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Affaire Vasarely: la mise en examen de la principale suspecte annulée, mais les saisies d’oeuvres validées

La mise en examen de la principale suspecte annulée, mais des saisies d’oeuvres validées: la Cour de cassation a tranché mercredi dans une longue saga judiciaire opposant la belle-fille du célèbre plasticien Victor Vasarely à son petit-fils.L’affaire, instruite à Paris, porte le nom de Victor Vasarhelyi, dit Vasarely (1906-1997), créateur franco-hongrois de l’Op-Art et de la peinture cinétique.Mercredi, la plus haute juridiction française a annulé la mise en examen de Michèle Taburno-Vasarely, belle-fille du célèbre plasticien.Elle est accusée d’avoir dilapidé la fondation artistique du plasticien à son profit, en s’exilant aux Etats-Unis avec de multiples œuvres.Ces accusations sont principalement portées par la fondation Vasarely, et le petit-fils du plasticien, Pierre Vasarely, actuel président de la fondation.Avec la décision de mercredi, la menace d’un procès s’éloigne pour Mme Taburno-Vasarely. Toutefois, quatre avocats et un notaire restent poursuivis dans cette information judiciaire ouverte après la plainte en 2009 d’un administrateur provisoire de la fondation.”Il est temps de laisser Michèle Vasarely en paix”, ont réagi ses avocates Julia Minkowski et Inès Giacometti, dénonçant une “vindicte” de Pierre Vasarely à l’égard de leur cliente “âgée de plus de 80 ans et en mauvaise santé”.Cette annulation, qui repose “sur des motifs de pure forme”, “n’a que peu d’effet puisque depuis 2018, un mandat d’arrêt est émis à l’encontre de Mme Taburno”, a de son côté fait valoir la fondation Vasarely dans un communiqué transmis à l’AFP.- “Excès de pouvoir” – Dans les années 1970, la notoriété de Victor Vasarely a été comparable à celles de Pablo Picasso ou Salvador Dali. De son vivant, il a donné à titre inaliénable des centaines d’œuvres à la fondation éponyme ouverte en 1971 à Aix-en-Provence.Sa belle-fille, Mme Taburno-Vasarely, a été la présidente de cette fondation.En avril 2023, deux juges d’instruction français se sont rendus à Porto Rico, où elle réside désormais et où elle a créé une nouvelle fondation, pour la mettre en examen pour abus de confiance et blanchiment.En mars 2025, lors d’une audience devant la Cour de cassation à Paris, sa défense a dénoncé un “excès de pouvoir” des magistrats, qui ont agi au nom de l’Etat français au-delà des frontières hexagonales.Dans sa plaidoirie, la défense avait relevé que le code pénal autorise les juges d’instruction à “procéder à des auditions” sous commission rogatoire adressée à un Etat étranger, mais n’évoque pas l’interrogatoire de première comparution (IPC), étape préalable à la mise en examen.La Cour de cassation a eu la même lecture concernant les Etats-Unis, d’après son arrêt consulté par l’AFP.Elle a estimé que les magistrats français ne pouvaient “se transporter aux Etats-Unis aux fins de procéder eux-mêmes à l’interrogatoire de première comparution de Mme Taburno suivi de sa mise en examen”.- Retour des oeuvres ? – Reste la question du destin des oeuvres saisies à Porto Rico.Lors d’une spectaculaire perquisition en avril 2023, la police fédérale américaine (FBI) avait saisi 112 tableaux dans la fondation de Mme Taburno.Dans un rapport, contesté par la défense, un expert avait dénoncé les “conditions de stockage peu respectueuses ni professionnelles” des œuvres et estimé que la fondation “ne ressemblait aucunement à une fondation destinée à la promotion de l’œuvre de Victor Vasarely”.Depuis plus d’un an et demi, Mme Taburno se bat pour récupérer ces œuvres. Mais le 4 juillet 2024, la cour d’appel de Paris a jugé les saisies du FBI “parfaitement proportionnées”.Elle a notamment relevé que “les magistrats instructeurs” avaient justifié la saisie des œuvres pour procéder à leur “transfert vers la France” car elles constituent “des éléments de preuve”.Mme Taburno a contesté cet arrêt, assurant les détenir “en toute légalité”.Mercredi, la Cour n’a pas admis son pourvoi, validant ainsi les saisies sur le plan de la justice française.Toutefois, d’après plusieurs sources proches du dossier, Mme Taburno conteste aussi le rapatriement des œuvres devant la justice américaine qui n’a pas encore tranché.”Les opérations de saisies validées par la Cour de cassation, c’est désormais à la justice américaine de jouer son rôle et d’autoriser (leur) retour en France”, a commenté la fondation Vasarely.

Encore plus de 82.000 détenus dans les prisons françaises au 1er avril

Le nombre de détenus dans les prisons françaises était de 82.921 au 1er avril, un chiffre sensiblement supérieur à celui enregistré au 1er mars et qui constituait déjà un niveau inégalé, selon des données publiées mercredi par le ministère de la Justice.Jamais les prisons françaises qui comptaient seulement 62.358 places opérationnelles au 1er avril n’ont abrité autant de détenus.La densité carcérale globale était de 133% (contre 125,8% au 1er avril 2024) et dépassait même les 200% dans 22 établissements ou quartiers pénitentiaires.La surpopulation carcérale, que personne ne conteste, est un mal endémique français et contraint 4.752 détenus à dormir sur des matelas posés à même le sol.”C’est totalement inacceptable”, a reconnu mercredi le garde des Sceaux Gérald Darmanin interrogé sur France Inter.La densité carcérale atteint 161,8% en maison d’arrêt, où sont incarcérés les détenus en attente de jugement, donc présumés innocents, et ceux condamnés à de courtes peines.Selon les données du ministère, 54.473 détenus étaient incarcérés au 1er avril dans une structure avec une densité supérieure à 120% et 43.252 dans une structure avec une densité supérieure à 150%.Le seuil des 80.000 détenus a été franchi pour la première fois au 1er novembre 2024 (80.130). Il n’a cessé depuis de grimper sauf au 1er janvier où l’on avait enregistré un léger tassement (80.669 détenus contre 80.792 au 1er décembre), pas inhabituel à cette période de l’année.La surpopulation carcérale est “mauvaise pour absolument tout le monde, pour les détenus eux-mêmes, évidemment” obligés de vivre “dans des conditions indignes, et pour les agents pénitentiaires qui subissent une insécurité et une violence”, a souligné M. Darmanin sur France Inter.Parmi les personnes incarcérées au 1er avril, 22.056 sont des prévenus, en détention dans l’attente de leur jugement définitif.Au total, 101.056 personnes étaient placées sous écrou au 1er avril, un nombre qui ne cesse aussi d’augmenter. Parmi elles, on compte 18.135 personnes non détenues faisant l’objet d’un placement sous bracelet électronique ou d’un placement à l’extérieur.La France figure parmi les mauvais élèves en Europe en terme de surpopulation carcérale, en troisième position derrière Chypre et la Roumanie, selon une étude publiée en juin 2024 par le Conseil de l’Europe.”Il n’y a pas plus de gens qui vont en prison aujourd’hui qu’il y a 40 ans. Simplement, ils passent plus de temps en prison. Le quantum des peines s’est rallongé. Et par ailleurs, nous n’avons pas construit des places de prison à la hauteur de ce que nous avions prévu”, a dit M. Darmanin sur France Inter.Il a réaffirmé son souhait de construire rapidement des “prisons modulaires”, “à taille humaine”, pour les détenus “qui n’ont pas à être dans des prisons de haute sécurité” comme il l’envisage pour les narcotrafiquants.

Le Doliprane passe officiellement sous pavillon américain

Doliprane, médicament le plus prescrit en France, passe officiellement sous pavillon américain, avec la finalisation mercredi de la cession par Sanofi au fonds d’investissement CD&R du contrôle de l’entreprise qui produit la populaire boîte jaune. “C’est officiel: Opella est à présent une entreprise indépendante”: le bouclage de cette opération, dont l’annonce en octobre avait suscité une levée de boucliers de responsables politiques et des syndicats, a été confirmé juste avant l’assemblée générale des actionnaires du géant pharmaceutique, mercredi après-midi à Paris.Sanofi cède 50% de sa filiale Opella, qui produit notamment le Doliprane, au fonds américain CD&R, tout en conservant une participation de 48,2% dans cette entreprise commercialisant des traitements sans ordonnance et des vitamines, minéraux et compléments.”Ce changement d’actionnariat ne change rien : Doliprane restera en France pour les Français”, a assuré la PDG d’Opella, Julie Van Ongevalle, au cours de l’assemblée générale au Palais des Congrès, situé Porte Maillot.Avec “les engagements pris en matière sociale, d’emplois, d’investissement, nous avons pris en compte l’ensemble des parties”, a de son côté affimé le président du conseil d’administration de Sanofi, l’ex-banquier Frédéric Oudéa.S’adressant aux actionnaires, il a souligné que “Sanofi a reçu 10 milliards d’euros” de la cession d’Opella et rappelé qu’il a décidé de les récompenser en allouant la moitié à un rachat d’actions et “d’investir” pour assurer la croissance du groupe avec l’intelligence artificielle comme moteur.Hausse de 14,3% de la rémunération fixeLes actionnaires ont approuvé sans enthousiasme massif la politique de rémunération de Paul Hudson, la résolution sur ce volet ayant été adoptée avec 75,36% des voix.La rémunération fixe annuelle du dirigeant britannique va passer de 1,4 million d’euros (montant brut fixé en 2022) à 1,6 million pour 2025, soit une hausse de 14,3%.”J’ose espérer que vous aller proposer aux salariés une augmentation de 14%”, a ironisé un homme présent dans la salle.Une augmentation au titre de la rémunération en actions pour 2025 a également été entérinée.Comparé aux deux années précédentes, où les représentants syndicaux étaient venus en force pour créer du remous, leur présence a été nettement plus discrète pour cette édition 2025.”Porte-maillot la veille du 1er mai, cela nous coupe l’herbe sous le pied, mais c’est volontaire. Ils savent pertinemment que derrière, c’est très compliqué de remobiliser”, critique Fabien Mallet, syndicaliste CGT Sanofi France.”On est vraiment agacés, parce qu’on voit qu’il n’y a pas de prise en compte” des attentes exprimées par les salariés : “en gros, on apprend que M. Paul Hudson (NDLR: directeur général de Sanofi) va être augmenté”, “qu’on continue sur ce qui ne fonctionne pas”, déclare-t-il à l’AFP.”Point chaud”Hormis la cession d’Opella, le syndicaliste pointe un autre “points chaud qui nous mobilise beaucoup: la vente du site de d’Amilly” dans le Loiret, où sont fabriquées les marques Aspegic et Kardegic, et où un mouvement de grève est en cours depuis cette annonce du 5 mars.”On souhaite rester dans le giron de Sanofi”, a déclaré à l’AFP Laurent Boitard délégué syndical central CGT, indiquant que “pas loin de 40% du personnel” continue les débrayages et que “les négociations des mesures d’accompagnement débuteront le 12 mai”.Cette nouvelle séparation est “le résultat des choix stratégiques qui ont été retenus sur ce site et qui ont fait perdre trop d’activité”, en écartant par exemple des produits pâteux, comme le dentifrice, selon lui.La scisson en 2022 de la division des principes actifs pharmaceutiques, Europai, laisse un goût amer: le patron de Sanofi admet que le parcours de l’entreprise est “plus difficile que prévu en partie pour des raisons externes” et les syndicats redoutent d’être entraînés dans un scénario similaire.”Sanofi est maintenant mieux positionné” pour devenir un champion de l’immunologie et “affronter des vents contraires” a affirmé M. Hudson, promettant de garder “les pieds sur terre ces prochaines années”.

Isidore Partouche, fondateur des casinos Partouche, est décédé

Isidore Partouche, le fondateur du groupe de casinos Partouche, est décédé à 94 ans, a annoncé le groupe dans un communiqué mercredi.”Le groupe Partouche, son conseil de surveillance, son directoire ainsi que l’ensemble de ses collaborateurs saluent la mémoire d’un fondateur exceptionnel, dont l’héritage continuera d’éclairer les générations futures et l’ensemble de la profession”, est-il précisé.Né en Algérie française à Trezel le 21 avril 1931, il est un temps radioélectricien concessionnaire pour Philips.Puis en 1973, tout juste rapatrié d’Algérie, il rachète, avec ses frères et sœurs, le casino de Saint-Amand-les-Eaux, ainsi que son établissement thermal et sa source d’eau minérale, à la barre du tribunal de commerce. Le groupe, aujourd’hui parmi les leaders européens et numéro deux du secteur en France derrière Barrière, compte 44 casinos en France, Europe et Tunisie ainsi que 12 hôtels, 44 restaurants et deux golfs.Introduit en Bourse en 1995, il emploie plus de 3.500 personnes.”Isidore Partouche a su transformer une aventure familiale en un groupe devenu incontournable dans le secteur du loisir”, salue le communiqué.À partir des années 2000, Isidore Partouche avait progressivement transmis les rênes à son fils unique Patrick, “assurant la continuité d’un projet profondément ancré dans des valeurs familiales et entrepreneuriales”, selon le communiqué.Patrick Partouche est aujourd’hui président du conseil de surveillance du groupe.”Nous tenons à exprimer à Monsieur Patrick Partouche, ainsi qu’à l’ensemble de sa famille, nos plus sincères condoléances en ces circonstances particulièrement douloureuses”, ont réagi dans un communiqué les co-présidents du groupe Barrière, Joy Desseigne-Barrière et Alexandre Barrière.”Monsieur Isidore Partouche laisse le souvenir d’un homme d’engagement dont la vision et la personnalité ont marqué durablement notre profession ainsi que les personnes qui ont eu l’honneur de le côtoyer”, ont salué les dirigeants de ce groupe familial, à l’instar de Partouche.Fabien Roussel, maire de Saint-Amand-les-Eaux également patron du Parti communiste français, lui a également rendu hommage: “chef d’entreprise visionnaire, homme de valeur, il sera toujours présent dans le cœur des amandinois qu’il n’a jamais quitté. Toute mon amitié à sa famille”, a-t-il écrit sur X.

Antiparasitaires: traiter son chat avec un produit pour chien peut le tuer

Attention à ne pas traiter son chat ou son lapin avec un produit antiparasitaire destiné aux chiens car cela peut avoir des effets indésirables graves, voire mortels, avertit mercredi une agence sanitaire du gouvernement. “Chaque année, des dizaines de chats et de lapins sont victimes d’effets indésirables dus à l’utilisation d’un antiparasitaire (contre les tiques, les puces ou les moustiques) destiné à une autre espèce”, indique l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) dans un avis.La plupart des signalements d’effets indésirables sont liés à des antiparasitaires à base de perméthrine destinés aux chiens, utilisés sur des chats.”L’emploi d’un produit non destiné à l’animal traité peut entraîner des effets graves, parfois mortels”, tels que des “troubles neurologiques – tremblements, convulsions, ataxie, agitation, coma – associés parfois à des troubles digestifs” constatés chez les félins, précise l’agence.”La gravité des symptômes s’explique par l’incapacité du chat à éliminer le composé de son organisme”, explique-t-elle.De leur côté, les lapins peuvent être intoxiqués après l’administration d’antiparasitaires à base de fipronil, destinés aux chiens ou aux chats: les troubles (perte d’appétit, léthargie, convulsions) peuvent être mortels.Dans les deux cas, “les formulations concentrées tels que les produits en pipettes sont particulièrement toxiques : quelques gouttes sur la peau ou léchées peuvent suffire à induire des effets graves”, prévient l’Anses.”Malgré les contre-indications indiquées sur les emballages et les notices d’utilisation des produits, ainsi que les communications faites auprès des vétérinaires et des propriétaires d’animaux”, 82 cas d’effets indésirables ont été déclarés chez des chats en France l’an dernier, dont 34 graves et quatre mortels, et 19 dont trois graves chez des lapins.

Avant sa nomination, le PDG d’EDF tente de déminer le terrain et fixe ses priorités pour une électricité “compétitive”

Bernard Fontana, le candidat choisi par l’Elysée pour prendre la tête d’EDF, a été confirmé mercredi par le parlement après un grand oral au cours duquel il a tenté d’expliquer comment il voulait pacifier les relations avec les grands clients industriels tout en répondant au défi financier et industriel du chantier du nouveau nucléaire.M. Fontana est passé successivement au gril des questions des députés et sénateurs des commissions des Affaires économiques de chacune des deux assemblées. Toutes deux ont donné leur feu vert à sa nomination, avec un total cumulé de 55 voix pour et de 40 voix contre, notamment des Ecologistes et de la France insoumise.Mais il reste une étape: un décret présidentiel devra avaliser la nomination, après une assemblée générale d’EDF le 5 mai.”Je mesure bien les défis qui attendent le futur président-directeur général d’EDF et je m’engagerai avec détermination dans ce nouveau challenge”, a déclaré M. Fontana devant le Sénat, un peu plus d’un mois après le départ brutal de l’actuel PDG Luc Rémont, que l’Elysée n’a pas reconduit à son poste. Entre EDF et l’État actionnaire, plusieurs différends s’étaient accumulés: maîtrise du programme de construction de réacteurs EPR2, part de l’État dans leur financement, sur fonds de bras de fer sur les prix de l’électricité avec les clients industriels énergivores. L’objectif est de fournir “une électricité compétitive à l’ensemble des consommateurs français et plus particulièrement aux industriels”, a dit d’emblée M. Fontana.Message reçu cinq sur cinq par ces derniers, regroupés dans le consortium Exeltium, qui achètent ensemble leur électricité. “Nous attendons avec impatience de reprendre les discussions et souhaitons les voir aboutir avant l’été” a déclaré à l’AFP un porte-parole.   En déclinant ses priorités pour EDF, M. Fontana a voulu se montrer à l’écoute des problématiques de compétitivité de l’industrie française et européenne qui se dit étranglée par les prix de l’énergie et demande à EDF de modérer ses prix.”J’aime l’industrie”, “je les connais bien”, a-t-il lancé après avoir décliné son itinéraire professionnel passé par les plus grands industriels électro-intensifs du pays – chimie, sidérurgie, ciment.”Je serai particulièrement attentif à identifier rapidement les marges de manœuvre possibles pour conclure des contrats avec eux”, a-t-il ajouté. Alors que son prédécesseur avait ulcéré les industriels en annonçant vouloir vendre de l’électricité aux enchères – notamment à destination des centres de données énergivores -, M. Fontana veut rassurer: “il faut d’abord servir nos collègues, nos partenaires électro-intensifs”.- Priorité au nucléaire -Sinon, la première priorité d’EDF restera de “poursuivre le rétablissement de la production du parc nucléaire” pour atteindre 400 térawatts en 2030. M. Fontana compte notamment “augmenter la puissance là où c’est possible”.Il s’agit aussi de “maîtriser les délais et les coûts du programme de relance du nucléaire”, annoncé en 2022 par Emmanuel Macron, avec la construction de six réacteurs EPR2 et une option pour huit autres: un programme “nécessaire” pour “faire face à l’inévitable effet de vieillissement du parc nucléaire”.Autre “grande priorité”: relancer l’investissement dans les barrages. “La ligne rouge à ne pas franchir est la mise en concurrence des installations”, a-t-il dit, même si c’est ce que demande Bruxelles.Tout cela, en assurant “la soutenabilité de la trajectoire financière de l’entreprise”, toujours lestée d’une dette abyssale de 54,3 milliards d’euros.”Équation impossible”, a réagi le rapporteur de la commission à l’Assemblée nationale Matthias Tavel (LFI) dénonçant les injonctions contradictoires, entre “le besoin de rentabilité” d’EDF “pour financer la filière nucléaire à la demande du gouvernement” et le fait de proposer une électricité à des prix bas pour les ménages et pour les entreprises, “quitte à vendre à perte”.Au Sénat, l’exposé de M. Fontana a suscité une sérieuse opposition avec 28 votes contre sa nomination et seulement 14 votes pour, plusieurs sénateurs soulignant auprès de l’AFP une audition sans relief et sur la réserve. “Beaucoup n’ont pas compris l’éviction de Luc Rémont, ce qui a renforcé la défiance et les attentes sur l’audition de Bernard Fontana. Le défi était d’autant plus grand pour lui” a indiqué un élu LR en requérant l’anonymat.  

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Avant sa nomination, le PDG d’EDF tente de déminer le terrain et fixe ses priorités pour une électricité “compétitive”

Bernard Fontana, le candidat choisi par l’Elysée pour prendre la tête d’EDF, a été confirmé mercredi par le parlement après un grand oral au cours duquel il a tenté d’expliquer comment il voulait pacifier les relations avec les grands clients industriels tout en répondant au défi financier et industriel du chantier du nouveau nucléaire.M. Fontana est passé successivement au gril des questions des députés et sénateurs des commissions des Affaires économiques de chacune des deux assemblées. Toutes deux ont donné leur feu vert à sa nomination, avec un total cumulé de 55 voix pour et de 40 voix contre, notamment des Ecologistes et de la France insoumise.Mais il reste une étape: un décret présidentiel devra avaliser la nomination, après une assemblée générale d’EDF le 5 mai.”Je mesure bien les défis qui attendent le futur président-directeur général d’EDF et je m’engagerai avec détermination dans ce nouveau challenge”, a déclaré M. Fontana devant le Sénat, un peu plus d’un mois après le départ brutal de l’actuel PDG Luc Rémont, que l’Elysée n’a pas reconduit à son poste. Entre EDF et l’État actionnaire, plusieurs différends s’étaient accumulés: maîtrise du programme de construction de réacteurs EPR2, part de l’État dans leur financement, sur fonds de bras de fer sur les prix de l’électricité avec les clients industriels énergivores. L’objectif est de fournir “une électricité compétitive à l’ensemble des consommateurs français et plus particulièrement aux industriels”, a dit d’emblée M. Fontana.Message reçu cinq sur cinq par ces derniers, regroupés dans le consortium Exeltium, qui achètent ensemble leur électricité. “Nous attendons avec impatience de reprendre les discussions et souhaitons les voir aboutir avant l’été” a déclaré à l’AFP un porte-parole.   En déclinant ses priorités pour EDF, M. Fontana a voulu se montrer à l’écoute des problématiques de compétitivité de l’industrie française et européenne qui se dit étranglée par les prix de l’énergie et demande à EDF de modérer ses prix.”J’aime l’industrie”, “je les connais bien”, a-t-il lancé après avoir décliné son itinéraire professionnel passé par les plus grands industriels électro-intensifs du pays – chimie, sidérurgie, ciment.”Je serai particulièrement attentif à identifier rapidement les marges de manœuvre possibles pour conclure des contrats avec eux”, a-t-il ajouté. Alors que son prédécesseur avait ulcéré les industriels en annonçant vouloir vendre de l’électricité aux enchères – notamment à destination des centres de données énergivores -, M. Fontana veut rassurer: “il faut d’abord servir nos collègues, nos partenaires électro-intensifs”.- Priorité au nucléaire -Sinon, la première priorité d’EDF restera de “poursuivre le rétablissement de la production du parc nucléaire” pour atteindre 400 térawatts en 2030. M. Fontana compte notamment “augmenter la puissance là où c’est possible”.Il s’agit aussi de “maîtriser les délais et les coûts du programme de relance du nucléaire”, annoncé en 2022 par Emmanuel Macron, avec la construction de six réacteurs EPR2 et une option pour huit autres: un programme “nécessaire” pour “faire face à l’inévitable effet de vieillissement du parc nucléaire”.Autre “grande priorité”: relancer l’investissement dans les barrages. “La ligne rouge à ne pas franchir est la mise en concurrence des installations”, a-t-il dit, même si c’est ce que demande Bruxelles.Tout cela, en assurant “la soutenabilité de la trajectoire financière de l’entreprise”, toujours lestée d’une dette abyssale de 54,3 milliards d’euros.”Équation impossible”, a réagi le rapporteur de la commission à l’Assemblée nationale Matthias Tavel (LFI) dénonçant les injonctions contradictoires, entre “le besoin de rentabilité” d’EDF “pour financer la filière nucléaire à la demande du gouvernement” et le fait de proposer une électricité à des prix bas pour les ménages et pour les entreprises, “quitte à vendre à perte”.Au Sénat, l’exposé de M. Fontana a suscité une sérieuse opposition avec 28 votes contre sa nomination et seulement 14 votes pour, plusieurs sénateurs soulignant auprès de l’AFP une audition sans relief et sur la réserve. “Beaucoup n’ont pas compris l’éviction de Luc Rémont, ce qui a renforcé la défiance et les attentes sur l’audition de Bernard Fontana. Le défi était d’autant plus grand pour lui” a indiqué un élu LR en requérant l’anonymat.  

“Stop aux contrôles”: des agriculteurs bloquent un lycée agricole de Montauban

Des agriculteurs de la Coordination rurale (CR) ont déversé à l’aube mercredi une quinzaine de bennes de paille, troncs, pommes et autres déchets végétaux devant un lycée agricole de Montauban (Tarn-et-Garonne) pour dénoncer les multiples contrôles de leurs fermes, ont constaté des journalistes de l’AFP.Devant le lycée, où devait initialement se tenir une réunion d’information sur la mise en place du “contrôle unique” des exploitations agricoles, une trentaine de manifestants, bonnets jaunes vissés sur la tête – leur symbole -, ont déployé des banderoles de la CR proclamant: “Contrôle tes narcotrafiquants avant de contrôler les paysans”, “Stop aux fermes qui ferment” ou encore “Stop aux contrôles, nous sommes paysans, pas délinquants”.Ce contrôle administratif unique, réclamé par les syndicats de la profession, a été annoncé par le gouvernement fin 2024. La simplification des contrôles dans les exploitations agricoles était l’une des grandes revendications lors du mouvement de colère agricole qui a secoué le pays l’hiver précédent.La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a “fermement” condamné le blocage.”Empêcher une réunion pédagogique sur les contrôles en exploitation, c’est entraver le dialogue”, a-t-elle déclaré à l’AFP, avant d’ajouter: “La pédagogie autour des contrôles est indispensable pour construire une agriculture souveraine, responsable et comprise de tous.”La ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, a quant à elle regretté, également auprès de l’AFP, “des provocations inutiles, avant tout préjudiciables aux agriculteurs qui sont sur le terrain”.”On en a marre qu’on nous convie à des réunionites pour discuter de la longueur et de l’épaisseur de la chaîne qu’on nous met au cou”, avait déclaré le matin à l’AFP Christian Schievene, coprésident de la CR du Tarn-et-Garonne.”On nous augmente les coûts de production de façon démesurée par les multitudes de contrôles et on nous met en concurrence déloyale face au monde entier”, a ajouté ce producteur de pommes devant le lycée bloqué.”On est probablement la profession la plus contrôlée”, a renchéri Pierre-Guillaume Mercadal, éleveur de cochons laineux et porte-parole de la CR du département.”Ils peuvent venir contrôler chez vous sans que vous soyez avertis et vous vous retrouvez avec des types armés chez vous comme si vous étiez le dernier des bandits”, a-t-il dit, en référence au port d’arme “discret pour l’ensemble des contrôles administratifs dans les corps de ferme” validé par le gouvernement pour les agents de l’Office français de la biodiversité (OFB).Le préfet du Tarn-et-Garonne, Vincent Roberti, a déploré dans un communiqué que la CR ait ainsi “bloqué un outil de formation des agriculteurs” et “empêché des agriculteurs qui le souhaitaient de” s’informer.

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Une vigie du climat menacée par les coupes de Trump dans la science

Dans son laboratoire de Californie, Ralph Keeling soupire devant la courbe mise au point par son père pour mesurer la quantité de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Car après 67 ans d’existence, le sort de cet “indicateur majeur du changement climatique” est incertain sous l’administration Trump.Les Etats-Unis “ont besoin de cette information, il n’y a aucun doute là-dessus”, affirme à l’AFP ce professeur de géochimie à l’Institut d’océanographie Scripps de San Diego.Son père, Charles David Keeling, a décidé dès 1958 d’évaluer les concentrations atmosphériques de CO2 au sommet du volcan Mauna Loa, à Hawaï. Cela a donné naissance à la courbe de Keeling, qui représente aujourd’hui la plus ancienne série de mesures continues retraçant l’évolution de ce gaz à effet de serre, produit par la combustion des énergies fossiles. Ce graphique “a montré très tôt que l’activité humaine avait un impact sur l’ensemble de la planète”, même quand les effets du changement climatique n’étaient pas encore palpables, rappelle Ralph Keeling.Aujourd’hui encore, il s’agit d’une vigie essentielle du climat. Elle fournit une base de réflexion pour que les agriculteurs modifient leurs cultures face au réchauffement, ou que les assureurs adaptent leur couverture face à la multiplication des incendies, résume le professeur.”Il s’agit de données très solides, mais le programme qui les produit est fragile”, regrette-t-il.- “Préoccupant” -Les inquiétudes sont apparues début mars, lorsque le département pour l’efficacité gouvernementale d’Elon Musk a recommandé d’annuler d’ici fin août le bail du bureau de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) à Hawaï. Cette antenne, située dans la ville d’Hilo, est notamment chargée de la maintenance des mesures au sommet du Mauna Loa. Mais les scientifiques sur place risquent bien plus que de devoir travailler sans bureau. La NOAA, organe clé de la recherche climatique américaine, est visée par des centaines de licenciements depuis le retour au pouvoir de Donald Trump – qui a qualifié le changement climatique de “canular” lors de son premier mandat.La Maison Blanche souhaite également amputer le budget de l’agence de 1,6 milliard de dollars, selon des documents révélés mi-avril par le New York Times. Le plan envisage aussi la suppression de sa branche consacrée à la recherche océanique et atmosphérique.”C’est préoccupant”, lâche M. Keeling.Au sommet du Mauna Loa, un observatoire abrite des machines de l’Institut Scripps et de la NOAA, qui mesurent en parallèle la concentration atmosphérique de CO2 à 3.400 mètres d’altitude. Pour s’assurer qu’elles fonctionnent correctement, les scientifiques locaux recueillent aussi régulièrement des échantillons d’air dans des bonbonnes en verre, en suivant la méthode mise au point par son père il y a six décennies à San Diego.Depuis cette époque, d’autres pays ont appris à mesurer la quantité de CO2 dans l’atmosphère, grâce à de nouvelles méthodes impliquant parfois des satellites.Mais elles ne suffisent pas à elles seules, selon M. Keeling. “Ces efforts supplémentaires partent du principe que la colonne vertébrale mise en place par Scripps et la NOAA est toujours là. Ils s’appuient sur une colonne vertébrale plutôt que de la remplacer”, explique-t-il.- “Ridicule” -Contactée par l’AFP, la NOAA a refusé d’indiquer l’impact potentiel des coupes envisagées sur son programme gérant la courbe de Keeling.”Nous ne discutons pas des questions de management interne et nous ne donnons pas d’entretiens spéculatifs”, a répondu l’agence, en précisant qu’elle “reste fidèle à sa mission” pour “garantir la résilience environnementale et économique” des Etats-Unis.Un discours loin de rassurer Tim Lueker, qui a passé toute sa carrière au sein du programme de mesures atmosphériques lancé par l’Institut Scripps.L’administration Trump “ne fait pas ces coupes pour économiser de l’argent. Ce qui se passe est tellement évident”, soupire le scientifique.A 67 ans, il s’inquiète d’une attaque en règle contre les sciences du climat, car le gouvernement a ordonné à la NOAA de recenser les financements accordés aux projets mentionnant les termes “crise climatique”, “énergie propre”, “qualité environnementale” ou “pollution”.”L’idée d’économiser de l’argent pour le peuple américain est ridicule, quand on compare le coût d’un avion de chasse au budget annuel de la NOAA pour la recherche climatique”, conclut-il.