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Rétrospective à Albi de l’oeuvre intégrale du Toulouse-Lautrec affichiste

Elles sont toutes là sur les murs du musée Toulouse-Lautrec à Albi, des célèbres Goulue et Aristide Bruant aux plus méconnues: pour la première fois réunies, les 31 affiches de Lautrec sortent en pleine lumière après quatre ans de restauration, pour une rétrospective des oeuvres qui ont fait sa renommée.”C’est une grande occasion de célébrer toutes les affiches qu’on ne peut pas montrer en permanence” pour des raisons de conservation, explique à l’AFP Fanny Girard, la commissaire de l’exposition “Toulouse-Lautrec et l’art de l’affiche”, visible jusqu’au 31 août à Albi, la ville natale du peintre.”Les oeuvres sur papier, ce sont des oeuvres qui sont très peu montrées, généralement la règle dans les musées c’est qu’on les présente sur un temps limité, trois-quatre mois maximum, et puis après elles retournent plusieurs années au noir dans les réserves du musée”, précise la directrice du musée qui renferme la totalité des affiches créées par Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901). Les 31 affiches furent données par la famille en 1922 au maire d’Albi alors que le musée du Luxembourg les avait refusées, raconte Mme Girard, en raison de la “réputation sulfureuse” de l’artiste, familier des maisons closes et connu pour ses portraits de la bohème montmartroise. Certaines n’ont jamais été placardées dans les rues de Paris, comme cette version inédite verticale de l’imposant profil du chansonnier Aristide Bruant qui, sur 2,85 mètres de haut, debout sur scène, domine son auditoire, avec la présence incongrue de la danseuse du Moulin Rouge Jane Avril.Ou encore le projet avorté pour la chanteuse Yvette Guilbert, qui ne se trouva pas à son avantage et refusa le dessin: “pour l’amour du ciel, ne me faites pas si atrocement laide!”, écrivit-elle à l’affichiste déçu qui espérait pourtant “le plus beau succès” avec cette commande.Malgré quelques refus et concours ratés, Toulouse-Lautrec représente le précurseur de l’affiche du XXe siècle, s’accordent les experts. “J’ai attaché-là le bout d’une filière qui peut me mener assez loin je l’espère”, écrivait-il d’ailleurs à sa mère en 1892.- “Parti pris” -Pendant la dernière décennie du XIXe siècle, qui marque l’essor de l’affiche illustrée et de la publicité moderne, Toulouse-Lautrec s’impose comme un incontesté affichiste novateur et moderne. “Il a adopté un parti pris différent”, explique Fanny Girard. Dans ses affiches, il se positionne à l’intérieur du cadre, mélange les plans et les perspectives “par une construction de l’espace impossible” inspirée des estampes japonaises, “dont le but est l’efficacité visuelle”, souligne la conservatrice.Comme dans l’affiche de la Goulue au Moulin rouge, qui ouvre l’exposition, où le cabaret du boulevard de Clichy n’est plus représenté par ses ailes écarlates mais par ses globes lumineux reconnaissables de ceux qui le fréquentent alors. Ou comme l’intrigante perspective d’un manche de contrebasse de l’affiche Jane Avril, dans un parallèle édifiant avec une oeuvre du peintre japonais Hiroshige Utagawa.”Il va jouer sur différentes techniques”, poursuit la commissaire. Il utilise à grande échelle “le crachis”, projection de gouttelettes de peinture à la brosse à dents. Il innove dans le choix des couleurs comme ce vert olive, appelé aujourd’hui “vert Lautrec”, ou ces aplats de noir qui font surgir des gants, un chapeau ou un mollet.Pour l’occasion, le musée d’Albi propose des manipulations dans un atelier de lithographe pour créer sa propre affiche à la manière de Toulouse-Lautrec.  Enrichis par une sélection d’oeuvres empruntées à des musées parisiens, les dessins de Lautrec sont accompagnés d’anecdotes et d’écrits de l’artiste, tantôt avec leurs études préparatoires, tantôt avec des réalisations d’autres affichistes de l’époque. On découvre d’autres facettes du Lautrec affichiste, comme ses lithographies créées pour lancer des revues littéraires et des romans feuilletons de la Dépêche du Midi, ou encore ses affiches publicitaires vantant la légèreté des confettis inventés pour remplacer, pendant le carnaval, les minuscules plâtres colorés interdits en 1892 car jugés trop dangereux.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Flèches contre tracteurs: la bataille silencieuse dans l’Amazonie péruvienne

Lorsque des indigènes ont surgi avec leurs arcs et leurs machettes, Daniel Braun et d’autres mennonites de l’Amazonie péruvienne se sont enfuis à travers les rizières, abandonnant leurs granges en flammes.A Masisea, une localité qu’on atteint après plusieurs heures de navigation sur le fleuve Ucayali, ou par des routes ravinées par la pluie, les mennonites ne font pas seulement face à la colère des indigènes. Ils risquent aussi la prison, accusés de détruire la forêt dans le cadre de leur expansion agricole. L’une des communautés indigènes les plus opposées à ce groupe ultra-religieux protestant est celle de Caimito, située sur les rives de la lagune Imiria. Environ 780 shipibo-konibo y résident dans des conditions relativement précaires, vivant de la pêche et d’une agriculture à petite échelle. Le soir venu, certains se rassemblent dans la seule épicerie équipée d’un accès à internet grâce à des panneaux solaires.Leur territoire couvre près de 5.000 hectares dont un peu moins de 600 ont été “envahis” par les mennonites, explique à l’AFP le chef indigène Abner Ancon, 54 ans. “Les mennonites construisent des fermes sur le territoire communal (…) Ils déforestent toujours. Ce qu’ils font est un crime contre l’environnement”, peste l’homme, chemise bleue ouverte sur un polo blanc.Les mennonites, dont l’origine remonte à l’Europe du 16e siècle, ont établi cinq prospères colonies depuis leur arrivée dans l’Amazonie péruvienne il y a près de dix ans.- “Manque de terres” -Venus de Bolivie, ceux qui se sont installés à Masisea, à la frontière avec le Brésil, élèvent du bétail et cultivent riz et soja sur 3.200 hectares.Le “manque de terres” et la “gauche radicale” nous ont amenés à Masisea, résume David Klassen, 45 ans, l’un des dirigeants de la colonie, en nourrissant ses cochons dont il s’occupe avec ses cinq enfants de sept à 20 ans.Aujourd’hui, ils forment une enclave de 63 familles. Dans leurs coquettes maisons, ils n’ont pas internet et leur électricité provient de générateurs à essence.Autosuffisants et opposés au métissage, ils utilisent des tracteurs dans les champs ou comme moyen de transport. Ils parlent un dialecte allemand et à peine espagnol. Les femmes portent des robes longues et les hommes des chemises à carreaux.Depuis le début du 20e siècle, les mennonites ont fondé un peu plus de 200 colonies en Amérique latine, notamment en Argentine, en Bolivie, en Colombie, au Mexique, au Paraguay et maintenant au Pérou, selon une étude de l’universitaire belge Yann le Polain. Dans plusieurs de ces pays, ils font face à des plaintes pour déforestation.En juillet, dix ans après leur installation à Masisea, la stabilité de leur colonie a été soudainement remise en question. Daniel Braun était assis avec quelques-uns des siens devant une grange quand un groupe de shipibo-konibo a surgi.”Ils sont entrés avec des flèches, des machettes et tout ça. Ils nous ont fait très peur. Ils nous ont dit +partez+”, raconte-t-il. Ils “ont mis le feu”, assure encore l’homme de 39 ans aux mains épaisses. L’incident n’a pas fait de victimes.Aujourd’hui encore, les vestiges d’un hangar et d’une grange émergent des rizières nouvellement plantées.Le chef shipibo Abner Ancon assure que la “garde indigène” a fait fuir “sans violence” les mennonites.- “Tout aplanir” -En 2024, le parquet a inculpé 44 chefs de famille de cette communauté mennonite pour la destruction de 894 hectares de forêt primaire et demandé entre huit et dix ans de prison pour chacun.Leur avocat, Carlos Sifuentes, assure que les terres achetées en arrivant étaient “déjà déforestées” et qu’elles se trouvent en dehors du territoire des shipibo-konibo, ce que ces derniers contestent.Les mennonites ont “embauché” des tiers pour “débroussailler” des zones de forêt, afin de pouvoir ensuite y entrer “avec leurs tracteurs pour tout aplanir”, affirme leur avocate Linda Vigo.Le programme indépendant Monitoreo de la Amazonia andina (MAAP) estime à 8.660 hectares la surface de forêts déboisée par les mennonites au Pérou depuis 2017.A peine une infime partie des trois millions d’hectares de forêts perdus au cours des trois dernières décennies dans le pays, principalement en raison des incendies, de la déforestation et de l’exploitation minière illégale, selon les autorités.”Nous aimons la campagne” et “nous ne voulons pas tout détruire”, affirme David Klassen au milieu des rizières verdoyantes de la colonie.Le modèle de production agricole des mennonites n’est pas “complètement conforme aux attentes écologistes”, mais les terres qu’ils ont achetées “étaient déjà dévastées”, assure Pedro Favaron, de l’Université catholique pontificale du Pérou. 

Jugement attendu dans le procès pour cyberharcèlement de Thomas Jolly

Le tribunal correctionnel rend lundi son jugement au procès de sept personnes soupçonnées d’avoir cyberharcelé le directeur artistique Thomas Jolly, après la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris-2024.Le procès de ces sept personnes, jugées pour “menaces de mort réitérées, cyberharcèlement et injures aggravées en raison de l’orientation sexuelle ou de l’appartenance vraie ou supposée à une religion”, a eu lieu en mars et la décision avait été mise en délibéré. A l’audience, seuls cinq des sept prévenus étaient présents, les deux autres étant retenus ou malades. Ils étaient alors apparus comme des monsieur et madame Tout le monde ayant basculé dans la cybercriminalité.Thomas Jolly était également absent.Le ministère public avait requis des peines allant de trois à huit mois de prison avec sursis à l’encontre de ces sept personnes – six hommes et une femme âgés de 22 à 79 ans – ainsi que des stages de citoyenneté et une suspension du compte d’accès en ligne pour une durée de trois et cinq mois pour deux d’entre eux.Dans ses réquisitions, la procureure avait dénoncé le sentiment d’impunité des personnes qui réagissent à chaud et envoient si facilement des messages pour donner leur avis.”Or, on sait que ces propos peuvent ensuite armer une personne”, avait-elle souligné, faisant référence aux attaques physiques après des mises en cause sur les réseaux sociaux.- Profils “banals” -Chaque avocat de la défense a insisté à sa manière sur les profils “banals” de leurs clients, loin des trolls professionnels qui sévissent sur internet. Des Français qui se sont laissé entraîner par la facilité de communication offerte par les réseaux.Thomas Jolly, 43 ans, directeur artistique des cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux olympiques et paralympiques de Paris, avait déposé plainte le 31 juillet, quelques jours après le début des Jeux, affirmant “être la cible, sur les réseaux sociaux, de menaces et d’injures à caractère homophobe ou antisémite”.Alors que la créativité de la cérémonie d’ouverture a été saluée par de nombreux spectateurs, le tableau intitulé “Festivité” a alimenté l’été dernier une polémique dans des milieux conservateurs et d’extrême droite.Le tableau, représentant un groupe attablé, dont plusieurs drag queens célèbres, a été interprété par certains comme une parodie moqueuse du dernier repas de Jésus avec ses apôtres, la Cène, telle que représentée par Léonard de Vinci.Thomas Jolly avait démenti toute volonté de choquer et expliqué avoir voulu représenter une “grande fête païenne reliée aux dieux de l’Olympe”. Les messages haineux à son encontre n’avaient pas cessé et s’étaient même multipliés.

François Bayrou à Marseille pour engager une réflexion sur le financement des transports de demain

Le Premier ministre François Bayrou inaugure lundi, à Marseille, une conférence destinée à dégager des pistes de réflexion pour financer les transports et les infrastructures jusqu’en 2040, sans grever davantage les finances de l’Etat.”Il s’agit de sortir des scénarios sur les financements des mobilités et des infrastructures sur la période 2026-2040″, résume auprès de l’AFP Dominique Bussereau, le président de cette conférence baptisée Ambition France Transports.Les besoins sont colossaux, d’une part pour financer les transports collectifs appelés à se développer massivement afin de décarboner les déplacements, mais aussi pour entretenir des infrastructures (routes, rail, ponts, gares, etc.) vieillissantes et dont la dégradation s’accélère avec le changement climatique.D’après un rapport publié en 2023 par les sénateurs Hervé Maurey (groupe centriste) et Stéphane Sautarel (LR), les déplacements des Français et le transport de marchandises nécessiteront d’ici 2030 environ 100 milliards d’euros, fonctionnement et investissements confondus.”Si on veut faire de la transition écologique en France, il faut faire plus de trains de fret, plus de transports publics, plus de camions électriques, plus de voies fluviales”, énumère M. Bussereau, lui-même ancien secrétaire d’Etat aux Transports entre 2002 et 2004 puis de 2007 à 2010.- Concessions autoroutières -Ambition France Transports, dont les travaux seront lancés lundi à Marseille par le Premier ministre, en présence de plusieurs membres du gouvernement, sera organisée sous forme de quatre ateliers, réunissant chacun entre 10 et 15 participants (élus, professionnels, économistes).L’un portera sur le financement des transports du quotidien et en particulier les Serm (Services express régionaux métropolitains, les fameux RER métropolitains annoncés en 2023). Un atelier concernera la mobilité routière et notamment l’avenir des concessions autoroutières qui arrivent toutes à échéance entre 2031 et 2036, un autre le ferroviaire et un dernier le fret.L’objectif est “de reposer les bases d’un système de financement durable, robuste et pérenne”, selon une source gouvernementale, alors que le fossé ne cesse de se creuser entre les projets d’infrastructures annoncés, le nécessaire entretien des routes et des voies ferrées et “les ressources qui sont actuellement mobilisables”.L’âge moyen du réseau ferroviaire français atteint près de 29 ans là où, en Allemagne, il est de 17 ans, et en Suisse, référence mondiale en la matière, 15 ans.La conférence doit rendre ses conclusions fin juillet, selon le gouvernement. Une grande partie des débats devraient tourner autour de l’avenir des concessions autoroutières. – Ecotaxe -Celles-ci, exploitées dans leur immense majorité par trois grands groupes (Vinci, Eiffage et l’Espagnol Abertis) arrivent à échéance entre 2031 et 2036.Doit-on conserver le modèle des concessions? Passer à la gestion directe? Financer leur entretien par le péage ou bien par l’impôt? Et surtout, doit-on mettre la route à contribution pour financer le ferroviaire? Aucune piste ne sera écartée, assurent les organisateurs de la conférence.”S’il y a une idée que j’exprimerai avec force, c’est qu’il faudra que les ressources dégagées par les autoroutes soient clairement fléchées vers le secteur des transports”, déclarait le ministre chargé des Transports Philippe Tabarot mi-mars au Figaro. Les sociétés concessionnaires réalisent environ 13 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an. Pour défendre leur modèle, elles affirment assumer de nombreux investissements, à commencer par l’installation de bornes électriques dont le nombre sur les aires d’autoroute devra être multiplié par dix d’ici 2035 pour répondre à la demande, selon l’une d’entre elles.Autre question qui risque de tendre les discussions: le retour éventuel de l’écotaxe poids lourds, mesure qui avait suscité un tollé en 2013 avant d’être abandonnée. Si elle avait été maintenue, “on aurait six milliards de plus par an actuellement, donc on n’aurait pas besoin de faire une conférence”, a rappelé Dominique Busserau.L’Union des transports publics et ferroviaires (UTPF) défendra d’ailleurs cette mesure, a indiqué Florence Sautejeau, déléguée générale de cette organisation qui rassemble les entreprises de transports publics.

Far right tops Romania’s presidential rerun, to face pro-EU candidate in run-off

Romania’s far-right candidate George Simion took a comfortable lead in Sunday’s first round of presidential elections, near-final results for the rerun of last year’s annulled ballot showed.The closely watched rerun could potentially herald a foreign policy shift in the EU country of 19 million, which has become a key pillar of NATO since Russia’s invasion …

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Israel vows retaliation against Iran, Yemen’s Huthis over airport attack

Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu vowed Sunday a response to Yemen’s Huthis and their Iranian backers after the rebels struck the area of Israel’s main airport, wounding six people.The strike came hours before Israel’s army confirmed the call-up of “tens of thousands” of reservists to expand the 19-month war in Gaza against the Palestinian militants …

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Trump says ‘I don’t know’ if must uphold US Constitution as president

US President Donald Trump said in remarks airing Sunday that he does not know whether he must uphold the US Constitution, the nation’s founding legal document.In a wide-ranging NBC News interview, the 78-year-old Republican also said he was not seriously considering running for a constitutionally-barred third White House term, and blamed his presidential predecessor Joe …

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