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Démissionnaire malgré lui, l’élu de Moselle a obtenu gain de cause

Il avait “démissionné” contre son gré: un élu d’un village de Moselle victime d’une fausse lettre de démission pourra réintégrer le conseil municipal, a tranché lundi le tribunal administratif de Strasbourg.”Un conseiller municipal qui dément être l’auteur d’une démission dispose du droit de contester la décision du maire qui en a pris acte”, a estimé le juge des référés, précisant que la démission d’un élu n’est effective qu’à la condition “qu’elle émane librement et sans équivoque de l’élu concerné”. Le juge a donc ordonné la suspension de l’exécution de la décision par laquelle la maire avait pris acte de cette démission.Julien Ruaro, un ingénieur de 39 ans, s’était présenté en 2020 aux élections municipales sur l’unique liste en lice de Coin-lès-Cuvry, un village de 800 habitants situé à une dizaine de kilomètres de Metz.Il y devient la principale voix d’opposition au conseil municipal et dénonce en 2021 aux gendarmes des faits de prise illégale d’intérêts présumée visant le premier adjoint, notaire de profession, autour d’un projet immobilier.Quand la maire, Anne-Marie Linden-Guesdon, reçoit en janvier 2024 une lettre au nom de Julien Ruaro l’informant de sa démission, elle en prend acte sans vérifier son authenticité.C’est le début d’une longue bataille administrative pour cet ingénieur à l’Agence de la transition écologique (Ademe) qui dénonce une usurpation d’identité.À l’audience le 13 mai, M. Ruaro a assuré seul sa défense. “J’ai un mandat bénévole, je ne peux pas en plus me permettre de payer un avocat”, a-t-il confié à l’AFP. – Démission irrévocable -M. Ruaro a timidement demandé sa réintégration au conseil municipal de son village où il vit depuis 2015, s’appuyant sur une expertise graphologique qui démontre que la lettre de démission a été falsifiée. Dans les résultats de l’analyse, consultés par l’AFP, l’expert graphologue a conclu que les mentions manuscrites, notamment sur le bordereau d’envoi de la lettre recommandée, “sont à attribuer à la main d’un tiers non identifié”.L’avocat de la défense, Jean Erkel, qui dénonce un dossier aux “dimensions ubuesques”, a pour sa part estimé que le rapport d’expertise est “ambigu”. Il a relevé une “concordance” de la missive avec d’anciens écrits qui prouvent selon lui qu’il s’agit bien du même auteur. Julien Ruaro avait déposé plainte pour faire reconnaître une usurpation d’identité et envoyé en mairie une attestation sur l’honneur en ce sens, sans effet. “Une fois qu’une démission passe entre les mains du maire, elle est irrévocable”, expliquait en 2024 l’édile, Anne-Marie Linden-Guesdon. Un argument qui ne tient pas pour M. Ruaro. “Ça voudrait dire qu’on pourrait envoyer des lettres de démission pour n’importe qui”, a-t-il lâché.”Les fins de non-recevoir ne peuvent qu’être écartées”, a confirmé le juge des référés dans son ordonnance.- Lanceur d’alerte? -L’Association nationale des élus locaux d’opposition (AELO), a soutenu la requête de M. Ruaro et apporté des arguments en sa faveur auprès du tribunal. “M. Ruaro a été victime d’un complot visant à l’exclure du conseil municipal de la commune”, écrivait l’AELO dans la note transmise au juge.La maire, absente à l’audience, “est actuellement sous antidépresseurs”, a fait valoir son avocat, qui a dénoncé des interpellations “chaque semaine, presque chaque jour en mairie, parfois de manière extrêmement virulente”. Il a ajouté que si M. Ruaro était réintégré, “tous les élus démissionneraient tant ils sont excédés” par son comportement. “On me fait passer pour quelqu’un qui traumatise la mairie, c’est de la psychiatrisation des opposants, caractéristique des régimes autoritaires”, a déploré Julien Ruaro. Il demande aujourd’hui à être reconnu en tant que “lanceur d’alerte”. Un statut qui lui apporterait notamment un appui financier pour les démarches juridiques qu’il a engagées ces derniers mois.

Le 8e sommet Choose France bat un record d’investissements et concrétise des projets dans l’IA

Le 8e sommet Choose France lundi, évènement destiné à attirer les investissements étrangers en France, va battre un nouveau record cette année avec 20 milliards d’euros de projets nouveaux annoncés et 20,8 milliards d’euros de concrétisations d’engagements sur l’intelligence artificielle (IA) pris en février.En tout, une cinquantaine de projets seront dévoilés ou confirmés. Plus de 200 patrons des cinq continents sont attendus au château de Versailles sur le thème “France, terre de créativité”, pour rencontrer les membres du gouvernement français et le président Emmanuel Macron, et discuter de futurs investissements en France ou en annoncer.Pour la 6e année consécutive, la France a été sacrée cette année premier pays européen en termes d’investissements étrangers par le baromètre EY, avec 1.025 projets, un nombre toutefois en baisse, comme pour les autres pays du podium.Après les 15 milliards d’euros de l’édition 2024, un record de 20 milliards d’euros d’investissements nouveaux sera dévoilé, a indiqué l’Elysée. “C’est un jour ensoleillé et je suis là pour de belles nouvelles”, s’est réjoui lundi Emmanuel Macron au cours d’une visite à l’usine d’autobus électriques de l’allemand Daimler à Ligny-en-Barrois dans la Meuse, au moment où le constructeur s’engage à investir plus de 92 millions d’euros notamment dans son agrandissement.Il est attendu au château de Versailles en début d’après-midi.Le sommet “participe du redéveloppement, du redéploiement d’une puissance industrielle française”, s’est félicité sur RTL le ministre de l’Economie Eric Lombard.”De la propagande”, a commenté sur X le député Insoumis Eric Coquerel, selon qui “le bilan macroniste c’est la désindustrialisation”.Parmi les projets d’ampleur annoncés lundi figurent un investissement de 6,4 milliards d’euros de l’américain Prologis, pour la construction de centres de données et d’entrepôts, et la confirmation par MSC Croisières d’une commande de deux navires aux chantiers de Saint-Nazaire pour 3,5 milliards d’euros.- Centres de données et IA à l’honneur -Des annonces bienvenues en pleines discussions sur les droits de douane américains, alors que les Etats-Unis eux-mêmes font tout pour attirer les investissements étrangers. Les patrons américains représenteront cette année 19% des dirigeants présents à Choose France et les patrons européens, 40%. Les fonds souverains du Golfe seront aussi très présents.L’autre volet des annonces attendues concerne les premières concrétisations des 109 milliards d’investissements en France dans le domaine de l’intelligence artificielle promis en février lors d’un vaste sommet sur l’IA.Ainsi, le canadien Brookfield confirmera investir 10 milliards d’euros pour un site à Cambrai (Nord). L’américain Digital Realty scellera ses engagements pour des centres de données à Marseille et Dugny (Seine-Saint-Denis), pour 2,3 milliards.Un autre projet autour de l’IA, avec le fonds d’investissement émirati MGX, sera aussi confirmé, pour l’établissement d’un campus IA en Ile-de-France, avec une première tranche de 8,5 milliards d’euros.La France, remarque l’Elysée, est grâce au nucléaire, énergie décarbonée, un “paradis énergétique” pour des structures d’IA voraces en électricité.Cette année, Choose France attirera aussi des capitaux pour l’économie circulaire, notamment le recyclage textile, la mobilité décarbonée, ou le cinéma et l’audiovisuel.Les géants mondiaux, comme Amazon, Mars, Ikéa ou Netflix, Ferrero ou GSK, lanceront tous de nouveaux investissements en France. Tandis que la fintech britannique Revolut a dévoilé lundi un milliard d’euros d’investissement avec la création son nouveau siège social pour l’Europe de l’ouest à Paris.Le judoka multimédaillé d’or Teddy Riner sera l’invité d’honneur de la séance plénière.- “Pognon de dingue” -Emmanuel Macron, pour sa part, tiendra une table ronde avec des chefs d’entreprise sud-coréens, deux autres sur l’intelligence artificielle et la transition énergétique.Il recevra le magnat mexicain Carlos Slim, Stella Li du constructeur de voitures électriques chinois BYD et le directeur général du saoudien Qiddiya, avant un “dîner de travail” sous les ors du château.Dimanche, Emmanuel Macron a posté sur X une vidéo montrant une succession de patrons de grandes entreprises étrangères – Coca Cola, Merck, Disney ou Procter & Gamble – annonçant leurs investissements à de précédentes éditions de Choose France.La vidéo est ponctuée de bruits de tiroir-caisse, et on entend Emmanuel Macron prononcer son expression “un pognon de dingue” – employée en 2018 pour parler des dépenses sociales, ce qui lui avait valu des critiques – pour qualifier ces annonces, qui ont représenté 47 milliards d’euros depuis 2017. “On continue?”, engage-t-il.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Indonésie: nouvelle éruption du volcan Lewotobi Laki-Laki

Un volcan dans l’est de l’Indonésie est entré en éruption à deux reprises lundi provoquant un nuage de cendres d’un kilomètre de hauteur, les autorités ayant relevé le niveau d’alerte à son maximum.Le mont Lewotobi Laki-Laki sur l’île touristique de Flores est entré en éruption à 00H08 lundi (16H08 GMT), projetant d’épaisses cendres à 1,2 kilomètres au-dessus de son sommet, a indiqué l’agence de volcanologie locale dans un communiqué.Elle a été suivie d’une autre éruption à 09H36, selon la même source.Les autorités avaient déjà relevé dimanche soir le niveau d’alerte à son maximum pour ce volcan à deux pics de 1.584 mètres de haut.”Les résultats des analyses visuelles et instrumentales ont montré que les activités de Lewotobi Laki-Laki sont encore élevées”, a déclaré dimanche Muhammad Wafid, directeur de l’agence géologique indonésienne, dans un communiqué, mettant en garde contre le risque potentiel d’une “éruption encore plus grande”.Dimanche, une série d’éruptions a projeté des cendres jusqu’à six kilomètres d’altitude au-dessus du sommet du Laki-Laki, selon l’agence.Le directeur de l’agence géologique a également demandé aux résidents de porter des masques afin de se protéger des cendres volcaniques et aux touristes de ne pas s’approcher à moins de six kilomètres du cratère.Il a également mis en garde contre la risque de coulées de boue ou de débris en cas de fortes pluies, en particulier pour les communautés situées autour des rivières qui prennent leur source au sommet du volcan.Lewotobi Laki-Laki était déjà entré en éruption à plusieurs reprises en novembre, tuant neuf personnes, annulant des dizaines de vols internationaux vers Bali et entraînant l’évacuation de milliers de personnes.Le Laki-Laki, qui signifie “homme” en indonésien, est jumelé avec un volcan plus calme et dont le nom indonésien signifie “femme”.

Dans l’ombre de Bétharram, le procès du pédocriminel Le Scouarnec peine à mobiliser

Près de trois mois après son début à Vannes (Morbihan), le procès du chirurgien pédocriminel Joël Le Scouarnec n’a suscité “aucune” prise de position politique, contrairement à l’affaire Bétharram, et échoue à faire avancer la lutte contre la pédocriminalité, regrettent victimes, associations et avocats.Pour Solène Podevin-Favre, codirectrice de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), “il n’y a pas eu de mobilisation de la société ni du monde politique alors que tous les éléments étaient là.”Jugé depuis le 24 février par la cour criminelle du Morbihan pour des violences sexuelles sur 299 victimes majoritairement mineures, Joël Le Scouarnec “a tout avoué et ne remet pas en cause la parole des victimes: pour un procès de pédocriminalité, c’est atypique”, souligne-t-elle auprès de l’AFP.Cela aurait pu être “une occasion en or” pour “rouvrir le débat sur la lutte contre la pédocriminalité”, “d’autant plus que l’affaire Bétharram a été révélée quelques jours avant” le début du procès, estime-t-elle.Mais pour Mme Podevin-Favre, “si le monde politique s’est emparé de Bétharram, le silence est quasi complet sur Le Scouarnec (…) il ne mobilise pas.”- “Pas un fait divers” -Pourtant, rappelle Manon Lemoine, une des victimes, “l’affaire Le Scouarnec n’est pas un fait divers mais un fait politique.””On essaie de faire de lui un monstre, mais ce monstre, c’est la société qui l’a créé et qui l’a laissé perdurer”, tempête la jeune femme de 36 ans, que l’accusé a reconnu avoir violée lorsqu’elle en avait 11.Pour que la société “ne détourne pas le regard”, les victimes “ont fait tout leur possible”, note-t-elle.Nombre d’entre elles ont ainsi levé le huis clos de leurs audiences. D’autres ont politisé leur prise de parole, prenant à partie l’avocat général ou la cour, comme Nicolas Gourlet, 31 ans, qui a exigé lors de sa déposition fin avril que “les choses bougent et qu’on n’ait pas un +Le Scouarnec bis+ dans la nature”.Et de plus en plus de victimes parlent à visage découvert dans les médias “pour que la honte change de camp” et “aider les gens à s’identifier” à elles. Comme Manon Lemoine, qui rêve encore d'”un sursaut du monde politique” à huit jours du verdict.Si “le procès de Joël Le Scouarnec, c’est le procès de la responsabilité de Joël Le Scouarnec, rien d’autre”, Me Frédéric Benoist, avocat de l’association La Voix de l’Enfant aimerait néanmoins que ce procès “alerte le gouvernement”.Pour qu’enfin, “il y ait une vraie politique de protection de l’enfance en matière de pédophilie”, insiste-t-il, rappelant “le très faible budget” du seul dispositif d’aide en France destiné aux pédophiles, dénommé STOP.”Mais pour l’instant on est loin de la prise de conscience sociétale espérée.”- “Interpeller” les politiques -Face à l'”apathie politique”, Mme Podevin-Favre tente de voir le verre à moitié plein.Ainsi, en mars, “des avancées ont eu lieu, avec notamment l’avis favorable du gouvernement concernant un meilleur contrôle du FIJAIS”, le fichier recensant les auteurs d’infractions sexuelles ou violentes.”Le gouvernement n’a pas communiqué dessus, comme s’il se doutait que c’est encore insatisfaisant”, remarque la codirectrice de la Ciivise.Le procès a aussi permis de souligner “l’importance des lanceurs d’alerte” pour dénoncer des pédocriminels, estime Gabriel Trouvé, 34 ans, une des victimes de Joël Le Scouarnec, à l’issue du témoignage auprès de la cour de Thierry Bonvalot, le 13 mai.Ce psychiatre avait dénoncé dès 2006 -en vain- le comportement suspect de Joël Le Scouarnec dont il était alors le collègue à Quimperlé (Finistère).Gabriel, Manon, Nicolas, tous ont rejoint un collectif réunissant une cinquantaine de victimes de Joël Le Scouarnec.”Nous sommes effarés de constater que ce +procès du siècle+ ne fait pas date auprès du gouvernement et, plus largement, du grand public”, regrette dans un communiqué le collectif.Lundi matin, une vingtaine de victimes et leurs proches, réunis au sein d’un collectif, ont manifesté devant le tribunal contre le “silence du monde politique”, qui a bien su “se mobiliser pour Bétharram”.Ils ont exigé “une commission interministérielle” pour “tirer les leçons” de l’affaire Le Scouarnec.Présente également, la députée Sandrine Josso (MoDem) a regretté auprès de l’AFP que le “silence” du gouvernement “provoque une victimisation secondaire” des parties civiles.

MSC Croisières commande deux navires au chantier naval français de Saint-Nazaire pour 3,5 mds d’euros

L’armateur suisse MSC Croisières a confirmé lundi la commande de deux nouveaux navires aux Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire, dans l’ouest de la France, pour un investissement global d’environ 3,5 milliards d’euros.Le groupe a signé lundi matin cette commande à Paris, à Bercy, en marge du sommet Choose France, qui annonce un total de 37 milliards d’euros d’investissements étrangers en France, dont 20 milliards inédits.”C’est un modèle de partenariat industriel soutenu par l’Etat (…) un exemple de relation privilégiée fondée sur la confiance”, a déclaré le ministre de l’Industrie Marc Ferracci.L’Etat français a fourni aux Chantiers des garanties à l’export, selon lesquelles la banque publique d’investissement Bpifrance couvre les risques liés à ce contrat.La livraison de ces deux navires, les cinquième et sixième de la série “World Class”, tranportant plus de 5.000 passagers, est prévue respectivement en 2029 et 2030. Ils rejoindront le MSC World Europa et le MSC World America, déjà en service, ainsi que le MSC World Asia et le MSC World Atlantic, actuellement en construction, dont les livraisons sont prévues respectivement en 2026 et 2027.L’industrie de la croisière se porte bien parce qu’elle offre “un bon rapport qualité/prix”, notamment en Amérique du Nord et en Europe, avec des taux de réservation plus élevés pour cet été qu’en 2024, a souligné Pierfrancesco Vago, président exécutif de la division croisières du groupe MSC.MSC Croisières souligne que ces nouveaux navires, dont la navigation au fioul est très polluante, sont “parmi les plus efficients en matière énergétique” et sont “compatibles avec différents carburants alternatifs, y compris le GNL biosourcé et synthétique ainsi que le diesel biologique”. Les navires seront également équipés de systèmes de connexion électriques à quai pour réduire les émissions durant les escales, notamment de CO2 ainsi que d’oxyde d’azote (NOx) et d’oxyde de soufre (SOx). Mais ces connexions restent encore rares dans les ports.”Il y a aujourd’hui l’ambition d’être l’industrie ou le constructeur de bateaux le plus exigeant sur ces critères-là et il y a encore certainement plein de progrès qui vont être effectués dans les prochaines années”, a relevé M. Ferraci.”On va continuer de se battre au niveau national pour notre industrie navale (…) mais aussi au niveau européen. Nos concurrents asiatiques notamment ne jouent pas toujours à armes égales avec nous”, a noté le ministre.Cette commande s’inscrit “dans une stratégie industrielle de long terme pour MSC Croisières, et s’appuie sur un partenariat solide avec Chantiers de l’Atlantique, qui a construit 19 des 23 navires de la compagnie à ce jour”, le reste ayant été construit en Italie, a précisé le croisiériste.Avec cette nouvelle commande, l’investissement direct total de MSC Croisières en France au cours des deux dernières décennies dépasse désormais les 18 milliards d’euros, selon la compagnie.Les discussions autour des prochains navires ont déjà commencé, a souligné Laurent Castaing, directeur général des Chantiers de l’Atlantique.

Incendie mortel à Courchevel: un Algérien devant les assises de Chambéry

L’incendie avait fait deux morts et de nombreux blessés et avait marqué le petit monde des saisonniers en montagne: un Algérien comparaît lundi devant les assises à Chambéry, accusé d’avoir volontairement mis le feu à leur résidence à Courchevel.Le sinistre s’était déclaré le 20 janvier 2019 peu après 4H00 du matin à l’Isba, une résidence abritant plusieurs dizaines de travailleurs saisonniers dans la très huppée station de ski de Courchevel (Savoie).Deux d’entre eux, une femme de 32 ans et un homme de 50 ans, employés dans des restaurants de la station, avaient succombé asphyxiés, et une vingtaine avaient été blessés, certains en sautant des étages de ce bâtiment des années 70.Le procès s’est ouvert lundi matin devant la cour d’assises de la Savoie au palais de justice de Chambéry après le tirage au sort des six jurés et l’appel des parties civiles, au nombre d’une cinquantaine. Il doit s’étirer sur une dizaine de jours.L’accusé, Hicham Abderraouf, cheveux courts et fines lunettes, est apparu dans le box vitré et a décliné calmement devant la cour ses noms, date et lieu de naissance, le 21 mai 1997 à Chlef en Algérie. Il aura 28 ans au troisième jour de son procès.En récidive après de précédentes condamnations pour trafic de drogue, il est accusé notamment de “destruction du bien d’autrui par un moyen dangereux” ayant entraîné la mort et des infirmités permanentes, ainsi que de détention d’arme et d’évasion par violence. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.L’accusé, soupçonné d’avoir agi par vengeance envers une ex-petite amie logée dans cette résidence, nie les faits depuis son placement en garde à vue en 2019.La première journée est consacrée à un interrogatoire de personnalité de l’accusé, puis à l’audition d’un policier et de plusieurs experts en incendies. Suivront les témoins mardi puis d’autres experts avant les parties civiles à partir de jeudi. Le verdict est attendu le 30 mai.Hicham Abderraouf est “impatient de comparaître devant la juridiction”, a indiqué à l’AFP l’un de ses avocats, Me Ghaïs Bencharif, qui entend plaider “l’acquittement”. “Il y avait des éléments, et je le reconnais, objectifs, qui pouvaient laisser penser que M. Abderraouf s’était rendu coupable” de l’incendie: mais au moins une autre piste impliquant une autre personne “n’a absolument pas été creusée par les enquêteurs, elle a même été balayée d’un revers de main”, accuse l’avocat, pour qui “le travail d’enquête aurait pu être mieux fait”.- Interpellé à Malaga -Son client, interpellé et mis en examen deux mois après l’incendie, avait été libéré début avril 2021 en raison d’un vice de procédure. Après plusieurs péripéties et une évasion en 2021, il avait été interpellé en janvier 2023 à Malaga (Espagne) et remis aux autorités françaises.S’il s’est soustrait à la justice à l’époque, c’est en raison de son passé de “délinquant”: pour autant, il y a “une différence notable entre un pyromane et un trafiquant de stupéfiants”, fait valoir Me Bencharif. Quant aux parties civiles, elles sont “en recherche de vérité, elles veulent comprendre ce qui s’est passé, et surtout que toutes les responsabilités soient mises au jour”, souligne Me Sylvain Cormier, qui défend plusieurs personnes blessées lors du sinistre.Elles seront également très attentives, selon lui, à un deuxième procès, attendu en juin devant le tribunal correctionnel d’Albertville, qui visera cette fois le propriétaire de l’immeuble, dont la vétusté contrastait avec les luxueux hôtels de la station.Ce propriétaire, un homme d’affaires bien connu dans la station, a été mis en examen en octobre 2021 pour “homicide et blessures involontaires par violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence”, “non-respect des règles d’entretien et de sécurité des bâtiments d’habitation”, et “hébergement de travailleurs dans un local non conforme”.

Investissements: le 8e sommet Choose France bat un record et concrétise des projets dans l’IA

Le 8e sommet Choose France lundi, évènement destiné à attirer les investissements étrangers en France, va battre un nouveau record cette année avec 20 milliards d’euros de projets nouveaux annoncés et 17 milliards d’euros de concrétisations d’engagements sur l’intelligence artificielle (IA) pris en février.En tout, une cinquantaine de projets seront dévoilés ou confirmés. Plus de 200 patrons des cinq continents sont attendus au château de Versailles sur le thème “France, terre de créativité”, pour rencontrer les membres du gouvernement français et le président Emmanuel Macron, et discuter de futurs investissements en France ou en annoncer.Pour la 6e année consécutive, la France a été sacrée cette année premier pays européen en termes d’investissements étrangers par le baromètre EY, avec 1.025 projets, un nombre toutefois en baisse (de 14%), comme pour les autres pays du podium.Après les 15 milliards d’euros de l’édition 2024, un record de 20 milliards d’euros d’investissements nouveaux sera dévoilé, a indiqué dimanche l’Elysée, comme l’avait annoncé Emmanuel Macron dès vendredi à la presse quotidienne régionale. “Ça participe du redéveloppement, du redéploiement d’une puissance industrielle française”, s’est félicité lundi sur RTL le ministre de l’Economie Eric Lombard.Parmi ces projets nouveaux, un investissement de 6,4 milliards d’euros de l’américain Prologis, pour la construction de centres de données et d’entrepôts, et la confirmation par MSC Croisières d’une commande de deux navires aux chantiers de Saint-Nazaire pour 3,5 milliards d’euros.- Centres de données et IA à l’honneur -Des annonces bienvenues en pleines discussions sur les droits de douane américains, alors que les Etats-Unis eux-mêmes font tout pour attirer les investissements étrangers. Les patrons américains représenteront cette année 19% des dirigeants présents à Choose France et les patrons européens, 40%. Les fonds souverains du Golfe seront aussi très présents.L’autre volet des annonces attendues concerne les premières concrétisations des quelque 109 milliards d’investissements en France dans le domaine de l’intelligence artificielle promis en février lors d’un vaste sommet sur l’IA.Ainsi, le canadien Brookfield confirmera investir 10 milliards d’euros pour un site à Cambrai (Nord). L’américain Digital Realty scellera ses engagements pour des data centers à Marseille et Dugny (Seine-Saint-Denis), pour 2,3 milliards.Un autre projet autour de l’IA, avec le fonds d’investissement émirati MGX, devrait aussi être confirmé, pour l’établissement d’un campus IA en Ile-de-France.La France, remarque l’Elysée, est grâce au nucléaire, énergie décarbonée, un “paradis énergétique” pour des structures d’IA voraces en électricité.Cette année, Choose France attirera aussi des capitaux pour l’économie circulaire, notamment le recyclage textile, la mobilité décarbonée, ou le cinéma et l’audiovisuel.Les géants mondiaux, comme Amazon, Mars, Ikéa ou Netflix, Ferrero ou GSK, lanceront tous de nouveaux investissements en France. Tandis que la fintech britannique Revolut a déjà dévoilé lundi un milliard d’euros d’investissement avec la création son nouveau siège social pour l’Europe de l’ouest à Paris.Le judoka multi-médaillé d’or Teddy Riner sera l’invité d’honneur de la séance plénière.- “Pognon de dingue” -Emmanuel Macron, pour sa part, tiendra une table ronde avec des chefs d’entreprise sud-coréens, deux autres sur l’intelligence artificielle et la transition énergétique.Il recevra le magnat mexicain Carlos Slim, Stella Li du constructeur de voitures électriques chinois BYD et le directeur général du saoudien Qiddiya, avant un “dîner de travail” sous les ors du château.Il effectue quatre déplacements en amont et en aval du sommet. Avant de se rendre à Versailles, il est ainsi attendu lundi dans la Meuse (est) à l’usine de bus électriques Daimler de Ligny-en-Barrois, où l’entreprise allemande devrait annoncer un nouvel investissement en France.Dimanche, Emmanuel Macron a posté sur X une vidéo montrant une succession de patrons de grandes entreprises étrangères – Coca Cola, Merck, Disney ou Procter & Gamble – annonçant leurs investissements à de précédentes éditions de Choose France.La vidéo est ponctuée de bruits de tiroir-caisse, et on entend Emmanuel Macron prononcer son expression “un pognon de dingue” – employée en 2018 pour parler des dépenses sociales, ce qui lui avait valu des critiques – pour qualifier ces annonces, qui ont représenté 47 milliards d’euros depuis 2017. “On continue?”, engage-t-il.

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Orages: onze départements du sud-ouest placés en vigilance orange lundi après-midi

Météo-France a annoncé le passage de onze départements du sud-ouest de la France en vigilance orange à partir de lundi après-midi en raison d’un “épisode pluvio-orageux marqué”.Le Lot, l’Aveyron, le Tarn-et-Garonne, le Tarn, le Gers, la Haute-Garonne, les Hautes-Pyrénées, l’Ariège, l’Aude et le Cantal seront concernés progressivement à partir de 14H00, selon un bulletin de Météo-France publié lundi matin.Les prévisionnistes anticipent, dans l’après-midi et en soirée, “des orages accompagnés de fortes précipitations, de grêle, de bourrasques et d’une activité électrique importante”.Les météorologues mettent notamment en garde contre “de fortes rafales de vent pouvant atteindre 80 à 100 km/h” et “d’importants cumuls de précipitation, de l’ordre de 30 à 50 mm sur l’épisode avec des maximum locaux pouvant atteindre 60 voire 70 mm”.Ces intempéries pourraient atteindre les départements limitrophes, de façon plus localisée.Du fait des fortes précipitations attendues, une vigilance orange pour pluie-inondation concerne le Lot, le Tarn, le Tarn-et-Garonne et la Dordogne, département déjà touché par des crues de plusieurs rivières il y a un mois.Mardi, la vigilance orange pour pluie-inondation sera maintenue dans ces quatre départements.