AFP Top News

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Le modèle de financement des infrastructures est “à bout de souffle”, alerte Bayrou

“Notre modèle de financement des infrastructures de transport est aujourd’hui à bout de souffle”, a déclaré lundi le Premier ministre François Bayrou, lors du lancement à Marseille d’une grande conférence qui va durer deux mois et doit dégager des pistes de financement pour les transports de demain.”Plusieurs dizaines de milliards d’euros sont nécessaires pour régénérer et moderniser notre réseau ferroviaire, ainsi que nos routes et autoroutes non concédées”, a insisté le Premier ministre, alors que la France doit trouver 40 milliards d’économie pour son budget 2026.La conférence, baptisée Ambition France Transports et présidée par l’ancien secrétaire d’État aux Transports Dominique Bussereau, doit proposer des scénarios pour sécuriser des financements pérennes avec trois ambitions: régénérer et moderniser les réseaux de transports, augmenter l’offre et accélérer la transition écologique.Pour atteindre les objectifs fixés lors de la troisième stratégie nationale bas carbone, la fréquentation des transports publics doit augmenter de 25% d’ici 2030. Le secteur des transports est responsable d’un tiers du total des émissions de gaz à effet de serre en France, l’immense majorité à cause de la route. Les infrastructures de transport doivent aussi s’adapter au changement climatique avec les vagues de chaleur, inondations ou glissements de terrains qui viennent accélérer la dégradation des ouvrages.- Ruralité -“Les engagements de l’État n’ont cessé de s’accumuler sans mettre les moyens en face”, a souligné François Bayrou.En 2023, la Première ministre de l’époque Élisabeth Borne annonçait notamment un plan d’investissements de 100 milliards d’euros pour le ferroviaire d’ici 2040. Une promesse qui peine aujourd’hui à se concrétiser.”Les 100 milliards n’ont pas été totalement budgétisés, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais pour autant, il en reste quelque chose”, a répondu le ministre chargé des Transports Philippe Tabarot, soulignant l’augmentation des investissements pour l’entretien du réseau ferroviaire. Une hausse des crédits uniquement permis par les bénéfices de la SNCF.L’Association des maires de France (AMF) a déploré de son côté de ne pas avoir été associée au groupe de réflexion sur la mobilité routière. Pourtant, “elle représente les collectivités en charge de 65% du réseau routier national”. Les communes doivent gérer “700.000 km de voies et 120.000 ouvrages” alors qu’elles “n’ont aucune ressource dédiée et font face à des charges croissantes”, dénonce l’AMF. L’association assure qu’elle sera attentive à la prise en compte des zones rurales, moins dotées que les villes en transports collectifs.Ambition France Transports, dont les travaux doivent se terminer mi-juillet, sera organisée sous forme de quatre ateliers, réunissant chacun entre 10 et 15 participants (élus, professionnels, économistes).- Avenir des autoroutes -L’un portera sur le financement des transports du quotidien et en particulier les Serm (Services express régionaux métropolitains, les fameux RER métropolitains annoncés en 2022). Un atelier concernera la mobilité routière et notamment l’avenir des concessions autoroutières qui arrivent toutes à échéance entre 2031 et 2036, un autre le ferroviaire et un dernier le fret.La fin des concessions autoroutières, exploitées dans leur immense majorité par trois grands groupes (Vinci, Eiffage et l’Espagnol Abertis), devrait occuper une grande partie des débats. Elle “offre une opportunité sans précédent pour les pouvoirs publics de rediriger les recettes des péages de manière durable vers les projets de transport”, a relevé François Bayrou.”Je me souviens qu’en 2005, j’avais été bien seul à m’émouvoir, lorsque le gouvernement avait décidé de céder ses parts dans les sociétés concessionnaires d’autoroutes”, a-t-il rappelé.”L’État, je le crois, s’est volontairement privé d’une ressource qui était le véritable patrimoine des Français et qui aurait pu abonder de manière pérenne le secteur des transports pour trouver de nouveaux investissements, de nouveaux financements”, a-t-il poursuivi, sans vouloir révéler quel modèle aurait sa préférence à l’avenir.Les sociétés concessionnaires réalisent environ 13 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an. Pour défendre leur modèle, elles affirment assumer de nombreux investissements, à commencer par l’installation de bornes électriques dont le nombre sur les aires d’autoroute devra être multiplié par dix d’ici 2035 pour répondre à la demande, selon l’une d’entre elles.

Le modèle de financement des infrastructures est “à bout de souffle”, alerte Bayrou

“Notre modèle de financement des infrastructures de transport est aujourd’hui à bout de souffle”, a déclaré lundi le Premier ministre François Bayrou, lors du lancement à Marseille d’une grande conférence qui va durer deux mois et doit dégager des pistes de financement pour les transports de demain.”Plusieurs dizaines de milliards d’euros sont nécessaires pour régénérer et moderniser notre réseau ferroviaire, ainsi que nos routes et autoroutes non concédées”, a insisté le Premier ministre, alors que la France doit trouver 40 milliards d’économie pour son budget 2026.La conférence, baptisée Ambition France Transports et présidée par l’ancien secrétaire d’État aux Transports Dominique Bussereau, doit proposer des scénarios pour sécuriser des financements pérennes avec trois ambitions: régénérer et moderniser les réseaux de transports, augmenter l’offre et accélérer la transition écologique.Pour atteindre les objectifs fixés lors de la troisième stratégie nationale bas carbone, la fréquentation des transports publics doit augmenter de 25% d’ici 2030. Le secteur des transports est responsable d’un tiers du total des émissions de gaz à effet de serre en France, l’immense majorité à cause de la route. Les infrastructures de transport doivent aussi s’adapter au changement climatique avec les vagues de chaleur, inondations ou glissements de terrains qui viennent accélérer la dégradation des ouvrages.- Ruralité -“Les engagements de l’État n’ont cessé de s’accumuler sans mettre les moyens en face”, a souligné François Bayrou.En 2023, la Première ministre de l’époque Élisabeth Borne annonçait notamment un plan d’investissements de 100 milliards d’euros pour le ferroviaire d’ici 2040. Une promesse qui peine aujourd’hui à se concrétiser.”Les 100 milliards n’ont pas été totalement budgétisés, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais pour autant, il en reste quelque chose”, a répondu le ministre chargé des Transports Philippe Tabarot, soulignant l’augmentation des investissements pour l’entretien du réseau ferroviaire. Une hausse des crédits uniquement permis par les bénéfices de la SNCF.L’Association des maires de France (AMF) a déploré de son côté de ne pas avoir été associée au groupe de réflexion sur la mobilité routière. Pourtant, “elle représente les collectivités en charge de 65% du réseau routier national”. Les communes doivent gérer “700.000 km de voies et 120.000 ouvrages” alors qu’elles “n’ont aucune ressource dédiée et font face à des charges croissantes”, dénonce l’AMF. L’association assure qu’elle sera attentive à la prise en compte des zones rurales, moins dotées que les villes en transports collectifs.Ambition France Transports, dont les travaux doivent se terminer mi-juillet, sera organisée sous forme de quatre ateliers, réunissant chacun entre 10 et 15 participants (élus, professionnels, économistes).- Avenir des autoroutes -L’un portera sur le financement des transports du quotidien et en particulier les Serm (Services express régionaux métropolitains, les fameux RER métropolitains annoncés en 2022). Un atelier concernera la mobilité routière et notamment l’avenir des concessions autoroutières qui arrivent toutes à échéance entre 2031 et 2036, un autre le ferroviaire et un dernier le fret.La fin des concessions autoroutières, exploitées dans leur immense majorité par trois grands groupes (Vinci, Eiffage et l’Espagnol Abertis), devrait occuper une grande partie des débats. Elle “offre une opportunité sans précédent pour les pouvoirs publics de rediriger les recettes des péages de manière durable vers les projets de transport”, a relevé François Bayrou.”Je me souviens qu’en 2005, j’avais été bien seul à m’émouvoir, lorsque le gouvernement avait décidé de céder ses parts dans les sociétés concessionnaires d’autoroutes”, a-t-il rappelé.”L’État, je le crois, s’est volontairement privé d’une ressource qui était le véritable patrimoine des Français et qui aurait pu abonder de manière pérenne le secteur des transports pour trouver de nouveaux investissements, de nouveaux financements”, a-t-il poursuivi, sans vouloir révéler quel modèle aurait sa préférence à l’avenir.Les sociétés concessionnaires réalisent environ 13 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an. Pour défendre leur modèle, elles affirment assumer de nombreux investissements, à commencer par l’installation de bornes électriques dont le nombre sur les aires d’autoroute devra être multiplié par dix d’ici 2035 pour répondre à la demande, selon l’une d’entre elles.

Face au “diktat” de Trump, la France et l’UE investissent pour attirer les chercheurs

Face au “diktat” de l’administration Trump en matière de recherche, Ursula von der Leyen et Emmanuel Macron ont annoncé lundi des enveloppes de plusieurs centaines de millions d’euros pour attirer en Europe et en France les scientifiques étrangers, particulièrement menacés aux Etats-Unis.Remettre en cause le rôle de la science “est une énorme erreur d’appréciation”, a estimé la présidente de la Commission européenne, en clôture de l’événement “Choose Europe for science” organisé à Paris à l’initiative du président français.”Personne ne pouvait penser que cette très grande démocratie du monde, dont le modèle économique repose si fortement sur la science libre”, “allait faire une telle erreur”, a abondé M. Macron, dénonçant tout “diktat qui consisterait à dire qu’un gouvernement” puisse interdire “de chercher ceci ou cela”.Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier, chercheurs et universités sont dans le collimateur de son administration, entre libertés académique et de recherche minées, financements sabrés. Et nombre de scientifiques s’interrogent sur la possibilité de poursuivre leurs recherches ailleurs.Pour les inciter à “choisir l’Europe”, la Commission européenne va proposer “une nouvelle enveloppe de 500 millions d’euros” pour la période 2025-2027, a déclaré sa présidente dans les locaux du prestigieux campus universitaire de La Sorbonne, au cœur de Paris.  – 3% du PIB -Vantant les “investissements stables et soutenus” et l'”infrastructure” favorables à la recherche en Europe, Ursula von der Leyen a annoncé des mesures pour pallier ses “lacunes”, notamment “une nouvelle +super-subvention+ d’une durée de sept ans” ainsi que le doublement jusqu’en 2027 du “complément” versé aux bourses de recherche. “A moyen et long terme: avec nos Etats membres, nous voulons atteindre l’objectif de 3% du PIB (produit intérieur brut, ndlr) pour l’investissement dans la recherche et le développement d’ici à 2030″, a-t-elle ajouté. En répétant sa volonté d'”inscrire la liberté de la recherche scientifique dans le droit au moyen d’un nouvel acte législatif sur l’Espace européen de la recherche”.De son côté, Emmanuel Macron a annoncé 100 millions d’euros “supplémentaires”. Ils serviront à “cofinancer des recrutements dans les établissements français” et seront financés par une réserve du programme d’investissement public France 2030 qui n’était jusqu’ici pas affectée, a précisé l’Elysée. “Cela passera par un engagement du secteur privé et de certaines collectivités locales pour accompagner ces cofinancements”, a précisé la présidence.L’Union européenne accueille déjà “25% des chercheurs mondiaux” et “chaque euro investi aujourd’hui à travers le programme-cadre Horizon Europe générera 11 euros de gain de PIB d’ici 2045″, a rappelé en ouverture de la conférence la commissaire européenne pour la Recherche Ekaterina Zaharieva.”C’est le genre d’engagement audacieux envers la recherche dont le monde a besoin en ce moment”, a salué auprès de l’AFP Krutika Kuppalli, spécialiste en maladies infectieuses dans une université texane.- “Duplicité” -Le chef de l’Etat avait annoncé la tenue de cette conférence mi-avril, au moment où était lancée une plateforme Choose France for Science, qui a depuis “suscité plus de 30.000 connexions, dont un tiers depuis les Etats-Unis”, a-t-il indiqué. L’initiative a fait grincer les dents des syndicats français de l’enseignement supérieur et de la recherche qui dénoncent le “sous-financement chronique” du secteur, des “regroupements forcés” d’établissements, mais aussi “des atteintes quasi incessantes à la liberté académique”, en rappelant les polémiques sur le wokisme à l’université. Pour le directeur de l’Inserm, Didier Samuel, “il y a eu un réinvestissement sur la recherche” ces dernières années mais “on n’a pas encore comblé le trou”. Il “faut qu’on maintienne” cette dynamique et qu'”on l’amplifie”, a-t-il estimé sur franceinfo.Les financements supplémentaires annoncés devront “nécessairement bénéficier à l’ensemble de la communauté de la recherche française et européenne”, a réagi auprès de l’AFP Yasmine Belkaid, directrice générale de l’Institut Pasteur, qui a déjà reçu “de nombreuses candidatures de très haut niveau”.Ces investissements ainsi que “la simplification des dispositifs d’accueil des scientifiques sont essentiels” afin de renforcer l’attractivité de l’Europe, a noté pour sa part le Pr. Alain Puisieux, président du directoire de l’Institut Curie.Ces annonces permettent “d’exprimer un certain degré de solidarité à nos collègues en difficulté”, a estimé l’immunologue Alain Fischer, lors d’une conférence de presse organisée par le collectif de chercheurs Stand up for Science France. A ses côtés, le physicien Bruno Andreotti a, lui, dénoncé une “forme de duplicité” quand la recherche subit des coupes budgétaires en France et dans plusieurs pays européens, appelant à “renouer avec des politiques d’investissement”.En France, “des efforts considérables ont été faits ces dernières années” et “vont continuer”, a assuré le ministre de la Recherche Philippe Baptiste sur Franceinfo, rappelant que le budget de la recherche publique était de “20 milliards d’euros par an”.

Le corps de la joggeuse disparue dans la Vienne retrouvé dans un sous-bois

Le corps d’une femme de 28 ans disparue il y a près d’un mois autour de Vivonne (Vienne), où cette adepte du trail était partie courir, a été retrouvé mais son décès demeure inexpliqué à ce stade selon le parquet.Agathe Hilairet, coureuse expérimentée de frêle corpulence (1,65 m pour 35 kg), n’avait plus donné signe de vie depuis la matinée du 10 avril, où elle avait quitté le domicile de ses parents à Vivonne, commune située à 20 km au sud de Poitiers, pour aller courir comme à son habitude.Le cadavre, découvert dimanche par un promeneur selon la gendarmerie, “se trouvait dans un sous-bois en périphérie des zones de recherches”, a déclaré lundi dans un communiqué le procureur de la République à Poitiers, Cyril Lacombe.”L’autopsie réalisée ce jour n’a pas permis de déterminer, à ce stade, les causes du décès. Plusieurs analyses complémentaires sont en cours afin de poursuivre les investigations”, a précisé le magistrat, sans mentionner d’éventuelles traces de violences ou d’agression.Après une première phase d’enquête pour “disparition inquiétante”, une information judiciaire avait été ouverte le 14 avril pour “enlèvement et séquestration”.Le dispositif de recherches avait été levé le 17 avril, après une semaine de ratissages ayant mobilisé plus d’une centaine de gendarmes, appuyés par un hélicoptère, des chiens et une équipe de plongeurs, au sein d’une large zone de 100 km2 où la jeune femme avait l’habitude de courir.Près de 180 signalements ont également été reçus par les enquêteurs dans le cadre de l’enquête.- “Arrêt maladie” -Sur l’application de géolocalisation sportive Strava, où elle diffusait ses relevés de course, la jeune femme se décrivait comme “adorant la course à pied”, pratiquée “depuis (ses) 17 ans”, se lançant sur des distances de 15 à 20 km à chacune de ses sorties.Elle avait repris en mai 2024 après “plusieurs années d’arrêt”, selon un message posté alors sur son compte Facebook.Le 10 avril, son père avait donné l’alerte en ne la voyant pas revenir alors que son téléphone ne répondait plus.Un membre du club de la défunte, Vivonne Loisirs, l’avait dépeinte, en participant aux recherches, comme une sportive “qui s’aligne régulièrement sur des courses”, “très motivée avec de gros objectifs”.”Je n’ai pas eu le sentiment de voir quelqu’un de malheureux, on est tous surpris par cette disparition car elle connaissait parfaitement le parcours”, avait complété un autre.Selon une voisine citée dans la presse le mois dernier, la disparue était en “arrêt maladie depuis deux mois”.

Global film industry reels from Trump tariff announcement

The cinema industry is reeling after US President Donald Trump announced 100-percent tariffs on foreign films, casting uncertainty over the future of international productions.Trump announced on Sunday he was directing relevant government agencies to “immediately begin the process of instituting a 100% Tariff on any and all Movies coming into our Country that are produced …

Global film industry reels from Trump tariff announcement Read More »

Le ministère de l’Education au coeur d’une nouvelle polémique sur Stanislas

En plein scandale Bétharram, le dossier Stanislas resurgit pour l’Education nationale, accusée d’avoir minimisé homophobie et autres dérives constatées dans cet établissement élitiste par une mission d’inspection, ce dont la rue de Grenelle se défend.Une ex-lycéenne qui dénonçait une discrimination dans son exclusion en juin 2022 de l’établissement privé du VIe arrondissement de Paris, a déposé plainte vendredi pour faux visant les conclusions possiblement “édulcorées” du rapport d’inspection, a appris l’AFP lundi.Pauline (prénom modifié), scolarisée entre 2013 et 2022 à Stanislas, avait déposé une première plainte en juillet dernier, accusant trois anciens responsables de Stanislas dont son ancien directeur de l’avoir exclue pour avoir manifesté son opposition à de “nombreux propos homophobes, sexistes et racistes du personnel dirigeant de l’établissement”.A l’origine de sa nouvelle plainte: des révélations sur un rapport de l’Inspection générale de l’Education (IGESR) de juillet 2023 sur Stanislas, qui avait été dévoilé par Mediapart en janvier 2024, en pleine polémique sur la scolarisation des enfants de l’ex-ministre de l’Education Amélie Oudéa-Castéra dans cet établissement privé catholique.Ce rapport dévoilait des “dérives” dans cet établissement. Il relevait notamment des “comportements qui entretiennent les stéréotypes de sexe”, et une “place des garçons et une culture de la non-mixité qui peuvent favoriser un climat propice à l’homophobie”. Il rapportait aussi l’histoire de Pauline, exclue après un conflit avec un préfet (responsable de niveau) qui lui aurait notamment demandé de “ne plus porter un pull LGBT” (multicolore).Ce rapport est revenu au coeur de l’actualité la semaine dernière. La commission d’enquête parlementaire sur les violences dans les établissements scolaires a annoncé qu’elle allait auditionner les inspecteurs responsables de l’enquête, après la réception d’un courrier de l’un d’entre eux. Cette inspectrice apporterait des éléments “qui prouvent que le rapport a été plutôt édulcoré par rapport aux témoignages recueillis”, notamment concernant l’homophobie et le racisme, a indiqué la présidente de la commission, la députée Fatiha Keloua Hachi.- “valeur juridique” du courrier -La commission d’enquête a reçu vendredi un nouveau courrier comparable d’une deuxième inspectrice, a-t-elle indiqué dimanche à l’AFP, confirmant une information du Monde. Selon Le Monde, les deux inspectrices assurent qu’une phrase qui ne leur a pas été montrée a été ajoutée au courrier de mission conclusif résumant le rapport, qui contribue à “dédouaner” Stanislas: “Au terme de la mission, l’équipe ne confirme pas les faits d’homophobie, de sexisme, et d’autoritarisme”.Ce “courrier de transmission” accompagnant le rapport est au coeur des spéculations sur une édulcoration volontaire par des hauts fonctionnaires de l’Education nationale des faits constatés à Stanislas.Selon la plainte de Pauline, ces “conclusions modifiées” du rapport ont “remis en cause sa parole” et ont “a minima ralenti la manifestation de la vérité” sur les faits dénoncés dans sa plainte.De son côté, l’inspection générale a assuré lundi à l’AFP n’avoir fait “aucune modification” du rapport “après sa validation collégiale”, pour en retirer ou atténuer des accusations d’homophobie, racisme ou sexisme.Concernant le “courrier de transmission”, l’inspection indique qu’il a été “rédigé sous la responsabilité du chef de service et a pour unique objet de présenter une synthèse des conclusions du rapport”, mais n’a aucune “valeur juridique”.Pour l’avocat de Pauline, Me Vincent Brengarth, cette défense n’est “pas pertinente”, car ce courrier peut toujours avoir une “valeur probatoire”.”Est ce qu’il y a eu une altération ou a minima une +édulcoration+ des conclusions du rapport, telles que voulues par les inspecteurs, dans un but politique de protéger cet établissement?”, ajoute-t-il. “Si tel était le cas, en plus de potentiellement constituer un faux en écriture publique, cela serait aussi une atteinte au principe d’indépendance des inspecteurs”.Lors de son audition fin mars par la commission parlementaire, l’ex-cheffe de l’IGESR Caroline Pascal, auteure du “courrier de transmission”, et aujourd’hui Directrice générale de l’enseignement scolaire (Dgesco), soit N°2 du ministère, avait affirmé que les inspecteurs généraux avaient “entendu une centaine de témoins” lors de cette enquête et qu’ils “n’avaient pas repéré d’homophobie systémique”.

Darmanin présente ses excuses trois ans après le fiasco du Stade de France

Gérald Darmanin accusait jusqu’à présent les supporters anglais. Trois ans après la finale de Ligue des champions Liverpool-Real Madrid au Stade de France, encadrée par un dispositif policier chaotique, celui qui était alors ministre de l’Intérieur s’est “excusé” lundi pour la première fois.”On s’est trompé de dispositif” d’encadrement policier de cette rencontre, admet dans une interview diffusée sur la chaîne Youtube Legend, trois ans après la finale remportée par le Real Madrid (1-0), celui qui était alors ministre de l’Intérieur.”On s’attendait à une guerre hooligan, et en fait on a eu des gens qui sont venus faire des rackets. Donc l’addition des conneries (…) fait que moi, quand je fais ma première sortie publique, je dis ce que j’ai vu et ce qu’on m’a dit: +les Anglais foutent le bordel+. (…) C’était pas vrai au sens littéral du terme”, explique le garde des Sceaux.”C’était un échec parce que j’avais pas bien prévu, et j’ai péché par idée reçue. Le coupable était facile”, reconnaît par ailleurs Gérald Darmanin.- Pagaille -Initialement prévue à Saint-Petersbourg, la finale avait été finalement organisée le 28 mai 2022 à Saint-Denis après l’invasion russe de l’Ukraine quelques mois plus tôt.La rencontre avait notamment été retardée de 37 minutes, les supporters ayant du mal à accéder à l’enceinte après avoir été canalisés dans des goulots d’étranglement surchargés.La police avait tiré des grenades de gaz lacrymogène en direction de milliers de supporters anglais coincés derrière des barrières métalliques. Ces derniers ont dû ensuite répondre à une série d’injustes accusations à la suite de ce chaos.L’UEFA, l’instance dirigeante du football européen, a d’abord tenté de rejeter la faute sur les supporters arrivés en retard, alors que des milliers d’entre eux avaient été retenus pendant des heures à l’extérieur du stade.Les autorités françaises avaient aussi affirmé qu’une “fraude à l’échelle industrielle” de faux billets était à l’origine du problème. En 2023, le parquet de Bobigny avait estimé à “au moins 5.000”, sur 79.000 places au Stade de France, les fraudes potentielles portant sur des billets ce soir-là.Cette dernière accusation des autorités, jugée mensongère, a été très mal perçue en Grande-Bretagne.Une enquête du Sénat a conclu qu’un dispositif de sécurité mal conçu était à l’origine de la pagaille. Sur quoi un rapport indépendant a affirmé que l’UEFA portait la “responsabilité principale” des défaillances ayant failli transformer le match en “catastrophe mortelle”.- Blessures physiques et mentales -De nombreux supporters, dont des enfants, avaient exprimé leur traumatisme suite à cet événement, dont l’issue aurait pu être tragique.Pour nombre d’entre eux, ces scènes de chaos avaient rappelé la terrible bousculade du stade de Hillsborough en 1989, qui avait entraîné la mort de 97 d’entre eux.Au moins 80 plaintes de supporters anglais et espagnols pour vols et violences avaient été déposées après l’événement. Saisie par des supporters de Liverpool, la Défenseure des droits, Claire Hédon, avait estimé en juillet 2024 que l’emploi de “moyens lacrymogènes” pour “empêcher les tentatives d’intrusion dans le stade” n’était “pas absolument nécessaires, ni adapté aux circonstances et a mis en danger les personnes légitimement présentes pour assister au match, qui étaient majoritaires”. Concernant les “agressions subies par les supporters aux abords du stade”, la Défenseure des droits avait estimé que “les forces de l’ordre ont failli à leur mission de protection des personnes et des biens”.L’UEFA avait annoncé en mars 2024 avoir conclu un accord avec les supporters de Liverpool, qui réclamaient des indemnisations, pour les blessures physiques et mentales causées par les incidents du Stade de France.”Ce que je ne sais pas ce soir-là, c’est que l’essentiel de la difficulté ne vient pas des supporters anglais, (…) mais des délinquants de Seine-Saint-Denis”, a affirmé Gérald Darmanin lundi.

Grève SNCF: trafic francilien perturbé, précisions attendues mardi pour le pont du 8-mai

Les grandes lignes de la SNCF sont épargnées lundi par une grève qui pertube certaines lignes franciliennes et de TER, avant la poursuite du mouvement pour le pont du 8-mai.Plusieurs catégories de personnel étaient appelées à faire grève à partir de lundi par la CGT-Cheminots et SUD-Rail pour réclamer une hausse des rémunérations et une meilleure anticipation des plannings, trop souvent modifiés à la dernière minute d’après eux. Pour le pont du 8-mai, un influent collectif de contrôleurs baptisé Collectif national ASCT (CNA) s’est joint à l’appel à la mobilisation, lui donnant de l’ampleur.SNCF Voyageurs doit affiner mardi matin ses prévisions pour le pont. En région parisienne, le trafic restera perturbé mardi avec notamment un train sur deux sur le RER C et une partie du RER B.Dans les grandes gares parisiennes, les tableaux affichaient vers 16H des trains circulant normalement pour la plupart. – En régions -Lundi, en Occitanie, peu de perturbations étaient attribuées à la grève. Les TGV et Intercités circulaient normalement à la mi-journée, et les TER liO affichaient “8 circulations sur 10 (…) avec une combinaison de trains et de bus”, selon SNCF voyageurs Occitanie.Dans la région Hauts-de-France, seuls étaient concernés les TER dans le Nord et le Pas-de-Calais, selon la SNCF, qui a annoncé le maintien d'”un peu plus d’un train sur trois”. Les voyageurs ont été avisés de ces perturbations dès vendredi 15H “afin qu’ils puissent s’organiser avant même le départ en week-end”, a précisé la SNCF.En Ile-de-France, sur la ligne B du RER, le trafic est “fortement perturbé” avec un train sur deux sur la partie nord de la ligne, et deux trains sur trois sur la partie sud, selon le site internet transilien.com. Le RER C ne propose lui aussi qu’un train sur deux. A la gare du Nord en début de matinée, la situation était plutôt calme. En sous-sol, les usagers de la ligne B du RER étaient prévenus que des suppressions de trains étaient à prévoir et qu’il n’y aurait qu’un train sur deux sur le nord de la ligne. Dans cette grande gare parisienne, le quai du RER s’est chargé plus tôt dans la matinée quand un train est resté à quai 20 minutes, selon Charles, 24 ans, un des nombreux “régulateurs de flux” déployés au bord du quai.Concernant le RER E, le trafic était “légèrement perturbé” avec quatre trains sur cinq. Le trafic était en revanche normal sur le RER A, la ligne la plus fréquentée.- Billets remboursables -“Nous sommes loin d’une semaine noire, il n’y aura pas de semaine à l’arrêt, mais une semaine aussi normale que possible”, a indiqué lors d’un entretien avec l’AFP le PDG de SNCF Voyageurs Christophe Fanichet.”Les circulations seront normales du lundi 5 au jeudi 8 mai sur les TGV”, a-t-il précisé et pour les 9, 10 et 11 mai, la plupart des trains circuleront.Outre la promesse d’acheminer tout le monde en train, Christophe Fanichet s’est engagé à ce “que tous les clients soient prévenus avant de partir (en week-end, NDLR) concernant leur train de retour”. “C’est-à-dire être prévenus avant le début du pont mercredi pour les circulations jusqu’à dimanche 11 mai”, a-t-il détaillé.Il a également indiqué que tous les billets sont “échangeables, remboursables, sans frais”, sur les TGV Inoui comme les Ouigo, pour la semaine du 5 au 11 mai.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Indonésie: le clou de girofle aussi victime du changement climatique

Longtemps objet de fortes convoitises entre les puissances coloniales, le clou de girofle produit en abondance en Indonésie aux Moluques dont il est originaire, subit à son tour le changement climatique qui rend les récoltes incertaines.Sur les contreforts fertiles du volcan du mont Gamalama, sur l’île de Ternate, Jauhar Mahmud s’accroche à son giroflier préféré mais il est désormais inquiet.”Aujourd’hui, les précipitations sont abondantes. Elles sont bonnes pour planter, mais cela rend la récolte incertaine. C’est souvent imprévisible”, confie cet agriculteur de 61 ans.Le changement climatique a de fait entraîné une diminution de la récolte de clous de girofle qui nécessitent des températures et une humidité particulières pour conserver leur parfum et leur goût.Si la saison est bonne, ses 150 girofliers peuvent produire jusqu’à 30 kilos de cette épice aromatique et lucrative utilisée en médecine, dans les parfums, les cigarettes ou les arômes alimentaires.Mais les cours de cette épice obtenue à partir des boutons floraux du giroflier, fluctuent entre 4,65 et 6,50 euros le kilo, selon la météo.”En fait, nous perdons de l’argent. Les girofliers ne portent pas de fruits chaque année. Cela dépend de la saison”, assure Jauhar, qui représente 36 producteurs.Le Portugal, l’Espagne et les Pays-Bas se sont battus pour le contrôle de Ternate à l’apogée du commerce mondial du clou de girofle entre le XVe et le XVIIe siècle.Les habitants ont dû défier les colons hollandais qui interdisaient aux locaux de cultiver leurs propres arbres dans le but de maintenir un monopole sur ce produit qui a fait la fortune de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC).Mais aujourd’hui, les producteurs doivent trouver un deuxième emploi pour boucler les fins de mois, en raison de la diminution des récoltes.- Certains abandonnent -Ainsi Jauhar vend-il des boissons infusées aux épices. Quant à certains de ses collègues, ils envisagent tout bonnement d’abandonner la culture de l’épice.Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), sur les deux dernières décennies, le rendement des girofliers en Indonésie a varié considérablement, davantage que celui des pays concurrents, notamment Madagascar.Le rendement en 2023 était ainsi inférieur de près d’un quart au pic de 2010.L’Indonésie représente encore plus des deux-tiers de la production mondiale de cette épice en grande partie consommée sur place. Mais depuis 2020 l’archipel a cédé à Madagascar sa place de premier exportateur mondial.La culture du giroflier demande de la patience et les arbres ont besoin de plus d’une décennie pour arriver à maturité.Le réchauffement climatique, causé principalement par les combustibles fossiles comme le charbon, très utilisé en Indonésie, a modifié les conditions météorologiques qui déterminent la croissance des clous de girofle.- Rendements en baisse -Le climat est globalement plus sec à Ternate mais une atmosphère plus chaude retient davantage l’humidité et la pluie tombe souvent en rafales extrêmement destructrices pour les fleurs.”Avant, je pouvais remplir 5 à 6 sacs en une seule récolte”, explique Lakina, 52 ans, qui doit désormais se contenter de deux ou trois sacs au maximum.Imba, une cultivatrice de 62 ans possédant 70 arbres, explique de son côté qu’en raison de la pluie, il faut désormais au moins cinq jours pour sécher les clous de girofle, contre trois jours et demi auparavant.Un constat empirique confirmé par les relevés scientifiques. En 2023, des chercheurs de l’Université de Pattimura à Ambon, ont en effet relevé que les rendements de clous de girofle diminuaient sur l’île de Haruku, plus au sud de Ternate, en raison d’une hausse des précipitations et la survenue de phénomènes météorologiques plus extrêmes.”Les communautés vivant dans les zones côtières et les petites îles sont particulièrement vulnérables”, a indiqué à l’AFP Arie Rompas, de Greenpeace.Dans un atelier de tri d’épices, le parfum âcre de l’épice flotte tandis que les ouvriers emplissent des sacs.La précieuse épice est ensuite transportée vers un entrepôt où un tri mécanique élimine les saletés et feuilles indésirables. La production du jour sera ensuite exportée vers la Chine.”S’il fait trop chaud, la récolte est mauvaise. Trop de pluie, il n’y a pas de récolte. Cette année, il a trop plu”, explique le négociant Rumen The, qui précise que les prix ont presque diminué de moitié depuis l’année dernière.Face à la diminution des récoltes, Jauhar lance lui un appel à l’aide à ceux-mêmes qui ont autrefois occupé ces terres.”Je demande aux pays amateurs d’épices de réfléchir aux problèmes climatiques mondiaux”, lance le cultivateur.”Sans cette richesse naturelle (…) les pays occidentaux n’en profiteraient pas. Nous devrions donc y réfléchir ensemble”.