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Courbevoie: le principal d’un collège se tue en chutant de son logement de fonction

Le principal d’un collège de Courbevoie (Hauts-de-Seine) est décédé mardi après avoir chuté de son logement de fonction, situé au sein même de l’établissement, a appris l’AFP de sources concordantes.Dans un courrier adressé aux parents d’élèves et consulté par l’AFP, le directeur académique des services de l’éducation nationale (DASEN) des Hauts-de-Seine, Frédéric Fulgence, évoque “un accident tragique”.Les forces de l’ordre et les pompiers ont été dépêchés sur place peu après les faits, selon une source policière. Une cellule d’urgence médico-psychologique et les équipes mobiles de sécurité ont été dépêchées sur palce pour “venir en aide aux témoins et à toute personne qui en exprimerait le besoin”, a par ailleurs précisé le rectorat de Versailles.Selon un message envoyé par l’établissement aux parents d’élèves, consulté par l’AFP, les élèves présents ont quitté l’établissement mardi après-midi et les cours ont été suspendus.”C’est avec une profonde tristesse qu’Étienne Champion, recteur de Versailles, confirme le décès du principal du collège Les Renardières de Courbevoie le 29 avril dans l’après-midi”, a indiqué le rectorat.Le recteur, le DASEN et le préfet des Hauts-de-Seine devaient se rendre sur place.Le maire de Courbevoie Jacques Kossowski a lui dit avoir “appris le décès brutal [du] principal du collège des Renardières” dans un message publié sur les réseaux sociaux.Selon le rectorat, le principal était en poste au collège depuis septembre 2023. Il était encadrant depuis 2006.”J’ai travaillé avec lui sur plusieurs événements à l’école”, a témoigné une journaliste de l’AFP, mère d’un collégien de 4e scolarisé dans l’établissement. “Depuis son arrivée il y a deux ans, il était très à l’écoute des élèves et des parents. C’était quelqu’un d’impliqué et de facilement abordable, qui avait un côté très humain”, a-t-elle ajouté. 

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Comment un réseau électrique peut-il s’effondrer en cinq secondes?

Les pannes électriques générales comme celle qui a touché lundi l’Espagne et le Portugal peuvent avoir des causes multiples, mais l’événement met déjà en lumière une certaine “vulnérabilité” du système régional de la péninsule ibérique.- Pourquoi la cause n’est pas encore clairement identifiéeLe réseau électrique est une colonne vertébrale qui comprend des milliers de composants interconnectés. “Les opérateurs du réseau doivent analyser avec soin d’énormes quantités de données en temps réel”, telles que les changements de fréquence, les défaillances de lignes, l’état des centrales de production, “afin de retracer la séquence des événements”, explique à l’AFP Pratheeksha Ramdas, analyste chez Rystad Energy. – Quelles sont les causes habituelles?Les pannes sont souvent causées par l’arrêt soudain d’une centrale de production en raison d’un aléa technique ou d’une pénurie de combustible pour alimenter des centrales thermiques.Ces dernières années, des événements tels que tempêtes, tremblements de terre, incendies de forêt, chaleurs ou froids extrêmes, parfois intensifiés par le changement climatique, ont pu endommager les infrastructures ou créer des pics de demande pour le chauffage ou la climatisation. Autres causes possibles: les surcharges sur les lignes à haute tension, qui obligent l’électricité excédentaire à se déplacer sur d’autres lignes, et les cyberattaques, une menace de plus en plus citée, du fait de réseaux de plus en plus numérisés. La justice espagnole a annoncé une enquête sur un éventuel “sabotage informatique”, le gouvernement Sanchez soulignant de son côté qu'”aucune hypothèse” n’est écartée.- Déséquilibre entre offre et demande?En Espagne, lundi soir, le gestionnaire du réseau REE a évoqué “une forte oscillation des flux de puissance, accompagnée d’une perte de production très importante”. En Europe, la fréquence électrique sur le réseau est calibrée au standard de 50 hertz (Hz).Une fréquence inférieure à ce niveau signifie qu’il n’y a pas assez d’électricité produite par rapport à la demande; au-dessus, cela signifie qu’il faut produire moins de courant. C’est le travail des opérateurs de commander en temps réel aux centrales de produire plus ou moins, selon la demande, et de conserver la fréquence.”Le maintien de cette fréquence est une question d’équilibre”, dit à l’AFP Michael Hogan, conseiller pour l’organisation Regulatory Assistance Project (RAP). Si la fréquence s’éloigne de 50 Hz, des systèmes de protection automatisés se déclenchent pour couper des parties du réseau afin d’éviter d’endommager les équipements. Des déconnexions en chaîne qui ont conduit à la panne généralisée.”Une fois que les centrales électriques commencent à s’arrêter pour se protéger, la situation peut rapidement devenir incontrôlable. Mais il est très rare que cela atteigne le stade” observé lundi, souligne Michael Hogan.Comment tout cela a-t-il commencé? Difficile à dire.”L’un des facteurs qui a très probablement contribué à l’instabilité est la faible interconnexion entre la péninsule et le reste du réseau d’Europe occidentale, ce qui signifie qu’il n’y avait pas beaucoup d’inertie dans cette partie du réseau pour amortir les oscillations” côté espagnol, selon Michael Hogan.Mais il s’agit d’un facteur possible et non de la cause primaire. “Il s’agira probablement de la défaillance d’une ou deux installations de transmission majeures, qui s’est ensuite propagée à d’autres parties connectées du réseau, mais la cause de cette défaillance initiale reste à déterminer”, ajoute-t-il.- Quel impact des énergies renouvelables?En Espagne environ 40% de l’électricité produite est d’origine solaire et éolienne. A midi lundi, c’était même autour de 70%, à un moment de faible demande.Or, contrairement aux centrales au gaz qui “ont besoin de quelques minutes pour démarrer”, “la production solaire et éolienne ne peut pas être contrôlée à la demande et doit souvent être réduite”, souligne-t-on chez Rystad Energy.Le regroupement des gestionnaires européens de réseaux de transport d’électricité, ENTSO-E, avait averti le 18 avril des risques de surproduction solaire à l’approche des beaux jours.La panne de lundi est un “avertissement”, pour Rystad: “sans résilience plus forte au niveau national et sans meilleure coordination régionale, les futures pannes de réseau pourraient avoir des conséquences encore plus graves”. “Sans mesure de flexibilité suffisantes, telles que le stockage, les centrales à démarrage rapide ou des interconnexions solides, les fortes variations de la production d’énergie renouvelable peuvent déstabiliser le réseau”, explique l’analyste Pratheeksha Ramdas.Des critiques des énergies renouvelables ont immédiatement été diffusées sur les réseaux sociaux après la panne, mais  Michael Hogan rappelle que les coupures géantes de ce type, dans le passé, ont “presque toujours” été provoquées par des problèmes de transmission, et non de production.Lion Hirth, professeur de politique énergétique à la Hertie School à Berlin, estime toutefois “probable” qu'”un système avec très peu de production +conventionnelle+ (nucléaire, gaz, charbon, hydroélectricité) ait moins d’inertie d’amortissement, c’est-à-dire qu’il soit plus enclin à ce que de telles oscillations deviennent incontrôlables”. Tout en restant prudent, il estime “que le fait que le système ibérique fonctionnait principalement à l’énergie éolienne et solaire lundi midi n’a pas aidé”.

Prison avec sursis requise contre François Fillon dans l’affaire des emplois fictifs de son épouse

Une peine de quatre ans de prison avec sursis a été requise mardi contre François Fillon, lors d’une audience consacrée exclusivement à la peine qui doit être infligée à l’ex-candidat à la présidentielle dans l’affaire des emplois fictifs de son épouse Penelope.L’avocat général a également requis contre l’ancien Premier ministre une amende de 375.000 euros et 10 ans d’inéligibilité, mais ses réquisitions écartent la partie ferme d’un an qui avait été prononcée le 9 mai 2022 par la cour d’appel de Paris.La décision sera rendue le 17 juin.François Fillon, 71 ans, est depuis avril 2024 définitivement coupable notamment de détournement de fonds publics, mais la Cour de cassation a ordonné une nouvelle audience consacrée uniquement à la peine, dans cette affaire feuilletonnée des mois durant qui a stoppé net sa course en tête pour la présidentielle de 2017, où il a été éliminé dès le premier tour.De retour mardi devant la cour d’appel de Paris, François Fillon a évoqué la “blessure morale” que représente pour lui la peine d’inéligibilité qui avait été prononcée, bien qu’il dise ne nourrir aucun projet de retour en politique et se consacre à son activité de conseil. Interrogé sur sa situation personnelle, il a évoqué des revenus de 485.000 euros annuels.”Personne ne m’enlèvera de la tête que j’ai été traité d’une manière un peu particulière”, ce qui a “peut-être quelque chose à voir avec le fait que j’aie été candidat à l’élection présidentielle”, a-t-il déclaré à la barre.- Portrait “plus nuancé” -Pendant le rappel des faits, un flashback mêlant la révélation de l’affaire par le Canard enchaîné début 2017, contrats et montants, François Fillon est resté la mine fermée sur son banc, posant alternativement le regard vers le sol ou les hautes décorations qui ornent la salle d’audience.En appel, le 9 mai 2022, l’ancien chef du gouvernement a été condamné à quatre ans d’emprisonnement, dont un an ferme, 375.000 euros d’amende et 10 ans d’inéligibilité pour détournement de fonds publics, complicité d’abus de biens sociaux, recels.Son épouse, Penelope Fillon, avait été condamnée à deux ans de prison avec sursis, ainsi que 375.000 euros d’amende, et son ex-suppléant, Marc Joulaud, à trois ans de prison avec sursis, avec des inéligibilités respectives de deux et cinq ans.Les trois prévenus avaient en outre été condamnés à verser un total d’environ 800.000 euros de dommages et intérêts à l’Assemblée nationale.Si elle a rejeté les pourvois de Penelope Fillon et Marc Joulaud rendant leurs peines définitives, la Cour de cassation, dont la tâche est de statuer non sur le fond du dossier mais sur la bonne application du droit, avait estimé que la cour d’appel n’avait pas suffisamment motivé la partie ferme de la peine prononcée contre François Fillon.Mardi, François Fillon a soutenu qu’entre 1981 et 2021, “une très grande majorité de parlementaires” était dans une situation “parfaitement similaire” à la sienne.Mais, a objecté l’avocat de l’Assemblée nationale, Me Yves Claisse, il y a eu des “épouses de députés qui ont effectivement travaillé pour leur époux”, mais “dans ce dossier, ce n’est pas ce qui a été jugé”.Demandant à la cour de confirmer les 126.167 euros de dommages et intérêts alloués à l’Assemblée nationale pour le contrat d’assistante parlementaire de Penelope Fillon auprès de son mari en 2012-2013, il a souligné qu’elle ne venait ni à l’Assemblée ni dans la circonscription qui à l’époque était à Paris, “pas dans la Sarthe”.L’avocat de Penelope Fillon, Pierre Cornut-Gentille, a évoqué un “climat général de complaisance” sur les emplois familiaux, demandant à la cour de débouter l’Assemblée de ses demandes dans ce volet du dossier, ou lui accorder “un euro symbolique”.Si Penelope Fillon a été décrite comme “oisive”, s’occupant de ses rosiers, “on se rend compte que le portrait est peut-être plus nuancé”, a plaidé l’avocat de François Fillon, Antonin Lévy, la cour relevant dans sa décision de 2022 des “traces” de travail en 2012-2013.D’autres dommages et intérêts sont définitivement dus par le couple.

Lycée musulman Averroès: la ministre de l’Education veut “faire appel”

La ministre de l’Éducation Élisabeth Borne a annoncé mardi qu’elle allait “faire appel” de la décision du tribunal administratif de Lille qui a décidé la semaine dernière de rétablir le contrat d’association avec l’État du lycée musulman lillois Averroès.Ce contrat d’association entre l’État et ce lycée, qui était jusqu’en septembre 2024 le principal lycée musulman sous contrat de France, avait été résilié en décembre 2023 par la préfecture du Nord, qui avait évoqué des “manquements graves aux principes fondamentaux de la République”.Après la décision de la justice administrative de le rétablir, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a notamment plaidé la semaine dernière pour que l’État fasse appel de cette décision. “Il y a plusieurs manquements graves qui ont amené l’État à résilier ce contrat”, a souligné Élisabeth Borne sur TF1 mardi matin. Parmi ces manquements “il y a notamment le fait que l’établissement a interdit l’accès à des inspecteurs de l’éducation nationale pour pouvoir faire un contrôle de l’établissement, et ça c’est inacceptable”, a-t-elle relevé.”C’est un établissement sous contrat, ça veut dire qu’il est financé à 75% par de l’argent public, c’est inacceptable qu’on ne permette pas à des agents de l’État d’accomplir leur mission dans l’établissement, donc j’ai décidé en effet de faire appel”, a-t-elle insisté.”Ça légitime une forme de perte de confiance et donc de résilier ce contrat, c’est ce que nous défendrons en appel”, a indiqué Mme Borne.Le tribunal administratif de Lille a expliqué avoir annulé la décision de résiliation parce qu’elle n’établissait pas “l’existence de manquements graves au droit” et que la procédure était “entachée d’irrégularités”.Dans sa décision consultée par l’AFP, la juridiction reconnaît que le refus opposé aux inspecteurs constitue bien “un manquement” à l’obligation de se “soumettre aux contrôles de l’État”, mais souligne qu’il s’agit du premier incident de ce type depuis la signature du contrat en 2008, et qu’il n’a pas été réitéré depuis.Ainsi, ce manquement n’était pas d’une gravité suffisante pour justifier la résiliation, selon le tribunal. Dans un communiqué, l’association Averroès fait valoir qu’il s’agit d’un “manquement individuel” de l’ancien chef d’établissement, qui s’était expliqué en évoquant la présence ce jour-là d’une commission de sécurité venue vérifier la conformité des locaux. Le Conseil d’administration avait réagi “en mettant fin aux fonctions dudit chef d’établissement”.L’Education nationale a mené plusieurs inspections, sans trouver matière à remettre en cause le contrat d’association.Sollicité par l’AFP, le directeur du groupe scolaire Éric Dufour a estimé que la décision de la ministre de faire appel n’était pas une “surprise” mais que “c’était décevant”. “Il me semble que le tribunal administratif a fait la démonstration nécessaire, tout a été dit”, a-t-il déclaré. Le président de la fédération nationale de l’enseignement privé musulman, Makhlouf Mamèche, a dénoncé un “déchaînement”, un “acharnement politique qui s’abat sur le réseau privé musulman”, lors d’une audition de la commission d’enquête sur les contrôles des établissements scolaires. 

Une nécropole mérovingienne mise au jour lors de fouilles à Bordeaux

Une grande nécropole de l’époque mérovingienne, dotée d’une cinquantaine de sarcophages et exhumée à Bordeaux, a été présentée mardi par les archéologues en charge des fouilles.Ces fouilles préventives sont menées depuis un an sur 2.700 m2 dans le centre historique de la ville autour de l’église Sainte-Croix, avant des travaux de végétalisation et de plantations d’arbres opérés par la Métropole.Cette ancienne abbaye avait été fondée à l’époque mérovingienne (du Ve au VIIe siècle), à “quelques centaines de mètres du centre antique” de Bordeaux, avec “une nécropole qui s’est développée durant le Moyen-Âge jusqu’à être enclose dans un cimetière paroissial à l’époque moderne (XVIIIe siècle)”, a rappelé le responsable du service archéologique de Bordeaux Métropole Laurent Guyard.Au total, près d’une centaine de “structures funéraires”, dont 49 sarcophages, allant de la période mérovingienne à l’époque moderne, ainsi que les murs en pierre blanche, “étonnamment bien conservés”, de l’ancien cloître de l’abbaye médiévale ont été découverts, enfouis entre 30 cm et 1m80 sous la chaussée.Ces vestiges sont visibles à même la rue et ouverts tous les mercredis au public jusqu’à la fin du mois de mai, avant le lancement des travaux d’aménagements initialement prévus.Les fouilles doivent se poursuivre dans le quartier jusqu’à l’été 2026, avant le recouvrement des vestiges.

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L’extraction minière sous-marine: ce qu’il faut savoir

Manne pour la transition énergétique pour les uns, pari irresponsable pour les autres, l’extraction minière sous-marine n’est pas encore une réalité commerciale, mais l’année 2025 pourrait marquer un tournant, avec une première demande d’exploitation par la société canadienne The Metals Company.- Que recèlent les fonds marins?Les fonds marins abritent trois sources de métaux qui ont pris des milliers, voire des millions d’années, pour se former.- Les nodules polymétalliques sont des galets de la taille d’une pomme de terre qui résultent de la lente précipitation de minéraux autour de fragments tels que des dents de requins ou des os d’oreille de poisson. Présents à des profondeurs de 4.000 à 6.000 mètres, particulièrement dans la zone de Clarion-Clipperton dans le Pacifique, entre Hawaï et le Mexique, ils contiennent principalement manganèse, fer, cobalt, cuivre et nickel.- Les encroûtements sont des amas rocheux à des profondeurs de 400 à 4.000 mètres, formés par l’agrégation de métaux contenus dans l’eau de mer, avec notamment une zone explorée dans le nord-ouest du Pacifique. Ils contiennent du manganèse, du fer, du cobalt et du platine.- Les amas sulfurés ou sulfures polymétalliques sont des dépôts minéraux riches en métaux (cuivre, zinc, or, argent) autour de cheminées d’où est expulsée de l’eau enrichie en métaux dissous. On trouve ces amas entre 800 et 5.000 mètres de profondeur, au niveau des dorsales ou aux abords de volcans sous-marins, dans les océans Atlantique et Indien.- Pourquoi les exploiter?Le cobalt et le nickel sont des éléments essentiels des batteries pour véhicules électriques, et qui viennent aujourd’hui de minerais extraits de mines sur terre avec des coûts environnementaux et humains conséquents, sans compter le raffinage à l’aide de produits chimiques, qui génère des rejets volumineux et toxiques. Les câbles électriques sont en cuivre et la demande va exploser avec l’électrification de l’économie au 21e siècle.Les partisans de l’exploitation minière sous-marine arguent que récupérer les nodules posés sur le fond du Pacifique n’implique pas d’avaler et de réduire en poussière des montagnes ou des roches du sous-sol, comme dans les mines terrestres.- Quels coûts environnementaux?Les abysses, qui jouent un rôle dans le stockage de CO2, sont un milieu méconnu, jusqu’alors vierge d’activités humaines mais riche en vie.Des activités minières risquent de perturber ou de détruire des écosystèmes dont on ignore presque tout, s’inquiètent les scientifiques et défenseurs de l’environnement. Selon l’initiative scientifique internationale Ocean Census, seules 250.000 espèces sont connues, sur les deux millions qui peupleraient les océans.Des activités minières pourraient détruire l’habitat d’organismes benthiques (qui vivent sur, dans ou près des fonds marins), modifier la chimie locale de l’eau, générer de la pollution sonore et lumineuse, voire des fuites de produits chimiques des machines et équipements, s’alarme Greenpeace.Etats, dont l’Allemagne, le Royaume-Uni, le Canada, le Mexique et le Brésil soutiennent un moratoire ou une pause dans les eaux internationales, selon la Deep Sea Conservation Coalition (DSCC), une coalition d’ONG. La France prône même une interdiction.- Où en est-on?Aucune extraction minière commerciale n’a aujourd’hui lieu dans les fonds marins, mais certains Etats ont lancé, ou s’apprêtent à le faire, l’exploration dans leurs zones économiques exclusives (jusqu’à 200 miles nautiques des côtes, soit 370 km).Seules les technologies pour récolter industriellement les nodules sont avancées.Outre le Japon, les îles Cook ont attribué en 2022 des licences d’exploration à trois entreprises dans leurs fonds marins. Elles coopèrent aussi avec la Chine, très active et ambitieuse dans cette course.En Europe, la Norvège avait prévu d’ouvrir son plancher océanique cette année mais un compromis politique a obligé le gouvernement à repousser l’attribution de permis d’exploration à 2026.Dans les eaux internationales, en haute mer, c’est l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM) qui autorise ou non l’exploitation des fonds marins. Elle a accordé des permis à de multiples sociétés et pays pour explorer, c’est-à-dire tester leurs technologies, mais pas encore pour exploiter.Ecartelée entre partisans de l’extraction et défenseurs d’un moratoire, elle peine à accoucher d’un “code minier” en négociation depuis 2014.Perdant patience, l’entreprise canadienne The Metals Company (TMC) a déposé mardi auprès des Etats-Unis une demande de permis d’exploitation commerciale dans la zone de Clarion-Clipperton, contournant l’AIFM, dont le pays ne fait pas partie.Donald Trump a en effet ouvert par décret la possibilité d’autoriser unilatéralement des entreprises à exploiter les nodules hors des eaux américaines, dans les eaux internationales.

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Le gouvernement Trump congédie les auteurs d’un rapport crucial sur le climat

L’administration du président Donald Trump a congédié cette semaine les auteurs d’un rapport scientifique utilisé depuis plus de 25 ans pour élaborer les politiques de réponse au réchauffement climatique aux Etats-Unis.Dans un email lundi aux contributeurs de la Sixième évaluation nationale du climat (NCA6), le gouvernement fédéral a annoncé que la “portée” du rapport était en train d’être “réévaluée” et que les auteurs étaient “libérés de leurs fonctions”.Cette décision fait suite aux licenciements massifs survenus début avril au sein du Programme américain de recherche sur le changement climatique (USGCRP), l’organisme fédéral chargé de superviser ce rapport qui, de par la loi, doit être remis au Congrès et au président.Des centaines de chercheurs participent à l’élaboration de ce document sur l’impact du changement climatique dans tous les domaines, en principe publié tous les cinq ans. La prochaine édition était prévue pour 2027.Bien qu’ils ne soient pas contraignants, ces rapports sont des outils essentiels pour les législateurs, les entreprises et les gouvernements locaux dans la planification de mesures de résilience climatique.Leur objectif est d'”informer le public des dernières connaissances scientifiques, de la façon dont les populations pourraient être affectées, et des options possibles pour faire face au changement climatique”, détaille mardi auprès de l’AFP Abby Frazier, climatologue à Clark University.- “Naviguer à l’aveugle” -“Je suis dévastée par cette nouvelle”, confie cette experte qui devait rédiger un chapitre de ce rapport sur les effets du dérèglement climatique à Hawaï et dans les territoires américains situés dans le Pacifique.”L’administration Trump a sabré de façon insensée un rapport scientifique américain crucial et complet sur le climat en renvoyant ses auteurs sans motif”, avait protesté plus tôt dans un communiqué Rachel Cleetus, autrice d’un autre chapitre du rapport.”Essayer d’enterrer ce rapport ne changera en rien les faits scientifiques, mais sans ces informations, notre pays risque de naviguer à l’aveugle dans un monde rendu plus dangereux par le changement climatique causé par l’Homme”, avait-elle dénoncé.Donald Trump, notoirement climatosceptique, mène depuis son retour au pouvoir fin janvier une refonte massive des institutions fédérales, licenciant des milliers de fonctionnaires dont des climatologues, et a enclenché une marche arrière toute dans la lutte contre le dérèglement climatique.Son gouvernement a ainsi confirmé vendredi la suppression du bureau américain chargé de la diplomatie climatique, trois mois après l’annonce retentissante du nouveau retrait des Etats-Unis, premier pollueur historique mondial, de l’accord de Paris sur le climat.Autant de mesures mettant en péril les efforts mondiaux pour freiner le dérèglement climatique, au moment où la planète entame une troisième année d’affilée avec des températures historiquement élevées, après que 2024 est devenue l’année la plus chaude jamais mesurée, battant le record de 2023.

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Grèce : des montagnes de déchets sur les berges d’une rivière d’Athènes

Des montagnes de déchets recouvrent les berges du Kifissos, une rivière traversant Athènes dont le débit est très faible et qui est depuis longtemps victime de la pollution, a dénoncé mardi une ONG grecque chargée du nettoyage des quartiers à travers la Grèce.Des tonnes de gravats, de plastique, des éviers, des cuvettes de toilettes, des carreaux ont été entassés sur les rives, a constaté un photographe de l’AFP.Vassilis Sfakianopoulos, le fondateur de l’ONG Save Your Hood (“Sauvez votre quartier”, ndlr), a déclaré à l’AFP qu’au cours d’une récente opération de nettoyage des berges du Kifissos, des couches et des dossiers médicaux d’un grand hôpital de la capitale grecque y avaient été retrouvés, ainsi que des déchets provenant d’au moins deux entreprises avoisinantes, d’une compagnie aérienne étrangère et d’un restaurant branché du centre-ville.Selon ce militant, les berges de Kifissos sont ainsi devenues “une décharge illégale”.”Cela fait mal au coeur (…), une enquête doit être ouverte”, s’est-il indigné. Les habitants de la municipalité adjacente d’Acharnes ont raconté que le déversement des détritus se produisait probablement pendant la nuit, a dit Vassilis Sfakianopoulos. Selon le quotidien grec Kathimerini, l’hôpital, qui avait confié la suppression de ses déchets à un entrepreneur privé, est actuellement prêt à coopérer en cas d’enquête. La gestion illégale des déchets en Grèce, qui a donné lieu à des amendes de millions d’euros infligées par l’Union européenne, est un problème récurrent. Traversant la banlieue ouest d’Athènes, le Kifissos, long de 27km, est l’un des principaux cours d’eau de la capitale.Il a été enfoui il y a plusieurs décennies pour cause d’urbanisation et d’industrialisation désordonnées des zones adjacentes.A sec pendant la plus grande partie de l’année, le Kifissos fait toutefois courir un risque d’inondation aux quartiers qui l’entourent, surtout en période de fortes pluies, même en été. C’est à cet égard une véritable “bombe à retardement”, a mis en garde Kathimerini.Ce quotidien déplore en outre que son nettoyage, entamé il y a plusieurs années, n’ait toujours pas donné de résultat.Au milieu de ces “montagnes de déchets”, d’où émane une “forte puanteur”, on découvre aussi “des tuyaux, des animaux morts (…)”, écrit Kathimerini. La région d’Athènes a affirmé dans un communiqué envoyé à l’AFP que les autorités locales avaient retiré ces derniers mois plus de 45.000 m3 de déchets du lit de cette rivière et prévenu les instances policières et judiciaires de ce problème pour qu’une enquête soit ouverte. 

Enfants: des experts demandent à proscrire les écrans, très néfastes, avant six ans

Tablettes, TV, ordinateurs, téléphones, jeux vidéo: les écrans sont néfastes avant l’âge de six ans car ils “altèrent durablement la santé et les capacités intellectuelles” des enfants: des experts de la santé appellent mardi à une “prise de conscience collective”.Introduisant de nouveaux conseils aux parents, le carnet de santé entré en vigueur le 1er janvier stipule “pas d’écran avant trois ans”, et préconise un usage “occasionnel, limité à des contenus à qualité éducative et accompagné par un adulte” entre “trois et six ans”.Cet avertissement sanitaire est l’unique préconisation du rapport Enfants et écrans, réalisé il y a un an par une commission d’experts nommée par le président Emmanuel Macron, à être entrée en vigueur depuis.A l’heure où l’effet délétère des écrans sur les enfants ne fait pas consensus chez les chercheurs, les dix experts de cette commission avaient dépeint les réseaux sociaux comme “facteurs de risque” de dépression ou d’anxiété en cas de “vulnérabilité préexistante”, jugeant “alarmant” le niveau d’exposition des enfants à des contenus pornographiques et violents.Au vu des “connaissances récentes”, il faut proscrire les écrans “avant six ans”, écrivent mardi les cinq sociétés savantes, dont la Société française de pédiatrie et celles de Santé publique, de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent et d’ophtalmologie dans une tribune adressée “aux jeunes parents, aux enseignants, éducateurs et pédagogues, aux soignants, aux décideurs politiques”.”En 2025, le doute n’est plus permis et les très nombreuses publications scientifiques internationales sont là pour nous le rappeler: ni la technologie de l’écran ni ses contenus, y compris ceux prétendument +éducatifs+ ne sont adaptés à un petit cerveau en développement”, affirment les signataires.Les écrans “ne répondent pas aux besoins de l’enfant” et, “pire, ils entravent et altèrent la construction de son cerveau”, alertent les sociétés savantes.”Retard de langage, troubles de l’attention, de la mémorisation, agitation motrice…”: professionnels de santé et enseignants “constatent les dégâts produits par une exposition régulière aux écrans avant l’entrée à l’école primaire”, assurent-elles.Car le neurodéveloppement de l’enfant résulte “d’observations et d’interactions riches et variées avec l’environnement” pour lesquels “les six premières années de vie sont fondamentales”. Se défendant de vouloir “diaboliser les outils numériques et leur usage”, ils appellent les parents à “créer un environnement favorable à la santé et à l’épanouissement de l’enfant” avec des “activités alternatives: lecture à voix haute, jeux -libre, de société ou en plein air-, activités physiques, créatives et artistiques”.Si “tous les milieux socio-éducatifs sont concernés”, ils soulignent que “les expositions sont plus fortes dans les foyers défavorisés”.- “Etat d’urgence” contre les écrans  -“Nous les instits, on voit tout de suite quel enfant est sur les écrans ou pas, en termes de comportement, d’agitation, de raisonnement”, dit à l’AFP Nathalie L., professeur des écoles dans un village de la Drôme.”J’ai une petite qui fait des randos et joue au Monopoly en famille: ses écrits sont bourrés d’imagination”, rapporte-t-elle. Pour “capter l’attention des élèves habitués à zapper”, elle a mis en place “la classe flexible: changer d’activité au maximum tous les quarts d’heure”.Lundi, l’association Pas à Pas l’Enfant a déploré qu'”aucune action concrète n’ait été mise en place pour éviter le désastre sanitaire annoncé” par le rapport Enfants et écrans.Fin mars, sur France Inter, Servane Mouton, co-présidente de la commission ayant rédigé le rapport, pointait la responsabilité des “industriels, qui déploient des trésors d’inventivité et de créativité” pour créer des applications “qui vont nous faire passer le plus de temps possible” sur les écrans.Les “politiques”, ajoutait-elle, “peinent encore aujourd’hui à faire appliquer une régulation votée au niveau européen et à diffuser de façon massive un discours à jour des connaissances scientifiques”.Mardi l’ex-chef du gouvernement Gabriel Attal et le pédopsychiatre Marcel Rufo ont publié une autre tribune réclamant “état d’urgence contre les écrans” avec des “mesures radicales” pour “sauver” les adolescents des effets délétères des réseaux sociaux: création d’un “addict score”, d’un “couvre-feu numérique” et “entretien d’évaluation” de la dépendance aux écrans en 6ème, puis en 2nde.En novembre, l’Australie a voté une loi interdisant l’utilisation des réseaux pour tous les moins de 16 ansLa ministre de la Santé Catherine Vautrin “s’exprimera sur le sujet des écrans dans les prochaines semaines”, selon ses services.

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Chalutage de fond dans les aires protégées: des ONG saisissent la Commission européenne

Cinq organisations environnementales ont annoncé mardi le dépôt d’une plainte auprès de la Commission européenne pour protester contre le chalutage de fond dans des aires marines protégées en France, en Allemagne et en Italie, une technique de pêche “destructrice”.Prévue par le droit européen, cette procédure laisse à la Commission le soin d’évaluer la plainte, de la classer ou de lancer une procédure d’infraction contre les Etats membres concernés.Dans ce dossier, ces ONG accusent la France, l’Allemagne et l’Italie de manquer “gravement et systématiquement à leur devoir de protection des écosystèmes marins vulnérables, en violation du droit européen”, notamment d’une directive sur la conservation des habitats naturels.Ces organisations -Environmental Justice Foundation (EJF), Blue Marine Foundation, ClientEarth, Défense des Milieux Aquatiques (DMA) et Deutsche Umwelthilfe- estiment que le chalutage de fond est “actuellement pratiqué dans 77% des sites +Natura 2000+ marins français (aires protégées labellisées), 85% des sites allemands et 44% des sites italiens”.”La plainte porte sur 15 sites marins Natura 2000 où de nombreuses preuves démontrent que le chalutage de fond se poursuit sans restriction, endommageant des habitats sensibles tels que les récifs, les herbiers marins et les bancs de sable”, affirment ces ONG.Des procédures ont également été engagées devant les juridictions françaises et allemandes.La plainte devant la Commission européenne a de minces chances d’aboutir mais permet aux ONG d’alerter sur l’impact du chalutage de fond “qui racle sans discernement les fonds marins et dévaste les habitats marins fragiles”, à l’approche de la conférence des Nations unies sur l’Océan, du 9 au 13 juin à Nice, dans le sud-est de la France.”La plainte au niveau européen est une procédure qui est longue, mais c’est un levier stratégique pour montrer l’ampleur du problème”, considère Marie Colombier, de l’Environmental Justice Foundation.L’Union européenne prévoit d’éliminer progressivement le chalutage profond dans les aires marines protégées d’ici 2030 mais des ONG de défense de l’environnement réclament une interdiction immédiate de cette pratique.Europêche, le lobby de l’industrie de la pêche, a regretté dans un communiqué “l’action en justice” intentée par les cinq ONG.”L’utilisation du chalut de fond dans les zones marines protégées doit être évaluée au moyen d’études d’impact spécifiques à chaque site”, demande cette organisation.”Imposer partout les mêmes interdictions reviendrait à nier la complexité et la diversité des aires marines protégées” et “aurait aussi des conséquences importantes sur notre autosuffisance et notre souveraineté alimentaire européenne et française”, affirme ce lobby.