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À 70 ans, le Grand Ensemble de Sarcelles fait de la résistance

Sous les yeux d’habitants accoudés aux fenêtres, un cocktail se tient à l’arrière d’une longiligne résidence sociale de 10 étages pour fêter la fin de sa rénovation énergétique. Amendé plutôt que démoli, le Grand Ensemble de Sarcelles fait preuve, à 70 ans, d’une résilience surprenante pour cette architecture tant décriée.Construit sur près de 20 ans, de 1955 à 1973, le Grand Ensemble est, à 15 minutes de RER au nord de Paris, l’un des plus vastes de France. S’étendant sur 2 km2 à côté du village historique de Sarcelles (Val-d’Oise), il ne représente qu’un quart de la superficie de la commune mais concentre les deux tiers de sa population, avec 40.000 occupants.Au fil de rues rectilignes, de fines barres résidentielles tout en longueur s’imbriquent les unes aux autres, aérées par de vertes pelouses de cœurs d’îlots. Se ponctuant de quelques tours, l’ensemble présente à la vue des avions atterrissant à l’aéroport voisin de Roissy l’aspect d’un Tetris géant.”Le plan d’ensemble du Grand Ensemble de Sarcelles est assez remarquable et est d’ailleurs resté comme un rare bon exemple de ce qu’on a pu faire dans la construction des grands ensembles de banlieues après-guerre”, estime auprès de l’AFP Patrick Haddad, maire socialiste de Sarcelles depuis 2018.Là où la politique de rénovation urbaine des 20 dernières années en banlieue consiste largement à abattre des barres pour rebâtir des quartiers de taille plus humaine, la structure et l’architecture du Grand Ensemble de Sarcelles restent globalement préservées, avec l’accent davantage mis sur l’amélioration de l’existant.”On démolit à bon escient. On ne touche pas aux bâtiments en pierre de taille, on ne démolit que les bâtiments de qualité médiocre, en enduit, les barres enclavantes. Et, pour faire de la diversification de logements, on démolit du logement social pour faire du logement autre”, détaille Patrick Haddad.Car avec 75% de logements sociaux, dans lesquels les classes moyennes des origines ont été remplacées par de nouveaux arrivants plus précaires, le Grand Ensemble souffre d’une paupérisation générale de sa population, qui s’étend par capillarité aux copropriétés privées du quartier, dégradées pour nombre d’entre elles. – Limites de l’architecture -Œuvre de l’architecte Jacques-Henri Labourdette, cette ville quadrillée a surgi de terre sur commande de la Société centrale immobilière de la Caisse des dépôts, dans un contexte de crise aiguë du logement dans la France des années 1950 en plein boom démographique.Institutrice en maternelle de 51 ans, Maria Santos Baltazar est née et a vécu toute sa vie dans cette ville-monde que son père, un maçon portugais, a contribué à édifier en arrivant sur le chantier de Sarcelles en 1964 pour fuir la dictature de Salazar.”Il faut garder cette mémoire de ce qu’ont été les grands ensembles, des personnes qui y ont vécu mais aussi des ouvriers qui sont venus pour les construire”, confie-t-elle attablée devant un café sur la dalle des Flanades, le complexe commercial en souffrance qui sert de centre-ville.L’homogénéité du bâti a fait que le Grand Ensemble a souffert dès sa naissance d’une mauvaise image, au point que la presse de l’époque en a forgé le néologisme de “sarcellite”, désignant le spleen des habitants des banlieues-dortoirs.Mais à 70 ans, un anniversaire que la commune célèbre de mai à juillet, le Grand Ensemble de Sarcelles s’avère avoir mieux résisté au temps que nombre de cités de banlieues, construites à l’écart des transports et refermées sur elles-mêmes. Ici, la fluidité de circulation permet de passer librement d’un quartier à l’autre.”C’est toujours les mêmes bâtiments mais c’est jamais monotone. On peut avoir une tour de 14 étages à côté d’un bâtiment de quatre étages. La chance qu’on a eue c’est que c’était pas une ghettoïsation de cités. A chaque fois, on traverse une rue ou une allée et on est autre part”, décrit Frédéric Bride, co-fondateur du mythique label de rap sarcellois Secteur Ä.À Sarcelles, “on sent que partout, à l’échelle du logement, du bureau, des galeries, il y a une matière. Après, l’architecture ne peut pas tout faire”, remarque l’architecte Patrick de Jean, travaillant à la rénovation énergétique de tours dans la grande avenue du 8 Mai 45. “Mais je crois que là elle est un peu au maximum de sa puissance.”

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Equateur: une trentaine de blessés et des dégâts matériels après un séisme de magnitude 6,3

Un séisme de magnitude 6,3 dans la province d’Esmeraldas, dans le nord-ouest de l’Equateur, a fait plus de 30 blessés et détruit près de 180 logements, selon le dernier bilan communiqué par les autorités vendredi.Andres Mafare, un pêcheur de 36 ans, raconte à l’AFP avoir “couru comme un fou” pour aller rejoindre sa famille après les premières secousses. “Quand je suis arrivé, j’ai vu ma petite maison écroulée”, dit-il. Sa femme et ses deux enfants en sont sortis indemnes.Le séisme s’est produit à 35 kilomètres de profondeur vers 06H45 locales (11H45 GMT), d’après l’Institut américain de géophysique (USGS).Il a eu lieu à 8,4 kilomètres de la ville d’Esmeraldas, la capitale de la province côtière du même nom, proche de la frontière avec la Colombie, et a été ressenti dans 10 des 24 provinces du pays sud-américain.- Murs à terre -“Ca a été très fort (…) Ça a semblé une éternité pour nous”, a déclaré à l’AFP l’ancien candidat à la présidence Yaku Pérez, qui se trouvait dans une université d’Esmeraldas pour présenter un livre. En sortant du bâtiment, il a pu constater “quelques petites maisons détruites”.Dans les rues, des habitants circulaient en évitant les décombres, notamment un pan de mur s’étant décroché d’un immeuble, a constaté un journaliste de l’AFP. Le tremblement de terre a fait 32 blessés et détruit 179 logements, selon le dernier bilan de l’Agence nationale de gestion des risques (SNGR). La quasi-totalité des réseaux d’électricité et de télécommunications, ainsi que deux ponts, des routes, 26 écoles et sept centres de santé, ont également été touchés.Le président équatorien récemment réélu, Daniel Noboa, a réagi sur X dans la matinée en annonçant la mise en place d’abris et la distribution de kits d’aide humanitaire. “La gouvernement est à vos côtés”, a-t-il affirmé.La compagnie pétrolière nationale Petroecuador a suspendu les opérations de sa raffinerie d’Esmeraldas, qui produit plus de 100.000 barils de pétrole par jour. “Des dommages ont été constatés dans ses unités”, a indiqué l’entreprise dans un communiqué sans donner plus de détails. L’acheminement de pétrole brut via l’oléoduc transéquatorien SOTE, qui transporte l’or noir de l’Amazonie vers la côte Pacifique, a en revanche repris après une brève interruption. Cet oléoduc avait subi des dommages en mars, provoquant la fuite de plus de 25.000 barils de pétrole brut. La zone de ce sinistre “ne présente ni glissements de terrain ni dégâts suite au séisme”, a précisé plus tôt dans la journée Petroecuador.L’Equateur se situe sur des plaques tectoniques sous-marines, ce qui génère régulièrement des secousses. Le séisme de vendredi est “une conséquence du processus de subduction de la plaque de Nazca”, a expliqué Pablo Palacios, technicien de l’Institut Géophysique, à la chaîne Ecuavisa. La semaine dernière, l’Equateur a commémoré le séisme de 2016 qui avait frappé les côtes de Manabi et d’Esmeraldas. D’une magnitude de 7,8, il avait fait 673 morts et quelque 6.300 blessés.

Trump says Russia-Ukraine deal ‘very close’ after new Kremlin talks

Russian President Vladimir Putin on Friday discussed the “possibility” of direct talks with Ukraine in a meeting with a US envoy, the Kremlin said, while President Donald Trump claimed the warring parties were “very close to a deal”.But Ukrainian President Volodymyr Zelensky again rejected suggestions that Ukraine give up Crimea, and the talks between Putin …

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Dans les lycées, des portiques pas considérés comme la panacée

Des grilles grandes ouvertes aux heures de pointe, mais un tourniquet avec badge le reste du temps: au lycée Montebello de Lille comme ailleurs, ce système de contrôle apparaît plus comme un élément de sécurisation parmi d’autres que comme la panacée.Après l’attaque au couteau jeudi dans un lycée de Nantes, dans laquelle une adolescente a été tuée par un élève du même établissement, “je pense qu’il y a pas mal de lycéens qui se sont dit +Et si c’était moi?+”, confie à l’AFP Adrien, en terminale à Montebello. Dans cet établissement d’environ 1.400 élèves, la grille est ouverte pendant 5 à 10 minutes aux heures de pointe, en présence d’un surveillant qui effectue un contrôle visuel des élèves.Leurs carnets de liaison sont ensuite vérifiés à l’entrée des bâtiments et, le reste du temps, les lycéens utilisent un badge individuel pour entrer et sortir du lycée.  “Je me sens vraiment en sécurité”, assure Adrien. “Il y a déjà eu des intrusions dans le lycée à cause d’élèves qui ont prêté leurs cartes” mais ces personnes “ont rapidement été appréhendées”, selon lui.Le drame de Nantes a relancé le débat sur la sécurisation des établissements scolaires. Le Premier ministre François Bayrou a estimé que l’installation de portiques à l’entrée était “une piste” pour éviter de nouvelles attaques au couteau.”Nous avions proposé des expérimentations — portiques de sécurité, reconnaissance faciale — dans les lycées. Elles ont été refusées. Il est temps de revoir ces décisions, et d’agir fermement pour protéger nos enfants”, a pour sa part écrit sur X le maire de Nice Christian Estrosi.Bruno Bobkiewicz, secrétaire général du SNPDEN-Unsa, le syndicat des personnels de direction de l’Education nationale, dit n’avoir “pas connaissance” en France d’un établissement scolaire équipé d’un portique avec détecteur de métaux comme dans les aéroports, dont le coût paraît prohibitif et l’usage au quotidien compliqué.- “Impraticable” -“Ça fait maintenant 27 ans que je suis chef d’établissement ou chef d’établissement adjoint et ça fait 27 ans qu’à chaque incident ou à chaque drame (…) on voit revenir cette hypothèse de portiques de sécurité qui est, on le sait tous, totalement impraticable, parce que ça voudrait dire une entrée individuelle, élève par élève”, s’agace Florence Delannoy, la proviseure du lycée Montebello, par ailleurs secrétaire académique adjointe du SNPDEN-Unsa. “Pour un lycée comme celui-ci, il faudrait 10 portiques”, selon elle. “Et si le portique sonne, qu’est-ce qu’on fait?”. Les assistants d’éducation n’ayant pas le droit de fouiller les élèves, “on appelle le 17 à chaque ceinturon?”, fait-elle mine de s’interroger. Mme Delannoy insiste plutôt sur la nécessité de développer une “culture de sécurité” au lycée: ne pas prêter son badge à quelqu’un d’autre, signaler l’entrée d’un élève inconnu…Après l’attentat d’Arras (Pas-de-Calais) qui a coûté la vie au professeur Dominique Bernard en octobre 2023, “on a beaucoup travaillé sur le périmétrique, les clôtures, portails, portillons”, souligne Laurent Rigaud, vice-président de la région Hauts-de-France en charge des lycées.”On avait parfois des clôtures qui étaient très basses, qu’on pouvait enjamber”, ajoute-t-il, estimant que “93%” des lycées de la région sont désormais sécurisés sur ce point, tandis que “pour la vidéoprotection, on a encore une petite centaine d’établissements à équiper”. Des équipements au coût non négligeable pour des collectivités qui peinent souvent à boucler leurs budgets. En incluant les dépenses de cette année, la région Hauts-de-France a investi plus de 40 millions d’euros dans la sécurité de ses lycées depuis 2021, selon M. Rigaud. En Ile-de-France, “il n’y a pas de modèle unique de sécurité (…), la région finance ce que le lycée souhaite”, explique-t-on au conseil régional. “S’ils veulent mettre un sas de sécurité, (…) on finance le sas de sécurité. Ils n’ont pas demandé de portiques”. Dernier ajout, des boutons d’appel directement reliés à la police pour les proviseurs. Mais au-delà de toutes ces solutions techniques, pour Ludivine Debacq du syndicat SNES-FSU, “ce qui est important, c’est le repérage des élèves en détresse et partant dans des comportements déviants”.”Les proviseurs nous disent qu’on a quand même pas mal de jeunes psychologiquement instables”, confie aussi M. Rigaud. “On peut sécuriser”, mais il faut aussi “mettre de l’humain derrière” pour accompagner ces jeunes.bj-burs/etb/skh

Prières et recueillement pour le pape François à Notre-Dame à Paris et à la “Bonne Mère” à Marseille

De nombreux fidèles se sont à nouveau déplacés vendredi pour le pape François, lors d’une messe à Notre-Dame à Paris puis d’une veillée de prières à Notre-Dame de la Garde à Marseille, à la veille de ses funérailles au Vatican.A Paris, le Premier ministre François Bayrou a assisté à la messe dans la cathédrale, chef d’œuvre de l’art gothique édifié entre les XIIe et XIVe siècles.”J’ai vu les foules de la place Saint-Pierre et du parvis (de Notre-Dame) depuis lundi. Je me réjouis beaucoup de l’attachement des catholiques, du peuple d’une façon générale, à cette personnalité qui nous a marqués et a fait bouger les lignes dans l’Eglise et dans la société”, a salué Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Paris, auprès des journalistes. “La transformation des coeurs humains a pu s’opérer sous son aura”, a poursuivi le prélat, qui a présidé la messe solennelle “d’action de grâce et pour le repos de l’âme du Saint-Père” décédé lundi à Rome. Une heure avant l’office, une queue de plusieurs centaines de mètres composée de fidèles attendait déjà de pouvoir entrer dans l’édifice.”Les institutions françaises ont le devoir d’être présentes chaque fois qu’une partie importante du peuple français est bouleversée, touchée, est en deuil”, a estimé M. Bayrou, à l’issue de cette cérémonie, estimant que le pape François “était une figure que beaucoup de Français ressentaient comme de bonté, de générosité et du côté des plus faibles et des plus fragiles”.A Marseille, une centaine de personnes ont participé à une veillée de prière à la basilique Notre-Dame de la Garde, la “Bonne mère”, symbole de la deuxième ville de France, juchée sur une colline face au soleil couchant.Le pape François s’était rendu dans cette basilique néo-byzantine aux murs recouverts d’ex-votos lors d’un déplacement à Marseille en septembre 2023, au cours duquel il avait dénoncé le sort des migrants en Méditerranée, martelant son message de secours et d’accueil.- “Valeurs d’humanité” – A Marseille, la veillée a débuté par une procession sur l’esplanade de la basilique, jusqu’au mémorial aux marins et migrants disparus en mer. Ce même monument devant lequel le jésuite argentin avait souhaité “prier pour les morts en mer, particulièrement les migrants”, a rappelé à l’AFP le recteur de la basilique, le père Olivier Spinosa.”Nous ne pouvons plus assister aux tragédies des naufrages provoqués par des trafics odieux et le fanatisme de l’indifférence”, avait lancé le pape à cet endroit, assurant que “les personnes qui risquent de se noyer, lorsqu’elles sont abandonnées sur les flots, doivent être secourues”. “C’est un devoir d’humanité, c’est un devoir de civilisation”, avait-il insisté.”Marseille est cosmopolite, le pape aimait cela, et il avait demandé à ce que la Méditerranée ne soit pas un cimetière”, s’est remémoré Robert Olivieri, 73 ans, qui avait assisté à la messe du pape dans le stade Vélodrome, lors de ce déplacement orchestré par l’archevêque de Marseille, le cardinal Jean-Marc Aveline.”J’aurais aimé pouvoir aller à Rome mais ce n’est pas possible. Je me sens proche des écrits de François, sa proximité avec les pauvres et les migrants. Ça me touche beaucoup plus que Benoît XVI qui était plus un théologien”, a témoigné Sandrine Gougeon, 46 ans, auprès de l’AFP, selon qui “le décès de François rajoute de l’incertitude, une forme d’insécurité au monde”.Les funérailles du pape François, décédé lundi à 88 ans, se déroulent samedi. Après la messe en plusieurs langues, place Saint-Pierre, son cercueil sera transporté à la basilique Sainte-Marie Majeure, dans le centre de Rome, où le Saint-Père sera inhumé.

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Equateur: vingt blessés et des dégâts matériels après un séisme de magnitude 6,3

Un séisme de magnitude 6,3 dans la province d’Esmeraldas, dans le nord-ouest de l’Équateur, a fait au moins vingt blessés et détruit une centaine de logements, selon le dernier bilan communiqué par les autorités vendredi.Andres Mafare, un pêcheur de 36 ans, raconte à l’AFP avoir “couru comme un fou” pour aller rejoindre sa famille après les premières secousses. “Quand je suis arrivé, j’ai vu ma petite maison écroulée”, dit-il. Sa femme et ses deux enfants en sont sortis indemnes.Le séisme s’est produit à 35 kilomètres de profondeur vers 06H45 locales (11H45 GMT), d’après l’Institut américain de géophysique (USGS).Il a eu lieu à 8,4 km de la ville d’Esmeraldas, la capitale de la province côtière du même nom, proche de la frontière avec la Colombie, et a été ressenti dans 10 des 24 provinces du pays sud-américain.- Murs à terre -“Ca a été très fort (…) Ça a semblé une éternité pour nous”, a déclaré à l’AFP l’ancien candidat à la présidence Yaku Pérez, qui se trouvait dans une université d’Esmeraldas pour présenter un livre. En sortant du bâtiment, il a pu constater “quelques petites maisons détruites”.Dans les rues, des habitants circulaient en évitant les décombres, notamment un pan de mur s’étant décroché d’un immeuble, a constaté un journaliste de l’AFP. Le tremblement de terre a fait vingt blessés et endommagé quelque 130 logements, selon le dernier bilan de l’Agence nationale de gestion des risques (SNGR). Les réseaux d’électricité et de télécommunications, ainsi qu’un pont et des routes étaient également affectés.Le président équatorien récemment réélu Daniel Noboa a réagi sur X dans la matinée en annonçant la mise en place d’abris et la distribution de kits d’aide humanitaire. “La gouvernement est à vos côtés”, a-t-il affirmé.La compagnie pétrolière nationale Petroecuador a suspendu les opérations de sa raffinerie d’Esmeraldas, qui produit plus de 100.000 barils de pétrole par jour. “Des dommages ont été constatés dans ses unités”, a indiqué l’entreprise dans un communiqué sans donner plus de détails. L’acheminement de pétrole brut via l’oléoduc transéquatorien SOTE, qui transporte l’or noir de l’Amazonie vers la côte pacifique, a en revanche repris après une brève interruption. Cet oléoduc avait subi des dommages en mars, provoquant la fuite de plus de 25.000 barils de pétrole brut. La zone de ce sinistre “ne présente ni glissements de terrain ni dégâts suite au séisme”, a précisé plus tôt dans la journée Petroecuador.L’Équateur se situe sur des plaques tectoniques marines, ce qui génère régulièrement des secousses. Le séisme de vendredi est “une conséquence du processus de subduction de la plaque de Nazca”, a expliqué Pablo Palacios, technicien de l’Institut Géophysique, à la chaîne Ecuavisa. La semaine dernière, l’Equateur a commémoré le séisme de 2016 qui avait frappé les côtes de Manabi et Esmeraldas. D’une magnitude de 7,8, il avait fait 673 morts et quelque 6.300 blessés.

Un sabre de Napoléon à vendre aux enchères à Paris

Un sabre ayant appartenu à Napoléon, “commandé pour son usage personnel” en 1802 et conservé pendant son règne, sera au centre d’une vente aux enchères le 22 mai à l’Hôtel Drouot, à Paris. La valeur de cette pièce, proposée par la maison de ventes Giquello, est estimée entre 700.000 et 1 million d’euros.”Bonaparte, alors Premier Consul, commande ce sabre entre 1802 et 1803 à Nicolas-Noël Boutet, directeur de la Manufacture de Versailles, reconnu comme étant le plus grand arquebusier de son temps”, a retracé l’Hôtel Drouot, où se déroulera la vente, dans un communiqué vendredi.Devenu empereur, Napoléon Ier “le garde jusqu’à la fin de son règne avant de l’offrir à Emmanuel de Grouchy”, un de ses fidèles qu’il élèvera dernier maréchal d’Empire, a précisé cette source.”Conservé depuis 1815 par les descendants du maréchal, il sera mis pour la première fois en vente publique”, a-t-elle ajouté. Un second exemplaire, identique à celui-ci et commandé aussi par Napoléon, est conservé au musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg, en Russie.Les enchères napoléoniennes font florès, plus de deux siècles après la mort de “l’Empereur des Français”, décédé en exil en 1821, à 51 ans, après avoir dominé l’Europe.Deux pistolets lui ayant appartenu jusqu’à sa première abdication en 1814, classés “trésors nationaux”, ont été vendus aux enchères pour 1,69 million d’euros (avec frais) en juillet 2024.En mars, le volume du Code civil ayant appartenu à Napoléon, qui insista pour que la France se dote de cet ensemble de lois uniformisant les règles de vie au début du XIXe siècle, a lui trouvé preneur pour 395.000 euros.

Nouvelle messe à Notre-Dame de Paris pour le pape François

Une foule de nombreux fidèles s’est à nouveau déplacée vendredi pour participer à Notre-Dame de Paris à une messe solennelle pour le pape François, à laquelle le Premier ministre François Bayrou a assisté.”J’ai vu les foules de la place Saint-Pierre et du parvis (de Notre-Dame) depuis lundi. Je me réjouis beaucoup de l’attachement des catholiques, du peuple d’une façon générale, à cette personnalité qui nous a marqué et fait bouger les lignes dans l’Eglise et dans la société”, a salué Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Paris, auprès des journalistes. “La transformation des coeurs humains a pu s’opérer sous son aura”, a poursuivi le prélat qui a présidé la messe solennelle “d’action de grâce et pour le repos de l’âme du Saint-Père” décédé lundi à Rome. Une heure avant l’office, une queue de plusieurs centaines de mètres composée de fidèles attendait de pouvoir entrer dans la cathédrale, chef d’œuvre de l’art gothique édifié entre les XIIe et XIVe siècles. Le Premier ministre François Bayrou a assisté à l’office, arguant que “les institutions françaises ont le devoir d’être présentes chaque fois qu’une partie importante du peuple français est bouleversée, touchée, est en deuil”. Le pape François “était une figure que beaucoup de Français ressentaient comme de bonté, de générosité et du côté des plus faibles et des plus fragiles”, a-t-il encore souligné à l’issue de la messe.”J’aurais aimé pouvoir aller à Rome mais ce n’est pas possible. Je me sens proche des écrits de François, sa proximité avec les pauvres et les migrants. Ça me touche beaucoup plus que Benoît XVI qui était plus un théologien. Je trouve que le décès de François rajoute de l’incertitude, une forme d’insécurité au monde. Il avait quand même cette force de rappeler des valeurs d’humanité dans un monde de plus en plus égoïste”, a témoigné Sandrine Gougeon, 46 ans, auprès de l’AFP.Les funérailles du pape François, décédé lundi à 88 ans, se déroulent samedi: après la messe en plusieurs langues qui se tiendra place Saint-Pierre, son cercueil sera transporté à la basilique Sainte-Marie Majeure, dans le centre de Rome, pour y être inhumé.

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Des stations-relais pour camions électriques, une solution pour décarboner le transport routier

Le premier “corridor décarboné” pour le transport routier de marchandises longue distance en France a été inauguré vendredi, un système dans lequel des camions électriques se relayent par tronçon, sur le modèle des relais de poste d’autrefois.Après 16 mois d’expérimentation, ce projet porté par le gestionnaire autoroutier Sanef, l’énergéticien Engie et l’entreprise Ceva Logistics, entre en phase opérationnelle sur l’axe Avignon-Lille, soit 900 km.Découpée en quatre segments autoroutiers, cette voie est équipée de cinq stations-relais, éloignées de 200 à 300 km: Avignon, Lyon, Dijon, Sommesous (Marne) et Lille. Celle de l’aire de Sommesous, sur l’A26, est équipée de deux bornes dédiées à la recharge de camions électriques. Quand un poids lourds arrive à la station, il détache sa remorque et la confie à un autre camion électrique prêt à partir pour le tronçon suivant du trajet. Après avoir rechargé ses batteries, le premier camion repart lui avec un nouveau chargement, dans le sens inverse.”L’utilisation de camions électriques sur des segments autoroutiers d’environ 300 km permet de contourner les contraintes opérationnelles d’autonomie”, soulignent les trois opérateurs.Ce modèle promet aussi des “bénéfices environnementaux” ajoute Clémence Fischer, directrice générale chez Engie-Vianeo, filiale d’Engie qui déploie les bornes de recharges. “On réduit de 60% les émissions de gaz à effet de serre par rapport à un transport diesel classique”, explique-t-elle.Et “comme on n’a pas besoin d’attendre que le camion charge, puisque la remorque va repartir directement, il y a 25% de temps en moins par rapport à un trajet d’un camion diesel qui doit s’arrêter, aussi pour des raisons réglementaires” sur les longs trajets, ajoute-t-elle.Avec ce concept, le chauffeur “repart de là où il est parti (…), il rentre à la maison le soir”, ce qui est “intéressant du point de vue social, d’autant que c’est une profession qui est assez tendue en termes de main d’oeuvre”, observe encore Mme Fischer.Les chauffeurs sont plutôt séduits, selon Amine Berra, responsable d’exploitation chez l’entreprise de transport routier FDE Transports.Avec l’électrique, “un conducteur pour se ravitailler, il ne met plus ses gants, il ne se salit plus les mains (…). Il n’a pas besoin de rester en face du lieu de recharge, il peut aller boire un café (…), s’allonger dans sa couchette. Il peut aussi rentrer à son domicile en fin de service”, énumère-t-il.”C’est du temps de gagné aussi sur la journée de travail” et “c’est un confort de conduire supérieur, on a vraiment une réduction sonore. On a vraiment des fins de journée, des fins de semaine bien plus appréciées par les conducteurs”, assure M. Berra.Le déploiement de ce système à plus grande échelle “passera par l’électrification des flottes ainsi que le déploiement d’infrastructures de charge” sur d’autres grands axes routiers, selon les trois opérateurs de l’axe Avignon-Lille, qui estiment que “l’accompagnement des pouvoirs publics sera alors nécessaire, notamment pour le financement des stations-relais”.