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Incendies dévastateurs dans la région de Jérusalem, l’armée mobilisée

Les services de secours israéliens étaient en état d’alerte maximale mercredi après le départ de plusieurs incendies dévastateurs, notamment à l’ouest de Jérusalem, les plus importants depuis des années, qui ont fait plusieurs blessés légers et conduit à l’évacuation de plusieurs localités.Le ministre de la Défense, Israël Katz, a ordonné à l’armée de se déployer pour maîtriser ces incendies qui se propagent rapidement en raison des vents violents et des températures élevées, qualifiant la situation d'”urgence nationale”.Les services d’urgence du Magen David Adom (MDA) ont déclaré avoir pris en charge au moins 16 personnes légèrement blessées, ajoutant que le seuil d’alerte a été relevé à son niveau maximal.La police israélienne a fermé mercredi l’autoroute entre Jérusalem et Tel Aviv et évacué des communes le long de cet axe routier, dans une zone déjà ravagée par le feu il y a une semaine.”Nous sommes en situation d’urgence nationale et toutes les forces disponibles doivent être mobilisées pour sauver des vies et maîtriser les incendies”, a déclaré Israël Katz dans un communiqué.Au moins cinq localités ont été évacuées, a indiqué la police. Ces localités se situent à environ 30 kilomètres à l’ouest de Jérusalem.Les flammes dévorent des zones boisées près de la route ralliant Latrun à Bet Shemesh et plusieurs hélicoptères s’efforcent de les éteindre, selon un journaliste de l’AFP présent sur place.De nombreux conducteurs ont abandonné leur véhicule au milieu de la route et ont pris la fuite au milieu d’énormes nuages de fumée.- Secours à moto -Des équipes d’ambulances ont été positionnées près des communes proches des incendies et sont prêtes à intervenir, a expliqué un secouriste du MDA, Saar Shai.M. Shai a ajouté qu’une unité de motards avait été envoyée pour venir en aide aux personnes bloquées dans les embouteillages.”Des équipes d’ambulanciers, unités de soins intensifs et véhicules d’intervention immédiate apportent un soutien médical aux opérations de lutte contre les incendies près de Neve Shalom et d’Eshtaol”, des secteurs forestiers à l’ouest de Jérusalem, avait déclaré plus tôt le MDA dans un communiqué.Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, qui supervise le service de lutte contre les incendies, a annoncé s’être rendu sur les lieux.Dans une vidéo, il a affirmé que des efforts supplémentaires étaient fournis pour venir en aide aux habitants piégés.En raison des conditions météorologiques, la ministre chargée de l’organisation des cérémonies nationales, Miri Regev, a annoncé l’annulation de la principale manifestation du Jour de l’Indépendance prévue mercredi soir à Jérusalem.La semaine dernière, lorsque des incendies dans la même zone s’approchaient de Jérusalem, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait dit envisager de demander des renforts internationaux, avant que les feux ne soient finalement maîtrisés. Les incendies sont fréquents en Israël au printemps et en été en raison des températures élevées.

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Elevage: en Tasmanie, les saumons morts s’invitent sur les plages, et dans la campagne électorale

Fin février, les habitants de Verona Sands, sur l’île australienne de Tasmanie, ont vu s’échouer sur leur plage des centaines de morceaux de saumon mort, de quoi gonfler la contestation contre la salmoniculture en pleine campagne pour les élections législatives.Au large de la ville située au sud de Hobart, les enclos d’élevage sont nombreux, flottant dans les eaux de Tasmanie, région qui produit 75.000 tonnes par an de saumon (90% de la production australienne).Mais en ce jour de fin février, ce sont des centaines de morceaux de poisson pourri qui ont déferlé sur la plage, révélant une surmortalité dans les élevages.”Nous avons été alertés par des riverains”, raconte Jess Coughlin, de l’association Neighbours of Fish Farming (NOFF).”Dans le métier, ils appellent cela du +pop-corn+: quand les poissons meurent, ils coulent et quand ils se décomposent, des morceaux de chair et de graisse remontent à la surface sous forme de boules”, explique-t-elle. Le phénomène est “si fréquent que les ouvriers ont un terme pour le désigner”.”Ces +boules+ restent normalement piégées dans les enclos, mais là, on les a retrouvées sur nos plages”, poursuit-elle. De quoi créer l’émoi.”C’est extrêmement perturbant de se dire que cela fait partie du processus normal de notre production alimentaire, que régulièrement on laisse des poissons morts pourrir dans les enclos où on élève des animaux destinés à la consommation humaine”, poursuit Mme Coughlin. Derrière cette vague de poissons pourris, “les températures élevées de l’eau et une bactérie appelée +piscirickettsia salmonis+ ont provoqué une mortalité sans précédent” dans les enclos du canal d’Entrecasteaux, au sud-est de la Tasmanie, a expliqué l’Autorité environnementale de Tasmanie, reprenant les déclarations de Salmon Tasmania, représentant de la filière.”Le saumon et nos élevages ne sont pas à l’abri des aléas de l’ environnement naturel”, a souligné cette fédération professionnelle, assurant que ses membres faisaient “tout leur possible pour élever des poissons sains”.- Au nom de l’emploi -Au moins deux millions de poissons sont morts en l’espace de deux semaines, estime de son côté la fondation Bob Brown, dont les militants ont publié des vidéos de centaines de poissons morts pompés dans des enclos situés plus au nord, sur la base d’échanges confidentiels avec des employés de la filière.Au-delà de cet incident révélateur, la filière est accusée de ravager l’environnement marin.”Dans le passé, il y avait beaucoup plus de poissons et d’oiseaux migrateurs, on pouvait aussi régulièrement observer des baleines remonter dans nos fleuves. Ce n’est plus le cas” depuis l’essor de cette industrie dans les années 1990, décrit Jess Coughlin, racontant aussi les débris plastiques issus des fermes et le recours massif aux antibiotiques.Le principal point de friction se concentre sur la côte ouest de la Tasmanie, dans la baie de Macquarie, où se concentre 10% de l’activité salmonicole de l’île.L’endroit accueille le seul habitat sur la planète de la raie maugéenne (diputurus maugeanus), espèce menacée d’extinction selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), dont il ne resterait que 40 à 120 spécimens adultes, pour une population totale estimée à 4.100 spécimens, selon l’Australian Marine conservation Society.Fin 2023, un avis scientifique au gouvernement, rendu public en vertu de la loi sur la liberté de l’information, relevait que les élevages de saumon “ont un impact significatif sur les raies maugéennes, accroissent le risque de leur extinction” et appelait, a minima, à réexaminer les autorisations d’exploitation accordées aux opérateurs dans cette région.Mais le 24 mars, le gouvernement travailliste a au contraire adopté une loi excluant la salmoniculture du contrôle du ministère de l’Environnement, au nom de la défense de l’emploi.Bob Brown, ancien député et pionnier du mouvement écologiste en Australie, ne décolère pas. Il estime qu’il aurait été possible de cesser cette activité dans la baie au vu de sa production limitée, d’autant que selon lui, dans la zone naturelle de Tasmanie, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, “le tourisme crée bien plus d’emplois que les fermes de saumon”.”Il y a un vent de colère et de détresse que je n’avais pas vu depuis des décennies et qui s’intensifie”, assure-t-il à l’AFP alors qu’approchent les élections fédérales en Australie, prévues le 3 mai.Dans les quatre circonscriptions de Tasmanie, des candidats indépendants et des Verts font campagne face aux grands partis, sur la promesse notamment de mettre un terme à la salmoniculture en pleine mer.”Beaucoup de jeunes s’engagent, c’est très encourageant”, poursuit Bob Brown. “Je crois que le vote contre les travaillistes et les conservateurs va battre des records”.

Feu vert du Parlement à l’arrivée de Bernard Fontana à la tête d’EDF

Le Parlement a approuvé mercredi la nomination de Bernard Fontana à la tête d’EDF, ont annoncé les deux chambres, ouvrant la voie à la prise de fonction de l’actuel directeur général de Framatome, désigné par l’Élysée pour succéder à Luc Rémont. Les commissions des Affaires économiques du Sénat et de l’Assemblée nationale ont donné leur feu vert à cette nomination, avec un total cumulé de 55 voix pour et de 40 voix contre. M. Fontana avait été auditionné successivement par ces deux commissions dans la matinée. Les députés du groupe de La France insoumise se sont prononcés contre, les socialistes pour selon une source au sein du groupe et le Rassemblement national pour également, selon un cadre du parti d’extrême droite.C’est au Sénat que sa candidature a suscité le plus d’hésitations: les sénateurs, dominés par une alliance droite-centristes, se sont majoritairement opposés à cette nomination, avec 14 voix pour et 28 contre.Seul un vote négatif d’au moins trois cinquièmes des suffrages exprimés par les parlementaires de ces deux commissions aurait pu barrer la route du dirigeant, dont la nomination sera définitivement validée par un décret présidentiel, après une assemblée générale d’EDF prévue le 5 mai.Bernard Fontana, 64 ans, dirige depuis septembre 2015 le français Framatome, filiale d’EDF et l’un de ses principaux fournisseurs en équipements, services et combustible pour l’industrie nucléaire.Il succèdera à Luc Rémont, évincé après un peu plus de deux années en poste, avec l’objectif d’accélérer le chantier industriel pharaonique de la relance du nucléaire français. Il prendra les rênes d’EDF alors que de nombreux différends se sont accumulés ces dernières années entre l’entreprise publique et son état actionnaire: maîtrise du programme de construction de réacteurs EPR2, part de l’État dans le financement de ce nouveau nucléaire, bras de fer sur le prix de l’électricité pour les industriels énergivores…Durant son grand oral parlementaire mercredi, Bernard Fontana a voulu se montrer à l’écoute des problématiques de compétitivité de ces derniers: “J’aime l’industrie”, “je les connais bien”, a-t-il notamment lancé, promettant d’être “attentif à identifier rapidement les marges de manœuvre possibles pour conclure des contrats avec eux”.

La France ne se définit “ni par une race, ni par une religion”, affirme Macron

La France ne se définit “ni par une race, ni par une religion, ni par une identité figée”, a affirmé mercredi Emmanuel Macron lors d’une cérémonie militaire commémorant la bataille de Camerone, à Aubagne, où est basé le commandement de la Légion étrangère.La France est une “patrie de volonté et de bravoure, qui ne se définit ni par le sang, ni par une race, ni par une religion, ni par une identité figée”, a déclaré le président de la République devant plusieurs dizaines de légionnaires, réunis pour commémorer la bataille de Camerone le 30 avril 1863 au Mexique.La France se définit par “une volonté chaque jour recommencée d’accomplir de grandes choses avec une poignée de notre terre dans la main. Un rêve d’universel, un idéal, cette solidarité, cette fidélité à la patrie”, a poursuivi M. Macron, qui s’est déplacé à Aubagne (Bouches-du-Rhône) pour commémorer la bataille de Camerone, événement fondateur de la Légion étrangère, célébré chaque année par tous les régiments.M. Macron a prononcé ce discours après avoir reçu mardi des représentants d’institutions musulmanes qui ont dénoncé le “climat islamophobe ambiant” et demandé au président de la République des “actes concrets” pour les protéger, après le meurtre d’un fidèle dans une mosquée du Gard.A Aubagne, le président a passé en revue les troupes de la Légion étrangère, force combattante de l’armée de terre qui compte plus de 9.500 hommes. Près de 150 nationalités se côtoient au sein de la Légion étrangère, où les légionnaires sont commandés par des officiers français.L’hymne national a été joué et deux avions Rafale ont survolé la cérémonie à laquelle ont assisté les élus locaux et plusieurs centaines de spectateurs.Fête de la légion, la cérémonie de Camerone commémore une bataille survenue à Camerone, dans l’Etat de Veracruz, dans l’est du Mexique, au cours de laquelle 62 légionnaires français ont résisté à 2.000 soldats mexicains lors de l’expédition française au Mexique.Le président Macron a décrit la bataille menée par une “poignée de légionnaires assiégés par 2.000 ennemis” qui ont “tenu une position pendant 11 heures”, saluant une “histoire de courage insensé”.Chargés de protéger le passage d’un convoi de ravitaillement des troupes françaises qui assiégeaient la ville proche de Puebla, les légionnaires retranchés dans une hacienda du village de Camaron de Tejeda avaient fait le serment de se battre jusqu’à la mort.Après une journée d’affrontement, les derniers encore en état de combattre refusèrent de se rendre et chargèrent les Mexicains à la baïonnette. 

Transport scolaire: les contrôles de chauffeurs vont être “multipliés” selon Tabarot

Le ministre des Transports Philippe Tabarot a annoncé mercredi que les contrôles de chauffeurs de cars scolaires, notamment pour déceler une éventuelle prise de stupéfiants, allaient être “multipliés, de manière inopinée”, trois mois après un accident ayant provoqué la mort d’une lycéenne.Le gouvernement présente mercredi matin un plan pour le renforcement de la sécurité routière du transport scolaire, en présence des opérateurs, des autorités organisatrices des transports et des fédérations professionnelles.Chaque jour, pour rejoindre leur établissement, 1,9 million d’élèves empruntent les transports scolaires. Le ministère des Transports dénombre plus de 30.000 conducteurs de cars et bus scolaires.”L’accident survenu à Châteaudun, le jeudi 30 janvier, ayant coûté la vie à une lycéenne et les contrôles qui s’en sont suivis, ont notamment mis en évidence des cas préoccupants de conduite après usage de stupéfiants parmi les conducteurs de transports scolaires”, indiquait mardi le ministère dans un communiqué.Mercredi sur TF1, Philippe Tabarot a annoncé qu’une “quinzaine de mesures allaient être présentées” dans le cadre de ce plan transports scolaires.Alors que “plus de 10.000 contrôles” de chauffeurs ont été réalisés depuis l’accident mortel de Châteaudun, “nous avons souhaité avec les opérateurs multiplier les contrôles au sein même” des entreprises, “de manière inopinée, concernant les stupéfiants. Ce seront des tests qui seront opérés par entreprises de transport plusieurs fois dans l’année de manière aléatoire”, a annoncé le ministre.Chaque conducteur fera l’objet d’au moins un test aléatoire par an pour dépister les stupéfiants, a précisé le ministère des Transports dans un communiqué.Par ailleurs, “et là c’est dans une échéance de plusieurs mois, mais je souhaite (…) que la filière avance sur quelque chose qui puisse permettre de contrôler les chauffeurs dès qu’ils montent dans le bus”, avec l’objectif de “stopper le démarrage” du car en cas de contrôle positif, a détaillé le ministre. “Mais cela demande quelques mois pour que la technologie puisse être avancée, pour pouvoir notamment contrôler tout type de drogue que ce soit le cannabis mais malheureusement quelque fois la cocaïne ou des dérivés comme la kétamine”, a ajouté le ministre. Le ministère des Transports s’est fixé une échéance de quatre ans pour déployer la mesure, selon le communiqué du gouvernement.Parmi les autres mesures, M. Tabarot a annoncé que le plan prévoyait de “renforcer les contrôles de police très régulièrement; avoir une meilleure formation des conducteurs sur les risques de prise de produits stupéfiants; sécuriser les bus pour les enfants, avec le port de la ceinture”.Il a aussi évoqué “l’utilisation de caméras pour prévenir le conducteur sur une perte d’attention” ou encore “la possibilité pour les enfants, à travers un numéro de téléphone, de contacter des personnes référentes pour dire que quelque chose se passe dans le bus qui n’est pas conforme”.Un alourdissement des santions pénales visant les chauffeurs responsables d’homicides routiers lorsqu’ils sont sous l’emprise de stupéfiant est aussi à l’étude.

Proportionnelle: Bayrou consulte, Le Pen prête à bouger

François Bayrou a entamé mercredi avec le Rassemblement national une série de consultations des forces politiques sur la proportionnelle, à propos de laquelle Marine Le Pen a semblé prête à faire des concessions.Le Premier ministre a reçu en premier mercredi matin, pendant 45 minutes, la cheffe de file des députés RN Marine Le Pen et le président du parti à la flamme Jordan Bardella, qui représentent numériquement le premier groupe de l’Assemblée nationale. “La proportionnelle intégrale par département” comme en 1986 “nous apparaît être un moindre mal par rapport à un système majoritaire qui aujourd’hui ne permet pas que chaque voix des Français soit entendue”, a affirmé Mme Le Pen, semblant prête à renoncer à sa demande d’une prime majoritaire.Le RN réclame la proportionnelle mais avec une prime pour la liste arrivée en tête, qui n’est pas prévue dans le mode de scrutin de 1986.François Bayrou défend ce scrutin de 1986 alors que depuis l’instauration de la Ve République – à l’exception des législatives de cette année-là -, les députés sont élus au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.- “Contredire” -En discutant de cette revendication commune avec le RN, François Bayrou espère sans doute faire baisser la tension avec l’extrême droite, qui fait planer la menace d’une motion de censure contre son gouvernement. Le RN dénonce l’absence de perspectives législatives sur ce sujet comme sur l’immigration ainsi que sur la feuille de route énergétique (programmation pluriannuelle de l’énergie, PPE). François Bayrou l’a à cet égard ménagé lundi en reportant la date de publication d’un décret sur la PPE.Mais le Premier ministre n’est pas assuré d’avoir cette fois le soutien des macronistes, qui semblent avoir changé de pied, considérant désormais que le mode de scrutin majoritaire actuel est “le moins pire”. La “distorsion” entre le nombre de voix et le nombre de députés “n’existe plus” dans l’Assemblée actuelle, fait valoir M. Cazeneuve.”Je n’ose imaginer quand même que (le) mouvement” d’Emmanuel Macron “vienne le contredire sur un sujet aussi important que celui-là”, a taclé Mme Le Pen mercredi.Le président de la République avait en effet souhaité en 2018 instaurer un système mixte avec 15% des députés élus à la proportionnelle, puis la réforme avait été abandonnée.François Bayrou recevra jeudi à 17H00 le président du groupe macroniste et du parti Renaissance Gabriel Attal, accompagné par le député Pierre Cazeneuve, qui a mené une analyse comparative des différents modes de scrutin.Les deux élus Renaissance entendent élargir le débat à la question de “l’efficacité de l’action publique”, en reparlant de la réduction du nombre de parlementaires et de la “simplification du millefeuille administratif”.Mais ils jugent “délétère” de proposer la proportionnelle en échange du cumul des mandats, soutenu avec force par François Bayrou.- “Stabilité” -Le président du parti Horizons Edouard Philippe défend pour sa part le scrutin majoritaire, qui “impose un lien entre un député et les électeurs d’un territoire” mais il pourrait soutenir la proportionnelle si un cumul était possible entre le mandat parlementaire et un mandat exécutif local.A droite, Les Républicains (LR) y sont fermement opposés. Cela reviendrait à “assurer que le chaos dans lequel on est aujourd’hui devienne la règle”, a répété Laurent Wauquiez mercredi sur RTL. “C’est le plus sûr moyen de ne pas donner à la France une majorité”, a abondé son rival Bruno Retailleau sur Cnews et Europe1.”On a besoin de stabilité et ce n’est pas le moment”, a estimé sur RMC et BFMTV le président du Sénat Gérard Larcher, défendant “la proximité entre un élu et (son) territoire”.Le gouvernement souhaite pouvoir légiférer à ce sujet “avant la fin de la session parlementaire si le débat est mûr”, selon sa porte-parole LR Sophie Primas.D’autres partis, notamment à gauche, souhaitent une évolution du mode de scrutin. Mais le PS est divisé. L’ancien président François Hollande est pour, tandis que son Premier secrétaire Olivier Faure est contre à titre personnel. 

Attaques de prisons: quatre nouvelles gardes à vue, 28 au total

Quatre nouveaux suspects ont été placés mercredi matin en garde à vue dans l’enquête sur les attaques mystérieuses de prisons au nom d’un groupe inconnu “DDPF”, a indiqué le parquet national antiterroriste (Pnat), confirmant partiellement une information du Parisien.Le quotidien avait évoqué “moins d’une dizaine de suspects” interpellés mercredi. Le Pnat a confirmé à l’AFP quatre nouvelles gardes à vue, dont “trois concernant des mineurs”.Vingt-huit personnes sont donc actuellement en garde à vue, depuis le lancement d’un vaste coup de filet lundi dans toute la France. Les attaques contre les prisons sont “clairement liées au narcotrafic”, a redit le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, sur France Inter. Ceux qui ont attaqué les prisons “ont essayé d’intimider les agents pénitentiaires pour qu’ils demandent au gouvernement de ne pas adopter la loi” contre le narcotrafic, a soutenu M. Darmanin.Les attaques contre les prisons ne sont ni le fruit de “l’ultra gauche”, ni d’une “ingérence étrangère” ou “d’une coïncidence générale”, a-t-il dit.Parmi les personnes interpellées, il y a 5 détenus qui “communiquaient et organisaient ces vengeances ou cette intimidation de l’Etat avec des tirs de kalachnikov sur les domiciles des agents pénitentiaires”, a précisé M. Darmanin.”Ils l’ont fait – et c’est révélateur du fait que ce que nous faisons est très dur – un +game changer+ comme on dit en anglais – et sans doute efficace contre le narcotrafic – parce qu’ils n’ont pas envie d’aller dans le régime carcéral que je crée en ce moment, qui vise à les isoler du reste du monde”, a-t-il souligné.Les enquêteurs se penchent sur une quinzaine de faits ayant eu lieu entre le 13 et le 21 avril.Le 13 avril à Agen était apparu pour la première fois le tag “DDPF” (Défense des prisonniers français) près de sept voitures incendiées sur le parking de l’Ecole nationale de l’administration pénitentiaire (Enap).S’en était suivie une série d’incendies de voitures de personnels pénitentiaires un peu partout en France, des tirs de mortiers d’artifices sur des prisons, voire des tirs de kalachnikov comme à Toulon.L’enquête porte aussi sur des tirs par arme à feu et des jets de deux cocktails Molotov ayant visé le 21 avril un lotissement à Villefontaine (Isère) où résident des agents pénitentiaires, non loin de la prison de Saint-Quentin-Fallavier.Ces faits sont “susceptibles de s’inscrire” dans la “très grande criminalité organisée”, selon un communiqué du parquet national antiterroriste (Pnat) et de la Juridiction nationale de lutte contre le crime organisé la (Junalco), transmis lundi.Après deux semaines d’enquête, une première vague d’interpellations a eu lieu lundi, en région parisienne, à Marseille, Lyon et Bordeaux. Des perquisitions ont également été menées.Ces avancées notables interviennent alors que le Parlement a définitivement adopté mardi une proposition de loi destinée à renforcer la lutte contre les narcotrafiquants. M. Darmanin a indiqué mercredi vouloir que cette loi soit appliquée dès juillet.

La France affiche une croissance terne début 2025

L’activité économique française a progressé de 0,1% au premier trimestre, une évolution sans éclat entre durcissement budgétaire et fortes incertitudes commerciales, annonçant selon le ministre français de l’Economie “un combat” pour atteindre la prévision de croissance annuelle du gouvernement. Après une contraction de 0,1% au quatrième trimestre 2024, “on pourrait se réjouir du léger rebond de la croissance française. Mais la plupart des composantes du PIB affichent des évolutions négatives”, a commenté Sylvain Bersinger, chef économiste chez Asterès dans une note. Malgré cet environnement difficile et une performance inférieure à celles de l’Allemagne (+0,2%), l’Italie (0,3%) ou l’Espagne (+0,6%), le ministre français de l’Economie Eric Lombard a maintenu la prévision de croissance de 0,7% pour la France en 2025, tout en concédant sur Sud Radio que cela serait “un combat”.  Pilier traditionnel de la croissance française, la consommation des ménages a stagné en dépit du repli marqué de l’inflation, à +0,8% sur un an en avril, qui leur redonne du pouvoir d’achat. Or, “c’est vraiment le moteur sur lequel on espère un redémarrage de la croissance”, a souligné Maxime Darmet, économiste senior chez Allianz Trade, auprès de l’AFP. Outre “le rôle des politiques économiques, il y a aussi un climat d’incertitude, les ménages s’attendant à une remontée du chômage”. – Maîtrise des dépenses -La consommation publique, qui avait soutenu la croissance en 2024, a fortement ralenti (0,1%): “on commence à voir un début de consolidation budgétaire”, selon l’économiste.Les dépenses publiques ont été restreintes pendant six semaines par une loi spéciale, le temps qu’un budget soit adopté mi-février après la chute du précédent gouvernement dans un paysage politique instable. En sus, le gouvernement français prévoit une cinquantaine de milliards d’euros de baisse des dépenses et hausse des prélèvements en 2025 pour assainir des finances publiques très dégradées. La France affiche le pire déficit public de la zone euro pour 2024, à 5,8%. Le gouvernement entend le ramener à 5,4% puis sous le plafond européen de 3% en 2029. Son endettement (113% du PIB) est le troisième plus lourd après la Grèce et l’Italie.Un nouvel effort de 40 milliards est annoncé pour 2026, qui reposera prioritairement sur la maîtrise des dépenses, a indiqué Eric Lombard. Supprimer l’abattement fiscal de 10% des pensions de retraite? Renoncer à l’indexation de celles-ci sur l’inflation? Limiter le recrutement de fonctionnaires? Rationaliser les niches fiscales? Des propositions seront présentées en juillet par le Premier ministre François Bayrou, a-t-il rappelé. Il a en revanche exclu d’augmenter les impôts ou d’en créer de nouveaux, même au niveau local. Le ministre de l’Aménagement du territoire François Rebsamen avait évoqué dimanche l’éventuelle instauration d’une “contribution modeste” pour financer les services publics des communes, au vu de la suppression de la taxe d’habitation sur la résidence principale. Entre janvier et mars, les investissements des entreprises, ménages et administrations publiques sont en berne également (-0,2%). La construction et les biens manufacturés ont particulièrement souffert, “ces derniers étant très sensibles à la montée de l’incertitude commerciale”, a pointé Maxime Darmet.  – “Compliqué” -L’offensive protectionniste du président américain Donald Trump s’est traduite pour l’instant par une application de droits de douane de 10% aux importations de biens provenant d’Europe. Des discussions sont en cours pour essayer d’éviter qu’ils ne soient relevés davantage, mais jeudi à Washington, Eric Lombard avait estimé un accord “encore loin”. La contribution du commerce extérieur est également négative (-0,4 point), à l’inverse de celle des variations de stocks (+0,5 point).  Pour tenir son objectif de déficit en 2025, le gouvernement a aussi acté samedi 3,1 milliards d’euros d’annulations de crédits, excluant un projet de loi de finances rectificatif réclamé par des partis d’opposition. Une “nouvelle coupe” qui, selon le président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, Eric Coquerel (La France insoumise, gauche radicale), “devrait avoir un effet récessif”. Dans cet environnement chahuté, atteindre 0,7% de croissance en 2025 reste “atteignable” mais de plus en plus “compliqué”, a estimé Maxime Darmet. Son confrère Sylvain Bersinger identifie toutefois comme facteurs de soutien à l’activité “la baisse des taux d’intérêt, du prix des matières premières et la relance budgétaire allemande”.  

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En Sibérie, le dégel du pergélisol constelle le paysage d’intrigantes bosses

Dans l’immensité blanche de ce coin de Sibérie, les champs sont tapissés de bosses aux airs de brioches enneigées, des formes dues au dégel de plus en plus rapide du pergélisol qui remodèle le paysage, fait flancher les maisons et libère davantage de gaz à effet de serre.En cette fin d’hiver, il fait -20°C et le paysage champêtre de Iakoutie, dans l’Extrême-Orient russe, est saturé de ces monticules formés par un processus appelé thermokarst.Les polygones, nommés “bylars” en langue iakoute, mesurent plus d’un mètre de hauteur et ont des formes presque régulières. Ils ne sont pas nouveaux, mais ils se multiplient à la faveur du changement climatique et du dégel accéléré du pergélisol, ce sol en théorie perpétuellement gelé et aussi appelé permafrost, explique Nikita Tananaev, directeur du laboratoire du climat de l’Université fédérale du Nord-Est à Iakoutsk, la capitale de la Iakoutie, immense région presque entièrement couverte par le pergélisol.”Le sommet de ces formations reste stable. Seuls les espaces entre les monticules s’enfoncent”, poursuit-il. Car la glace souterraine qui fond étant disposée en polygones, c’est son dégel qui crée les bosses. “Et avec le réchauffement climatique, la glace fond de plus en plus vite”.- Record de douceur -Les monticules essaiment jusque dans les villes. Dans le gros bourg de Tchouraptcha, à 135 kilomètres de Iakoutsk, le terrain d’Innokenti Posselski comptait 20 bosses lorsqu’il l’a acheté l’an dernier pour y construire sa maison. “Il y a une quarantaine d’années, il y avait un aérodrome ici et le terrain était assez plat”, raconte M. Posselski, 34 ans. “Au cours des quarante dernières années, on a commencé à voir ce paysage se bosseler. C’est comme ça partout ici.” Le jeune homme n’a pour l’instant nivelé que la moitié de son terrain. Sa maison tient debout sur des pilotis profondément enfoncés dans le permafrost, comme tous les bâtiments de la région.Car en Iakoutie, qu’ils soient d’habitation ou de commerce, la quasi-totalité des bâtiments sont montés sur des pieux qui descendent à plusieurs mètres dans le sol gelé. Mais le dégel durable a déjà des conséquences bien visibles: à Iakoutsk, les murs de certains immeubles s’affaissent et se lézardent.Mikhaïl Kouznetsov, patron de l’Agence fédérale pour le développement de l’Orient russe, indiquait en 2024 que “plus de 40%” des bâtiments situés en zone de pergélisol — qui couvre 65% de la Russie — étaient déformés en raison du dégel.La faute en revient à l’augmentation des températures moyennes qui ont grimpé de “1,5°C au cours des 30 dernières années” en Iakoutie et “même jusqu’à 2°C par endroits”, selon Nikita Tananaev du laboratoire du climat à Iakoutsk.Pour preuve: il a fait -8°C en janvier à Iakoutsk, soit “la température la plus élevée jamais observée” en janvier dans cette région où le thermomètre descend en moyenne à -40°C pendant le premier mois de l’année.Ces chiffres reflètent les statistiques des observatoires mondiaux: les deux dernières années — 2023 et 2024 — ont été les plus chaudes jamais mesurées, et sans doute les plus chaudes sur terre depuis 120.000 ans, selon des “archives climatiques” telles que les carottes de glace.Un réchauffement largement causé par la combustion des énergies fossiles, la Russie étant par ailleurs le cinquième émetteur mondial de gaz à effet de serre.- Virus et bactéries -“Une différence d’un ou deux degrés Celsius, même si les températures sont négatives, est très importante en termes scientifiques car le pergélisol ne gèle pas aussi profondément que d’habitude”, explique Alexandre Makarov, directeur de l’Institut de recherche sur l’Arctique et l’Antarctique à Saint-Pétersbourg.Pour saisir l’ampleur du problème, l’Institut a déployé ces deux dernières années 78 puits d’observation du dégel du permafrost dans douze régions de Russie. A terme, il compte en installer 140.Mais le dégel libère aussi davantage de dioxyde de carbone (CO2) et de méthane, deux gaz à effet de serre emprisonnés dans les glaces depuis des millénaires. Un phénomène qui alimente un cercle vicieux en aggravant le réchauffement climatique, accélérant par là-même le dégel du pergélisol.Outre ses effets climatiques, la fonte du permafrost, qui abrite des bactéries et virus parfois oubliés, représente une menace sanitaire.En 2016, un enfant est mort en Sibérie de la maladie du charbon (anthrax), pourtant disparue depuis 75 ans dans cette région. Pour les scientifiques, l’origine remontait très probablement au dégel d’un cadavre de renne mort de l’anthrax il y a plusieurs dizaines d’années. Libérée, la bactérie mortelle, qui se conserve dans le permafrost pendant plus d’un siècle, a réinfecté des troupeaux.

A Chamonix, résidences secondaires et meublés touristiques dans le viseur

Des chalets au pied du Mont-Blanc jusqu’à 12 millions d’euros s’affichent dans la vitrine de l’agence immobilière Sotheby’s, dans le centre huppé de Chamonix où déambulent, entre restaurants et boutiques de luxe, des centaines de touristes dans un brouhaha multilingue.A 3 km de là, relégué à la sortie sud de la célèbre bourgade de Haute-Savoie, le très sobre mais cosy Foyer des jeunes travailleurs (FJT) ploie sous 60 demandes de logements insatisfaites de salariés, saisonniers ou non, qui n’ont pas les moyens de louer ailleurs.Ils sont pourtant “la force économique de Chamonix”, s’émeut Pierre Slemett, membre fondateur du FJT: des travailleurs sans lesquels le tourisme ne pourrait fournir ses 70% du PIB chamoniard, et qui s’exilent à une demi-heure de route ou s’entassent dans des colocations parfois “insalubres”.- Manne touristique -Pour éviter “une véritable déstructuration du tissu social” sans mettre en péril cette “manne touristique”, explique le maire Eric Fournier (UDI) à l’AFP, il a fait voter en mars un plan local d’urbanisme (PLU) interdisant la construction de nouvelles résidences secondaires, lesquelles représentent déjà 70% des logements. “Une première en France”, vante la mairie de Chamonix, 9.000 habitants et 5e station de sports de montagne à l’immobilier le plus cher de France, avec 9.504 euros le m2 en moyenne — plus qu’à Paris –, derrière Val-d’Isère (14.986 euros), Courchevel, Megève et Méribel en 2025, selon le site meilleursagents.com.En outre, un arrêté municipal n’autorise désormais la location en meublé touristique que pour “un bien par personne”, alors que leur offre “explose” via des plateformes du type Airbnb ou Booking.com, assure Eric Fournier.Enfin, l’édile promet d’imposer la “mixité sociale” — 40% à 100% de logement sociaux — sur “12 secteurs” constructibles.Car de Courchevel, comme à Saint-Tropez, la pression immobilière du tourisme et du secondaire haut de gamme exclut une frange croissante des populations permanentes. “Airbnb, c’est une catastrophe”, lâche Robin Charrier, 30 ans, salarié d’une salle d’escalade. Au FJT depuis un an, dans son studio de 20 m2 pour 495 euros mensuels, il s’estime “chanceux”. Mais, après trois ans de bail maximum, et malgré un CDI à 1.900 euros net par mois, “j’envisagerai de négocier avec mes grands-parents pour qu’ils me prêtent leur camping-car”, soupire-t-il. Il irait alors rejoindre ceux qui dorment dès le printemps dans leur camionnette ou leur voiture le long d’une départementale à la sortie de Chamonix, pour garder leur emploi.- 15°C, matelas moisi -A 30 ans, Marion — un prénom d’emprunt –, contractuelle d’une collectivité recrutée pourtant à “3.300 euros brut par mois”, n’a trouvé au début qu’un studio “à un quart d’heure de +Cham+”. Mais très mal isolé. Pour “650 euros par mois mais avec des factures d’électricité de 200 à 300 euros l’hiver pour maintenir une pièce à 15 degrés”.Clotilde — également un prénom d’emprunt –, jeune vendeuse de matériel de montagne, après avoir fui une colocation à trois dans un deux-pièces “au-dessus d’une boîte de nuit”, a loué un studio à “575 euros mensuels avec 400 euros d’électricité l’hiver et un matelas qui moisissait à cause de l’humidité”, soupire-t-elle. “Et 18 km à vélo pour venir bosser…”Pierre Slemett regrette chaque jour de ne pas pouvoir loger les quelque 60 célibataires et couples avec enfants en attente chaque année d’un des 70 appartements du FJT. “Les mesures du maire sont très courageuses car cela ne va pas faire que des heureux chez les propriétaires”, et donc les électeurs à un an des municipales, “mais je demande à voir les résultats, le prix des terrains encore constructibles est lunaire”, s’inquiète l’ancien conseiller municipal: “comment un bailleur social pourrait les acquérir, construire et proposer des loyers modérés ?””Beaucoup, ici, appellent” le nouveau PLU du maire “un coup de bluff électoral”, tranche Louise Sebah, gérante de Alpes & Chalets, l’une des innombrables agences immobilières de Chamonix. Celle-là appartient à François-Xavier Laffin, principal opposant et candidat déclaré contre Eric Fournier pour les élections municipales de 2026. “Les mesures annoncées par la mairie ne vont pas donner d’un coup l’argent nécessaire à ceux qui ont besoin d’un logement permanent”, assène Louise Sebah. Pour elle, la demande de résidences secondaires, “toujours élevée”, va pousser notamment “une clientèle étrangère très aisée” vers “le déjà construit”, et faire monter encore le prix du mètre carré.