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Elève tuée à Nantes: émotion et incompréhension au lycée au lendemain du drame

“Triste et choqué”: comme Antonin, de nombreux élèves et parents étaient en proie à l’émotion et l’incompréhension vendredi au lendemain d’une attaque au couteau dans laquelle une lycéenne a été tuée et trois autres blessés dans un établissement privé de Nantes.Le suspect, un adolescent scolarisé en classe de seconde au groupe scolaire Notre-Dame-de-Toutes-Aides, a été interpellé peu après le drame, jeudi à la mi-journée, mais il a été hospitalisé dans la soirée après un examen psychiatrique. Ses motivations restent indéterminées à ce stade.Le comité des élèves du lycée a diffusé un appel à déposer des fleurs en hommage aux victimes devant l’établissement vendredi à 15H30. Mais déjà dans la matinée, des groupes de lycéens et des adultes seuls, se venaient déposer une rose blanche ou un bouquet sur le perron. Certains s’agenouillent en silence ou s’enlacent avant de repartir, a constaté un journaliste de l’AFP.”Je ne pouvais pas être présente” pour l’hommage de l’après-midi “alors je suis venue ce matin”, explique Emilie, 18 ans, en classe de terminale, “bouleversée”. “Il n’y a jamais eu de bagarre, jamais de violence au lycée ou à l’école”, assure-t-elle.À quelques rues de l’établissement, une vingtaine de lycéens, tous vêtus en blanc, se sont rassemblés à la mi-journée avant l’hommage. “C’est une façon de leur montrer qu’on est là, qu’on pense à eux”, explique Emma, en seconde, “le blanc, c’est pour dire qu’on y pense tous mais c’était pour pas se mettre en noir, parce que c’est une couleur triste”.- Rose blanche -Les cours sont suspendus vendredi pour les élèves du collège et du lycée nantais, qui peuvent bénéficier d’une cellule de soutien psychologique.Antonin, en terminale, ne pense pas aller voir les psychologues “mais c’est bien qu’ils aient fait ça”, dit à l’AFP le lycéen qui a apporté une rose blanche en hommage aux victimes.L’école primaire du groupe, fréquenté par 2.000 élèves au total, a maintenu la classe. “Ce n’est pas plus mal que la plus petite reprenne l’école car elle pourra poser des questions à l’équipe éducative si elle en a besoin”, estime Antoine, responsable informatique de 44 ans, venu accompagner sa fille scolarisée en CE2.”On a essayé de trouver les bons mots pour lui annoncer le décès de la jeune fille. On lui a dit qu’elle avait succombé à ses blessures, cela met un peu de distance”, explique-t-il.”J’avoue que j’ai eu du mal à déposer mon fils à l’école ce matin. Normalement, l’école est le lieu où il ne peut rien arriver”, déclare Olivia, 37 ans, aide-soignante et mère de quatre enfants dont un en CP.- Profil difficile à cerner -Outre la lycéenne décédée, trois autres élèves ont été blessés à coups de couteau. L’un d’entre eux se trouvait entre la vie et la mort jeudi soir mais son état de santé “s’est amélioré”, a indiqué vendredi le procureur de la République de Nantes, Antoine Leroy.Le magistrat doit donner une conférence de presse à 18H00.Le parquet national antiterroriste (PNAT) a indiqué à l’AFP qu’il avait évalué les faits et estimé qu’ils ne relevaient pas de sa compétence. Le profil de l’agresseur semble difficile à cerner.”Le lycéen, les gens le connaissaient comme dépressif, il disait qu’il adorait Hitler. Il a envoyé un mail de 13 pages à tout le monde pour expliquer tous ses problèmes à midi”, a témoigné auprès de l’AFP une collégienne.Peu avant d’attaquer ses camarades, les élèves du collège et lycée ont reçu un courriel sombre et confus consulté par l’AFP. Le suspect y évoque notamment “la mondialisation (qui) a transformé notre système en une machine à décomposer l’humain”, revendiquant une “révolte biologique” afin que “l’équilibre naturel, même cruel” reprenne “sa place” contre “l’écocide globalisé”.Quelques heures après l’attaque, le ministre de l’Intérieur et sa collègue de l’Education se sont rendus au lycée pour saluer le travail des forces de l’ordre, des secours ainsi que du personnel enseignant qui a permis de maîtriser l’agresseur et d’éviter, selon eux, un bilan plus lourd.Emmanuel Macron a salué le “courage” des professeurs qui “ont sans doute empêché d’autres drames”.François Bayrou a estimé que l’installation de portiques à l’entrée des établissements scolaires était “une piste” pour éviter de nouvelles attaques au couteau, des armes qui “doivent être pourchassées”. Cette hypothèse a suscité l’opposition à gauche vendredi – à l’image de l’eurodéputée LFI Manon Aubry qui dénonce une “course à l’échalote” sécuritaire – mais reste plébiscitée à droite.

Le gouvernement veut imposer jusqu’à deux jours par mois aux médecins dans les déserts médicaux

Le gouvernement veut imposer jusqu’à deux jours par mois de temps de consultation aux médecins dans les zones prioritaires du territoire, mesure phare d’un plan de lutte contre les déserts médicaux, a-t-on appris vendredi de source gouvernementale.Ce “principe de solidarité” du corps médical est présenté par l’exécutif comme une alternative à la “fin de la liberté d’installation” des médecins, mesure induite dans une proposition de loi transpartisane dont l’article phare a été adopté contre l’avis du gouvernement début avril par l’Assemblée nationale, avant l’examen de la suite du texte prévu début mai.Cette mesure figure dans un “pacte de lutte contre les déserts médicaux” présenté vendredi par François Bayrou lors d’un déplacement dans le Cantal. En 2024, 6 millions de Français n’avaient pas de médecin traitant. La lutte contre les déserts médicaux fait partie des quatre priorités du Premier ministre, exposées dans un courrier adressé en mars aux chefs de groupe parlementaire.François Bayrou entend adresser “un message de confiance à l’ensemble de soignants”. “L’idée est de ne pas privilégier les solutions de contrainte à l’installation”, a-t-on expliqué de même source gouvernementale.Cette mesure va concerner “tous les médecins”. “Il y aura des contreparties financières”. “A contrario, les médecins qui refuseraient se verront pénalisés”, a-t-on encore précisé de même source.Outre cette mesure, le plan présenté vendredi comprend trois autres “axes”. Le premier traite de la formation. L’idée est de “permettre au plus de jeunes possible d’accéder aux études de santé, au plus près de leur territoire”, de “recruter dans les territoires ruraux ou moins favorisés”, déroule une source gouvernementale. Un nouveau médecin s’installe plus volontiers dans son territoire d’origine: 50% des médecins généralistes formés exercent à moins de 85 km de leur lieu de naissance, une installation sur deux est située à moins de 43 km de l’université d’internat.Le gouvernement entend ainsi développer massivement les stages en “territoires sous-denses” pour les étudiants en médecine. Chaque département — les trois-quarts le sont aujourd’hui — devra être pourvu d’une première année aux études de santé.Le gouvernement veut par ailleurs confier de nouveaux actes aux autres professionnels de santé. Un patient souffrant de rhinite allergique saisonnière pourrait ainsi se rendre en pharmacie pour recevoir son traitement avec une ordonnance échue.Par ailleurs, l’exécutif souhaite, dans le délai d’un mois, une cartographie des zones particulièrement prioritaires, dites “zones rouges”. Ce travail va être confié aux agences régionales de santé (ARS), “en lien étroit avec les préfets et les élus locaux”, afin de “définir département par département les zones les plus prioritaires” pour l’application de ce plan.

Dans la vallée de l’Arve, le Mont-Blanc surplombe une chape de pollution

Dans son chalet à 700 mètres d’altitude, Françoise Veyret a une vue “incroyable” sur le massif du Mont-Blanc, mais aussi sur un nuage de “poussières” qui recouvre souvent la vallée de l’Arve, l’une des plus polluées de France.”Dès qu’il fait beau, hop, il y a le brouillard”, regrette la retraitée de 75 ans, installée depuis 45 ans à Domancy, un village de Haute-Savoie situé légèrement au-dessus de cette vallée qui serpente entre Chamonix et Annemasse.La brûme épaisse blanchâtre, surnommée la “peuf” par certains Savoyards, résulte de l’accumulation des polluants dans l’air de la vallée coincée entre deux massifs montagneux, où se concentrent les activités humaines.”On s’en rend compte en fin de journée ou le matin quand on se lève”, surtout par temps sec l’hiver, témoigne la retraitée. “Mais même l’après-midi, la vallée est dans la poussière.”En cause, le phénomène dit d'”inversion de températures”, lorsque l’air froid reste bloqué sous un air plus chaud, lequel forme un “couvercle” empêchant les polluants de se disperser en altitude.Principal coupable: le chauffage au bois, particulièrement utilisé dans les nombreux chalets l’hiver, suivi du transport routier très dense sur cet axe de circulation majeur entre la France et l’Italie, et les activités industrielles notamment dans le secteur du décolletage très présent en Haute-Savoie.Avec l’arrivée du froid, la concentration de particules fines dépasse régulièrement les seuils réglementaires européens, entraînant des mesures de restriction pour les habitants.- Files de camions -Pendant ces pics de pollution, Evelyn Zetter, 74 ans et atteinte d’un cancer, ne va plus “se promener au lac” de Passy, en fond de vallée, suivant les recommandations des autorités.Cette habitante de Sallanches blâme avant tout le passage des camions sur l’autoroute A40, dont le vombrissement résonne en continu près du lac, où l’AFP l’a rencontrée. Elle relate les embouteillages récurrents avec des “files de camions entières” à l’approche du tunnel du Mont-Blanc, qu’empruntent en moyenne 4.500 véhicules par jour dont 1.400 poids-lourds.L’autoroute est aussi indispensable aux habitants qui travaillent en Suisse et à ceux qui peinent à se loger près de leur lieu de travail, à cause de la flambée des prix de l’immobilier dans les villes touristiques.Alertés, l’Etat et les collectivités ont mis en place le Plan de Protection de l’Atmosphère (PPA) de la vallée de l’Arve en 2010, qui a acté l’interdiction des cheminées à foyer ouvert depuis 2022 ou la limitation de la vitesse à 110km/h sur l’A40 l’hiver. “Nous sommes précurseurs parce que nous étions dans une situation particulièrement préoccupante”, explique Emmanuelle Dubée, préfète de Haute-Savoie, qui se félicite d’une légère baisse des émissions constatée sur quinze ans.- “Vieilles habitudes” -A Cluses, des affichettes intitulées “Luttons ensemble contre la pollution” ont été collées devant l’école pour inviter les automobilistes à couper le moteur de leur voiture à l’arrêt.Selon les associations locales, la petite amélioration de la qualité de l’air est due aux habitants qui ont “réfléchi par eux-même” et ont “changé leurs habitudes”. “La plupart des gens ont changé leur système de chauffage”, assure Jean-Claude Louis, “premier” habitant de Passy à avoir installé ses propres panneaux solaires et qui prodigue depuis ses conseils à ceux souhaitant l’imiter.Si Françoise n’utilise pas sa cheminée, elle constate que nombre de ses voisins se chauffent encore au bois. “Ils ne changeront pas. Ce sont des vieilles habitudes…” Pour sa part, elle utilise du fioul, également émetteur de polluants.Ces efforts mitigés se traduisent dans des tableaux chiffrés encore alarmants: en 2024, à Passy, le seuil d’alerte pour la pollution aux particules très fines (PM 2,5), particulièrement dangereuses pour la santé, a été dépassé 38 jours.Pour la première fois, en février, la justice a condamné l’Etat à verser 9.000 euros à une famille de la vallée de l’Arve, au motif que les pathologies respiratoires de leur fils “ont été aggravées par la pollution”. Pour la cour d’appel de Lyon, l’Etat a commis une “faute” du fait “de l’insuffisance des mesures adoptées” contre les pics de pollution.

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Dans la vallée de l’Arve, le Mont-Blanc surplombe une chape de pollution

Dans son chalet à 700 mètres d’altitude, Françoise Veyret a une vue “incroyable” sur le massif du Mont-Blanc, mais aussi sur un nuage de “poussières” qui recouvre souvent la vallée de l’Arve, l’une des plus polluées de France.”Dès qu’il fait beau, hop, il y a le brouillard”, regrette la retraitée de 75 ans, installée depuis 45 ans à Domancy, un village de Haute-Savoie situé légèrement au-dessus de cette vallée qui serpente entre Chamonix et Annemasse.La brûme épaisse blanchâtre, surnommée la “peuf” par certains Savoyards, résulte de l’accumulation des polluants dans l’air de la vallée coincée entre deux massifs montagneux, où se concentrent les activités humaines.”On s’en rend compte en fin de journée ou le matin quand on se lève”, surtout par temps sec l’hiver, témoigne la retraitée. “Mais même l’après-midi, la vallée est dans la poussière.”En cause, le phénomène dit d'”inversion de températures”, lorsque l’air froid reste bloqué sous un air plus chaud, lequel forme un “couvercle” empêchant les polluants de se disperser en altitude.Principal coupable: le chauffage au bois, particulièrement utilisé dans les nombreux chalets l’hiver, suivi du transport routier très dense sur cet axe de circulation majeur entre la France et l’Italie, et les activités industrielles notamment dans le secteur du décolletage très présent en Haute-Savoie.Avec l’arrivée du froid, la concentration de particules fines dépasse régulièrement les seuils réglementaires européens, entraînant des mesures de restriction pour les habitants.- Files de camions -Pendant ces pics de pollution, Evelyn Zetter, 74 ans et atteinte d’un cancer, ne va plus “se promener au lac” de Passy, en fond de vallée, suivant les recommandations des autorités.Cette habitante de Sallanches blâme avant tout le passage des camions sur l’autoroute A40, dont le vombrissement résonne en continu près du lac, où l’AFP l’a rencontrée. Elle relate les embouteillages récurrents avec des “files de camions entières” à l’approche du tunnel du Mont-Blanc, qu’empruntent en moyenne 4.500 véhicules par jour dont 1.400 poids-lourds.L’autoroute est aussi indispensable aux habitants qui travaillent en Suisse et à ceux qui peinent à se loger près de leur lieu de travail, à cause de la flambée des prix de l’immobilier dans les villes touristiques.Alertés, l’Etat et les collectivités ont mis en place le Plan de Protection de l’Atmosphère (PPA) de la vallée de l’Arve en 2010, qui a acté l’interdiction des cheminées à foyer ouvert depuis 2022 ou la limitation de la vitesse à 110km/h sur l’A40 l’hiver. “Nous sommes précurseurs parce que nous étions dans une situation particulièrement préoccupante”, explique Emmanuelle Dubée, préfète de Haute-Savoie, qui se félicite d’une légère baisse des émissions constatée sur quinze ans.- “Vieilles habitudes” -A Cluses, des affichettes intitulées “Luttons ensemble contre la pollution” ont été collées devant l’école pour inviter les automobilistes à couper le moteur de leur voiture à l’arrêt.Selon les associations locales, la petite amélioration de la qualité de l’air est due aux habitants qui ont “réfléchi par eux-même” et ont “changé leurs habitudes”. “La plupart des gens ont changé leur système de chauffage”, assure Jean-Claude Louis, “premier” habitant de Passy à avoir installé ses propres panneaux solaires et qui prodigue depuis ses conseils à ceux souhaitant l’imiter.Si Françoise n’utilise pas sa cheminée, elle constate que nombre de ses voisins se chauffent encore au bois. “Ils ne changeront pas. Ce sont des vieilles habitudes…” Pour sa part, elle utilise du fioul, également émetteur de polluants.Ces efforts mitigés se traduisent dans des tableaux chiffrés encore alarmants: en 2024, à Passy, le seuil d’alerte pour la pollution aux particules très fines (PM 2,5), particulièrement dangereuses pour la santé, a été dépassé 38 jours.Pour la première fois, en février, la justice a condamné l’Etat à verser 9.000 euros à une famille de la vallée de l’Arve, au motif que les pathologies respiratoires de leur fils “ont été aggravées par la pollution”. Pour la cour d’appel de Lyon, l’Etat a commis une “faute” du fait “de l’insuffisance des mesures adoptées” contre les pics de pollution.

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“Il serait extrêmement décevant” que l’UE recule sur le climat, s’alarme la DG de la COP30

La directrice générale de la prochaine conférence sur le climat de l’ONU, à Belem au Brésil en novembre, Ana Toni, met en garde l’Union européenne contre tout recul sur le climat, lors d’un entretien avec l’AFP à Paris. Les 27 pays membres s’écharpent en coulisses depuis des mois sur la proposition de la Commission européenne de réduire de 90% les émissions de gaz à effet de serre du bloc d’ici 2040, par rapport à 1990. Des pays dont l’Italie et la République tchèque réclament d’aller moins loin, alors qu’on attend la position publique de la France.QUESTION: L’Union européenne pourrait remettre en cause son objectif de -90% d’émissions de gaz à effet de serre d’ici 2040, par rapport à 1990. Qu’en pensez-vous ?REPONSE: “L’UE a toujours été un leader dans le débat climatique, il est absolument vital que l’UE conserve ce leadership, a fortiori dans la géopolitique actuelle. Il serait extrêmement décevant d’affaiblir le double engagement de -90% d’ici 2040, comme la Commission l’avait proposé, et d’un plan de réduction à 2035 très ambitieux.”Q: Que se passerait-il si l’engagement européen était réduit?R: “L’UE doit montrer l’exemple (…). Si elle ne le fait pas, il ne faudra pas être déçu que des pays en développement, comme l’Inde ou la Chine, revoient leurs propres ambitions à la baisse.”Q: Comprenez-vous la pression politique et budgétaire actuelle en Europe?R: “Je comprends évidemment la pression, mais nous subissons la même pression politique chez nous. Demandez au président Lula, lorsqu’il a présenté son engagement de réduire les émissions (jusqu’à) -67%: la pression des différents secteurs économiques brésiliens était bien là.”Q: Et si l’UE décidait de moins réduire ses propres émissions, mais d’acheter beaucoup de crédits carbone ailleurs ?R: “L’Europe doit d’abord assumer sa responsabilité et se décarboner. Au vu de leur responsabilité historique, ils doivent avoir des objectifs très forts. Les crédits carbone, achetés à d’autres régions, peuvent être un bonus, mais pas quelque chose qui les absolve de leur responsabilité.”Q: Le Brésil vendra-t-il des crédits carbone à l’Europe?R: “Oui, le Brésil pourrait vendre beaucoup de crédits carbone. Le Brésil est évidemment bien placé pour vendre des crédits carbone, avec intégrité, à n’importe quel marché, en raison de son secteur énergétique et de la reforestation en cours.”Q: Quel a été selon vous l’impact du retrait annoncé des Etats-Unis de l’accord de Paris?R: “Ce nouveau retrait du gouvernement fédéral est très triste, surtout que ce n’est pas la première fois, c’est la seconde fois, on est vraiment face à un pays schizophrénique en termes de politiques climatiques.Mais les Etats-Unis ne se résument pas au gouvernement fédéral, il y a le secteur privé, les autorités subnationales. On m’a dit que 60% des lois liées au climat étaient aux mains des gouverneurs des Etats.Le climat a besoin de stabilité, de planification. Nous devons tous repenser notre notion de ce qu’est un pays à risque. La plupart des gens pensent que les Etats-Unis sont un pays très stable et à faible risque, et que certains pays du Sud sont à haut risque. Cela montre qu’il nous faut remettre en cause nos notions de haut et faible risque.”Q: Le président Xi a déclaré mercredi que la Chine ne ralentirait pas sur le climat. Pékin doit-il remplir le vide laissé par Washington?R: “Je ne crois pas que la Chine souhaite prendre cette place car la Chine croit au leadership collectif. L’idée d’un leadership par des pays individuels est une idée très occidentale, cette idée que tout le monde recherche un sauveur, un leader. Ce n’est ni la culture chinoise, ni la culture brésilienne. Nous préférons le leadership collectif, et oui, les pays du Sud jouent ce rôle aujourd’hui. (…)L’Europe, avec le Brésil, la Chine, l’Afrique du Sud, l’Inde et d’autres, peuvent jouer ce rôle de leadership collectif.”Q: Comment évaluez-vous les effets du regain de protectionnisme, avec Donald Trump, sur le climat?R: “Aucune guerre n’est bonne pour le climat, les guerres sont anti-écologiques, qu’elles soient militaires ou commerciales. Le commerce peut jouer un rôle positif pour la décarbonation, par l’échange de biens bas carbone, par la coopération. Il est fondamental de continuer à commercer, et en particulier pour les technologies bas carbone.”

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Trump veut ouvrir l’extraction minière sous-marine en eaux internationales, la Chine proteste

Donald Trump a décidé d’ouvrir l’extraction à grande échelle de minerais dans les grands fonds océaniques, y compris en eaux internationales, une initiative vivement dénoncée par la Chine comme enfreignant “le droit international”.Le président américain a signé jeudi un décret en ce sens, qui remet en cause de l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM), théoriquement compétente en haute mer.Vendredi, Pékin a réagi estimant que ce projet d’extraction dans les eaux internationales “enfreint le droit international”.”L’autorisation par les États-Unis des activités de prospection et d’exploitation des ressources minérales sur leur soi-disant plateau continental extérieur enfreint le droit international et nuit aux intérêts de la communauté internationale dans son ensemble”, a déclaré devant la presse Guo Jiakun, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.Ce passage en force du président américain hérisse en outre des associations de protection de l’environnement, qui alertent sur les dégâts que ferait une telle exploitation sur les écosystèmes marins.Le texte du décret demande au secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, “d’accélérer l’examen” de candidatures “et la délivrance de permis d’exploration et d’extraction” de minéraux “au-delà des juridictions” américaines.Il saisit également le ministre de l’Intérieur, Doug Burgum, pour en faire de même pour les eaux territoriales.L’initiative doit permettre de collecter un milliard de tonnes de matériaux en dix ans, a indiqué un haut responsable américain.L’AIFM a juridiction sur les fonds marins des eaux internationales, en vertu d’accords que les Etats-Unis n’ont, néanmoins, jamais ratifiés.Contactée par l’AFP, l’AIFM n’a pas donné suite dans l’immédiat.Le décret enjoint également le secrétaire au Commerce de préparer un rapport sur “la faisabilité d’un mécanisme de partage” du produit des fonds marins.”En se lançant dans l’extraction minière en eaux internationales, à contrepied du reste du monde, le gouvernement ouvre la voie à d’autres pays pour en faire de même”, a réagi Jeff Watters, vice-président de l’ONG Ocean Conservancy, dans un communiqué.”Et cela aura des conséquences négatives pour nous tous et pour les océans dont nous dépendons”, a-t-il prévenu.Aucune extraction minière commerciale n’a encore eu lieu dans les fonds marins, aux Etats-Unis ou ailleurs.Certains Etats ont, en revanche, déjà octroyé des permis d’exploration dans leurs zones économiques exclusives, notamment le Japon et les îles Cook.- Créer des emplois -Le gouvernement Trump estime que l’extraction minière en eaux profondes pourrait créer 100.000 emplois et augmenter de 300 milliards de dollars le produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis, sur 10 ans toujours, a indiqué un responsable.”Nous voulons que les Etats-Unis devancent la Chine dans ce domaine”, a expliqué cette source.L’extraction concerne principalement les nodules polymétalliques, des sortes de galets posés sur les fonds marins, riches en minéraux comme le manganèse, le nickel, le cobalt, le cuivre ou les terres rares.Ces dernières sont des métaux aux propriétés magnétiques très prisées pour les véhicules électriques, panneaux solaires, mais aussi smartphones et ordinateurs portables.”Les Etats-Unis font face à un défi économique et de sécurité nationale sans précédent, à savoir la sécurisation de leurs approvisionnements en minéraux critiques sans en passer par des adversaires étrangers”, fait valoir le décret.En 2023, 31 élus au Congrès, tous républicains, avaient adressé une lettre au ministre de la Défense, Lloyd Austin, réclamant que le gouvernement Biden permette l’extraction minière sous-marine.”Nous ne pouvons pas laisser la Chine s’arroger et exploiter les ressources des fonds marins”, avaient-ils écrit. Le gouvernement n’y avait pas répondu publiquement.- Protection à Hawaï -L’entreprise canadienne The Metals Company (TMC) a annoncé en 2025 son intention de contourner l’AIFM en demandant prochainement le feu vert des Etats-Unis pour commencer à exploiter des minerais en haute mer.Pour son patron, Gerard Barron, le décret “marque le retour du leadership américain” dans le domaine des minéraux sous-marins, a-t-il déclaré dans un réaction transmise à l’AFP.”TMC se tient prêt à mettre en œuvre le premier projet d’extraction commerciale de nodules polymétalliques au monde”, a-t-il ajouté.”C’est un exemple clair de la priorisation des compagnies minières au détriment du bon sens”, a regretté Katie Matthews, de l’association Oceana.En juillet 2024, le gouverneur démocrate d’Hawaï, Josh Green, a ratifié un texte interdisant l’extraction minière dans les eaux territoriales de cet Etat situé au beau milieu du Pacifique.De nombreuses organisations de défense de l’environnement s’opposent à la collecte de minéraux, qu’elles accusent de menacer gravement l’écosystème marin.”Trump est en train d’exposer l’un des écosystèmes les plus fragiles et méconnus à l’exploitation industrielle incontrôlée”, a commenté Emily Jeffers, avocate du Centre pour la diversité biologique (CBD), rappelant que plus de 30 pays sont favorables à un moratoire.”La haute mer nous appartient à tous”, a-t-elle ajouté, “et la protéger est un devoir pour l’humanité.”

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La Chine annonce que sa capacité en énergie éolienne et solaire dépasse pour la première fois le thermique

La Chine a annoncé vendredi que sa capacité en énergie éolienne et solaire dépassait pour la première fois celle issue des installations thermiques, principalement générée par des centrales à charbon, grâce à une accélération des nouvelles installations cette année.”Au premier trimestre 2025, les nouvelles installations (solaires et éoliennes, ndlr) ont totalisé une puissance de 74,33 millions de kilowatts portant la capacité totale du réseau à 1,482 milliard de kilowatts”, a déclaré l’autorité chinoise de l’énergie dans un communiqué.Cela dépasse “pour la première fois la capacité installée de l’énergie thermique (1,451 milliard de kilowatts)”, a-t-elle ajouté sans définir ce qui entre dans cette catégorie.La Chine, premier émetteur mondial de gaz à effet de serre responsables du changement climatique, s’est engagée à plafonner ses émissions de carbone d’ici à 2030 et à atteindre la neutralité carbone d’ici à 2060. Alors que 60% de l’énergie chinoise provient du charbon, le pays construit par ailleurs près de deux fois plus de capacités éoliennes et solaires que tous les autres pays réunis, selon une étude publiée l’année dernière. Mercredi, le président chinois Xi Jinping a promis que les efforts de la Chine contre le réchauffement climatique “ne ralentiront pas” et ce “quelle que soit l’évolution de la situation internationale”, au moment où Donald Trump a lancé le retrait les Etats-Unis de l’accord de Paris.M. Xi a également indiqué que la Chine annoncerait ses nouveaux engagements climatiques pour 2035 avant la COP30 de novembre et que ces engagements couvriraient tous les gaz à effet de serre, et pas seulement le dioxyde de carbone. 

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Pour planter son blé, l’Irak puise dans les nappes phréatiques

Hadi Sahib contemple ses épis de blé poussant en plein désert, dans le sud de l’Irak, grâce à l’eau pompée dans les nappes phréatiques, ultime recours du pays face à la sécheresse mais qui risque d’épuiser les réserves souterraines.Vus du ciel, des cercles verdoyants se dessinent au milieu du désert de Najaf, irrigués par une imposante structure métallique tournante dotée d’arroseurs.Loin de l’Euphrate, ces champs verdissent grâce à des systèmes d’irrigation modernes permettant d’économiser jusqu’à 50% d’eau.”Année après année, la sécheresse empire et la désertification s’intensifie”, confie à l’AFP M. Sahib, 46 ans, un agriculteur père de 12 enfants. “Les arroseurs ont permis un succès phénoménal. On n’a qu’à les mettre en marche et à s’asseoir”, ajoute-t-il.L’enjeu est capital dans ce pays de 46 millions d’habitants souffrant de précipitations en recul et d’une baisse du débit des fleuves.Depuis des millénaires, pour cultiver les régions du Croissant fertile arrosées par le Tigre et l’Euphrate, on inonde les champs en conduisant l’eau des fleuves vers les parcelles grâce à des canaux.Face aux pénuries, l’Irak cherche à mettre fin à ce gaspillage mais pompe les eaux souterraines.M. Sahib se souvient qu’il exploitait dix donums de terre, soit 2,5 hectares selon une unité de mesure utilisée au Moyen-Orient.Aujourd’hui, grâce aux facilités proposées par les autorités locales, il loue à l’Etat 50 hectares à un prix symbolique et récolte 250 tonnes.”On ne pourrait pas continuer sans les nappes phréatiques, difficile d’avoir l’eau sans creuser des puits”, confie à l’AFP l’agriculteur en jellabah, dans son champ balayé par une tempête de sable.Cet hiver, 3,1 millions de donums ont été cultivés grâce aux eaux souterraines et aux “systèmes d’irrigation modernes”, selon les autorités. Contre deux millions de donums grâce aux fleuves et barrages.- “Réserve stratégique” -A Najaf, cette méthode se pratique depuis plus d’une décennie.Le gouvernement loue des terres aux agriculteurs pour un dollar annuel par donum, achète les récoltes à tarif préférentiel et permet d’acquérir à prix subventionné des systèmes d’irrigation remboursables sur dix ans.Couplés à des engrais pour sols arides et des semences importées plus résistantes, ces systèmes augmentent le rendement, souligne le responsable des autorités agricoles de Najaf, Moneim Chahid.Cette saison, un donum près du fleuve devrait produire 1,3 tonne de blé contre au moins 1,7 tonne dans le désert, prévoit-il.En 2024, l’Irak a ainsi dépassé l’autosuffisance avec 6,4 millions de tonnes de blé récoltées.Les autorités se disent conscientes du risque de surexploitation des eaux souterraines.”Les nappes phréatiques constituent une réserve stratégique importante pour les générations à venir”, reconnaît M. Chahid. “Nous devons être vigilants, l’eau doit être rationnée”, dit-il en soulignant que les arroseurs “aident à réguler la consommation des eaux souterraines”.Dans le désert de Kerbala, dans le centre du pays, la prestigieuse institution administrant le mausolée de l’imam Hussein, capable d’endosser des investissements colossaux, pratique depuis 2018 l’agriculture désertique.L’institution vise 3.750 hectares de blé, contre un millier d’hectares actuellement.- “Ressources éternelles”? -Le désert occidental d’Irak, qui chevauche la province de Najaf, abrite dans ses profondeurs une partie des réservoirs stratégiques d’Al-Dammam et Oum al-Radhuma, s’étendant sous l’Arabie saoudite et le Koweït qui ont aussi exploité ces ressources.Dès 2013, l’ONU reconnaissait que les réserves de ces deux bassins s’épuisaient.Avec une “extraction à grande échelle des eaux souterraines pour l’irrigation”, l’Arabie saoudite s’est hissée dans les années 1990 au rang de sixième exportateur mondial de blé, selon un rapport de l’ONU en 2023.Cette surexploitation massive a épuisé plus de 80% des ressources, contraignant le royaume à arrêter ses cultures de blé en 2016, ajoute ce rapport.En Irak, “les gens creusent des puits et pensent ces ressources éternelles. C’est faux”, assène Sameh al-Muqdadi, expert en gestion de l’eau.”Avant on pouvait creuser des puits de 50 mètres ou 100 mètres de profondeur pour atteindre la nappe phréatique. Maintenant c’est 300 mètres”, dit-il à l’AFP.Les autorités ne disposent en outre d’aucun chiffre sur les eaux souterraines de l’Irak, les dernières statistiques publiques remontant aux années 1970, dit-il. “Sans estimations, on ne peut pas gérer nos ressources”, résume l’expert.”Une sécurité alimentaire durable ne peut jamais être assurée avec des eaux souterraines. Cette ressource, accumulée au cours de milliers d’année, est limitée”, souligne-t-il.Il plaide pour l’exploitation des nappes phréatiques uniquement “en cas d’urgence, pendant les sécheresses” et non “pour une expansion commerciale des terres agricoles”.Or, regrette-t-il, “c’est le cas aujourd’hui.”

Lycéenne tuée à Nantes: le profil de l’agresseur examiné, vive émotion au lycée

Au lendemain de l’attaque au couteau dans un collège-lycée privé de Nantes où un hommage doit être rendu vendredi après-midi à l’adolescente tuée, les enquêteurs vont tenter de cerner les motivations de l’auteur présumé, un adolescent qui a été hospitalisé jeudi soir après un examen psychiatrique.Vendredi matin, une dizaine de roses blanches ainsi qu’un bouquet ont été déposés devant l’accueil de l’établissement, tandis que les portes du collège et du lycée resteront closes pour la journée, a constaté une correspondante de l’AFP. Pour quelle raison cet élève du collège-lycée privé Notre-Dame de Toutes-Aides, interpellé peu après les faits, a-t-il poignardé mortellement une de ses camarades, jeudi en milieu de journée, avant de s’attaquer à trois autres élèves, dont un était entre la vie et la mort jeudi soir ? Le procureur de la République de Nantes, Antoine Leroy, a annoncé qu’il donnerait une conférence de presse vendredi à 18H.”Le psychiatre ayant procédé à l’examen du mis en cause a conclu à l’incompatibilité de son état de santé avec la mesure de garde à vue en cours”, a-t-il indiqué à la presse dans la soirée. “L’intéressé va donc être désormais conduit à l’hôpital”.Quelques heures plus tôt, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau et sa collègue de l’Education Elisabeth Borne s’étaient rendus sur place pour saluer le travail des forces de l’ordre, des secours ainsi que du personnel enseignant qui a permis de maîtriser l’agresseur et d’éviter un bilan plus lourd.Trois autres élèves ont été blessés par l’adolescent et pour l’un d’eux, il n’y a “pas de garantie” qu’il soit “totalement tiré d’affaire”, a indiqué Mme Borne.Pour la journée de vendredi, les cours sont maintenus pour l’école primaire mais suspendus pour les collégiens et les lycéens, la cellule psychologique restera ouverte au sein du groupe scolaire. Un appel à déposer des fleurs devant l’établissement à 15h30 a été lancé et partagé sur les réseaux sociaux.- Portiques -L’agresseur semble quant à lui présenter un profil singulier. “Le lycéen, les gens le connaissaient comme dépressif, il disait qu’il adorait Hitler. Il a envoyé un mail de 13 pages à tout le monde pour expliquer tous ses problèmes à midi”, a témoigné auprès de l’AFP une collégienne.Peu avant d’attaquer ses camarades au couteau, il a envoyé aux élèves un courriel sombre et confus consulté par l’AFP. Il y évoque notamment “la mondialisation (qui) a transformé notre système en une machine à décomposer l’humain”, revendiquant une “révolte biologique” afin que “l’équilibre naturel, même cruel” reprenne “sa place” contre “l’écocide globalisé”.Bruno Retailleau a estimé que “ce n’est pas un fait divers, ce drame, cette tragédie, c’est un fait de société”.”Nous sommes dans une société qui a encouragé le laxisme, qui a voulu déconstruire les interdits, l’autorité, l’ordre, les hiérarchies et qui a accouché finalement de toute cette violence”, a-t-il poursuivi.Rappelant le décès un mois auparavant d’un jeune poignardé devant un lycée en Essonne, Bruno Retailleau a indiqué que “comme tant de Français, on ne se résout pas à ce que ces lieux de vie, ces lieux d’enseignement deviennent parfois des lieux d’ensauvagement, des lieux de mort”.Le président Emmanuel Macron a salué le “courage” des professeurs qui “ont sans doute empêché d’autres drames”.François Bayrou a lui estimé que l’installation de portiques à l’entrée des établissements scolaires était “une piste” pour éviter de nouvelles attaques au couteau dans les écoles.  “Un couteau, une arme blanche potentiellement dangereuse et même létale (…) ces armes-là, elles doivent être bannies, donc elles doivent être pourchassées. Tout le monde doit savoir qu’elles sont interdites et les contrôles nécessaires doivent être conduits”, a déclaré le Premier ministre devant la presse.

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Trump veut ouvrir l’extraction minière sous-marine en eaux internationales, un coup de force

Donald Trump a signé jeudi un décret destiné à ouvrir l’extraction à grande échelle de minerais dans les grands fonds océaniques, y compris en eaux internationales, une remise en cause de l’Autorité internationale des fonds marin (AIFM), théoriquement compétente en haute mer.Ce passage en force du président américain hérisse des associations de protection de l’environnement, qui alertent sur les dégâts qu’aurait une telle exploitation sur les écosystèmes marins.Le texte demande au secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, “d’accélérer l’examen” de candidatures “et la délivrance de permis d’exploration et d’extraction” de minéraux “au-delà des juridictions” américaines.Il saisit également le ministre de l’Intérieur, Doug Burgum, pour en faire de même pour les eaux territoriales.L’initiative doit permettre de collecter un milliard de tonnes de matériaux en dix ans, a indiqué un haut responsable américain.L’AIFM a juridiction sur les fonds marins des eaux internationales, en vertu d’accords que les Etats-Unis n’ont, néanmoins, jamais ratifiés.Contactée par l’AFP, l’AIFM n’a pas donné suite dans l’immédiat.Le décret enjoint également le secrétaire au Commerce de préparer un rapport sur “la faisabilité d’un mécanisme de partage” du produit des fonds marins.”En se lançant dans l’extraction minière en eaux internationales, à contrepied du reste du monde, le gouvernement ouvre la voie à d’autres pays pour en faire de même”, a réagi Jeff Watters, vice-président de l’ONG Ocean Conservancy, dans un communiqué.”Et cela aura des conséquences négatives pour nous tous et pour les océans dont nous dépendons”, a-t-il prévenu.Aucune extraction minière commerciale n’a encore eu lieu dans les fonds marins, aux Etats-Unis ou ailleurs.Certains Etats ont, en revanche, déjà octroyé des permis d’exploration dans leurs zones économiques exclusives, notamment le Japon et les îles Cook.- Face à la Chine -Le gouvernement Trump estime que l’extraction minière en eaux profondes pourrait créer 100.000 emplois et augmenter de 300 milliards de dollars le produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis, sur 10 ans toujours, a indiqué un responsable.”Nous voulons que les Etats-Unis devancent la Chine dans ce domaine”, a expliqué cette source.L’extraction concerne principalement les nodules polymétalliques, des sortes de galets posés sur les fonds marins, riches en minéraux comme le manganèse, le nickel, le cobalt, le cuivre ou les terres rares.Ces dernières sont des métaux aux propriétés magnétiques très prisées pour les véhicules électriques, panneaux solaires, mais aussi smartphones et ordinateurs portables.”Les Etats-Unis font face à un défi économique et de sécurité nationale sans précédent, à savoir la sécurisation de leurs approvisionnements en minéraux critiques sans en passer par des adversaires étrangers”, fait valoir le décret.En 2023, 31 élus au Congrès, tous républicains, avaient adressé une lettre au ministre de la Défense, Lloyd Austin, réclamant que le gouvernement Biden permettent l’extraction minière sous-marine.”Nous ne pouvons pas laisser la Chine s’arroger et exploiter les ressources des fonds marins”, avaient-ils écrit. Le gouvernement n’y avait pas répondu publiquement.Après la publication, en mars, d’un article du Financial Times, le ministère chinois des Affaires étrangères avait estimé qu’aucun pays ne devait passer outre l’AIFM et autoriser unilatéralement l’exploitation minière sous-marine.- Protection à Hawaï -L’entreprise canadienne The Metals Company (TMC) a annoncé en 2025 son intention de contourner l’AIFM en demandant prochainement le feu vert des Etats-Unis pour commencer à exploiter des minerais en haute mer.Pour son patron, Gerard Barron, le décret “marque le retour du leadership américain” dans le domaine des minéraux sous-marins, a-t-il déclaré dans un réaction transmise à l’AFP.”TMC se tient prêt à mettre en œuvre le premier projet d’extraction commerciale de nodules polymétalliques au monde”, a-t-il ajouté.”C’est un exemple clair de la priorisation des compagnies minières au détriment du bon sens”, a regretté Katie Matthews, de l’association Oceana.En juillet 2024, le gouverneur démocrate d’Hawaï, Josh Green, a ratifié un texte interdisant l’extraction minière dans les eaux territoriales de cet Etat situé au beau milieu du Pacifique.De nombreuses organisations de défense de l’environnement s’opposent à la collecte de minéraux, qu’elles accusent de menacer gravement l’écosystème marin.”Trump est en train d’exposer l’un des écosystèmes les plus fragiles et méconnus à l’exploitation industrielle incontrôlée”, a commenté Emily Jeffers, avocate du Centre pour la diversité biologique (CBD), rappelant que plus de 30 pays sont favorables à un moratoire.”La haute mer nous appartient à tous”, a-t-elle ajouté, “et la protéger est un devoir pour l’humanité.”