AFP Top News

Carney vows to lead ‘united Canada’ against Trump after election win

Prime Minister Mark Carney pledged Tuesday to confront US President Donald Trump with the “overwhelming positive force” of a united Canada after a dramatic election win that earned the Liberal Party a minority government.Carney’s Liberals fell just short of the 172 seats needed for majority control of parliament, but with 169 confirmed wins the party …

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India gives army ‘operational freedom’ to respond to Kashmir attack

Indian Prime Minister Narendra Modi has given the military “operational freedom” to respond to a deadly attack in Kashmir that New Delhi has blamed on arch-rival Pakistan, a senior government source told AFP Tuesday.A week after the deadliest attack on civilians in the contested region in years, Modi on Tuesday held a closed-door meeting with …

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Spain starts probing causes of massive blackout

Spain began investigating Tuesday the causes of the crippling blackout that disrupted millions of lives across the Iberian Peninsula, with a court probing potential “sabotage” of critical infrastructure.Telephones, internet and lights were working again, train services resumed, shops reopened and workers flocked back to offices in Spain and Portugal following the outage Monday that lasted …

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La loi narcotrafic définitivement approuvée, avec un large soutien du Parlement

Priorité de la politique sécuritaire du gouvernement, une proposition de loi très attendue pour lutter contre le narcotrafic a été adoptée définitivement mardi, un succès rare pour le gouvernement et le duo Gérald Darmanin-Bruno Retailleau, qui a obtenu un large soutien des députés.L’Assemblée nationale a approuvé le texte par 396 voix contre 68, seule La France insoumise votant contre, tout comme les ex-Insoumis au sein du groupe Ecologiste et social et quatre communistes. Les socialistes ont voté pour, tandis que la majorité des écologistes et des communistes se sont abstenus. Le Sénat avait approuvé à l’unanimité le texte lundi.La loi issue d’un accord entre les deux chambres est globalement assez consensuelle, malgré plusieurs mesures irritantes pour la gauche, qui s’inquiète d’atteintes excessives aux libertés publiques ou aux droits de la défense et promet de saisir le Conseil constitutionnel.Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau s’est félicité de cette “étape décisive”, qui permettra aux autorités de lutter “à armes égales contre ceux qui empoisonnent la vie de nos concitoyens”. “Un grand pas de franchi !”, a aussi tweeté le garde des Sceaux Gérald Darmanin.Dans l’hémicycle mardi, M. Retailleau a évoqué un “texte puissant” qui a pu être voté largement malgré l’absence de majorité à l’Assemblée.Lorsqu’il dirigeait encore les sénateurs Les Républicains (LR), il avait lui-même activement participé à la mise en chantier du texte, issu d’une commission d’enquête transpartisane sur les ravages du trafic de drogue et de la criminalité organisée.- Viser le “haut du spectre” -L’aboutissement de la proposition de loi, portée par deux sénateurs de bords politiques opposés – Etienne Blanc (Les Républicains) et Jérôme Durain (Parti socialiste) -, doit beaucoup à son caractère transpartisan.Il récompense aussi la stratégie gouvernementale de “laisser la main aux parlementaires”, une volonté régulièrement assumée par le Premier ministre François Bayrou, souvent mis en difficulté lorsqu’il propose lui-même des projets de loi sur des sujets sensibles.”Unie, la France avance”, s’est réjoui le Premier ministre sur X.Mais ce succès fait aussi figure d’exception, alors que de nombreux autres dossiers patinent devant les députés, entre une réforme de l’audiovisuel public avortée, un projet de loi “simplification” de l’économie dont l’examen s’éternise, ou encore des désaccords sur les déserts médicaux et la liberté d’installation des médecins.L’adoption définitive de ce texte offre aussi un peu d’oxygène à Gérald Darmanin et surtout à Bruno Retailleau, ministre LR constamment mis au défi d’obtenir des résultats dans un gouvernement partiellement macroniste alors qu’il brigue la présidence du parti gaulliste.- Parquet spécialisé -Mesure phare – et consensuelle – de la réforme: la création en janvier 2026 d’un parquet national anticriminalité organisée (Pnaco), compétent sur les dossiers les plus graves et complexes sur le modèle du parquet national antiterroriste (Pnat). Ce parquet spécialisé, chargé de coordonner les juridictions locales, serait adossé à une nouvelle ossature des services d’enquête regroupés au sein d’un futur “état-major” interministériel basé à Nanterre (Hauts-de-Seine). Dans la même logique d’une réponse spécifique au “piège du narcotrafic”, Gérald Darmanin a défendu la création de quartiers de haute sécurité dans les prisons pour les trafiquants les plus dangereux, un régime inspiré des lois antimafia italiennes et dont le premier exemple verra le jour fin juillet à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais). Un dispositif controversé permettant la création d’un “dossier-coffre” ou “procès-verbal distinct”, pour ne pas divulguer certaines informations relatives à des techniques spéciales d’enquête aux trafiquants et à leurs avocats, va également voir le jour avec cette loi, tout comme diverses dispositions renforçant l’arsenal de lutte contre le blanchiment ou facilitant le travail des enquêteurs. Autant de mesures dénoncées par les députés LFI, qui regrettent l’option répressive privilégiée par le texte. “Vous ne réglerez rien avec cette loi sur le narcotrafic”, a fustigé Antoine Léaument, appelant plutôt à “renforcer la police judiciaire et la justice”, et préconisant la prévention et la légalisation du cannabis pour dévitaliser les trafics.Les députés LFI comme ceux des groupes PS et écologiste ont annoncé leur intention de saisir le Conseil constitutionnel. Dans un communiqué, le PS a salué une loi qui est une “première étape”, tout en continuant de fustiger le nouveau régime carcéral proposé par M. Darmanin.

Saisie de neuf tonnes de cannabis près de Lyon dans des conditions rocambolesques

Une saisie de 9,1 tonnes de résine de cannabis a été opérée le 22 avril par les gendarmes près de Lyon (Rhône) après le braquage du transporteur de la drogue par des malfaiteurs qui se sont emparés de son camion, a-t-on appris mardi auprès de la gendarmerie nationale.Tout a commencé dans la soirée du 21 avril dans une station-service de Vitrolles (Bouches-du-Rhône), lorsque le chauffeur du camion qui transportait la drogue a été braqué par des malfaiteurs qui se sont emparés de son poids lourd, a indiqué la gendarmerie,  confirmant une information de Paris-Match.Mais juste après le braquage, de manière tout à fait inattendue, la police et la gendarmerie ont reçu des appels anonymes leur donnant des détails pour permettre de retrouver le camion et sa marchandise.Un dispositif de surveillance est immédiatement mis en place par les gendarmes de la section de recherches (SR) de Lyon, révélant des mouvements suspects dans une zone industrielle, selon la gendarmerie.”Grâce à de minutieuses investigations, les enquêteurs de la SR de Lyon découvrent un ensemble routier immatriculé au Maroc, dans lequel se trouvent deux caisses métalliques hermétiquement fermées. Trois autres caisses, déjà déchargées, contiennent de la résine de cannabis conditionnée avec soin”, ont souligné les gendarmes.Le 22 avril, une opération est lancée, conduite par la SR de Lyon, appuyée par plusieurs unités du groupement de gendarmerie départementale du Rhône, pour une saisie de 9,133 tonnes de résine et dérivés, estimée à 72 millions (BIEN: 72 millions) d’euros à la revente, d’après la gendarmerie.Deux hommes ont été mis en examen le 27 avril, notamment pour trafic de stupéfiants et vol avec arme en bande organisée, a précisé la procureure de Paris Laure Beccuau dans un communiqué.Cette saisie de cannabis est l’une des plus importantes réalisée en France. En mai 2019, onze tonnes de résine de cannabis avaient été saisies dans la région de Besançon, lors de l’interception de plusieurs véhicules dont un poids lourd sur l’autoroute 1’A36 en direction de Paris.La saisie la plus importante date de février 1999, avec 23,5 tonnes de résine de cannabis retrouvées dans la Manche à bord d’un chalutier battant pavillon letton, le Nemo, par les douaniers de Boulogne-sur-Mer (Nord).Compte tenu de l’ampleur de cette affaire, le parquet local s’est dessaisi au profit de la Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (Junalco).Les investigations, confiées à la Direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN) et à l’Office anti-stupéfiants (Ofast), se poursuivent.sm-mk-clw-sc/cal/mpm

Afflux de petits colis venus d’Asie: la France propose une taxe de frais de gestion

La France propose de faire payer “des frais de gestion” sur chaque petit colis entrant en Europe, dès 2026, pour financer les contrôles appelés à se renforcer face à l’afflux de colis de faible valeur envoyés notamment depuis la Chine, via des plateformes telles que Shein ou Temu.Il s’agit de faire “payer aux importateurs, aux plateformes, et non pas aux consommateurs, un petit montant forfaitaire sur les colis”, avait déclaré vendredi la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin.Ces “frais de gestion” se distinguent des droits de douane qui s’appliquent proportionnellement à la valeur de la marchandise importée.La ministre a évoqué “quelques euros” par colis, ou “quelques dizaines de centimes” par article, lors d’un déplacement mardi à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, principal point d’entrée du fret aérien à l’échelle nationale.Cette annonce intervient alors que la hausse des droits de douane voulue par le président américain Donald Trump, notamment sur les petits colis de Chine, fait craindre un afflux de ces derniers vers l’Europe.Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique des centres de grande distribution E.Leclerc, prévoit même une “invasion” de ces produits.”En anticipation de la réforme de l’Union douanière en 2028, la France défendra l’instauration rapide au niveau européen d’un mécanisme de frais de gestion sur chaque petit colis entrant en Europe. L’argent récolté servirait au financement des contrôles”, a précisé à l’AFP le cabinet de la ministre.”Nous ne pouvons agir seuls, parce que si nous agissons seuls, les flux iront dans un autre pays”, a relevé Eric Lombard, ministre de l’Economie, précisant que “les Pays-Bas sont très intéressés” et disant espérer “réunir le plus vite possible un groupe de pays qui puisse mettre en place cette mesure”.Cette taxe serait appliquée à partir de 2026, jusqu’en 2028, date à laquelle l’Union européenne pourrait supprimer l’exonération de taxe douanière sur les colis d’une valeur inférieure à 150 euros, arrivant depuis des pays extérieurs à l’UE.- Sur les réseaux sociaux -La France va renforcer les contrôles sur les colis contenant produits cosmétiques ou médicaments, potentiellement dangereux pour la santé, ainsi que sur la conformité des produits aux normes de sécurité, et s’assurera de la valeur des colis (afin qu’ils n’échappent pas aux droits de douane), a souligné Mme de Montchalin. Les noms des produits retirés pour manque de conformité aux règles seront publiés, y compris sur les réseaux sociaux, a ajouté Véronique Louwagie, ministre des PME, également présente à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle.La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) a déclaré de son côté mardi “un état d’urgence” pour “contrer l’invasion des petits colis” issus de la vente en ligne. Pour cette organisation, le gouvernement “ne semble pas prendre la pleine mesure” de la situation, voire est “à côté de la plaque”.Les annonces du gouvernement ont cependant été saluées par la Fédération du commerce en ligne et de la vente à distance (Fevad), qui appelle toutefois à des “actions rapides et concrètes”.”Il faut que les avantages injustifiés dont bénéficient les sites asiatiques soient supprimés en urgence et que l’Europe s’attaque à la stratégie de dumping que nous subissons”, souhaite-t-elle.- Des centaines de gros porteurs -La plateforme Shein, qui vend surtout des vêtements à bas prix, a rétorqué dans un communiqué qu’elle “respecte l’ensemble des lois, réglementations et obligations fiscales en vigueur dans chacun de [ses] marchés (…), y compris en France”. Quelque 4,6 milliards d’envois d’une valeur inférieure à 150 euros sont entrés sur le marché européen en 2024, soit plus de 145 chaque seconde. Sur ce total, 91% provenaient de Chine.Pour la France seule, 800 millions de ces colis ont été livrés l’an dernier (sur un total de 1,5 milliard de colis). La focale est mise sur ces envois dits de faible valeur parce qu’ils bénéficient en Europe d’une exonération de taxe douanière quand ils sont envoyés depuis un pays tiers.La Commission européenne a appelé en février à supprimer cette exonération, qui date de 2010, pointant notamment des risques d’importation “de produits dangereux” et une empreinte environnementale non négligeable sur de tels volumes.”Plusieurs centaines de gros porteurs transitent chaque nuit entre l’Asie et l’Europe” pour transporter ces colis, a souligné M. Lombard.cda-fmp-max-od-jul/er

Au procès Kardashian, deux “braqueurs” et 40 ans de prison au compteur

A la barre, Yunice Abbas tient fermement son bras pour contenir le tremblement dû à la maladie de Parkinson. Didier Dubreucq arrive lui dans l’après-midi, après une séance de chimiothérapie. Et devant la cour, ces deux accusés du braquage de Kim Kardashian reviennent sur 40 ans de vie de bandit.”Ca vous ennuie que je dise qu’à l’époque vous êtes braqueur ?”, vérifie le président David De Pas quand il voit Didier Dubreucq protester sur son fauteuil, alors qu’il énumère ses condamnations des années 1970-1980.”C’est comme voyou. Moi je suis un bon garçon. Voyou ça veut dire mauvais garçon”, bougonne l’accusé de 69 ans. “Ni voyou, ni braqueur ?”, résume le magistrat. “Voilà”. Apte “physiquement et intellectuellement” après sa séance de chimiothérapie, assure-t-il à la cour d’assises de Paris, Didier Dubreucq, carrure d’ancien boxeur dans sa large chemise à carreaux, crâne rasé, barbichette grise, avait appris son cancer quand il était en détention provisoire dans ce dossier. “Malheureusement je me suis remis à fumer. Et celui-ci est plus violent”, lâche-t-il pendant son interrogatoire dit “de personnalité”.Pour l’accusation, il est l’un des deux hommes montés arme au poing dans la chambre de Kim Kardashian la nuit du 2-3 octobre 2916 pour lui voler sa “ring” de fiançailles à 4 millions de dollars.Lui nie catégoriquement. Depuis qu’il est devenu père à 50 ans passés en 2007 et 2008, fini les “grosses conneries” et autres vols à main armée qui peuplent son casier judiciaire (23 ans de prison au compteur). “Papa poule” plutôt que “papy braqueur” comme la presse a surnommé la bande de vieux malfrats soupçonné d’avoir agressé Kim Kardashian.Ces dernières années, il l’a appelée “Karda-chiante, car sans le vouloir, elle a bousillé ma vie”, disait cet homme au sourire facile et regard perçant – d’où son alias “Yeux bleus”.- “Moments de faiblesse” -Son coaccusé Yunice Abbas a lui largement assumé le braquage puisqu’il en a tiré un livre et fait la tournée des télés à sa sortie en 2021.L’avocate générale le brandit, le président commente la couverture bling-bling : “Quand on voit le livre avec les petits diamants, le titre +”J’ai séquestré Kim Kardashian+, ça pose question, ça laisse penser qu’il y a une sorte de fierté”, comme si “c’était héroïque”, lance le magistrat.L’accusé jure que non, qu’il regrette “total” le braquage, voulait simplement rétablir sa “vérité” et qu’il n’a pas choisi le titre. Il a reconnu, et été identifié comme “le guetteur” resté en bas de l’hôtel, et n’a donc jamais vu Kim Kardashian.Petit, chauve, bouche pincée, chemise à carreaux à manches courtes, Yunice Abbas est un homme à la “franchise assez déconcertante, à charge ou décharge d’ailleurs”, résume son avocat Gabriel Dumenil.A 71 ans, après avoir été opéré du coeur pendant sa détention provisoire, il souffre aujourd’hui de la maladie de Parkinson.Quand il s’emporte pour raconter vite sa vie, ses 17 ans de prison au total, le président lui demande de ralentir, qu’on le comprenne. “Je vais essayer mais c’est mon bras qui m’entraîne”, répond l’accusé qui a mis les pieds en prison pour la première fois à 18 ans à peine, pour des vols de supermarché.- “Des raccourcis qui rallongent” -Lui qui avait “un peu trop d’amis” a aussi enchaîné les affaires de hold-up jusqu’à celle de “trop”, qui lui a “ouvert les yeux” par sa surmédiatisation.Mais entre chaque séjour en prison, souligne le président, Yunice Abbas se réinsère, “combattif”, dans la vie professionnelle classique, rouvre un garage, travaille comme mécanicien chez les autres.”Le travail semble compter pour vous, qu’est-ce qui fait qu’à chaque fois, ça bascule ?”L’accusé évoque les “moments de faiblesse”, quand il a besoin d’argent, “les banques” à qui il en veut “à mort” parce qu’elles ne prêtent pas d’argent à ceux qui n’ont rien.”Je me suis rabattu sur des choses que je croyais être des raccourcis faciles mais qui n’ont fait que compliquer ma vie”, des “raccourcis qui rallongent”, admet l’accusé.”Vous comprenez qu’il y a une sanction, vous y êtes préparé ?”, demande son avocat.”Non, on n’est jamais préparé. Mais bien sûr, il va falloir payer les pots cassés”.

A l’ouverture du procès d’un ex-rebelle syrien, la compétence de la justice française au coeur des débats

La cour d’assises de Paris est-elle légitime pour se pencher sur des crimes commis en Syrie par un Syrien ? la compétence universelle de la justice française a été âprement débattue à l’ouverture mardi du procès d’un ex-rebelle salafiste, accusé de complicité de crimes de guerre.Egalement jugé pour entente en vue de la préparation de crimes de guerre, Majdi Nema, un ancien membre de Jaysh al-Islam (JAI, Armée de l’islam), conteste les accusations, affirmant n’avoir eu qu’un “rôle limité” dans ce groupe prônant la charia et qui combattait le régime syrien. Il encourt 20 ans de réclusion criminelle.Au premier jour d’audience, au cours duquel le fond du dossier n’a pas été abordé, la défense de l’accusé, qui est détenu en France depuis janvier 2020, a cherché à pilonner ce principe de compétence universelle, fustigeant une logique “colonialiste”, et demandé à la cour d’assises de se déclarer incompétente.Lors de l’instruction, elle avait déjà contesté ce principe, allant jusqu’à la Cour de cassation, qui avait rejeté ses pourvois et consolidé l’assise de la compétence universelle.”Si la cour vous demande de juger ce dossier, d’examiner ces faits pendant cinq semaines, je veux que vous compreniez ce que vous allez faire”, commence Me Romain Ruiz en s’adressant aux jurés. “On va vous demander de vous plonger dans une partie de l’histoire de la Syrie”, poursuit-il. “Je veux que vous compreniez à quel point il est compliqué, à quel point il est impossible pour vous de prendre en compte l’intégralité du tableau syrien”.- “Colonialisme judiciaire” -Or, pour l’avocat, “les Syriens attendent de pouvoir faire justice, et ce serait justice qu’ils le fassent”. D’autant plus que la chute du régime de Bachar al-Assad, survenue le 8 décembre dernier, a changé la donne dans le pays.”Il y a concrètement aujourd’hui en Syrie un système judiciaire qui est probablement imparfait, mais il existe”, affirme-t-il.Après lui, son confrère, Me Raphaël Kempf, estime que la cour, si elle se déclarait incompétente dans ce dossier, enverrait “un message d’humilité et de soutien à la justice de transition en Syrie”.”La situation actuelle n’est nullement stabilisée”, rétorque Me Patrick Baudouin, un des avocats de la Fédération internationale des droits humains (FIDH). “C’est un système qui est en train de se reconstruire, on ne peut pas dire sérieusement que la Syrie est en mesure de juger” pour l’instant, développe-t-il.Me Marc Bailly, autre avocat de la FIDH et de plusieurs autres parties civiles, souligne de son côté que JAI était aujourd’hui “intégré au ministère de la Défense” du nouveau pouvoir en place, dirigé par Ahmad al-Chareh, chef du groupe rebelle islamiste Hayat Tahrir al-Sham devenu président par intérim du pays. Et “on vous demande aujourd’hui de juger celui-ci qui était la vitrine de JAI en Syrie”, lance-t-il.”Ce que veut la défense, c’est que le débat judiciaire n’ait pas lieu, c’est que Majdi Nema échappe à sa responsabilité”, pourfend Sophie Havard, une des deux avocates générales.”Aujourd’hui, les conditions pour la tenue de procès équitables en Syrie, qui soient respectueux des droits des victimes, des témoins mais aussi de la défense, n’apparaissent pas réunies”, estime-t-elle, observant que des massacres de civils, notamment dans la communauté alaouite, avaient eu lieu dans le pays depuis l’arrivée des nouvelles autorités.Pour la représentante du ministère public, avec la compétence universelle, il ne s’agit nullement “de juger à la place de” : “Il s’agit de juger en l’absence de réponse judiciaire de ce pays”, explique-t-elle, soulignant par ailleurs que la justice française avait été saisie dans ce dossier par des victimes syriennes.En fin de journée, la parole est donnée à Majdi Nema. “Moi, je souhaite être jugé dans mon pays devant mon peuple”, déclare l’accusé, carrure massive, collier de barbe et rares cheveux coiffés en catogan, dénonçant aussi une forme de “colonialisme judiciaire”. “De toutes façons moi je suis innocent, ici ou là-bas”, assure-t-il en arabe.La cour d’assises a mis sa décision en délibéré à mercredi matin.

Des milliers de manifestants contre la régulation de l’installation des médecins

Des milliers de manifestants, principalement des étudiants et internes en médecine, ont défilé mardi à Paris et en régions contre la proposition de loi Garot visant à contrôler l’installation des médecins pour lutter contre la désertification médicale.”Retirez le Garot, la médecine libérale étouffe”, proclamait à Paris une banderole du syndicat de médecins libéraux FMF, dont les dirigeants participaient à la manifestation, comme ceux des autres syndicats de libéraux.”Vocation n’est pas soumission”, “Notre vie est déjà un sketch, pas besoin d’en faire un gag”, “Médecins suicidaires, patients au cimetière”, pouvait-on lire sur des pancartes brandies par les manifestants parisiens, pour la plupart en blouse blanche.Selon Lucas Poittevin, président de l’Association nationale des étudiants en médecine, “au moins 5.000 personnes” étaient présentes dans la capitale.Les étudiants se sont mobilisés nombreux car “c’est eux qui seront concernés par les mesures” de cette proposition de loi, a-t-il indiqué.A Toulouse, plusieurs centaines d’étudiants et d’internes ont également défilé, de même qu’à Lyon, selon des journalistes de l’AFP.A Lyon, Amin Benkraiem, 22 ans, en 5e année de médecine, a estimé que l’idée de régulation de l’installation partait d’un “postulat faux”, celui que les jeunes praticiens boudaient certains territoires. “Chaque année des dizaines, des centaines, des milliers de jeunes médecins s’installent dans des déserts médicaux. C’est juste un problème de nombre, il n’y en a pas assez qui arrivent”, dit-il.La proposition de loi initiée par Guillaume Garot (PS) est soutenue par un groupe transpartisan (de LR à LFI) de plus de 250 députés. Elle prévoit notamment que dans les territoires les plus denses en médecin, les praticiens devront attendre un départ à la retraite d’un confrère ou d’une consoeur pour pouvoir s’y installer.- “Intérêts corporatistes” – Le gouvernement, hostile à cette proposition de loi, a allumé un contre-feu vendredi, en présentant son propre plan de lutte contre les déserts médicaux. Mieux accueilli par les médecins libéraux, ce plan n’en suscite pas moins des réserves.Les médecins s’inquiètent en effet de la mesure phare présentée par le Premier ministre François Bayrou, consistant à imposer aux praticiens jusqu’à deux jours par mois de consultations dans des zones prioritaires.”La consultation avancée”, hors du cabinet habituel du médecin, “ne doit pas être une obligation individuelle” pour chaque praticien, “il faut que ce soit plutôt une responsabilité collective”, a jugé mardi Franck Devulder, le président du syndicat CSMF, dans les rangs de la manifestation parisienne.Et pour que cela fonctionne, selon lui, “il faut que le médecin n’ait qu’a se mettre les + pieds sous la table +” dans son deuxième lieu de consultation, c’est-à-dire qu’il puisse trouver sur place un cabinet équipé et un secrétariat déjà installé et financé.Les médecins opposés à la proposition de loi Garot n’ont en tout cas pas réussi à convaincre les associations de patients ou leurs familles.Une petite quarantaire d’entre elles, de France Assos Santé à l’UFC Que Choisir, en passant par APF France Handicap ou l’Union nationale des associations familiales, ont appelé mardi les députés à soutenir le texte, qui sera de retour en séance plénière à l’Assemblée la semaine prochaine.”Voter la PPL Garot, c’est améliorer l’accès aux soins pour tous (…) Et toutes les options, dont celles émises par François Bayrou, sont bonnes à prendre, en complémentarité, et non en opposition, considérant l’ampleur des besoins”, ont-elles écrit dans un communiqué commun.Le défi de “l’amélioration structurelle de l’accès aux soins (…) dépasse de loin les intérêts corporatistes et la défense d’un fonctionnement qui n’est plus adapté”, ont-elles ajouté.lby-sb-mla-ap/alu/vk