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Recours en justice pour le retrait de la Légion d’honneur de Sarkozy

Plusieurs descendants de titulaires de la Légion d’honneur et de l’Ordre du mérite ont déposé mardi un recours auprès du tribunal administratif de Paris pour faire retirer ces décorations à l’ex-président Nicolas Sarkozy, définitivement condamné par les juridictions pénales françaises.Près de cinq mois après la sentence, une nouvelle procédure vise l’ancien chef de l’Etat, qui purge une peine de trois ans d’emprisonnement, dont un an ferme, depuis le rejet mi-décembre de son pourvoi en cassation dans l’affaire dite des écoutes.”Cette condamnation est définitive (…), par conséquent le retrait de la Légion d’honneur est de droit”, écrit l’avocat Julien Bayou – ancien dirigeant du parti écologiste EELV – dans son recours déposé au nom de cinq personnes (dont sa propre sœur), tous enfants ou petits-enfants de titulaires de cette décoration ainsi que de l’Ordre du mérite.Le grand chancelier et le conseil de l’ordre de la Légion d’honneur “auraient dû prendre un arrêté” en ce sens “mais ils ne l’ont pas fait”, a expliqué à l’AFP Julien Bayou, faisant valoir que le délai habituel pour ce type de décision “est largement dépassé”.Face à ce qu’ils qualifient de “refus implicite”, les requérants demandent donc à la justice administrative de rappeler à son devoir l’institution en charge de la Légion d’honneur et de l’Ordre du mérite.Manière aussi de contourner les pressions sur un cas éminemment politique, après que l’actuel président Emmanuel Macron – Grand maître de la Légion d’honneur, de par sa fonction – a pris position en faveur de son prédécesseur, en affirmant fin avril que le retrait de la décoration de M. Sarkozy “ne serait pas une bonne décision”.En attendant une éventuelle audience devant le tribunal administratif ou le Conseil d’Etat, sans doute pas avant plusieurs mois, M. Bayou n’exclut toutefois pas que l’institution “finisse par prendre la décision qui s’impose”.

Gisèle Pelicot lauréate du Prix Liberté, décerné par 10.000 jeunes

Gisèle Pelicot, devenue une icône féministe à la suite du procès des viols de Mazan, a reçu le Prix Liberté “pour son combat contre la banalisation du viol et des violences sexuelles”, a annoncé mardi la région Normandie.Décerné par 10.000 jeunes issus de 84 pays dont la France, le Prix Liberté est doté de 25.000 euros et sera remis le 3 juin à Caen (Calvados) à Mme Pelicot en présence de milliers de jeunes et de 30 vétérans de la Seconde guerre mondiale, a indiqué dans un communiqué la région, qui a créé ce prix en 2019.L’association belge War Affected People’s Association (WAPA), qui vient en aide aux enfants touchés par des conflits armés, et Melati Wijsen, une militante indonésienne de 24 ans luttant contre l’impact du plastique sur l’environnement, sont les deux autres nommées pour ce prix.A visée “pédagogique de sensibilisation à la liberté, à la paix et aux droits de l’Homme”, ce prix invite “les jeunes de 15 à 25 ans en France et dans le monde entier, à désigner chaque année une personne ou une organisation engagée dans un combat récent et exemplaire en faveur de la liberté”, a précisé la région.Mme Pelicot a subi pendant une décennie des dizaines de viols par son ex-mari qui l’avait préalablement sédatée, et d’au moins une cinquantaine d’inconnus recrutés par celui-ci sur internet.Lors de son procès en 2024, elle est devenue une icône féministe notamment après avoir permis un procès public en refusant le huis clos, afin que la “honte change de camp”, selon ses mots, et ne pèse plus sur les épaules des victimes de viols. Désignée parmi les “100 personnes les plus influentes de 2025” par le magazine américain Time mi-avril, Mme Pelicot fait aussi partie des trois candidates finalistes pour le prix “Vigdis” du Conseil de l’Europe, dont la lauréate finale sera annoncée le 23 juin.

Pédopornographie: prison avec sursis pour un religieux de Riaumont

Un ancien prieur de la communauté catholique traditionaliste de Riaumont a été condamné mardi à deux ans d’emprisonnement avec sursis pour consultation de fichiers pédopornographiques, une première condamnation en rapport avec cette institution au cœur de plusieurs enquêtes.Le tribunal correctionnel de Béthune (Pas-de-Calais) a aussi interdit à Alain H. d’exercer une activité professionnelle en lien avec des mineurs pendant cinq ans, et ordonné son inscription au Fichier des auteurs d’infractions sexuelles (Fijais).Le parquet avait requis une peine plus lourde: deux ans d’emprisonnement dont un an ferme.Présent au délibéré en soutane beige, Alain H., 61 ans, a accueilli son jugement avec une apparente impassibilité.A son procès le 11 mars, il avait nié une grande partie des faits s’étalant de 2012 à 2017, alors que des enfants étaient scolarisés au sein de la communauté ou accueillis en camps scouts.Il avait notamment affirmé que ses recherches sur des sites pornographiques s’inscrivaient dans le cadre d’une sorte d'”étude” de sa part pour mieux comprendre la jeunesse actuelle.Les sites qu’il a consultés étaient “tout à fait légaux”, a assuré son avocat Me Octave Nitkowski après le délibéré, “c’est pourquoi on va faire appel de la condamnation”.- “Nous ne lâcherons pas” -“Je suis relativement déçu, les faits étaient là, les faits ont été montrés” mais l’ancien prieur “n’a rien appris” du procès, a réagi Adrien Bonnel, membre du Collectif de victimes du village d’enfants de Riaumont.”Symboliquement il y a aussi une charge importante, parce que c’est la première fois que Riaumont se retrouve face à la justice”, a réagi Ixchel Delaporte, auteure du livre-enquête “Les enfants martyrs de Riaumont”.”Nous ne lâcherons pas cette communauté traditionaliste catholique qui a maltraité des garçons pendant des décennies en toute impunité. Et c’est peut-être cela qui les dérange aujourd’hui: les victimes se lèvent, parlent et déposent plainte” a ajouté Mme Delaporte.Situé sur un vaste domaine boisé à Liévin, Riaumont a démarré dans les années 1960 comme foyer d’accueil pour enfants placés par les services sociaux, aux côtés d’enfants de familles traditionalistes. Outre l’affaire de pédopornographie jugée mardi, cette communauté est visée depuis 2014 par d’autres enquêtes pour violences, agressions sexuelles et viol sur mineur.Le parquet de Béthune a récemment requis la tenue d’un procès contre Alain H. et cinq autres religieux de Riaumont pour des violences sur plusieurs dizaines d’enfants entre 2007 et 2019.”On attend beaucoup de ce prochain procès”, a insisté mardi Adrien Bonnel. Lui-même a porté plainte fin mars pour des violences physiques subies à Riaumont dans les années 1990.Deux autres encadrants de Riaumont sont mis en examen dans le volet des agressions sexuelles.Une autre information judiciaire concerne une affaire de viol, dans laquelle l’auteur présumé était mineur au moment des faits et Alain H. est poursuivi pour “non dénonciation de crime”.- Nouvelles plaintes -La médiatisation du tentaculaire dossier Riaumont est allée crescendo ces derniers mois, dans le sillage de l’affaire Bétharram et de la commission d’enquête parlementaire sur les violences dans les établissements scolaires.Le parquet de Béthune a confirmé à l’AFP avoir reçu trois nouvelles plaintes concernant Riaumont ces dernières semaines.L’une d’elles porte sur des “violences physiques” et “agressions sexuelles” sur mineur à la fin des années 2000, des faits non prescrits. Alain H. est l’un des trois mis en cause dans cette plainte, a confirmé mardi à l’AFP le procureur de Béthune Etienne Thieffry.Après de premières remontées de sévices, Riaumont a perdu en 1982 son agrément pour enfants placés. Mais la communauté a lancé en 1989 une école privée hors contrat, qui a fermé en 2019 sur décision administrative, après la révélation des mises en examen de plusieurs de ses membres.Un arrêté préfectoral pris en janvier interdit à la communauté d’accueillir des scouts cette année, car elle est susceptible “d’héberger des personnes ayant l’interdiction d’approcher des mineurs”.Les corapporteurs de la commission d’enquête parlementaire, les députés Violette Spillebout (Ensemble) et Paul Vannier (LFI), ont effectué une visite sous tension à Riaumont début avril.”Il y avait une discipline” à Riaumont, selon le père Christophe Gapais, le nouveau prieur de la communauté, qui dément toute “violence institutionnalisée”.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

A 99 ans, David Attenborough sort un nouveau film sur les océans

Le Britannique David Attenborough, célèbre pour ses documentaires sur les animaux et l’environnement, présente mardi à Londres en avant-première son nouveau film “Ocean”, qui sortira jeudi, le jour de ses 99 ans, et dans lequel il dénonce les méthodes de la pêche industrielle.Pendant des décennies, le naturaliste britannique a parcouru la planète vêtu d’un pantalon beige et d’une chemise bleue, ramenant des images souvent inédites de jungles, de déserts et d’océans. Sa série “Life on Earth” (La vie sur Terre), sortie en 1979, a été vue par 500 millions de personnes dans le monde.S’il ne voyage plus aux quatre coins du monde, il continue de présenter des documentaires avec son ton feutré et sa voix reconnaissable entre toutes. Dans son nouveau film, il s’inquiète de l’état des océans et dénonce les méthodes de la pêche industrielle.”Après avoir passé ma vie à filmer la nature, je comprends maintenant que l’endroit le plus important sur Terre n’est pas la terre”, dit-il dans la bande-annonce de son nouveau film. “Nous devons ouvrir les yeux sur ce qui se passe sous les vagues”.Il dresse un tableau très noir. “Nous avons vidé la vie de nos océans”, poursuit-il. Mais “si nous sauvons la mer, nous sauvons notre monde”. Le film sortira en salle jeudi au Royaume-Uni, puis début juin sur National Geographic et Disney+.A l’occasion des 99 ans de David Attenborough, le quotidien britannique The Guardian a demandé à 99 personnalités d’expliquer en quelques mots ce qu’il représente. “Je sais, pour avoir regardé les émissions de David, que nos écosystèmes sont tous interconnectés et que si un seul pays fait ce qu’il faut mais pas les autres, nous ne résoudrons pas le problème”, a témoigné l’ancien président américain Barack Obama.Pour la chanteuse Billie Eilish, il est “un trésor vivant”. “L’amour et la connaissance profonde de David Attenborough pour notre planète et le règne animal font ressortir la curiosité enfantine qui sommeille en chacun de nous”, a-t-elle ajouté. 

Grève: début de semaine calme dans les gares, et des retours dimanche garantis selon la SNCF

La SNCF a assuré mardi que 90% des trajets seraient maintenus sur la semaine malgré un appel à la grève, et qu’une compensation financière serait proposée aux clients touchés par des annulations de trains.”On ne sera pas loin de 90% de trains qui vont rouler” ce week-end, malgré l’appel à la grève de plusieurs syndicats, a assuré le PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, appelant les voyageurs à ne pas annuler leur réservation.Deux syndicats de l’entreprise publique ont déposé plusieurs préavis de grève pour cette semaine comportant un week-end prolongé, durant lequel 1,8 million de personnes ont prévu de prendre le train. Les revendications syndicales portent principalement sur la revalorisation d’une prime et sur l’organisation du travail.Mardi midi à la gare Montparnasse, des milliers de passagers attendaient sans trop d’inquiétude leur train pour Rennes, Bordeaux ou Nantes.”Tous les départs vont bien se passer puisqu’il n’y a quasiment pas de grève mercredi, jeudi” et “il y aura un train dimanche pour ramener tout le monde”, a affirmé M. Farandou sur France Inter. Pour assurer ces neuf circulations sur dix, la SNCF a formé aux tâches de chef de bord des volontaires, “des cadres qui sont dans des missions différentes dans les bureaux”, a précisé Alain Krakovitch, le directeur de TGV-Intercités.A Montparnasse, Antoine Mahé, 35 ans, a vu son Transilien annulé depuis Plaisir (Yvelines) mais son train pour Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) est confirmé.Pierre Descargues, 76 ans, et son épouse, ont déjà vu leur train Belfort-Paris annulé ce matin, pas à cause de la grève mais d’un animal sur la voie. Pour rentrer samedi matin de La Baule (Loire-Atlantique), ils sont prêts à ce que leur train soit annulé: “C’est pas grave, on en prendra un autre. On voyage souvent, on sait s’adapter”.Un groupe de jeunes Allemands d’Alzey (ouest), en échange scolaire, attendait aussi son train pour la Bretagne. “On a souvent eu des problèmes de train”, racontait leur professeur Kathrin Schick. “Il y a deux ans c’était une grève des cheminots allemands, et on a dû prendre le train en France.” – Compensation -La SNCF a promis d’informer les clients sur le maintien ou l’annulation de leur train au plus tard mercredi matin. Tous les billets restent échangeables et remboursables sans frais sur les TGV Inoui comme les Ouigo pour la semaine du 5 au 11 mai.Par ailleurs, tous les passagers touchés par des annulations recevront un bon de réduction de 50% à valoir sur un prochain trajet, même s’ils décident de changer de train, a précisé M. Krakovitch.La première journée de grève lundi n’a pas perturbé les grandes lignes mais rendu les trajets compliqués sur certains réseaux régionaux, comme dans le Nord et en Ile-de-France. Mardi, le trafic était à nouveau “fortement perturbé” sur certaines lignes d’Ile-de-France, comme les RER B, C, D ou E, ainsi que les lignes de Transilien J, K, P, U, selon la SNCF. Le trafic devrait rester perturbé de façon similaire mercredi 7 mai sur ces lignes franciliennes, avant un “retour à la normale” prévu pour jeudi.- Collectif de contrôleurs -Le principal syndicat du groupe, CGT-Cheminots, ainsi que SUD-Rail, réclament une hausse des rémunérations et une meilleure anticipation des plannings, trop souvent modifiés à la dernière minute d’après eux. Pour le pont du 8-Mai, un influent collectif de contrôleurs, baptisé Collectif national ASCT (CNA), s’est joint à l’appel à la mobilisation, lui donnant de l’ampleur.La direction de la SNCF n’a pas communiqué sur le nombre de grévistes, mais “la mobilisation a été extrêmement forte lundi sur le Transilien et dans 11 régions sur 13”, a assuré Romain Pitelet de la CGT. “On est à peu près sur le même niveau mardi”.Les cheminots de la CGT doivent décider mardi, localement, s’ils poursuivent le mouvement. “La tendance est à une poursuite jusqu’à demain, côté CGT”, a souligné Romain Pitelet. “La direction de SNCF Voyageurs ne peut pas faire comme si elle découvrait les sujets. On les porte depuis plusieurs années, avec des propositions concrètes”.Après plusieurs négociations ces dernières années, Jean-Pierre Farandou a estimé de son côté que “les Français ne comprennent pas bien pourquoi quelques catégories de cheminots revendiquent encore, en fait, de l’argent”. 

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Ourse tuée dans les Pyrénées: quatre mois de prison avec sursis pour le tireur

Le chasseur qui avait tué l’ourse Caramelles lors d’une battue illicite dans les Pyrénées en 2021 a été condamné mardi à quatre mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Foix, une décision saluée par les associations pro-ours.Contre les quinze autres chasseurs ayant participé à la battue dans une réserve située au-dessus du village de Seix, en Ariège, le tribunal a prononcé des peines d’amende de quelques centaines d’euros et, pour deux d’entre eux, de suspension temporaire du permis de chasse.De façon collective, les seize chasseurs devront verser plus de 60.000 euros aux associations défendant la présence de l’ours dans les Pyrénées, constituées partie civile, au titre du préjudice moral et écologique.Avocate de quatorze des chasseurs, Fanny Campagne, qui avait plaidé la relaxe, a mis en doute “la légalité de la constitution de la réserve” où est survenu l’accident de chasse et dénonce “l’absence de signalisation de l’interdiction de chasse”.Elle ne s’est pas prononcée sur un éventuel appel.Les chasseurs ont quitté le tribunal sans faire de déclaration.Pour l’association Pays de l’ours, qui participe avec l’Office français de la biodiversité (OFB) au suivi de l’ours, le délibéré est “satisfaisant”.”Tous les chasseurs ont été reconnus coupables, c’est le plus important pour nous. Le tribunal a établi des manquements”, a réagi Sabine Matraire, la présidente de l’association, qui réclame de nouveaux lâchers d’ours, estimant que la population ursine n’est pas encore viable. – “Prise de conscience” -“On espère que ce jugement sera suivi d’une prise de conscience dans le milieu de la chasse”, a-t-elle ajouté en sortant de la salle d’audience. A la barre du tribunal, le principal prévenu avait admis avoir ouvert le feu sur l’ourse de 150 kg, accompagnée de deux oursons, en état de “légitime défense”.”Elle m’a attrapé la cuisse gauche, j’ai paniqué et j’ai tiré un coup de carabine. Elle a reculé en grognant, elle m’a contourné et m’a mordu le mollet droit, je suis tombé, elle me bouffait la jambe, j’ai réarmé ma carabine et j’ai tiré. Elle est morte cinq mètres plus bas”, a-t-il relaté à l’audience.Outre la peine de quatre mois de prison avec sursis, le tribunal l’a également condamné à 750 euros d’amende, à la confiscation de son fusil de chasse et au retrait du permis de chasse.En 2008, un autre chasseur avait été jugé pour avoir abattu une ourse dans les Pyrénées-Atlantiques quatre ans plus tôt. Relaxé en première instance, il avait été condamné en appel à indemniser diverses associations de protection de la nature à hauteur de 10.000 euros.L’association de chasse à laquelle il appartenait avait été condamnée à 53.000 euros de dommages et intérêts pour la mort de Cannelle, la dernière ourse de souche pyrénéenne.Caramelles et Canelle ont été naturalisées et sont aujourd’hui visibles au muséum d’Histoire naturelle de Toulouse.Menacée d’extinction au début des années 1990, la population d’ours bruns s’est ensuite considérablement développée dans les Pyrénées grâce à un programme de restauration de l’espèce, incluant des lâchers d’ours venus de Slovénie.D’après l’OFB, qui a formellement identifié 96 ours grâce à leur empreinte génétique au cours de l’année 2024, le massif montagneux compte désormais entre 97 et 127 individus.L’un des participants à la battue qui a conduit à la mort de Caramelles estime que l’Office national des forêts (ONF) aurait dû alerter les chasseurs: “L’ONF, a-t-il affirmé, a laissé les battues se dérouler pendant 40 ans dans cette réserve”.Si les divergences de vue sont nombreuses entre chasseurs et écologistes, les parties civiles reconnaissaient le caractère accidentel du tir mortel, tout comme l’accusation.Mais, a souligné le procureur au procès, le chasseur octogénaire “a pris sciemment le risque d’une confrontation avec l’ourse dans la réserve, qui est une zone de quiétude” pour cet animal.

Ourse tuée dans les Pyrénées: quatre mois de prison avec sursis pour le tireur

Le chasseur qui avait tué l’ourse Caramelles lors d’une battue illicite dans les Pyrénées en 2021 a été condamné mardi à quatre mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Foix, une décision saluée par les associations pro-ours.Contre les quinze autres chasseurs ayant participé à la battue dans une réserve située au-dessus du village de Seix, en Ariège, le tribunal a prononcé des peines d’amende de quelques centaines d’euros et, pour deux d’entre eux, de suspension temporaire du permis de chasse.De façon collective, les seize chasseurs devront verser plus de 60.000 euros aux associations défendant la présence de l’ours dans les Pyrénées, constituées partie civile, au titre du préjudice moral et écologique.Avocate de quatorze des chasseurs, Fanny Campagne, qui avait plaidé la relaxe, a mis en doute “la légalité de la constitution de la réserve” où est survenu l’accident de chasse et dénonce “l’absence de signalisation de l’interdiction de chasse”.Elle ne s’est pas prononcée sur un éventuel appel.Les chasseurs ont quitté le tribunal sans faire de déclaration.Pour l’association Pays de l’ours, qui participe avec l’Office français de la biodiversité (OFB) au suivi de l’ours, le délibéré est “satisfaisant”.”Tous les chasseurs ont été reconnus coupables, c’est le plus important pour nous. Le tribunal a établi des manquements”, a réagi Sabine Matraire, la présidente de l’association, qui réclame de nouveaux lâchers d’ours, estimant que la population ursine n’est pas encore viable. – “Prise de conscience” -“On espère que ce jugement sera suivi d’une prise de conscience dans le milieu de la chasse”, a-t-elle ajouté en sortant de la salle d’audience. A la barre du tribunal, le principal prévenu avait admis avoir ouvert le feu sur l’ourse de 150 kg, accompagnée de deux oursons, en état de “légitime défense”.”Elle m’a attrapé la cuisse gauche, j’ai paniqué et j’ai tiré un coup de carabine. Elle a reculé en grognant, elle m’a contourné et m’a mordu le mollet droit, je suis tombé, elle me bouffait la jambe, j’ai réarmé ma carabine et j’ai tiré. Elle est morte cinq mètres plus bas”, a-t-il relaté à l’audience.Outre la peine de quatre mois de prison avec sursis, le tribunal l’a également condamné à 750 euros d’amende, à la confiscation de son fusil de chasse et au retrait du permis de chasse.En 2008, un autre chasseur avait été jugé pour avoir abattu une ourse dans les Pyrénées-Atlantiques quatre ans plus tôt. Relaxé en première instance, il avait été condamné en appel à indemniser diverses associations de protection de la nature à hauteur de 10.000 euros.L’association de chasse à laquelle il appartenait avait été condamnée à 53.000 euros de dommages et intérêts pour la mort de Cannelle, la dernière ourse de souche pyrénéenne.Caramelles et Canelle ont été naturalisées et sont aujourd’hui visibles au muséum d’Histoire naturelle de Toulouse.Menacée d’extinction au début des années 1990, la population d’ours bruns s’est ensuite considérablement développée dans les Pyrénées grâce à un programme de restauration de l’espèce, incluant des lâchers d’ours venus de Slovénie.D’après l’OFB, qui a formellement identifié 96 ours grâce à leur empreinte génétique au cours de l’année 2024, le massif montagneux compte désormais entre 97 et 127 individus.L’un des participants à la battue qui a conduit à la mort de Caramelles estime que l’Office national des forêts (ONF) aurait dû alerter les chasseurs: “L’ONF, a-t-il affirmé, a laissé les battues se dérouler pendant 40 ans dans cette réserve”.Si les divergences de vue sont nombreuses entre chasseurs et écologistes, les parties civiles reconnaissaient le caractère accidentel du tir mortel, tout comme l’accusation.Mais, a souligné le procureur au procès, le chasseur octogénaire “a pris sciemment le risque d’une confrontation avec l’ourse dans la réserve, qui est une zone de quiétude” pour cet animal.

Pédopornographie: deux ans de prison avec sursis pour un religieux traditionaliste de Riaumont

Un ancien prieur de la communauté catholique traditionaliste de Riaumont a été condamné mardi à deux ans d’emprisonnement avec sursis pour consultation de fichiers pédopornographiques, le premier procès autour du “village d’enfants” de cette institution au cœur de plusieurs enquêtes.Le tribunal correctionnel de Béthune (Pas-de-Calais) a aussi interdit à Alain H. d’exercer une activité professionnelle en lien avec des mineurs pendant cinq ans, et a ordonné son inscription au Fichier des auteurs d’infractions sexuelles (Fijais).Le parquet avait requis une peine plus lourde: deux ans d’emprisonnement dont un an ferme.Présent au délibéré, vêtu d’une soutane beige, Alain H., 61 ans, a accueilli son jugement avec une apparente impassibilité.Lors de son procès le 11 mars, il avait nié une grande partie des faits qui lui étaient reprochés, s’étalant de 2012 à 2017. Il conteste que la majorité de ces images mettaient en scène des mineurs, jeunes garçons ou adolescents, comme le nombre de fichiers illicites retrouvés sur ses ordinateurs – environ 2.000 selon les enquêteurs.Il avait même affirmé à l’audience que ses recherches sur des sites pornographiques s’inscrivaient dans le cadre d’une “étude anthropologique, sociétale, éducative”, pour mieux comprendre la jeunesse d’aujourd’hui.Les sites qu’il a consultés étaient “tout à fait légaux”, a assuré mardi son avocat Me Octave Nitkowski après le délibéré, “c’est pourquoi on va faire appel de la condamnation”.Situé sur un vaste domaine boisé à Liévin, Riaumont a démarré dans les années 1960 comme foyer d’accueil pour enfants placés par les services sociaux, aux côtés d’enfants de familles traditionalistes. Outre l’affaire de pédopornographie concernant son ancien prieur, cette communauté est visée par d’autres enquêtes pour violences, agressions sexuelles et viol sur mineur. – Nouvelles plaintes – Le parquet de Béthune a aussi récemment requis la tenue d’un procès contre Alain H. et cinq autres religieux de Riaumont pour des faits de violences sur plusieurs dizaines d’enfants entre 2007 et 2019.Deux autres encadrants de Riaumont sont mis en examen dans le cadre d’une enquête toujours en cours sur des agressions sexuelles.Une autre enquête en cours concerne une affaire de viol, dans laquelle l’auteur présumé était mineur au moment des faits et le second mis en examen n’est autre qu’Alain H., poursuivi pour “non dénonciation de crime”.La médiatisation du tentaculaire dossier Riaumont est allée crescendo ces derniers mois, dans le sillage de l’affaire Bétharram et de la commission d’enquête parlementaire sur les violences dans les établissements scolaires.Le parquet de Béthune a confirmé à l’AFP avoir reçu trois nouvelles plaintes concernant Riaumont ces dernières semaines. L’une d’elles porte sur des “violences physiques” et “agressions sexuelles” sur mineur à la fin des années 2000, des faits non prescrits, et Alain H. est l’un des trois mis en cause dans cette plainte, selon le procureur de Béthune Etienne Thieffry.Après de premières remontées de sévices, Riaumont a perdu en 1982 son agrément pour enfants placés. Mais la communauté a lancé en 1989 une école privée hors contrat, qui n’a fermé qu’en 2019 sur décision administrative, après la révélation des mises en examen de plusieurs de ses membres.Un arrêté préfectoral pris en janvier interdit aussi à la communauté d’accueillir des séjours de scouts cette année, car ses locaux sont “susceptibles d’héberger des personnes ayant l’interdiction d’approcher des mineurs”.Dans un communiqué publié vendredi, le Collectif de victimes et d’anciens du village d’enfants de Riaumont a toutefois accusé la communauté de continuer à tenter d’attirer des mineurs “par tous les moyens”, et a demandé à l’Etat de renforcer son contrôle.Les deux corapporteurs de la commission d’enquête parlementaire, les députés Violette Spillebout (Ensemble pour la République) et Paul Vannier (LFI), ont effectué une visite sous tension à Riaumont début avril.Mme Spillebout avait alors comparé Riaumont à un “bagne”, avec “une histoire de souffrance, de travaux forcés”.”Il y avait une discipline” à Riaumont, selon le père Christophe Gapais, le nouveau prieur de la communauté, niant cependant une “violence institutionnalisée”, érigée en système.

AFP Gaza photographers shortlisted for Pulitzer Prize

Four Palestinian photographers from Agence France-Presse (AFP) were finalists for their Gaza coverage in the “Breaking News Photography” category of the Pulitzer Prize, the most prestigious awards in US journalism.The jury for the award, presented on Monday by Columbia University in New York, praised the “powerful images” from Gaza by Mahmud Hams, Omar Al-Qattaa, Said …

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Aide à mourir: la HAS invite à évaluer la “qualité” de vie restante plutôt que sa “quantité”

La Haute autorité de Santé juge “impossible”, faute de consensus médical, de déterminer qui pourrait bénéficier d’une aide à mourir en se basant sur un pronostic vital engagé “à moyen terme” ou sur une “phase terminale” de maladie, mais elle suggère de prendre en compte “la qualité du reste à vivre” de la personne.Très attendu, son avis, sollicité par le ministère de la Santé, va alimenter les débats sur l’évolution de la législation sur la fin de vie qui doivent reprendre le 12 mai dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Ce sujet sensible a été scindé en deux propositions de loi – l’une sur les soins palliatifs, l’autre sur une aide active à mourir – par le gouvernement Bayrou.”A ce jour, il n’existe pas de consensus médical sur la définition du pronostic vital engagé +à moyen terme+, ni sur la notion de +phase avancée+ lorsqu’elles sont envisagées dans une approche individuelle”, résume la HAS.Autrement dit, “on sait définir le court terme – ça a été fait pour la loi Leonetti – mais au-delà, on ne peut pas”, “nul ne peut dire: telle est l’espérance de vie d’un patient avec un certain nombre de pathologies”, déclare à l’AFP son président, le Pr Lionel Collet, et “c’est vraiment au cas par cas qu’on doit examiner les questions”. Les travaux rendus mardi, pour lesquels un comité d’experts a examiné la littérature scientifique, les législations internationales et auditionné des experts français et internationaux, n’ont “pas permis d’identifier de critère alternatif” dans “des conditions plus satisfaisantes”, note l’autorité.Faute de “certitude scientifique” sur l’appréciation d’un pronostic vital d’une personne, la HAS insiste sur la nécessité “d’un processus d’accompagnement et de délibération collective, centré sur la personne malade, en amont d’une éventuelle demande d’aide à mourir”.Ce “processus continu de discussion” associant malade, proches et soignants permettrait de reconnaître la “dimension existentielle et sociale de la souffrance” et “d’aborder la question du sens de ce qui est vécu et de ce qu’il reste à vivre”.Aussi tous les soignants doivent être formés “à l’écoute et au dialogue” sur la fin de vie, “pour éviter tout risque d’obstination déraisonnable conduisant à des impasses de vie pour les patients”, plaide la HAS.- “Dimension subjective” -Actuellement, le pronostic vital dépend “de nombreux paramètres, souvent évolutifs”: les soignants l’évaluent avec des outils à la “fiabilité insuffisante” et un “degré d’incertitude important”.Tenter d’établir un pronostic individuel serait donc “une erreur et reviendrait à nier les facteurs individuels et thérapeutiques qui le conditionnent”, argumente la HAS, notant qu'”aucun pays européen n’a retenu un critère d’ordre temporel dans la définition du +moyen terme+”. “Certains, comme le Québec, y ont même renoncé après une période d’application”, ajoute l’autorité.Le critère d’un pronostic vital engagé “à moyen terme” figurait dans le texte dont l’examen avait été interrompu par la dissolution de l’Assemblée. Jugée floue, cette formulation avait été retirée.Quant à la notion de “phase avancée” (ou terminale) d’une maladie incurable, qui “ne renvoie pas tant à l’échéance du décès” qu’au “parcours” du patient, la HAS la définit comme “l’entrée dans un processus irréversible marqué par l’aggravation de l’état de santé de la personne malade, qui affecte sa qualité de vie”.”S’il est impossible de mettre en oeuvre une logique de prédiction de la quantité de vie restante, il convient de retenir une logique d’anticipation et de prédiction de la qualité du reste à vivre, quelle que soit l’issue des débats parlementaires”, selon l’autorité.Pour Lionel Collet, “c’est la dimension subjective de la qualité de vie telle que perçue par la personne qui est à prendre en considération”.Vendredi, les députés ont approuvé en commission des Affaires sociales la proposition de loi d’Olivier Falorni (MoDem) créant un “droit à l’aide à mourir”, pour permettre à des malades avec une “affection grave et incurable” qui “engage le pronostic vital, en phase avancée ou terminale” et ne supportant plus leurs souffrances, de recevoir ou de s’administrer une substance létale.La HAS montre qu'”il faut avoir encore plus de prudence sur l’aide active à mourir et ses critères” et “ne pas envisager un saut sociétal alors que nous n’avons pas encore développé partout en France les soins palliatifs”, souligne à l’AFP le ministre chargé de l’Accès aux soins, Yannick Neuder (LR).