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Cannes: Wes Anderson et son casting XXL entrent en scène

Nouvelle pluie de stars sur la Croisette. Le cinĂ©aste dandy Wes Anderson propulse dimanche son casting XXL (Benicio del Toro, Scarlett Johansson, Tom Hanks…) dans la course Ă  la Palme d’or Ă  Cannes, oĂą Nicole Kidman a dĂ©plorĂ© la sous-reprĂ©sentation des rĂ©alisatrices dans le 7e art.Avec “The Phoenician Scheme”, qui compte Ă©galement au casting son grand ami Bill Murray et la fille de Kate Winslet, Mia Threapleton, le rĂ©alisateur amĂ©ricain narre les mĂ©saventures dĂ©calĂ©es d’un magnat de l’armement, familier des crashs d’avion, qui se cherche une hĂ©ritière.MaĂ®tre de l’absurde, le cinĂ©aste pourrait de nouveau dĂ©barquer avec son bus rempli de stars Ă  Cannes, oĂą ses prĂ©cĂ©dents films “The French Dispatch” et “Asteroid City” avaient dĂ©jĂ  eu les honneurs de la compĂ©tition. Pratiquement arrivĂ©e Ă  mi-parcours, la course aux prix a aussi vu “L’Agent secret” du BrĂ©silien Kleber Mendonça Filho, seul film sud-amĂ©ricain de la compĂ©tition, prendre le dĂ©part.Le cinĂ©aste, qui avait dĂ©crochĂ© le prix du jury Ă  Cannes en 2019 avec “Bacurau”, plonge dans la pĂ©riode de la dictature militaire brĂ©silienne en suivant la traque d’un homme au passĂ© trouble. Pour cette montĂ©e des marches sous un soleil radieux, le tapis rouge cannois s’est brièvement transformĂ© en piste de danse foulĂ©e par des percussionnistes et musiciens brĂ©siliens.- Place aux femmes -La Croisette a Ă©galement rĂ©sonnĂ© d’un appel de la mĂ©gastar Nicole Kidman Ă  faire plus de place aux femmes, elle qui s’Ă©tait engagĂ©e il y a huit ans Ă  travailler avec une cinĂ©aste tous les 18 mois.A l’Ă©poque, il y avait “une telle disparitĂ© en termes de choix” entre cinĂ©astes hommes et femmes, s’est elle rappelĂ©e en recevant le 10e prix “Women in Motion” du groupe de luxe Kering. “Il n’y avait tout simplement pas suffisamment de noms”, a-t-elle estimĂ©. Les choses ont avancĂ©, a saluĂ© l’actrice amĂ©ricano-australienne, notamment Ă  Cannes oĂą le festival renoue cette annĂ©e avec son record de rĂ©alisatrices en lice pour la Palme d’or (sept sur 22).Mais, selon Nicole Kidman, la proportion de films rĂ©alisĂ©s par des femmes parmi les succès au box-office reste “incroyablement faible”.A l’affiche de “Die, My Love” de l’Ecossaise Lynne Ramsay, en lice pour la Palme d’or, Jennifer Lawrence a, elle, balayĂ© l’idĂ©e que sa maternitĂ© puisse pĂ©naliser son travail.”Pour devenir acteur ou actrice, je vous conseille de faire des enfants!”, a mĂŞme lancĂ© la star oscarisĂ©e, assurant qu’avoir eu deux enfants a “changĂ© (son) potentiel de crĂ©ativitĂ©”.Dans ce film, l’AmĂ©ricaine campe une mère sombrant dans la folie sous les yeux de son conjoint incarnĂ© par le Britannique Robert Pattinson. – CuriositĂ©s -Hors compĂ©tition, plusieurs curiositĂ©s attendaient les festivaliers.Ancienne prĂ©sidente du jury cannois, l’actrice française Isabelle Huppert est venue prĂ©senter “La Femme la plus riche du monde”, oĂą elle incarne la multimilliardaire Liliane Bettencourt, dĂ©cĂ©dĂ©e en 2017. En 2007, l’ancienne actionnaire principale de L’OrĂ©al avait Ă©tĂ© victime d’un abus de faiblesse dans une retentissante affaire politico-judiciaire en France.La journĂ©e marquait aussi la projection, dans la section Un certain regard, de “My Father’s Shadow”, premier film nigĂ©rian sĂ©lectionnĂ© Ă  Cannes, et de “Pillion”, touchante histoire d’amour homosexuelle et de dĂ©couverte de soi dans le milieu des “bikers”.La 78e Ă©dition du Festival s’achèvera le 24 mai avec la remise de la Palme d’or, dĂ©crochĂ©e l’annĂ©e dernière par l’AmĂ©ricain Sean Baker pour “Anora”. 

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Sur le bassin d’Arcachon, la dĂ©licate prĂ©servation d’une plante “refuge de la biodiversitĂ©”

Accroupis dans la vase, les scientifiques du parc naturel marin du bassin d’Arcachon, les mains pleines de boue, s’activent, avant le retour de la marĂ©e, pour une mission d’envergure: “restaurer” le plus grand herbier d’Europe.Ces bancs de plantes aquatiques, typiques des lagunes de la façade Atlantique, sont un “refuge pour la biodiversitĂ©”, vital Ă  l’Ă©cosystème du bassin, explique Florane Le Bihanic, en charge de la qualitĂ© des eaux du parc marin.Les zostères marines, qui poussent sous l’eau en bord de chenal, servent d’abri aux hippocampes ou de nurserie pour les sèches qui viennent y pondre leurs Ĺ“ufs, tandis que leurs cousines zostères naines, immergĂ©es sur la vase Ă  marĂ©e basse, forment un rĂ©servoir de nourriture pour les oies bernaches lors des migrations.Leurs racines stabilisent les sols, tandis que leurs feuilles ralentissent l’Ă©rosion des cĂ´tes, en freinant les courants, et clarifient l’eau, en captant les matières en suspension, poursuit l’Ă©cotoxicologue.- “Effet cocktail” -Avec ses Ă©quipes, armĂ©es de carottes de mĂ©tal, et progressant dans les boues limoneuses Ă  l’aide de grandes plaques de bois sanglĂ©es sous les bottes pour ne pas s’y enfoncer comme dans des sables mouvants, la scientifique vient transplanter, une Ă  une, des jeunes pousses de zostère, dans les zones oĂą ces plantes, aux faux airs d’algues, ont Ă©tĂ© dĂ©cimĂ©es.”Indispensables Ă  la vie”, les herbiers de zostères ont entamĂ© un sĂ©vère dĂ©clin il y a vingt ans – entre 85% de baisse pour la plante sous-marine et 44% pour sa cousine naine semi-aquatique – sous “l’effet cocktail” du rĂ©chauffement climatique et de la frĂ©quentation des bateaux de pĂŞche et de plaisance, s’alarme HervĂ© Caroff, le directeur dĂ©lĂ©guĂ© adjoint du parc marin.A bord d’un bateau de l’Office français de la biodiversitĂ© (OFB), une agence qui, comme la gendarmerie ou les affaires maritimes, a un pouvoir de police des mers, l’homme patrouille Ă  la recherche de navires voguant près de ces zostères, invisibles sous l’eau ou confondues avec des algues pour l’Ĺ“il non averti.L’ancre des navires arrache souvent cette espèce protĂ©gĂ©e et les biocides utilisĂ©s pour nettoyer les coques des bateaux nuisent Ă  son dĂ©veloppement, rappelle cet agent de l’OFB aux plaisanciers abordĂ©s, en leur distribuant un livret d’horaires des marĂ©es et en suggĂ©rant une application de navigation intĂ©grant la carte des zones de peuplement de la plante fragilisĂ©e.- “Faut sĂ©vir les gars” -“La prĂ©vention, c’est bien un moment mais faut sĂ©vir les gars! Les types l’Ă©tĂ© font n’importe quoi ici!”, harangue un vieux pĂŞcheur, accostĂ© par l’OFB sur son bateau au large du lieu-dit l’Herbe, Ă  poignĂ©e de kilomètres du dĂ©bouchĂ© du bassin sur l’Atlantique.Ici, entre la pointe du huppĂ© Cap Ferret et les très touristiques plages d’Arcachon et de la dune du Pilat, jusqu’Ă  12.000 bateaux ont le droit de mouiller, sans compter les passages, sans arrĂŞts, de plaisanciers.”Ca fait une Ă©norme frĂ©quentation sur un espace relativement restreint”, avec une surface “qui se rĂ©duit des deux tiers Ă  marĂ©e basse”, ne laissant avec un fond d’eau suffisant Ă  la navigation, que les seuls chenaux et passes abritant des herbiers Ă  faible profondeur, analyse M. Caroff.Dans ces zones, jeter l’ancre est strictement interdit, et passible de 150.000 euros d’amende et trois ans de prison pour destruction d’espèces protĂ©gĂ©es, rappellent les agents de l’OFB, qui assurent avoir distribuĂ© de premiers procès-verbaux, “avec une dĂ©marche gradation”, Ă  l’Ă©tĂ© 2024 aux plaisanciers rĂ©calcitrants.En novembre dernier Ă  Marseille, la justice française avait reconnu, pour la première fois, le prĂ©judice Ă©cologique d’atteinte Ă  l’herbier, en infligeant de lourdes amendes Ă  deux navires ayant mouillĂ© dans des zones interdites.Deux capitaines de yacht ont ainsi dĂ» verser un total de 35.000 euros d’amende et plus de 105.000 euros d’indemnitĂ©s de rĂ©paration pour avoir dĂ©truit des herbiers de posidonie, une plante protĂ©gĂ©e de MĂ©diterranĂ©e, cousine des zostères de la façade Atlantique.

Sur le bassin d’Arcachon, la dĂ©licate prĂ©servation d’une plante “refuge de la biodiversitĂ©”

Accroupis dans la vase, les scientifiques du parc naturel marin du bassin d’Arcachon, les mains pleines de boue, s’activent, avant le retour de la marĂ©e, pour une mission d’envergure: “restaurer” le plus grand herbier d’Europe.Ces bancs de plantes aquatiques, typiques des lagunes de la façade Atlantique, sont un “refuge pour la biodiversitĂ©”, vital Ă  l’Ă©cosystème du bassin, explique Florane Le Bihanic, en charge de la qualitĂ© des eaux du parc marin.Les zostères marines, qui poussent sous l’eau en bord de chenal, servent d’abri aux hippocampes ou de nurserie pour les sèches qui viennent y pondre leurs Ĺ“ufs, tandis que leurs cousines zostères naines, immergĂ©es sur la vase Ă  marĂ©e basse, forment un rĂ©servoir de nourriture pour les oies bernaches lors des migrations.Leurs racines stabilisent les sols, tandis que leurs feuilles ralentissent l’Ă©rosion des cĂ´tes, en freinant les courants, et clarifient l’eau, en captant les matières en suspension, poursuit l’Ă©cotoxicologue.- “Effet cocktail” -Avec ses Ă©quipes, armĂ©es de carottes de mĂ©tal, et progressant dans les boues limoneuses Ă  l’aide de grandes plaques de bois sanglĂ©es sous les bottes pour ne pas s’y enfoncer comme dans des sables mouvants, la scientifique vient transplanter, une Ă  une, des jeunes pousses de zostère, dans les zones oĂą ces plantes, aux faux airs d’algues, ont Ă©tĂ© dĂ©cimĂ©es.”Indispensables Ă  la vie”, les herbiers de zostères ont entamĂ© un sĂ©vère dĂ©clin il y a vingt ans – entre 85% de baisse pour la plante sous-marine et 44% pour sa cousine naine semi-aquatique – sous “l’effet cocktail” du rĂ©chauffement climatique et de la frĂ©quentation des bateaux de pĂŞche et de plaisance, s’alarme HervĂ© Caroff, le directeur dĂ©lĂ©guĂ© adjoint du parc marin.A bord d’un bateau de l’Office français de la biodiversitĂ© (OFB), une agence qui, comme la gendarmerie ou les affaires maritimes, a un pouvoir de police des mers, l’homme patrouille Ă  la recherche de navires voguant près de ces zostères, invisibles sous l’eau ou confondues avec des algues pour l’Ĺ“il non averti.L’ancre des navires arrache souvent cette espèce protĂ©gĂ©e et les biocides utilisĂ©s pour nettoyer les coques des bateaux nuisent Ă  son dĂ©veloppement, rappelle cet agent de l’OFB aux plaisanciers abordĂ©s, en leur distribuant un livret d’horaires des marĂ©es et en suggĂ©rant une application de navigation intĂ©grant la carte des zones de peuplement de la plante fragilisĂ©e.- “Faut sĂ©vir les gars” -“La prĂ©vention, c’est bien un moment mais faut sĂ©vir les gars! Les types l’Ă©tĂ© font n’importe quoi ici!”, harangue un vieux pĂŞcheur, accostĂ© par l’OFB sur son bateau au large du lieu-dit l’Herbe, Ă  poignĂ©e de kilomètres du dĂ©bouchĂ© du bassin sur l’Atlantique.Ici, entre la pointe du huppĂ© Cap Ferret et les très touristiques plages d’Arcachon et de la dune du Pilat, jusqu’Ă  12.000 bateaux ont le droit de mouiller, sans compter les passages, sans arrĂŞts, de plaisanciers.”Ca fait une Ă©norme frĂ©quentation sur un espace relativement restreint”, avec une surface “qui se rĂ©duit des deux tiers Ă  marĂ©e basse”, ne laissant avec un fond d’eau suffisant Ă  la navigation, que les seuls chenaux et passes abritant des herbiers Ă  faible profondeur, analyse M. Caroff.Dans ces zones, jeter l’ancre est strictement interdit, et passible de 150.000 euros d’amende et trois ans de prison pour destruction d’espèces protĂ©gĂ©es, rappellent les agents de l’OFB, qui assurent avoir distribuĂ© de premiers procès-verbaux, “avec une dĂ©marche gradation”, Ă  l’Ă©tĂ© 2024 aux plaisanciers rĂ©calcitrants.En novembre dernier Ă  Marseille, la justice française avait reconnu, pour la première fois, le prĂ©judice Ă©cologique d’atteinte Ă  l’herbier, en infligeant de lourdes amendes Ă  deux navires ayant mouillĂ© dans des zones interdites.Deux capitaines de yacht ont ainsi dĂ» verser un total de 35.000 euros d’amende et plus de 105.000 euros d’indemnitĂ©s de rĂ©paration pour avoir dĂ©truit des herbiers de posidonie, une plante protĂ©gĂ©e de MĂ©diterranĂ©e, cousine des zostères de la façade Atlantique.

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En Bretagne, une course pour valoriser le cochon, sans faire taire les polémiques

Oreilles de cochon sur la tĂŞte, baskets aux pieds, 500 coureurs ont participĂ© dimanche Ă  la première course organisĂ©e dans le Morbihan par la profession porcine, faisant fi des polĂ©miques sur le parcours dans une zone naturelle fragile et des pollutions liĂ©es Ă  l’élevage industriel en Bretagne.Dès 7H30 du matin, les inscrits Ă  la “Pig and Run”, beaucoup venus du Morbihan et des CĂ´tes-d’Armor, hauts lieux de la production de porcs en France, se sont retrouvĂ©s sur l’Ă©levage Le Blimeau Ă  Merlevenez. C’est le point de dĂ©part et d’arrivĂ©e d’un circuit de 23,5 kilomètres entre campagne et littoral, dont une partie en zone Natura 2000, au bord de la Ria d’Etel.Au programme, “un cadre authentique”, des ravitaillements Ă  base de cochonailles, du cochon grillĂ© au dĂ©jeuner et son poids en cochon pour le gagnant, vante l’organisateur, le ComitĂ© rĂ©gional porcin de Bretagne. Avec dans l’air une odeur persistante de lisier.”Si nous sommes lĂ  aujourd’hui, c’est que nous faisons bien notre mĂ©tier”, “on n’a rien Ă  cacher”, a lancĂ© au public l’Ă©leveuse Lydia Le Clère, porte-parole pour la course, a constatĂ© la journaliste de l’AFP, escortĂ©e par un agent de sĂ©curitĂ© de l’organisation.Parmi les sponsors, des banques (CrĂ©dit Agricole, CrĂ©dit Mutuel de Bretagne), des entreprises (HĂ©naff, IntermarchĂ©) ou encore le dĂ©partement du Morbihan qui a financĂ© Ă  hauteur de 4.000 euros afin “de renforcer les liens entre les citoyens, les filières locales et les acteurs du territoire”. Plus de 180 bĂ©nĂ©voles sont prĂ©sents.Les dĂ©guisements autour du porc sont lĂ©gion parmi les participants de tous âges, dont beaucoup de femmes. Kathia Guilletomo, 39 ans, est venue avec des amis “pour la charcuterie”, plaisante-t-elle, posant avec un nez et des oreilles de cochon pour une photo souvenir avant le dĂ©part de la course.- Saucissons et huĂ®tres -“Je fais toutes les courses dĂ©guisĂ©es”, raconte, enthousiaste, SĂ©bastien Da Rocha, un habituĂ© du marathon du MĂ©doc, corne de licorne sur la tĂŞte. S’est-il posĂ© des questions avant de s’inscrire Ă  une course organisĂ©e par la profession porcine, alors que cette industrie participe aux pollutions de l’eau ou aux Ă©chouages d’algues vertes depuis des dĂ©cennies?”Je ne suis pas vĂ©gĂ©tarien”, rĂ©pond-t-il. “J’ai cru comprendre que c’était des Ă©levages Ă  taille humaine”, ajoute-t-il. Celui qui accueille la course compte 1.000 porcs d’engraissement, dont aucun n’est visible, contrairement aux 60 vaches de plein air.Laurent Le Berre, de l’association de protection de l’environnement Eau et Rivières de Bretagne (ERB), y voit “une opĂ©ration de communication avec des sponsors très puissants (…) pour redorer le blason de cette industrie très polluante qui gangrène la Bretagne”.La justice a enjoint en mars au prĂ©fet de Bretagne de renforcer son action contre les pollutions aux nitrates, Ă  l’origine des Ă©chouages d’algues vertes.Autre critique, le choix d’un parcours “dans un endroit les plus Ă  prĂ©server de la rĂ©gion”, poursuit Laurent Le Berre. Un point de ravitaillement, en zone Natura 2000, offre des images de carte postale: petite chapelle au bord de l’eau, vue sur le bras de mer de la Ria d’Etel, connu pour ses huĂ®tres. Au menu: saucissons, fruits secs, huĂ®tres, eau, boisson sucrĂ©e, bière.Mylène Hillion, 38 ans, est venue encourager des membres de sa famille qui courent. “Ma cousine est Ă©leveuse de porcs, je sais qu’elle fait tout ce qu’elle peut pour le bien-ĂŞtre animal”, explique-t-elle.Tous les Bretons ne partagent pas cet avis. Une Rennaise, Livie Chatelais, a lancĂ© une pĂ©tition contre la course, trouvant “choquant que le lobby agri porcin essaye d’amĂ©liorer son image”, a-t-elle dit Ă  l’AFP. Avec près de 38.000 signatures, il s’agit de la pĂ©tition la plus signĂ©e depuis le dĂ©but de l’annĂ©e pour la Bretagne.La profession n’en est pas Ă  son coup d’essai. En 2015, elle avait organisĂ© la “Pig parade”, un concours itinĂ©rant de sculptures de porcs. Un “faire-valoir d’un type d’Ă©levage très polluant” pour Yves-Marie Le Lay, prĂ©sident de l’association de Sauvegarde du TrĂ©gor GoĂ«lo Penthièvre.

En Bretagne, une course pour valoriser le cochon, sans faire taire les polémiques

Oreilles de cochon sur la tĂŞte, baskets aux pieds, 500 coureurs ont participĂ© dimanche Ă  la première course organisĂ©e dans le Morbihan par la profession porcine, faisant fi des polĂ©miques sur le parcours dans une zone naturelle fragile et des pollutions liĂ©es Ă  l’élevage industriel en Bretagne.Dès 7H30 du matin, les inscrits Ă  la “Pig and Run”, beaucoup venus du Morbihan et des CĂ´tes-d’Armor, hauts lieux de la production de porcs en France, se sont retrouvĂ©s sur l’Ă©levage Le Blimeau Ă  Merlevenez. C’est le point de dĂ©part et d’arrivĂ©e d’un circuit de 23,5 kilomètres entre campagne et littoral, dont une partie en zone Natura 2000, au bord de la Ria d’Etel.Au programme, “un cadre authentique”, des ravitaillements Ă  base de cochonailles, du cochon grillĂ© au dĂ©jeuner et son poids en cochon pour le gagnant, vante l’organisateur, le ComitĂ© rĂ©gional porcin de Bretagne. Avec dans l’air une odeur persistante de lisier.”Si nous sommes lĂ  aujourd’hui, c’est que nous faisons bien notre mĂ©tier”, “on n’a rien Ă  cacher”, a lancĂ© au public l’Ă©leveuse Lydia Le Clère, porte-parole pour la course, a constatĂ© la journaliste de l’AFP, escortĂ©e par un agent de sĂ©curitĂ© de l’organisation.Parmi les sponsors, des banques (CrĂ©dit Agricole, CrĂ©dit Mutuel de Bretagne), des entreprises (HĂ©naff, IntermarchĂ©) ou encore le dĂ©partement du Morbihan qui a financĂ© Ă  hauteur de 4.000 euros afin “de renforcer les liens entre les citoyens, les filières locales et les acteurs du territoire”. Plus de 180 bĂ©nĂ©voles sont prĂ©sents.Les dĂ©guisements autour du porc sont lĂ©gion parmi les participants de tous âges, dont beaucoup de femmes. Kathia Guilletomo, 39 ans, est venue avec des amis “pour la charcuterie”, plaisante-t-elle, posant avec un nez et des oreilles de cochon pour une photo souvenir avant le dĂ©part de la course.- Saucissons et huĂ®tres -“Je fais toutes les courses dĂ©guisĂ©es”, raconte, enthousiaste, SĂ©bastien Da Rocha, un habituĂ© du marathon du MĂ©doc, corne de licorne sur la tĂŞte. S’est-il posĂ© des questions avant de s’inscrire Ă  une course organisĂ©e par la profession porcine, alors que cette industrie participe aux pollutions de l’eau ou aux Ă©chouages d’algues vertes depuis des dĂ©cennies?”Je ne suis pas vĂ©gĂ©tarien”, rĂ©pond-t-il. “J’ai cru comprendre que c’était des Ă©levages Ă  taille humaine”, ajoute-t-il. Celui qui accueille la course compte 1.000 porcs d’engraissement, dont aucun n’est visible, contrairement aux 60 vaches de plein air.Laurent Le Berre, de l’association de protection de l’environnement Eau et Rivières de Bretagne (ERB), y voit “une opĂ©ration de communication avec des sponsors très puissants (…) pour redorer le blason de cette industrie très polluante qui gangrène la Bretagne”.La justice a enjoint en mars au prĂ©fet de Bretagne de renforcer son action contre les pollutions aux nitrates, Ă  l’origine des Ă©chouages d’algues vertes.Autre critique, le choix d’un parcours “dans un endroit les plus Ă  prĂ©server de la rĂ©gion”, poursuit Laurent Le Berre. Un point de ravitaillement, en zone Natura 2000, offre des images de carte postale: petite chapelle au bord de l’eau, vue sur le bras de mer de la Ria d’Etel, connu pour ses huĂ®tres. Au menu: saucissons, fruits secs, huĂ®tres, eau, boisson sucrĂ©e, bière.Mylène Hillion, 38 ans, est venue encourager des membres de sa famille qui courent. “Ma cousine est Ă©leveuse de porcs, je sais qu’elle fait tout ce qu’elle peut pour le bien-ĂŞtre animal”, explique-t-elle.Tous les Bretons ne partagent pas cet avis. Une Rennaise, Livie Chatelais, a lancĂ© une pĂ©tition contre la course, trouvant “choquant que le lobby agri porcin essaye d’amĂ©liorer son image”, a-t-elle dit Ă  l’AFP. Avec près de 38.000 signatures, il s’agit de la pĂ©tition la plus signĂ©e depuis le dĂ©but de l’annĂ©e pour la Bretagne.La profession n’en est pas Ă  son coup d’essai. En 2015, elle avait organisĂ© la “Pig parade”, un concours itinĂ©rant de sculptures de porcs. Un “faire-valoir d’un type d’Ă©levage très polluant” pour Yves-Marie Le Lay, prĂ©sident de l’association de Sauvegarde du TrĂ©gor GoĂ«lo Penthièvre.

Les RĂ©publicains Ă©lisent leur nouveau prĂ©sident avec l’ElysĂ©e en ligne de mire

Après trois mois de campagne, les plus de 120.000 adhĂ©rents des RĂ©publicains dĂ©partagent dimanche les deux candidats Ă  la prĂ©sidence de leur parti, Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez, une Ă©lection interne qui pourrait propulser le vainqueur dans la course Ă  l’ElysĂ©e.Les adhĂ©rents, qui ont commencĂ© Ă  voter samedi en fin d’après-midi par internet, ont jusqu’Ă  18H00 pour dĂ©signer celui qui prendra le poste vacant depuis que l’ancien patron Eric Ciotti a choisi il y a près d’un an de s’allier au RN lors des lĂ©gislatives anticipĂ©es. A midi, le taux de participation Ă©tait de 63% selon la Haute AutoritĂ© qui organise le scrutin.C’est la secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale du parti Annie Genevard, Ă©galement ministre de l’Agriculture, qui annoncera les rĂ©sultats en fin d’après-midi au siège parisien des RĂ©publicains.Si Bruno Retailleau est donnĂ© favori face Ă  Laurent Wauquiez, le mode de scrutin rend toutefois le rĂ©sultat incertain: le nombre d’adhĂ©rents a pratiquement triplĂ© pendant la campagne, passant de 43.859 Ă  121.617, sans qu’il soit possible de dĂ©terminer Ă  qui profiteront ces recrutements, menĂ©s tambour battant par les deux candidats.    “Avantage Retailleau, mais belle campagne Wauquiez”, synthĂ©tise un ex LR qui connaĂ®t bien son ancienne famille politique.- “CrĂ©er la surprise” -Mais M. Wauquiez se montre confiant: “Je vais crĂ©er la surprise”, a-t-il affirmĂ© au Figaro.Une large victoire donnerait au vainqueur un argument de poids pour se lancer dans la course Ă  l’ElysĂ©e Ă  droite. Un succès Ă©troit, au contraire, lui compliquerait la tâche pour s’imposer face Ă  des rivaux comme Edouard Philippe, le favori des sondages, voire des soutiens de Bruno Retailleau, Ă  l’image du prĂ©sident des Hauts-de-France Xavier Bertrand ou du maire de Cannes David Lisnard. Celui-ci demande des primaires ouvertes Ă  droite, alors que le VendĂ©en veut limiter le vote aux adhĂ©rents LR. Laurent Wauquiez ne veut pas entendre parler non plus de primaire ouverte et n’a cessĂ© d’agiter le danger d’une “dilution de la droite dans la macronie” si son prĂ©sident avait une double casquette avec Beauvau, Ă©voquant des “bruits” sur un accord Ă©lectoral avec Edouard Philippe.Le dĂ©putĂ© de Haute-Loire a d’ailleurs pris les devants, demandant d’ores et dĂ©jĂ  un match retour avec Bruno Retailleau l’an prochain pour dĂ©signer le candidat LR Ă  l’ElysĂ©e.”De grâce, n’ayons pas tout de suite des obsessions prĂ©sidentielles qui nous ont coĂ»tĂ© cher!”, a rĂ©pliquĂ© le VendĂ©en, qui s’est engagĂ© Ă  rester Ă  Beauvau s’il l’emportait, assumant “ĂŞtre un ministre politique, pas un ministre techno”. – Philippe contre Wauquiez -A sein du socle commun, on suit de près l’Ă©lection du prĂ©sident de LR, parti qui a frĂ´lĂ© la disparition lors du dĂ©part d’Eric Ciotti et qui a repris des couleurs après son entrĂ©e au gouvernement en septembre avec l’un des siens Ă  Matignon, Michel Barnier, censurĂ© trois mois plus tard par la gauche et le RN.Son ancienne porte-parole, la dĂ©putĂ©e Renaissance Maud Bregeon, a ainsi souhaitĂ© dimanche sur CNews et Europe1 “que le futur prĂ©sident des LR s’engage Ă  maintenir l’unitĂ© du bloc central”, semblant plutĂ´t pencher pour M. Retailleau que pour M. Wauquiez qui “regarde davantage du cĂ´tĂ© de ReconquĂŞte”.Parti pris clairement assumĂ© par le dĂ©putĂ© Horizons FrĂ©dĂ©ric Valletoux, qui a critiquĂ© la “campagne pour rien” de M. Wauquiez, un “homme de tactique” dont “on n’a pas compris quelles Ă©taient les idĂ©es”.Un ton offensif dĂ©jĂ  adoptĂ© la veille lors d’un meeting Ă  Marseille par son chef de parti, Edouard Philippe, qui a rĂ©servĂ© ses attaques au dĂ©putĂ© de Haute-Loire. “Les Français ne sont pas dupes de ceux qui font du trumpisme aux petits pieds en rĂŞvant de ressusciter le bagne du comte de Monte Cristo Ă  Saint-Pierre-et-Miquelon”, a ironisĂ© Edouard Philippe, dans un tacle Ă  Laurent Wauquiez, qui a proposĂ© d’envoyer sur cette Ă®le les “Ă©trangers dangereux” faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire (OQTF). Laurent Wauquiez lui a rĂ©pondu du Puy-en-Velay, oĂą il s’est rendu Ă  la permanence LR du dĂ©partement pour voter sur un ordinateur: “Ce qui me fait plaisir, c’est qu’il a bien compris que moi, je ne ferais pas du tout du en mĂŞme temps”.Le patron des dĂ©putĂ©s LR a fait feu de tout bois durant cette campagne avec des propositions très droitières. Erigeant en “modèle pour la droite” l’ultraconservatrice italienne Giorgia Meloni, il a plaidĂ© pour un rassemblement de la droite allant du garde des Sceaux, l’ex-LR GĂ©rald Darmanin, Ă  l’eurodĂ©putĂ©e zemmouriste Sarah Knafo (Ă  l’exclusion du RN et de ses alliĂ©s). 

Narcotrafic et radicalisation: un 3e quartier de haute sécurité créé dans une nouvelle prison en Guyane

Après Vendin-le-Vieil et CondĂ©-sur-Sarthe, un troisième quartier de haute sĂ©curitĂ© sera construit d’ici 2028 dans la prison qui doit sortir de terre Ă  l’entrĂ©e de la ville de Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane, territoire gangrĂ©nĂ© par le narcotrafic et oĂą règne une forte surpopulation carcĂ©rale.En dĂ©placement en Guyane, le garde des Sceaux GĂ©rald Darmanin a annoncĂ© samedi la crĂ©ation de ce quartier au sein de la prison de 500 places attendue dans la deuxième ville la plus peuplĂ©e de la collectivitĂ© territoriale ultramarine.  Ce nouveau centre pĂ©nitentiaire, qui vise Ă  rĂ©pondre Ă  la surpopulation de l’Ă©tablissement pĂ©nitentiaire de RĂ©mire-Montjoly, près de Cayenne, s’inscrit dans le cadre du projet de citĂ© judiciaire prĂ©vu par le plan d’urgence des accords de Guyane signĂ©s en avril 2017. Cette citĂ© doit aussi comprendre un tribunal judiciaire, un service pĂ©nitentiaire d’insertion et de probation ainsi que des locaux de la direction de la protection judiciaire de la jeunesse.”J’ai dĂ©cidĂ© d’implanter en Guyane la troisième prison de haute sĂ©curitĂ© de France. Soixante places, un rĂ©gime carcĂ©ral extrĂŞmement strict, et un objectif : mettre hors d’état de nuire les profils les plus dangereux du narcotrafic”, a dĂ©clarĂ© le ministre au JDD.”Quinze places” seront Ă©galement “dĂ©diĂ©es aux islamistes/radicalisĂ©s” condamnĂ©s pour terrorisme jihadiste, a confirmĂ© son cabinet Ă  l’AFP.”Ma stratĂ©gie est simple: frapper la criminalitĂ© organisĂ©e Ă  tous les niveaux. Ici, au dĂ©but du chemin de la drogue. En mĂ©tropole, en neutralisant les tĂŞtes de rĂ©seau. Et jusqu’aux consommateurs. Cette prison sera un verrou dans la guerre contre le narcotrafic”, a ajoutĂ© GĂ©rald Darmanin.Le garde des Sceaux, qui a fait de la lutte contre le trafic de drogue sa prioritĂ©, souhaite que cette prison “serve Ă  Ă©loigner durablement les tĂŞtes de rĂ©seau du narcotrafic”, dans la mesure oĂą “ils ne pourront plus avoir aucun contact avec leurs filières criminelles”. Selon le JDD, le permis de construire de ce bâtiment situĂ© sur un terrain de plusieurs dizaines d’hectares sur la RN1, qui relie la ville Ă  Cayenne, et d’un coĂ»t de 400 millions d’euros, est en passe d’ĂŞtre signĂ©.- “Narco-dĂ©partement” -Ce nouveau quartier de haute sĂ©curitĂ© est le troisième annoncĂ© par GĂ©rald Darmanin, après le choix en mars des centres pĂ©nitentiaires de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) et de CondĂ©-sur-Sarthe (Orne), pour accueillir les premiers quartiers de lutte contre la criminalitĂ© organisĂ©e, oĂą seront transfĂ©rĂ©s les dĂ©tenus considĂ©rĂ©s comme Ă©tant les plus redoutables.Il souhaite isoler d’ici Ă  l’Ă©tĂ© les “cent plus gros narcotrafiquants” afin de les empĂŞcher de poursuivre leur activitĂ© criminelle depuis leur cellule.Or la Guyane est devenue “un narco-dĂ©partement et un des principaux hubs” du trafic de cocaĂŻne, selon une source interrogĂ©e par l’AFP en 2023. Au moins 20% de la cocaĂŻne consommĂ©e en mĂ©tropole en provient.Chaque annĂ©e, des centaines de “mules” sont arrĂŞtĂ©es Ă  l’aĂ©roport de Cayenne, les bagages ou l’estomac lestĂ©s de cocaĂŻne sud-amĂ©ricaine.Les autoritĂ©s estiment qu’une trentaine parviennent Ă  embarquer sur chacun des vols quotidiens entre la Guyane et la mĂ©tropole.Pour en faire passer toujours plus, les rĂ©seaux disposent d’une main-d’Ĺ“uvre abondante en exploitant l’extrĂŞme pauvretĂ© de plus de la moitiĂ© de la population et des clandestins arrivĂ©s du Suriname voisin.Le cĹ“ur du trafic bat Ă  Saint-Laurent du Maroni, cernĂ© par le fleuve qui sĂ©pare la Guyane du Suriname sur 500 km. Faute d’Ă©cole ou d’emploi, beaucoup de ses 50.000 habitants cèdent souvent Ă  l’argent facile de la “coke”.La Guyane accuse Ă©galement un fort retard en termes d’Ă©quipements publics et enregistre une forte surpopulation carcĂ©rale, avec une densitĂ© de 134,7%, selon les chiffres du ministère de la Justice au 1er juin 2024. En 2024, un ancien dĂ©tenu de la prison de RĂ©mire-Montjoly a fait condamner l’Etat Ă  lui verser plus de 20.000 euros pour avoir vĂ©cu dans un espace individuel de moins de 3 m2. “CrĂ©er une prison supplĂ©mentaire de haute sĂ©curitĂ©, (…) on en a besoin, on a un narcotrafic (…) qui prend sa racine pas seulement dans l’Hexagone mais par des flux internationaux dont certains passent par l’AmĂ©rique du Sud, par la Guyane”, a rĂ©agi sur Franceinfo le Haut-commissaire au Plan ClĂ©ment Beaune dimanche.InterrogĂ©e sur BFMTV, Marine Tondelier, secrĂ©taire nationale des Ecologistes, s’est montrĂ©e plus critique: “Oui il faut des services publics en Guyane mais je ne pense pas que la prioritĂ© Ă©tait ce projet de prison”. “La symbolique qui consiste Ă  installer en Guyane une prison pour des non-Guyanais et +les plus dangereux+ est extrĂŞmement problĂ©matique parce qu’on voit bien la rĂ©fĂ©rence historique au bagne de Cayenne”, a-t-elle dĂ©plorĂ©.

Avec “Clubbing”, le Grand Palais immersif plonge dans l’histoire mondiale des clubs

En pleine journĂ©e, rayons laser et stroboscopes balaient une discothèque gĂ©ante oĂą pulse du gros son: bienvenue dans les entrailles du Grand Palais immersif, qui propose une plongĂ©e dans l’histoire du monde de la nuit.Jusqu’au 1er octobre, les dancefloors sont Ă©levĂ©s au rang d’art et de culture Ă  part entière Ă  travers cette exposition installĂ©e dans une vaste dĂ©pendance de l’OpĂ©ra Bastille Ă  Paris, jamais amĂ©nagĂ©e auparavant. Après les univers de LĂ©onard de Vinci et La Joconde, PompĂ©i ou encore l’art numĂ©rique, le Grand Palais immersif a choisi le clubbing pour cette nouvelle plongĂ©e, confiĂ©e Ă  l’artiste plasticien et scĂ©nographe Pierre Giner, avec le collectif de graphistes Trafik et le mĂ©dia en ligne Poptronics.HappĂ©s dès leur arrivĂ©e dans l’ambiance d’une boĂ®te de nuit Ă©lectro, les visiteurs sont invitĂ©s Ă  faire dĂ©filer 50 ans de “culture club”, depuis les premières nuits underground du dĂ©but des annĂ©es 1970 Ă  New York, jusqu’aux dernières tendances.La disco initiale a cĂ©dĂ© la place Ă  des genres musicaux protĂ©iformes (house, techno, hip-hop), mais ces lieux conservent un cocktail similaire, qui mĂ©lange musiques, genres, mĹ“urs et classes sociales. Temples de la jeunesse, ils gardent aussi leur part sombre, synonyme d’excès.Pour parcourir l’exposition, aucune tenue exigĂ©e: après une vidĂ©o interactive pour passer le portier du Berghain, discothèque la plus exclusive de Berlin, les visiteurs arpentent un club reconstituĂ© et rĂŞvĂ©, sous forme d’un voyage sensoriel son et lumière.L’exposition passe en revue les plus grandes adresses de la vie nocturne, actives ou dĂ©sormais fermĂ©es.A Paris, Le Palace, Les Bains Douches, le Rex Club, Le Queen et Le Pulp, Ă  New York Le Loft et le Studio 54, Ă  Berlin le TrĂ©sor, Ă  Londres, Ministry of Sound. Ou encore Ă  Kiev, le club techno Closer  qui fait de la rĂ©sistance et continue de faire danser les fĂŞtards ukrainiens malgrĂ© la guerre et les bombardements russes.Dans des vidĂ©os, des artistes, des historiens et des DJs emblĂ©matiques tĂ©moignent, Ă  l’image du journaliste et auteur anglais Dave Haslam, Ă©galement DJ historique de l’Haçienda, ancien club de Manchester des annĂ©es 1980, connu pour ĂŞtre le berceau de l’acid house mais aussi un repaire de gangsters.Etienne de CrĂ©cy, l’un des pionniers français de la musique Ă©lectronique, et Christophe Vix, parmi les fondateurs de la Technoparade de Paris, retracent Ă©galement l’histoire du clubbing. – “Espace de libertĂ©” -Dès 11H00 et jusqu’Ă  23H00 certains soirs, le public peut aussi se dĂ©hancher sur le dancefloor, avec des DJs qui mixent en direct ou grâce Ă  la playlist de 30 titres sĂ©lectionnĂ©s par le vĂ©tĂ©ran de la house Patrick Vidal.”Par dĂ©finition, un club est le lieu d’un art total le temps de la nuit, le jour en mieux, un espace de libertĂ© plastique et politique avec des styles et des identitĂ©s diffĂ©rentes, une bizarrerie autour de la beautĂ© de la musique et du dĂ©sir d’ĂŞtre avec les autres, portĂ©e par des Ă©nergies Ă©mancipĂ©es et utopiques”, rĂ©sume Ă  l’AFP Pierre Giner, commissaire de l’exposition.Au fronton du club imaginaire du Grand Palais Immersif, une phrase de Françoise Sagan balancĂ©e en 1965 Ă  la tĂ©lĂ©vision, fait office de maxime intemporelle du clubbing. “J’aime les boĂ®tes de nuit, j’aime les gens qui y sont. J’aime boire, danser, faire des bĂŞtises, en dire. J’ai 30 ans… Je ne vais pas commencer Ă  vivre comme un croĂ»ton parce que je suis soi-disant une intellectuelle!”, avait dĂ©clarĂ© l’autrice de “Bonjour Tristesse”.”Clubbing” fait par ailleurs Ă©cho Ă  une autre exposition musicale, “Disco I’m coming out” (jusqu’au 17 aoĂ»t) Ă  la Philharmonie de Paris.

Cannes: Jennifer Lawrence, mère Ă  la folie dans “Die, My Love”

Jennifer Lawrence se donne sans compter dans “Die, My Love”, prĂ©sentĂ© samedi soir en compĂ©tition Ă  Cannes, oĂą la star amĂ©ricaine joue une mère qui sombre dans la folie sous les yeux d’un conjoint incarnĂ© par le Britannique Robert Pattinson.HabituĂ©e de la Croisette, sa rĂ©alisatrice, l’Ecossaise Lynne Ramsay, est de retour pour la huitième fois au festival. Elle y a laissĂ© des souvenirs marquants, de “We Need to Talk about Kevin” (2011) avec Tilda Swinton, John C. Reilly et Ezra Miller, sur un adolescent ayant commis un massacre dans son Ă©cole, Ă  “A Beautiful Day” (prix du scĂ©nario en 2017) avec Joaquin Phoenix en tueur Ă  gages.Très attendu Ă©galement pour son casting, avec deux des trentenaires les plus demandĂ©s d’Hollywood, “Die, My Love”, Ă  son tour, ne laisse pas indemne.Le film, coproduit par Martin Scorsese et adaptĂ© d’un roman argentin, “Crève, mon amour” d’Ariana Harwicz, montre deux jeunes amants aux gueules d’ange qui emmĂ©nagent dans une belle maison de campagne. Elle est romancière, en recherche d’inspiration. Lui est musicien, la suit et la soutient. Ivres d’amour, ils cultivent leur grain de folie, jouant Ă  quatre pattes dans les herbes folles ou s’Ă©battant sur le carrelage de la cuisine.Tout bascule Ă  la naissance de leur bĂ©bĂ©, laissĂ© le plus souvent hors champ. Les failles se rĂ©vèlent par petites touches. La folie douce tourne Ă  la mĂ©lancolie puis Ă  la violence, tandis que le personnage de Robert Pattinson, impuissant, multiplie les absences.L’entourage, un voisin (Lakeith Stanfield) avec lequel la mère de famille semble entretenir une liaison, au moins fantasmĂ©e, ou la belle-mère, interprĂ©tĂ© par Sissy Spacek, n’est d’aucune aide.Progressant dans le flou, le film ne livre jamais toutes ses clĂ©s, mais s’inscrit dans une sĂ©rie d’œuvres offrant de nouveaux regards sur une maternitĂ©, totalement dĂ©sacralisĂ©e et montrĂ©e sans fard.- Ĺ’uvres de rĂ©alisatrices -Ces films sont souvent l’œuvre de rĂ©alisatrices, comme “If I Had Legs I’d Kick You”, de l’AmĂ©ricaine Mary Bronstein, avec Rose Byrne, sensation aux derniers festivals de Sundance et de Berlin, ou, cĂ´tĂ© français, “A plein temps” avec Laure Calamy, primĂ© Ă  Venise.A 34 ans, Jennifer Lawrence, connue du grand public pour les sagas “Hunger Games” et “X-Men” ou le film Ă  succès de Netflix “Don’t look up: dĂ©ni cosmique” avec Leonardo DiCaprio, Ă©tait jusqu’Ă  prĂ©sent peu venue Ă  Cannes pour y prĂ©senter des films.Avec sa prestation intense dans “Die, My Love”, oĂą elle est dans quasiment tous les plans, celle qui a remportĂ© l’Oscar de la meilleure actrice en 2013 pour la comĂ©die dramatique “Happiness Therapy”, avec Bradley Cooper, s’offre un ticket pour un Ă©ventuel prix d’interprĂ©tation samedi prochain.Jennifer Lawrence Ă©tait enceinte de son deuxième enfant lors du tournage et a expliquĂ© Ă  Cannes que cela l’avait aidĂ©e Ă  s’immerger dans le personnage. “Niveau hormones, je me sentais plutĂ´t bien, joyeuse. Et c’Ă©tait la seule façon de plonger dans le rĂ´le, de m’immerger dans les Ă©motions”, a-t-elle dit.”Mon travail est Ă©troitement liĂ© aux Ă©motions que j’Ă©prouve”, a-t-elle ajoutĂ©. Avoir des enfants “m’a ouvert les yeux sur le monde (…) comme quelqu’un d’hypersensible. (…) Mes enfants ont changĂ© mon potentiel de crĂ©ativitĂ©”, a-t-elle soulignĂ©. “Pour devenir acteur ou actrice je vous conseille de faire des enfants!”Robert Pattinson, 39 ans, est lui bien davantage habituĂ© aux marches rouges de la Croisette, qu’il a notamment gravies Ă  deux reprises au cĂ´tĂ© de David Cronenberg.Après ce rĂ´le de père de famille, il retournera sur le plateau d’une adaptation très attendue de “L’OdyssĂ©e” d’Homère par Christopher Nolan, avec le tout-Hollywood: Matt Damon, Tom Holland, Anne Hathaway ou encore Zendaya. Il retrouvera aussi bientĂ´t le costume de Batman pour un nouvel opus signĂ© Matt Reeves.

Mètre, kilogramme… Dans les labos du LNE, on garde la mesure

C’est un cylindre de platine iridiĂ© vieux de 136 ans sans lequel il serait impossible de faire un gâteau, un mĂ©dicament ou un pont. BaptisĂ© “Prototype 35”, ce poids d’un kilogramme est l’Ă©talon de toutes les balances de France.Dans les sous-sols du Laboratoire national de mĂ©trologie et d’essais (LNE) dans le 15e arrondissement de Paris, Florian Beaudoux sort d’une armoire le prĂ©cieux objet de 39 mm de diamètre et 39 mm de haut, conservĂ© sous cloche. “On ne peut pas l’utiliser trop souvent”, explique le responsable du dĂ©partement masse et grandeurs dĂ©rivĂ©es au LNE. “MĂŞme en le manipulant avec une pince spĂ©ciale, on enlève Ă  chaque fois des nano morceaux” qui vont petit Ă  petit changer sa masse.Le “prototype 35” est au sommet français d’une chaĂ®ne d’Ă©talonnage reliant de façon ininterrompue chaque masse utilisĂ©e dans l’industrie ou le commerce au kilogramme utilisĂ© internationalement. En le comparant Ă  d’autres masses lors d’un processus très rigoureux, on obtient des Ă©talons “allant de 100 microgrammes – de petits fils qui ont l’Ă©paisseur d’un cheveu – jusqu’Ă  5 tonnes”, dĂ©taille le scientifique.Dans un autre laboratoire, ses collègues règlent des lasers pour s’approcher au plus près de la dĂ©finition du mètre. Les longueurs d’onde servent ensuite Ă  calibrer des objets physiques, des cales-Ă©talon, pour mesurer des longueurs, des diamètres ou des angles. C’est ce principe de “dissĂ©mination” qui permet de garantir qu’un mĂŞme sac de pommes affichera une masse Ă©quivalente sur n’importe quelle balance d’un supermarchĂ©. Que le rĂ©sultat d’une prise de sang sera identique quel que soit le laboratoire oĂą elle est rĂ©alisĂ©e. Ou que les ailes d’un avion fabriquĂ©es en Allemagne pourront ĂŞtre raccordĂ©es sans mal au fuselage conçu en France.Pendant longtemps, “c’Ă©tait le bazar”, rappelle M. Beaudoux. Le temps n’Ă©tait pas le mĂŞme Ă  Paris et Bruxelles, la longueur d’un tissu Ă©tait mesurĂ©e en aune et celle d’un terrain en pied et la livre de blĂ© de Brest ne valait pas celle de Marseille.- Et le mètre prit pied -La RĂ©volution française, avec son idĂ©al d’Ă©galitĂ©, a voulu y mettre bon ordre. Les scientifiques ont mis au point un système dĂ©cimal dans lequel volume, masse et longueur seraient calculĂ©es Ă  partir d’une fraction du mĂ©ridien terrestre: le système mĂ©trique Ă©tait nĂ©.Avec le dĂ©veloppement des Ă©changes commerciaux, d’autres pays se sont intĂ©ressĂ©s Ă  cette “invention” française. Il y a 150 ans, le 20 mai 1875, 17 pays ont signĂ© Ă  Paris la “Convention du mètre”, un traitĂ© crĂ©ant un Système international de mesures.Aujourd’hui utilisĂ© par plus de 150 pays, il compte sept unitĂ©s: le mètre, le kilogramme, la seconde, le kelvin (tempĂ©rature), le candela (intensitĂ© lumineuse), l’ampère (intensitĂ© Ă©lectrique) et la mole (quantitĂ© de matière). Leurs dĂ©finitions ont Ă©voluĂ© pour Ă©liminer les incertitudes inhĂ©rentes Ă  l’utilisation de rĂ©fĂ©rences matĂ©rielles comme la Terre, dont la taille et la vitesse de rotation varient. Le mètre est dĂ©sormais dĂ©fini Ă  partir de la vitesse de la lumière, une constante fondamentale de la physique. Le kilogramme n’est plus la masse d’un dĂ©cimètre cube d’eau, mais est liĂ© Ă  une constante de la physique quantique.  A charge pour les diffĂ©rents instituts de mĂ©trologie de trouver les moyens de les mettre en Ĺ“uvre.”Pour la masse, la France Ă©tait un des trois seuls pays Ă  possĂ©der une balance de Kibble (un instrument de très haute prĂ©cision, NDLR) qui pouvait donner une valeur”, rappelle Maguelonne Chambon, directrice de la recherche du LNE, qui souligne l’importance de la collaboration internationale dans cette science.”Il faut qu’on se compare, qu’on comprenne d’oĂą viennent les Ă©carts, puis comment les rĂ©gler pour arriver Ă  un consensus”, prĂ©cise-t-elle. Et pour cela, “il faut des laboratoires sur diffĂ©rents sites de la planète”, pour tenir compte d’environnements distincts, et avec qui il est “important d’avoir des relations suivies”.D’oĂą des inquiĂ©tudes sur les possibles rĂ©percussions des coupes budgĂ©taires du prĂ©sident Donald Trump sur la science amĂ©ricaine.”Nos collègues amĂ©ricains sont très, très inquiets parce qu’il n’y a pas de logique (dans les coupes, NDLR). Et cela peut avoir un impact sur la recherche”, avertit-elle.