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Feuille de route énergétique: Bayrou ménage le RN en repoussant la publication d’un décret

François Bayrou a fait un geste en direction notamment du Rassemblement national lundi, en disant souhaiter qu’un décret définissant la feuille de route énergétique de la France pour les dix prochaines années soit publié “d’ici à la fin de l’été”, après l’examen d’une proposition de loi sur le sujet.En jeu: la nouvelle feuille de route énergétique de la France pour la période 2025-2035, qui doit mettre le pays sur la voie de la neutralité carbone en 2050. Cette programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), en préparation depuis plusieurs années, détaille les objectifs énergétiques de la France: quelle part pour le nucléaire, les énergies renouvelables ?La programmation doit faire l’objet d’un décret.Mais pour le Rassemblement national, qui a laissé planer une menace de censure sur le sujet, et pour des parlementaires de droite et du centre, pas question de laisser passer ces orientations sans vote des parlementaires.Face aux levées de boucliers, l’exécutif a proposé d’inscrire à l’ordre du jour de l’Assemblée une proposition de loi du sénateur Daniel Gremillet sur la programmation énergétique, a priori à partir du 16 juin, selon le cabinet du ministre des Relations avec le Parlement Patrick Mignola. Celle-ci a déjà été adoptée en première lecture par le Sénat, et prévoit une relance massive de la filière nucléaire.Sous pression, François Bayrou avait aussi proposé ce premier débat de lundi, sur “la souveraineté énergétique de la France”, à la portée limitée car il ne fera pas l’objet d’un vote.Le Premier ministre est monté le premier à la tribune en début d’après-midi, devant seulement une cinquantaine de députés. “Le gouvernement n’a rien à vendre, aucune thèse à faire triompher sur les autres, aucun adversaire à réduire”, a assuré M. Bayrou.La porte-parole du gouvernement Sophie Primas avait jusqu’ici parlé d’une publication du décret “d’ici à l’été” après le débat sans vote au Parlement. Le Premier ministre a déclaré lundi qu’il souhaitait qu’elle ait lieu “après l’examen de la proposition de loi” du sénateur LR Daniel Gremillet. “Notre objectif est que le décret soit publié d’ici à la fin de l’été”, a annoncé M. Bayrou.Avant cela, a ajouté M. Bayrou, un “groupe de travail” piloté par le député Renaissance Antoine Armand et Daniel Gremillet sera “missionné pour mener des auditions et des études complémentaires” sur l’avenir énergétique du pays, et rendra ses conclusions fin mai.- “Soutien raisonné” aux renouvelables -François Bayrou, qui a donné comme priorité “de réduire notre dépendance aux énergies fossiles importées”, a défendu un “mix électrique” associant une “première orientation de base pro-nucléaire” à “une deuxième orientation” de “soutien raisonné aux énergies renouvelables”.Le projet de PPE prévoit de ramener la part des énergies fossiles dans la consommation énergétique d’environ 60% en 2023 à 42% en 2030, puis 30% en 2035. En rupture avec la précédente PPE, qui prévoyait de fermer des réacteurs nucléaires, le nouveau texte acte également une relance de l’atome. L’ambition du rythme de déploiement des renouvelables est confirmée, en particulier pour l’éolien en mer.”Nous condamnons cette PPE qui aggrave (des) politiques injustes et ruineuses”, a dénoncé lundi Marine Le Pen, cheffe de file des députés RN, opposée au développement des éoliennes.Signe que le RN fait du sujet un cheval de bataille, Mme Le Pen avait fait l’un de ses rares déplacements en mars sur le sujet, en visitant l’EPR de Flamanville. Un autre débat est prévu sur le même thème au Sénat le 6 mai.Au gouvernement, on explique que le décret est attendu pour lancer des appels d’offre, avec des enjeux de visibilité pour les industriels.La semaine dernière, une vingtaine de fédérations et organisations professionnelles de l’énergie ont souligné “l’urgence” d’accélérer “les transferts d’usage vers l’électricité”, afin de réduire la dépendance de la France aux énergies fossiles importées et coûteuses. 

“Stressés”, les camarades de la lycéenne tuée reprennent les cours à Nantes

Le coeur lourd, “stressés”, parfois en pleurs, les collégiens et lycéens du groupe scolaire de Notre-Dame-de-Toutes-Aides, à Nantes, ont repris les cours lundi, aidés par un dispositif d’aide psychologique, quatre jours après le meurtre d’une jeune fille de 15 ans au cours d’une attaque au couteau commise par un élève.Pour la plupart vêtus de blanc, les adolescents sont entrés dans l’établissement par petites grappes, les visages graves, passant devant des gerbes de fleurs, dont de nombreux bouquets de roses blanches.Jeudi, vers 12h30 un jeune garçon de 16 ans, masqué et muni d’un couteau de chasse d’environ 20 cm, a tué une lycéenne de 15 ans, en la frappant de 57 coups de couteau dans sa salle de classe. Dans une autre salle, il fait aussi trois autres blessés, deux garçons et une fille, âgés de 15 à 16 ans. “Aucun mobile” ne peut être évoqué de “façon certaine”, a affirmé vendredi le procureur de la République de Nantes, Antoine Leroy.L’intervention d’un technicien en informatique qui a donné “un coup de chaise dans le dos” de l’agresseur met fin à l’attaque du lycéen, qui est interpellé quelques minutes plus tard par la police, placé en garde à vue puis hospitalisé dans une unité psychiatrique.Sous le choc, les élèves de cet établissement privé ont été dispensés de cours vendredi. Pendant le week-end, certains parents, comme Véronique, mère de deux jeunes filles, ont veillé à entourer leurs enfants.”On a essayé de former un cocon autour d’elles et d’en parler même si elles ont du mal à réaliser ce qui s’est passé”, a-t-elle raconté à l’AFP. Elle salue la reprise des cours dès lundi car “les élèves ont besoin d’être ensemble et avec leurs professeurs”.Ces derniers ont évoqué l’attaque avec leurs élèves, parlant surtout “de la cellule d’aide psychologique, au cas où on en aurait besoin”, a expliqué T., élève de terminale.Les parents de Lorène, la lycéenne tuée, “ont pris la décision de créer une cagnotte à destination de structures pour l’aide psychologique à l’enfance”, ont-ils expliqué dans un communiqué.Cette aide, dont les destinataires seront précisés ultérieurement, “pourra être bénéfique pour les victimes de cette tragédie mais aussi pour pallier le désengagement financier du service public”, estiment-ils.La famille insiste également sur le fait que les obsèques de l’adolescente “auront lieu dans un cercle privé”.- “Ça fait chelou” -Pour certains élèves, le retour sur les bancs de l’école est difficile. Dans une voiture, une jeune fille pleure à chaudes larmes. Sa mère, qui s’entretenait avec un responsable scolaire devant la porte, revient en courant vers elle.”Non, ça ne va pas”, glisse-t-elle à l’AFP en passant. “C’est trop tôt, voilà. Je leur ai dit. On rentre à la maison.”V. triture nerveusement sa cigarette “puff” au milieu de son groupe d’amis, “un peu stressé” d’être “déjà de retour”. “Ça fait chelou”, confie-t-il. En revenant “aujourd’hui (…), on a un peu l’impression de revivre la journée de la semaine dernière.”A ses côtés, S. a “hâte de retrouver les cours” et “une vie normale”. “On a été bien accompagnés, la cellule psychologique est là, ils ont tout fait pour qu’on se sente bien.””Le but, ce n’est pas d’oublier, le but c’est de faire avec.”De nombreux élèves refusent de répondre aux journalistes, certains montrant un communiqué de la direction du groupe scolaire les menaçant d'”une semaine de suspension” s’ils font fi de cette interdiction.”Décrit par tout le monde comme étant extrêmement solitaire”, ayant “peu d’amis voire pas du tout”, le suspect entretenait une “fascination pour Hitler” et avait envoyé un courriel sombre et confus à l’ensemble des élèves peu avant son passage à l’acte, selon M. Leroy.Une enquête pour “meurtre” est en cours, avait annoncé vendredi le procureur qui n’a pas écarté la possibilité que celle-ci évolue en “assassinat” compte tenu “des éléments susceptibles de caractériser une préméditation”.

Françoise Bettencourt Meyers, l’héritière discrète de L’Oréal

Ses apparitions sont rares et sa parole encore plus: Françoise Bettencourt Meyers, héritière de L’Oréal et femme la plus riche de France, prend du champ au sein du géant des cosmétiques et passe le flambeau à ses fils. “Je ne quitte pas L’Oréal, mais son conseil d’administration”, dit-elle dans une déclaration lundi à l’AFP. Françoise Bettencourt Meyers va céder son siège au conseil d’administration lors de l’assemblée générale des actionnaires mardi. Elle sera remplacée par un représentant de la holding familiale Téthys. Et elle laissera son poste de vice-présidence de L’Oréal à son fils Jean-Victor, 38 ans, déjà présent au conseil d’administration aux côtés de son deuxième fils Nicolas, 36 ans.La dirigeante, qui présidera toujours Téthys, le premier actionnaire de L’Oréal, évoque dans sa déclaration à l’AFP un “passage de génération, la quatrième côté famille” avec ses fils.Françoise Bettencourt Meyers, 71 ans, est la fille unique de Liliane et André Bettencourt et petite-fille unique d’Eugène Schueller fondateur du groupe L’Oréal dont les origines remontent au début du XXe siècle.Elle était devenue administratrice de L’Oréal en 1997. Depuis, le groupe de cosmétique n’a fait que grandir pour peser désormais plus de 43 milliards d’euros de chiffre d’affaires.Et Françoise Bettencourt Meyers est devenue la femme la plus riche de France avec une fortune estimée à 75,4 milliards d’euros selon Forbes.D’une discrétion extrême, elle avait été placée contre son gré sous les feux des projecteurs lors de “l’affaire Bettencourt” qui a abouti à la condamnation du photographe François-Marie Banier en appel en 2016 à quatre ans de prison avec sursis pour abus de faiblesse contre sa mère, Liliane Bettencourt.Les Bettencourt Meyers, “sont tellement discrets qu’ils ne sont pas connus et donc caricaturés”, explique Jean-Claude Le Grand, directeur des relations humaines chez L’Oréal. Pourtant, la famille a “un rôle actif d’actionnaire et met à la tête du groupe une méritocratie de managers”, assure-t-il. Françoise Bettencourt Meyers “a un attachement viscéral à l’entreprise qui fait qu’elle est très impliquée”, assure le directeur général Nicolas Hieronimus.- “Un couple” -Cachée derrière de grandes lunettes à larges bords noir, Françoise Bettencourt Meyers, “est quelqu’un qui a de l’humour et part souvent d’un grand éclat de rire”, relève Laurence des Cars, directrice du Louvre mais également présidente du jury du prix Liliane Bettencourt pour l’Intelligence de la Main qui récompense les professionnels des métiers d’art.Et “ce qui frappe c’est que vous êtes face à un couple”, ajoute-t-elle. Françoise Bettencourt Meyers a épousé en 1984 Jean-Pierre Meyers, petit-fils du rabbin Robert Meyers, déporté et décédé avec son épouse à Auschwitz.Jean-Pierre Meyers a été membre du conseil d’administration de L’Oréal de 1987 à 2020 et vice-président de 1994 à 2020. Il est aujourd’hui directeur général de Tétys, vice-président de la fondation Bettencourt Schueller et président de la fondation pour l’audition, créée avec son épouse.La fondation Bettencourt Schueller a effectué en 2024 plus de 85 millions d’euros de dons dans les domaines des sciences de la vie, des métiers d’art et de la solidarité.”Peut-être mes parents auraient-ils préféré que j’épouse un catholique, parce que eux-mêmes l’étaient, mais mon bonheur était le leur”, disait Françoise Bettencourt Meyers au Monde en 2012, “cela a modifié mon regard sur l’autre, sur la Bible”. Elle est notamment l’autrice d’une étude en cinq volumes intitulée “Regard sur la Bible”.- Tradition -“Je les sens préoccupés par les fractures dans la société”, assure Eric Mestrallet, fondateur d’Espérance banlieues, réseau d’écoles hors contrat soutenu par les Bettencourt Meyers.Au moment de prendre du recul, Françoise Bettencourt Meyers insiste sur son attachement au groupe et à son avenir. “Nous en sommes les gardiens”, selon elle.”Nous voulons apprécier cette continuité remarquable par respect et fierté pour tous ceux qui ont contribué partout dans le monde. Au fond, pour que presque rien ne change dans cette épopée”, dit-elle.Signe de l’importance des traditions, à chaque naissance chez L’Oréal en France, Françoise Bettencourt Meyers adresse aux parents un petit mot écrit de sa main et une timbale de l’orfèvrerie Christofle.”Un exemple qui peut apparaître comme paternaliste, désuet” mais “les gens sont très attachés à ce symbole”, souligne Jean-Claude Le Grand.

Décès de l’économiste français Michel Aglietta

L’économiste français Michel Aglietta est mort à l’âge de 87 ans, a indiqué lundi à l’AFP le Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii) dont l’économiste était conseiller.Polytechnicien, l’économiste spécialiste des questions financières et monétaires s’est éteint jeudi, a indiqué le centre français de recherche en économie internationale lié à Matignon, qui affirme avoir été informé du décès de M. Aglietta par sa famille. Outre son rôle au sein du Cepii, M. Aglietta était aussi conseiller à France Stratégie, une institution placée auprès du Premier ministre dont l’objectif est d’analyser les grands enjeux économiques.Professeur émérite de sciences économiques à l’université de Paris Nanterre, Michel Aglietta a publié plusieurs ouvrages liés à l’Europe, au dollar, et aux ressorts de la grande crise financière de 2007-2008.En 2012, il a fait partie des économistes signataires d’une tribune appelant à porter François Hollande à la présidence de la République.Ce polytechnicien a été membre du Conseil d’analyse économique (CAE) de 1997 et 2013, et du Haut conseil des finances publiques de 2013 à 2015.Michel Aglietta avait été fait chevalier de la légion d’honneur en 2016.

Budget 2026/contribution pour les collectivités: “rien n’est arbitré” par le gouvernement, assure sa porte-parole

La piste d’une nouvelle “contribution” fiscale pour financer les services publics des communes, avancée par le ministre François Rebsamen, “ne correspond (pas) à la position du gouvernement”, a affirmé lundi sa porte-parole Sophie Primas, martelant que “rien n’est arbitré” concernant la préparation du budget 2026.”Il y a beaucoup aujourd’hui d’initiatives, d’idées qui sont sur la table, mais absolument rien n’est arbitré, absolument rien ne correspond à la position finale du gouvernement”, a déclaré Mme Primas lors du compte-rendu du Conseil des ministres.La veille, son collègue M. Rebsamen avait pourtant suggéré dans un entretien à Ouest-France la création d’une “contribution modeste” pour le “financement des services publics de la commune”. Une manière de “renouer le lien” entre les collectivités et les citoyens qui y résident, selon le ministre de l’Aménagement du territoire.Certes, “l’autonomie fiscale des collectivités territoriales et l’équité entre les différents habitants, qu’ils soient propriétaires ou locataires (…) nécessitent probablement un réflexion très en profondeur”, a reconnu Mme Primas.Mais “c’est un sujet comme les autres” et “aujourd’hui rien n’est décidé”, a-t-elle insisté, même si “chacun peut avoir des idées, y compris à l’intérieur du gouvernement”.La position de l’exécutif, elle, “sera affinée dans les semaines qui viennent, dans le cadre des différentes discussions que nous avons avec l’ensemble des partenaires”, puis “fera l’objet d’une déclaration sur les orientations budgétaires à la mi-juillet”, comme s’y est déjà engagé le Premier ministre François Bayrou, a-t-elle rappelé.

A Rivesaltes, la ministre Miralles face aux interrogations des familles de harkis privés de sépulture

La ministre déléguée à la Mémoire et aux Anciens combattants, Patricia Miralles, a commencé lundi au mémorial du camp de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales) à recevoir les familles de 60 harkis morts et enterrés sans sépulture dans ce camp pour répondre à leurs interrogations sur les ossements de leurs proches déplacés qui ne leur ont jamais été rendus.Dans un paysage de bruyère et de garrigue, une soixantaine de proches des disparus ont pu accéder lundi matin, certains pour la première fois, au lieu des fouilles où leurs défunts, en majorité des enfants, avaient été ensevelis au début des années 60, a constaté une équipe de l’AFP.Devant un rectangle de terre rase, ça et là remuée, d’environ 30 par 50 mètres, entouré de grillage, des archéologues ont expliqué aux familles, photos aériennes de 1978 et 1987 à l’appui, avoir retrouvé la trace des dents d’une pelleteuse ayant creusé les emplacements des tombes pour prendre les ossements des défunts. “Qui a fait çà ? Pourquoi, comment? Et pourquoi on nous l’a caché?”, a demandé Marie Gougache du collectif des disparus du camp de Rivesaltes. “La ministre a promis de faire toute la lumière sur cette affaire”, a ajouté Mme Gougache à l’AFP.Soixante corps, dont ceux de 52 bébés, n’ont jamais été retrouvés. A l’automne 2024, des tombes ont été découvertes sur le périmètre du camp lors de fouilles réclamées par les familles, mais une fois ouvertes, les tombes étaient vides.Les familles ont appris avec stupéfaction, le 21 février lors de la précédente visite de Mme Miralles, que les dépouilles avaient en fait été déplacées en septembre 1986.Le maire de Rivesaltes André Bascou, en poste depuis 1983 mais qui disait jusqu’ici ne plus se souvenir, a indiqué ce jour-là avoir retrouvé dans les archives municipales la trace du transfert des ossements au cimetière communal Saint-Saturnin.- Plainte contre X -Au coeur des interrogations: le devenir de quatre caisses d’ossements retrouvées début avril dans un ossuaire du cimetière Saint-Saturnin de Rivesaltes où ils avaient été déplacés, selon Ali Amrane, un représentant des familles.”Les ossements sont maintenant au laboratoire à Marseille pour datation au carbone 14″, a ajouté Mme Gougache sur le site des fouilles, “mais le collectif des disparus n’est pas prêt à attendre un an comme à Saint-Maurice-L’Ardoise (camp dans le Gard où des harkis ont été également enterrés sans sépulture, ndlr) où les tests n’ont toujours pas été faits”.Et une fois que l’âge des ossements retrouvés dans l’ossuaire sera connu, “l’étape d’après sera la saisie du procureur de la République pour effectuer des tests ADN, et une plainte contre X”, avait déclaré à l’AFP Ali Amrane.”Aujourd’hui si on me dit +tenez Monsieur, prenez le corps de votre frère+, on le récupère et on ferme le dossier”, a pour sa part déclaré Nordine, dont l’aîné est mort à Rivesaltes à moins de quatre mois en novembre 1962.- Projet de zone commerciale -Aux familles regroupées devant le grillage, les scientifiques de l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) et de l’Onac (Office national des anciens combattants) ont expliqué que les fouilles avaient seulement permis de retrouver des alignements établissant la présence de tombes, ainsi que des plaques métalliques effacées et des pieux. Ils ont évoqué différents projets expliquant le déplacement des ossements, dont celui de créer une zone commerciale.Patricia Miralles se verra remettre lundi les conclusions des fouilles par le président de l’Inrap, Dominique Garcia. Des documents doivent être également remis aux familles venues de toute la France lundi, en particulier du Nord, de Lozère, du Var et d’Alsace.Près de 22.000 harkis (le nom donné aux auxiliaires algériens de l’armée française) et membres de leurs familles sont passés par le camp Joffre, situé non loin de Perpignan, après l’indépendance de l’Algérie, entre 1962 et 1965. Au moins 146, dont 101 enfants, sont décédés sur place ou à l’hôpital de Perpignan. “Un peu plus de la moitié (des 22.000 réfugiés) étaient des enfants, forcément plus fragiles, dont beaucoup de bébés”, a précisé à l’AFP l’historienne Fatima Besnaci-Lancou, elle-même passée par le camp de Rivesaltes entre l’âge de huit et neuf ans et membre du Conseil scientifique du mémorial. “Beaucoup sont morts, surtout à l’hiver 1962-1963, parce que les familles étaient sous des tentes (…) sans chauffage, sans beaucoup d’hygiène, confrontées à la rareté de l’eau, etc.”, a-t-elle ajouté.

Palestinian official tells ICJ Israel using aid blockage as ‘weapon of war’

A top Palestinian official told the International Court of Justice Monday that Israel was blocking humanitarian aid to Palestinians in Gaza as a “weapon of war”, at the start of a week of hearings at the UN’s top court.Israel is not participating at the ICJ but hit back immediately, dismissing the hearings as “part of …

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Lycéenne tuée à Nantes: des élèves “stressés” reviennent en cours

Les collégiens et lycéens du Groupe scolaire de Notre-Dame-de-Toutes-Aides, à Nantes, ont repris lundi les cours, quatre jours après le meurtre d’une jeune fille de 15 ans au cours d’une attaque au couteau commise par un élève de seconde.De l’extérieur, peu de signes trahissent le drame qui s’est déroulé jeudi au sein de l’établissement, si ce n’est que de nombreux élèves sont vêtus de blanc, suivant l’appel relayé la semaine dernière sur les réseaux sociaux à saluer ainsi la mémoire de la lycéenne tuée et des trois autres élèves blessés, a constaté un journaliste de l’AFP sur place.Les élèves se sont pressés à l’intérieur du collège-lycée par petites grappes, le visage souvent fermé, les mines graves.V. et S., deux lycéens, se disent toutefois “un peu stressés” d’être “déjà de retour”. “Ça fait chelou” lance V., qui triture nerveusement sa cigarette “puff” au milieu de son groupe d’amis. “On a beaucoup parlé entre nous ce week-end, mais ça fait bizarre de revenir aujourd’hui, on a un peu l’impression de revivre la journée de la semaine dernière”, explique-t-il à l’AFP.”Pour ceux qui étaient en classe avec (la victime), je pense que ce n’est pas facile”, compatit S.Près de l’établissement scolaire, Véronique, mère de deux élèves, raconte qu’au cours du week-end, sa famille et elle ont “essayé de former un cocon autour (de ses filles) et d’en parler même si elles ont du mal à réaliser ce qui s’est passé”.”C’est bien qu’ils aient rouvert l’école tout de suite, les élèves ont besoin d’être ensemble et avec leurs professeurs”, juge Véronique, qui se dit quand même “rassurée” par la présence de policiers aux abords de l’école.Une cellule d’aide psychologique a été activée dès jeudi, après l’attaque.”On a été bien accompagnés, la cellule psychologique est là, ils ont tout fait pour qu’on se sente bien” estime S., qui a “hâte de retrouver les cours” et “une vie normale”.”On en a besoin”, mais “personne n’oubliera jamais ce qui s’est passé ici”, ajoute-t-il.Dans une voiture, une jeune fille pleure à chaudes larmes. Sa mère, qui s’entretenait avec un responsable scolaire devant la porte, revient en courant vers elle. “Non, ça ne va pas”, glisse-t-elle en passant. “C’est trop tôt, voilà. Je leur ai dit. On rentre à la maison.”L’auteur présumé de l’attaque, âgé de 16 ans, et dont “aucun mobile” n’a pu être déterminé dans l’immédiat selon le procureur de Nantes Antoine Leroy, a été interpellé peu après les faits au sein de l’établissement et hospitalisé dans une unité psychiatrique.

North Korea confirms troop deployment to Russia’s Kursk

North Korea confirmed for the first time on Monday it had deployed troops to Russia, with its state news agency KCNA reporting Pyongyang’s soldiers helped Moscow reclaim territory under Ukrainian control in the Russian border region of Kursk.The admission comes just days after Moscow confirmed the North’s participation, while Russian President Vladimir Putin on Monday …

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Le meurtrier de la mosquée de La Grand-Combe s’est rendu en Italie

 Traqué depuis trois jours, le meurtrier d’un jeune Malien dans la mosquée de la petite commune gardoise de La Grand-Combe s’est rendu dans un commissariat du centre de l’Italie, a annoncé lundi à l’AFP le procureur en charge de cette affaire.Le suspect, “Olivier A.”, né à Lyon en 2004 et de nationalité française, “s’est rendu de lui-même dans un commissariat de Pistoia”, non loin de Florence, “dimanche vers 23h00”, a indiqué lundi à l’AFP le procureur de la République d’Alès, Abdelkrim Grini.- “Complicités” -Un juge d’instruction “va être saisi” et un mandat d’arrêt européen émis en vue de son transfèrement en France, une procédure qui pourrait prendre “quelques jours ou quelques semaines”, a précisé le procureur d’Alès.”C’est une très grande satisfaction pour le procureur que je suis. Face à l’efficacité et à la détermination des moyens mis en place, l’auteur n’a eu pour seule issue que de se rendre et c’est la meilleure chose qu’il pouvait faire”, a-t-il ajouté.Sur le réseau X, le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a félicité “chaleureusement” les “magistrats et les enquêteurs (qui) ont fait preuve d’une grande détermination et d’un grand professionnalisme qui a permis d’obtenir des résultats dans des temps très courts”.Plus de 70 policiers et gendarmes étaient mobilisés depuis vendredi pour “localiser et interpeller” cet homme considéré comme “potentiellement extrêmement dangereux”, selon le procureur.”Après s’être glorifié de son acte, après l’avoir quasiment revendiqué, il avait tenu des propos qui laisseraient penser qu’il entendait commettre encore des faits de même nature”, avait-il souligné dimanche.Dans la vidéo qu’il avait lui-même réalisée vendredi juste après son meurtre, face à sa victime agonisante, le meurtrier se félicitait de son acte et insultait la religion de sa victime: “Je l’ai fait, (…) ton Allah de merde”, avait-il répété à deux reprises.”Je l’ai dit et je le confirme, la piste de l’acte antimusulman et islamophobe est la piste privilégiée”, mais le meurtrier avait “peut-être également des motivations de fascination de la mort, d’envie de donner la mort, d’envie aussi d’être considéré comme un tueur en série”, a souligné lundi sur BFMTV M. Grini.Au passage, il a révélé que les enquêteurs savaient “déjà depuis ce week-end” que le meurtrier avait quitté la France et s’était rendu en Italie, et que, pour ce faire, il a “manifestement bénéficié de complicités”. “Il a été certainement pris en charge par certaines personnes. Est-ce que ce sont des membres de sa famille ? Est-ce que ce sont des amis, pour le moment nous ne savons pas”, a-t-il ajouté, en expliquant qu’une des tâches du magistrat instructeur sera plus largement de “déterminer s’il a bénéficié de complicités ou pas”.- “Sous les radars de la justice” -Les éléments officiellement communiqués jusque là sur le suspect étaient restés peu nombreux: “Olivier A.” est issu d’une famille bosnienne, sans emploi, avec des attaches dans le Gard.”C’est quelqu’un qui était resté sous les radars de la justice et des services de police et qui, à aucun moment, n’avait fait parler de lui jusqu’à ces tragiques événements”, avait expliqué dimanche M. Grini.A La Grand-Combe, une marche blanche en souvenir de la victime, Aboubakar Cissé, un Malien d’une vingtaine d’années, avait rassemblé plus d’un millier de personnes dimanche.Parmi eux, Abdallah Zekri, recteur de la mosquée de la Paix à Nîmes, n’avait pas caché son “sentiment de colère et de haine à l’égard de ceux qui ont commis ce crime”, dénonçant un climat islamophobe.Plusieurs centaines de personnes s’étaient également rassemblées en début de soirée à Paris, dont le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon, qui avait accusé le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau de cultiver un “climat islamophobe”. “Le racisme et la haine en raison de la religion n’auront jamais leur place en France”, avait assuré dimanche après-midi le président Emmanuel Macron, en adressant “le soutien de la Nation” à la famille de la victime et “à nos compatriotes de confession musulmane”.