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Bayrou et son gouvernement dévoilent leur plan contre les déserts médicaux

Comment lutter contre les déserts médicaux ? Le gouvernement dévoile son plan vendredi, à l’occasion d’un déplacement de François Bayrou dans le Cantal, avec au cœur du débat la brûlante question de la liberté d’installation des médecins, dont certains syndicats prévoient grèves et manifestations à partir du 28 avril.Le Premier ministre, accompagné des ministres Catherine Vautrin (Travail, Santé, Solidarité), Yannick Neuder (Santé), Philippe Baptiste (Enseignement supérieur) et Françoise Gatel (Ruralité), visitera la maison de santé de Calvinet, sur la commune de Puycapel (Cantal), où il échangera avec les professionnels de santé.François Bayrou donnera ensuite une conférence de presse à la mi-journée, avant de rencontrer les maires du département.L’accessibilité “aux médecins généralistes se dégrade entre 2022 et 2023”, en raison de “la baisse du nombre” des praticiens libéraux conjuguée à “la croissance de la population”, a noté fin 2024 la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees).Conséquence: au niveau national, en 2024, 35% des sondés ont “renoncé à des soins faute de rendez-vous”, contre 27% en 2023, selon une étude réalisée par l’UFC-Que Choisir.Territoire particulièrement concerné, le département du Cantal est passé de 160,6 médecins généralistes pour 100.000 habitants en 2010 à 139,4 en 2025, d’après le Conseil national de l’ordre des médecins.Le 1er avril, devant le Conseil économique, social et environnemental, M. Bayrou s’était montré favorable à une “régulation” de l’installation des médecins pour lutter contre les déserts médicaux.Mais à l’Assemblée, le gouvernement s’est opposé à une disposition d’une proposition de loi transpartisane pour réguler l’installation des médecins. L’article phare a néanmoins été adopté début avril au Palais Bourbon, l’examen du reste du texte est prévu début mai.Ce texte provoque la colère des médecins libéraux, étudiants en médecine, internes et jeunes médecins. Lucas Poittevin, président de l’Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf), a lancé le 16 avril un appel à “une grève nationale intersyndicale illimitée à partir du 28 avril”.Des manifestations des anti-régulation sont prévues le 29 avril dans toute la France, tandis que les jeunes médecins ont lancé un appel à une grève dure avec fermeture des cabinets à partir du 28 avril. La plupart des syndicats des médecins libéraux installés ne sont pas partisans d’une telle extrémité. MG France, syndicat majoritaire chez les libéraux, évoque juste “une fermeture des cabinets pour ceux présents à la manifestation du 29 avril”.Parallèlement, un texte porté par le sénateur (Les Républicains) Philippe Mouiller, président de la Commission des Affaires sociales, doit être examiné par la Chambre haute à partir du 12 mai.

Lycéenne tuée à coups de couteau à Nantes: le profil de l’agresseur au centre de l’enquête

Au lendemain de l’attaque au couteau dans un collège-lycée privé de Nantes qui a fait un mort et trois blessés, les enquêteurs vont tenter vendredi de cerner les motivations de l’auteur présumé, un adolescent décrit comme dépressif qui a été hospitalisé jeudi soir après un examen psychiatrique.Pour quelle raison cet élève du collège-lycée privé Notre-Dame de Toutes-Aides, interpellé peu après les faits, a-t-il poignardé mortellement une de ses camarades, jeudi en milieu de journée, avant de s’attaquer à trois autres élèves, dont un était entre la vie et la mort jeudi soir ? Le procureur de la République de Nantes, Antoine Leroy, a annoncé qu’il donnerait une conférence de presse vendredi à 18h.”Le psychiatre ayant procédé à l’examen du mis en cause a conclu à l’incompatibilité de son état de santé avec la mesure de garde à vue en cours”, a-t-il indiqué à la presse dans la soirée. “L’intéressé va donc être désormais conduit à l’hôpital”.Quelques heures plus tôt, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau et sa collègue de l’Education Elisabeth Borne s’étaient rendus sur place pour saluer le travail des forces de l’ordre, des secours ainsi que du personnel enseignant qui a permis de maîtriser l’agresseur et d’éviter un bilan plus lourd.Trois autres élèves ont été blessés par l’adolescent et pour l’un d’eux, il n’y a “pas de garantie” qu’il soit “totalement tiré d’affaire”, a indiqué Mme Borne.Pour la journée de vendredi, les cours sont maintenus pour l’école primaire mais suspendus pour les collégiens et les lycéens, la cellule psychologique restera ouverte au sein du groupe scolaire. Un appel à déposer des fleurs devant l’établissement à 15h30 a été lancé et partagé sur les réseaux sociaux.- Portiques -L’agresseur semble quant à lui présenter un profil singulier. “Le lycéen, les gens le connaissaient comme dépressif, il disait qu’il adorait Hitler. Il a envoyé un mail de 13 pages à tout le monde pour expliquer tous ses problèmes à midi”, a témoigné auprès de l’AFP une collégienne.Peu avant d’attaquer ses camarades au couteau, il a envoyé aux élèves un courriel sombre et confus consulté par l’AFP. Il y évoque notamment “la mondialisation (qui) a transformé notre système en une machine à décomposer l’humain”, revendiquant une “révolte biologique” afin que “l’équilibre naturel, même cruel” reprenne “sa place” contre “l’écocide globalisé”.Bruno Retailleau a estimé que “ce n’est pas un fait divers, ce drame, cette tragédie, c’est un fait de société”.”Nous sommes dans une société qui a encouragé le laxisme, qui a voulu déconstruire les interdits, l’autorité, l’ordre, les hiérarchies et qui a accouché finalement de toute cette violence”, a-t-il poursuivi.Rappelant le décès un mois auparavant d’un jeune poignardé devant un lycée en Essonne, Bruno Retailleau a indiqué que “comme tant de Français, on ne se résout pas à ce que ces lieux de vie, ces lieux d’enseignement deviennent parfois des lieux d’ensauvagement, des lieux de mort”.Le président Emmanuel Macron a salué le “courage” des professeurs qui “ont sans doute empêché d’autres drames”.François Bayrou a lui estimé que l’installation de portiques à l’entrée des établissements scolaires était “une piste” pour éviter de nouvelles attaques au couteau dans les écoles.  “Un couteau, une arme blanche potentiellement dangereuse et même létale (…) ces armes-là, elles doivent être bannies, donc elles doivent être pourchassées. Tout le monde doit savoir qu’elles sont interdites et les contrôles nécessaires doivent être conduits”, a déclaré le Premier ministre devant la presse.

Une lycéenne tuée à coups de couteau à Nantes, le suspect hospitalisé après examen psychiatrique

Une lycéenne a été mortellement poignardée et trois autres lycéens ont été blessés, dont un pas totalement “tiré d’affaire” selon Élisabeth Borne, après l’attaque dans un lycée nantais par un élève qui a été hospitalisé jeudi soir après un examen psychiatrique.”Le psychiatre ayant procédé à l’examen du mis en cause a conclu à l’incompatibilité de son état de santé avec la mesure de garde à vue en cours”, a indiqué le procureur de la République de Nantes Antoine Leroy à des journalistes.”L’intéressé va donc être désormais conduit à l’hôpital”, a ajouté le magistrat, précisant qu’il tiendrait une conférence de presse vendredi à 18H00 au palais de justice de Nantes.Les faits se sont déroulés jeudi vers 12H30 au collège-lycée privé Notre-Dame de Toutes-Aides. Pour une raison encore inconnue, un élève armé d’un couteau s’est attaqué à quatre de ses camarades, avant d’être maîtrisé par le corps enseignant et interpellé.Après s’être rendue dans le lycée en fin d’après-midi aux côtés de son collègue de l’Intérieur Bruno Retailleau, la ministre de l’Education Élisabeth Borne a indiqué qu’il n’y avait “pas de garantie” qu’un des trois jeunes blessés soit “totalement tiré d’affaire”.”Je voudrais à nouveau saluer le courage de ces professeurs qui sont intervenus, qui ont eu le courage d’affronter un jeune qui était armé et qui venait de blesser et de tuer une élève”, a déclaré Mme Borne.Selon Bruno Retailleau, qui s’est également rendu à Nantes, cette attaque mortelle n’est “pas un fait divers mais un fait de société”, dénonçant “l’ensauvagement” de la société.Emmanuel Macron a aussi réagi à ce drame.”J’adresse mes pensées émues aux familles, aux lycéens et à toute la communauté éducative dont la Nation partage le choc et la peine. Par leur intervention, des professeurs ont sans doute empêché d’autres drames. Leur courage force le respect”, a écrit sur X le président de la République. François Bayrou a lui estimé que l’installation de portiques à l’entrée des établissements scolaires était “une piste” pour éviter de nouvelles attaques au couteau dans les écoles.  “Un couteau, une arme blanche potentiellement dangereuse et même létale (…) ces armes-là, elles doivent être bannies, donc elles doivent être pourchassées. Tout le monde doit savoir qu’elles sont interdites et les contrôles nécessaires doivent être conduits”, a déclaré le Premier ministre devant la presse.De source proche du dossier, les cours sont maintenus vendredi pour l’école primaire mais suspendus pour les collégiens et les lycéens, la cellule psychologique restera ouverte au sein du groupe scolaire.– “bizarre”  –Une collégienne, que l’AFP a pu joindre, a livré un témoignage. “J’étais au self avec mes amies et on nous a dit qu’un lycéen avait poignardé des élèves de seconde dans plusieurs classes. On nous a demandé de ne pas sortir du self pendant une vingtaine de minutes puis on nous a confinés dans un gymnase”, a déclaré cette collégienne de 3e.”Le lycéen, les gens le connaissaient comme dépressif, il disait qu’il adorait Hitler. Il a envoyé un mail de 13 pages à tout le monde pour expliquer tous ses problèmes à midi”, a-t-elle ajouté.L., collégien de troisième, s’est lui retranché dans les toilettes. “On a vu des adultes qui bloquaient la porte du lycée et quand on s’est rapprochés, ils ont hurlé +cassez-vous y a quelqu’un avec un couteau+. On a couru aux toilettes pour se cacher et on a entendu une fille hurler”, a-t-il dit.”Le lycéen, les gens le connaissaient parce qu’il était bizarre, il suivait des groupes néo-nazis sur les réseaux. On est tous un peu choqués”, a-t-il ajouté.– “santé mentale” –Un lycéen a transmis à l’AFP le manifeste du tueur présumé, où il évoque “la mondialisation (qui) a transformé notre système en une machine à décomposer l’humain”.Aux côtés de M. Retailleau et Mme Borne, la maire de Nantes Johanna Rolland a dit ne pas vouloir faire de “politique”.Dans un communiqué diffusé jeudi soir, Mme Rolland a aussi salué la “réactivité des forces de secours et de sécurité, ainsi que l’action de la communauté éducative de Notre Dame de Toutes Aides. (…) Pendant le drame, deux membres de l’équipe ont réussi à faire en sorte que l’élève auteur des faits puisse être entravé dans sa progression”.”Nous sommes profondément accablés devant cette vie enlevée et ces autres vies blessées. L’enquête menée par le Procureur de la République de Nantes permettra d’apporter des explications sur la gravité de ce geste”, ont déclaré dans un communiqué commun Philippe Delorme, secrétaire général de l’Enseignement catholique, et mgr Benoît Rivière, président du Conseil épiscopal pour l’Enseignement catholique.Notre-Dame de Toutes-Aides est un établissement scolaire privé sous contrat situé dans l’est de Nantes qui accueille environ 2.000 élèves, de l’école maternelle au lycée, d’après son site internet.mas-all-sm-cor-gd-ved-et/cbn

Retailleau accuse Averroès d”entrisme islamiste”, le lycée musulman dénonce des “rumeurs”

Le lycée musulman lillois Averroès, dont le contrat d’association avec l’Etat a été rétabli mercredi par la justice administrative, “est un bastion de l’entrisme islamiste”, a accusé jeudi le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, en souhaitant “que l’Etat fasse appel”.L’association gérant le lycée a réagi dans un communiqué, déplorant que le ministre foule “aux pieds l’état de droit” et véhicule “des rumeurs destinées à fracturer la société française en ciblant les musulmans”.”Les faits sont graves, ils sont significatifs de l’entrisme islamiste que je veux combattre avec la plus grande fermeté. Et le lycée Averroès est pour nous un bastion de cet entrisme”, a déclaré le ministre, lors d’une conférence de presse à Marseille. Le contrat d’association entre l’Etat et le lycée Averroès, qui était jusqu’en septembre 2024 le principal lycée musulman sous contrat de France, avait été résilié en décembre 2023 par la préfecture du Nord, qui avait évoqué des “manquements graves aux principes fondamentaux de la République”.”Il ne s’agissait pas de fermer un lycée, il s’agissait d’interrompre un contrat d’association qui est la voie par laquelle l’Etat subventionne, aide financièrement, avec l’argent des Français, un établissement”, a-t-il souligné. Mercredi, le tribunal administratif de Lille a expliqué avoir annulé cette décision de résiliation parce qu’elle n’établissait pas “l’existence de manquements graves au droit” et que la procédure était “entachée d’irrégularités”.”On a des éléments extrêmement graves, extrêmement lourds, l’argent des Français n’a rien à faire dans ce genre d’organisation”, a insisté Bruno Retailleau.”Pour ce qui me concerne, je souhaite que l’Etat fasse appel”, a-t-il dit.Un avis partagé par le ministre de la Justice Gérald Darmanin. “Ce n’est pas seulement un combat juridique, c’est aussi un combat culturel”, a souligné M. Darmanin, dans un entretien avec le quotidien La Voix du nord, tout en estimant qu'”il faut des lycées musulmans sous contrat”.M. Retailleau a également annoncé son intention de rendre public “dans quelques jours” un rapport “accablant”, “constitué à partir de renseignements des services les plus qualifiés de l’Etat”, sur le “+frérisme+, les frères musulmans et leur entrisme”. “Ce rapport montre qu’il y a des menaces, qu’on appelle l’entrisme, qui est un islamisme politique qui se déploie à bas bruit, qui tente d’infiltrer la société française par le biais d’associations sportives, culturelles, sociales, y compris des municipalités. Bientôt, il y aura une élection municipale, il faudra être extrêmement vigilant”, a-t-il dit.”Cet islamisme politique conquérant voit loin. Il a une temporalité très longue, mais son objectif reste le même. Il s’agit non plus, comme voulait le faire le séparatisme, de créer des petites contre-sociétés, séparées de la communauté nationale, mais de faire basculer toute la société française demain dans la charia, avec le credo que la loi islamiste est au-dessus de la loi républicaine”.Les responsables du lycée musulman lillois ont regretté “vivement” que “deux acteurs politiques éminents”, le président de la Région Xavier Bertrand, et le ministre de l’Intérieur, “foulent ainsi aux pieds l’état de droit”. Ils “véhiculent encore une fois des rumeurs destinées à fracturer la société française en ciblant les musulmans de France”, a réagi l’association Averroès dans un communiqué.Xavier Bertrand avait réagi mercredi sur X souhaitant “que l’Etat fasse appel de la décision”. La Région “ne reprendra pas les versements du forfait d’externat (dû aux lycées privés dans le cadre du contrat d’association avec l’Etat, NDLR) tant qu’un jugement définitif n’est pas intervenu dans ce dossier”, avait indiqué la collectivité dans un communiqué.L’association Averroès a regretté “la manière dont nous faisons à nouveau l’objet de récupération politique” et appelé les pouvoirs publics à “mettre fin à l’acharnement administratif”.faa-alc-lg-cnp/cbn

La SNCF dévoile le train “Oxygène” qui remplacera les Intercités Corail

La SNCF a présenté jeudi la première rame “Oxygène”, destinée à remplacer les Intercités Corail des lignes Paris-Clermont Ferrand et Paris-Orléans-Limoges-Toulouse (POLT), connues pour leurs retards régulièrement dénoncés par les usagers. Baptisé “Oxygène”, ce nouveau modèle de train conçu par le constructeur espagnol CAF, propose un intérieur de bois clair, des fauteuils plus confortables, des prises électriques et USB à chaque place, des emplacements pour les vélos, 22 places supplémentaires et réduira d’un quart d’heure le trajet Paris-Clermont.Ce train, dévoilé jeudi au technicentre de Villeneuve-Saint-Georges dans le Val-de-Marne, devrait être autorisé à rouler sur le réseau ferré national en décembre 2026, et les voyageurs pourront le découvrir en 2027, année où la majorité des 28 nouvelles rames sera livrée. Ces rames devaient initialement être déployées à partir du deuxième semestre 2025, mais le constructeur avait annoncé du retard.- Plus de confort et une meilleure accessibilité – Les trains “Oxygène” comptent 418 places contre 396 pour les Corail, avec 101 sièges rouges réservés à la première classe, dont une quarantaine en première “Premium” aux sièges plus spacieux.Les personnes en situation de handicap disposent également de davantage de place. Elles pourront rester en fauteuil, ou se transférer vers un siège et attacher leur fauteuil replié avec une ceinture. Une barre de traction permet aussi de se relever plus simplement et des boutons SOS pour demander de l’aide sont disposés au plus près. Les voitures sont équipées de signalétiques en braille et relief positif pour les personnes malvoyantes. Les sièges sont plus hauts, pour laisser de la place à des chiens guide.Autre nouveauté, des caméras de “vidéoprotection” sont installées dans les voitures. La rame compte 10 places vélo, numérotées pour pouvoir réserver son emplacement, des prises étant prévues pour recharger les vélos électriques.- De l’oxygène pour les “trains de la colère” -Des centaines d’usagers et élus locaux des lignes POLT et Paris-Clermont Ferrand s’étaient rendus le 15 avril dans la capitale dans deux “trains de la colère” pour demander davantage d’investissements pour ces “lignes sinistrées”.”Montés à Paris avec détermination, chacun redescend dans sa province en proie à de la colère. À défaut d’oxygène, la lente asphyxie de nos territoires semble inéluctable”, avait fustigé la municipalité de Limoges. La délégation avait été accueillie “une dizaine de minutes” au ministère des Transports, sans le ministre.”Depuis qu’il y a eu le premier TGV en 1981, le réseau classique a été sous-entretenu. Sur la ligne POLT, il faut tout reprendre: changer les rails, les traverses, le ballast, les poteaux caténaires, les fils de contact (…) et mettre des locomotives en état de marche”, avait également déclaré à cette occasion Jean-Noël Boisseleau, vice-président d’Urgence Ligne POLT.En janvier 2024, 700 passagers étaient également restés bloqués sur cette ligne une nuit de grand froid, transformant un trajet de trois heures et demie en onze heures. Des travaux de rénovation de 70 km de voies entre Paris et Orléans ont débuté ce mardi, entraînant l’interruption du trafic ferroviaire entre 10h et 15h en semaine jusqu’en août, puis de 9h30 à 17h30 jusqu’en janvier.- Investissement étatique de 850 millions d’euros – Les 28 nouvelles rames “Oxygène” ont coûté environ 700 millions d’euros à l’Etat, en charge de ces lignes, auxquels il faut ajouter 150 millions d’euros pour la maintenance. Les lignes POLT (700 km de voie ferrée) et Clermont-Paris (420 km) transportent respectivement 2,6 et 1,9 millions de voyageurs chaque année dans des trains Intercités.SNCF Voyageurs a également annoncé fin 2024 acheter 22 autres rames “Oxygène” pour la ligne Bordeaux-Toulouse-Marseille, qui devraient être livrées en 2029 selon Alain Picard, directeur général de CAF France. Une opération de 650 millions d’euros intégralement financée par l’Etat qui subventionne ce “train d’équilibre du territoire” (TET).Sur la commande totale de 50 rames, 42 seront intégrablement fabriquées dans l’usine de Reichshoffen (Bas-Rhin) bien que les premières aient été au moins en partie fabriquées en Espagne.Selon Alain Picard, l’Etat devra décider en 2028 s’il commande d’autres rames “Oxygène”, dont l’ambition est de remplacer les Intercités Corail. “Cela dépend des projets de l’Etat sur d’autres lignes Intercités. Par exemple, on entendait parler d’un Nancy-Lyon qui pourrait même descendre plus bas, donc à voir ce que l’Etat décide”, a-t-il ajouté.

Une lycéenne tuée à coups de couteau à Nantes, trois blessés dont un très grièvement

Une lycéenne a été mortellement poignardée et trois autres lycéens ont été blessés, dont un pas totalement “tiré d’affaire” selon Elisabeth Borne, après l’attaque dans un lycée nantais par un élève armé d’un couteau et interpellé après les faits, suscitant une vague d’émotion et de nombreuses réactions politiques.Les faits se sont déroulés jeudi vers 12H30 au collège-lycée privé Notre-Dame de Toutes-Aides. Pour une raison encore inconnue, un élève armé d’un couteau s’est attaqué à quatre de ses camarades, avant d’être maîtrisé par le corps enseignant et interpellé.Après s’être rendue dans le lycée en fin d’après-midi aux côtés de son collègue de l’Intérieur Bruno Retailleau, la ministre de l’Education Élisabeth Borne a indiqué qu’il n’y avait “pas de garantie” qu’un des trois jeunes blessés soit “totalement tiré d’affaire”.”Je voudrais à nouveau saluer le courage de ces professeurs qui sont intervenus, qui ont eu le courage d’affronter un jeune qui était armé et qui venait de blesser et de tuer une élève”, a déclaré Mme Borne.Selon Bruno Retailleau, qui s’est également rendu à Nantes, cette attaque mortelle n’est “pas un fait divers mais un fait de société”, dénonçant “l’ensauvagement” de la société.Emmanuel Macron a aussi réagi à ce drame.”J’adresse mes pensées émues aux familles, aux lycéens et à toute la communauté éducative dont la Nation partage le choc et la peine. Par leur intervention, des professeurs ont sans doute empêché d’autres drames. Leur courage force le respect”, a réagi sur X le président de la République. François Bayrou a lui estimé que l’installation de portiques à l’entrée des établissements scolaires était “une piste” pour éviter de nouvelles attaques au couteau dans les écoles.  “Un couteau, une arme blanche potentiellement dangereuse et même létale (…) ces armes-là, elles doivent être bannies, donc elles doivent être pourchassées. Tout le monde doit savoir qu’elles sont interdites et les contrôles nécessaires doivent être conduits”, a déclaré le Premier ministre devant la presse.Sur place à Nantes, la rue menant à l’établissement a longtemps été bouclée par un périmètre de sécurité surveillé par de nombreux policiers et des militaires de Vigipirate, a constaté l’AFP sur place.Des parents inquiets étaient présents aux abords du lycée et embrassaient leur enfant collégien à leur sortie. Les lycéens sont eux sortis au compte-goutte, selon une correspondante de l’AFP.De source proche du dossier, les cours sont maintenus vendredi pour l’école primaire mais suspendus pour les collégiens et les lycéens, la cellule psychologique restera ouverte au sein du groupe scolaire.– “bizarre”  –Une collégienne, que l’AFP a pu joindre, a livré un témoignage. “J’étais au self avec mes amies et on nous a dit qu’un lycéen avait poignardé des élèves de seconde dans plusieurs classes. On nous a demandé de ne pas sortir du self pendant une vingtaine de minutes puis on nous a confinés dans un gymnase”, a déclaré cette collégienne de 3e.”Le lycéen, les gens le connaissaient comme dépressif, il disait qu’il adorait Hitler. Il a envoyé un mail de 13 pages à tout le monde pour expliquer tous ses problèmes à midi”, a-t-elle ajouté.L., collégien de troisième, s’est lui retranché dans les toilettes peu après l’attaque. “On a vu des adultes qui bloquaient la porte du lycée et quand on s’est rapprochés, ils ont hurlé +cassez-vous y a quelqu’un avec un couteau+. On a couru aux toilettes pour se cacher et on a entendu une fille hurler”, a-t-il dit.”Après on a été regroupés dans une salle polyvalente où il y a une grande baie vitrée. On a vu la police arriver et les pompiers ensuite. Le lycéen, les gens le connaissaient parce qu’il était bizarre, il suivait des groupes néo-nazis sur les réseaux. On est tous un peu choqués”, a-t-il ajouté.– “santé mentale” –Un lycéen a transmis à l’AFP le manifeste du tueur présumé, où il évoque “la mondialisation (qui) a transformé notre système en une machine à décomposer l’humain”, revendiquant une “révolte biologique” afin que “l’équilibre naturel, même cruel” reprenne “sa place” contre “l’écocide globalisé”.Aux côtés de M. Retailleau et Mme Borne, la maire de Nantes Johanna Rolland a dit ne pas vouloir faire de “politique”. “Je suis la maire d’une ville endeuillée. La politique c’est pour un autre moment. Je pose la question de fond de la santé mentale de nos jeunes”, a dit l’élue. Notre-Dame de Toutes-Aides est un établissement scolaire privé sous contrat situé dans l’est de Nantes qui accueille environ 2.000 élèves, de l’école maternelle au lycée, d’après son site internet.Les meurtres à l’intérieur des établissements scolaires restent rares. En février 2023, un lycéen avait poignardé son enseignante avec un couteau de cuisine dans un établissement privé de Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-atlantiques).mas-all-sm-cor-gd-ved/mb/et/cbn

ArcelorMittal: face aux 600 suppressions de postes en France, l’Etat sommé d’intervenir

Au lendemain de l’annonce par ArcelorMittal de 600 suppressions de postes dans le nord de la France, des voix de gauche et des syndicalistes ont exhorté jeudi l’Etat à intervenir, François Ruffin l’appelant à entrer au capital du géant sidérurgique.”L’industrie est en train de crouler (…) sous des effets d’importations massives et à bas coût”, a déploré le député de gauche de la Somme, devant l’usine de Dunkerque.Selon lui, une entrée au capital de l’État ne suffit pas: “Il doit y avoir derrière un volet protection”, avec “des protections européennes”, des “taxes aux frontières”, des “barrières douanières”, des “quotas d’importation”, sinon, “l’industrie sur notre continent, c’est fini”, a-t-il estimé.Le deuxième sidérurgiste mondial, aux prises avec une crise historique de l’acier en Europe, a suspendu des projets d’investissements massifs dans la décarbonation du site de Dunkerque, réclamant des mesures pour protéger l’acier décarboné européen de la concurrence notamment chinoise.”L’État doit arrêter de se cacher, et agir pour protéger notre industrie”, a estimé la numéro un de la CGT Sophie Binet sur X, ajoutant : “nationaliser est possible, le Royaume Uni a déjà ouvert la voie”.Pour le secrétaire général de la CGT ArcelorMittal Dunkerque, Gaëtan Lecocq, “c’est la première saignée. Il faut arrêter l’hémorragie tout de suite”, faute de quoi on parlera “de milliers, voire de dizaines de milliers d’emplois” menacés. “Nous sommes pour un acier vert, si Mittal ne veut pas le faire, qu’il dégage”.”La stratégie de Mittal, c’est de se désengager de l’Europe”, a-t-il accusé, estimant que le groupe cherche en réalité à “augmenter sa marge” en délocalisant. “S’il veut laisser crever l’outil, qu’il s’en aille, et qu’on nationalise “.Interrogé à ce sujet, le cabinet du ministre français de l’Industrie a souligné que “la question n’est pas vraiment posée puisque Arcelor n’est pas à vendre”. “Ce qu’il faut c’est redonner confiance” et “convaincre l’entreprise que la Commission européenne (…) sera capable d’avoir des mesures de protection fortes” pour permettre “aux industries de base de produire en Europe avec les contraintes européennes”, a poursuivi cette source.A Florange (Moselle), l’inquiétude est aussi vive parmi les salariés. “C’est une trahison de la direction. Des salariés pleurent parce qu’ils savent qu’ils vont perdre leur emploi”, rapporte Julien Walterspieler, élu CFDT.Le plan présenté mercredi par ArcelorMittal prévoit la suppression de quelque 600 postes dans le nord de la France, touchant les fonctions support – délocalisées vers l’Inde – mais aussi la production, à la grande surprise des syndicats.- “prix de l’énergie” – Le projet concerne les usines de Dunkerque, Florange, Basse-Indre, Mardyck, Mouzon, Desvres et Montataire, qui emploient au total quelque 7.100 salariés.Sur CNews/Europe 1, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a attribué cette situation à “la non-compétitivité de la sidérurgie européenne dans son ensemble”. Elle a rappelé “la surproduction chinoise, notamment en acier, qui vient complètement bousculer les marchés”, réclamant à l’Union européenne “des mesures de protection”. Le commissaire européen à l’Industrie, Stéphane Séjourné, a exprimé jeudi son “incompréhension” , estimant que le plan de soutien de l’UE à la filière intégrait l’ensemble des demandes d’ArcelorMittal.En mars, la Commission avait annoncé une réduction des importations d’acier en Europe de 15% pour protéger la filière sidérurgique en crise, avec un durcissement de quotas à partir d’avril.La cheffe des députés LFI, Mathilde Panot, a déploré sur TF1 les annonces du groupe qui “a reçu des centaines de millions d’euros d’argent public”, évoquant elle aussi une nationalisation.Pour Fabien Roussel (PCF), le plan d’ArcelorMittal “est annonciateur de graves menaces sur la sidérurgie française”. “Nous voulons que cet acier continue d’être produit en France”, a-t-il dit sur SudRadio, martelant sur X “Produisons. Nationalisons”.Le président du Medef, Patrick Martin, a pour sa part estimé que la France payait aujourd’hui “les errements de l’UE sur le prix de l’énergie” et “une stratégie très offensive, très agressive, de la part de la sidérurgie chinoise”. “Il faut réguler le marché: le Medef est résolument pour le libre-échange mais on sait tous que les Chinois (…) ont déversé d’une certaine manière ces excédents de production sur le marché européen”, a-t-il ajouté. zl-gbh-sw-od-im/cnp/as

La France condamnée par la CEDH pour avoir failli à protéger des mineures qui dénonçaient des viols

La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a condamné jeudi la France pour la réponse judiciaire apportée à trois mineures qui avaient dénoncé en vain des viols et l’a épinglée pour la première fois pour “victimisation secondaire”.La Cour “considère que, dans chacune des trois requêtes”, la justice française a “failli à protéger, de manière adéquate, les requérantes qui dénonçaient des actes de viols alors qu’elles n’étaient âgées que de 13, 14 et 16 ans au moment des faits”.Elle estime que les juridictions n’ont pas assez pris en compte les circonstances des faits, comme la consommation d’alcool, ainsi que le consentement des adolescentes, qui se trouvaient en “situation de particulière vulnérabilité”, notamment en raison de leur jeune âge.Dans deux des dossiers, la Cour relève en outre “l’absence de célérité et de diligence dans la conduite de la procédure pénale”.Dans un arrêt unique rendu à l’unanimité sur ces trois affaires, la Cour conclut à la violation des articles 3 (interdiction des traitements inhumains ou dégradants) et 8 (droit au respect de la vie privée), de la Convention européenne des droits de l’Homme.- Coup de semonce -L’une des trois requérantes est “Julie” (nom d’emprunt) qui avait accusé 14 pompiers de viols quand elle était adolescente. Elle suivait un traitement médical lourd, qui a été à l’origine de nombreuses interventions des pompiers.En 2019, un juge avait requalifié les faits en “atteintes sexuelles sans violence, contrainte, menace ni surprise”, suscitant la colère de la famille et des associations féministes. Deux pompiers avaient été finalement condamnés en novembre 2024 par le tribunal correctionnel de Versailles à des peines avec sursis pour atteintes sexuelles.L’arrêt de la CEDH “est vraiment un coup de semonce adressé à la France”, a réagi auprès de l’AFP l’avocat de Julie, Emmanuel Daoud.”La cour dit que les juridictions françaises ne peuvent pas se comporter ainsi à l’endroit des victimes (…), a fortiori lorsqu’elles sont mineures”, et que le droit et la procédure pénale ne les “protègent pas suffisamment” lorsqu’elles “essayent de faire valoir leurs droits”, a-t-il relevé.- Victimisation secondaire -Dans son arrêt, la CEDH fustige “les stéréotypes de genre adoptés par la chambre de l’instruction de la cour d’appel”, soulignant qu’ils étaient “à la fois inopérants et attentatoires à la dignité de la requérante”.Elle estime que Julie a été exposée “à des propos culpabilisants, moralisateurs et véhiculant des stéréotypes sexistes propres à décourager la confiance des victimes dans la justice”. En ce sens, la jeune fille a subi une “victimisation secondaire” – c’est la première fois que la France est condamnée sur ce point -, estime la CEDH, qui conclut donc à une violation de l’article 14 de la Convention (interdiction de la discrimination). Pour les parents de la jeune fille, Alain et Corinne Leriche, cet arrêt “lave l’humiliation et les tourments que nous ont infligés les institutions policières et judiciaires”, a relayé leur avocat Me Daoud.Avec cet arrêt, “la CEDH vient dire que les juridictions, dans leurs interprétations des faits et du droit, sont manifestement discriminatoires”, a commenté de son côté Me Lorraine Questiaux, membre de la force juridique de la Fondation des femmes. “Cela fait des années que les féministes le disent, que le problème n’est pas le texte, mais bien un problème culturel profond au sein des juridictions françaises”, a-t-elle souligné.Parmi les deux autres affaires étudiées par la CEDH, celle de H.B., qui avait dénoncé des viols par des hommes majeurs subis dans la nuit du 26 au 27 mai 2020. Elle avait alors 14 ans. La CEDH relève que la cour d’appel de Metz “s’est abstenue d’apprécier l’effet sur la conscience et le comportement de la requérante de sa très forte alcoolisation” alors même qu’elle avait déclaré, face aux enquêteurs, qu’elle “n’aurait jamais fait ça” si elle “n’avait pas consommé d’alcool”. La troisième, M.L., avait dénoncé un viol subi à l’âge de 16 ans, chez elle, après une fête. La procédure pénale avait duré huit ans et huit mois au total avant d’aboutir à un non-lieu.La France devra verser 25.000 euros à Julie au titre du dommage moral et 15.000 euros à chacune des deux autres requérantes.