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Matisse: un an après le meurtre de l’ado, une journée d’hommages et de “lutte contre la violence”

“Pour que son décès ne soit pas vain”: un an après la mort de Matisse, 15 ans, poignardé par un autre mineur qui sera jugé dans un mois, plusieurs centaines de personnes ont participé mercredi à Châteauroux à une journée d’hommage et de “lutte contre la violence chez les jeunes”.”Les adultes ne sont pas des ennemis, il ne faut pas hésiter à parler quand les jeunes voient des choses ou remarquent des comportements”, a martelé le papa de Matisse, Christophe Marchais, rencontré par l’AFP en préambule de cette journée de la “loutre”, clin d’oeil au surnom de son fils, tué de plusieurs coups de couteau le 27 avril 2024, par un adolescent du même âge.Un an après le drame, les images de l’animal marin décorent toujours une partie des vitrines de la cité castelroussine et la douleur reste vive pour les quelques centaines de personnes présentes à cette journée symbolique, à laquelle ont aussi participé les deux parents de Matisse.Cette initiative est le fruit de leur volonté, née le jour de ses obsèques, où ils avaient formulé le souhait de “parler aux jeunes, aller les voir dans les clubs, dans les collèges”. Elle a notamment été organisée par le club de foot de Matisse, dont plusieurs jeunes adhérents se disent encore “très marqués”.”Aujourd’hui, parler aux jeunes est devenu notre idée, notre combat”, a dit Christophe Marchais dans l’après-midi, devant un portrait de son fils.Toute la journée, il a accompagné avec beaucoup de tendresse et une forte émotion des dizaines d’adolescents, la plupart portant un badge à l’effigie du garçon et venus participer à des ateliers de sport ou d’expression artistique et honorer Matisse.”Il faut que les jeunes comprennent que la violence touche tout le monde et qu’elle ne sera jamais une solution”, a lancé un garçon.L’objectif, c’est de “faire prendre conscience des dégâts de la violence chez les jeunes”, a assuré Christophe Marchais, toujours très ému, et souhaitant que son fils devienne “un symbole de cette lutte”.Régulièrement, des voix associatives et politiques s’élèvent pour essayer d’endiguer les vagues de violence chez les jeunes, des débats renforcés tout récemment après le meurtre jeudi dernier à Nantes d’une lycéenne de 15 ans. Elle a tuée par un jeune garçon de 16 ans de 57 coups de couteau, dans sa salle de classe.- “Pas des magiciens” -“On n’est pas des magiciens”, a déclaré le papa de l’adolescent. “Il faut toucher les enfants, certes, mais il faut aussi toucher les parents. Les gens sont démunis”.Venu expliquer les comportements violents chez les jeunes, Marwan Mohammed, sociologue au CNRS, a décrit un drame “grave mais rare” et salué la “force de s’engager” de la famille endeuillée.”Nous nous efforçons de transformer notre tristesse en immense bienveillance”, a expliqué la maman de l’ado, Cécile Cacciatori.Le maire de la ville Gil Avérous (DVD) a lui évoqué l'”immense chagrin” et la “douleur infinie” de “toute une ville”, assurant que tous “s’associaient” à la peine des parents face à ce “fléau d’ultra-violence”.Le procès de l’adolescent accusé du meurtre se tiendra du 26 au 28 mai, à huis clos, devant le tribunal pour enfants de Châteauroux. Après les faits, la nationalité afghane du principal suspect et de sa mère – en situation régulière en France -, avait conduit plusieurs figures de l’extrême droite à dénoncer la “politique migratoire” du gouvernement.Le père “attend que la justice soit ferme” en rendant “une peine exemplaire” pour envoyer un message, “parce qu’il y en a d’autres des jeunes +borderlines+” et parfois “violents”, a-t-il expliqué. Avec ce drame, “on nous a collé +perpète+, que vont penser ces jeunes capables de faire le terrible pas, s’ils se disent que c’est pas cher payé ?”

Au procès Kardashian, le plus papy des braqueurs et ses fils tout dévoués

D’Aomar Ait Khedache, on retient le cliquetis entêtant de sa canne, le silence de la cour d’assises quand il écrit lentement ses réponses sur son cahier d’écolier, et ses fils. Sourd, presque muet, souffrant de mille maux, le cerveau présumé du vol violent de Kim Kardashian est le plus papy de ses braqueurs.”J’ai un mal fou à communiquer avec lui”, confesse son avocat Frank Berton. “Moi aussi”, souffle le fils cadet d’Aomar Ait Khedache, venu témoigner à la barre.Déjà condamné à plusieurs reprises pour des faits similaires, “Omar le vieux”, comme on le surnomme, encourt la perpétuité pour le braquage et la séquestration de la star des influenceurs. “Aujourd’hui il vit où, comment et avec qui ?”, demande son conseil.”Il vit seul avec son chien dans son appartement. On fait des travaux pour l’adapter parce que sa santé se détériore de jour en jour. Dans les toilettes, la salle de bain. On élargit les accès au cas où plus tard, il aurait besoin d’un fauteuil. On le voit de plus de plus se replier sur lui-même”. Les mots de son fils, Aomar Ait Khedache les voit apparaître en larges caractères blancs sur le grand écran noir placé devant lui. Impossible de savoir ce qu’il en pense ou s’il lit tout.A presque 69 ans – il en fait dix de plus avec sa silhouette voutée et ses lunettes de travers – il n’entend presque plus rien malgré l’imposant implant auditif fixé à son crâne dégarni et ne peut plus parler: il écrit ses réponses à la main, sous un rétroprojecteur. L’interrogatoire dit de personnalité, auquel se prêtent ces jours-ci les dix accusés, est techniquement moins périlleux que prévu car l’accusé avait résumé sa vie dans une longue lettre à sa juge, en 2017, depuis sa prison. Le président David De Pas la lit: l’arrivée en Algérie à sept ans avec un père sévère, ancien soldat dans l’armée française devenu fonctionnaire à Paris, la fratrie de dix enfants, les HLM. Le premier amour et “mariage en blanc” avec Agnès, la vie qui s’arrête quand elle décède en 1977 dans un incendie, enceinte de sept mois, alors que lui est en prison – pour vol, déjà.- “Kermesse dans la tête” -L’hospitalisation et le traitement qui suivent ce choc traumatique déclenchent les premiers acouphènes – “j’ai une kermesse dans la tête et aucun moment de répit” – avait-il écrit.Avec sa nouvelle femme, il ouvre des restaurants, élève ses deux fils, divorce. Entre en cavale en 2010 pour échapper à une condamnation pour trafic de stupéfiants – il se dit innocent – rencontre “Cathy” (jugée avec lui, soupçonnée d’avoir été complice).Dans la lettre, souligne le président, Aomar Ait Khedache évoque les condamnations et les séjours en prison, jamais leur raison.  “Influence”, “entourage”, écrit sur sa feuille à petits carreaux l’accusé, semblant se moquer que le président trouve sa réponse “un peu facile”.  – “On peut dire que vous avez eu le goût de l’adrénaline ?  – Je n’aime pas le risque, je ne suis pas joueur.” Le président tente autre chose. C’est dans cette même salle d’audience qu’il avait été condamné en 1985, déjà pour braquage, lui rappelle-t-il.”Et alors”, écrit l’accusé, laconique.Pas plus de chance côté avocate générale, qui essaie de lui faire détailler sa dernière condamnation, en 2017: un “saucissonnage”, un an avant le braquage de Kim Kardashian, d’une dame de 90 ans, suivie dans son hôtel particulier à Neuilly (Hauts-de-Seine). “Oui”, écrit le sexagénaire.Arrive à la barre son fils aîné, Harminy Ait Khedache, 37 ans, soupçonné, lui, d’avoir été le “chauffeur” le soir du braquage. Le président lui lit ce que son père avait dit aux juges pendant l’enquête: “Est-ce que mon fils va apprendre que je ne suis pas son père biologique ?”.L’accusé est en larmes. “Il ne sait pas que je le sais depuis l’âge de six ans”, articule-t-il. “Je suis entièrement dévoué à mon père, c’est ma façon de montrer que je l’aime”.Son père lève les yeux de son écran, agité, ému. Il regarde son fils. “Votre père a abusé de cet amour ?”, interroge le président.Quand “il me demande quelque chose, je le vois comme du temps passé avec lui”, sanglote-t-il. “C’est pour ça que parfois, je peux faire des choses sans réfléchir.”

Les Français mettent plus d’oeufs dans leur panier

Qui, de la poule ou de l’oeuf, est responsable de la ruée temporaire des consommateurs sur les fragiles boîtes de six en début d’année? La peur d’une pénurie face aux images venues des Etats-Unis et l’appétit grandissant des Français pour les oeufs ont fini par créer des tensions.”Les images passées à la télévision avec des rayons vides aux Etats-Unis fin février, coïncidant avec des rayons pas toujours pleins en France, ont créé un effet panique comme au moment du Covid avec le papier toilette”, explique Loïc Coulombel, directeur de Gruppo Eurovo et vice-président de l’interprofession des oeufs (CNPO).La presse locale puis des médias nationaux évoquent début mars de possibles “pénuries” alors que l’hypothèse est évacuée par les producteurs interrogés, qui parlent de tensions locales d’approvisionnement.Certains évoquent le contexte de grippe aviaire, qui a explosé aux Etats-Unis mais épargné la France cette année. D’autres pays européens ont souffert (Pologne, Hongrie) mais les oeufs non français sont rarissimes dans les rayons des supermarchés.”Quand on parle de tensions, de pénuries, ça incite à stocker”, poursuit Loïc Coulombel.Sur les trois premiers mois de 2025, les achats d’oeufs ont augmenté de 4,2%, selon le CNPO.Certes une augmentation. Mais cela suit la tendance des dernières années avec des Français qui privilégient les sources de protéines moins coûteuses (oeufs et poulet) face à l’inflation.En 2024, la consommation a augmenté de 4,7%, après +3,9% en 2023. Selon le CNPO, cela équivaut à environ 300 millions d’oeufs consommés en plus chaque année.- La poule aux oeufs d’or -En mars, les prix payés aux éleveurs pour les oeufs de consommation ont augmenté de 17,3% sur un mois et de 21,8% sur un an, une hausse expliquée “par des productions d’oeufs limitées (en France comme en Europe) face à une forte demande”, selon Agreste, le service statistique du ministère de l’Agriculture.Ce mois-là, la production d’oeufs a progressé de 3% en France, moins vite que la consommation. La filière n’arrive pas à retrouver ses niveaux de production de 2021, avant la dernière flambée de grippe aviaire dans le pays, qui a pris fin avec la vaccination obligatoire des canards à partir de fin 2023.Pour rester quasiment autosuffisant et répondre à la hausse de la consommation, le CNPO estime qu’il faudrait construire 300 poulaillers d’ici 2030, soit une capacité supplémentaire d’un million de poules par an.Après avoir lancé son plan de filière l’année dernière, le CNPO a créé un observatoire des nouveaux projets de construction mais il est trop tôt pour faire un bilan d’étape.Le constat qui se dégage est la “lourdeur” des procédures administratives, avec en moyenne plus de deux ans entre un projet et les premières collectes d’oeufs.- Pas d’omelette sans allègements -La filière des poules pondeuses demande, comme la filière des volailles de chair mais aussi la filière porcine, plusieurs allègements.A partir de certains seuils, les élevages doivent répondre aux exigences des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) et des installations industrielles.Les éleveurs voudraient d’abord que le seuil à partir duquel une autorisation environnementale doit être délivrée au lieu d’un simple enregistrement pour un projet ICPE passe de 40.000 à 60.000 poules pondeuses.Le seuil de 40.000 est adossé à la recommandation de la directive européenne sur les émissions industrielles tandis que le seuil de 60.000 figure dans la directive sur l’évaluation des incidences environnementales de certains projets.L’année dernière, la filière avait déjà obtenu du gouvernement français le relèvement du seuil à partir duquel une évaluation de l’impact environnemental d’un projet était obligatoire, pour l’aligner sur la directive européenne dédiée.Mais cela n’est pas suffisant pour la filière qui accuse la loi “industrie verte” de 2023 d’avoir alourdi et rallongé de deux mois la procédure d’enquête publique pour les projets nécessitant une évaluation, qui doivent organiser “deux réunions publiques et créer un site internet obligatoire”.Les éleveurs comptent sur l’examen fin mai à l’Assemblée de la proposition de loi portée par le sénateur LR Laurent Duplomb visant à lever les contraintes pesant sur les agriculteurs pour introduire des amendements correspondant à leurs demandes.”Le gouvernement sera au rendez-vous pour poursuivre la simplification des démarches et lever les entraves qui brident les filières”, a écrit mercredi la ministre de l’Agriculture Annie Genevard sur X. 

Paris: des élus saisissent la justice contre la malle géante Louis Vuitton sur les Champs-Elysées

Les élus écologistes parisiens et des associations ont saisi la justice pour demander à la mairie de retirer l’autorisation accordée au groupe de luxe LVMH d’habiller la façade d’un de ses immeubles d’une malle géante de sa marque Louis Vuitton.Les écologistes, ainsi que les associations SOS Paris et Résistance à l’agression publicitaire (RAP), ont saisi le tribunal administratif le 23 avril pour demander la “suppression immédiate” de cette “publicité géante illégale” installée sur le bâtiment classé monument historique, ont-ils annoncé mercredi dans un communiqué.Ce recours intervient après un recours gracieux adressé en décembre dernier à la maire Anne Hidalgo, auquel l’édile socialiste n’a pas répondu. Sollicitée par l’AFP, la mairie de Paris n’a pas souhaité réagir.Depuis l’automne 2023, le grand immeuble du 103-111 avenue des Champs-Elysées, qui doit accueillir un nouveau magasin Louis Vuitton, est enveloppé par une gigantesque malle d’acier et de bois, symbole de l’histoire du célèbre maroquinier.L’installation avait été autorisée par la municipalité comme “enseigne temporaire” courant jusqu’en 2027, date prévue pour l’ouverture de ce futur magasin de LVMH, numéro un mondial du luxe. La “bâche” n’était pas considérée comme une publicité par la mairie dans la mesure où le bâtiment appartient au groupe de Bernard Arnault, qui a versé une redevance de 1,7 million d’euros à la ville de Paris. Mais pour Emile Meunier, conseiller écologiste de Paris et président de la commission urbanisme, il s’agit d’une “publicité monumentale pour une marque de luxe, installée sur un bâtiment classé aux monuments historiques, ce qui est interdit par la loi”, a-t-il expliqué à l’AFP.Les plaignants arguent que la malle, qui empiète sur deux rues adjacentes, dépasse largement l’espace dédié (6.000 m2) au futur magasin au sein de l’immeuble, où doivent aussi être installés un hôtel, un spa, un restaurant et des galeries d’art.L’habillage miroitant et éclairé la nuit, ainsi que le logo “très reconnaissable” du maroquinier de luxe, visent “à attirer les passants et automobilistes non pas sur le seul projet de rénovation de l’immeuble, mais exclusivement sur la marque Louis Vuitton”, contrairement selon eux au règlement local de publicité.”Il est urgent de mettre un terme à la marchandisation de l’espace public parisien”, estime David Belliard, adjoint écologiste à l’Hôtel de ville et candidat aux municipales de 2026.”Ce n’est pas la première fois que LVMH bénéficie d’un traitement un peu trop favorable par la ville de Paris”, regrette Emile Meunier, citant notamment la “privatisation” du Pont Neuf, en 2023, par le groupe de Bernard Arnault pour un défilé.

Chikungunya à La Réunion : toujours “un haut niveau de transmission”, mais quelques signes de baisse

L’épidémie de chikungunya à La Réunion demeure à “un haut niveau de transmission” malgré une légère baisse de certains indicateurs, a indiqué mercredi l’agence sanitaire publique, alors que la gestion de la crise par les autorités a alimenté une passe d’armes à l’Assemblée.En médecine de ville, l’activité liée au chikungunya reste à “un niveau très élevé”, avec plus de 23.300 consultations du 21 au 27 avril et plus de 160.000 depuis début 2025, selon le dernier bilan de Santé publique France (SpF).A l’hôpital, la dynamique de l’épidémie varie d’une zone à l’autre avec “une diminution des passages aux urgences dans le sud (mais à un niveau toujours élevé), dans l’ouest et l’est, et une tendance à la stabilisation dans le nord”, a-t-elle précisé.Neuf décès liés au chikungunya de personnes âgées de plus de 70 ans porteuses de comorbidités ont été enregistrés par l’agence sanitaire. Vingt autres décès, dont celui d’un nourrisson, sont en cours d’investigation, selon le nouveau bilan.Et, à ce stade, 57 cas graves ont été signalés, principalement chez des plus de 65 ans avec des comorbidités et des nourrissons de moins de trois mois.Depuis le début de l’année, 2.139 passages aux urgences dus au chikungunya ont été recensés dans les quatre hôpitaux de l’île, dont 332 la semaine du 21 au 27 avril, contre 389 la semaine précédente, en recul tant chez les adultes que les nourrissons.Le nombre de cas confirmés comptabilisés a aussi diminué, passant de 5.542 à 3.245 en une semaine,mais ce nombre provisoire pourrait augmenter, précise SpF.Près de 120.000 personnes ont été contaminées par le virus, transmis par le moustique tigre, depuis le début de l’année à La Réunion, selon les estimations de l’ARS.Face à cette épidémie généralisée et majeure, une campagne de vaccination a été lancée début avril, avec le premier vaccin contre le chikungunya à avoir obtenu une autorisation de mise sur le marché en Europe et le feu vert des autorités sanitaires en France, Ixchiq (Valneva).Les plus de 65 ans en ont été exclus samedi “sans délai”, après trois “événements indésirables graves”, dont un décès, chez des personnes de plus de 80 ans récemment vaccinées. Quelque 3.000 personnes ont été vaccinées contre le chikungunya à La Réunion, selon des chiffres annoncés le 22 avril au président Emmanuel Macron en visite sur l’île.La crise a pris une tournure politique depuis la suspension de la vaccination des seniors.”Monsieur le ministre, cette crise a été mal gérée, cette épidémie a été sous-estimée, les Réunionnais ont été abandonnés”, a ainsi lancé mercredi à l’Assemblée nationale la députée réunionnaise Karine Lebon (GDR) au ministre de la Santé Yannick Neuder. “Comment encore croire les autorités alors que l’ARS avait juré que le vaccin était sans risque?”, a-t-elle demandé.Peu après, Jean-Hugues Ratenon (LFI) a accusé: “Vous savez (que le vaccin) n’avait pas prouvé son efficacité en vie réelle: après les singes, voilà les Réunionnais comme cobayes”, a-t-il lâché.”Je ne peux pas vous laisser dire que la population de La Réunion sert de cobaye”, a répliqué le ministre, rappelant les feux verts scientifiques et la surveillance des effets indésirables mais épinglant “l’obscurantisme”. Face au “désarroi du peuple réunionnais”, “nous avons une obligation de moyens” contre le chikungunya, a-t-il assuré. 

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Un vétérinaire primé pour le retour des grues couronnées grises du Rwanda

Leurs ailes blanches étirées sous les rayons du soleil, d’imposantes grues couronnées grises du Rwanda survolent des marais du petit pays d’Afrique des Grands Lacs, où l’espèce fait un retour extraordinaire. La résurgence de ces oiseaux migrateurs est due au travail d’Olivier Nsengimana, vétérinaire et ancien médecin spécialiste des gorilles, pour protéger leur habitat naturel. “La grue couronnée est généralement un symbole de richesse et de longévité. C’est aussi le signe que le marais est en bonne santé”, déclare-t-il à l’AFP. Le vaste marais de Rugezi, dans le Nord du Rwanda, non loin de la frontière ougandaise, est devenu un refuge pour l’espèce qui mesure environ 1,2 mètre de haut et a envergure de plus de deux mètres. Mais leur nombre a diminué en raison de la disparition de leur habitat et du fait que ces oiseaux sont recherchés comme animaux de compagnie exotiques, souvent blessés et incapables de se reproduire – leur espèce s’accouplant pour la vie. Ces oiseaux à la huppe dorée jouent un rôle essentiel dans l’écosystème et la chaîne alimentaire des marécages, selon M. Nsengimana. “Leur absence dans ce genre d’écosystème pourrait déséquilibrer les populations de certaines espèces, peut-être augmenter leur nombre”, déclare-t-il. En 2015, il crée l’Association pour la conservation de la nature au Rwanda (ACNR), qui soutient 75 rangers, dont un tiers de femmes, qui ont contribué à faire passer le nombre de grues de 300 à 1.293. “On développe une approche plus éducative, on trouve des solutions, plutôt que punir”, ajoute-t-il.L’association caritative britannique Whitley Fund for Nature lui décernera mercredi le Gold Award, un prix de 100.000 £ (117.555 euros), en reconnaissance de on travail.- “J’étais chasseur” -“Avant de rejoindre les rangers, j’étais moi-même un chasseur du marais. Je volais les œufs, je capturais les grues et les emmenais chez moi”, explique Jean-Paul Munezero, chef des gardes forestiers de l’ACNR du marais de Rugezi. “J’ai arrêté de les chasser et je suis devenu leur protecteur.” Mais il reste encore beaucoup à faire, dit-il, ses hommes patrouillant constamment dans le marais, dont certaines parties demeurent des foyers d’activités illégales. Afin de détourner les populations des moyens de subsistance qui nuisent aux marais, qui disparaissent trois fois plus vite que les forêts à l’échelle mondiale, l’ACNR a encouragé à développer de nouvelles industries. Vestine Kabihogo explique que son changement d’activité professionnelle a été bénéfique. “Avant je coupais de l’herbe du marais pour en faire des tapis, des nattes, des pièges à poisson, ou pour faire des feux”, déclare-t-elle. “Je ne gagnais pas assez d’argent, même en coupant l’herbe. Après avoir rejoint ce groupe, j’ai pu trouver une vraie stabilité”, ajoute-t-elle.

Protection de l’enfance: deux départements “mis en demeure” par des familles pour “défaillances”

Les départements de l’Essonne et des Bouches-du-Rhône ont été “mis en demeure” pour “défaillances graves” de leur Aide sociale à l’enfance (ASE), à l’initiative de deux familles dont les enfants se sont prostituées, a indiqué mercredi à l’AFP l’avocat à l’origine de la démarche.”Nous leur avons adressé un recours préalable”, sorte de “mise en demeure” avant le lancement d’une procédure judiciaire, a précisé Me Michel Amas, au sujet de cette initiative révélée par Franceinfo. “Pourquoi ? Parce que les enfants placés sont censés être protégés, or ce n’est pas le cas.””Nous sommes face à un scandale d’État, il n’est pas acceptable aujourd’hui en France que des enfants de 12 ans se prostituent alors qu’ils sont placés sous la protection de l’État”, a-t-il ajouté.Dans les courriers adressés aux présidents des conseils départementaux des Bouches-du-Rhône et de l’Essonne, datés de mardi et consultés par l’AFP, l’avocat au barreau de Marseille évoque le parcours de deux mineures placées à l’ASE et qui se sont prostituées.Sont notamment demandées une reconnaissance publique des “erreurs commises” et une indemnisation symbolique de 1 euro dans un délai de 15 jours. Dans le cas de l’Essonne, le département est en outre sommé d’annoncer les “mesures correctives” qu’il envisage pour remédier à “ces graves dysfonctionnements”. Dans un communiqué transmis à l’AFP, le département de l’Essonne a indiqué que son président François Durovray allait lancer “une enquête administrative pour connaître et garantir la sécurité des jeunes enfants et apporter toutes les réponses attendues”.”Cette enquête permettra aussi de savoir si toutes les conditions de sécurité et de protection des enfants sont réunies”, a ajouté le conseil départemental, assurant que la protection de l’enfance était “une priorité absolue”.Sollicité par l’AFP, le département des Bouches-du-Rhône n’a pas réagi dans l’immédiat.Me Amas a indiqué qu’un recours préalable similaire serait adressé dans un second temps au département des Yvelines. Contacté par l’AFP, ce dernier n’a pas souhaité faire de commentaire.Embolisé, le secteur de l’ASE (ex-Ddass) vacille depuis plusieurs années, ébranlé par un manque de budget, une pénurie de professionnels, un épuisement des acteurs de terrain et une justice saturée. Depuis 2022, plus d’une dizaine de rapports ont été publiés pour alerter sur la situation et exhorter l’Etat et les départements, qui ont compétence en la matière depuis les années 1980, à agir.Mi-avril, une plainte a été déposée contre la France auprès du comité des droits de l’enfant de l’ONU pour “violations graves et récurrentes” des droits des mineurs confiés à l’ASE. 

Isidore Partouche, le roi des machines à sous, est mort

Pour tous ses employés, il était “Monsieur Isidore”. Ancien radioélectricien, Isidore Partouche, décédé à 94 ans, est devenu en quelques décennies le patriarche d’un empire familial du casino en surfant sur la vague des machines à sous.Goût du risque, inébranlable confiance en lui, fort charisme… Cet autodidacte flamboyant, rapatrié juif d’Algérie qui avait conservé son accent pied-noir, était parvenu dans les années 2000 à faire jeu égal avec l’autre géant du casino français, le groupe Barrière, son concurrent de toujours. Et même à le dépasser en nombre d’établissements de jeux sur l’Hexagone.En 2025, une cinquantaine d’années après les débuts à Saint-Amand-les-Eaux (Nord), le groupe Partouche compte 44 casinos en France et à l’étranger, 12 hôtels et 44 restaurants. Et plus de 4.800 machines à sous.- De l’Algérie au Touquet -“Il a fait tout cela parce qu’il ne savait pas que c’était impossible”, disait, en paraphrasant Mark Twain, son fils Patrick, auquel il avait passé la main en 2006 et qui est aujourd’hui le président du conseil de surveillance. Tout en conservant jusqu’au bout un oeil sur son empire.Né sous l’Algérie française à Trezel le 21 avril 1931 dans une famille de commerçants juifs de l’Oranais, Isidore Partouche travaille d’abord comme radioélectricien. Avec, déjà, un goût prononcé pour les affaires: il devient le premier concessionnaire Philips en Algérie.Resté quelques années à Oran après l’indépendance, il finit par gagner la France, avec sa femme, professeure de danse puis de dessin, et leur fils.Direction le Pas-de-Calais, où il rachète au Touquet une piste de karting puis une boîte de nuit. Il refuse de solliciter la moindre aide destinée aux rapatriés mais omet plusieurs années de payer l’impôt sur le revenu, ce qui lui vaudra une note salée du fisc.Pas démonté pour deux sous, il passe même à la vitesse supérieure en rachetant en 1973 pour un franc symbolique le petit casino de Saint-Amand, près de Valenciennes, au bord de la faillite, qu’il redresse avec l’aide de sa famille. Son premier coup de poker.Malgré de nouveaux démêlés avec les autorités, celui qui a pour credo acheter pas cher, restructurer vite pour encaisser beaucoup est en pleine ascension. Il acquiert de nouveaux casinos (Le Touquet, Calais, Vichy, Forges-les-Eaux, La Ciotat…) en cédant parfois les exploitations d’eau de source, moins rentables.- Le pactole des bandits manchots -Surtout, il saisit avant tout le monde l’immense profit à tirer des machines à sous, autorisées en France à la fin des années 1980. Il va équiper en bandits manchots tous ses casinos, les transformant en vrais lieux de divertissement. Le pactole.Bourreau de travail et doté d’un solide entregent – il avait ses entrées à l’Elysée sous Mitterrand – il introduit le groupe en Bourse en 1995. Entreprise familiale au sens très large (frères, soeurs, cousins, cousines…), Partouche devient en 2002 le premier casinotier de France en nombre d’établissements (mais deuxième en chiffre d’affaires).Il invente même le concept de “Pasino”, complexe de divertissement ouvert à tous et proposant jeux, espaces événementiels et spectacles.Martelant son motto “garder les pieds sur terre et ne jamais oublier d’où l’on vient”, Monsieur Isidore, cheveux blancs, costume toujours impeccable et havane aux lèvres, aimait bien faire rire son clan avec sa blague favorite: “pour gagner au casino, il faut en acheter un !”Lors de son dernier exercice annuel (2023-2024), le groupe Partouche, engagé dans plusieurs rénovations d’ampleur dans ses établissements, a enregistré un chiffre d’affaires de 434 millions d’euros pour un bénéfice net de 4 millions d’euros.

Elections législatives à la proportionnelle: Bayrou consulte, Le Pen prête à bouger

François Bayrou a entamé mercredi avec le Rassemblement national une série de consultations des forces politiques sur l’élection des députés à la proportionnelle, à propos de laquelle Marine Le Pen a semblé prête à faire des concessions.Le Premier ministre a reçu en premier mercredi matin, pendant 45 minutes, la cheffe de file des députés RN Marine Le Pen et le président du parti à la flamme Jordan Bardella, qui représentent numériquement le premier groupe de l’Assemblée nationale. “La proportionnelle intégrale par département” comme en 1986 “nous apparaît être un moindre mal par rapport à un système majoritaire qui aujourd’hui ne permet pas que chaque voix des Français soit entendue”, a affirmé Mme Le Pen, semblant prête à renoncer à sa demande d’une prime majoritaire.Le RN réclame la proportionnelle mais avec une prime pour la liste arrivée en tête, qui n’est pas prévue dans le mode de scrutin de 1986.François Bayrou défend ce scrutin de 1986 alors que depuis l’instauration de la Ve République – à l’exception des législatives de cette année-là -, les députés sont élus au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.Devant le Sénat, il a vanté le “pluralisme” qu’induit selon lui ce mode de scrutin, comme la “garantie” pour “tous les citoyens, d’être représentés à mesure de leur engagement et de leur vote”, alors que “les problèmes (…) à régler exigent des prises de conscience plus élaborées” que “l’affrontement systématique”.- “Contredire” -En discutant de cette revendication commune avec le RN, François Bayrou espère sans doute faire baisser la tension avec l’extrême droite, qui fait planer la menace d’une motion de censure contre son gouvernement. Le RN dénonce l’absence de perspectives législatives sur ce sujet comme sur l’immigration ainsi que sur la feuille de route énergétique (programmation pluriannuelle de l’énergie, PPE). François Bayrou l’a à cet égard ménagé lundi en reportant la date de publication d’un décret sur la PPE.Mais le Premier ministre n’est pas assuré d’avoir cette fois le soutien des macronistes, qui semblent avoir changé de pied, considérant désormais que le mode de scrutin majoritaire actuel est “le moins pire”. La “distorsion” entre le nombre de voix et le nombre de députés “n’existe plus” dans l’Assemblée actuelle, fait valoir M. Cazeneuve.”Je n’ose imaginer quand même que (le) mouvement” d’Emmanuel Macron “vienne le contredire sur un sujet aussi important que celui-là”, a taclé Mme Le Pen mercredi.Le président de la République avait en effet souhaité en 2018 instaurer un système mixte avec 15% des députés élus à la proportionnelle, puis la réforme avait été abandonnée.François Bayrou recevra jeudi à 17H00 le président du groupe macroniste et du parti Renaissance Gabriel Attal, accompagné par le député Pierre Cazeneuve, qui a mené une analyse comparative des différents modes de scrutin.Les deux élus Renaissance entendent élargir le débat à la question de “l’efficacité de l’action publique”, en reparlant de la réduction du nombre de parlementaires et de la “simplification du millefeuille administratif”.Mais ils jugent “délétère” de proposer la proportionnelle en échange du cumul des mandats, soutenu avec force par François Bayrou.- “Stabilité” -Le président du parti Horizons Edouard Philippe défend pour sa part le scrutin majoritaire, qui “impose un lien entre un député et les électeurs d’un territoire” mais il pourrait soutenir la proportionnelle si un cumul était possible entre le mandat parlementaire et un mandat exécutif local.A droite, Les Républicains (LR) y sont fermement opposés. Cela reviendrait à “assurer que le chaos dans lequel on est aujourd’hui devienne la règle”, a répété Laurent Wauquiez mercredi sur RTL. “C’est le plus sûr moyen de ne pas donner à la France une majorité”, a abondé son rival Bruno Retailleau sur Cnews et Europe1.”On a besoin de stabilité et ce n’est pas le moment”, a estimé sur RMC et BFMTV le président du Sénat Gérard Larcher, défendant “la proximité entre un élu et (son) territoire”.Le gouvernement souhaite pouvoir légiférer à ce sujet “avant la fin de la session parlementaire si le débat est mûr”, selon sa porte-parole LR Sophie Primas.D’autres partis, notamment à gauche, souhaitent une évolution du mode de scrutin. Mais le PS est divisé. L’ancien président François Hollande est pour, tandis que son Premier secrétaire Olivier Faure est contre à titre personnel. 

Incitation à la haine: Youcef Atal condamné en appel à huit mois de prison avec sursis

Le footballeur international algérien Youcef Atal, poursuivi pour incitation à la haine à raison de la religion pour avoir reposté la vidéo d’un prédicateur palestinien sur Gaza, a de nouveau été condamné en appel mercredi à huit mois de prison avec sursis et 45.000 euros d’amende.La cour d’appel d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) a ainsi confirmé la peine prononcée à son encontre en première instance en janvier 2024 par le tribunal correctionnel de Nice.Outre l’amende, Atal devra également verser aux parties civiles, parmi lesquelles figurent notamment la Ligue de football professionnel, la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme Côte d’Azur et le Crif Sud-Est, quelque 15.000 euros de frais de procédure.Lors de son jugement en appel début avril, le footballeur s’était défendu à l’audience en expliquant “ne pas faire de politique”: “Je ne suis qu’un joueur de foot”, avait-il insisté, disant que son post se voulait “juste un message de soutien à des gens en train de souffrir”.”Ce n’est pas parce que j’envoie un message de soutien à la Palestine que je suis contre les juifs ou quoi que ce soit”, avait insisté le joueur de 28 ans. “L’erreur que j’ai faite, c’est que je n’ai pas regardé la vidéo jusqu’à la fin, sinon je ne l’aurais pas partagée. J’aurais dû faire plus attention”.L’avocate générale avait considéré qu’il s’agissait “clairement d’un appel à la haine”, même si “le message est insidieux”. “M. Atal est responsable de ce qu’il poste, il doit assumer”.Cinq jours après l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, suivie des bombardements d’Israël sur Gaza, Atal avait partagé avec ses 3,2 millions d’abonnés sur Instagram une vidéo de 35 secondes du prédicateur palestinien Mahmoud Al Hasanat évoquant le sort des enfants de Gaza sous les bombes, puis appelant à “un jour noir sur les juifs”.Prévenu par l’OGC Nice du caractère polémique de ces propos, il avait rapidement supprimé la vidéo de son compte, postant un message d’excuses.Un mois après sa condamnation en première instance, l’OGC Nice, où Youcef Atal évoluait depuis 2018, avait annoncé le départ du joueur pour le club turc d’Adana Demirspor, que celui-ci a ensuite quitté à l’été 2024 pour celui d’Al-Sadd à Doha.