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Renée et Dédée, 18 ans en 1945: résistantes, déportées et toujours amies

“Dédée, c’est marrant de se revoir après toutes ces années, on est devenues de vieilles nanas!”, s’esclaffe Renée, 98 ans, devant son écran, depuis les Etats-Unis. De l’autre côté de l’Atlantique, en France, est connectée Andrée, 97 ans. La dernière fois qu’elles se sont vues, c’était en avril 1945, à la libération d’un camp de travail dépendant du camp de concentration de Buchenwald, en Allemagne, où elles ont été déportées en juin 1944, pendant dix mois, pour faits de résistance contre l’occupant allemand.Elles ont échangé de vive voix pour la première fois depuis 80 ans, lors d’un appel en visioconférence organisé en avril, auquel l’AFP a assisté. “Renée, je suis toute émue de te revoir”, confie Dédée, d’une voix chevrotante. “Je t’embrasse bien fort ma poulette”, lui dit-elle, envoyant un baiser de sa main.”Pour toi aussi, les souvenirs reviennent?”, demande Dédée à Renée, qui vit aux Etats-Unis depuis les années 1970. “Oh oui ! Et encore, je suis au loin, mais ça sort pas de ma tête, il y a trop de choses qu’on ne peut pas exprimer”. – “Agent de liaison” -Andrée Dupont est née dans la Sarthe, en 1927. Renée Guette naît la même année, à Paris, et grandit dans le Cher, à 350 km du village d’Andrée. En 1943, âgées de 16 ans, toutes deux issues de familles de résistants, elles rejoignent les réseaux de leur village: Assé-le-Boisne pour Dédée, Beffes pour Renée. Andrée, que l’on appelle déjà “Dédée”, est blonde et jolie, atout jugés précieux pour faciliter les opérations clandestines. En tant “qu’agent de liaison”, elle parcourt la Sarthe à vélo pour transmettre des messages et parfois même des armes. Un jour, “j’avais une serviette d’écolier, avec un revolver démonté à l’intérieur, et je suis passée tout sourire” devant les Allemands, se rappelle-t-elle.”Ca oui, tu avais de beaux cheveux blonds et longs!”, s’exclame Renée, du Texas, où elle habite avec sa fille. En 1943, Renée est brune, et tout aussi jolie. Elle est employée des postes et fait passer clandestinement des tickets de rationnement et des messages aux résistants des Forces Françaises de l’Intérieur et des Francs-Tireurs et Partisans communistes. – Déportation -Le 26 avril 1944, Dédée est arrêtée avec le réseau de son village, 16 personnes en tout, dont son père et sa tante. “Je pliais du linge, il était 10h du soir. J’ai entendu des portières claquer. J’ai compris tout de suite”, se remémore-t-elle.Quatre jours plus tard, Renée était arrêtée par un agent français de la Gestapo, lors de la rafle du maquis de Beffes. “Il m’a dit: +alors, jeune fille de bonne famille qui a mal tourné+”, se remémore-t-elle. “Et moi, j’ai répondu, pour lui faire comprendre, qu’il avait pas mieux tourné, et il m’a giflée!”.Les deux jeunes filles se rencontrent à la prison de Romainville, près de Paris, où elles apprennent le débarquement. “On a cru qu’on était sauvées ! Mais les Allemands avaient besoin de nous pour travailler dans les usines de guerre”, explique Renée. Le 25 juin 1944, Renée Guette, matricule 43.133, arrive dans le camp de travail dit “kommando HASAG-Leipzig”, dans le même bloc que Dédée – matricule 41.129 – où près de 5.000 femmes ont été déportées pour fabriquer des armes. Elles se souviennent du travail de nuit, du papier journal caché contre leur peau pour se protéger du froid, des cheveux infestés de poux, puis tondus, des passages à tabac par les Allemands, des corps nus entassés, puis envoyés aux fours crématoires, de celles qui n’ont pas survécu.”Ils nous en ont fait, des vacheries”, lâche Renée.De leur déportation, elles ont conservé des objets fabriqués en cachette: une broche en fil de fer, des barrettes à cheveux. – Hôtel Lutetia -Mi-avril 1945, les nazis évacuent le camp de Leipzig. Les déportées partent alors sur les routes et entament les “marches de la mort”. Renée raconte avoir marché des jours et des nuits durant, les pieds en sang, chaussés de galoches, se nourrissant de colza et de pommes de terre. Elle se souvient de l’Elbe, dans lequel elle s’est lavée pour la première fois depuis des mois, ainsi que d’une balle de pistolet, tirée près de son oreille gauche lors d’affrontements entre “Boches” et Américains. Arrivée à l’hôtel Lutetia, devenu un centre d’accueil à Paris pour les exilés de guerre, Dédée retrouve sa mère. Son père, déporté lui aussi, est revenu des camps. Sa tante, elle, est morte gazée. Quant à Renée, elle a pris le train pour rentrer à Beffes. “Il y avait des soldats français, j’avais peur. On était très marquées”, dit-elle. “Tu sais Dédée, quand je suis arrivée, j’étais pas sûre que j’étais chez moi. Toi aussi ?”. “Moi, j’ai su que j’étais revenue quand j’ai vu le clocher de mon village”, répond-elle. Renée ne se rend plus en France. Mais elle aimerait revoir Dédée, quitte à arriver “à quatre pattes”.”Je t’embrasse Dédée, on se retrouvera peut-être là-haut”, dit-elle avant de raccrocher. 

Grève: la SNCF propose une compensation aux clients touchés ce weekend

La SNCF a annoncé mardi qu’une compensation financière serait proposée aux clients touchés par des annulations de trains liées à la grève des cheminots ce week-end, tout en assurant que 90% des trajets seraient assurés.”On ne sera pas loin de 90% de trains qui vont rouler” ce week-end, malgré l’appel à la grève de plusieurs syndicats, a assuré le PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, appelant les clients à ne pas annuler leur réservation.Deux syndicats de l’entreprise publique ont déposé plusieurs préavis de grève pour cette semaine comportant un week-end prolongé, durant lequel 1,8 million de personnes ont prévu de prendre le train.Les revendications syndicales portent principalement sur la revalorisation d’une prime et sur l’organisation du travail.”Tous les départs vont bien se passer puisqu’il n’y a quasiment pas de grève mercredi, jeudi” et “il y aura un train dimanche pour ramener tout le monde”, a affirmé M. Farandou sur France Inter. “N’annulez pas, votre train roulera”, a lancé le patron de l’entreprise publique, estimant que “la plupart des clients auraient vraiment le train pour lequel ils ont acheté un billet”, tandis que “quelques-uns devront peut-être se déplacer d’une heure ou deux”.Pour assurer ces neuf circulations sur dix, la SNCF a formé aux tâches de chef de bord des volontaires, “des cadres qui sont dans des missions différentes dans les bureaux”, a précisé Alain Krakovitch, le directeur de TGV-Intercités.- Compensation -La SNCF a promis d’informer les clients sur le maintien ou l’annulation de leur train au plus tard mercredi matin. Les conséquences sur les trains Intercités devraient être “très faibles”, a précisé M. Krakovitch lors d’une conférence devant la gare Montparnasse, à Paris, où seul un train Paris-Le Mans était perturbé mardi, avec un terminus exceptionnel à Chartres.Les trains internationaux seront tous assurés, ainsi que tous les trajets des enfants qui circulent dans le cadre de l’offre “Junior & Cie”.Tous les billets restent échangeables et remboursables sans frais sur les TGV Inoui comme les Ouigo pour la semaine du 5 au 11 mai.Par ailleurs, tous les passagers touchés par des annulations recevront un bon de réduction de 50% à valoir sur un prochain trajet, même s’ils décident de changer de train, a précisé M. Krakovitch.La première journée de grève lundi n’a pas perturbé les grandes lignes mais rendu les trajets compliqués sur certains réseaux régionaux, comme dans le Nord et en Ile-de-France.Mardi, le trafic était à nouveau “fortement perturbé” sur certaines lignes d’Ile-de-France, comme les RER B et C, selon le site Transilien.En ce qui concerne les TER et les Transilien, “on a bon espoir que le mouvement s’arrête assez vite et que le service public puisse reprendre ses droits”, a indiqué M. Farandou.- Collectif de contrôleurs -La CGT-Cheminots et SUD-Rail réclament une hausse des rémunérations et une meilleure anticipation des plannings, trop souvent modifiés à la dernière minute d’après eux. Pour le pont du 8-Mai, un influent collectif de contrôleurs, baptisé Collectif national ASCT (CNA), s’est joint à l’appel à la mobilisation, lui donnant de l’ampleur.Après plusieurs négociations ces dernières années, “je crois que les Français ne comprennent pas bien pourquoi quelques catégories de cheminots revendiquent encore, en fait, de l’argent”, a estimé M. Farandou. Les négociations sont “ouvertes” et “ça ne sert à rien de faire des grèves catégorielles (…) qui embêtent tout le monde”, a jugé le PDG. “Il faut avoir une capacité à dialoguer tranquillement, à froid, sereinement, en écoutant tous les syndicats”, a-t-il ajouté. Des rendez-vous sont prévus début juin avec les représentants des conducteurs et des chefs de bord.En raison des appels à la grève, certains clients ont déjà commencé à chercher des alternatives.”Il y a déjà des gens qui ont annulé”, des “milliers” selon M. Farandou. “Nos concurrents rigolent. Il y a des trains qui sont archi-pleins. Et Blablacar, c’est plus de 20 ou 30%. La location de voiture, pareil”, a regretté M. Farandou.

Sexisme au travail: 8 femmes sur 10 considèrent que les inégalités sont encore très marquées

Pour huit femmes sur dix (80%), les inégalités professionnelles sont encore très importantes aujourd’hui, selon un baromètre sur le sexisme au travail réalisé par l’Association française des managers de la diversité dévoilé mardi.L’édition 2025 de ce baromètre confirme la persistance des inégalités de genre et des comportements sexistes dans le monde du travail en France. Selon les résultats, 67% des femmes assurent avoir déjà été confrontées personnellement à une situation discriminatoire ou sexiste au sein de leur entreprise. Trois femmes interrogées sur quatre estiment que les femmes sont régulièrement confrontées à des attitudes ou décisions sexistes dans le monde du travail. Un chiffre qui grimpe à 86% chez les moins de 35 ans.Le sentiment d’inégalité concerne également le salaire: plus d’une femme sur deux déclare être moins payée que ses collègues masculins pour un travail de valeur égale. Selon le baromètre, plus de six femmes sur dix (66%) ont également le sentiment de devoir en faire plus pour être reconnues dans leur travail. Une réalité qui échappe aux hommes, puisque moins d’un sur deux partage ce sentiment.  Le sexisme en entreprise semble s’exprimer aussi à travers l’humour: plus de sept femmes sur dix assurent avoir déjà entendu des femmes faire l’objet de “blagues sur les femmes” au travail. La maternité est également un vecteur d’inégalité, puisque pour 73% des sondées, être mère est un frein à la carrière. Face à un climat professionnel sexiste, les femmes interrogées assurent avoir recours à des stratégies d’évitement, comme ne pas porter certaines tenues vestimentaires (31%), éviter de se retrouver seule avec certaines personnes (25%), ou encore ne pas prendre la parole en public (18%).Pour lutter contre ces inégalités, 43% des salariées interrogées voient la sanction systématique comme moyen d’action prioritaire à mettre en place. Elles sont seulement 46% à considérer que les entreprises s’impliquent suffisamment pour faire reculer ces inégalités. Le baromètre met également en lumière des résistances présentes chez les hommes: 40% d’entre eux pensent qu’ils sont discriminés en raison de la promotion de l’égalité homme femme. Autre chiffre marquant: près d’un homme sur deux considère que le partage des tâches domestiques et parentales n’a pas d’impact sur l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes. Le baromètre a été réalisé en collaboration avec IPSOS, auprès d’un échantillon de 1.000 salariés représentatif des entreprises de plus de 250 salariés en France, interrogés sur internet en janvier 2025.  

Lycéenne poignardée à Nantes: information judiciaire ouverte pour “assassinat”, selon le parquet

Une information judiciaire a été ouverte pour “assassinat” dans l’enquête sur la mort le 24 avril d’une adolescente de 15 ans dans un lycée de Nantes tuée à coups de couteau par un autre adolescent, a annoncé mardi le parquet de la ville.”Je confirme (…) la saisine du juge d’instruction de Nantes, le 30 avril 2025, des chefs d’assassinat, tentative de meurtre et violences aggravées par trois circonstances, en l’occurrence avec arme, au sein d’un établissement scolaire et avec le visage dissimulé”, a indiqué à la presse le procureur de la République de Nantes Antoine Leroy, précisant que le mis en cause était “toujours en soins psychiatriques”.Le 24 avril, peu après midi, un jeune garçon de 16 ans, masqué et muni d’un couteau de chasse d’environ 20 cm, a tué une lycéenne de 15 ans, en la frappant de 57 coups de couteau dans une salle du groupe scolaire de Notre-Dame-de-Toutes-Aides. Dans une autre salle, il a fait trois blessés, deux garçons et une fille, âgés de 15 à 16 ans. Lors d’une conférence de presse le 25 avril, le procureur avait indiqué qu'”aucun mobile” ne pouvait être évoqué de “façon certaine”.L’intervention d’un technicien en informatique qui a donné “un coup de chaise dans le dos” de l’agresseur a mis fin à l’attaque du lycéen, qui a été interpellé quelques minutes plus tard par la police, placé en garde à vue, puis hospitalisé dans une unité psychiatrique.Le procureur a également décrit la personnalité de l’agresseur, présenté comme “extrêmement solitaire” avec peu d’amis. Le jeune homme manifeste “clairement une certaine fascination pour Hitler”, qui lui a valu une convocation avec sa mère devant le sous-directeur du lycée la veille des vacances de Pâques.Lors de sa conférence de presse, le magistrat a indiqué qu’une enquête pour “meurtre” est ouverte, n’écartant toutefois pas la possibilité que celle-ci évolue en “assassinat” compte tenu “des éléments susceptibles de caractériser une préméditation”.Les obsèques de la jeune adolescente tuée ont eu lieu le 2 mai dans l’intimité familiale.

Tous soignés à la même enseigne? Pas vraiment, selon la Défenseure des droits

Douleurs minimisées, refus de prise en charge, actes non consentis : les femmes, les personnes d’origine étrangère ou en situation de handicap sont l’objet de discriminations dans leur accès aux soins et leur parcours médical, selon un rapport de la Défenseure des droits publié mardi. “Si les refus d’accès aux soins restent la forme la plus connue et manifeste, les discriminations peuvent survenir à toutes les étapes de la prise en charge et, de façon moins visible ou consciente, au sein de la relation soignant-soigné”, estime l’autorité indépendante chargée de veiller au respect des droits en France. En 2022, 224 plaintes ont été déposées devant les ordres professionnels et l’Assurance maladie et 31 réclamations ont été envoyées à la Défenseure des droits, Claire Hédon, mais l'”ampleur des discriminations dépasse largement” ces chiffres, précise le rapport.En théorie, les professionnels de santé n’ont pas le droit de refuser un patient, sauf si la demande de soin ne correspond pas à leur domaine de compétence ou s’ils ont un nombre trop élevé de patients ou si le patient en question a déjà été violent ou insultant à leur égard.Mais dans les faits et sur le terrain, cette règle fait l’objet de nombreuses entorses, que ce soit dans l’accès aux soins ou dans le parcours de soins, relève la Défenseure des droits.Dans les services d’urgence, l’autorité indépendante décrit “une sous-évaluation” de la douleur et “de la gravité des symptômes exprimés par les femmes, notamment lorsqu’elles sont jeunes, d’origine étrangère ou perçues comme telles”.”Selon les cas, la douleur de la patiente est soit minimisée, soit remise en cause et renvoyée à une supposée anxiété ou à une souffrance psychologique dissimulée”, dénonce-t-elle. “Le +syndrome méditerranéen+, préjugé raciste sans fondement médical selon lequel les personnes d’origine nord-africaine ou noire exagèrent leurs symptômes ou douleurs”, a quant à lui “pour effet une minimisation des souffrances exprimées” par ces patients “et/ou un refus de prise en charge, aux conséquences parfois fatales”.Autres victimes de ces discriminations, les personnes vulnérables économiquement, comme les patients vivant à la rue ou consommateurs de drogues qui en “raison de leur apparence physique, de leur odeur corporelle ou au motif de l’alcoolisation” peuvent se voir refuser l’accès aux urgences. – Impact “délétère” – Les bénéficiaires de la couverture maladie universelle (CMU), de la complémentaire santé solidaire (CSS) et de l’aide médicale d’Etat (AME) rencontrent eux des difficultés à obtenir ne serait-ce qu’un rendez-vous, selon le rapport.Quant aux personnes en situation de handicap, certaines se voient opposer des refus pour des motifs allant “du manque de temps ou de formation” aux “locaux inaccessibles ou à un matériel médical inadapté”. Au-delà de l’accès aux soins, la Défenseure des droits s’inquiète “d’atteintes fréquentes” au droit du patient à recevoir les informations utiles pour faire un choix éclairé et pouvoir donner son consentement.C’est le cas en particulier des femmes lors de leur suivi gynécologique avec des examens (frottis, échographie endovaginale, pose de stérilet) “réalisés sans information préalable et sans que leur consentement soit recherché”. Mais l’institution dit également avoir été alertée au sujet d'”actes de soins non consentis sur des personnes présentant un handicap psychique”, comme l’administration contrainte d’une injection à un patient pourtant pris en charge sous le régime de la libre hospitalisation, ou le recours à la force, à la contention ou à l’isolement de manière accrue et non justifiée.Ces discriminations ont des conséquences “délétères immédiates et durables sur le parcours de soins des patients” qui finissent par reporter ou renoncer totalement aux soins, alerte l’institution qui exhorte le gouvernement à mettre en place une stratégie nationale de prévention et de lutte contre ces pratiques. Elle recommande notamment de concentrer l’effort sur la prévention de ces discriminations, le recueil et le traitement des signalements et l’adaptation du système de soins aux besoins spécifiques de certains patients.”On s’aperçoit qu’il y a très peu de recours et très peu de sanctions donc il faut former les médecins” mais “aussi les ordres” des différentes professions de santé, a estimé Claire Hédon sur franceinfo mardi. “Et je pense qu’à un moment, il faut passer par des sanctions qui soient suffisamment dissuasives.”

Elu agressé en Gironde: quatre personnes, dont deux mineurs, en garde à vue 

Quatre personnes, dont deux mineurs, ont été placées en garde à vue mardi matin dans le cadre de l’enquête sur les violences subies par un élu qui tentait de mettre fin à un rodéo urbain samedi en Gironde, a indiqué le parquet de Libourne. Les deux mineurs sont âgés de 15 et 17 ans et les deux majeurs de 18 et 21 ans, a simplement précisé le procureur de la République Loïs Raschel, dans un court communiqué.Samedi en fin d’après-midi, ce conseiller municipal s’était adressé à “plusieurs individus effectuant un rodéo urbain”, leur demandant de “cesser cette activité”, avait écrit dimanche soir le magistrat dans un précédent communiqué.L’élu était venu à la rencontre d’une “quinzaine de motards”, sur le terrain de ball-trap de la commune, après avoir failli se faire renverser par une moto, un peu avant 18H00 dans une rue du village, selon ses propos dans le quotidien régional Sud Ouest.Le ton était alors monté et l’élu avait ensuite été “violemment frappé par l’un d’entre eux avec un objet métallique”, selon son témoignage, rapporté par le parquet, qui précise qu’il a ensuite été “roué de nombreux coups”, une fois au sol, avant de perdre connaissance.La victime, qui a ensuite été admise aux urgences, souffre de fractures à l’arcade, au nez et à la pommette droite.En mars 2024, le Parlement a adopté une loi visant à mieux protéger les représentants locaux contre les violences. L’une des mesures-phares du texte est l’alignement des sanctions sur celles prévues pour des violences à l’encontre de dépositaires de l’autorité publique, comme les policiers.

Fusillade à Rennes sur fond de trafic de drogue: les gardes à vue des 3 suspects prolongées

Les gardes à vue des trois hommes suspectés d’avoir tiré à l’arme automatique à Rennes samedi faisant trois blessés a été prolongée lundi soir, a indiqué mardi le parquet de la capitale bretonne.”Le Juge des libertés et de la détention (JLD) a bien prolongé les gardes à vue hier soir. Le défèrement au palais de justice devrait avoir lieu demain (mercredi) après-midi”, a indiqué à l’AFP Frédéric Teillet, procureur de la République de Rennes. Samedi en début de soirée, dans le quartier populaire et animé de Villejean, “un groupe d’hommes arrivés dans un véhicule en descendent munis d’au moins une arme automatique, et font feu sur un groupe d’individus présent sur place”, selon un communiqué du magistrat transmis dimanche.Une dizaine de coups de feu ont été tirés, blessant deux personnes aux jambes. Un troisième individu est frappé par plusieurs assaillants, d’après la même source. Les trois victimes, des mineurs âgés de 16 à 17 ans, ont été hospitalisées. Les deux blessés par balles ont subi une intervention chirurgicale, sans que leur pronostic vital ne soit engagé, tandis que le troisième a pu rapidement sortir de l’hôpital.Les trois suspects de l’agression, âgés de 19 à 21 ans, ont été arrêtés samedi à Saint-Grégoire, commune jouxtant Rennes, puis placés en garde à vue. Preuve de l’intensité des tirs à Villejean, “sur les lieux des faits, ont été constatés des impacts sur trois véhicules et un autre dans un appartement inoccupé. L’arme probablement utilisée, de type kalachnikov, a été retrouvée sur l’itinéraire de fuite”, avait précisé le procureur.Le parquet JIRS de Rennes, spécialisé dans la criminalité organisée, s’est saisi de l’enquête.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

La garde indigène au service de la forêt amazonienne au Pérou

Armés de leurs arcs, ils sont à l’affût du moindre bruit suspect dans la dense forêt amazonienne. Leur objectif, détecter le vrombissement de tronçonneuses, signe de déforestation illégale. Voici comment fonctionne la garde indigène de Masisea, au Pérou. Sous la conduite d’Abner Ancon, un instituteur, une dizaine de shipibo-konibo vêtus de gilets verts patrouillent ce jour-là, comme ils le font régulièrement, au sein de leur territoire de 4.900 hectares. Soudain, ils aperçoivent un homme en train de scier un tronc.”Vous êtes sur le territoire de Caimito”, lui lance le chef du groupe indigène, lui intimant l’ordre d’éteindre son engin. Une femme et un enfant accompagnent l’homme à la tronçonneuse. La pluie vient de cesser sur le territoire de Caimito, situé dans le district de Masisea, dans l’est du Pérou, laissant place à une chaleur suffocante. Pour cette fois, Abner Ancon, 54 ans, laissera repartir l’homme avec sa tronçonneuse.Ce que “nous conservons n’est pas seulement pour nous, mais pour toute l’humanité”, affirme-t-il. Le territoire de Caimito, où vivent 780 indigènes, est “menacé” par les trafiquants de bois, mais également les cultivateurs de coca qui “empoisonnent” l’eau avec des produits chimiques, ainsi que les pêcheurs illégaux et les mennonites, explique M. Ancon. Les mennonites, des protestants opposés au métissage, ont fondé depuis le 20e siècle quelque 200 colonies agricoles en Amérique latine. Ceux installés à Masisea sont poursuivis en justice pour déforestation.Les shipibo-konibo ont créé leur garde forestière il y a deux ans en réponse à l’absence de l’État, selon Abner Ancon. A l’époque, il s’agissait de la première des 19 forces de sécurité que comptent aujourd’hui les 176 communautés amazoniennes de ce peuple indigène.La garde dirigée par Abner Ancon a compté jusqu’à 80 membres, mais aujourd’hui, ils ne sont plus que 30 à la composer, majoritairement des hommes, beaucoup étant partis chercher du travail ailleurs. Avant de partir en patrouille, ils se regroupent au centre de leur village en criant en espagnol “garde, garde, force, force”. Ils sont armés d’arcs et de machettes.”Nous affrontons les pêcheurs qui prennent des tonnes de notre poisson”, explique notamment à l’AFP Hermogenes Fernandez, un shipibo-konibo de 59 ans. Ils n’ont pas d’armes à feu, pas de radio pour communiquer et aucun soutien de la part des autorités. Ils disposent d’un véhicule et de quelques bateaux. Lors de confrontations passées, certains ont été battus ou menacés avec des fusils de chasse. Lorsque la garde intervient, c’est toujours de manière pacifique, assure Abner Ancon. Il a porté plainte pour des menaces de mort reçues en juillet, mais les responsables n’ont pour l’heure pas été identifiés. “Je me demande encore pourquoi l’environnement a des ennemis”, s’interroge-t-il.

Grève: la SNCF doit affiner mardi ses prévisions pour le pont du 8 mai

La SNCF doit affiner mardi ses prévisions de trafic pour le pont du 8 mai à l’occasion d’une grève qui épargne pour l’heure les grandes lignes.Plusieurs catégories de personnel étaient appelées à faire grève à partir de lundi par la CGT-Cheminots et SUD-Rail. Les cheminots réclament une hausse des rémunérations et une meilleure anticipation des plannings, trop souvent modifiés à la dernière minute d’après eux. Pour le pont du 8-Mai, un influent collectif de contrôleurs baptisé Collectif national ASCT (CNA) s’est joint à l’appel à la mobilisation, lui donnant de l’ampleur.SNCF Voyageurs a prévu un point presse mardi à 10H30 pour actualiser les départs de train, Inoui, Ouigo et Intercités.Lundi, premier jour de grève, les grandes lignes ont été épargnées et les trains circulaient normalement dans la plupart des grandes gares. Les perturbations ont surtout concerné les trains locaux, notamment dans le Nord et le Pas-de-Calais, où un train sur trois étaient annoncés.Le trafic était également fortement perturbé sur certains lignes d’Ile-de-France, comme le RER B. Mardi, la circulation des trains et RER devrait être “perturbée dans des proportions similaires” à lundi sur ces mêmes lignes (B, C, D, H, N, V, U), a indiqué lundi soir SNCF Voyageurs.”Nous sommes loin d’une semaine noire, il n’y aura pas de semaine à l’arrêt, mais une semaine aussi normale que possible”, a indiqué dimanche lors d’un entretien avec l’AFP le PDG de SNCF Voyageurs Christophe Fanichet.”Les circulations seront normales du lundi 5 au jeudi 8 mai sur les TGV”, a-t-il précisé et pour les 9, 10 et 11 mai, la plupart des trains circuleront.Outre la promesse d’acheminer tout le monde en train, Christophe Fanichet s’est engagé à ce “que tous les clients soient prévenus avant de partir (en week-end, NDLR) concernant leur train de retour”. “C’est-à-dire être prévenus avant le début du pont mercredi pour les circulations jusqu’à dimanche 11 mai”, a-t-il détaillé.Il a également indiqué que tous les billets sont “échangeables, remboursables, sans frais”, sur les TGV Inoui comme les Ouigo, pour la semaine du 5 au 11 mai.Certains voyageurs ont déjà commencé à chercher des alternatives. Le loueur de voitures Ada a signalé lundi qu’il enregistrait une hausse de 30% des réservations pour le weekend du pont par rapport à 2024, où le 8-mai tombait un mercredi.