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SNCF: un dimanche quasi normal dans les gares malgré la grève

Le weekend prolongé du 8 mai n’aura finalement pas été gâché: malgré la grève SNCF annoncée de longue date, le trafic a été quasi normal dimanche dans les gares françaises, avec plus de neuf TGV sur dix en circulation.En ce dernier jour de ce qui devait être une “semaine noire” pour les voyageurs ayant prévu de circuler en train, à Lille comme à Paris, pas de pagaille dans les gares mais une affluence maitrisée et une ambiance très sereine pour un retour de grand weekend. Les tableaux d’affichage affichaient en quasi-totalité des trains à l’heure. Les seuls retards ou suppressions de trains étaient liés à des pannes électriques ou des défaillances matérielles, sans rapport avec la grève. Coté voyageurs aussi, le calme régnait. Dimanche matin, à Lille-Flandres, Charlotte, Alexandra et Aude, trois quadragénaires lilloises venues raccompagner des amis originaires de la région lyonnaise, ne cachaient pas leur soulagement. “On appréhendait qu’ils ne puissent pas venir”, a relaté Aude, juriste de profession, à un journaliste de l’AFP. Dans l’après-midi, dans le hall 2 de la gare Gare de Lyon à Paris, Aude, 32 ans, avait aussi le sentiment d’être “passée au travers” des mailles du filet. “Avec mes trois trains à prendre rien qu’à l’aller, j’étais à deux doigts de tout annuler”, a-t-elle expliqué en attendant son TGV retour pour Lyon après un weekend avec des amis. Mais “à l’exception d’un TER annulé entre Bordeaux et Arcachon” qui ne l’a pas empêché d’avoir sa correspondance, “ça s’est bien passé comparé à ce qu’on attendait”. Nahima, 38 ans, avait elle joué la prudence en faisant rentrer son fils de 12 ans de son weekend chez son père à Marseille, deux heures plus tôt. “Le weekend est un peu raccourci mais ça nous évite le stress”.Stressés, Monique et Rabah, un couple de cinquantenaires marseillais venus à Paris fêter un anniversaire, l’étaient aussi, mais “au final cette grève nous a un peu servi: au départ, on devait rentrer lundi car tous les trains étaient complets dimanche, mais comme il y a eu des désistements, on rentre un jour plus tôt, ça nous arrange”, se sont-ils réjouis. Même si “ces grèves à répétition les grands weekends et les vacances, y’en a marre”, ajoute Monique. Le syndicat SUD-Rail et un collectif de contrôleurs baptisé Collectif national ASCT (CNA) avait appelé à la grève les 9, 10 et 11 mai pour réclamer une augmentation de leur prime de travail et une meilleure anticipation des plannings, trop souvent modifiés en dernière minute d’après eux.Dimanche en fin de journée, la direction de la SNCF a confirmé à l’AFP que 95% des TGV ont pu circuler ce dimanche, et les trafics Transilien (trains de banlieue parisiens), TER (trains régionaux) et Intercités étaient, comme samedi, “normaux”. Coté grévistes, la mobilisation était toujours de “plus de 60% de grévistes chez les contrôleurs TGV et plus de 50% sur les TER”, a indiqué dimanche Fabien Villedieu, de Sud-Rail.- Nouvelle mobilisation en juin -La plupart des trains ont pu rouler grâce au déploiement de volontaires, cadres dans l’entreprise, ayant reçu des formations spéciales d’une journée pour remplacer les contrôleurs grévistes.Ces “contrôleurs réservistes (…) sont payés 50 euros de l’heure, ça gueule forcément du côté des titulaires”, a déclaré un agent SNCF dimanche matin en gare de Lille. Pour lui, la grève a été “complétement brisée. C’est dommage, mais tant mieux pour les usagers”, a-t-il ajouté.Pour Sud-Rail, “la SNCF a cherché à invisibiliser la grève, en imposant un plan de transport dégradé, avec des unités simples de TGV de 500 personnes au lieu des doubles trains habituels pendant les périodes d’affluence, qui nécessitent plus de contrôleurs”, selon Fabien Villedieu.Début mai, le PDG de SNCF Voyageurs Christophe Fanichet avait indiqué à l’AFP avoir “déjà des milliers de réservations en moins pour ce pont du 8-mai” en anticipation de la grève.Affirmant avoir “donné toute sa chance au dialogue social” avec “plus de 35 réunions”, il s’est engagé à “donner de la lisibilité sur les repos hebdomadaires des chefs de bord TGV, à six mois et non plus à trois mois”, mais a exclu une augmentation de la rémunération.Sud-Rail devrait faire le point “en début de semaine prochaine” sur la suite éventuelle à donner au mouvement. La CGT-Cheminots, première organisation syndicale à la SNCF, a déjà lancé un nouvel appel à la grève le 4 juin pour les conducteurs, le 5 juin pour toutes les catégories de cheminots, avec des revendications portant sur les salaires ou l’amélioration des conditions de travail, et le 11 juin pour les contrôleurs.

Pope Leo XIV warns of spectre of global war in first Sunday address

Pope Leo XIV condemned the spectre of a “third world war” in his first Sunday address, addressing international crises just days after becoming the Catholic Church’s new leader. From the balcony of St Peter’s Basilica, the Chicago-born Robert Francis Prevost, 69, greeted tens of thousands of people gathered below him in St Peter’s Square, cheering, applauding …

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Une foule de manifestants contre l’islamophobie dimanche à Paris

Plusieurs milliers de manifestants ont défilé dimanche à Paris à l’appel de plusieurs organisations et de personnalités pour dénoncer “la progression de l’islamophobie en France” et rendre hommage à Aboubakar Cissé, jeune Malien tué dans une mosquée du Gard.”Le racisme, ça commence avec des mots et ça finit comme Aboubakar”, clame une pancarte visible dans le cortège où ont pris place de nombreux représentants de la France Insoumise, dont Jean-Luc Mélenchon, Louis Boyard ou Eric Coquerel, a constaté une journaliste de l’AFP.”Avec la mort d’Aboubakar Cissé, une ligne rouge a été franchie”, estime Tarek, 44 ans, cadre de production francilien, qui défile sous le soleil avec un grand drapeau français.Au milieu de drapeaux français et palestiniens, les manifestants scandent “non, non à l’islamophobie “, avec plusieurs slogans et pancartes ciblant le ministre de l’Intérieur: “Même si Retailleau ne veut pas, nous on est là”. Des organisations antiracistes ont appelé à défiler dans la capitale et ailleurs en France – il étaient 400 à Lille – pour dénoncer “la progression de l’islamophobie” et saluer la mémoire d’Aboubakar Cissé.Le député LFI Éric Coquerel a déploré une “augmentation de l’islamophobie de manière incontestable, jusqu’à la mort d’Aboubakar Cisse dans une mosquée”. “Jamais on ne dira assez la responsabilité du ministre Retailleau qui fusionne droite et extrême droite”, a-t-il lancé.Les trois premiers mois de l’année ont enregistré une augmentation des actes antimusulmans de 72% par rapport à la période en 2024 avec 79 cas recensés, selon le décompte du ministère de l’Intérieur.Yassine Benyettou, secrétaire national du collectif RED Jeunes et coorganisateur de la marche, a déploré cette semaine “une peur constante” grandissante dans la communauté musulmane, estimant que la “parole décomplexée” d’une partie de la classe politique alimente un climat antimusulman et “porte atteinte à la sécurité d’une partie de la population française”.Le meurtre d’Aboubakar Cissé a ravivé en France un débat autour du terme même d'”islamophobie”.Bruno Retailleau, dont l’attitude dans cette affaire a été critiquée à gauche et par des proches de la victime, a estimé qu'”il y a une connotation idéologique du terme +islamophobie+ très marquée vis-à-vis des Frères musulmans, qui fait que dans notre ministère, on prend la précaution de ne pas l’utiliser”.Le Premier ministre François Bayrou a au contraire défendu l’emploi du terme “islamophobe” dans cette affaire.Ce débat a trouvé un écho dans le cortège dimanche avec cette pancarte brandie par un manifestant place de la Bastille: “Ils ne sont pas islamophobes, c’est juste qu’ils n’aiment pas les musulmans”.

L’île des Pins, joyau déserté de la Nouvelle-Calédonie

Avec ses plages de sable blanc et ses eaux cristallines, l’île des Pins est le joyau de la Nouvelle-Calédonie. Mais un an après les émeutes, les touristes ne sont pas revenus et les professionnels du secteur redoutent l’effondrement définitif de leur activité.Sous les hautes silhouettes des pins colonnaires, la baie de Kuto déploie son lagon turquoise. Mais sur le sable, les serviettes sont rares et les catamarans restent trop souvent amarrés. “On fait office de vitrine, mais on se sent abandonnés”, lâche Pierre-Emmanuel Faivre, le gérant du Kunie Scuba Center.À la tête de la plus vieille école de plongée de Nouvelle-Calédonie, ce Jurassien installé depuis dix ans sur l’île voit son activité irrémédiablement s’éroder. “On a perdu près de 80% du chiffre d’affaires en un an”, explique-t-il.Faute de clients, l’entreprise vit désormais sur ses réserves. Il est pour l’instant sauvé par l’argent mis de côté pour l’achat de deux compresseurs de bouteilles – des équipements à plusieurs dizaines de milliers d’euros l’unité.L’île des Pins, à 2h30 de bateau au sud de la Grande Terre, est mondialement connue des plongeurs pour la beauté de ses fonds marins. Globalement épargnée par les émeutes de mai 2024, elle a tout de même connu quelques soubresauts: en août, l’église a été partiellement incendiée et deux élues non-indépendantistes agressées.Conséquence, des pays voisins comme l’Australie classent toujours la destination “à risque”, au niveau trois sur une échelle de quatre. Et les touristes ne sont jamais vraiment revenus.Avant la crise, l’avenir semblait radieux pour Pierre-Emmanuel Faivre. En 2023, son centre de plongée avait battu “le record de Koh Lanta”, en référence à l’année faste de 2005, quand le tournage de l’émission avait dopé la fréquentation.En mars 2024, il participait au salon de la plongée à Tokyo. Plusieurs tour-opérateurs étaient prêts à programmer l’île, déjà très populaire auprès des touristes japonais, qui représentaient jusqu’à 30% de la clientèle de certains hôtels.- Desserte au ralenti -Mais les émeutes, puis l’arrêt en septembre pour raisons économiques de la liaison directe Nouméa-Tokyo par la compagnie calédonienne Aircalin, ont brisé cette dynamique.Autre coup dur: la desserte de l’île a été drastiquement réduite, dénoncent les professionnels du secteur. Car sur un territoire financièrement exsangue, qui a connu une baisse de 10-15% de son PIB en 2024, selon les estimations de l’institut statistique locale, toutes les entreprises compressent leurs coûts.La desserte en bateau est devenue aléatoire et les rotations aériennes, qui allaient jusqu’à 25 vols par semaine, sont descendues à cinq.Président de la Fédération Île des Pins Tourisme, Lilian Morer a fait le compte: l’activité a chuté de 70 à 80% pour l’ensemble des structures touristiques, un tiers des établissements sont fermés, les autres peinent à dépasser 30% de taux d’occupation.”Ça va mal, c’est totalement mort. On est en mode survie, mais on sait que ça ne tiendra pas dans le temps”, avertit ce directeur d’un village vacances sur l’île des Pins.Le chômage partiel, décrété après les émeutes, a permis d’éviter les licenciements immédiats. Mais le dispositif doit s’arrêter fin juin. Ensuite, “il y aura des plans sociaux”, prévient Nicolas Zerathe, gérant d’un petit lodge qui arrive tant bien que mal à se maintenir à flot grâce à une clientèle fidèle.Une catastrophe pour l’île, alors que le tourisme représente 600 emplois directs et indirects sur une population de 2.400 habitants. Même dans le meilleur des cas, aucun ne voit l’activité repartir avant fin 2026. “On est KO. Et même si ça repart, il faudra une vraie volonté et un gros chèque pour relancer”, conclut Lilian Morer.

Tollé du Crif et de la Licra après des propos d’Ardisson sur la situation à Gaza

La Licra et le Crif ont condamné dimanche les propos tenus la veille par l’animateur et producteur Thierry Ardisson sur France 2 comparant Gaza à Auschwitz, des propos pour lesquels il a demandé pardon, dimanche, auprès de “ses amis juifs”. Gaza, “c’est Auschwitz, voilà, c’est tout ce qu’il y a dire”, a déclaré Thierry Ardisson samedi soir dans l’émission “Quelle Epoque!” présentée par Léa Salamé, faisant référence au camp de concentration et d’extermination nazi d’Auschwitz-Birkenau en Pologne.”On nous dira +mais vous saviez+, c’est ça qui est fou”, a-t-il ajouté, en évoquant la situation dans la bande de Gaza.Dimanche, la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) a “condamné une nouvelle fois la banalisation des comparaisons outrancières et le confusionnisme ambiant. Le nazisme et la Shoah ne sont pas l’alpha et l’oméga de toutes les crises nationales et internationales. Gaza n’est pas Auschwitz”, a-t-elle écrit sur le réseau social X.Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Yonathan Arfi, a lui aussi lancé: “Non, Thierry Ardisson, Gaza n’est pas Auschwitz !”, sur le même réseau.”La Mémoire de la Shoah n’est jamais autant convoquée dans le débat public que par ceux qui veulent la retourner contre les Juifs”, a déclaré M. Arfi. “Je déplore depuis le 7 Octobre (2023, ndlr) la détresse de toutes les populations civiles, israéliennes et palestiniennes. Mais pour quel autre conflit utilise-t-on ces comparaisons avec la Shoah ? Aucune critique d’Israël ne justifie de le nazifier”, a-t-il encore écrit.Selon lui, “la situation au Proche-Orient est suffisamment compliquée et difficile pour ne pas avoir besoin de ces confusions coupables”.Dans un communiqué transmis à l’AFP dimanche, M. Ardisson est revenu sur ses déclarations. “L’émotion était sans doute trop forte et mon propos exagéré”. “Je prie mes amis juifs de bien vouloir me pardonner”, ajoute-t-il, rappelant avoir à plusieurs reprises pris position publiquement contre l’antisémitisme.En guerre contre le Hamas depuis l’attaque sans précédent perpétrée par le mouvement islamiste palestinien le 7 octobre 2023, Israël bloque depuis le 2 mars l’entrée de toute aide humanitaire dans la bande de Gaza, où celle-ci est vitale pour les 2,4 millions d’habitants.Depuis des semaines, des responsables de l’ONU et d’ONG multiplient les avertissements sur la pénurie de nourriture, de médicaments et de carburant dans le territoire palestinien assiégé.Affirmant qu’il n’y a pas de crise humanitaire à Gaza, Israël dit que le blocus mis en place le 2 mars, vise à contraindre le Hamas à libérer les otages qui y sont toujours retenus depuis l’attaque du 7 octobre 2023.

Lot: “départs très importants” sur le site de la rave-party illégale

Des “départs très importants” ont lieu dimanche depuis le site de la rave-party illégale organisée dans le Lot, selon la préfecture qui a enregistré un “très grand nombre d’infractions” à la législation sur les stupéfiants mais sans incident sanitaire notable.”Nous avons actuellement des départs qui sont très importants” depuis le site, a expliqué la préfète du Lot, Claire Raulin, lors d’un point de presse en fin de matinée.Ce sont des “centaines de véhicules et de personnes qui quittent actuellement le site”, a-t-elle dit, sans être en mesure de donner de “chiffre précis” sur le nombre de participants qui était samedi soir “autour de 10.000”, selon la préfecture.Sur toute la durée de la manifestation, 240 personnes ont été “prises en charge sur site par les premiers secours”, il y a eu “quelques transports sanitaires vers les hôpitaux pour des traumatismes sans gravité”, a détaillé la préfète, précisant que la personne hospitalisée pour consommation de stupéfiants samedi était sortie d’observation.Un “très grand nombre d’infractions” ont été relevées, dont “90% sont des infractions en lien avec la législation sur les stupéfiants”, a-t-elle rappelé.Au total, “environ 400 personnels” étaient mobilisés pour la gestion de l’évènement dimanche, “que ce soient des agents de l’Etat ou des personnels de la sécurité civile”, selon Mme Raulin qui devrait faire un nouveau point de la situation dans l’après-midi.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

La fermeture d’une raffinerie écossaise, emblématique du défi de la transition énergétique

Travailler à Grangemouth, c’était l’assurance “d’un travail à vie”. Mais tout a changé dans cette ville écossaise avec la mise à l’arrêt fin avril d’une raffinerie géante, qui illustre l’ampleur du défi de la transition énergétique dans l’industrie pétrochimique britannique.Le 29 avril dernier, Petroineos, coentreprise entre le géant britannique de la chimie Ineos et le groupe public chinois PetroChina, a annoncé la fin des activités sur ce site vieux de plus d’un siècle, donnant le coup d’envoi aux premières suppressions d’emplois.La fermeture la raffinerie, située à environ 40 km d’Édimbourg, dans l’estuaire du Forth, se traduira au total par la perte de 400 emplois, un coup dur pour la ville dont elle était un des principaux employeurs.Selon Petroineos, le site, dernière raffinerie d’Écosse, perdait environ 500.000 dollars (444.000 euros) par jour, du fait notamment d’une moindre demande en carburants avec l’électrification croissante des véhicules.Il prévoit de le transformer en terminal d’importation de carburants et emploiera seulement 65 anciens salariés.Chris Hamilton est l’un d’entre eux. Dès l’annonce du projet de fermeture en 2023, cet ouvrier syndiqué a lancé la mobilisation sous le mot d’ordre “Keep Grangemouth Working”.La campagne visait à assurer un avenir au site avec le développement d’activités bas carbone, comme la production de carburant plus durable pour les avions, explique à l’AFP Chris Hamilton.Mais pour le groupe, “le cadre réglementaire, budgétaire et politique ne permettait pas une production bas carbone”.Un récent rapport de la Commission pour une transition juste en Écosse (JTC) a conclu que Grangemouth était victime d’un “défaut de responsabilité” de la part du gouvernement et de Petroineos.- “test” pour la transition -Un peu plus tôt cette année, Petroineos et le gouvernement britannique ont publié une étude de faisabilité d’options bas carbone pour le site.Mais ces options, notamment la production de kérosène et le recyclage de plastique, prendraient des années à être mises en œuvre et nécessiteraient des milliards de livres d’investissements.Le gouvernement s’est engagé à contribuer à hauteur de 200 millions de livres soit 241 millions d’euros), qui s’ajoutaient aux 100 millions déjà promis par le précédent gouvernement conservateur, mais aucun partenaire privé ne s’est manifesté.Ces six derniers mois, Andrew Petersen et ses collègues ont dû fermer un à un les unités de la raffinerie.”C’était vraiment dur”, explique-t-il. “On a eu le sentiment de creuser notre propre tombe”. “Avec la fermeture de la raffinerie (…) les employés ne peuvent pas attendre dix ans”, s’inquiète le député de la circonscription de Grangemouth Brian Leisham.”Une vraie transition juste signifierait que l’on accompagne les employés”, ajoute-t-il.Richard Hardy, membre de la commission JTC, estime auprès de l’AFP que la fermeture de la raffinerie est un “test décisif” en matière de transition équitable.Selon lui, les gouvernements britannique et écossais doivent faire davantage pour assurer le passage délicat entre la fermeture des industries polluantes et la transition vers une énergie plus verte, dans la perspective de la neutralité carbone prévue d’ici 2050 au Royaume-Uni.Le mois dernier, le gouvernement travailliste de Keir Starmer a pris le contrôle du sidérurgiste British Steel — propriété d’un groupe chinois — pour éviter l’arrêt des hauts fourneaux, les derniers du pays.Brian Leisham l’a appelé à faire de même à Grangemouth, une des six dernières raffineries du Royaume-Uni.- le déclin de “boomtown” -Construite autour de la raffinerie et autrefois surnommée “boomtown” (la ville en plein essor), Grangemouth est déjà en déclin depuis plusieurs années, perdant des habitants.Auparavant, grandir et travailler à la raffinerie voulait dire “avoir un travail à vie”. Aujourd’hui, “il y a des options (d’emploi), mais pas ici”, se désole Andrew Petersen, pour qui Grangemouth “va devenir une ville fantôme”.Dans le centre-ville délabré, où les devantures de magasins fermés sont nombreuses, le boucher Robert Anderson constate déjà qu’on “ne voit plus” les ex-employés de la raffinerie, autrefois bien identifiables avec leur veste de haute visibilité.Hannah Barclay, 19 ans et qui travaille auprès des sans-abri, explique que beaucoup de ses amis travaillaient à Petroineos. “Pour de nombreuses personnes ici, l’université, l’enseignement supérieur, ce n’est pas une option”, dit-elle, ajoutant que la fermeture crée un avenir vraiment “incertain” pour les jeunes.

Frères musulmans: un rapport présenté en conseil de défense le 21 mai

Un rapport sur le mouvement des Frères musulmans et son “entrisme” sera au coeur d’un conseil de défense présidé par Emmanuel Macron le 21 mai, a déclaré dimanche le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau.Invité lors du Grand Jury RTL/M6/Le Figaro/Public Sénat à confirmer la date de cette réunion pour évoquer ce rapport tenu pour l’instant secret, le ministre a répondu qu'”il y aura bien ce conseil de défense qui sera présidé par le chef de l’Etat”. “Il sera bien le 21 mai et pour moi c’est fondamental parce que cela signifie que cette question va être placée au cœur de l’Etat et de l’interministériel”, a-t-il ajouté en évoquant “une menace pour la République”.Ce rapport n’est pas publié “parce qu’il est classifié confidentiel défense” et renferme des informations “qui, si elles étaient connues, y compris de ceux qui sont dans ce rapport, pourraient les renseigner”, mais une “version allégée” devrait être diffusée à une date encore à fixer, selon lui.Ce rapport pourrait-il proposer l’interdiction des Frères musulmans? “Non, parce que le problème des Frères musulmans, c’est qu’il y a peu de choses dans la confrérie secrète” mais “c’est l’entrisme”, a rétorqué le ministre. “Les Frères musulmans ont inventé la matrice politique de l’islamisme, mais ils ont un discours très très lisse. Et, aujourd’hui, on n’arriverait pas à constituer des preuves pour une dissolution”, a-t-il développé. “En revanche, là où on peut taper et c’est ce que l’on fait (…), c’est sur l’entrisme dans les clubs de sport, dans les écoles Al Kindi par exemple, c’est la question d’Averroès, la question de leur propre institut de formation à Château-Chinon, dans la Nièvre, qui vient d’être perquisitionné”, a poursuivi Bruno Retailleau.Le ministre avait annoncé il y a deux semaines son intention de rendre public “dans quelques jours” un rapport “accablant”, “constitué à partir de renseignements des services les plus qualifiés de l’Etat”, sur le “+frérisme+, les frères musulmans et leur entrisme”. Le gouvernement avait confié en mai 2024 une mission à deux hauts fonctionnaires sur “l’islamisme politique et la mouvance des Frères musulmans”, chargée de rendre un rapport à l’automne 2024.Ces travaux sont présentés comme étant dans la droite ligne du discours des Mureaux (Yvelines) sur le séparatisme prononcé par Emmanuel Macron en 2020 et qui a débouché sur la loi sur les principes et valeurs de la République de 2021. 

SNCF: un dimanche quasi normal dans les gares malgré la grève

Le weekend prolongé du 8 mai n’aura finalement pas été gâché: malgré la grève annoncée de longue date des contrôleurs SNCF, le trafic SNCF est quasi normal dimanche dans les gares françaises, avec plus de neuf TGV sur dix en circulation.En ce dernier jour de ce qui était annoncé initialement comme une “semaine noire” pour les voyageurs ayant prévu de circuler en train, sur les écrans de la gare Lille Flandres, tous les trains étaient annoncés à l’heure et aucun n’apparait comme “annulé”, a constaté un journaliste de l’AFP. Même chose du coté des gares parisiennes, à l’exception d’un train de 13h44 pour Bordeaux supprimé à Montparnasse et de trois retards de plus d’une heure à Austerlitz liés à des travaux ou des problèmes matériels.A l’instar de Charlotte, Alexandra et Aude, trois quadragénaires lilloises venues raccompagner à leur train des amis originaires du Bugey près de Lyon, les voyageurs étaient calmes et plutôt soulagés.”On appréhendait qu’ils ne puissent pas venir”, raconte Aude, juriste de profession. “On était stressés à l’aller mais tout s’est bien passé”, renchérit l’une de ses amies avant de passer le portique pour prendre son TGV. Le syndicat SUD-Rail et un collectif de contrôleurs baptisé Collectif national ASCT (CNA) avait appelé à la grève les 9, 10 et 11 mai pour réclamer une augmentation de leur prime de travail et une meilleure anticipation des plannings, trop souvent modifiés à la dernière minute d’après eux.Samedi, un porte-parole de la direction de la communication du groupe SNCF avait annoncé que le trafic serait “peu perturbé”.”Les Transilien (trains de banlieue parisiens), les (trains régionaux) TER et Intercités ont circulé normalement et le trafic était normal à 96% sur les TGV samedi. Nous prévoyons la même chose dimanche”.La mobilisation des grévistes, “très forte” samedi, devrait “un peu baisser dimanche”, avait prédit le syndicat Sud-Rail.”Samedi, on était au-delà des 60% de grévistes chez les contrôleurs de TGV, avec des pointes dans le sud-est à plus de 66%. Et on est environ à 50% sur les TER”, avait détaillé à l’AFP Fabien Villedieu, de Sud-Rail.En dépit de cette mobilisation, le groupe public avait assuré que tous les voyageurs pourraient “voyager le jour prévu vers leur destination”.- Nouvelle mobilisation en juin -La plupart des trains ont pu rouler grâce au déploiement de volontaires, cadres dans l’entreprise, qui ont reçu des formations spéciales d’une journée pour remplacer les contrôleurs grévistes dans les trains.”La direction à fait appel à des contrôleurs réservistes qui sont payés 50 euros de l’heure, ça gueule forcément du côté des titulaires”, a déclaré un agent SNCF dimanche en gare de Lille. Pour lui, la grève a été “complétement brisée. C’est dommage, mais tant mieux pour les usagers”, a-t-il ajouté.Pour Sud-Rail, ce recours aux volontaires ne suffit toutefois pas à expliquer les faibles perturbations du trafic: “La SNCF a cherché à invisibiliser la grève, en imposant un plan de transport dégradé, avec des unités simples de TGV de 500 personnes au lieu des doubles trains habituels pendant les périodes d’affluence, qui nécessitent plus de contrôleurs”, selon Fabien Villedieu.Début mai, le PDG de SNCF Voyageurs Christophe Fanichet avait indiqué à l’AFP avoir “déjà des milliers de réservations en moins pour ce pont du 8-mai” en anticipation de la grève.Affirmant avoir “donné toute sa chance au dialogue social” avec “plus de 35 réunions”, il s’est engagé à “donner de la lisibilité sur les repos hebdomadaires des chefs de bord TGV, à six mois et non plus à trois mois”, mais a exclu une augmentation de la rémunération.Sud-Rail devrait faire le point “en début de semaine prochaine” sur la suite éventuelle à donner au mouvement. La CGT-Cheminots, première organisation syndicale à la SNCF qui avait aussi lancé un appel à la grève en début de semaine ayant provoqué quelques perturbation notamment sur les lignes régionales, a déjà prévu une poursuite de la mobilisation: elle a lancé un nouvel appel à la grève le 4 juin pour les conducteurs, le 5 juin pour toutes les catégories de cheminots, avec des revendications portant sur les salaires ou l’amélioration des conditions de travail, et le 11 juin pour les contrôleurs.