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Un détenu multirécidiviste blesse des surveillants à la prison d’Aix-Luynes

Un détenu multirécidiviste de 23 ans a agressé vendredi trois surveillants, blessant très gravement l’un d’entre eux, à la prison d’Aix-Luynes (Bouches-du-Rhône) où il était depuis quelques mois après avoir été transféré de deux autres établissements, déjà pour des violences sur agents.L’homme, de nationalité française, a porté plusieurs coups de ciseaux à des surveillants alors qu’il était entendu, peu avant 8H00, dans un bureau suite à l’agression de son codétenu la nuit précédente.”C’est un détenu qui a agressé plusieurs surveillants avec une arme blanche, précisément une paire de ciseaux. Il est très probable qu’il les ait pris sur le bureau dans lequel il était avec un surveillant,” a déclaré à l’AFP le procureur de la République d’Aix-en-Provence, Jean-Luc Blachon.Le magistrat a précisé que trois surveillants “ont été blessés, dont un très grièvement”, hospitalisé pour avoir reçu plusieurs coups de ciseaux au niveau du cou. Mais “ses jours ne sont pas en danger”, a-t-il ajouté.Selon les premiers éléments recueillis, les surveillants avaient demandé au détenu de venir s’expliquer: son codétenu avait le visage tuméfié et l’avait désigné comme son agresseur.Selon l’administration pénitentiaire, deux fonctionnaires ont été blessés gravement et un troisième, intervenant pour mettre fin à l’agression, a été blessé plus légèrement et est en état de choc.L’agresseur, placé en garde à vue, avait été condamné en 2025 à deux reprises à quelques mois d’intervalle pour violences et outrages contre des surveillants lorsqu’il était détenu à Toulon ou à Avignon-Le Pontet, selon le procureur.Ecroué en détention provisoire depuis avril 2024 pour viol et violences sur conjoint dont l’information judiciaire est toujours en cours, il était à Aix-Luynes depuis avril 2025. Une enquête a été ouverte pour tentative d’homicide volontaire et violence volontaire sur personne dépositaire de l’autorité publique, en récidive.- “Danger extrême” -Sous-effectif chronique de surveillants, surpopulation carcérale, insalubrité: les prisons françaises sont au point de rupture, s’alarment régulièrement les acteurs de la pénitentiaire.La situation est particulièrement critique dans les maisons d’arrêt (courtes peines ou personnes en attente de jugement), comme celle d’Aix-Luynes où se sont multipliés ces dernières années les incidents, dont des violences entre détenus.L’intersyndicale de l’établissement UFAP-Unsa Justice-FO-CGT et CFDT a décidé vendredi de “bloquer les arrivées et sorties” de la prison samedi matin “en soutien aux collègues pour montrer qu’on ne peut pas laisser passer”, a précisé à l’AFP Amandine Cordier secrétaire nationale UFAP-Unsa Justice.Dans une vidéo sur X, le ministre de la Justice Gérald Darmanin, qui doit se rendre samedi voir le blessé à son chevet et les personnels de la prison, a évoqué vendredi l’instauration d'”un numerus clausus, c’est à dire un maximum de détenus dans une prison”, disposition qu’il souhaite inclure dans son projet de loi “Sure”, visant une “meilleure exécution de la peine” carcérale.Pour lutter contre la surpopulation il veut aussi “construire des places de prison; il faut en faire entre 2.000 et 2.500 par an, ce que nous faisons cette année, l’année prochaine et l’année 2028.”Luynes, une des plus importantes prisons de France, est confrontée à un taux de suroccupation moyen de 150% avec 2.000 détenus hébergés sur 1.200 places, avaient alerté les autorités judiciaires locales en 2024.Cette surpopulation est due en partie au narcobanditisme marseillais avec une grande partie des détenus qui y sont envoyés par le tribunal correctionnel de la deuxième ville de France.Devant la maison d’arrêt d’Aix-Luynes, plusieurs responsables syndicaux sont venus apporter leur soutien à leur collègues agressés.Ce détenu “a un palmarès long comme le bras, comme on en a beaucoup trop déjà (…) Il aurait dû normalement être pris en charge dans une cellule individuelle, mais on n’a pas les moyens de le faire, on n’a pas les moyens de prendre en charge correctement des détenus”, a déclaré à l’AFP Amandine Cordier, secrétaire nationale UFAP-Unsa justice.Pour Force Ouvrière-Justice, l’agression d’Aix-Luynes illustre le “danger extrême” auquel est “quotidiennement exposé” le personnel pénitentiaire. Le syndicat réclame dans un communiqué une “généralisation de la bombe incapacitante pour l’ensemble des personnels” –à l’heure actuelle seul l’encadrement en est doté– ainsi que “le déploiement du pistolet à impulsion électrique (PIE) et des caméras-piétons.”hj-alc-edy-dac/cbn

Storms spark travel mayhem and power cuts in northern Europe

Gale-force winds and storms barrelled through northern Europe on Friday, claiming more lives, causing travel mayhem, shutting schools, and cutting power to hundreds of thousands in freezing temperatures.Some 50 flights were cancelled at London’s Heathrow airport, affecting thousands of passengers. Air travel was disrupted across Europe from the Czech Republic to Moscow, where over 300 …

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Six mois de prison avec sursis pour avoir écrasé un oeuf sur Bardella

Le tribunal correctionnel de Montauban a condamné vendredi le septuagénaire qui a écrasé un œuf sur la tête de Jordan Bardella lors d’une dédicace fin novembre à une peine de six mois d’emprisonnement avec sursis, assortie d’une amende.Les juges ont condamné le prévenu, un agriculteur à la retraite de 74 ans, à un total de 1.000 euros d’amende, ainsi qu’à dédommager M. Bardella pour atteinte à son image à hauteur de 500 euros, et à prendre une part de ses frais de justice pour 600 euros.Le procureur de la République de Montauban, Bruno Sauvage, avait requis une peine de huit mois de prison dont quatre ferme à l’encontre de cet homme qui avait déjà été condamné pour des faits similaires en juillet 2022, ayant jeté un œuf sur la tête d’Éric Zemmour alors que celui-ci, candidat du parti Reconquête à la présidentielle, était en campagne à Moissac (Tarn-et-Garonne).Le représentant du ministère public a estimé qu’il ne s’agissait pas d’une “bêtise” comme le prévenu avait qualifié son geste lors de la procédure, un “terme totalement inapproprié” alors qu’il s’agit d’une “infraction pénale”, un “acte violent” et non un “acte citoyen” ou un “acte symbolique”.A la barre, le retraité, jeans, baskets et blouson de laine bleu marine, a déclaré: “je regrette mon geste et m’en excuse auprès de Monsieur Bardella, c’est son parti que je visais, c’était violent je le reconnais”, a-t-il déclaré.Interrogé par la présidente du tribunal, le prévenu a cependant reconnu qu’il s’agissait d’un geste politique “pour alerter les citoyens qu’on s’endort et qu’une fois qu’ils (les représentants du Rassemblement national) seront au pouvoir, il sera trop tard”.”Malheureusement, il n’y a que ça (à faire)”, a dit le prévenu, affirmant avoir voulu faire preuve du “minimum de violence pour avertir sur un maximum de violence pour tous les Français”.Lors d’une séance de dédicace de M. Bardella à Moissac le 29 novembre dernier, le prévenu avait pris place dans la file d’attente avant d’écraser un œuf sur la tête du président du RN au moment de lui présenter son exemplaire du livre.Il était poursuivi pour “violence sur personne dépositaire de l’autorité publique sans incapacité”.L’avocat de Jordan Bardella, Charles de Luynes, regrette que le tribunal ait prononcé une condamnation avec sursis. “C’est encore une peine d’avertissement, ce n’est pas ce que souhaitait le procureur (…) La justice n’a, je pense, pas renvoyé un message de fermeté, il y a le sursis simple, il n’y a aucune obligation comme le voulait le procureur, de soins et d’un stage de citoyenneté”, a-t-il estimé.Pour Rachel Lheureux, avocate du prévenu, les réquisitions du procureur étaient “disproportionnées” et “les magistrats du siège nous ont fait entendre la voix de la raison (…) Une sanction devait intervenir car aucune violence (…) n’est acceptable”.

Tempête Goretti: 320.000 foyers sans électricité, l’EPR de Flamanville arrêté

Quelque 320.000 foyers restaient privés d’électricité vendredi en France après le passage de la tempête Goretti qui a fait deux blessés graves dans le nord du pays et provoqué l’arrêt du réacteur nucléaire EPR de Flamanville dans la Manche.Un homme de 26 ans a été hospitalisé après avoir chuté de son toit en tentant de réinstaller une tuile, a annoncé la préfecture du Nord. Un autre homme, âgé de 43 ans, s’est blessé dans des circonstances similaires dans l’Aisne.Dans la Manche, placée une partie de la nuit en vigilance rouge vents violents, niveau d’alerte le plus élevé, EDF a mis l’EPR de Flamanville à l’arrêt en raison de la tempête.Météo-France a confirmé le retour au calme, après des vents violents dépassant parfois 200 km/h sur le littoral normand, en rétrogradant en vigilance jaune la quasi-totalité du pays, y compris la Manche. Seules les Landes et les Pyrénées-Atlantiques restent vendredi en vigilance orange.”Les vents faiblissent” mais “les averses qui se mettent en place à l’arrière de la perturbation sont associées à de fortes rafales”, avertit toutefois le service météorologique.La tempête Goretti a fortement affecté la circulation des trains, avec 400 incidents dans les régions touchées: arbres, branches, serres ou bâches soufflés par le vent et posés en travers des voies, a expliqué SNCF Réseau.En Normandie, la reprise du trafic ferroviaire, totalement interrompu depuis jeudi soir, pourrait prendre “plus de temps que prévu” et la plupart des lignes ne seront pas rétablies avant samedi, prévient la SNCF.En Ile-de-France, la chute d’un arbre sur les caténaires entre Corbeil et Melun a provoqué de gros dégâts et cette branche du RER D sera fermée tout le week-end. La circulation du RER A est également perturbée.Du Finistère à la Seine-Maritime, les pompiers sont intervenus pour des centaines de chutes d’arbres et de câbles électriques ou encore des toitures éventrées.Dans le seul département de la Manche, le plus touché, le préfet Marc Chappuis a recensé 400 interventions, jugeant l’intensité de l’événement “exceptionnelle”. Il a fait état de huit blessés dont deux hospitalisés.Une rafale de vent a atteint jeudi soir 213 km/h à Barfleur.”Le système d’alerte a bien fonctionné et permis à tous les habitants de se mettre à l’abri et d’éviter que des objets se transforment en projectiles. Ca explique que le bilan humain reste modéré”, a-t-il déclaré.- “Tous les objets vibraient” -“Nous sommes restés au rez-de-chaussée car, à l’étage, c’était très impressionnant: tous les objets vibraient dans la maison et on voyait la cime des arbres se balancer partout. Je n’ai jamais vu des dégâts comme ça”, témoigne Virginie Pasco, 44 ans, une habitante de La Hague, à l’extrémité de la péninsule du Cotentin.Quelque 320.000 clients restaient privés de courant vendredi à 12h00 dans l’ensemble de la France, selon un nouveau bilan du gestionnaire de réseau Enedis, qui a pu réalimenter 60.000 foyers dans la matinée.L’essentiel des foyers concernés se situe en Normandie.L’impact de Goretti sur le réseau est nettement inférieur à celui de la tempête Ciaran, qui avait privé d’électricité 1,2 million de foyers en novembre 2023.Les écoles, collèges et lycées sont fermés vendredi dans ce département ainsi qu’en Seine-Maritime.A Cherbourg, “vingt personnes ont été relogées en urgence dans un gymnase mais il n’y a pas eu de victimes, seulement des dégâts matériels”, a déclaré à l’AFP le maire Benoît Arrivé.En Seine-Maritime, un arbre de 45 mètres s’est abattu sur un ensemble de cinq logements à Roncherolles-sur-le-Vivier, près de Rouen, nécessitant le relogement des occupants.Le port de Dieppe a été fermé en raison de la montée du niveau de l’eau sous l’effet de la tempête, qui a également provoqué des “inondations importantes” à Étretat et à Fécamp.Des rafales frôlant les 160 km/h ont aussi balayé le sud-ouest de l’Angleterre et le Pays de Galles, laissant des dizaines de milliers de foyers sans électricité.

Le monde agricole ne décolère pas contre l’accord Mercosur, voté à Bruxelles

“Colère totale des paysans”: le vote de l’accord UE-Mercosur à Bruxelles ne passe pas vendredi auprès des agriculteurs français, qui poursuivent leur mobilisation, à grand renfort de tracteurs, avant des annonces du gouvernement en leur “faveur” prévues à 18H00.Après plus d’un mois de mobilisation en province et au lendemain du débarquement à Paris des tracteurs de la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole, à la ligne contestataire, la gendarmerie dénombrait à la mi-journée 49 actions dans 31 départements, mobilisant 1.200 personnes avec 500 tracteurs.A l’aube, la Confédération paysanne, troisième syndicat, a lancé une opération escargot avec quelques tracteurs sur le périphérique parisien, avant que deux de ses porte-parole ne soient interpellés devant l’Arc de Triomphe.Il est “inadmissible que la Confédération paysanne soit le seul syndicat à subir cette répression”, a dénoncé cette autre organisation contestataire, classée à gauche.Le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a assumé jeudi soir de n’avoir pas dispersé l’action “illégale” de la Coordination rurale (CR) avec ses tracteurs à Paris alors que les rassemblements non déclarés y étaient interdits.La Confédération paysanne a prévu un rassemblement devant un commissariat à Paris en fin d’après-midi tandis que la CR manifestera devant le tribunal de Meaux, pour protester contre les interpellations de leurs adhérents.Après avoir cheminé de leurs bastions du Sud-Ouest, de Normandie ou du Nord, les agriculteurs de la CR, habitués des actions coup de poing, sont parvenus à l’Assemblée nationale. Ses militants se sont repliés dans la soirée, mais nombre d’entre eux sont encore autour de Paris, prêts à “revenir”.- L’Anses “doit disparaître” -Le préfet de police Patrice Faure “tient à rappeler qu’aucun trouble à l’ordre public ou atteinte aux forces de l’ordre, ne peut être toléré”, a indiqué vendredi sur X la préfecture.Le ton est monté au sud de Paris vendredi en début d’après-midi devant le siège de l’agence sanitaire Anses, où quelques dizaines de “bonnets jaunes” de la Coordination rurale sont venus lancer des oeufs contre un organisme qui doit “disparaître”, a affirmé José Pérez, président de la CR du Lot-et-Garonne, joint par téléphone par l’AFP. Aucune interpellation n’a été rapportée.La FNSEA et ses alliés des Jeunes Agriculteurs, alliance syndicale qui domine dans le monde agricole, mènent de leur côté des actions déclarées dans plusieurs départements vendredi et ont appelé à manifester le 20 janvier à Strasbourg devant le Parlement européen, qui devra prochainement voter la ratification de l’accord UE-Mercosur. Le vote à Bruxelles par les États membres “est une trahison de la souveraineté agricole européenne”, a indiqué la FNSEA vendredi, et “provoque la colère totale des paysans”. L’opposition d’Emmanuel Macron au traité UE-Mercosur n’a non seulement pas permis de bloquer l’accord à Bruxelles, mais n’a pas non plus satisfait les syndicats: ils attendent des mesures concrètes dans les cours de ferme et aucun ne se réjouit de “la perte d’influence de la France” en Europe, selon l’expression de la FNSEA.Une conférence de presse a lieu à 18h en présence des ministres de l’Agriculture, Annie Genevard – qui accueille la rencontre – des Comptes publics Amélie de Montchalin, de l’Europe Nicolas Forissier et de la Transition écologique et Mathieu Lefèvre pour faire des “annonces en faveur du monde agricole”. – Actions dans plusieurs régions -Viticulteurs en crise, céréaliers confrontés à la hausse des prix des engrais, éleveurs confrontés à de multiples épizooties… la liste est longue.La Confédération paysanne et la CR demandent notamment la fin de l’abattage total des troupeaux bovins infectés par la dermatose nodulaire. La CR demande aussi un “moratoire” sur les contrôles des pratiques des agriculteurs.Des actions ont lieu vendredi dans plusieurs régions, mais aussi en Belgique, en Italie ou encore en Pologne.Des autoroutes sont bloquées dans le sens France-Belgique dans le Nord, mais aussi dans le Sud-Ouest. Des dépôts de carburants ont été pris pour cible dans ces mêmes régions, à Haulchin et à Bassens.”C’est une descente aux enfers (…) Les produits qui rentrent du Mercosur sont moins chers, parce qu’ils produisent du maïs sur des milliers d’hectares”, avec des OGM interdits en Europe, se désole Jean-Michel Larrère, président de la FDSEA des Landes lors d’un rassemblement dans une zone portuaire près de Bayonne.

Prison avec sursis pour des militants du suicide assisté pour trafic de barbituriques

Au milieu des débats parlementaires sur la fin de vie, le tribunal correctionnel de Paris a condamné vendredi douze militants radicaux du suicide assisté à des peines allant jusqu’à 10 mois de prison avec sursis pour trafic de barbituriques.Jugés de mi-septembre à début octobre, douze adhérents de l’association Ultime Liberté, âgés de 75 à 89 ans, ont tous été reconnus coupables d’avoir, entre août 2018 et novembre 2020, aidé des dizaines de personnes à acheter sur internet du pentobarbital, un barbiturique entraînant une mort rapide et sans douleur.Ces retraités, qui n’étaient poursuivis que pour des délits liés au trafic de substances illicites et non pour incitation ou aide au suicide, avaient fait de leur procès cet automne une tribune sur l’aide à mourir.Les peines prononcées s’échelonnent de 2.000 euros d’amende, dont 1.000 avec sursis, à 10 mois de prison avec sursis pour la fondatrice de l’association, Claude Hury, dont les juges ont fustigé l'”amateurisme dans l’accompagnement” de personnes souhaitant mourir.Devant une salle comble de personnes âgées venues en soutien, à l’image de l’audience, la présidente de la 31e chambre a commencé par indiquer que “le tribunal n’est pas déconnecté des enjeux de société, de ses évolutions. Il a parfaitement conscience du mouvement souhaité par les Français dans leur grande majorité en matière de fin de vie”.Pour autant, alors que le Sénat examine ce mois-ci le texte de loi créant un droit à l’aide à mourir, qui ferait sensiblement évoluer la législation française, “les prévenus ne peuvent attendre d’un tribunal correctionnel qu’il s’érige en législateur et anticipe sur l’avènement d’une loi”.Même si leur action n’était motivée que par leur engagement humanitaire, pratiqué hors de tout cadre médical, le tribunal s’est inquiété de l'”extrémisme” de certains des militants prônant une “liberté sans limite” de mettre fin à ses jours, au-delà du cas des personnes malades et en grande souffrance.Très clivante, née en 2009 de la scission de la frange la plus radicale de la grande organisation pro-euthanasie ADMD, Ultime Liberté revendique le droit à un suicide “serein” pour toute personne en pleine possession de ses moyens, malade ou non.- “On n’a tué personne” -“On n’a tué personne, on a simplement aidé. On a fait un geste d’humanité envers des personnes qui demandent”, a réagi à l’issue du délibéré Claude Hury, professeure retraitée de 76 ans, annonçant faire appel de la décision.L’un des avocats de la défense, Me Frédéric Verra, a salué “une peine relativement symbolique qui montre toute la gêne de la juridiction”.Le médecin militant Bernard Senet, qui assume avoir pratiqué des euthanasies durant sa carrière médicale, a été condamné à six mois de prison avec sursis.Avec son défilé à la barre de médecins ou intellectuels spécialistes du sujet, d’anonymes ayant aidé leurs proches à en finir, le procès a esquissé devant la justice le continent caché de l’aide à mourir pour des malades en grande souffrance. Un acte illégal mais néanmoins pratiqué à travers toute la France, dans le secret des familles, derrière les portes closes de chambres à coucher.Dans un témoignage aussi inattendu que bouleversant, un prêtre est ainsi venu pudiquement confesser à la barre avoir eu recours, à l’encontre du dogme religieux, au suicide assisté pour son père touché par un cancer en phase terminale.”Il m’avait fait jurer d’abréger ses souffrances lorsque le moment serait venu. Ça a été une double peine pour moi puisque j’ai respecté ma parole. En tant que fils, cela a été très compliqué à vivre. En tant que chrétien et prêtre, c’était presque schizophrénique: +Tu ne tueras pas+”, a raconté cet imposant ecclésiastique en soutane noire et col romain, en citant la Bible.Dressant le parallèle entre le mouvement pour l’aide à mourir et la campagne pour la légalisation de l’avortement au début des années 1970, nombre de témoins ont salué l’avancée législative et sociétale que représenterait selon eux le texte voté en première lecture en mai par l’Assemblée nationale, dont le Sénat débattra fin janvier.Cette proposition de loi du député MoDem Olivier Falorni créerait un “droit à l’aide à mourir” en France. Elle légaliserait le suicide assisté, et de manière exceptionnelle, l’euthanasie, sans pour autant que ces mots jugés connotés négativement ne figurent dans le texte.

Le candidat LFI à Marseille Sébastien Delogu jugé en juin pour la diffusion de documents privés volés

Le député et candidat LFI à la mairie de Marseille Sébastien Delogu sera jugé en juin notamment pour recel de vol pour avoir diffusé sur ses réseaux sociaux des documents privés d’un chef d’entreprise fin 2024, a appris l’AFP vendredi auprès du parquet.Il comparaitra devant le tribunal correctionnel de la deuxième ville de France le 9 juin pour “recel de biens provenant d’un vol”, “divulgation d’informations personnelles permettant d’identifier ou localiser une personne et exposant un risque direct d’atteinte à la personne” et “d’atteinte au secret des correspondances”, a détaillé le parquet de Marseille, confirmant une information initiale du Parisien.Contacté par l’AFP, le député n’était pas joignable dans l’immédiat pour réagir.En mai, il avait été entendu par les enquêteurs et son domicile tout comme sa permanence avaient été perquisitionnés. Cette enquête portait sur le vol d’une pochette contenant des documents privés d’Isidore Aragones, éphémère président du conseil d’administration de Laser Propreté du 12 septembre à début octobre 2024. Ces faits étaient intervenus en plein conflit social touchant le nettoyage du métro et de la gare Saint-Charles de Marseille au cours duquel le député avait apporté son soutien aux salariés.M. Aragones, avocat à la retraite et ex-président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) de Marseille, s’était rendu compte de ce vol après que son bureau avait été envahi par une délégation syndicale de la CGT d’une centaine de personnes, le 19 septembre 2024.Cinq jours plus tard, le 24 septembre 2024, Sébastien Delogu diffusait sur son compte Instagram, fort de 95.000 abonnés, “une grande partie des documents dérobés à Isidore Aragones, évoquant ses liens avec l’Etat d’Israël, ainsi que ses projets financiers personnels, et en précisant que des gens bienveillants les leur avaient transmis”, avait détaillé en mai le parquet.Dans ses posts sur Instagram le 24 septembre, M. Delogu évoquait notamment des voyages de M. Aragones au Brésil et en Israël et des travaux que celui-ci envisageait de réaliser dans une résidence secondaire, en publiant au passage les factures correspondantes. “Dans le contexte (du conflit au Proche-Orient, NDLR), c’est ma vie qu’il a exposée, et il m’a exposé à un danger réel, à un grave danger”, avait alors témoigné M. Aragones auprès de l’AFP. 

Deux motions de censure à l’Assemblée la semaine prochaine, Lecornu dénonce “des postures cyniques”

Deux motions de censure axées sur le Mercosur, l’une déposée par LFI, l’autre par le RN, devraient être débattues en milieu de semaine prochaine à l’Assemblée contre le gouvernement de Sébastien Lecornu qui a dénoncé en retour des “postures cyniques partisanes”.Vendredi matin, La France insoumise a déposé une motion de censure pour protester contre le “piétinement” de la souveraineté populaire et du droit international tant concernant l’accord de libre-échange avec le Mercosur que le Venezuela.”La France humiliée à Bruxelles mais aussi à Washington, voilà le bilan désastreux” d’Emmanuel Macron, estiment les signataires de cette motion, déposée de manière spontanée en vertu de l’article 49.2 de la Constitution et annoncée par la cheffe des députés LFI Mathilde Panot sur X. Malgré le “non” d’Emmanuel Macron au Mercosur, LFI accuse le président d’avoir “laissé ouverte la porte de la capitulation de notre pays face à la Commission européenne” avec cet accord, voyant dans ses tentatives d’obtenir des contreparties des “artifices”. Le Rassemblement national a également annoncé jeudi son intention de déposer une motion de censure sur le Mercosur. Son président Jordan Bardella a estimé que ce “non” était “une manœuvre de communication aussi tardive qu’hypocrite, “une mise en scène”, et donc “une trahison des agriculteurs”. Ces deux motions de censure n’ont cependant que peu de chances d’aboutir. Certes le patron des Républicains Bruno Retailleau avait lui aussi fait planer le “risque d’une censure” mais uniquement si Emmanuel Macron avait choisi de voter en faveur du texte. Quant au PS, c’est éventuellement sur le budget, en cas d’une “mauvaise copie” soumise à un 49.3 qu’il pourrait se joindre à une censure selon son Premier secrétaire Olivier Faure.Fait inhabituel, Sébastien Lecornu a fustigé sur X ces motions de censure comme des “postures cyniques partisanes”.”La France a une position claire sur le Mercosur : nous voterons contre, sans surprise”, a écrit le Premier ministre, accusant ces formations politiques de “choisir délibérément d’afficher des désaccords politiciens internes” et “d’affaiblir la voix de la France”. Ces motions “retardent encore les discussions budgétaires, déjà bloquées par les mêmes partis politiques sur fond d’agenda électoral, et envoient un très mauvais signal à l’étranger”, ajoute M. Lecornu.Le Premier ministre juge que “le moment devrait être à la mobilisation au sein de chaque groupe politique au Parlement européen, pour construire une majorité contre cet accord”.Faute d’avoir réussi à bloquer le traité de libre échange au niveau des Etats membres, l’exécutif mise maintenant sur le Parlement européen en espérant qu’une majorité d’eurodéputés votent contre la ratification de l’accord ou décident de saisir la Cour européenne de justice, ce qui retarderait le processus de quelques mois.

A la Bourse de Paris, le CAC 40 atteint des sommets inédits

Le CAC 40, l’indice vedette de la Bourse de Paris, a établi un record en séance vendredi, à 8.317,82 points, dans un début d’année marqué par la forte hausse des valeurs de la défense en Europe, recherchées en raison du contexte géopolitique tendu.Vers 12H15 GMT (13H15, heure de Paris), le CAC 40 progressait de 0,84%, à 8.312,77 points, peu après avoir dépassé son dernier point haut du 13 novembre 2025.En cette sixième séance de 2026, l’indice affiche une progression d’environ 2% depuis le début de l’année, en ligne avec les autres principales places boursières européennes, qui elles aussi ont signé des records cette semaine.L’indice DAX, équivalent du CAC 40 pour la Bourse de Francfort, a atteint de nouveaux sommets en séance et en clôture, tout comme le FTSE 100 londonien et l’Ibex 35 madrilène.Sur la cote parisienne, les plus fortes progressions depuis le début de l’année sont à attribuer aux entreprises de la défense et de l’aéronautique. Thales grimpe de plus de 15%, Airbus de plus de 7% et Safran de près de 6%.”Le marché a conclu l’année 2025 en pensant qu’on s’acheminait vers un début de solution sur la crise ukrainienne et puis 2026 a débuté sur l’opération américaine au Venezuela et le marché se demande si c’était la première d’une série d’actions militaires des Etats-Unis”, commente Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marchés à IG France.Samedi dernier, des forces spéciales américaines ont enlevé le président vénézuélien Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores à Caracas et les ont transportés à New York pour y être jugés pour des accusations de trafic de drogue. Depuis, Donald Trump a déclaré ouvertement que les États-Unis allaient “diriger” le Venezuela et que les entreprises américaines contrôleraient son pétrole.”Dès lors qu’on cible le Venezuela, on considère que les Etats-Unis envoient aussi un message de force brute et géopolitique fort à la Chine et à la Russie, mais les tensions sur le Groenland jouent aussi pour les investisseurs européens, parce qu’elles touchent directement l’Union européenne, ce qui tend fortement les relations diplomatiques”, poursuit l’analyste.Le président américain martèle que les Etats-Unis doivent prendre le contrôle du Groenland, territoire autonome danois, pour assurer leur sécurité face à la Chine et à la Russie.La Maison Blanche, tout en refusant d’exclure l’option militaire, a fait savoir que le président réfléchissait “activement” à un achat de l’immense île arctique.Outre les valeurs de la défense, celles du luxe, qui pèsent lourd dans l’indice CAC 40, progressent depuis le début de l’année: Hermès s’octroie 3,16%, L’Oréal 4,49% et Kering 5,91%. La première capitalisation boursière du CAC 40, LVMH, leader du secteur, est en revanche à l’équilibre.

Immigration: les ministères des Affaires étrangères et de l’Intérieur renforcent leur coopération

Le chef de la diplomatie française a promis vendredi “une coordination nouvelle” entre ministère des Affaires étrangères et ministère de l’Intérieur pour mieux répondre à l’attente des Français en matière de maîtrise des flux migratoires à la frontière.”Nos compatriotes attendent que nos frontières soient maîtrisées. Oui, nous gagnons à accueillir des travailleurs, des créateurs, des innovateurs étrangers”, a déclaré Jean-Noël Barrot dans son discours annuel aux ambassadeurs. Mais “lorsqu’une personne ne dispose pas ou qu’elle ne dispose plus du droit de séjourner sur le territoire national, elle doit être reconduite à nos frontières”, a-t-il ajouté, soulignant que “le premier niveau de réponse à cette attente légitime” était la résolution des tensions géopolitiques qui font fuir les populations.Il a salué l’adoption au niveau européen du Pacte sur la migration et l’asile qui entrera en vigueur cette année et qui va, selon lui, “changer la donne”. “Mais nous devons aller plus loin encore et nous ne pouvons le faire qu’en lien étroit avec le ministère de l’Intérieur”, a-t-il insisté alors que la maîtrise de l’immigration est un sujet de débat politique récurrent en particulier à l’approche des élections municipales.Jean-Noël Barrot a fait part d’une “coordination nouvelle”, associant ambassadeurs et préfets “pour gagner en fluidité et en efficacité”. “Cette coordination nous permettra de mieux gérer le risque migratoire, mais aussi l’attractivité des talents dont la France a besoin”, a-t-il ajouté. “La lutte contre l’immigration irrégulière est une priorité absolue et elle ne pourra se passer d’une coopération internationale solide”, a abondé dans son allocution le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.Il a ainsi demandé aux ambassadeurs “de continuer” à “appuyer les efforts” pour “augmenter les retours volontaires et forcés qui portent leurs fruits”. Les retours forcés ont enregistré une hausse de 22% en 2025, a-t-il indiqué.Laurent Nuñez a également évoqué l’accord bilatéral franco-britannique signé cet été qui prévoit le renvoi en France de migrants arrivés à bord de petits bateaux au Royaume-Uni, en échange de l’accueil par ce pays de migrants se trouvant en France, sur le principe du “un pour un”.L’accord est valable “jusqu’en juin 2026”, “j’espère que d’ici là on passera à autre chose”, a-t-il souligné.”Nous gérons une frontière extérieure de l’Union européenne pour l’instant seuls (…) Nous avons besoin d’un soutien extrêmement important de l’ensemble des pays de transit”, a plaidé le ministre, soulignant que “40% des entrées irrégulières dans l’Union européenne sont des personnes qui se dirigent vers La Manche pour rejoindre le Royaume-Uni.