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Des avocats réclament une procédure disciplinaire contre leur confrère Nicolas Sarkozy

Un collectif d’avocats a saisi mardi la procureure générale de Paris pour demander l’ouverture d’une enquête déontologique visant Nicolas Sarkozy, estimant notamment que ses condamnations définitives portent atteinte “aux principes essentiels” de la profession, selon une information de l’Informé, confirmée mercredi à l’AFP.Ils sont neuf à poser la question: un avocat, condamné définitivement par la justice comme c’est le cas pour l’ancien président de la République, peut-il encore porter la robe? “Non, Nicolas Sarkozy ne peut plus incarner la profession, il n’a plus le droit d’être avocat”, estime Me Jérôme Karsenti. “On a un code de déontologie qui dit que la probité fait partie de notre fonction”, ajoute l’avocat, membre du collectif qui a saisi la procureure générale de Paris.”Etre condamné une première fois pénalement, c’est déjà un manquement déontologique. Etre condamné plusieurs fois et que rien ne soit fait… vraiment, c’est affligeant”, appuie auprès de l’AFP Me Jérôme Giusti, autre membre du collectif.Nicolas Sarkozy, numéro de toque R175, est avocat au barreau de Paris depuis 1981. Il est membre depuis presque 40 ans du cabinet cabinet Claude & Sarkozy rebaptisé Realyze en 2020.L’ex-président (2007-2012) a été condamné définitivement à deux reprises: pour corruption et trafic d’influence dans l’affaire des écoutes, également appelée Bismuth, et dans l’affaire Bygmalion sur le financement de sa campagne présidentielle de 2012.”Le bâtonnier peut saisir le conseil de discipline mais aussi le parquet général qui transmet les condamnations pénales définitives à l’Ordre pour que ce dernier donne une suite disciplinaire”, explique Me Christian Charrière-Bournazel, ancien bâtonnier de Paris, au sujet de la demande de ses confrères, dont il n’est pas partie.A l’Ordre ensuite de sanctionner ou pas. L’éventail des peines peut aller jusqu’à la radiation, bien qu’aucun texte ne prévoit qu’une condamnation pénale entraîne de facto l’exclusion.”La procureure générale se serait de toute façon saisie”, ajoute l’ancien avocat, selon qui “il est indispensable que Nicolas Sarkozy puisse comparaître en étant assisté au cours d’une audience du Conseil de discipline”.En octobre dernier, après la condamnation en première instance de Nicolas Sarkozy dans l’affaire libyenne, les mêmes avocats avaient déjà porté plainte contre leur confrère notamment pour “outrage à magistrats” après des propos de l’ancien président déclarant qu’il ne “plierait pas face au mensonge, au complot, à l’insulte” et face à des pratiques “si contraire à l’Etat de droit”.Or, rappelaient les avocats à l’origine de la plainte, selon le code de déontologie l’avocat, s’il jouit “d’une pleine liberté d’expression (…) doit s’abstenir de dénigrer l’État de droit ou de prononcer des propos généraux dégradants sur la justice”.”Nous considérons que nous sommes victimes en tant qu’avocats. Maintenir Nicolas Sarkozy, c’est porter atteinte au barreau de Paris et à notre profession”, estime Me Jérôme Giusti.

Le “summum” de l’horreur dans l’entourage d’une “revenante” jugée à Paris

Carole Sun, Française jugée pour terrorisme à Paris, se décrit comme une femme “ordinaire” quand le Renseignement intérieur égraine lui la violence de ses fréquentations au sein du groupe Etat Islamique en zone irako-syrienne avant son rapatriement en juillet 2022.L’accusée de 30 ans, née en région parisienne, comparaît depuis mardi devant la cour d’assises spéciale. Partie avec son frère pour la Syrie en juillet 2014, elle avait été arrêtée par les forces kurdes en décembre 2017.”Je me considère comme une femme ordinaire”, “banale”, à la “vie très mouvementée, très dure”, résume l’accusée, maquillée et longs cheveux de jais. Quand le président lui demande si elle a le sentiment d’être “rentrée trop jeune dans le monde des adultes”, elle acquiesce.En 2009, alors qu’elle vient d’avoir 14 ans, elle est victime d’une agression sexuelle par trois jeunes de son quartier. Quelques mois plus tard elle fugue, tombe sous la coupe d’un proxénète qui la séquestre près d’un mois et la prostitue. Elle date à 2012 les débuts de sa radicalisation qui se fait en ligne. Pour cette adolescente dont la mère d’origine vietnamo-chinoise est catholique, l’islam radical apparaît comme une purification d’évènements traumatiques, dont l’absence de son père biologique.La jeune femme multiplie les relations avec des hommes, dont Nassim Tache. C’est là, selon des enquêteurs de la DGSI entendus par la cour, le premier marqueur de sa “dérive radicale”. Ce dernier, condamné par la suite entre autres pour ses liens avec une filière de recrutement, compte en effet parmi ses proches le prédicateur Abdelhakim Sefrioui, qui sera rejugé après avoir été condamné en première instance pour son rôle dans l’assassinat de Samuel Paty. La lycéenne ne finalisera pas son bac. Elle part juste avant, cinq jours après la proclamation du “califat” transfrontalier par l’EI. Les femmes représenteront un tiers des quelque 1.500 Français partis sur zone, les convertis 23%, selon la DGSI.- “Colmater une faille” -En Syrie, Carole Sun retrouve un homme rencontré récemment en ligne. Dès son arrivée, il lui tend un papier. Leur mariage religieux est scellé.Devant la cour, l’expert psychologue entendu mardi assure que ce départ ne s’inscrit “pas dans une posture très théorisée” mais s’apparente plus à une tentative de “colmater une faille”.Un enquêteur de la DGSI entendu après lui estime que la jeune majeure ne pouvait ignorer dans quoi elle s’engageait et elle évoluera dans un “environnement très combattant, cruel, criminel”.Il y a d’abord Salahedidine Guitone, son premier mari: un Français décrit comme un propagandiste “sanguinaire” par un enquêteur de la DGSI. Il évolue avec Chaquir Maaroufi dans la katiba al-Battar, une brigade islamiste de combattants étrangers qui représente “le summum de ce qu’a pu être l’horreur” et a constitué “un vivier pour des cellules de préparation d’opérations extérieures”, comptant dans ses rangs des assaillants du 13-Novembre. Il meurt au combat quelques jours après son union religieuse avec Carole Sun.Puis il y a son frère Charly Sun, d’un an son aîné. Il est membre de la police islamique chargée de la sécurité de la ville, selon un document retrouvé sur zone.Quand l’accusée évoque pendant l’enquête des “rondes” et des “confiscations de cigarettes” réalisées par son frère, la DGSI énumère les décapitations et passages à tabac de son unité d’environ sept Français menée par Salim Benghalem.Enfin, son second mari épousé en janvier 2015, un Palestinien originaire de Gaza. Il est membre de l’Amni, la branche de l’EI chargée notamment de la sécurité intérieure et du renseignement. Il évolue lui aussi selon la DGSI dans une katiba constituée de membres ultra-violents.Carole Sun sera arrêtée fin 2017 par les forces kurdes alors qu’elle se trouve dans un convoi, au même titre qu’Emilie König entre autres jihadistes françaises connues. L’accusée assure pendant l’enquête avoir tenté de fuir l’organisation.Devant la cour, les enquêteurs de la DGSI estiment au contraire qu’il ne s’agissait pas d’une reddition mais d’une tentative de l’EI de “relocaliser” des membres dans des “poches un peu partout sur le territoire”.L’accusée doit encore être entendue sur ces faits d’ici la fin du procès prévue jeudi. 

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Taxe carbone: l’UE aménage son dispositif pour les engrais face à la crise agricole

La Commission européenne a annoncé mercredi l’aménagement de sa taxe carbone aux frontières sur les engrais importés, afin d’éviter une hausse des prix dans une période de crise agricole.”Vu la crise agricole, les difficultés que peut rencontrer le milieu, nous avons pris une disposition extraordinaire sur les engrais pour limiter l’augmentation des prix et qu’il n’y ait pas d’impact pour les agriculteurs au moment de l’achat et du stockage de l’engrais importé”, a souligné le commissaire européen Stéphane Séjourné, lors d’une conférence de presse à Strasbourg.Dans le détail, l’exécutif européen appliquera aux engrais une majoration très faible (de 1%) aux “valeurs par défaut”, qui servent à calculer les émissions de CO2 d’un secteur. C’est une exception par rapport aux autres produits concernés par ce mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (acier, aluminium, ciment, électricité et hydrogène), soumis à une valeur par défaut de 10% en 2026, 20% en 2027, et 30% en 2028.”Les conséquences sur les prix des engrais importés seront donc extrêmement faibles”, assure la Commission, qui mentionne une hausse de 7%, répartie entre l’exportateur, l’importateur, les intermédiaires et les agriculteurs.L’Union européenne a toutefois rappelé l’objectif de son mécanisme d’ajustement carbone aux frontières: éviter aux producteurs européens une concurrence déloyale d’entreprises qui ne sont pas soumises aux mêmes règles environnementales à l’étranger.Le secteur européen des engrais bénéficiera d’ailleurs d’un soutien de l’UE via un Fonds temporaire pour la décarbonation.La mesure annoncée mercredi n’a pas apaisé la colère des agriculteurs. Les céréaliers redoutent une explosion des prix des intrants et appellent à exclure les engrais importés du dispositif de taxe carbone européenne.”Il reste quand même le gros de la taxe. L’annonce d’aujourd’hui c’est juste de la cosmétique”, a affirmé Cédric Benoist, l’un des responsables de l’AGPB, association regroupant la majorité des producteurs de blé en France.”C’est l’ensemble du mécanisme appliqué aux engrais que l’on conteste”, a-t-il ajouté.Les agriculteurs dénoncent une “double peine”, alors qu’une taxe est déjà imposée aux engrais importés de Russie depuis juillet, pour priver Moscou d’une manne qui finance sa guerre en Ukraine.

France probes ‘foreign interference’ after malware found on ferry

France is probing possible foreign interference after a passenger ferry was infected with malware that could allow the ship to be remotely controlled, the interior minister said Wednesday.A Latvian was arrested and charged after the malware was found on a ferry with a capacity of over 2,000 passengers called the Fantastic, belonging to Italian shipping …

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Mercosur: “La France s’opposerait de manière très ferme” à un éventuel “passage en force” de l’UE, dit Macron

Emmanuel Macron a prévenu mercredi en Conseil des ministres que “la France s’opposerait de manière très ferme” s’il y avait “une volonté de passage en force de la part des instances européennes” sur l’accord commercial avec les pays du Mercosur, a rapporté la porte-parole du gouvernement.Le président juge toujours qu’il n’y a “pas de visibilité suffisante sur les trois conditions demandées” par la France, “les mesures miroir, la clause de sauvegarde et les contrôles”, a-t-elle ajouté devant la presse.La Première ministre italienne Giorgia Meloni a pour sa part estimé mercredi qu’il était “encore prématuré” de signer “dans les prochains jours” le traité de libre-échange négocié par l’UE avec les pays sud-américains du Mercosur.La position de l’Italie sur ce dossier, jugée décisive, était particulièrement attendue alors que la France a fait monter la pression sur Bruxelles pour obtenir un report de l’adoption de cet accord commercial en 2026. Pour autant, la France “ne considère pas comme acquis” un report de la signature du traité, a précisé Mme Bregeon.Mais la position de Rome “est bien la preuve” que “la France n’est pas seule et que d’éminents pays européens sont alignés aujourd’hui avec la position que porte le président” Emmanuel Macron, a-t-elle ajouté.Cet accord créerait la plus grande zone de libre-échange au monde et permettrait à l’UE d’exporter davantage de véhicules, de machines, de vins et de spiritueux vers l’Amérique latine, tout en facilitant l’entrée en Europe de la viande bovine, du sucre, du riz, du miel et du soja sud-américains.A l’inverse, l’Allemagne a appelé à signer ce traité cette semaine, tout comme l’Espagne, également favorable à cet accord passé entre l’UE et le Mercosur, composé du Brésil, de l’Argentine, de l’Uruguay et du Paraguay.La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen espère toujours signer ce traité lors du sommet du Mercosur samedi dans la ville brésilienne de Foz do Iguaçu. Mais elle a besoin au préalable de l’aval d’une majorité qualifiée d’Etats membres à Bruxelles. 

Budget de l’Etat: Lecornu demande aux ministres de “se plier en six pour faciliter les convergences” entre députés et sénateurs (porte-parole)

Sébastien Lecornu a demandé mercredi à son gouvernement “de se plier en six pour faciliter les convergences” entre députés et sénateurs qui ont encore “des approches très éloignées” sur le projet de budget de l’Etat, selon la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.Le Conseil des ministres n’a pas évoqué l’hypothèse d’une “loi spéciale” pour permettre à l’Etat de fonctionner sans budget voté après le 31 décembre, car “notre objectif reste de permettre à l’Assemblée nationale et au Sénat de converger” lors de la commission mixte paritaire (CMP) qui se réunira à partir de vendredi, a-t-elle ajouté lors de son point presse à l’issue du Conseil des ministres.”Il reste peu de temps, mais nous ferons tout pour faciliter ce dialogue”, a ajouté la porte-parole. Elle a ensuite nuancé en rappelant que le gouvernement ne siégeait pas au sein de la CMP et ne pouvait pas “servir d’intermédiaire” entre des groupes politiques qui doivent se parler “directement”.Sur le fond, “le Sénat ne peut pas faire comme si l’Assemblée n’existait pas”, a-t-elle répété à l’intention de la droite sénatoriale, majoritaire dans la chambre haute, peu encline à des concessions vers le Parti socialiste.Pour autant, “la fiscalité ne peut pas être la première des réponses à une réduction du déficit”, a-t-elle lancé à l’égard des socialistes qui réclament 10 milliards de recettes supplémentaires par rapport à la copie initiale comme condition d’une éventuelle abstention.Un déficit en 2026 à 5,3% du PIB, comme adopté par le Sénat qui a coupé dans les hausses de fiscalité en première lecture, “est inacceptable”, a-t-elle répété, rappelant que le gouvernement visait un déficit “inférieur à 5%”.”Il reste donc 48 heures pour qu’un dialogue sincère et sérieux puisse se nouer” avant le début de la CMP vendredi, a-t-elle conclu. 

La mobilisation agricole enfle dans le Sud-Ouest malgré l’appel à “l’apaisement” de Genevard

Une semaine après les premières protestations devant une ferme ariégeoise, la mobilisation contre la gestion de l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) continue d’enfler mercredi, avec le blocage d’un nouvel axe majeur dans le Sud-Ouest, malgré l’appel à “l’apaisement” de la ministre de l’Agriculture.Dans l’Aude, plusieurs dizaines d’agriculteurs se sont rejoints à bord d’une soixantaine de tracteurs à hauteur de Carcassonne sur l’autoroute A61, après avoir convergé depuis Narbonne et Castelnaudary sous escorte de gendarmerie. Vers 13 heures, ils ont bloqué cet axe reliant Toulouse à la Méditerranée et à l’Espagne, a constaté une équipe de l’AFP.Équipés de drapeaux de la Coordination rurale, de la Confédération paysanne et des Jeunes agriculteurs, les engins agricoles empêchent toute circulation dans les deux sens, pendant que des manifestants démontent des glissières de sécurité et installent des barbecues.”Notre confiance envers les services de l’État a été rompue. Mercosur, PAC, rémunération, taxe carbone, gestion de l’eau: tous les ans, on subit des problèmes de plus en plus gros. Y’en a marre”, ont déclaré des représentants des Jeunes agriculteurs, à leur départ de Narbonne le matin, avant de parcourir près de 70 km sur leurs tracteurs.L’A61 était déjà bloquée depuis mardi dans un sens au niveau de Villefranche-de-Lauragais, en Haute-Garonne. “On a dormi sur place et on continue, on change rien”, a déclaré à l’AFP Dorian Biffi, membre des Jeunes agriculteurs 31. “On est pas là que pour la DNC, il y a tout le reste: le Mercosur, la taxe engrais et la PAC 2027”, a-t-il poursuivi.Depuis mardi, ils empêchent également, au même endroit, la circulation des trains entre Toulouse et Narbonne, sur l’axe Bordeaux-Marseille. “Aucune prévision de reprise des circulations n’est envisagée”, selon SNCF Voyageurs.- “A l’approche de Noël” -Mercredi matin, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a appelé à “l’apaisement à l’approche de Noël” face aux manifestations et blocages routiers qui perdurent, alors que les agriculteurs ont fait part de leur intention de rester au-delà des fêtes “s’il le faut”.Dans le centre de Limoges, ont été acheminées une trentaine de remorques remplies de bottes de paille pourrie. “On va monter un mur devant la préfecture, on continue nos actions coup de poing pour mettre la pression car la ministre n’a pas pris en compte ce qu’on proposait”, a déclaré à l’AFP Thomas Hegarty, qui préside la CR en Haute-Vienne.”Ce qu’on veut, c’est l’arrêt de l’abattage systématique mais le gouvernement n’est pas décidé à le faire, donc nous, on n’est pas décidé à partir”, a déclaré Stanislas Chedru, un agriculteur des Landes, sur un rond-point de Mont-de-Marsan.A Carbonne des agriculteurs ont passé une cinquième nuit sur l’autoroute A64, tandis que l’A20, l’A63, et l’A89 sont bloquées par endroits. Le ministère de l’Intérieur a relevé mardi 75 actions sur le territoire, contre 45 la veille et 27 dimanche.Le préfet du Gers, Alain Castanier, a annoncé mercredi qu’il déposerait une plainte après que “de nombreux déchets et du lisier” ont été déversés, dans la nuit, devant et sur la préfecture à Auch. Il a condamné des “exactions inacceptables”.”J’ai demandé aux préfets de gérer ce mouvement avec souplesse et tact. On encadre et on évite les dégradations”, a indiqué le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez sur France Info.Annie Genevard a précisé que 750.000 bovins seraient vaccinés “dans les semaines qui viennent” dans le Sud-Ouest: une proposition qui ne convainc pas.- “Pas assez” -“On prend la bonne direction, mais ce n’est pas assez”, a estimé sur le blocage de l’A63 Vincent Collineau, éleveur à Monségur et coprésident de la CR 33, qui craint de ne pas “trouver des vaches” pour repeupler si son troupeau devait être abattu.Depuis l’apparition de la maladie en juin en Savoie, l’État tente de contenir la propagation du virus en se basant sur “trois piliers”: l’abattage systématique dès la détection d’un cas, la vaccination dans la zone concernée et la restriction de mouvements des bovins.Mardi, Annie Genevard a annoncé une extension de la zone vaccinale, qui concernait jusqu’ici huit départements du Sud-Ouest, à l’Hérault et au Tarn.La campagne de vaccination va mobiliser des vétérinaires de toute la France et de tous horizons (de l’État, libéraux, retraités, militaires), a-t-elle précisé.Elle a également annoncé la création d’un fonds de soutien de plus de 10 millions d’euros destiné aux petits éleveurs, pour compenser les pertes de cheptel, les pertes économiques et la désinfection des installations.Au total, 114 foyers de DNC ont été recensés en France depuis juin, dont 26 en Occitanie. Plus de 3.300 bêtes ont été euthanasiées sur un cheptel de quelque 16 millions de bovins.bur-kal-mdz-bdu/rhl

Le Louvre rouvre partiellement malgré la reconduction de la grève

Le Louvre, fermé lundi en raison d’un mouvement de grève, a partiellement rouvert ses portes mercredi malgré la reconduction à l’unanimité de la mobilisation des agents du musée, dans la tourmente depuis le spectaculaire cambriolage du 19 octobre.Réunis en assemblée générale vers 9H00, quelque 300 agents ont “voté à l’unanimité” le maintien du préavis de grève déposé pour protester contre les problèmes de sous-effectif, la dégradation du bâtiment ou la hausse des tarifs pour les non-Européens, selon les syndicats.Le ministère de la Culture, en première ligne dans ce dossier, avait avancé des propositions pour tenter d’éteindre la colère mais elles ont été rejetées par les agents. “Ce sont des propositions indignes”, a déclaré à l’AFP Gary Guillaud, de la CGT, syndicat majoritaire dans le musée le plus visité au monde. Mardi, le Louvre avait gardé ses portes closes, jour de sa fermeture hebdomadaire.L’établissement parisien a néanmoins rouvert partiellement mercredi et de premiers visiteurs commençaient à entrer dans le bâtiment peu avant midi, ont constaté des journalistes de l’AFP. “C’est une expérience culturelle française inattendue !”, s’est amusée Jodie Bell, touriste australienne de 51 ans, devant les drapeaux des syndicats déployés face à la pyramide. Le nombre d’espaces rouverts n’était pas connu dans l’immédiat mais la direction du musée à assuré à l’AFP que le “parcours chef d’oeuvres”, incluant notamment la Joconde, la Vénus de Milo ou la Victoire de Samothrace, était accessible au public.Près de deux mois après le vol de huit joyaux de la Couronne, “il ne faudrait pas que la direction du Louvre mette en danger la sûreté de l’établissement” en rouvrant dans des conditions incertaines, a mis en garde Valérie Baud, représentante de la CFDT.- Quelques huées -Plus tôt dans la matinée, l’annonce de la reconduction de la grève avait été accueillie par quelques huées parmi les visiteurs, même si certains d’entre eux se montraient compréhensifs.”Je ne suis pas en colère car je respecte les travailleurs et ils doivent défendre leurs droits”, a déclaré Maximilian Cimander, 23 ans, étudiant allemand dans la capitale pour la semaine, peu avant l’annonce de la réouverture partielle.Lundi, une réunion de crise avait eu lieu avec les syndicats au ministère de la Culture pour répondre à la colère des agents, également nourrie par la succession d’avaries depuis le cambriolage du 19 octobre. Outre l’annulation de la baisse prévue de 5,7 millions d’euros de dotation au Louvre pour 2026, le ministère a proposé de redéployer des effectifs et d’ouvrir des recrutements dédiés à l’accueil et la surveillance du musée, et s’est engagé au versement d’une prime exceptionnelle alors que les syndicats voudraient une revalorisation indemnitaire pérenne. Trois réunions ont déjà eu lieu au ministère la semaine dernière, dont l’une avec la ministre de la Culture Rachida Dati.- Désaveu -Fragilisée encore davantage par ce conflit social, la présidente du Louvre passera, elle, à partir de 16H30, de nouveau sur le gril de la commission de la culture du Sénat, qui cherche à éclairer les failles sécuritaires du musée.Le 22 octobre, trois jours après le vol des huit joyaux de la Couronne, Laurence des Cars avait déjà reconnu un “échec” devant les sénateurs mais défendu son action, en assurant notamment avoir “accéléré l’élaboration” du schéma directeur de sûreté.Depuis, des révélations embarrassantes ont toutefois affaibli la dirigeante, arrivée à la tête du musée fin 2021.Laurence des Cars a dû reconnaître n’avoir eu connaissance d’un audit sécuritaire alarmant de 2019 qu’après le casse et la Cour des comptes a récemment pointé le “report persistant” affectant le schéma directeur de sûreté, dont la mise en œuvre n’a pas encore débuté.La gestion de la sécurité du musée a également été étrillée par l’enquête administrative lancée après le cambriolage.Sous pression, le Louvre a annoncé début novembre des mesures d’urgence, dont l’installation de dispositifs “anti-intrusion”. Mais, signe de désaveu, la ministre de la Culture a confié à Philippe Jost, en charge du chantier de Notre-Dame, une mission de deux mois pour réorganiser le musée au côté de Mme des Cars.bur-adp-lcr-kp-jt/jmo/mpm

Narcotrafic: jusqu’à 15 ans de prison requis contre Abdelkader Bouguettaia

Jusqu’à 15 ans de réclusion criminelle ont été requis mercredi à l’encontre d’Abdelkader Bouguettaia, rejugé à Lille dans trois affaires d’importation de cocaïne via le port du Havre, un trafic qu’il est accusé d’avoir piloté depuis Dubaï.Le parquet a requis 9 et 15 ans de prison, avec peine de sûreté des deux tiers, dans deux des dossiers, mais n’a pas requis de condamnation pour le troisième.L’un des deux procureurs a reconnu avoir “un doute” quant au fait que les éléments de l’enquête suffisent à prononcer la culpabilité de Bouguettaia dans ce dossier qui lui avait valu une condamnation à neuf ans de prison en 2023, en son absence.Installé aux Emirats arabes unis depuis fin 2019, ce Franco-Algérien de 38 ans était également loin de la justice française au moment de ses deux autres condamnations à Lille, en 2022 et 2024, à des peines de neuf et quinze ans de prison pour narcotrafic, identiques à celles requises mercredi.Après son extradition obtenue par la France en juin de cette année, il n’avait pas acquiescé à ces condamnations, entraînant la tenue d’un nouveau procès sur trois jours, regroupant trois affaires portant sur un total de trois tonnes de cocaïne saisies en 2020 et 2021, d’une valeur estimée de 92 millions d’euros, a détaillé l’une des procureurs.Son collègue a souligné qu’Abdelkader Bouguettaia avait été condamné à de nombreuses reprises pour trafic de stupéfiants avant son départ de France. “C’est un réfractaire, un incorrigible (…) et les incorrigibles, il faut les neutraliser”, a-t-il estimé avant d’annoncer les réquisitions.

Dermatose: la mobilisation enfle dans le Sud-Ouest, appel à “l’apaisement” de Genevard

Une semaine après les premières protestations devant une ferme ariégeoise, la mobilisation contre la gestion de l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) continue d’enfler mercredi, avec de nombreux axes routiers et ferroviaires bloqués dans le Sud-Ouest, malgré l’appel à “l’apaisement” de la ministre de l’Agriculture.Mercredi matin, dans l’Aude, une trentaine de tracteurs, drapeaux des Jeunes agriculteurs et de la Confédération paysanne flottant au vent et emmenant avec eux des bennes chargées, ont emprunté l’autoroute A61 à Narbonne, pour rallier Carcassonne, à 70 km de là, où trois autres cortèges ont convergé vers la préfecture, ont constaté des journalistes de l’AFP.”Notre confiance envers les services de l’État a été rompue. Mercosur, PAC, rémunération, taxe carbone, gestion de l’eau: tous les ans, on subit des problèmes de plus en plus gros. Y’en a marre”, ont déclaré des représentants des Jeunes agriculteurs. L’A61 est déjà bloquée depuis mardi en direction de Toulouse au niveau de Villefranche-de-Lauragais, en Haute-Garonne. “On a dormi sur place et on continue, on change rien”, a déclaré à l’AFP Dorian Biffi, membre des Jeunes agriculteurs 31. “On est pas là que pour la DNC, il y a tout le reste: le Mercosur, la taxe engrais et la PAC 2027”, a-t-il poursuivi.Depuis mardi, ils empêchent également, au même endroit, la circulation des trains entre Toulouse et Narbonne, sur l’axe Bordeaux-Marseille. “Aucune prévision de reprise des circulations n’est envisagée”, selon SNCF Voyageurs.- “A l’approche de Noël” -Chaque jour, de nouvelles mobilisations surviennent, notamment dans le Sud-Ouest, où à Carbonne des agriculteurs ont passé une cinquième nuit sur l’autoroute A64 et où l’A20, l’A63, et l’A89 sont bloquées par endroits. Le ministère de l’Intérieur a relevé mardi 75 actions sur le territoire, contre 45 la veille et 27 dimanche.”J’ai demandé aux préfets de gérer ce mouvement avec souplesse et tact. On encadre et on évite les dégradations”, a indiqué le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez sur France Info.Mercredi matin, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a appelé “l’apaisement à l’approche de Noël” face aux manifestations et blocages routiers qui perdurent, alors que les agriculteurs ont fait part de leur intention de rester au-delà des fêtes “s’il le faut”.Mardi soir, elle a précisé que 750.000 bovins seraient vaccinés “dans les semaines qui viennent” dans le Sud-Ouest: une proposition qui ne convainc pas certains syndicats comme la Coordination rurale, la Confédération paysanne, ou plus localement en Occitanie, la FNSEA et les Jeunes agriculteurs.”Le gouvernement joue du violon en ce moment. Ils restent sur leur position, qui est l’abattage total. Nous, on est contre”, a rappelé Mathieu Vinel, producteur de céréales présent mardi soir sur un barrage sur l’A20 au sud de Cahors (Lot), où une quarantaine de personnes ont dormi sur place selon la CR 46.Le préfet du Gers, Alain Castanier, a annoncé mercredi qu’il déposerait une plainte après que “de nombreux déchets et du lisier” ont été déversés, dans la nuit, devant et sur la préfecture à Auch. Il a condamné des “exactions inacceptables”.- “Pas assez” -“On prend la bonne direction, mais ce n’est pas assez”, a estimé sur le blocage de l’A63 Vincent Collineau, éleveur à Monségur et coprésident de la CR 33, qui craint de ne pas “trouver des vaches” pour repeupler si son troupeau devait être abattu.Depuis l’apparition de la maladie en juin en Savoie, l’État tente de contenir la propagation du virus en se basant sur “trois piliers”: l’abattage systématique dès la détection d’un cas, la vaccination dans la zone concernée et la restriction de mouvements des bovins.Mardi, Annie Genevard a annoncé une extension de la zone vaccinale, qui concernait jusqu’ici huit départements du Sud-Ouest, à l’Hérault et au Tarn.La campagne de vaccination va mobiliser des vétérinaires de toute la France et de tous horizons (de l’État, libéraux, retraités, militaires), a-t-elle précisé.Elle a également annoncé la création d’un fonds de soutien de plus de 10 millions d’euros destiné aux petits éleveurs, pour compenser les pertes de cheptel, les pertes économiques et la désinfection des installations.Au total, 114 foyers de DNC ont été recensés en France depuis juin, dont 26 en Occitanie. La ministre a évoqué un foyer supplémentaire sur RTL mercredi matin, son cabinet précisant que ce cas avait été localisé dans les Pyrénées orientales et que le troupeau de deux vaches a été abattu mardi. Plus de 3.300 bêtes ont été euthanasiées sur un cheptel de quelque 16 millions de bovins.bur-kal-mdz-bdu/chv/abx