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D’un petit salon à une marque internationale : la marque Franck Provost fête ses cinquante ans

D’un salon de coiffure à Saint-Germain-en-Laye dans les Yvelines au numéro un mondial de la coiffure, Franck Provost fête les 50 ans de sa marque cette année alors que la troisième génération fait son entrée dans le groupe.Franck Provost, 79 ans, est fondateur et président du conseil de surveillance de Provalliance (Franck Provost, Jean Louis David, Saint Algue…) qui compte aujourd’hui plus de 3.300 salons et boutiques répartis dans près de 30 pays, 17 marques, 18.000 collaborateurs et accueille chaque année plus de 50 millions de clients à travers le monde.Provalliance a réalisé en 2024 un chiffre d’affaires de 541 millions d’euros en hausse de 6% sur un an et vise une progression de 7,6% en 2025.L’histoire a commencé le 15 avril 1975, lorsque Franck Provost — Yvon de son vrai prénom — natif de la Sarthe, ouvre son premier salon de coiffure à Saint-Germain-en-Laye. La même année, naît son fils Fabien, aujourd’hui directeur général et artistique de la marque Franck Provost.”Quoi faire à Saint-Germain en Laye pour me différencier des autres?”, se souvient Franck Provost, “j’étais champion de France et champion du monde [de coiffure], mais ça ne suffisait pas. Donc j’ai instauré deux choses qui ont été une base de la réussite” : le sans rendez-vous et la journée continue.Quatre ans plus tard, il ouvre un salon à Paris, avenue Franklin-Roosevelt, dans le très chic 8e arrondissement. S’ensuivent des séances de coiffure pour des grands couturiers, le cinéma et la télévision. Il devient “le coiffeur des stars”.Pour fidéliser ses coiffeurs, Franck Provost, propriétaire des salons, leur propose d’en acheter des parts tous les ans jusqu’à 49%. “De 1975 à 1995, on a monté une vingtaine de salons comme ça, avec des collaborateurs”, explique-t-il. “En 1995, je me dis, c’est bien, mais ça va pas assez vite donc on va ouvrir à la franchise”, raconte-t-il. – “Les deux Franck” -Mais ça ne va pas encore “assez vite” pour l’entrepreneur qui décide alors de racheter des “petits groupes” de salons de coiffure. Il commence par “La coifferie”, un groupe de salons “vieillissants”, situés dans des galeries marchandes.”Je me suis toujours dit que je pouvais prendre des risques et si je me plante, je repars avec mon peigne et mes ciseaux n’importe où dans le monde”, s’amuse-t-il. De fil en aiguille, “on a racheté d’autres groupes”, ajoute le coiffeur. En 2008 est créé Provalliance, né de la fusion entre le groupe Franck Provost et les activités en Europe continentale du groupe américain Regis Corporation, qui avait racheté Jean-Louis David et Coiff&Co. En mars 2021, Core Equity prend le contrôle de Provalliance et en devient actionnaire majoritaire, aux côtés des familles Provost pour la coiffure et Wincker pour la distribution.En 2021, Franck Provost a été mis en examen pour “abus de biens sociaux” et “blanchiment en bande organisée de fraude fiscale aggravée” dans une affaire de logiciel de caisse frauduleux. “La justice fera son travail et verra que je n’y suis absolument pour rien dans cette histoire”, a déclaré Franck Provost au journal Maine Libre.Depuis un an, la troisième génération a fait son entrée discrète dans le groupe avec son petit-fils, Thomas, 23 ans, en apprentissage dans un salon. La fille de Franck Provost, Olivia, 51 ans, après avoir travaillé une trentaine d’années dans le groupe, a choisi de lancer sa propre marque, Niwel Beauty.Fabien, dont le bureau communique avec celui de son père au siège de Provalliance, prend peu à peu le relais, à tel point que Sharon Stone, fidèle cliente, dans une vidéo enregistrée pour les 50 ans de la marque félicite “les deux Franck”.Dans un marché de la coiffure qui représente 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires en France, Provalliance prévoit d’ouvrir 50 nouveaux salons franchisés en 2025 et 70 en 2026.  

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En Europe, le loup reste une “espèce protégée”, mais moins qu’avant

Les eurodéputés ont entériné jeudi le déclassement du statut du loup, qui sera désormais sur le territoire de l’UE une espèce “protégée” et non plus “strictement protégée”, une évolution dénoncée par des défenseurs de la biodiversité.Le texte, transposant dans le droit européen les récentes modifications de la Convention de Berne sur la conservation de la vie sauvage, a été adopté en session plénière à Strasbourg, par 371 voix pour, 162 contre et 37 abstentions.La droite, l’extrême droite et les libéraux ont majoritairement voté pour, les écologistes et la gauche radicale s’y sont opposés tandis que les socialistes se sont montrés divisés.”La dégradation de la protection du loup ignore les outils efficaces de coexistence et risque de transformer la protection de la nature en un jeu politique. Elle flatte la peur plutôt que les faits”, a dénoncé l’élu allemand Sebastian Everding, au nom de la gauche radicale.”Il n’y a pas de données justifiant un abaissement du niveau de protection, mais les institutions européennes ont choisi d’ignorer la science”, a déclaré dans un communiqué Ilaria Di Silvestre, porte-parole du Fonds international pour le bien-être animal (IFAW).Concrètement, cette évolution législative dans l’Union européenne va faciliter les tirs et l’abattage de loups dans les régions rurales et montagneuses où la proximité de l’animal avec bétail et chiens de troupeau est jugée trop menaçante.”Les Etats membres resteront responsables des plans de gestion du loup, mais disposeront de davantage de souplesse qu’aujourd’hui, j’espère que cela va faciliter la coexistence”, a déclaré Herbert Dorfmann, eurodéputé italien de droite (PPE), en conférence de presse.Le PPE, premier groupe du Parlement et famille politique de la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, est à l’initiative sur ce sujet.Ce parti a présenté le texte soumis à la plénière comme l’aboutissement d’un travail de trois ans, né du constat d'”une augmentation des conflits entre loups et éleveurs”.- “Menace permanente” -Depuis la directive de 1992 interdisant leur élimination, la population de loups est en hausse sur le continent européen, au point d’atteindre les 20.300 individus recensés dans l’UE en 2023.Cette année-là, Ursula von der Leyen était montée au créneau pour dénoncer le “réel danger” que constituent les meutes de loups pour le bétail dans certaines régions.La responsable allemande a elle-même subi la perte d’un vieux poney, tué en septembre 2022 dans la propriété familiale du nord de l’Allemagne après qu’un loup s’est introduit dans son enclos.Il n’y a pas encore eu de drame humain à cause du loup, mais des éleveurs et leur famille ont peur, ont insisté mercredi des élus de droite.”Plus de 60.000 animaux d’élevage sont attaqués chaque année dans l’UE”, a appuyé l’Espagnole Esther Herranz Garcia, qui a négocié le texte pour le PPE.”Ceux qui nourrissent notre pays ne peuvent continuer à travailler avec cette menace permanente”, a fait valoir Valérie Deloge, élue française d’extrême droite se proclamant “députée et éleveuse”.Associés à la démarche, selon la procédure dite du “vote accéléré”, sans débat préalable dans l’hémicycle, les socialistes et les centristes ont voulu dédramatiser.”On ne délivre pas un permis de tuer, on donne plus de latitude pour des dérogations locales, le loup reste une espèce protégée”, a souligné auprès de l’AFP l’ancien ministre français Pascal Canfin, eurodéputé centriste.

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Accès restreint aux falaises d’Etretat: “il fallait bien qu’on en arrive là un jour”

“Il fallait bien qu’on en arrive là un jour”, soupire Étienne Lommier, touriste de 68 ans: suite à un récent arrêté municipal, plusieurs accès aux célèbres falaises d’Etretat (Seine-Maritime), rendues dangereuses par l’érosion et la surfréquentation, sont interdits d’accès.Ce chef d’entreprise à la retraite se tient devant la passerelle qui mène à la Chambre des demoiselles, petite grotte nichée dans un à-pic dont l’accès est désormais condamné par un mince ruban rouge et blanc.Depuis plusieurs décennies qu’il parcourt le chemin des falaises, il a vu “les habitudes (des touristes) changer”, “la côte rétrécir”, “des pans entiers de roche s’effondrer sur les plages”.Comme lui, ils sont des dizaines de touristes à se presser mercredi, ciré sur le dos et appareil photo à la main, sur les étroits sentiers grimpant vers les hauteurs qui flanquent la petite ville balnéaire de la côte d’Albâtre, fréquentée chaque année par environ 1,5 million de visiteurs.Depuis le 28 avril, un arrêté municipal interdit l’accès à certains sites très prisés des promeneurs, sentiers de falaises ou plages menacées d’éboulement. Parmi les sites, le fameux tunnel du “Trou à l’homme” qui traverse la falaise, dans lequel des imprudents se retrouvent régulièrement piégés lorsque la marée remonte.A quelques mètres de là, Christoph et Lukas, jeunes touristes allemands, approuvent l’initiative. “C’est un peu frustrant, mais on comprend pourquoi”, estime l’un des deux jeunes. Ce constat ne le dissuade pourtant pas de sauter une barrière effondrée pour se prendre en photo sur un promontoire, à un mètre du vide.- “La falaise est tombée” -En menaçant les contrevenants de 135 euros d’amende, plus le remboursement des frais engagés pour les secours, la mairie espère préserver le tracé des côtes mais aussi la sécurité des personnes: chaque année, des chutes mortelles sont à déplorer sur le site.”Un mal récurrent”, déplore Bernard Le Damany, premier adjoint à la mairie de la ville, “à tel point que deux groupes ont dû y être secourus à deux jours d’intervalle ces dernières semaines”.”Par endroit, sur 50 centimètres ou 1 mètre, vous avez de la végétation, mais en dessous, c’est creux,  parce que la falaise est tombée, et les gens ne s’en rendent pas compte”, explique M. Le Damany.Si l’érosion frappe toute la côte normande, les falaises sont particulièrement exposées du fait de l’afflux de touristes qui aggrave la pression sur le site.La surveillance accrue depuis le nouvel arrêté municipal représente une pression supplémentaire sur les petits effectifs de la commune, qui fait patrouiller sa police le long de la côte, aux côtés des gendarmes et des deux garde-champêtres récemment engagés par la ville.Mais le véritable surcoût pèse en premier lieu sur les secours : “une intervention de pompiers, ça doit avoisiner les 900 à 1.000 euros, et une intervention en hélicoptère, on est sur du 2.500 à 3.000 euros de l’heure”, rappelle l’élu.Au point que les sauveteurs envisagent de relever les frais facturés aux contrevenants pour les opérations de sauvetage, a indiqué le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) de Seine-Maritime.L’arrêté communal a vocation à être maintenu, indique la municipalité, qui dit toutefois vouloir miser sur la “pédagogie” pour préserver le site. “Réprimer c’est bien, mais le plus important c’est que les gens prennent conscience des risques”, raisonne Bernard Le Damany, qui miserait bien, lui, sur “l’humour”.”Si vous vous retrouvez coincé dans le tunnel du Trou à l’homme, vous ne risquez pas la mort, en revanche je leur dirais bien qu’avec sept ou huit heures à attendre la marée basse, vous allez trouver le temps long !”

Accès restreint aux falaises d’Etretat: “il fallait bien qu’on en arrive là un jour”

“Il fallait bien qu’on en arrive là un jour”, soupire Étienne Lommier, touriste de 68 ans: suite à un récent arrêté municipal, plusieurs accès aux célèbres falaises d’Etretat (Seine-Maritime), rendues dangereuses par l’érosion et la surfréquentation, sont interdits d’accès.Ce chef d’entreprise à la retraite se tient devant la passerelle qui mène à la Chambre des demoiselles, petite grotte nichée dans un à-pic dont l’accès est désormais condamné par un mince ruban rouge et blanc.Depuis plusieurs décennies qu’il parcourt le chemin des falaises, il a vu “les habitudes (des touristes) changer”, “la côte rétrécir”, “des pans entiers de roche s’effondrer sur les plages”.Comme lui, ils sont des dizaines de touristes à se presser mercredi, ciré sur le dos et appareil photo à la main, sur les étroits sentiers grimpant vers les hauteurs qui flanquent la petite ville balnéaire de la côte d’Albâtre, fréquentée chaque année par environ 1,5 million de visiteurs.Depuis le 28 avril, un arrêté municipal interdit l’accès à certains sites très prisés des promeneurs, sentiers de falaises ou plages menacées d’éboulement. Parmi les sites, le fameux tunnel du “Trou à l’homme” qui traverse la falaise, dans lequel des imprudents se retrouvent régulièrement piégés lorsque la marée remonte.A quelques mètres de là, Christoph et Lukas, jeunes touristes allemands, approuvent l’initiative. “C’est un peu frustrant, mais on comprend pourquoi”, estime l’un des deux jeunes. Ce constat ne le dissuade pourtant pas de sauter une barrière effondrée pour se prendre en photo sur un promontoire, à un mètre du vide.- “La falaise est tombée” -En menaçant les contrevenants de 135 euros d’amende, plus le remboursement des frais engagés pour les secours, la mairie espère préserver le tracé des côtes mais aussi la sécurité des personnes: chaque année, des chutes mortelles sont à déplorer sur le site.”Un mal récurrent”, déplore Bernard Le Damany, premier adjoint à la mairie de la ville, “à tel point que deux groupes ont dû y être secourus à deux jours d’intervalle ces dernières semaines”.”Par endroit, sur 50 centimètres ou 1 mètre, vous avez de la végétation, mais en dessous, c’est creux,  parce que la falaise est tombée, et les gens ne s’en rendent pas compte”, explique M. Le Damany.Si l’érosion frappe toute la côte normande, les falaises sont particulièrement exposées du fait de l’afflux de touristes qui aggrave la pression sur le site.La surveillance accrue depuis le nouvel arrêté municipal représente une pression supplémentaire sur les petits effectifs de la commune, qui fait patrouiller sa police le long de la côte, aux côtés des gendarmes et des deux garde-champêtres récemment engagés par la ville.Mais le véritable surcoût pèse en premier lieu sur les secours : “une intervention de pompiers, ça doit avoisiner les 900 à 1.000 euros, et une intervention en hélicoptère, on est sur du 2.500 à 3.000 euros de l’heure”, rappelle l’élu.Au point que les sauveteurs envisagent de relever les frais facturés aux contrevenants pour les opérations de sauvetage, a indiqué le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) de Seine-Maritime.L’arrêté communal a vocation à être maintenu, indique la municipalité, qui dit toutefois vouloir miser sur la “pédagogie” pour préserver le site. “Réprimer c’est bien, mais le plus important c’est que les gens prennent conscience des risques”, raisonne Bernard Le Damany, qui miserait bien, lui, sur “l’humour”.”Si vous vous retrouvez coincé dans le tunnel du Trou à l’homme, vous ne risquez pas la mort, en revanche je leur dirais bien qu’avec sept ou huit heures à attendre la marée basse, vous allez trouver le temps long !”

Chez Goujon, trois étoiles au Michelin, la transmission avant la passation

S’il reste au sommet de la gastronomie française depuis quinze ans, Gilles Goujon, trois étoiles brodées sur sa veste de chef, s’appuie de plus en plus sur ses fils Enzo et Axel amenés à reprendre le flambeau.A la veille d’une intervention chirurgicale, ses yeux pétillent, rougissent et s’embuent quand le chef de 63 ans évoque l’avenir de l’Auberge du Vieux Puits, dans l’Aude, réputée pour son spectacle gustatif, olfactif, et pour “l’oeuf pourri aux truffes”, son plat signature.”Pouvoir transmettre, c’est fantastique, c’est dans l’ADN du chef. Transmettre à ses enfants, il n’y a pas de plus belle satisfaction”, confie-t-il après le service, installé dans un fauteuil près du vieux puits en pierre.Ouvert en 1992, l’établissement attire une clientèle du monde entier à Fontjoncouse, commune viticole de 150 habitants, au coeur des Corbières.- “Dans quatre ou cinq ans” -“A un moment donné, je vais me retirer, il va y avoir une passation”, se projette-t-il. “Dans quatre ou cinq ans. Ou avant. Tout en restant là. Ils ont encore des choses à apprendre, mais je les sens prêts à reprendre le flambeau, avec Paul”.Paul Rey, c’est “le troisième fils”, ami inséparable d’Enzo. Les deux gamins ont eu la même nounou, ont grandi ensemble à Fontjoncouse. Les deux amis d’enfance copilotent la cuisine, alors qu’Axel Goujon, 25 ans, se distingue, en virtuose des desserts.Le chef pâtissier de l’Auberge a décroché en 2025 le Prix Passion Dessert du Michelin pour sa marquise au chocolat Maracaïbo et fruits de la passion.  Dans cette profession qui chérit la transmission des connaissances, nombre de chefs formés à l’Auberge ont connu un destin étoilé.- Le soldat Kei -Le plus célèbre d’entre eux est Kei Kobayashi, premier chef japonais à décrocher le graal en France. “On a pleuré, dans les bras l’un de l’autre, quand il a obtenu la 3e étoile”, se souvient l’aubergiste des Corbières.Dans l’art de la transmission, la famille Marcon fait figure de modèle pour Gilles Goujon. En Haute-Loire, Régis Marcon est à la baguette du restaurant éponyme, 3 étoiles depuis 2005, avec son fils aîné Jacques et son cadet, Paul, vainqueur du Bocuse d’Or en janvier.Le chef audois, fils d’un pilote de chasse mort quand il avait 10 ans, n’a pas reçu lui-même la cuisine en héritage. “Mon père voulait être cuisinier, mais sa famille l’en a empêché”, dit-il. Sa mère a attendu qu’il soit distingué “meilleur apprenti” à l’âge de 16 ans, pour le lui révéler.”Ça a décuplé mon envie d’être chef”, dit Gilles Goujon en observant son fils Enzo, bientôt 29 ans, préparer des morilles fourrées d’une mousseline de crustacés.- “Pas de fils à papa” -A chaque entrée en cuisine, un “bonjour chef” retentit. Y compris de ses fils, car “il n’y a pas de fils à papa” dans ce métier. Tous sont logés à la même enseigne. Les trois macarons 2025 ont un parfum particulier. Cette 16e consécration consécutive intervient après un AVC du patriarche qui a propulsé Enzo et Axel sur le devant de la scène, durant la convalescence.”C’est un moment d’émerveillement, que les enfants écoutent et reproduisent… en mieux”, se délecte Gilles Goujon, également propriétaire avec eux de l’Alter Native, créé en 2021 à Béziers et déjà une étoile au Michelin.Il est avec ses fils, comme un père qui a été privé du sien “trop tôt”. Un “patriarche autoritaire, aimant, proche de mes petits”, dit-il. “Ils ont besoin de moi, j’ai besoin d’eux”.Une des dernières recettes, le turbot cuit à la cire, c’est Enzo qui l’a finalisée.”Je suis né dans une casserole! Et j’ai des photos pour le prouver”, se justifie Enzo, l’aîné, qui a “élargi ses connaissances” dans les cuisines du Restaurant Marcon, d’Arnaud Donckele à Saint-Tropez et de Paul Pairet à Shanghaï.”C’est notre vie, on s’éclate à venir travailler le matin. On prépare cette passation, ça se fera un jour (…) on mettra notre empreinte et on essaiera de faire mieux”, plaisante-t-il.”En sortant de l’école, si je voulais voir mes parents, c’était au restaurant. J’observais, hypnotisé, ça a débouché sur une passion”, poursuit le cadet. Comme son père, il dessine les desserts qu’il crée et rêve de recettes la nuit.

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“Les oiseaux ne viennent plus”: le nord du Nigeria face à la perte de biodiversité

Les histoires de la vie au bord de la rivière Matan Fada, dans le nord-ouest du Nigeria, ressemblent à des légendes. Les crocodiles ne sortent pas de l’eau le vendredi. Il y a cinquante ans, il suffisait de se baisser pour attraper les poissons, si nombreux qu’il en tombait même des arbres.Ce qui est certain, c’est que les hippopotames qui peuplaient la rivière sont partis. Les pélicans ne s’y arrêtent plus dans leur migration entre l’Europe et l’Afrique et on ne pêche plus de “kumba”, ce coquillage que les femmes concassaient pour fabriquer la poudre noire qui maquillait leurs yeux.Safiya Magagi, 61 ans, a passé toute sa vie à Argungu, petite ville riveraine. Enfant, elle aimait se réveiller tôt, à la saison où les oiseaux migrateurs nichaient dans la région.”Les oiseaux ramenaient les poissons dans leurs nids pour nourrir leurs petits, il y en avait tellement qu’ils tombaient des arbres et nous n’avions qu’à tendre la main pour les récupérer”, se remémore-t-elle, tout en déplorant que “les enfants d’aujourd’hui ne connaissent pas cette joie”.Dans l’Etat de Kebbi, le temps de l’abondance est révolu.”Particulièrement vulnérable” aux effets du changement climatique, selon Joseph Daniel Onoja, directeur de la Nigerian Conservation Foundation (NCF), cette région du nord-ouest, aux portes du Sahel, voit “le désert approcher très rapidement”.”La hausse des températures et l’évaporation excessive qui en résulte” et “les précipitations plus faibles” contribuent au “rétrécissement des plans d’eau”, souligne Talatu Tende, écologue au centre de recherche ornithologique Aplori de Jos, dans le centre du Nigeria. Conséquence, la nourriture se raréfie pour les oiseaux migrateurs, qui “ne sont plus aussi nombreux ou même arrêtent complètement de venir”, ajoute-t-elle. Husaini Makwashi, 42 ans, l’un des chefs d’une communauté de pêcheurs d’Argungu, confirme ne plus voir certains de ces oiseaux migrateurs.”L’arrivée de tel oiseau signifiait que la saison des pluies approchait, les gens commençaient à réparer leurs toits et préparer leurs champs”, se rappelle-t-il.- La rivière rétrécit -Cette région de savane voit ses paysages se transformer à cause de la météo et des activités humaines.La démographie est galopante dans l’Etat de Kebbi, où le taux de fécondité est l’un des plus élevés du pays. Les habitants coupent de plus en plus d’arbres pour se procurer du bois de chauffage.La campagne a perdu ses dattiers et ses karités. Les immenses kapokiers et leurs fruits remplis de coton, utilisés pour fabriquer des matelas, ont été coupés. Restent les margousiers, les manguiers et quelques baobabs.Les marais et trous d’eau se sont taris ou ont été pompés par des agriculteurs pour leurs cultures.L’Afrique n’émet que 3,8% des gaz à effet de serre dans le monde, mais elle subit sévèrement les effets du changement climatique. A Argungu, les températures dépassent 40°C depuis deux mois. Selon les scientifiques, l’année 2024 est la plus chaude jamais mesurée. En Afrique de l’ouest, les températures moyennes observées ont augmenté de 1 à 3°C depuis les années 1970.Avec une augmentation des températures de 2°C, 36,4% des espèces de poissons d’eau douce devraient être vulnérables à l’extinction d’ici 2100, prévoit le Giec.”Quand les pluies diminuent, la végétation se raréfie, il y a un excès d’évaporation, ce qui rend les sols encore plus secs” et altère la biodiversité, explique Joseph Daniel Onoja, de la NCF.Et lorsque la végétation diminue, “la biodiversité aviaire, et les êtres humains qui dépendent de ces habitats, sont inévitablement affectés”, insiste-t-il.L’émir d’Argungu, Alhaji Samaila Muhammad Mera, regrette que “la désertification ait avalé des milliers de terres arables” ainsi que la disparition des “nombreux lacs où les gens allaient pêcher”.Pour préserver les poissons, le chef traditionnel a imposé des restrictions pour la pêche, ce qui agace certains habitants. “Mais si l’on ne fait rien, la vie telle qu’on la connaît dans cette partie du pays va cesser et les gens seront contraints de migrer”, craint-il.Les ressources halieutiques constituent la principale source de protéines animales pour environ 30% des Africains, selon le Giec.Pour l’instant, il est encore “facile” d’être pêcheur à Argungu. Les poissons, bien que moins nombreux, sont toujours là. Mais “la rivière a rétréci” et certaines espèces ont disparu, constate Ahmed Musa, un pêcheur de 25 ans.- Insécurité alimentaire -Pour les agriculteurs proches de la rivière, l’irrigation est facile et les récoltes satisfaisantes, grâce “aux engrais et aux pesticides”. Mais pour ceux plus éloignés, la situation se détériore.”Avant, on récoltait cent sacs de millet dans ce champ, maintenant on arrive à peine à en avoir soixante”, explique Murtala Danwawa, 30 ans. Autrefois, il pouvait “pleuvoir sans discontinuer pendant une semaine” en pleine saison des pluies.Alors, en période de soudure, il abandonne ses champs et fait pousser de la canne à sucre dans le petit trou d’eau voisin, afin de la vendre pour nourrir sa famille.En Afrique, le changement climatique a réduit la productivité agricole de près de 34% depuis les années 1960, plus que dans toute autre région du globe, estime le Giec.En 2025, 33 millions des quelque 220 millions d’habitants du Nigeria feront face à une insécurité alimentaire sévère, prévoient les Nations unies.

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Nouvelle-Zélande: une espèce menacée d’escargot filmée en train de pondre par le cou

Un spécimen d’escargot en Nouvelle-Zélande a été filmé pour la première fois en train de pondre un oeuf par le cou, rassurant les scientifiques qui tentent de sauver cette espèce menacée de mollusque.”C’est la première fois que nous en voyons un pondre par le cou”, témoigne Lisa Flanagan, garde forestière à Hokitika, sur la côte ouest de l’île du Sud, citée jeudi dans un communiqué du ministère néo-zélandais de la Conservation.”Nous l’avons retourné pour le peser et nous avons vu l’oeuf commencer à sortir de l’escargot”, ajoute-t-elle.Le ministère de la Conservation gère depuis 2006 à Hokitika une population captive d’”escargots du mont Augustus” dans des conteneurs réfrigérés, menacés par l’exploitation du charbon dans la région.Cette opération a permis de sauver, selon lui, ces mollusques de l’extinction.Kath Walker, scientifique rattachée au ministère, explique que les coquilles dures des escargots rendaient leur accouplement difficile, si bien que certains d’entre eux ont développé un “pore génital” juste en dessous de leur tête.L'”escargot du mont Augustus” n’a alors “qu’à sortir de sa coquille pour faire le travail”, développe-t-elle.Ces escargots “à longue durée de vie” peuvent atteindre la taille d’une balle de golf et leurs oeufs peuvent mettre “plus d’un an à éclore”.Ils se nourrissent de vers de terre.En 2011, 800 de ces escargots sont morts de froid à l’intérieur de leurs conteneurs climatisés, en raison d’une mauvaise jauge de température.Moins de 2.000 d’entre eux vivent actuellement en captivité, tandis qu’un petit nombre a été relâché dans la nature en Nouvelle-Zélande.

Victoire du PSG: 44 personnes en garde à vue, trois blessés

Quarante-quatre gardes à vue sont en cours jeudi après des incidents dans la nuit lors des célébrations de la qualification du PSG en finale de la Ligue des champions, en marge desquelles trois personnes ont été blessées, dont un mineur au pronostic vital engagé, a appris l’AFP auprès de la préfecture de police de Paris et du parquet.Un dernier bilan de la préfecture de police fait état de 47 interpellations au cours de la nuit. Trois personnes ont par ailleurs été blessées après qu’un véhicule les a percutées dans des circonstances qui restent à éclaircir peu après minuit près des Champs-Elysées, alors que les supporters du PSG fêtaient la victoire de leur équipe face à Arsenal (1-0, 2-1). Selon le parquet, l’un d’eux, un mineur, au pronostic vital engagé, a été pris en charge par les secours et transporté à l’hôpital.Une enquête a été ouverte pour “violences avec arme ayant entrainé une incapacité totale de travail supérieure à huit jours, violences avec arme ayant entrainé une incapacité totale de travail inférieure à huit jours, délit de fuite et non-assistance à personne en danger”.Les faits se sont déroulés “rue Christophe Colomb”, dans le 8e arrondissement, perpendiculaire à l’avenue des Champs-Elysées, lorsqu’un “véhicule Mercedes, dans des circonstances à établir”, a percuté plusieurs piétons “en blessant trois” avant de prendre la fuite en direction de l’avenue Marceau, a expliqué la préfecture de police.”Ledit véhicule a été immobilisé par la densité des supporters. Deux individus, le conducteur et un passager, ont pris la fuite à pied abandonnant leur voiture à la colère de la foule, laquelle a été incendiée et entièrement détruite”, a détaillé la PP.Plus tard, “plusieurs groupes hostiles se sont formés pour commettre des dégradations et s’en prendre aux forces de l’ordre, jetant de nombreux projectiles dans leur direction” avant d’être dispersés vers 3h du matin, a poursuivi la préfecture de police.Au total, quatre véhicules ont été dégradés. Plus de 2.000 policiers, gendarmes et pompiers étaient mobilisés pour ce match, à la veille des cérémonies commémoratives du 8 mai 1945.Durant la rencontre, “quelques milliers” de supporters sans billets s’étaient massés aux abords du Parc des Princes. Après le premier but parisien, les esprits se sont échauffés et les forces de l’ordre sont intervenues pour rétablir la circulation porte de Saint-Cloud, mais sans “aucun incident majeur”, selon la PP. Le périphérique intérieur et extérieur a un temps été bloqué par une centaine de personnes.A Fontainebleau, “environ 500 personnes se sont regroupées hier soir dans le centre-ville, après la victoire du PSG, donnant lieu à quelques dégradations de véhicules et de mobiliers urbains mais aussi à des rixes”, a indiqué une source policière en Seine-et-Marne, indiquant que les agents ont “fait usage de gaz lacrymogènes pour les disperser”.