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A Londres, les militants de Just Stop Oil raccrochent la veste

Les militants du mouvement écologiste britannique Just Stop Oil, connu pour ses actions spectaculaires menées depuis trois ans, ont défilé samedi à Londres pour la dernière fois, alors que certains de leurs membres sont toujours derrière les barreaux.Quelques centaines de personnes ont tranquillement déambulé dans le centre de la capitale britannique, du parlement jusqu’au siège du géant pétrolier et gazier Shell, où ils ont retiré leur emblématique chasuble orange fluo.Ils ont alors dévoilé un tee-shirt illustré d’un point d’interrogation, tandis qu’une pancarte géante interrogeait: “Nous avons eu un impact, et vous, qu’avez-vous fait?”.Just Stop Oil a annoncé en mars l’arrêt de ses actions-choc dont les images ont fait le tour du monde, des blocages d’autoroute aux jets de soupe dans les musées, avec lesquels le groupe écologiste s’est attiré les foudres des gouvernements britanniques depuis 2022.Officiellement, il arrête ses actions après l’engagement de l’exécutif travailliste à cesser tout nouveau projet pétrolier ou gazier au Royaume-Uni.A mi-parcours, le cortège s’est arrêté devant la Cour d’appel, qui a confirmé en mars les peines de prison ferme infligées à dix activistes de Just Stop Oil. Parmi eux figurent les deux militantes qui avaient jeté de la soupe sur les “Tournesols” de Van Gogh.L’un des organisateurs de la marche, Tim Crosland, a dénoncé un “simulacre de procès”, tandis que des manifestants soulevaient les portraits des activistes emprisonnés.Au total, 11 militants sont actuellement derrière les barreaux, dont le cofondateur du mouvement Roger Hallam, et cinq autres doivent être incarcérés en mai. Le mouvement recense, depuis 2022, un total de 3.300 arrestations au Royaume-Uni.”La loi devrait être de notre côté car nous essayons de mettre tout le monde en sécurité”, a regretté Gilly Robinson, aidante de 61 ans. Celle-ci se dit “terrifiée” que des militants puissent être emprisonnés pour leurs actions en faveur du climat.Mel Carrington, l’une des porte-paroles du mouvement, reconnaît aussi auprès de l’AFP que la “répression (judiciaire) rend la mobilisation plus difficile, et que le contexte a changé”. Elle cite notamment l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, qui a enclenché une marche arrière toute dans la lutte contre le réchauffement climatique.Les actions s’arrêtent, mais Just Stop Oil continuera d’exister pour soutenir ses membres emprisonnés ou dans l’attente d’un procès, explique-t-elle, et va “travailler à élaborer une stratégie pour la suite” avec d’autres mouvements de désobéissance civile.

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En Birmanie, un festival pour célébrer l’agriculture sur brûlis, malgré la pollution

Dans l’est de la Birmanie, un village perpétue un festival célébrant l’agriculture sur brûlis, en dépit de la pollution de l’air qui intoxique ses habitants, d’autres méthodes plus respectueuses restant inaccessibles en raison de la guerre civile.”C’est une tradition de nos ancêtres”, explique Joseph, 27 ans, un responsable en charge de la jeunesse à Tha Yu, dans l’Etat Shan.”C’est la seule façon pour nous de survivre”, ajoute le jeune homme, qui ne porte qu’un seul nom.Entre janvier et avril, un brouillard de pollution enveloppe l’Asie du Sud-Est, notamment à cause des feux allumés par les agriculteurs pour défricher les terres, qui émettent des microparticules PM 2,5 tellement fines qu’elles pénètrent profondément dans les poumons.Les Birmans perdent ainsi 2,3 années d’espérance de vie en raison de la pollution de l’air, selon des données de 2022 analysées par l’Energy Policy Institute de l’université de Chicago.Aucun bilan chiffré n’est toutefois connu en Birmanie sur la part attribuée à l’agriculture sur brûlis dans la pollution de l’air, à laquelle contribue d’autres secteurs.Le conflit civil ravivé par le coup d’Etat de 2021, et la crise multidimensionnelle qu’elle a ouverte, a relégué au second plan les inquiétudes liées à la qualité de l’air. Mais les habitants de Tha Yu ont bien conscience du sujet, sans pour autant pouvoir y remédier.”Nous n’avons pas d’autre travail ni d’autres possibilités dans notre région”, explique Joseph, alors que la brume engloutit les collines derrière lui, pour faire place à des champs de riz, de piments et de maïs. “Nous sommes donc contraints de respecter cette tradition chaque année”, qui se déroule début avril, assure-t-il.- “Survivre” -Dans la plupart des cas, les agriculteurs incinèrent les résidus de la récolte précédente pour nettoyer le champ de manière peu onéreuse, en vue de la saison à venir.Mais la fumée qui s’élève autour du village de Tha Yu provient de l’agriculture itinérante, essentiellement pratiquée en zone tropicale humide, qui consiste à brûler des parcelles de végétation sauvage pour obtenir un tapis de cendre sur lequel pousseront les cultures, lors d’un cycle réduit de quelques années.”Si c’était possible, nous essayerions d’autres méthodes agricoles, mais nous ne disposons d’aucune technologie et personne ne nous a enseigné”, a déclaré Joseph.Les défenseurs de l’environnement, dans leur majorité, affirment que l’agriculture sur brûlis détruit des étendues de plantes existantes qui, autrement, absorberaient les émissions de dioxyde de carbone.Toutefois, une étude réalisée en 2023 au Belize suggère que cette méthode pratiquée par les autochtones sur des parcelles de taille intermédiaire peut avoir un effet positif sur la diversité des forêts en ouvrant l’espace à de nouvelles pousses.Lors de la cérémonie du Tha Yu, des villageois portant des bandeaux blancs dansent sur scène avant d’allumer un faisceau symbolique de broussailles, se balançant et frappant des mains en rythme. Des volutes de fumée s’élèvent dans le ciel. “Je peux affirmer que nous ne nous enrichissons pas grâce à la culture itinérante”, affirme Khun Be Sai, membre du comité culturel de la région. “Nous le faisons simplement pour survivre au jour le jour”.- Changement climatique -Il est difficile d’établir un bilan chiffré des dégâts de la pollution de l’air en Birmanie, en raison du conflit civil, mais ses conséquences pourraient être désastreuses.”L’air pur est très important pour la santé”, a déclaré Witsanu Attavanich, économiste de l’environnement à l’université thaïlandaise Kasetsart.Sans bonne qualité de l’air, “vous avez des gens en moins bonne santé, un capital humain de moins bonne qualité. Comment le pays peut-il s’améliorer s’il n’est pas en bonne santé?”, s’interroge-t-il.Khun Be Sai explique que des centaines de villages de la région pratiquent encore l’agriculture sur brûlis, mais que Tha Yu est le seul endroit où cette pratique fait l’objet d’un festival. Cependant, il ne voit pas de raison de se réjouir du fait des dégâts du changement climatique autour du village. “Les catastrophes naturelles se multiplient. Les forêts s’éclaircissent et la rétention d’eau diminue. Les fortes pluies provoquent l’érosion des sols”, décrit-il.Si la cérémonie fait l’éloge d’une pratique qui assure la subsistance de la communauté, Khun Be Sai y voit également un affaiblissement de son mode de vie. “Les gens partent et vivent dans des endroits différents”, explique-t-il. “Nos identités, nos origines, notre langue et notre littérature disparaissent et sont avalées par d’autres”.

Chikungunya à la Réunion: les autorités retirent de la vaccination les seniors

La lutte contre l’épidémie de chikungunya à La Réunion se complique: les autorités sanitaires viennent de retirer “sans délai” les plus de 65 ans de la campagne de vaccination pour l’île de l’océan indien et Mayotte après trois “événements indésirables graves” dont un décès.Cette décision survient quelques semaines après le lancement de cette campagne qui ciblait en priorité les seniors, à l’heure où l’épidémie de chikungunya a déjà provoqué la mort de neuf personnes à La Réunion, selon un bilan provisoire.”La vaccination reste ouverte pour les personnes âgées de 18 à 64 ans présentant des comorbidités”, a toutefois précisé le ministère de la Santé dans un communiqué. A la suite de ces annonces, la sénatrice Audrey Bélim (PS) a réclamé une commission d’enquête parlementaire pour “faire la lumière sur les raisons de la grave erreur portant sur la vaccination des plus de 65 ans” et sur les “défaillances” de l’Agence Régionale de Santé dans la gestion de l’épidémie. Les autorités sanitaires ont été informées le 23 avril de deux “événements indésirables graves” dont un décès puis d’un troisième le 25 avril. “Compte tenu de la gravité de ces événements, la Direction générale de la santé (DGS) a saisi en urgence le 24 avril la Haute Autorité de Santé pour réévaluer les indications de vaccination contre le chikungunya par le vaccin Ixchiq” du laboratoire Valneva, a précisé le ministère de la Santé.La Haute Autorité de santé (HAS) s’étant prononcée vendredi en faveur d’une révision des cibles de la vaccination, les autorités sanitaires ont décidé de retirer de la cible vaccinale, “sans délai, les personnes de 65 ans et plus présentant ou non des comorbidités”.Contacté par l’AFP, le groupe pharmaceutique franco-autrichien Valneva n’a pas réagi à ce stade.Les trois événements indésirables graves sont survenus à La Réunion chez des personnes de plus de 80 ans présentant des comorbidités, a précisé le ministère de la Santé. “Deux personnes ont présenté des symptômes similaires à ceux d’une forme grave de chikungunya quelques jours après la vaccination, dont l’une est décédée. La troisième est sortie d’hospitalisation”, a-t-on poursuivi de même source. Le 17 avril, l’agence du médicament avait annoncé “une surveillance renforcée” d’éventuels effets secondaires post-vaccination avec le vaccin Ixchiq.- 100.000 doses de vaccins -Le chikungunya, une maladie infectieuse due à un virus transmis par le moustique tigre, provoque une forte fièvre et des douleurs articulaires pouvant perdurer plusieurs semaines. Il n’existe pas de traitement spécifique contre la maladie.Face à une épidémie généralisée et majeure à La Réunion, une campagne de vaccination a été lancée par les autorités sanitaires début avril dans l’île. Le vaccin utilisé, Ixchiq, est le premier contre le chikungunya à avoir obtenu une autorisation de mise sur le marché en Europe.Quelque 40.000 doses de ce vaccin sont arrivées à La Réunion et 60.000 supplémentaires ont été achetées. Elles étaient destinées en priorité aux personnes de 65 ans et plus présentant des comorbidités.La campagne de vaccination a démarré “timidement”, avait récemment indiqué le directeur général de l’agence régionale de santé (ARS), Gérard Cotellon.Le bilan provisoire de l’épidémie de chikungunya à La Réunion est de neuf morts, selon les autorités sanitaires qui soulignent que l’épidémie se “stabilise à un haut niveau”, selon des chiffres donnés mercredi.Du 7 au 13 avril, la dernière semaine pour laquelle les données sont connues, 350 passages aux urgences ont été enregistrés contre 289 la semaine précédente, soit une hausse de 21%.Le nombre de cas confirmés comptabilisés sur la même période est lui en baisse, de 6.237 à 4.304, mais Santé publique France précise que ce nombre n’est pas consolidé et qu’il pourrait donc s’avérer plus élevé.L’épidémie actuelle a commencé en août 2024, mais les cas ont explosé à partir de mars 2025. Avant cette flambée, aucun cas de chikungunya n’avait été signalé depuis 2010 à La Réunion. Une grande épidémie y avait touché 260.000 personnes et fait plus de 200 morts entre 2005 et 2006.

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En Inde, un système d’alerte pour prévenir les attaques d’éléphants

Dans les forêts du centre de l’Inde, des pisteurs traquent les empreintes, excréments ou barrissements des éléphants pour alimenter un système d’alerte destiné à limiter les incidents qui tuent chaque année des centaines d’humains.”Il ne faut pas faire de bruit pour éviter tout affrontement”, chuchote Bhuvan Yadav, arborant fièrement un T-shirt aux couleurs de son équipe des “amis de l’éléphant”. Avec trois autres pisteurs, les yeux rivés au sol, il tente de repérer le moindre indice du passage des pachydermes en s’enfonçant dans les denses forêts proches de la réserve de tigres d’Udanti-Sitanadi, dans l’Etat du Chhattisgarh.Ces précieuses informations nourrissent une application développée par la société indienne Kalpvaig, qui les analyse et envoie aussitôt un message d’alerte aux villageois concernés. Selon le Fonds mondial pour la nature (WWF), la population des éléphants d’Asie en liberté a fondu de 100.000 spécimens au début du XXe siècle à 50.000 aujourd’hui, dont une majorité en Inde. L’urbanisation, la déforestation et l’exploitation minière les ont contraints à s’aventurer dans des régions du Chhattisgarh où ils n’avaient plus été observés depuis des décennies. “Nous essayons de maintenir une distance de 200 mètres avec le troupeau afin d’avoir (le temps) de courir”, explique M. Yadav, l’un des 250 pisteurs du département des forêts de l’Etat.Avec la disparition de leur habitat naturel, les conflits entre humains et éléphants se multiplient. En 2023-2024, plus de 600 personnes ont été tuées par des éléphants vivant à l’état sauvage dans le pays le plus peuplé de la planète, selon les données du Parlement. Sur les cinq dernières années, 15% de ces victimes ont été recensées dans le Chhattisgarh, qui n’héberge pourtant que 1% des éléphants vivant à l’état sauvage du pays.La mère de Mohan Singh Gond, Lakshmibai, une rizicultrice de 50 ans, a ainsi été piétinée et tuée alors qu’elle surveillait ses champs en 2022 dans le district de Gariaband.”Elle a été prise au dépourvu”, se souvient-t-il, “l’éléphant lui a déchiqueté le crâne”.- Géolocalisation -Selon les autorités, le système d’alerte financé par le gouvernement a permis de réduire significativement le nombre des victimes. Autour de la réserve de tigres d’Udanti-Sitanadi, les pachydermes ont tué cinq personnes en 2022. Depuis la mise en place du système d’alerte en février 2023, une seule victime a été déplorée. “Les villageois donnent leur numéro de portable et leurs données de géolocalisation”, explique Varun Jain, à la tête du projet. “Ils reçoivent des appels et des messages lorsqu’un éléphant se trouve à moins de cinq kilomètres d’eux”. Des alertes sont également diffusées par haut-parleurs dans les villages.Si les habitants se félicitent de cette initiative qui sauve des vies, ils éprouvent toujours un profond ressentiment à l’endroit de ces mastodontes.”Lorsqu’une alerte est émise, nous n’allons pas dans la forêt pour chercher de la nourriture car nous savons que tout peut arriver”, témoigne Kantibai Yadav, une agente des services de santé.”Mais cela entraîne des pertes car c’est notre principal moyen de subsistance et ils font des dégâts dans nos cultures”, se lamente-t-elle, “le gouvernement ne devrait pas laisser les éléphants sauvages errer ainsi”. Les services forestiers s’efforcent d'”améliorer leur habitat” pour éviter qu’en quête de nourriture, ils ne pénètrent dans les villages, assure M. Jain.Les pachydermes les plus dangereux pour les humains sont souvent les mâles solitaires en “musth”, une période au cours de laquelle leur niveau de testostérone grimpe et qui s’accompagne de comportements violents.”Les solitaires sont à l’origine de 80% des cas” d’incidents, estime le responsable. Aucun doute pour lui, le système d’alerte est plus efficace que le tir de fléchettes paralysantes et la pose de colliers radio, généralement attachés à l’éléphante la plus âgée, afin de suivre les déplacements du troupeau qui la suit. “L’éléphant est si intelligent”, note Varun Jain, “qu’il retire son collier au bout de deux à trois mois”. 

Congrès du PS: trois hommes pour un fauteuil de premier secrétaire

Le 81e congrès du Parti socialiste verra s’affronter pour la présidence du parti trois hommes, qui ont officiellement déposé samedi matin leur motion (ou texte d’orientation en termes socialistes), avec un premier vote pour les départager prévu le 27 mai. Le premier secrétaire sortant Olivier Faure, qui a obtenu le plus de parrainages de membres du conseil national sur son texte (145) fera face une nouvelle fois à son rival du congrès de Marseille en 2023 Nicolas Mayer-Rossignol, le maire de Rouen, qui a réuni autour de lui une coalition des anti-Faure, et 126 parrainages. Également présent sur la ligne de départ, le chef des députés Boris Vallaud, qui était auparavant un des soutiens de M. Faure et fait figure d’outsider avec ses 30 parrainages. Si tous sont d’accord pour une rupture avec La France insoumise, les principales différences entre eux résident dans leur stratégie de coalition pour 2027.      “Au Cœur de la Gauche” d’Olivier FaureLe patron du PS actuel défend l’idée d’une “plateforme commune” de “la gauche non mélenchoniste”, pour 2027, “de François Ruffin à Raphaël Glucksmann”, “qui discutera des modalités d’une candidature commune” au lendemain des municipales. “Il n’y a pas de mode d’emploi miraculeux” pour s’accorder sur un nom, écrit M. Faure dans sa motion. “Ce mode de désignation n’est pas tranché et ne pourra l’être qu’avec les partenaires qui auront accepté de s’engager dans ce processus commun”, ajoute-t-il, promettant aux militants socialistes d’avoir “le dernier mot”.Par ailleurs, il ne s’empêche pas d’utiliser “l’outil” de la motion de censure contre le gouvernement, précise l’eurodéputé Pierre Jouvet. “Nous n’aurons aucune complaisance vis-à-vis de politiques qui constituent le carburant de l’extrême droite qui surfe sur toutes les colères”, écrit ainsi M. Faure dans sa motion, réfutant tout “chèque en blanc” à l’actuel exécutif.”Changer pour Gagner”, de Nicolas Mayer-RossignolRésolument anti-LFI, le texte d’orientation qui rassemble le courant du maire de Rouen Nicolas-Mayer Rossignol, celui de la maire de Vaulx-en-Velin Hélène Geoffroy, le député de l’Eure Philippe Brun et le maire de Saint-Ouen Karim Bouamrane, propose d’abord de “se fédérer avec tous ceux qui se revendiquent du socialisme démocratique en commençant par les compagnons de routes dispersés”, comme l’ex-Premier ministre Bernard Cazeneuve ou l’ex-candidat à la présidentielle Benoît Hamon. Cette fédération “donnera le périmètre pour choisir un candidat”, a expliqué Hélène Geoffroy. Ils défendent ensuite “une fédération de la gauche et des écologistes” capable “d’abriter les sensibilités de la gauche républicaine”, incluant par exemple Yannick Jadot et Raphaël Glucksmann, et promettent que les choix d’alliance seront toujours soumis à la décision des militants.Ils revendiquent de refuser “le blocage institutionnel et économique de notre pays”, écrivent-ils, écartant ainsi l’idée d’une censure du gouvernement.”Unir” de Boris VallaudLe chef des députés socialistes, qui veut “réconcilier” le parti, prône en vue de la prochaine présidentielle “un processus en deux temps”, qui passe par “l’affirmation des socialistes” – valeur cardinale des opposants d’Olivier Faure – et “un processus ouvert vis-à-vis de la gauche +de Glucksmann à Ruffin+”, la formule d’Olivier Faure, pour une candidature commune en 2027.”Les militant.es socialistes choisiront d’abord leur candidat ou leur candidate dans leurs rangs, selon une procédure transparente et équitable ; la ou le premier des socialistes choisi devra ensuite se tourner vers le reste de la gauche, les écologistes et les forces vives de la société civile pour gagner ensemble autour d’une candidature commune. Nous ne voulons pas choisir entre l’union et l’affirmation”, résume dans son texte d’orientation M. Vallaud.Pour réformer le parti, dont il estime, comme Nicolas Mayer-Rossignol, qu’il n’a “pas assez travaillé”, il propose la création d'”un institut de formation et de recherche” sur le modèle de l’Institut la Boétie de La France insoumise et d’un “média des socialistes”. Ces propositions ont été reprises aussi par ses concurrents.Que se passe-t-il ensuite?Après une campagne d’un mois dans les fédérations et sections, les trois textes d’orientation seront départagés lors d’un vote des adhérents – le corps électoral est estimé autour de 40.000 personnes – le mardi 27 mai, entre 17H et 22H, en présentiel. Les premiers signataires des deux textes arrivés en tête pourront concourir pour être premier secrétaire du parti, lors d’un second vote le 5 juin. Le résultat sera entériné lors du congrès, prévu du 13 au 15 juin à Nancy.

L’auteur de l’homicide dans une mosquée du Gard a filmé son agression

L’auteur du meurtre d’un fidèle dans la mosquée de la petite commune gardoise de La Grand-Combe vendredi matin a partiellement filmé son acte, avec son téléphone portable, a appris l’AFP samedi, auprès du parquet, alors que le mobile de cette agression reste inconnu.L’auteur de l’homicide, qui a eu lieu vendredi matin vers 08H30 dans la mosquée Khadidja, la mosquée de cette petite ville gardoise de quelque 5.000 habitants au nord d’Alès, était toujours en fuite samedi matin a confirmé à l’AFP Abdelkrim Grini, le procureur de la République d’Alès.”L’individu est activement recherché. C’est une affaire prise très au sérieux, les faits sont très graves”, a insisté le magistrat, sans donner aucun élément sur le suspect et en précisant: “Toutes les pistes sont envisagées mais aucune privilégiée”.Coup de folie soudain, vengeance personnelle, acte islamophobe ? Le fait que l’auteur de ce meurtre ait partiellement filmé l’agression semble en tous cas accréditer la thèse de la préméditation. Selon les premières explications du procureur d’Alès vendredi en milieu de journée, la victime et son agresseur étaient “seuls à l’intérieur de la mosquée” au moment des faits. Les “deux hommes étaient occupés à prier, lorsqu’un des deux a porté plusieurs dizaines de coups de couteau à l’autre, avant de le laisser pour mort et de prendre la fuite”, a expliqué le magistrat. La victime semble avoir reçu “40 ou 50 coups de couteau” et son corps a été découvert “vers 11H00, 11H30” seulement, “lorsque les autres fidèles sont arrivés pour la prière du vendredi à la mosquée”, avait précisé M. Grini.Si les enquêteurs du groupement de gendarmerie du Gard, de la section de recherche (SR) de Nîmes et de la police judiciaire disposent donc des images tournées par l’agresseur lui même, ils ont également entre les mains la vidéo des faits enregistrée par les caméras de surveillance dont est équipée la mosquée Khadidja, à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du bâtiment, a confirmé M. Grini à l’AFP.Toujours selon le magistrat, la victime, âgée de 23-24 ans, “fréquentait régulièrement” cette mosquée de La Grand-Combe, dans le hameau du Trescol. En revanche, “l’auteur présumé ne la fréquentait absolument pas et n’y était a priori jamais venu auparavant”.Selon plusieurs personnes interrogées sur place vendredi par l’AFP, la victime serait un jeune homme arrivé du Mali il y a quelques années, “très connu” dans le village, où il était très apprécié.Ancienne cité minière distante d’une dizaine de kilomètres d’Alès, La Grand-Combe est une commune frappée par un des plus forts taux de chômage en France depuis la fin de l’exploitation du charbon.La petite ville avait connu un autre drame en février 2023, avec la mort d’une jeune fille de 18 ans, Sihem, tuée par l’ex-compagnon de sa cousine, un homme de 39 ans avec qui, selon lui, elle entretenait une relation amoureuse.

Effort budgétaire: le gouvernement annule 3 milliards d’euros de crédits

Le gouvernement a acté samedi dans le Journal officiel des annulations de crédits à hauteur de 3,1 milliards dans le cadre de l’effort supplémentaire de 5 milliards d’euros pour 2025 déjà annoncé par Bercy début avril.La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin avait expliqué alors que ces 5 milliards d’euros devaient permettre de tenir les objectifs de déficit public pour cette année dans un contexte de croissance moindre.”Ces 5 milliards d’euros que nous allons soit annuler, soit repousser, soit réorienter, c’est notre réponse à un monde instable. C’est la manière de faire face quoi qu’il arrive à ce monde instable”, avait-elle déclaré.Une partie de cette somme s’est concrétisée à travers le décret publié au Journal officiel.”Afin de prévenir une détérioration de l’équilibre budgétaire sur le budget de l’Etat”, “le présent décret porte des annulations de crédits à hauteur de 3,1 milliards d’euros en autorisations d’engagement”, selon le Journal officiel.”Cet effort porte essentiellement sur les crédits hors masse salariale mis en réserve en début d’année”, est-il précisé, “ces annulations ne devraient ainsi pas remettre en cause de façon significative la capacité d’exécution des politiques publiques, selon les termes convenus dans la loi de finances initiale pour 2025”.Parmi les annulations de crédits, sont concernés la mission “écologie, développement et mobilité durable” (549,6 millions d’euros), la mission “économie” (517,7 millions d’euros), la mission “recherche et enseignement supérieur” (493,3 millions d’euros) ou encore la mission “agriculture, alimentation et affaires rurales” (140 millions d’euros)”La dégradation récente des perspectives macroéconomiques conduit à anticiper de moindres recettes publiques, en lien notamment avec une révision de la prévision de croissance à 0,7%. Ces risques sont également renforcés par le contexte géopolitique incertain”, souligne le décret.”Dans ce cadre, un effort supplémentaire de maîtrise de la dépense est nécessaire pour respecter la trajectoire de redressement des comptes publics sur laquelle le gouvernement s’est engagé”, est-il ajouté.

Chikungunya à La Réunion et Mayotte: les autorités retirent de la vaccination les plus de 65 ans

Les autorités sanitaires ont annoncé samedi retirer les personnes de 65 ans et plus de la campagne de vaccination contre le chikungunya avec le vaccin Ixchiq à Mayotte et La Réunion après trois “événements indésirables graves” dont un décès. “La vaccination reste ouverte pour les personnes âgées de 18 à 64 ans présentant des comorbidités”, a précisé le ministère de la Santé dans un communiqué alors que l’épidémie de chikungunya a provoqué à ce stade la mort de neuf personnes à La Réunion. La décision des autorité sanitaires survient après qu’elles ont été informées le 23 avril de deux “évènements indésirables graves” dont un décès puis d’un troisième le 25 avril. “Compte tenu de la gravité de ces événements, la Direction générale de la santé (DGS) a saisi en urgence le 24 avril la HAS pour réévaluer les indications de vaccination contre le chikungunya par le vaccin Ixchiq” de Valneva, a précisé le ministère de la Santé.La Haute Autorité de santé (HAS) s’étant prononcée vendredi en faveur d’une révision des cibles de la vaccination, les autorités sanitaires ont décidé de retirer de la cible vaccinale, “sans délai, les personnes de 65 ans et plus présentant ou non des comorbidités”.Les trois événements indésirables graves sont survenus à La Réunion chez des personnes de plus de 80 ans présentant des comorbidités, a précisé le ministère de la Santé. “Deux personnes ont présenté des symptômes similaires à ceux d’une forme grave de chikungunya quelques jours après la vaccination, dont l’une est décédée. La troisième est sortie d’hospitalisation”, a-t-on poursuivi de même source. Le 17 avril, l’agence du médicament avait annoncé “une surveillance renforcée” d’éventuels effets secondaires post-vaccination avec le vaccin Ixchiq.Le chikungunya, une maladie infectieuse due à un virus transmis par le moustique tigre, provoque une forte fièvre et des douleurs articulaires pouvant perdurer plusieurs semaines.Face à une épidémie généralisée et majeure à La Réunion, une campagne de vaccination a été lancée par les autorités sanitaires début avril dans l’île. Le vaccin utilisé, Ixchiq, du laboratoire Valneva, est le premier contre le chikungunya à avoir obtenu une autorisation de mise sur le marché en Europe.Le bilan provisoire de l’épidémie de chikungunya à la Réunion est de neuf morts, selon les autorités sanitaires qui soulignent que l’épidémie se “stabilise à un haut niveau”, selon des chiffres donnés mercredi. grd/sp