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Municipales à Paris: vers un accord historique à gauche dès le premier tour

A Paris, socialistes, écologistes et communistes s’apprêtent à sceller pour la première fois leur union dès le premier tour des municipales, derrière l’ex-premier adjoint socialiste Emmanuel Grégoire. Une alliance arrachée au terme de négociations délicates, mais réclamée sur le terrain face à une droite revigorée.Les 2.500 adhérents écologistes parisiens sont invités à voter mercredi pour cet accord. “C’est nouveau, c’est vraiment quelque chose d’historique pour nous”, a déclaré sur franceinfo le candidat écologiste David Belliard.Si socialistes et écologistes gouvernent ensemble la capitale depuis 2001, ils n’avaient encore jamais mené campagne commune dès le premier tour.Cet accord, qui prévoit le désistement de David Belliard et de son homologue communiste Ian Brossat, sera soumis au vote des trois formations politiques.”Ce soir, dans la nuit, on connaîtra la réponse et (…) dès demain (jeudi) moi je suis prêt, dans toutes les configurations, à continuer la campagne”, a ajouté M. Belliard.”Quand une droite extrémisée menace, nous avons le devoir d’unir nos forces”, a posté sur X Ian Brossat, rappelant que la candidate potentielle de Reconquête, Sarah Knafo, a jugé “naturelle” une alliance avec Rachida Dati.- “Enormes” enjeux -Interrogé sur la possibilité d’une union au second tour avec LFI, David Belliard s’est dit favorable à une “candidature unique à gauche”. “On est dans une élection difficile, dans laquelle il y a des enjeux (…) énormes pour Paris (…)  Et nous avons face à nous une droite qui est une droite populiste, affairiste, qui aujourd’hui est très brutale”, a-t-il souligné.Selon l’accord consulté par l’AFP, les partenaires s’engagent “à tout faire pour qu’il n’y ait qu’une seule liste de gauche au second tour”, excluant toute alliance avec le candidat Horizons soutenu par Renaissance Pierre-Yves Bournazel.”La situation politique se clarifie à Paris. Il y a désormais un bloc de gauche très à gauche et un bloc de droite très à droite”, a réagi ce dernier sur X. Initialement annoncée pour octobre, cette alliance à gauche, qui devrait également associer Place publique et possiblement L’Après (ex-LFI), est le fruit de plus de trois mois de tractations serrées.”Si un accord historique comme celui-ci n’avait jamais été réalisé auparavant c’est d’abord parce que c’est difficile et parfois douloureux. Cela implique que certains sortent des listes”, glisse une source socialiste. Les discussions achoppaient notamment sur la place des écologistes en lice pour le Conseil de Paris dans un contexte de changement de mode de scrutin. Une réforme vivement critiquée par l’exécutif sortant, qui y voit une manoeuvre visant à faire gagner la droite.Selon l’accord, 36 écologistes seraient éligibles contre 28 élus actuellement. – “Coût” politique -Source de profondes crispations chez les militants socialistes, les écologistes ont également obtenu que David Belliard soit tête de liste dans le XIe arrondissement, où fut élu Léon Blum et où l’est l’actuelle maire socialiste Anne Hidalgo. Une troisième mairie verte en plus de celles du XIIe et du XIVe qu’ils administrent déjà.Revendiquant leur rôle central dans la transformation de l’espace public, de l’essor des pistes cyclables aux “rues aux écoles”, les écologistes conditionnaient de fait leur retrait à l’obtention de concessions significatives.Parmi les “marqueurs communs” figurent la revalorisation du périscolaire, un service de garde d’enfant universel, l’objectif de 40% de logement public (dont 30% de logement social), ou encore la poursuite de la piétonnisation et du verdissement de la ville.Parmi les points de divergence, l’avenir du Parc des Princes.  “C’est un rassemblement historique qui a un coût très important pour les socialistes”, reconnaît une source à gauche, pour qui les écologistes en sortiront “renforcés” alors qu’ils “reculent partout en France”.”Avec cette liste d’union il y aura un effet vote utile (…) Ca va forcément ouvrir une dynamique”, estime-t-on de même source.A l’instar de Paris, la plupart des grandes villes dirigées par la gauche ont franchi le pas d’une alliance dès le premier tour.Mais certains écologistes refusent l’accord. “Se ranger derrière les socialistes dès le départ, c’est installer une confrontation artificielle avec LFI entre deux gauches irréconciliables”, déclare à l’AFP le conseiller de Paris écologiste Emile Meunier.Le jeu politique parisien est plus ouvert que jamais. Samedi, un sondage Ipsos pour Le Parisien créditait de 32% des voix au premier tour la gauche unie hors LFI, talonnée par Rachida Dati (27%), soutenue par le MoDem.Pierre-Yves Bournazel est lui estimé à 14%, contre 13% pour Sophia Chikirou (LFI). A l’extrême droite, la liste du RN de Thierry Mariani est créditée de 7%, ex-aequo avec celle de Sarah Knafo.

La grève au Louvre reconduite à l’unanimité, la réouverture du musée incertaine

Les agents du Louvre ont voté à l’unanimité mercredi matin en faveur de la reconduction de la grève qui avait empêché le musée d’ouvrir lundi et rend très incertaine sa réouverture, nouvelle épreuve pour un établissement en crise dont la présidente est réentendue en fin de journée au Sénat.”Le préavis de grève a été maintenu et la grève votée à l’unanimité”, a déclaré Valérie Baud, représentante CFDT, devant la presse sur le parvis du musée parisien. Il y a eu “un refus des propositions du ministère à l’unanimité”, a déclaré à l’AFP Gary Guillaud, de la CGT, évoquant des propositions “indignes”.Les salariés, qui débrayent contre les problèmes de sous-effectif, la dégradation du bâtiment ou la hausse des tarifs pour les non-Européens, étaient “au moins 300” à l’AG selon la CFDT.Dehors devant la pyramide, un panneau indiquait aux visiteurs ayant trouvé portes closes que “l’ouverture du musée est actuellement retardée”, et que l’établissement communiquerait “les modalités d’une éventuelle ouverture dès que possible”. La direction doit à présent préciser si elle dispose d’assez d’agents pour assurer une ouverture partielle du Louvre ou si elle doit le fermer intégralement comme lundi. Le musée parisien était resté clos mardi, jour de fermeture hebdomadaire.A 9H00, avant l’issue du vote de l’assemblée générale, les visiteurs du jour étaient partagés. “Nous espérons que le musée sera ouvert, puisque nous retournons demain au Japon. C’est maintenant ou jamais pour le visiter”, avait confié à l’AFP Chika Nishi, 29 ans, étudiante en droit.”Je ne suis pas en colère car je respecte les travailleurs et ils doivent défendre leurs droits. Si le musée n’ouvre pas aujourd’hui, je ne sais pas si on pourra y aller un autre jour de la semaine car tout est affiché complet”, a déclaré pour sa part Maximilian Cimander, 23 ans, étudiant allemand dans la capitale pour la semaine.Lundi, une réunion de crise avait eu lieu avec les syndicats au ministère de la Culture, en première ligne dans ce dossier, pour répondre à la colère des agents, également nourrie par la succession d’avanies depuis le cambriolage du 19 octobre.Outre l’annulation de la baisse prévue de 5,7 millions d’euros de dotation au Louvre pour 2026, le ministère propose de redéployer des effectifs et d’ouvrir des recrutements dédiés à l’accueil et la surveillance du musée, et s’engage au versement d’une prime exceptionnelle alors que les syndicats voudraient une revalorisation indemnitaire pérenne. Trois réunions ont déjà eu lieu au ministère la semaine dernière, dont l’une avec Rachida Dati, sans parvenir à éteindre la mobilisation.- Désaveu -Fragilisée encore davantage par ce conflit social, la présidente du Louvre passera, à partir de 16H30, de nouveau sur le gril de la commission de la culture du Sénat, qui cherche à éclairer les failles sécuritaires du musée.Le 22 octobre, trois jours après le vol des huit joyaux de la Couronne, Laurence des Cars avait déjà reconnu un “échec” devant les sénateurs mais défendu son action, en assurant notamment avoir “accéléré l’élaboration” du schéma directeur de sûreté.Depuis, des révélations embarrassantes ont toutefois affaibli la dirigeante, arrivée à la tête du musée fin 2021.Laurence des Cars a dû reconnaître n’avoir eu connaissance d’un audit sécuritaire alarmant de 2019 qu’après le casse et la Cour des comptes a récemment pointé le “report persistant” affectant le schéma directeur de sûreté, dont la mise en œuvre n’a pas encore débuté.La gestion de la sécurité du musée a également été étrillée par l’enquête administrative lancée après le cambriolage.Sous pression, le Louvre a annoncé début novembre des mesures d’urgence, dont l’installation de dispositifs “anti-intrusion”. Mais, signe de désaveu, la ministre de la Culture a confié à Philippe Jost, en charge du chantier de Notre-Dame, une mission de deux mois pour réorganiser le musée au côté de Mme des Cars.Mardi, l’ancien président du Louvre Jean-Luc Martinez, destinataire de deux audits sécuritaires alarmants pendant son double mandat (2013-2021), avait défendu son action dans ce domaine devant les sénateurs.bur-adp-lcr-kp-jt/jmo/mpm

“On est pris en étau”: avec la dermatose, les vétérinaires cibles de menaces

“Vétérinaires = assassins”, cliniques taguées “vétos = collabos”… “On a le droit à tout”, déplore le président du Syndicat national des vétérinaires libéraux David Quint, qui témoigne du malaise dans la profession, en première ligne dans la gestion de l’épidémie de dermatose.La colère des agriculteurs contre l’abattage des troupeaux affectés par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) s’est, depuis plusieurs jours, aussi tournée contre les vétérinaires, chargés des “dépeuplements” des bovins, selon les termes utilisés par l’Ordre des vétérinaires.”Il a essayé de péter ma vitre (de voiture NDLR) avec son poing”, a raconté à l’AFP une vétérinaire libérale exerçant dans la Savoie, qui a requis l’anonymat à la suite de cet incident avec des éleveurs.Durant l’été, elle a été mandatée pour abattre un cheptel dans une exploitation. “Deux voitures se sont garées au milieu de la route comme des cowboys pour nous bloquer le passage et on nous a demandé si nous étions +fiers de ce que nous avions fait+, mon confrère et moi”, se souvient-elle.”Ils étaient quatre, c’était stressant, j’ai appelé la gendarmerie et porté plainte le soir même”, poursuit la vétérinaire.”On est pris en étau entre la souffrance du monde agricole d’un côté et le fait de devoir faire notre métier de l’autre”, a regretté auprès de l’AFP Jean-Yves Gauchot, président de la Fédération des syndicats vétérinaires.Lundi, le vétérinaire a reçu cette menace: “dans un autre temps, votre tête aurait fini au bout d’une pique”, après s’être exprimé sur BFMTV sur la DNC, une première en 35 années d’expérience.Une enquête a été ouverte mardi par le parquet de Bergerac (Dordogne) pour menaces de mort après sa plainte.”Il ne faut pas laisser passer”, défend-il, appelant ses confrères à porter plainte s’ils font, eux aussi, l’objet de menaces.- Droit de retrait? -Il n’y a “rien qui justifie que l’on menace quelqu’un de mort”, a réagi David Quint, lors d’une conférence de presse mardi de l’Ordre des vétérinaires et de plusieurs organisations syndicales, qualifiant ces intimidations d'”inacceptables”.La stratégie gouvernementale de lutte contre cette maladie animale très contagieuse, non transmissible à l’homme mais qui peut toucher très durement le cheptel, prévoit l’abattage systématique d’un troupeau dès la détection d’un cas, ce qui cristallise les tensions d’une partie des agriculteurs, notamment de la Coordination rurale (deuxième syndicat) et de la Confédération paysanne (3e).”N’allez pas trop loin sinon vous n’aurez plus de vétérinaires!”, a mis en garde le président du Conseil national de l’Ordre des vétérinaires, Jacques Guérin, interrogé par l’AFP en marge de la conférence.Face à la pression qui a “monté d’un cran”, il a appelé les vétérinaires à faire valoir leur droit de retrait “si les conditions ne réunissent pas leur sécurité et celle de leurs proches”.Cela signifie qu’un vétérinaire habilité et mandaté par une préfecture pour abattre un élevage pourrait refuser sa tâche, tout en argumentant les raisons auprès du préfet, explique l’Ordre.Mais l’institution précise qu’elle ne soutiendra pas les clauses de retrait “de principe”.- “Inadmissible” -“C’est inadmissible de s’en prendre aux vétérinaires”, a réagi auprès de l’AFP Stéphane Galais, porte-parole de la Confédération paysanne, arguant que la “responsabilité du climat de défiance” est à “aller chercher du côté du ministère de l’Agriculture”.Le syndicat concurrent Coordination rurale, lui aussi, “condamne toutes les menaces” envers les vétérinaires, selon François Walraet, secrétaire général du syndicat joint par l’AFP.”Ce sont nos partenaires. […] Ce n’est pas à eux qu’il faut s’adresser si on veut que le protocole évolue”, abonde-t-il.”Le vétérinaire dans un élevage, c’est le médecin de famille”, a déclaré mercredi le président de la FNSEA Arnaud Rousseau sur France Inter, dénonçant les menaces dont ils font l’objet. “On a besoin d’eux, ce qui se passe en ce moment n’est pas acceptable.”La ministre de l’Agriculture Annie Genevard, qui les a soutenus à plusieurs reprises, avait exclu plus tôt sur RTL un accompagnement des vétérinaires par la gendarmerie pour les vaccinations, appelant à “l’abandon de la violence”. Si l’Ordre des vétérinaires s’est dit “solidaire” des éleveurs, la présidente de l’association de vétérinaires SNGTV, Stéphanie Philizot, a estimé lors de la conférence de presse que les mesures actuelles étaient “absolument ce qu’il faut faire” pour éradiquer ce virus.

Des “dizaines de fiches” sensibles du ministère de l’Intérieur volées lors d’une attaque informatique

“Quelques dizaines de fiches” confidentielles ont été “extraites” lors d’une attaque informatique qui a touché Beauvau pendant plusieurs jours, a indiqué mercredi le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez.Le Traitement d’antécédents judiciaires (TAJ) et le Fichier des personnes recherchées (FPR) ont notamment été “consultés”, “des fichiers importants pour nous”, a expliqué le ministre sur franceinfo. “On ne connait pas encore l’ampleur de la compromission, on ne sait pas ce qui a été extrait: à date, quelques dizaines de fiches ont pu être sorties du système mais on parle de millions de données.” La semaine dernière, “un individu ou un groupe d’individus” se sont introduits “pendant plusieurs jours” dans les systèmes informatiques du ministère de l’Intérieur “en utilisant les messageries”, en passant par des boîtes professionnelles pour récupérer des codes d’accès.”Une personne a pu accéder à des fichiers en utilisant des mots de passe qui n’auraient pas dû être échangés sur des messageries, en clair”, a détaillé le ministre, déplorant “des imprudences”.”On continue à investiguer (…) on a saisi immédiatement la justice, on a saisi la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés, NDLR) comme la loi nous l’impose et puis il y a une enquête administrative que j’ai demandée”, a poursuivi Laurent Nunez.Il y a quelques jours, un groupe de pirates informatiques a revendiqué – sans apporter de preuves – cette attaque et a assuré avoir accédé aux données de plus de 16 millions de personnes, issues des fichiers de police. “Ce que je peux vous dire, c’est qu’il n’y a pas eu extraction de millions de données. A ma connaissance, c’est faux”, a encore affirmé le ministre, qui a assuré ne pas avoir reçu de demande de rançon. “Cela ne met pas en danger la vie de nos compatriotes.”L’Office anti-cybercriminalité (OFAC) est chargé de l’enquête.

Dehors les gones ! A Lyon, une crèche “100% plein air”

Aux pieds des tours de la Part-Dieu, à Lyon, des enfants en bas âge emmitouflés dans des combinaisons de ski jouent dans la gadoue, encouragés par les éducatrices de leur crèche 100% en plein air. Ici, “tout se passe à l’extérieur: les repas, les siestes, les activités, les temps d’accueil, les temps plus calmes”, explique la directrice de la crèche “Souris en Herbe”, Ophélie Loeb, à laquelle semblent toujours fermement agrippés un ou deux petits. En ce jour de décembre, une vingtaine d’enfants de 15 mois à trois ans, tous équipés des mêmes combinaisons, caracolent entre ateliers de bricolage, circuit en rondins et rochers, ou s’affairent à la dinette dans la cour de 285 m2 entre des arbres récemment plantés.”La semaine dernière, on a eu beaucoup de pluie, c’était +gadoue land+. Les enfants étaient super contents, ils sautaient dans les flaques, c’était très marrant”, s’enthousiasme Amel Marif, l’une des neuf professionnelles qui y travaillent. A rebours des usages dans la plupart des autres garderies, bien chauffées l’hiver et à l’affut du moindre microbe, cet établissement associatif, soutenue par la municipalité écologiste, a ouvert début novembre, en pleine vague de froid.Inspiré par un modèle qui a fait ses preuves dans les pays scandinaves, il mise sur les bienfaits reconnus du plein air sur “le développement cognitif, moteur et émotionnel des enfants”, selon ses promoteurs.Encore embryonnaire en France, le concept a déjà été testé dans des crèches en semi plein air, avec parfois 80% du temps dehors, plus rarement la journée entière, mais est le premier à organiser les siestes en extérieur.”On a quand même un bâtiment qui nous permet de se replier en cas de météo extrême”, c’est-à-dire si le vent est trop fort ou si les températures dépassent -5° ou 35°C, précise la directrice, psychomotricienne de formation.- “Santé psychique” -Les espaces intérieurs comportent la salle de change et de soins, les locaux du personnel, une petite cuisine pour réchauffer les plats des enfants et un espace de repli ponctuel.Après quelques semaines d’ouverture, les parents rencontrés par l’équipe de l’AFP notaient déjà une amélioration de la santé et du sommeil de leur enfant. Aloïs, deux ans et demi, “a besoin de se dépenser beaucoup, c’est un petit garçon assez actif”, raconte Aurore, sa mère, en enlevant son casque de vélo. “Le fait d’être dehors, de pouvoir prendre l’air, c’est vraiment super, on vit en appartement donc on a pas l’occasion d’avoir un jardin à nous”.Un tiers des places sont réservées pour des enfants présentant des besoins spécifiques, notamment des enfants atteints de troubles du spectre de l’autisme, trisomie, retards de développement ou déficiences sensorielles. Le petit Mohammed a des retards de language et selon son père, le contact avec les autres est déjà devenu un petit peu plus facile. “Quand il rentre, on voit qu’il ne cherche plus le iPad, mais qu’il veut faire des activités avec ses mains”, dit Farid Seghieri. “Avant il était toujours enfermé, toujours malade. Et quand il y en a un qui est malade tout le monde à la maison tombe malade”, poursuit-il. Depuis qu’il passe la journée dehors, son fils “dort comme un grand”, note-t-il encore.Caroline Meynier, auxiliaire puéricultrice depuis plus de dix ans, assure elle aussi que ses journées sont “bien différentes”. “Le fait de ne pas être enfermées entre quatre murs, ça permet vraiment de projeter le regard plus loin. Du coup (…) on est beaucoup moins fatiguées le soir au niveau de la santé psychique”, dit-elle.Le maire écologiste Grégory Doucet, qui a accompagné le développement de cette crèche, souhaite désormais ouvrir, au printemps, la première crèche municipale de France 100% en plein air.  

Explosion d’un immeuble dans l’Ain: un troisième corps retrouvé

Le corps d’une femme a été retrouvé mardi soir à Trévoux dans l’Ain, au lendemain de l’explosion d’un immeuble de quatre étages qui a fait deux autres victimes, des garçons de 3 et 5 ans, ont indiqué mercredi les secours.”La victime manquante a été retrouvée décédée peu après 20H00 dans les décombres par les sapeurs pompiers”, ont indiqué les secours dans un communiqué, précisant qu’il s’agit d’une femme.Selon les secours, “des moyens supplémentaires déployés mardi ont permis de lancer des recherches afin de retrouver une personne portée manquante, ainsi que de procéder à des reconnaissances de sécurité dans les bâtiments environnants”, ont précisé les secours.”La personne a été retrouvée après une heure trente (de fouilles) avec les pelleteuses”, a détaillé auprès de l’AFP une source secouriste.Lors d’une visite sur les lieux mardi, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez avait déclaré qu’une personne “manque à l’appel, qui était probablement occupante d’un des logements”.Deux frères âgés de 3 et 5 ans avaient été retrouvés lundi dans la soirée sous les décombres, en arrêt cardio-respiratoire et n’avaient pas pu être réanimés. Outre les trois décès, 13 personnes ont été hospitalisées en urgence relative, 53 autres ont été prises en charge pour des blessures légères ou en cellule psychologique, selon le bilan des secours.Les gendarmes sont chargés d’une enquête menée sous l’égide du parquet de Bourg-en-Bresse pour déterminer les causes de l’explosion qui a eu lieu vers 17H30 lundi au rez-de-chaussée de l’immeuble.Le maire de Trévoux, Marc Péchoux, a évoqué devant la presse la piste d’une explosion due au gaz mais le parquet a souligné mardi dans un communiqué qu’à ce stade, les causes exactes n’étaient “pas encore déterminées avec certitude”.Au total 22 appartements et 7 maisons individuelles sont désormais inhabitables. Mardi, les propriétaires de 14 maisons ont pu regagner leur domicile, qui présentent “des dégâts mineurs”, selon les secours.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Vers une consommation record de charbon en 2025, avant un début de déclin

La consommation mondiale de charbon devrait dépasser de peu son record en 2025, en partie grâce à des mesures politiques de l’administration Trump, mais devrait commencer à baisser d’ici 2030, sous l’effet de l’essor d’autres sources d’électricité, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE).La demande mondiale de charbon en 2025 devrait augmenter légèrement, d’environ 0,5%, comparé à 2024, déjà une année record, pour ressortir à 8,85 milliards de tonnes, selon un rapport annuel publié mercredi par l’AIE consacré au charbon, le principal contributeur aux émissions de CO2 d’origine humaine.Après le sommet atteint l’an dernier, 2025 s’achemine vers un “nouveau record historique” pour la consommation de charbon, a indiqué Keisuke Sadamori, directeur des marchés de l’énergie à l’AIE, lors d’une présentation à la presse. Une année 2025 qui s’annonce aussi comme la deuxième année la plus chaude jamais enregistrée, à égalité avec 2023 et derrière 2024, selon l’observatoire européen Copernicus. Toutefois, la demande globale de charbon a “atteint un plateau”, autrement dit elle tend à se stabiliser, précise l’AIE qui projette, comme prévu, que “d’ici 2030”, elle “devrait légèrement diminuer, revenant au niveau de 2023″, sous l’effet d'”une concurrence croissante avec d’autres sources d’électricité”.”Avec l’envolée des capacités renouvelables, l’expansion régulière du nucléaire et l’arrivée sur le marché d’une énorme vague de gaz naturel liquéfié”, la production d’électricité à partir de charbon, qui représente les deux tiers de la consommation totale de ce combustible, “devrait reculer à partir de 2026” tandis que la demande pour les processus industriels “devrait rester plus résiliente”, indique l’AIE.Partout dans le monde, la part du charbon continue de s’étioler dans la production électrique: “en 2013, elle était de 41%, et en 2025 nous nous attendons à ce qu’elle soit autour de 34%, le niveau le plus bas de l’histoire statistique de l’AIE”, souligne M. Sadamori.”Pour les marchés mondiaux du charbon, l’ère de la croissance touche à sa fin, et les investisseurs devraient en prendre note”, a commenté Christine Shearer, pour le centre de réflexion Global Energy Monitor.- Plus forte hausse aux Etats-Unis -La Chine, plus gros consommateur de charbon tout en étant le champion des énergies éoliennes et solaires, reste la locomotive du marché, engloutissant à elle seule 56% de la demande mondiale. Comme attendu, la consommation y est restée stable en 2025, par rapport à 2024. Mais dans d’autres grands marchés, les trajectoires de consommation observées en 2025 ont contrasté avec les tendances récentes, selon l’AIE.C’est le cas en Inde, moteur de la croissance du marché ces dernières années, où une mousson intense et précoce a entraîné un recul de la demande de charbon pour la 3e fois en 50 ans. Au contraire, aux Etats-Unis, la hausse des prix du gaz et des politiques pro-énergies fossiles du gouvernement américain du président Donald Trump ralentissant la fermeture des centrales à charbon, ont soutenu la consommation, qui déclinait depuis 15 ans. A eux seuls, les Etats-Unis contribuent pour 37 millions de tonnes à l’augmentation globale de la consommation de 40 millions en un an.Quant à l’Union européenne, la demande de charbon n’y a reculé que de 3%, après une baisse moyenne de 18% en 2023 et 2024, principalement en raison d’une faible production hydroélectrique et éolienne au 1er semestre. “Malgré des évolutions atypiques (…), notre prévision pour les années à venir n’a pas changé de façon substantielle par rapport à 2024: nous anticipons une stabilisation de la demande mondiale de charbon avant une légère baisse d’ici 2030”, a résumé Keisuke Sadamori, dans un communiqué.L’Inde devrait enregistrer la plus forte hausse en valeur absolue de la consommation de charbon d’ici 2030, soit une hausse totale de plus de 200 millions de tonnes, l’Asie du Sud-Est enregistrant elle la croissance la plus rapide: plus de 4% par an.Toutefois, l’AIE met en garde sur les “nombreuses incertitudes (qui) pèsent sur les perspectives du charbon, notamment en Chine”. Au-delà de l’influence des conditions météorologiques, “si l’intégration de nouvelles capacités renouvelables dans les systèmes électriques progresse plus lentement qu’anticipé, la demande mondiale de charbon pourrait dépasser nos prévisions”.

Grève au Louvre: nouvelle AG du personnel, la réouverture du musée en jeu

AG à enjeu au Louvre: les salariés se réunissent mercredi matin pour reconduire ou non la grève qui a empêché le musée d’ouvrir lundi, nouvelle épreuve pour un établissement en crise dont la présidente est réentendue en fin de journée au Sénat sur les failles de sécurité.Dans la tourmente depuis le casse du 19 octobre, le Louvre a gardé ses portes closes lundi après la décision unanime de quelque 400 agents de débrayer contre les problèmes de sous-effectif, la dégradation du bâtiment ou la hausse des tarifs pour les non-Européens.Partagés entre déception et résignation, les touristes, nombreux en cette fin d’année, ont dû rebrousser chemin et vont guetter l’issue de l’assemblée générale prévue mercredi à 09H00, qui doit décider des suites d’un mouvement rare par son ampleur. Le musée parisien est resté clos mardi, son jour de fermeture hebdomadaire.Lundi, une réunion de crise a eu lieu avec les syndicats au ministère de la Culture, en première ligne dans ce dossier, pour répondre à la colère des agents, également nourrie par la succession d’avanies depuis le cambriolage (fermeture d’une galerie, ouvrages anciens endommagés par une fuite…).”Il y a une grande exaspération des agents”, affirme à l’AFP Christian Galani, délégué CGT, syndicat majoritaire au Louvre. “On ne sait pas ce que ça va donner en AG mais ce n’est pas en donnant un petit os que ça va se régler”.Outre l’annulation de la baisse prévue de 5,7 millions d’euros de dotation au Louvre pour 2026, le ministère propose d’ouvrir des recrutements dédiés à l’accueil et la surveillance du musée et une revalorisation indemnitaire que les syndicats voudraient pérenne. Trois réunions ont déjà eu lieu au ministère la semaine dernière, dont l’une avec Rachida Dati, sans parvenir à empêcher la fermeture du musée le plus visité au monde.- Désaveu -Fragilisée encore davantage par ce conflit social, la présidente du Louvre passera, à partir de 16H30, de nouveau sur le gril de la commission de la culture du Sénat, qui cherche à éclairer les failles sécuritaires du musée.Le 22 octobre, trois jours après le vol des huit joyaux de la Couronne, Laurence des Cars avait déjà reconnu un “échec” devant les sénateurs mais défendu son action, en assurant notamment avoir “accéléré l’élaboration” du schéma directeur de sûreté.Depuis, des révélations embarrassantes ont toutefois affaibli la dirigeante, arrivée à la tête du musée fin 2021.Laurence des Cars a dû reconnaître n’avoir eu connaissance d’un audit sécuritaire alarmant de 2019 qu’après le casse et la Cour des comptes a récemment pointé le “report persistant” affectant le schéma directeur de sûreté, dont la mise en œuvre n’a pas encore débuté.La gestion de la sécurité du musée au cours des dernières années a également été étrillée par l’enquête administrative lancée après le cambriolage.Entendu la semaine dernière au Sénat, Noël Corbin, un des responsables de l’enquête, a confessé avoir été “très fortement surpris” de constater qu’un musée comme le Louvre “puisse être aussi fragile”.Sous pression, le Louvre a annoncé début novembre des mesures d’urgence, dont l’installation de dispositifs “anti-intrusion”. Mais, signe de désaveu, la ministre de la Culture a confié à Philippe Jost, en charge du chantier de Notre-Dame, une mission de deux mois pour réorganiser le musée au côté de Mme des Cars.Mardi, l’ancien président du Louvre, destinataire de deux audits sécuritaires alarmants pendant son double mandat (2013-2021), a défendu son action dans ce domaine, lui qui a jusqu’à présent été épargné par la polémique.”Contrairement à ce que j’ai lu, la culture de la prévention contre le vol n’avait pas disparu”, a assuré Jean-Luc Martinez lors d’une audition au Sénat.L’ancien dirigeant a également contesté toute déperdition d’information lors du passage de relais fin 2021 à Laurence des Cars, qui assure pourtant n’avoir eu connaissance de l’existence d’audits cruciaux qu’après le cambriolage. “Il y a eu continuité de service”, a-t-il soutenu.