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Casse du Louvre: le 4e membre du commando présenté à la justice, les bijoux toujours introuvables

Nouveau chapitre dans une enquête qui passionne la planète: le quatrième membre présumé du commando du casse du Louvre doit être présenté à la justice jeudi soir, tandis que les trois autres personnes interpellées avec lui mardi doivent sortir de garde à vue.Un mois après le casse spectaculaire, les bijoux, estimés à 88 millions d’euros, sont toujours dans la nature. Tout comme les commanditaires. En revanche, le quatuor suspecté d’être à la manoeuvre le 19 octobre est désormais entre les mains de la justice, comme l’ont indiqué des sources proches du dossier à l’AFP jeudi soir.  Le dernier membre du commando recherché, originaire de Seine-Saint-Denis, fait partie des quatre personnes interpellées mardi dans le cadre de cette affaire. Il a été arrêté mardi matin sur un chantier à Laval (Mayenne), selon une source proche du dossier.Les gardes à vue des trois autres personnes interpellées vont être levées, ont ajouté les sources proches du dossier.Avant ce dernier coup de filet mardi, les enquêteurs de la Brigade de répression du banditisme (BRB) de la police judiciaire parisienne et l’Office central de lutte contre le trafic de biens culturels (OCBC) avaient pu interpeller, en deux mouvements, trois des quatre membres présumés de l’équipe de cambrioleurs. – Monte-charge -Parmi les suspects déjà sous les verrous, trois hommes âgés de 35, 37 et 39 ans sont suspectés d’avoir fait partie de l’équipe de quatre malfaiteurs, dont deux ont pénétré le 19 octobre dans la galerie d’Apollon tandis que les deux autres étaient restés à l’extérieur, avant de prendre la fuite tous ensemble.Une quatrième personne, une femme de 38 ans, compagne de l’un des suspects, est soupçonnée de complicité mais a pu obtenir sa libération sous contrôle judiciaire.Les malfaiteurs avaient agi en plein jour, encagoulés, munis d’un monte-charge de déménageurs et armés de disqueuses. Leur casse, retentissant, n’a duré que huit minutes.Deux d’entre eux ont laissé des traces ADN derrière eux, sur l’un des scooters ayant servi à la fuite, sur l’une des vitrines fracturées et sur des objets abandonnés au Louvre. L’ADN du couple a été retrouvé dans la nacelle du monte-charge utilisé.Les profils de ces malfaiteurs ne correspondent pas à ceux “que généralement on associe au haut du spectre de la criminalité organisée”, avait indiqué la procureure de Paris, Laure Beccuau.Deux d’entre eux, habitants d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), étaient pour l’un sans activité, après avoir été livreur ou ripeur (ramassage d’ordures), pour l’autre chauffeur de taxi clandestin, connu pour des vols aggravés. L’homme du couple, lui, a un casier chargé de onze condamnations, dont une dizaine pour des vols.Ils ont été mis en examen par les juges d’instruction de la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Paris pour vol en bande organisée et association de malfaiteurs.- Hausse du prix d’entrée -Parallèlement à l’enquête judiciaire, la controverse ne faiblit pas sur la sécurité du Louvre.Selon des informations du Monde publiées mardi soir, un audit de sûreté faisait état dès 2018 de la “vulnérabilité” que représentait le balcon par lequel sont entrés les cambrioleurs et notait son accès possible à l’aide d’une nacelle, des similitudes troublantes avec le mode opératoire utilisé. La direction actuelle a indiqué au journal n’avoir eu ce document en sa possession qu’après le casse. Début novembre, la Cour des comptes avait estimé que le musée le plus visité au monde avait “privilégié les opérations visibles et attractives” au détriment de la sécurité.La directrice du Louvre, Laurence des Cars, qui avait déjà reconnu des failles dans la sécurité, a annoncé la semaine dernière l’installation prochaine d’un “poste avancé mobile de la police nationale” pour protéger le musée pendant les périodes d’affluence touristique.Confronté à une vétusté alarmante, le Louvre avait fait l’objet en début d’année de l’annonce par le président Emmanuel Macron d’un projet “colossal” pour le désengorger et le moderniser, avec un nouvel accès, une salle dédiée à la Joconde et des billets d’entrée plus chers pour les non-Européens. Le Louvre a acté jeudi une augmentation de 45% du prix d’entrée pour ces derniers. 

Macron relance le “service national”, militaire et volontaire

“Notre jeunesse a soif d’engagement”: Emmanuel Macron a ressuscité jeudi un “service national” de dix mois pour les jeunes majeurs, qui sera “purement militaire” mais volontaire, censé “répondre aux besoins des armées” face aux menaces russes et aux risques accrus de conflit.”La peur n’évite jamais le danger. La seule façon de l’éviter est de s’y préparer”, a déclaré le chef de l’État dans un discours au sein de la 27e Brigade d’Infanterie de Montagne (BIM) de Varces, en Isère, au pied du massif du Vercors enneigé.Il a aussi prévenu que les volontaires serviront “exclusivement sur le territoire national”, après avoir assuré dès mardi qu’il ne s’agit pas “d’envoyer nos jeunes en Ukraine”.Une manière d’essayer de faire taire la polémique politique suscitée par les propos du chef d’état-major des armées, le général Fabien Mandon, qui avait estimé que le pays devait être prêt à “accepter de perdre ses enfants”.Selon le président, entouré de jeunes et de militaires, “notre jeunesse a soif d’engagement” et “il existe une génération prête à se lever pour la patrie”, dans le cadre de l’armée française.Emmanuel Macron a donc confirmé que ce nouveau dispositif, baptisé simplement “service national”, sera lancé “progressivement dès l’été prochain”, avec un début de sélection des candidats dès mi-janvier. Il durera dix mois (un mois de formation, neuf au sein de l’armée).- Un effort “indispensable” -Disette budgétaire oblige, le dispositif montera en puissance graduellement: la première année, il doit concerner 3.000 jeunes, avec un objectif de 10.000 par an en 2030, puis une ambition de 42.500 en 2035. Ce qui ferait 50.000 par an en cumulant avec les personnes qui font déjà le service militaire volontaire (SMV) et son équivalent ultramarin, le service militaire adapté (SMA), qui perdureront en parallèle car ils ont un objectif différent d’insertion professionnelle.Les crédits nécessaires, 2,3 milliards d’euros pour la période 2026-2030, selon une source proche du dossier, sont prévus par l’actualisation de la loi de programmation militaire voulue par Emmanuel Macron, mais qui doit encore être votée. Cet effort budgétaire est “indispensable”, a-t-il plaidé à l’intention d’un Parlement plus divisé que jamais.Les volontaires seront à 80% des jeunes hommes et femmes de 18-19 ans, futurs soldats pour lesquels le service fera office d'”année de césure” avant les études supérieures et sera ainsi valorisé dans Parcoursup. Les autres, futurs aspirants, auront jusqu’à 25 ans, sélectionnés sur la base de leur spécialisation (ingénieurs, infirmiers, traducteurs…).Ce nouveau dispositif signe aussi l’enterrement du service national universel (SNU) qui était cher au président.Promesse du candidat Macron en 2017 au nom de la “cohésion nationale”, lancé en 2019, le SNU, destiné aux mineurs de 15 à 17 ans, n’a jamais pu être généralisé. Et il “n’est aujourd’hui plus adapté au contexte stratégique” créé par l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, reconnaît l’Élysée.Emmanuel Macron avait annoncé en janvier son intention de “permettre à une jeunesse volontaire d’apprendre avec les armées et d’en renforcer les rangs” en cas de besoin.Sans toutefois aller jusqu’à rétablir la conscription, service militaire obligatoire supprimé en France en 1997. Ce rétablissement “est une idée portée par ceux qui méconnaissent la réalité de ce que sont nos armées aujourd’hui”, a-t-il martelé jeudi dans les Alpes.- “Ni le temps ni l’argent” -Le service volontaire sera rémunéré 800 euros par mois minimum pour chaque volontaire, qui sera aussi logé, nourri et équipé, selon l’Élysée.Une somme insuffisante pour La France insoumise qui prône “une conscription citoyenne” payée “au Smic” afin de “faire face aux grands enjeux de notre siècle”, dont le climat.Le Parti socialiste a pour sa part contesté dans un communiqué “une annonce présidentielle improvisée” qui “ne répond à aucune exigence de sérieux” et réclamé “l’ouverture immédiate d’un débat parlementaire sur le rôle des citoyens dans la Défense nationale et la protection du territoire”.”On n’a ni le temps ni l’argent donc ça suppose de ne pas se précipiter”, a également critiqué le sénateur UDI Hervé Marseille sur Public Sénat, mettant en garde contre une annonce “purement médiatique”.Douze pays en Europe ont préservé ou rétabli la conscription obligatoire. Face à la dégradation de la situation stratégique, une demi-douzaine d’autres ont décidé de rétablir un service volontaire.Le général Mandon a déclaré la semaine dernière que le pays devait restaurer sa “force d’âme pour accepter de nous faire mal pour protéger ce que l’on est” et soit prêt à “accepter de perdre ses enfants”.La déclaration a été jugée “va-t-en-guerre” par une partie de la gauche tandis que, du côté du Rassemblement national, on dénonçait une “faute” et on prévenait que les Français n’étaient pas “prêts à aller mourir pour l’Ukraine”.

Nathacha Appanah remporte le prix Goncourt des lycéens 2025

Nathacha Appanah a reçu jeudi à l’Élysée le prix Goncourt des lycéens, après avoir remporté début novembre le prix Femina, pour “La nuit au cœur” (Gallimard), qui raconte le destin de trois femmes prises dans la spirale des violences masculines, a annoncé le jury réuni à Rennes.Seule femme en lice dans la dernière sélection, Nathacha Appanah a remercié le jury pour “le grand cadeau que vous m’avez fait, à moi, à Chahinez, à Emma, à la littérature”.Son prix lui a été remis en fin de journée à l’Elysée par Emmanuel Macron, qui a salué un roman “magnifique et bouleversant”.S’exprimant devant quelque 200 lycéens venus de différentes régions, le président les a invités à “lire”, car “l’acte de lecture est un acte de résistance face à la passivité” que peut représenter le visionnage de vidéos sur téléphone portable. “La lecture recule parce que le temps d’attention recule”, a-t-il regretté.Le roman de Nathacha Appanah, “La nuit au cœur” lie le destin de trois femmes sous l’emprise d’hommes jaloux, brutaux et manipulateurs: l’autrice elle-même, sa cousine Emma et Chahinez Daoud, mère de trois jeunes enfants, brûlée vive par son mari qu’elle avait quitté en 2021.”Nous avons été bouleversés par ces trois histoires de femmes et profondément touchés par sa plume alliant complexité, justesse et poésie”, a déclaré la porte-parole du jury Elsa Lelaumier, élève de terminale à Vence (Alpes-Maritimes), depuis l’Hôtel de ville de Rennes.Emmanuel Macron a souligné que son roman “contribuera beaucoup à la cause” du combat contre les violences faites aux femmes.L’autrice avait déjà remporté début novembre le prix Femina pour “La nuit au cœur”.- Cinq finalistes -Le féminicide de Chahinez Daoud à Mérignac, en banlieue bordelaise, avait fait grand bruit et relancé le débat sur la prise en charge par la police et la justice des femmes victimes de violence conjugale. “C’est un livre que j’ai commencé à envisager le lendemain de la mort de Chahinez Daoud”, a expliqué à l’AFP Nathacha Appanah.”La barbarie, l’horreur de sa mort, le ressassement de ces violences-là, la répétition de ces violences-là dans notre société m’a comme convoquée pour aller voir, pour aller comprendre (…) ce qui fait que dans une conjugalité, dans une intimité, dans un foyer d’amour ce sentiment-là d’amour tourne au poison”, a détaillé l’autrice.La deuxième est Emma, une cousine de l’autrice, également mère de trois enfants, écrasée par son mari en 2000 à l’Ile Maurice.La troisième est l’autrice elle-même, qui a fui, pieds nus, le compagnon violent et paranoïaque avec lequel elle vivait, jusqu’à 25 ans, à l’île Maurice.En France, une femme meurt tous les trois jours de la violence d’un conjoint ou ex-conjoint.Les autres concurrents en lice pour ce prix très prescripteur en termes de ventes étaient Laurent Mauvignier (“La maison vide”, Minuit, prix Goncourt), David Deneufgermain (“L’adieu au visage”, Marchialy), David Thomas (“Un frère”, L’Olivier) et Paul Gasnier (“La collision”, Gallimard).Les cinq finalistes de cette 38e édition ont été sélectionnés lundi par près de 2.000 lycéens de 57 établissements en France et à l’étranger.- “Le plus beau des prix”Le Goncourt des lycéens “est pour moi le plus beau des prix”, a souligné Mme Appanah, “c’est un prix de lecteurs, c’est un prix de la jeunesse”.Petit frère du Goncourt des adultes, le Goncourt des lycéens, créé dans la capitale bretonne en 1988 et organisé par la Fnac et le ministère de l’Education nationale, se déroule chaque année de septembre à novembre.Il permet à des jeunes lecteurs de découvrir la littérature contemporaine et de promouvoir le goût de la lecture dans leurs établissements.Le Goncourt des lycéens peut représenter certaines années plusieurs centaines de milliers d’exemplaires vendus.La lauréate rejoint notamment Neige Sinno, Alice Zeniter, Gaël Faye ou encore Joël Dicker dans la lignée des prix Goncourt des lycéens.En 2024, il avait été attribué à Sandrine Collette pour son livre “Madelaine avant l’Aube”, publié chez JC Lattès.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Brésil: des perroquets bleus menacés d’extinction par un virus mortel

Les onze derniers spécimens d’aras de spix vivant à l’état sauvage ont été atteints par un virus mortel incurable, a annoncé le gouvernement brésilien jeudi à l’AFP, une grave menace pour la survie de cette espèce de perroquets bleus qui a inspiré le film d’animation Rio.Ces onze perroquets avaient été réintroduits récemment dans la nature, dans le cadre d’un programme visant à faire en sorte que cet oiseau parmi les plus rares au monde retrouve son habitat naturel, dans le nord-est brésilien.Il y a 25 ans, cette espèce avait été déclarée éteinte à l’état sauvage.L’agence publique de préservation environnementale ICMBio a expliqué à l’AFP que depuis qu’un groupe d’aras de Spix était arrivé dans le pays en provenance d’Allemagne en 2020, une vingtaine avaient été libérés dans la nature et seulement 11 avaient survécu.Tous ces survivants ont récemment été testés positifs au circovirus, qui provoque la maladie du bec et des plumes chez les perroquets.”Cette maladie est incurable et mortelle la plupart des cas”, a précisé l’ICMbio dans un communiqué.En plus des onze aras de spix en liberté, 21 autres vivant en captivité au centre d’élevage Bluesky, dans l’Etat de Bahia (nord-est) ont été testés positifs.Des enquêtes sont en cours pour déterminer l’origine du virus, qui ne présente aucun danger pour les humains.Dans le film d’animation “Rio”, du Brésilien Carlos Saldanha, sorti en salles en 2011, un ara de spix nommé Blu est “rapatrié” depuis le froid État du Minnesota, aux États-Unis, pour se reproduire avec Linda, maintenue en captivité au Brésil, et tenter de sauvegarder l’espèce. La population de ces perroquets bleus a baissé drastiquement ces dernières décennies en raison de la destruction de leur habitat naturel, la caatinga, végétation d’arbustes épineux du nord-est brésilien, et de sa capture pour la vente illégale à des particuliers.Le centre d’élevage Bluesky est un partenaire de l’Association allemande pour la préservation des perroquets menacés (ACTP), qui détient 75% des aras de Spix enregistrés dans le monde, selon ICMBio. Le Brésil a mis fin à son partenariat avec l’ACTP en 2024 après que l’organisation allemande a vendu 26 de ces oiseaux à un zoo privé en Inde sans son consentement.ICMBio a infligé une amende de 1,8 million de reais (environ 300 millions d’euros) au centre BlueSky pour ne pas avoir mis en œuvre les protocoles visant à limiter la propagation du virus. Les inspecteurs ont trouvé des mangeoires pour oiseaux “extrêmement sales” et incrustées de matières fécales, tandis que les employés manipulaient les oiseaux “portant des tongs, des shorts et des t-shirts”.

Nationaliser ArcelorMittal ? L’Assemblée adopte un article-clé, les débats se poursuivent

Les discussions sur l’avenir de la sidérurgie française, en grande difficulté, se poursuivent jeudi à l’Assemblée nationale, qui débat d’un texte LFI pour nationaliser ArcelorMittal France, contre l’avis du gouvernement qui estime que la bataille se joue à Bruxelles.Les débats sont tendus, entre LFI accusant le RN d’obstruction, et le groupe de Marine Le Pen reprochant aux Insoumis de susciter de “faux espoirs” pour les salariés. Les députés ont toutefois adopté en début de soirée l’article principal de la proposition de loi, défendue lors de la journée annuelle réservée aux textes du groupe LFI.Elle devra encore être mise au vote avant l’interruption des débats à minuit, pour espérer suivre un chemin parlementaire.L’article dispose que “la société ArcelorMittal France est nationalisée”, et prévoit un mécanisme pour déterminer sa valeur (le coût d’une nationalisation est chiffré à trois milliards d’euros). Il a été largement adopté avec 113 voix des groupes de gauche (LFI, PS, écologistes, communistes et ultramarins), contre 36 du camp gouvernemental peu mobilisé.Le RN s’est abstenu et son allié de l’UDR a voté contre.- “Tsunami” -Les Insoumis considèrent la nationalisation comme “l’unique solution” pour sauver la filière et ses 15.000 emplois directs, a répété à la tribune Aurélie Trouvé, rapporteure du texte.Objectif: contrer le plan social annoncé en avril et relancer la décarbonation des hauts-fourneaux, faute de quoi l’acier français deviendrait non rentable dès 2030, alors qu’il “faut quatre ans” pour construire et faire tourner les fours électriques, a-t-elle argué.Le gouvernement y est au contraire défavorable, le ministre de l’Industrie Sébastien Martin a averti qu’elle “fragiliserait l’emploi au lieu de le protéger”, estimant que la menace vient plutôt d’un “tsunami” d’acier asiatique qui “inonde nos marchés à prix cassés”.Pour lui, la réponse se trouve “à Bruxelles, pas dans un décret de nationalisation”, rappelant que la France a obtenu un plan d’urgence européen : au-delà d’un certain volume d’importations, des droits de douane de 50% seront appliqués pour freiner la concurrence chinoise, une mesure que Paris veut rendre effective dès 2026.”Arrêtez de faire croire qu’un changement de propriétaire, ça résoudra leur problème et ça permettra de sauver leur entreprise”, a abondé Marie Lebec (Renaissance).Les socialistes, qui défendent une “mise sous tutelle” plutôt qu’une nationalisation, voteront pour. “On n’a pas le luxe d’attendre”, a insisté Julien Gokel.Après avoir qualifié ArcelorMittal de “maître chanteur”, Stéphane Peu, président du groupe communiste et ultramarin, s’en est pris au RN, “qui prétend défendre la souveraineté industrielle mais refuse de nationaliser”, et dénonçant une “pitoyable stratégie d’obstruction”.Une obstruction assumée par le groupe de Marine Le Pen et ses alliés ciottistes, invoquant des représailles aux blocages de LFI sur leurs textes ces derniers mois. Ils ont déposé la très large majorité des 285 amendements, même si plusieurs responsables du RN ont indiqué que leur groupe pourrait en retirer, pour permettre un vote dans les délais.- Nationalisation contre “golden-share” -Sur le fond le RN, qui capte une large partie du vote ouvrier, n’est pas favorable à une nationalisation et accuse LFI de donner de “faux espoirs” aux travailleurs. “Le Sénat ne votera jamais votre loi et il n’y aura pas de nationalisation avant la présidentielle”, a lancé Jean-Philippe Tanguy aux Insoumis.Le RN plaide pour une “golden share”, droit de veto de l’État sur les décisions stratégiques sans gestion directe, a répété le député RN Frédéric Weber.L’examen du texte se déroule sous la surveillance de salariés de l’entreprise.À l’appel de la CGT, quelque 200 salariés, venus en bus des sites du Nord et de Moselle, ont manifesté dans la matinée sur l’esplanade des Invalides, à proximité de l’Assemblée pour soutenir le texte. Fumigènes en mains, des militants CGT ont fait détonner des pétards.Syndicats comme mouvements de gauche s’accordent à faire monter la pression politique.”Le plan acier est en train de passer au Parlement européen. Il sera voté le 3 décembre. Donc ça veut dire qu’il faut qu’on tienne la pression jusque là-bas”, souligne Gaëtan Lecocq, délégué CGT à Dunkerque.Les débats reprendront à 21H30.bur-bat-cma-sac/jmt/dch   

Hong Kong’s deadliest blaze in decades kills at least 83, scores missing

Hong Kong authorities said on Friday the death toll from the city’s worst fire in decades had risen to at least 83, with the blaze almost entirely extinguished and rescuers scouring torched high-rise buildings for scores of people still listed as missing.Early Friday, authorities said the fire had been contained to four of the sprawling …

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La SNCF lance un TGV Lyon-Bordeaux via l’Ile-de-France, le Massif central se rebiffe

La SNCF a annoncé jeudi le lancement d’une liaison TGV Ouigo Lyon-Bordeaux via l’Ile-de-France, afin de “répondre à une demande”, au grand dam des voyageurs du Massif Central qui s’estiment déjà mal traités par l’entreprise ferroviaire.”Nous ouvrirons une liaison Lyon-Bordeaux au plus tard mi-2027 avec des arrêts prévus à Massy en Ile-de-France, Saint-Pierre des Corps près de Tours, Poitiers et Angoulême”, a déclaré à la presse Jérôme Laffon, directeur Ouigo au sein de SNCF Voyageurs, lors de la présentation à la presse des nouvelles offres Ouigo.”D’ici 2030, nous allons avoir 30% de rames en plus, 30% de places de plus et 30% de voyageurs en plus sur le réseau Ouigo” a ajouté Alain Krakovitch, directeur des trains TGV et Intercités au sein de SNCF Voyageurs.Pour y parvenir, Ouigo va recycler et rénover les rames de TGV qui vont être sorties de la flotte Inoui et remplacées par des rames neuves. Ouigo devrait ainsi pouvoir compter sur 50 rames contre 38 actuellement.Ce qui permettra d’autres nouveautés sur le réseau Ouigo en 2026: une liaison quotidienne va être lancée entre Paris et Hendaye, via Bordeaux, Dax, Bayonne, et Biarritz à partir du 14 décembre. Paris-Rennes s’étoffera d’un troisième aller-retour à grande vitesse ainsi que Paris-Montpellier via Lyon-Saint-Exupery.- Un million de voyageurs -Le lancement du Lyon-Bordeaux, qui évite le tracé en ligne droite via le Massif Central, est difficilement accepté par les élus et voyageurs de cette région.”Ce que nous voulons, c’est l’installation d’un train Intercités (non TGV) qui passe par les voies existantes entre Lyon et Bordeaux, et permettrait d’irriguer beaucoup d’autres villes” délaissées du Massif Central, a déclaré jeudi à l’AFP Marc Goutteroze, président du collectif Aurail qui regroupe une vingtaine d’associations de défense du ferroviaire de la région Auvergne-Rhône-Alpes, “du lac Léman à la Corrèze”.”Poitiers, Tours et Angoulême dans le centre ouest du pays, bénéficieront de la nouvelle ligne” Lyon-Bordeaux, note-t-il, mais “la diagonale du vide” reste vide, regrette-t-il. “Il n’y a même plus de liaison régulière entre Clermont-Ferrand et Saint-Etienne, et aucune desserte non plus entre Saint-Etienne et Limoges”, critique M. Goutteroze.Le maire de Clermont-Ferrand, Olivier Bianchi, a estimé jeudi soir que le “déclassement” de l’Auvergne “n’est plus tolérable” et demandé que l’Etat “joue à nouveau son rôle de planificateur”.La SNCF vise un million de voyageurs sur le TGV Lyon-Bordeaux à terme, en prenant des passagers aussi bien à l’aérien qu’aux bus ou aux voitures, avec “un billet sur deux à moins de 30 euros”, a dit M. Laffon.Le PDG de la SNCF Jean Castex soutient le projet. “Il faut le faire parce que cela répond à une demande”, a-t-il expliqué à l’AFP en début de semaine, en marge d’un déplacement à Sète (Hérault).- “Tiers-monde ferroviaire” -“Et en même temps, il faut aussi améliorer la desserte” ferroviaire “du Massif central” a-t-il ajouté, reconnaissant les problèmes récurrents de pannes de locomotives hors d’âge et de retards géants dont souffre la liaison Paris-Clermont depuis des années. “Pour moi la priorité, c’est le Paris-Clermont, je me rendrai sur place bientôt”, a promis l’ancien Premier ministre.La mauvaise desserte ferroviaire du centre de la France a été dénoncée par le PDG du groupe Michelin dont le siège est à Clermont-Ferrand, Florent Menegaux: il s’en est ému début 2025 devant une commission du Sénat en estimant que la ville fait partir du “tiers-monde en matière ferroviaire”.”C’est un vrai handicap d’être obligé de prendre la voiture (…) quand le train est aléatoire dans ses horaires”, a-t-il ajouté le 9 novembre sur France 3.Pour recréer une liaison transversale Lyon-Bordeaux sous forme d’un train dit “d’équilibre du territoire” (TET ou Intercités), “il faut poser la question à l’autorité organisatrice qui est l’État”, a pointé Jean Castex, lors de son bref entretien avec l’AFP. “Si l’État dit +faites-le+, nous le faisons tout de suite”, a-t-il poursuivi.Un train Intercités Lyon-Bordeaux passant par l’Auvergne et le Limousin a existé jusqu’en 2014, avant d’être abandonné pour raisons financières. En 2019, une coopérative ferroviaire avait lancé un projet, mais a dû y renoncer.

Le Louvre augmente de 45% son prix d’entrée pour les visiteurs extra-européens

Le Louvre va augmenter de 45% le prix du billet d’entrée pour ses visiteurs extra-européens à compter de 2026, une mesure promue par le gouvernement pour renflouer le musée le plus visité au monde mais dénoncée par les syndicats.A partir du 14 janvier, les ressortissants hors Espace économique européen (EEE qui comprend Union européenne, Islande, Liechtenstein, Norvège) devront s’acquitter de 32 euros pour déambuler dans les 73.000 m2 du Louvre, soit 10 euros de plus que le prix d’entrée actuel.Approuvée jeudi par le conseil d’administration du Louvre, cette hausse s’appliquera notamment aux Américains, qui forment le premier contingent de visiteurs étrangers, mais aussi aux Chinois qui se classent troisième, selon le bilan d’activité 2024 du musée. D’après ce document, le Louvre a accueilli 8,7 millions de personnes l’an dernier, dont 69% d’étrangers.Dans la tourmente depuis le spectaculaire cambriolage du 19 octobre, le Louvre espère tirer de cette hausse “15 à 20 millions d’euros” par an de recettes supplémentaires, qui seront allouées aux “problèmes structurels” du musée, a précisé à l’AFP l’établissement.Selon un récent rapport de la Cour des comptes, le Louvre fait face “à un mur d’investissements qu’il n’est pas en mesure de financer”, faute notamment “de hiérarchisation de ses nombreux projets”.Le cambriolage du 19 octobre a par ailleurs mis en évidence “un sous-équipement des dispositifs de sécurité”, selon l’enquête administrative lancée après ce vol de joyaux de la Couronne.Cette hausse tarifaire avait été proposée en janvier par la ministre de la Culture Rachida Dati, qui assurait vouloir être “innovante” pour dégager de nouvelles ressources après l’alerte lancée par la présidente du Louvre, Laurence des Cars, sur la vétusté de l’établissement.”Les conditions de visite et de travail ne sont pas à la hauteur du Louvre”, avait alors déclaré la ministre, ajoutant que les fonds générés par cette hausse iraient notamment au financement du vaste projet du président Emmanuel Macron de rénovation du Louvre, évalué par la Cour des comptes à plus d’un milliard d’euros. Le prix du billet d’entrée du Louvre était déjà passé de 17 à 22 euros en janvier 2024 pour l’ensemble des visiteurs.- “Surcroît de travail” -Au nom de “l’universalisme” du Louvre et “d’un égal accès” à ses collections, les syndicats ont unanimement critiqué le renchérissement du prix d’entrée pour les non-Européens. “L’argument de la réhabilitation du bâtiment pour justifier l’anéantissement de deux siècles d’universalisme au Louvre ne nous convainc pas”, a estimé le syndicat SUD.Selon la CGT, cette grille tarifaire va conduire les résidents hors de l’EEE à “payer le prix fort, consacrant le désengagement de l’Etat, pour visiter un musée délabré”. “Le public ciblé vivra cela comme une discrimination”, selon Valérie Baud, déléguée CFDT.Les organisations syndicales, qui dénoncent régulièrement des problèmes de sous-effectifs, s’inquiètent également de la charge supplémentaire que cette nouvelle grille fera peser sur les agents, qui seront chargés de contrôler la nationalité des visiteurs.”Nous n’oublions pas le surcroît de travail que cela va engendrer pour les équipes”, s’inquiète SUD.Dans son récent rapport sur le Louvre, la Cour des comptes allait dans un sens similaire en précisant que la solution envisagée était d’appliquer “par défaut” le tarif le plus élevé, charge aux ressortissants européens de justifier de leur lieu de résidence. “Ce qui implique un nombre important de personnes à contrôler”, soulignait la Cour.D’autres grands lieux touristiques français devront eux aussi s’adapter. Selon Rachida Dati, une grille tarifaire différenciée sera ainsi en vigueur en 2026 dans “l’ensemble des opérateurs culturels nationaux”.Cité par la ministre, le Château de Versailles précise à l’AFP envisager notamment d’augmenter de trois euros le prix des visites individuelles pour les résidents hors EEE. Ce changement de grille, qui pourrait rapporter quelque 9,3 millions d’euros, n’a toutefois pas encore été approuvé en conseil d’administration. Autre site touristique évoqué par la ministre, le musée d’Orsay précise à l’AFP ne pas prévoir de changement tarifaire à ce stade.

Le groupe d’experts sur le Smic recommande une hausse de 1,4%, sans coup de pouce

La revalorisation automatique, pas plus: le groupe d’experts sur le Smic a recommandé jeudi de ne pas donner de coup de pouce au salaire minimum au-delà de son augmentation mécanique, qui devrait donner “une hausse autour de 1,4%”, en raison du “ralentissement du marché du travail”.Cette revalorisation automatique “devrait conduire à une hausse autour de 1,4% au 1er janvier 2026, soit au-dessus de l’inflation attendue (proche de 1%)”, expliquent ces experts dans un communiqué accompagnant la remise de leur rapport annuel au gouvernement et aux partenaires sociaux.”Compte tenu du ralentissement du marché du travail, du niveau élevé du Smic par rapport au salaire médian et du coût très important des exonérations” de charges patronales sur les bas salaires, ils recommandent de “ne pas aller au-delà de la revalorisation automatique prévue par le Code du travail”. Depuis sa création en 2008, ce groupe d’experts n’a jamais préconisé de coup de pouce.Si le Premier ministre suit ses recommandations, le Smic, aujourd’hui à 1.426,30 euros net par mois (1.801,80 euros brut), augmentera d’un peu moins de 20 euros net par mois.”Vingt euros de plus, ce n’est pas suffisant. Avec l’augmentation de l’électricité, des courses alimentaires…”, a réagi Noémie, auxiliaire de crèche à Orléans. “On prend toujours, mais ça me fera juste deux boîtes de lait, en plus, par mois”, a-t-elle calculé.- “20 euros, c’est nul” – Pour Mehdi, vendeur polyvalent dans une gare parisienne, “20 euros, c’est nul!” Avec un Smic, “il faut espérer qu’il n’y ait pas de coup dur”, confie-t-il. Quand son lave-linge l’a lâché, “il a fallu se priver” pour le remplacer. Chaque 1er janvier, le Smic est indexé à l’inflation constatée pour les 20% de ménages aux plus faibles revenus et revalorisé de la moitié du gain de pouvoir d’achat du salaire horaire de base ouvrier et employé.Au-delà de cette évolution mécanique, le gouvernement peut donner un coup de pouce, mais le dernier remonte à juillet 2012, au lendemain de l’élection de François Hollande à l’Elysée.Pour la CFDT, un coup de pouce aurait été “bienvenu” cette année. La CGT revendique, elle, un Smic à 2.000 euros brut.Après avoir consulté ce rapport, les partenaires sociaux donnent un avis, mais c’est le Premier ministre qui fixe le niveau du Smic au 1er janvier.Au 1er novembre 2024, environ 2,2 millions de salariés du secteur privé étaient rémunérés au Smic, soit 12,4% d’entre eux, selon les données du ministère du Travail.Les experts arguent que “le Smic aura progressé plus vite que les prix en cumul sur les cinq dernières années”, alors que “de nombreux salaires supérieurs au Smic n’ont pas encore récupéré la totalité de leur pouvoir d’achat d’avant la période inflationniste, entraînant une compression significative de la structure salariale”.- Grève pour les salaires -“Le Smic doit être un point de départ dans la carrière et permettre d’accéder à des emplois mieux rémunérés”, souligne le président du groupe d’experts, Stéphane Carcillo, notant que la France est le pays de l’Union européenne où le salaire minimum se rapproche le plus du salaire médian (2.183 euros net dans le secteur privé en 2023).Pour éviter l’effet “trappe à bas salaires”, les experts souhaiteraient ramener progressivement le plafond ouvrant droit à des exonérations de cotisations patronales à deux Smic. En septembre, le gouvernement a déjà décidé de le ramener à 3 Smic, contre 3,3 auparavant.La mesure souhaitée par les experts permettrait, selon eux, d’économiser 6 milliards d’euros sur les allègements de cotisations, qui coûtent aujourd’hui environ 75 milliards d’euros par an. Ces économies pourraient, par exemple, être redirigées vers la prime d’activité.Le rapport pointe également le poids dans les revenus des personnes modestes avec enfants des aides versés par les communes, départements ou régions, dont les montants n’ont pas toujours suivi l’inflation. Il recommande d’en faire un suivi plus fin pour faciliter, “le cas échéant”, leur revalorisation.”La préoccupation première de la population, ce sont les salaires”, estime le secrétaire confédéral de la CGT, Thomas Vacheron, pour qui il faut “supprimer ce groupe d’experts de la non-augmentation du Smic”. Le 2 décembre prochain, la CGT, Solidaires et la FSU appellent à faire grève et manifester pour les salaires.