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MaPrimeRénov’: l’Anah se fixe comme objectif 120.000 logements rénovés globalement

L’Agence nationale de l’habitat (Anah), qui distribue les aides pour la rénovation des logements, s’est fixé comme objectif mardi, lors de son conseil d’administration, de financer des travaux de rénovation énergétique d’ampleur dans 120.000 logements en 2026, sous réserve de vote du budget de l’Etat. Cet objectif se répartit entre 68.000 rénovations de logements en copropriété et 52.000 logements individuels. Conformément à ce qu’a annoncé le ministre du Logement Vincent Jeanbrun samedi, le guichet de demandes d’aides pour des rénovations globales sera de nouveau ouvert à tous les ménages au 1er janvier.Sans approbation du projet de loi de finances (PLF) pour 2026, tout le dispositif sera cependant suspendu. Cet objectif de 120.000 rénovations est cependant déjà amputé par les 83.000 dossiers encore en stock en cette fin d’année. “Il va y avoir un bouchon total !”, alerte Jacques Baudrier, adjoint PCF chargé du logement à la Ville de Paris, qui appelle à doubler le budget de l’Anah pour répondre à la demande en créant des recettes dédiées.MaPrimeRénov’ pour les rénovations globales a connu un fort afflux de demandes à partir de fin 2024, ce qui a poussé le gouvernement à mettre en pause le dispositif de juin à septembre 2025 et à restreindre ses règles d’octroi de subvention. Pour 2026, l’Anah “a ajusté les paramètres pour garantir la continuité”, notamment en abaissant le montant maximal de subvention par dossier, et assure à l’AFP disposer de “moyens conséquents pour répondre à la demande”.”Chaque territoire aura des objectifs et des moyens et il y aura un dialogue pour surveiller la dynamique tout au long de l’année”, ajoute l’Anah.L’Anah prévoit aussi d’aider 150.000 rénovations par geste -lorsqu’un seul type de travaux est réalisé à la fois – “avec un accent mis sur la décarbonation des modes de chauffage” en cohérence avec la nouvelle Stratégie nationale bas carbone de l’Etat. Au total, le budget d’aides aux particuliers de l’Anah est de 4,4 milliards d’euros, dont 3,4 milliards d’euros pour la rénovation énergétique.La baisse de 555 millions d’euros de l’enveloppe allouée par l’Etat est compensée par un recours accru aux certificats d’économie d’énergie, qui devraient abonder de plus d’un milliard d’euros l’Anah.Pour Maxime Ledez, chercheur à l’Institut de l’économie pour le climat (I4CE), les crédits versés à l’Anah par l’Etat en 2025 “n’ont pas suffi à satisfaire toutes les demandes” et le montant réduit en 2026 “ne suffira probablement pas davantage” malgré les changements de paramètres, selon un billet publié jeudi.Un renforcement de la lutte contre les tentatives de fraude a aussi été acté mardi, avec par exemple la possibilité de réaliser des contrôles physiques à distance.

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Sécheresse sévère et risque de pénurie d’eau à Sao Paulo

Sao Paulo, ville la plus peuplée d’Amérique Latine et poumon économique du Brésil, est frappée par la pire sécheresse en une décennie, qui menace l’approvisionnement en eau des 22 millions d’habitants de cette mégalopole.Les mesures de rationnement déjà mises en place par les autorités pourraient s’intensifier, alors que les précipitations sont depuis trois années consécutives en dessous de la moyenne calculée par l’Institut national de météorologie (Inmet).Le réservoir Jaguari-Jacarei, le plus grand de la région, situé au nord-est de Sao Paulo, est rempli mardi à seulement 18% de sa capacité, selon l’Agence nationale des Eaux.Ce niveau critique s’approche de celui de la sécheresse de 2014, qui avait plongé Sao Paulo dans une des pires crises hydriques de son histoire.Des journalistes de l’AFP ont constaté que le niveau avait tellement baissé qu’une grande partie du réservoir était à sec, l’eau s’écoulant dans de maigres ruisseaux. De vastes zones de terre craquelée s’étendent dans les alentours.”Depuis le mois d’août, le niveau de l’eau n’a cessé de baisser. Ça fait vraiment peur”, dit à l’AFP Daniel Bacci, propriétaire d’une auberge proche du barrage.”La semaine dernière il a plu un peu, mais pas assez pour faire remonter le niveau”, déplore-t-il.Les prévisions météorologiques indiquent toutefois une augmentation du volume de précipitations lors des premiers mois de 2026, ce qui pourrait atténuer la situation.Dès le mois d’octobre, les autorités locales ont mis en place un plan de rationnement de l’eau, réduisant la pression dans les canalisations sur des durées pouvant aller jusqu’à 16 heures par jour.Si la situation se détériore au point d’atteindre des niveaux d’eau proches de zéro dans les barrages, des mesures plus drastiques pourraient être prises, comme des coupures tournantes de l’approvisionnement.Le régime des précipitations a changé à Sao Paulo au cours des dernières décennies, ce que les experts attribuent entre autres au changement climatique. Les pluies sont moins abondantes que la moyenne annuelle, mais plus violentes durant la saison humide.La semaine dernière, des orages accompagnés de violentes rafales de vent ont semé le chaos à Sao Paulo, privant des centaines de milliers de personnes d’électricité durant plusieurs jours et provoquant l’annulation de centaines de vols.

Dermatose: sur l’A63 bloquée près de Bordeaux, un ras-le-bol sans “espoir”

Plus “d’espoir” et “rien à attendre” des autorités: sur l’autoroute A63, bloquée depuis dimanche au sud de Bordeaux, le jusqu’au-boutisme prédomine chez les agriculteurs qui redoutent que cette énième mobilisation depuis deux ans ne résolve pas leur “ras-le-bol”.Feux de pneus et de détritus, mur de bottes de foin édifiés pour se protéger du vent, barnum équipées de planchas… Une centaine de militants de la Coordination rurale (CR) de Gironde a consolidé le campement sur cet axe majeur entre l’Espagne et la France, qu’ils occupent depuis dimanche soir.Mardi, ils ont démonté les glissières de sécurité et envahi l’autre côté de la chaussée, celle dans le sens Nord-Sud, sous les yeux des forces de l’ordre présentes sur le pont qui enjambe l’autoroute. Un sapin a même été dressé à l’approche des fêtes.”On va rester jusqu’à Noël, le 1er de l’an, et tout ce qui s’ensuit”, déclare à l’AFP Enola Darmaillacq, qui élève notamment 120 bovins de race bazadaise (une race locale) et des canards gras à Rimons, dans le sud de la Gironde.- “Capables de tout” -La jeune femme âgée de 19 ans, bonnet jaune sur la tête, est déterminée et s’attend à une mobilisation “plus musclée” que celles de janvier-février et novembre 2024 “parce que ça fait deux ans quand même qu’on est là. On veut bien être patients, mais on a autre chose à faire”, ironise-t-elle.Dans la ferme familiale en redressement judiciaire, elle a dû repousser son installation “parce que c’est trop compliqué”. Et voilà désormais le spectre de la dermatose nodulaire contagieuse (DMC), escorté de la perspective d’un abattage du troupeau en cas de bête malade.”Mes vaches, pour moi, c’est chacune mon enfant. Elles ont des noms. Il y a une très grosse attache”, confie Enola Darmaillacq, qui n’attend toutefois pas grand-chose du gouvernement: “C’est beau de parler, mais il faut des actes.””Ils nous croient pas capables de tenir ? On est capables de tout”, rebondit Damien Cruzin, 38 ans, employé au sein d’une exploitation céréalière de 700 ha dans le Médoc, au nord-ouest de Bordeaux.- “Paroles en l’air” -Lui est venu par solidarité avec les éleveurs, qui se fournissent en maïs auprès de son employeur, mais le trentenaire aux yeux bleus et au crâne ras ne croit plus au pouvoir politique. “Ce sont des paroles en l’air en permanence. Là, il faut que ça aboutisse”, lance-t-il.Tronçonneuse en main, les agriculteurs abattent des arbres en bord de route pour alimenter le grand feu qui brûle sur le terre-plein central et consolider leurs barrages. Les tracteurs et engins agricoles, pavoisés aux couleurs de la CR, vrombissent à hauteur de l’échangeur de l’autoroute, que les milliers de camions qui remontent quotidiennement d’Espagne sont contraints de quitter pour emprunter une déviation.Dans ce département où la majeure partie des surfaces sont dédiées à la viticulture, autre filière en crise, nombre de vignerons se sont joints aux manifestants, comme Olivier Nadal, âgé de 56 ans. Son exploitation viticole est en redressement judiciaire, son vin ne se vend pas (1.600 hectolitres d’invendus) et il ne se verse aucun salaire “depuis neuf ans”. “On est partis pour rester ici”, prévient cet ancien militaire, gilet fluo sur le dos, se disant prêt à résister aux forces de l’ordre. “Ils savent qu’on a des tracteurs qui peuvent pousser leurs blindés. Ils ne nous font pas peur”, dit-il, jugeant “disproportionné” le récent déploiement de force en Ariège dans le cadre d’un abattage de troupeau.”Il y a un ras-le-bol général”, prévient-il, jugeant la mobilisation “plus forte” que lors de l’hiver 2023-2024. “Il y a deux ans, il y avait de l’espoir. Là, quand on est arrivés dimanche soir, personne n’avait de l’espoir. Tout le monde a dit: +De toute façon, on n’a rien à attendre+”, conclut-il.

Macron, le chef d’État africain et le “fake news” coup d’État

Emmanuel Macron, pour illustrer les dérives des réseaux sociaux, a déploré mardi ne pas avoir réussi à faire retirer du réseau Facebook une fausse information sur un coup d’État à l’Élysée qui avait alarmé un homologue africain.”Dimanche un de mes collègues africains m’envoie un message. +Cher président qu’est-ce qu’il se passe chez vous? Je suis très inquiet+”, a raconté le chef de l’État lors d’un échange à Marseille avec les lecteurs du quotidien La Provence sur la régulation des réseaux sociaux.”+On voit une journaliste a côté de l’Élysée qui dit il y a eu un coup d’État en France, un colonel a pris le pouvoir etc+”, a-t-il poursuivi citant son homologue.    “Alors nous ça nous fait marrer. Douze millions de vues!”, a-t-il raconté, avant d’ajouter qu’il avait alors demandé à ses équipes d’appeler Facebook pour leur demander de “retirer” la fausse info.La plateforme Pharos a alors appelé le réseau. “Réponse de Facebook: +ça ne contrevient pas à nos règles d’utilisation+. Refus de retrait”, a ajouté le chef de l’État, avant d’ironiser sur le fait que même un président de la République était désarmé face eux plateformes.”J’ai tendance à penser que j’ai plus de moyens de pression que qui que ce soit. En tout cas, c’est peut être plus simple pour leur dire que c’est grave si c’est moi qui appelle. Ça ne marche pas”, a-t-il pointé.

Explosion mortelle dans l’Ain: une personne toujours recherchée

Les recherches ont repris mardi à Trévoux, dans l’Ain, pour retrouver une “personne manquante” au lendemain de l’explosion, d’origine encore indéterminée, qui a tué deux enfants en bas âge et fait une dizaine de blessés.”Il y a une personne qui manque à l’appel, qui était probablement occupante d’un des logements. Ce sont les équipes cyno(philes) qui sont en recherche actuellement”, a déclaré à la presse le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, lors d’une visite.Un peu plus tôt, le maire de Trévoux Marc Péchoux avait mentionné des personnes “dont on n’a pas forcément de nouvelles. Mais rien ne dit qu’elles étaient dans leur appartement”, avait-il dit devant la presse. Il a évoqué des recherches menées lundi “jusqu’à 23H30 avec des chiens qui n’ont rien détecté”.L’explosion, survenue vers 17H30, au rez-de-chaussée d’un immeuble d’habitation de quatre étages, a tué deux jeunes enfants et fait “une dizaine de blessés en urgence relative”, selon le ministre. “On a 53 personnes impliquées qui ont été choquées”, a-t-il ajouté.”Sur les motifs de cette explosion, il y a une enquête qui est en cours”, et les investigations sont menées par les gendarmes sous l’égide du parquet de Bourg-en-Bresse, a-t-il déclaré, refusant d’en dire davantage.Le maire de la ville de 6.930 habitants, située à une quarantaine de kilomètres au nord de Lyon, a évoqué la piste d’une explosion due au gaz mais le parquet a souligné dans un communiqué qu’à ce stade, les causes exactes n’étaient “pas encore déterminées avec certitude”.Les deux garçons, des frères de trois et cinq ans, ont été sortis des décombres en arrêt cardio-respiratoire mais n’ont pas pu être ranimés, selon une source au sein des secours.La zone autour de l’effondrement était toujours barrée mardi par des cordons de sécurité derrière lesquels s’affairaient pompiers et gendarmes.- “La cuisine coupée en deux” -Tôt mardi, des résidents sont venus, parfois avec leurs enfants, souvent en peignoir, chaussons ou vêtement de jogging, dans l’espoir de récupérer quelques affaires dans les logements alentours, évacués la veille par précaution. L’accès à l’immeuble de l’explosion reste  interdit d’accès.Samira y vivait au deuxième étage avec ses trois enfants. Au moment de l’explosion, “j’étais avec mon fils, il était dans sa chambre, d’un coup tout est tombé par terre”, raconte-elle.”C’est tombé d’un coup. On a plus de porte, elle s’est envolée, les fenêtres et la terrasse ont été soufflées. La cuisine a été coupée en deux”, dit cette mère célibataire, dont un fils a été légèrement blessé. “Je ne peux plus rentrer chez moi je suis au camping”.La mère d’Abdel, âgée de 81 ans, habitait elle aussi au deuxième étage de l’immeuble soufflé. “Elle n’a rien compris. La porte a volé, les fenêtres ont éclaté. Un bruit assourdissant, comme une bombe”, a raconté à l’AFP le fils de l’octogénaire.”Elle est en état de choc, elle est légèrement blessée aux genoux. L’essentiel, ce matin, elle est chez moi, elle va bien”, a-t-il ajouté.Le ministre de l’Intérieur a salué l’action des pompiers, notamment de deux officiers qui sont intervenus en civil lundi en dehors de leur service et “qui ont été les premiers à pratiquer les gestes de secours, notamment sur les deux jeunes enfants”.Venu pour témoigner du “soutien” et de “la compassion du gouvernement”, Laurent Nuñez a également “salué un habitant de l’immeuble qui a joué un rôle important pour procéder aux évacuations” et souligné qu’une chaîne de solidarité” s’était mise en place pour prendre en charge les sinistrés.L’immeuble où l’explosion a eu lieu comptait 20 logements, dont 19 occupés par quelque 70 habitants. Tous ont été évacués et ils ne pourront pas le réintégrer dans l’immédiat. Ils ont été hébergés provisoirement dans des hôtels, un camping ou bien chez des proches, selon la mairie.”Le périmètre va être gelé pendant le temps nécessaire aux constatations”, a dit le ministre.

Dermatose: Lecornu promet d’accélérer la vaccination, une “urgence absolue”

Sébastien Lecornu a tenté mardi de rassurer les éleveurs très mobilisés dans le Sud-Ouest contre la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse, en promettant “d’accélérer” la vaccination, une “urgence absolue”.”Et pour cela, on a besoin de doses, on a besoin de lever un certain nombre de freins logistiques”, a affirmé le Premier ministre devant l’Assemblée nationale, en annonçant la mobilisation des vétérinaires de l’armée.Il a insisté sur la nécessité de rendre les doses de vaccin disponibles “au plus près” des élevages, évoquant des décisions à venir alors qu’une réunion ministérielle de crise sur cette maladie contagieuse se tiendra à Matignon à 17H30, la deuxième de la journée.”Nous allons organiser une politique massive, rapide, déterminée de vaccination le plus vite possible en la territorialisant de façon à rassurer les éleveurs”, a précisé la ministre de l’Agriculture Annie Genevard qui s’est dite “ouverte à l’extension de la zone” de vaccination.Au total, 113 foyers de dermatose nodulaire contagieuse ont été recensés en France, depuis l’apparition de la maladie en juin en Savoie. Mais à ce jour, “il n’y a plus de foyers infectieux”, a assuré la ministre.Plus de 3.300 bêtes ont été abattues sur un cheptel national bovins de quelque 16 millions de têtes. Environ un million ont été vaccinées, et de 600.000 à 1 million d’animaux supplémentaires doivent l’être dans une zone du Sud-Ouest présentée par le gouvernement comme “un cordon sanitaire” destiné à protéger les élevages du reste du pays.- “Amalgame” -Sébastien Lecornu a par ailleurs dénoncé l'”amalgame” qui a pu être fait entre les éleveurs “et 40 à 50 militants de l’ultragauche (…) venus s’immiscer” dans leurs manifestations avec “des armes par destination”. “Il n’y a pas de place pour cette violence”, a-t-il lancé en direction des députés de La France insoumise.Il recevra vendredi les différents syndicats agricoles, dont certains critiquent la gestion de cette maladie et sont aussi indignés par la perspective d’une signature du traité de libre-échange entre l’Union européenne et des pays latino-américains du Mercosur.Au lendemain d’une visite en Occitanie de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, la mobilisation des agriculteurs contre la gestion de cette maladie animale ne retombait pas mardi, au septième jour consécutif, avec plusieurs axes routiers et ferroviaires bloqués dans le Sud-Ouest.Une partie des agriculteurs, surtout de la Coordination rurale, proche de l’extrême droite, et de la Confédération paysanne, classée à gauche, conteste la stratégie d’abattage systématique d’un troupeau de bovins dès la détection d’un cas. Ils demandent la fin de l’abattage total et un élargissement de la zone vaccinale.- “Mercosur” -L’exécutif doit par ailleurs gérer une autre colère agricole contre la signature du traité du Mercosur. La FNSEA, premier syndicat agricole, a appelé à manifester à Bruxelles jeudi à l’occasion du sommet des chefs d’Etat européens invités à valider l’accord.La patronne du Rassemblement national, Marine Le Pen, a appelé le président Emmanuel Macron à “dire non” à ce traité plutôt que de demander un report du vote prévu à Bruxelles cette semaine comme l’a fait le gouvernement français. En déplacement lundi soir à Berlin pour des échanges sur l’Ukraine, M. Macron a redit aux dirigeants de l’UE son opposition à la signature de l’accord.Mais ces efforts sur les deux fronts de la colère agricole paraissent insuffisants à beaucoup de manifestants. “Au vu des annonces de la ministre (Annie Genevard)”, les blocages “ne sont pas près de se lever”, a prévenu mardi Guillaume Bénazet, patron des Jeunes Agriculteurs de Haute-Garonne.En Nouvelle-Aquitaine mardi après-midi, des agriculteurs bloquaient la circulation dans les deux sens sur l’A63 au sud de Bordeaux, perturbant notamment le trafic des poids lourds en provenance d’Espagne.Des actions étaient également signalées sur l’A64 entre les Pyrénées-Atlantiques et la Haute-Garonne, sur l’A20 autour de Brive-la-Gaillarde (Corrèze) et sur l’A89 (qui relie Lyon) à hauteur de Périgueux en Dordogne et d’Ussel en Corrèze. D’autres actions sont d’ores et déjà prévues mercredi à Limoges, où la Coordination rurale de Haute-Vienne appelle les paysans à monter un mur de foin et de paille devant la préfecture.En Occitanie, après avoir entravé le trafic ferroviaire entre Toulouse et Narbonne mardi matin, à hauteur de Villefranche-de-Lauragais en Haute-Garonne, des agriculteurs ont investi non loin l’autoroute A61 et installé un point de blocage dans le sens Carcassonne-Toulouse.

Trafic de cocaïne: à son procès, Bouguettaia accusé d’avoir fait régner peur et violence

Au deuxième jour de son procès à Lille, Abdelkader Bouguettaia a été confronté mardi à un témoignage accablant sur les méthodes brutales avec lesquelles il est accusé d’avoir contrôlé depuis Dubaï l’importation de cocaïne au port du Havre.Installé aux Emirats arabes unis depuis fin 2019, il était loin de la justice française au moment de ses condamnations à Lille, entre 2022 et 2024, à des peines de neuf à quinze ans de prison pour narcotrafic.Après son extradition obtenue par la France en juin de cette année, il n’avait pas acquiescé à ces condamnations prononcées en son absence, entraînant la tenue d’un nouveau procès regroupant trois affaires.Les réquisitions et les plaidoiries de ses avocates sont prévues mercredi.Mardi, le tribunal correctionnel de Lille a étudié deux des trois dossiers, portant respectivement sur des importations de 2,4 tonnes et près de 600 kg de cocaïne via le port du Havre, en 2020 et 2021.Les bras croisés dans le dos, Abdelkader Bouguettaia, franco-algérien de 38 ans, a écouté la présidente citer le témoignage, central dans les trois dossiers, d’un ancien membre de l’organisation criminelle qu’il est accusé d’avoir dirigée.Ce témoin dit avoir un jour reçu par message de “Bibi”, surnom d’Abdelkader Bouguettaia, une photo de sa nièce décédée dans un accident de la route. “C’est juste pour te rappeler qui commande”, lui aurait écrit Bouguettaia.- “Balles dans les genoux” -Toujours selon ce témoin, Abdelkader Bouguettaia lui aurait aussi envoyé une photo du lieu où travaillait sa petite amie pour le forcer à accepter une mission en Belgique.Il assure également qu'”on l’aurait menacé de lui tirer des balles dans les genoux”, un sort qu’a selon lui subi un autre membre du réseau, a encore rapporté la présidente.Abdelkader Bouguettaia, qui a tenté lundi de se présenter comme un citoyen ordinaire, salarié à Buffalo Grill en banlieue du Havre, a préféré garder le silence sur ces accusations. Il a dit “réserver (sa) défense” pour une confrontation avec ce témoin dans une autre instruction qui le vise, une tentative d’importation de 2,5 tonnes de cocaïne en 2020 pour laquelle il a été mis en examen en juin à Paris.Ce même membre présumé du réseau a assuré qu’Abdelkader Bouguettaia faisait une marge de 1.000 euros par kilogramme de cocaïne sorti du port, et qu’il rachetait parfois lui-même une partie de la cargaison pour la revendre.Ces livraisons se faisaient dans des conteneurs de bois de balsa, de gélatine de boeuf ou encore de café, en provenance de l’Equateur, du Brésil et du Guatemala.Dans les deux dossiers évoqués mardi, de nombreux membres du réseau – lieutenants, dockers, chauffeurs routiers, ainsi qu’un frère de “Bibi”, Bobdellah Bouguettaia – ont été condamnés à des peines de plusieurs années de prison.- La grande vie à Dubaï -Les messages et appels téléphoniques échangés par certaines petites mains du réseau mentionnaient des échanges d’importantes sommes d’argent ainsi que des ordres donnés par un certain “Bibi”.Le mis en cause a affirmé ne pas connaître ces personnes, ou vaguement.Multiple condamné pour trafic de cannabis dans sa jeunesse, Abdelkader Bouguettaia a quitté la France en 2019, d’abord pour l’Algérie puis Dubaï, après avoir été enlevé et séquestré en région parisienne dans des circonstances troubles sur lesquelles il préfère ne pas s’attarder.Selon un extrait d’interrogatoire d’un ancien proche consulté par l’AFP en 2024, il occupait avec sa compagne à Dubaï deux appartements dans un immeuble cossu de la marina, possédait des voitures haut de gamme, et fréquentait des piscines d’hôtels luxueux ou restaurants chics.La lutte contre les têtes de réseaux à l’étranger est au coeur de la guerre que mène la France au narcotrafic.Devant des lecteurs du journal La Provence à Marseille, le président Emmanuel Macron a affiché sa volonté d’aller “chercher dans les pays” où sont installées les têtes de réseaux, “pour pouvoir saisir leurs biens”, les “arrêter” et “les restituer” à la justice française.

Marine Le Pen définitivement condamnée pour diffamation envers la Cimade

La Cour de cassation a rendu définitive mardi la condamnation de Marine Le Pen pour diffamation envers la Cimade, une association d’aide aux migrants, qu’elle avait accusée d’organiser “la filière d’immigration clandestine en provenance des Comores” à Mayotte.Dans un arrêt consulté par l’AFP, la plus haute instance judiciaire française a rejeté le pourvoi de la cheffe de file de l’extrême droite contre sa condamnation à 500 euros d’amende avec sursis par la cour d’appel de Paris le 11 septembre 2024.”Les propos de Mme Le Pen qui assimilaient l’action de la Cimade à celle des passeurs de migrants étaient inacceptables. La Cour de cassation juge que les limites de la liberté d’expression ont été dépassées. Être une personnalité politique n’excuse pas tous les débordements”, a réagi auprès de l’AFP Me Patrice Spinosi, avocat de l’association.Lors d’un entretien diffusé sur BFMTV en janvier 2022, la leader du Rassemblement national avait accusé les associations humanitaires d’être “parfois” “complices des passeurs”.A la question “est-ce que les associations humanitaires sont complices du délit d’entrée?”, Marine Le Pen, alors candidate à l’élection présidentielle, avait répondu: “Parfois oui. Ils sont même complices des passeurs, oui, parfois.”Elle avait ensuite visé directement la Cimade, association engagée contre la xénophobie et l’exclusion des personnes immigrées, pour ses actions à Mayotte.La Cimade “organise la filière d’immigration clandestine en provenance des Comores” à Mayotte, avait-elle déclaré.Actuellement inéligible du fait de sa condamnation en première instance dans l’affaire des assistants parlementaires européens du FN, Mme Le Pen sera jugée en appel du 13 janvier au 12 février 2026 dans ce dossier, une échéance judiciaire et politique cruciale avant la présidentielle de 2027.

Macron à Marseille: “guerre” au narcotrafic et recueillement symbolique

Guerre aux narcotrafiquants ainsi qu’à leur présence sur les réseaux sociaux: Emmanuel Macron a entamé mardi une visite à Marseille en se rendant sur la tombe de Mehdi Kessaci, assassiné il y a un mois, sans doute pour intimider son frère Amine, militant qui dénonce l’emprise des réseaux de trafic drogue.Un geste hautement symbolique après que cet assassinat a sidéré la ville, pourtant coutumière des violences liées au trafic de stupéfiants. Même si le nombre de personnes tuées est en baisse depuis deux ans, 17 cette année, contre 24 l’an dernier et 50 en 2023.”On a tous une pensée pour la famille Kessaci, sa maman, ses frères, ses sœurs,” a déclaré le président un peu plus tard, lors d’un “face aux lecteurs” du quotidien régional La Provence.Il a promis de mener une “guerre aux réseaux qui tuent des jeunes innocents pour intimider, pour faire peur”, promettant qu’il “n’y a aucune chance qu’ils (les réseaux) gagnent”.Il a affiché sa volonté d’aller “chercher dans les pays où sont les têtes de réseau de la coopération, pour pouvoir saisir leurs biens, pour pouvoir arrêter les têtes de réseau, nous les restituer”. Concernant les consommateurs, dont il fustige régulièrement la responsabilité, le chef d’Etat a annoncé un passage à 500 euros, contre 200 actuellement, de l’amende forfaitaire délictuelle.”J’en ai ras-le-bol d’avoir des jeunes qu’on pleure et dans des quartiers d’avoir d’autres gens qui considèrent que c’est festif d’aller acheter de la drogue”, a martelé le président.Il a par contre exclu une installation à Marseille du nouveau Parquet national contre la criminalité organisée (Pnaco), réclamée notamment par le maire divers gauche de Marseille, Benoît Payan, estimant que cet organisme central devait être à Paris et la deuxième ville de France était déjà dotée en moyens de police judiciaire.Amine Kessaci, jeune militant de 22 ans, avait de son côté lancé mardi matin sur Ici Provence un “appel aux décideurs” pour que soit mise en place “une convention citoyenne de la lutte contre le narcotrafic pour justement créer un espace de parole et donner la parole” aux habitants.L’échange de deux heures du président avec un panel comportant étudiants, acteurs économiques ou associatifs, a principalement tourné autour de la sécurité et de la thématique de la “démocratie à l’épreuve des réseaux sociaux”, qu’Emmanuel Macron veut interdire aux jeunes de moins de 15 ou 16 ans. C’est le cinquième forum du genre depuis un mois.- “Continuer le travail” -Dans l’après-midi, toujours dans la thématique sécuritaire, M. Macron doit inaugurer l’agrandissement de la prison des Baumettes puis un nouveau commissariat dans les quartiers nord, les plus populaires et pauvres de la ville, dont des cités sont gangrenées par les trafics.En retrait des enjeux de politique intérieure depuis la dissolution ratée de 2024, le chef de l’Etat a pris les devants en revanche sur ce sujet. Il a réuni à deux reprises ministres et acteurs concernés à l’Elysée depuis l’assassinat de Mehdi Kessaci.Emmanuel Macron a également défendu le bilan du plan “Marseille en grand” – “qui n’a pas d’équivalent” – qu’il a lancé en grande pompe en 2021 pour aider la cité phocéenne à rattraper ses retards, avec cinq milliards d’engagements de l’Etat à la clé.La Cour des comptes avait dénoncé en octobre 2024 un suivi “indigent” et un “défaut de cohérence” de cette initiative, destinée à rénover les écoles insalubres, développer les transports en commun, réduire la fracture géographique et sociale entre quartiers nord et sud et renforcer les effectifs de police.Alors que l’Elysée a mis en ligne juste avant la visite un site permettant de suivre la progression des différents projets, M. Macron a souligné qu’il allait “sur le terrain, voir les réalisations et ce qu’il reste à faire pour +Marseille en grand+. Et je continuerai, moi, de rendre compte et de continuer le travail”, a-t-il promis.Les deux-tiers des crédits sont désormais engagés, assure l’Elysée, citant la livraison de 15 écoles, des projets en cours sur 86 autres ou l’arrivée de 350 policiers supplémentaires dans les Bouches-du-Rhône.Le chef de l’Etat doit conclure sa visite en début de soirée en visitant le chantier d’extension de la gare Saint-Charles, un investissement de 3,6 milliards d’euros avec gare souterraine, espaces végétalisés, jardins et zones piétonnes.bur-vl-dac-so/we/sla