflit en RDC a Ă©tĂ© projetĂ©e, contenant les tĂ©moignages de femmes “survivantes”, dont deux se sont brièvement exprimĂ©es sur scène. “Nous avons besoin de la paix et de la justice pour ne plus jamais ĂŞtre seuls”, a dit l’une d’elles.Deux mois avant ce concert, six poids lourds du rap francophone (Damso, Ninho, Gradur…) ont sorti “Free Congo”, chanson pour dĂ©noncer un conflit qu’ils estiment passĂ© sous silence.Depuis 30 ans, l’est de la RDC, rĂ©gion riche en ressources naturelles et frontalière du Rwanda, est ravagĂ© par des violences meurtrières impliquant une myriade de groupes armĂ©s et certains pays voisins. Ces conflits se sont rĂ©cemment intensifiĂ©s avec l’offensive Ă©clair menĂ©e par le groupe armĂ© M23, soutenu par des troupes rwandaises, qui lui a permis de s’emparer de Goma (Nord-Kivu) et de Bukavu (Sud-Kivu).Les dernières violences ont fait des milliers de morts et forcĂ© des centaines de milliers de personnes Ă  quitter leur foyer, selon l’ONU et le gouvernement congolais.Ce conflit puise ses racines dans le gĂ©nocide des Tutsi, la fuite en RDC de centaines de milliers de Hutu, dont de nombreux gĂ©nocidaires, et les guerres qui ont suivi.