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La mobilisation agricole enfle, le gouvernement maintient le cap sur la dermatose bovine

Les agriculteurs menacent mercredi de maintenir leurs blocages pendant les fêtes face à un gouvernement qui garde le cap dans sa gestion de la dermatose bovine, catalyseur d’une colère agricole qui va s’étendre jeudi à Bruxelles contre l’accord UE-Mercosur.La mobilisation s’est durcie il y a une semaine pour s’opposer à l’abattage d’un troupeau contaminé par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) en Ariège.Fer de lance de l’opposition à cette stratégie qui a conduit à l’euthanasie de plus de 3.300 bêtes depuis juin, la Coordination rurale et la Confédération paysanne ont été ralliées par des branches locales des Jeunes Agriculteurs (JA) et parfois de la FNSEA, premier syndicat agricole.”Tant qu’on n’a pas une réponse de l’État, une réponse concrète, on ne bougera pas”, a déclaré Alexandre Garcia membre des JA de l’Aude sur le blocage de l’A61 qui relie Toulouse à la Méditerranée et à l’Espagne, avant qu’un manifestant ne scande “stop à l’abattage et non au Mercosur”, entouré de tracteurs. Les actions sont variées: brasiers sur des routes, blocage des trains, mur de paille devant la préfecture de Limoges et même un chef étoilé dans une manifestation de Haute-Loire. Le ministère de l’Intérieur a relevé mercredi 80 actions sur le territoire mobilisant 3.600 personnes, après 75 mardi, 45 lundi et 27 dimanche.Après deux réunions de crise à Matignon mardi, le gouvernement a annoncé l’extension de la vaccination à 750.000 bovins dans 10 départements du Sud-Ouest, au-delà des seules zones où la maladie a été détectée.Plus d’un million de bêtes ont déjà été vaccinées, principalement en Savoie où l’épizootie a été maîtrisée cet été, mais aussi dans les Pyrénées-Orientales où plus de 80% des bovins ont été vaccinés dans la zone réglementée établie après l’apparition des premiers cas mi-octobre, a indiqué mercredi le ministère de l’Agriculture.- “Dialogue scientifique” – Une première réunion d’une cellule de “dialogue scientifique” aura lieu mercredi soir à Toulouse et réunira plusieurs présidents de chambres d’agriculture départementales, des scientifiques, des vétérinaires et des représentants locaux.Le but est d’étudier les protocoles alternatifs mais la directrice générale de l’alimentation Maud Faipoux a répété mercredi devant une commission de députés que l’objectif n’était “pas de dire oui si ça protège moins bien” mais bien de réfléchir.Un “parlement du sanitaire”, réunion au ministère de tous les acteurs concernés, aura lieu en janvier, a-t-elle ajouté, rendant peu probable un changement majeur de stratégie d’ici-là. La question de la vaccination des 16 millions de bovins en France, demandée par Coordination rurale et Confédération paysanne, sera étudiée mais son impact économique devra être soupesé puisque cela restreindrait les mouvements et donc les exportations.En attendant, le gouvernement compte sur un déploiement massif de vaccins dans le Sud-Ouest et a durci son discours sur les mouvements illicites d’animaux, qui ont probablement contribué à diffuser la maladie la semaine dernière en Occitanie, qui compte 25 des 113 foyers recensés depuis juin en France.”Des interdictions ont été contournées par un certain nombre d’acteurs”, a déclaré le Premier ministre Sébastien Lecornu au Sénat, appelant à la “responsabilité”.Le transport illégal de bovins expose à une amende de 750 euros par tête et la non déclaration d’un animal malade 15.000 euros d’amende et deux ans de prison, “si cela se traduit par l’extension de la maladie”, a indiqué mercredi le ministère de l’Agriculture.- Mercosur en ligne de mire -Mercredi matin, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a appelé à “l’apaisement à l’approche de Noël”, mais les agriculteurs ont dit leur intention de continuer de manifester et bloquer des axes routiers au-delà des fêtes “s’il le faut”.La Confédération paysanne a indiqué mercredi soir prévoir une quinzaine d’actions dans presque autant de départements sur les prochains jours.Jeudi, l’attention sera concentrée sur Bruxelles où les agriculteurs européens espèrent une dizaine de milliers de manifestants pour s’opposer à l’accord de libre-échange entre l’UE et des pays du Mercosur, qui menace selon eux les productions agricoles européennes face à la concurrence du boeuf ou des poulets brésiliens par exemple.Le président de la FNSEA Arnaud Rousseau a prévenu mercredi matin qu’une signature du traité entraînerait de nouvelles actions qui pourraient rappeler celle de l’hiver 2024, durant lequel le premier syndicat avait lancé ses tracteurs sur Paris avant le Salon de l’agriculture.”Il est inacceptable d’amener des denrées cultivées, élevées, avec des moyens de production interdits en Europe”, a lancé Jérôme Barthès, président de la FDSEA de l’Aude, après une manifestation à Carcassonne. D’autres rassemblements ont eu lieu à Strasbourg et à Liège en Belgique mercredi.bur-kal-mdz-bdu-nal/sb/eb

Le “summum” de l’horreur dans l’entourage d’une “revenante” de l’EI jugée à Paris

Carole Sun, Française jugée pour terrorisme à Paris, se décrit comme une femme “ordinaire” quand le Renseignement intérieur égraine, lui, la violence de ses fréquentations au sein du groupe Etat islamique en zone irako-syrienne avant son rapatriement en juillet 2022.L’accusée de 30 ans, née en région parisienne, comparaît depuis mardi devant la cour d’assises spéciale. Partie avec son frère pour la Syrie en juillet 2014, elle avait été arrêtée par les forces kurdes en décembre 2017.”Je me considère comme une femme ordinaire”, “banale”, à la “vie très mouvementée, très dure”, résume l’accusée, maquillée et longs cheveux de jais. Ses “rêves de grandeur”, être avocate, étudier à Sciences Po, etc., volent en éclats en 2009. Elle vient d’avoir 14 ans quand trois jeunes de son quartier la violent. Suivent une fugue, un proxénète qui la prostitue, le repli sur elle et le décrochage scolaire.L’accusée date à 2012 les débuts de sa radicalisation, qui se fait en ligne. Des éléments scientifiques du Coran sur les embryons résonnent en elle, peu après une IVG, dit-elle. Pour l’adolescente d’origine vietnamo-chinoise, l’islam radical apparaît comme une purification d’évènements traumatiques, dont l’absence de son père biologique.Elle multiplie les relations avec des hommes, dont Nassim Tache. C’est là, selon des enquêteurs de la DGSI entendus par la cour, le premier marqueur de sa “dérive radicale”. Ce dernier, condamné par la suite entre autres pour ses liens avec une filière de recrutement, compte en effet parmi ses proches le prédicateur Abdelhakim Sefrioui, qui sera rejugé après avoir été condamné en première instance pour son rôle dans l’assassinat de Samuel Paty. La lycéenne ne finalisera pas son bac. Elle part juste avant, cinq jours après la proclamation du “califat” transfrontalier par l’EI. Les femmes représenteront un tiers des quelque 1.500 Français partis sur zone, les convertis 23%, selon la DGSI.- “tellement facile” -En Syrie, Carole Sun retrouve un homme rencontré récemment en ligne. “Le plan émotionnel prenait le pas sur tout”, dit-elle mercredi. Dès son arrivée, il lui tend un papier. Leur mariage religieux est scellé.Un enquêteur de la DGSI estime que la jeune majeure ne pouvait ignorer dans quoi elle s’engageait et elle évoluera dans un “environnement très combattant, cruel, criminel”.Le président souligne ses contacts avec des “personnages charismatiques” aux “profils lourds”.Il y a d’abord Salaheddine Guitone, son premier mari: un Français décrit comme un propagandiste “sanguinaire” par un enquêteur de la DGSI. Il évolue avec Chaquir Maaroufi dans la katiba al-Battar, une brigade islamiste de combattants étrangers qui représente “le summum de ce qu’a pu être l’horreur” et a constitué “un vivier pour des cellules de préparation d’opérations extérieures”, comptant dans ses rangs des assaillants du 13-Novembre. Il meurt au combat quelques jours après son union religieuse avec Carole Sun.Puis il y a son frère Charly Sun, d’un an son aîné. Il est membre de la police islamique chargée de la sécurité de la ville, selon un document retrouvé sur zone.Quand l’accusée évoque pendant l’enquête des “rondes” et des “confiscations de cigarettes” réalisées par son frère, la DGSI énumère les décapitations et passages à tabac de son unité d’environ sept Français menée par Salim Benghalem.Enfin, son second mari épousé en janvier 2015, un Palestinien originaire de Gaza. Il est membre de l’Amni, la branche de l’EI chargée notamment de la sécurité intérieure et du renseignement. Carole Sun sera arrêtée fin 2017 par les forces kurdes alors qu’elle se trouve dans un convoi, au même titre qu’Emilie König, entre autres jihadistes françaises connues. L’accusée dit avoir tenté de fuir l’organisation.Il ne s’agissait pas d’une reddition mais d’une tentative de l’EI de “relocaliser” des membres dans des “poches un peu partout sur le territoire”, avance mercredi un agent de la DGSI.Dans le boxe, l’accusée assure qu’elle ne savait pas quelle organisation elle rejoignait. “C’était tellement facile de partir”, lâche-t-elle en pleurs, qu’on ne s’est…”. “Pas poser de question”, termine pour elle le président. Quand l’avocate générale pointe une série de contradictions, un ton de défiance remplace les larmes. L’accusée doit être entendue sur ces faits jeudi, dernier jour du procès.  

Au procès d’une députée RN et du maire d’Orange Yann Bompard, l’ombre du père Jacques

L’ombre de Jacques Bompard a plané mercredi au procès de son fils Yann, maire d’Orange, jugé avec la députée RN du Vaucluse Marie-France Lorho pour emploi présumé fictif, un épisode judiciaire crucial à trois mois des municipales.C’est Jaques Bompard, alors maire d’Orange, qui avait mis le pied à l’étrier politique à Mme Lorho dès 2001: cette ancienne déléguée médicale devient conseillère municipale, puis sera sa première adjointe. Elle sera aussi sa suppléante comme députée en 2017, avant de s’asseoir dans son fauteuil à l’Assemblée, sous l’étiquette Ligue du Sud, micro-parti d’extrême droite qu’il a créé. Elle est réélue en 2022, puis en 2024 après la dissolution mais cette fois sous l’étiquette Rassemble National (RN).Yann Bompard devient alors son collaborateur parlementaire, comme il était déjà celui de son père.  Le procès qui se tient mercredi et jeudi devant le tribunal judiciaire de Marseille s’intéresse à la période à partir de laquelle Yann devient maire à la place de son père, condamné pour prise illégale d’intérêt. C’est-à-dire entre décembre 2021 et février 2023, soit à la fin de son contrat de collaborateur parlementaire. Le montant du préjudice pour l’Assemblée, partie civile, serait de 75.000 euros.À la barre, les deux prévenus, désormais officiellement adversaires politiques aux prochaines municipales de mars, ont longuement tenté de convaincre de la réalité du travail de Yann. S’ils étaient condamnés, une peine d’inéligibilité pourrait annihiler leurs ambitions politiques respectives.     – “télescopage” entre les fonctions – Il “a fait des articles” sur sa page Facebook, “des discours, écrit des courriers aux administrés” et a contribué au travail “de veille médiatique”. Sans parler de “tout le relationnel” qu’il assurait pour son compte à Orange, a ainsi mis en avant Mme Lorho. Impossible, cependant, de garder “toutes les traces de ce travail” et des écoutes accablantes d’une conversation entre Mme Lorho et un de ses autres collaborateurs font planer un sérieux doute sur la réalité de cet emploi. Yann Bompard réfute, et insiste sur le fait que, tout en étant maire, il appelait encore “publiquement” Mme Lorho “patronne”. La députée, pourtant, affirme qu’il n’y avait pas “de lien de subordination entre Yann Bompard” et elle “car je me sentais redevable à Jacques Bompard de mon poste et jamais dans ma tête je n’ai pensé à lui donner des ordres”. “J’étais un peu effrayée, voire beaucoup, par la réaction que pouvait avoir Jacques si je me séparais de Yann”, glisse-t-elle ensuite. Elle assure aussi avoir été “insultée” à cette époque par la femme de Jacques Bompard, sur les marchés notamment.  Elle caresse pourtant le projet d’écarter Yann Bompard après la “rupture politique” faisant suite à sa réélection comme députée en 2022, où elle refusera de partager avec la Ligue du Sud et Reconquête les fonds versés par l’Assemblée nationale, les réservant au seul RN.”Elle a tourné le dos aux deux autres étiquettes, je pensais pourtant qu’il y avait une opportunité pour l’union des droites”, a regretté M. Bompard. Il a nié farouchement au passage l’influence prêtée à son père: “Ça ne tient pas debout! Il a 82 ans, il est retraité, il aime la politique, certes, mais, lorsque j’ai été élu, il m’a dit: +c’est ton bureau, je m’en vais+”.C’est précisément le cumul de cette fonction de maire avec celle de collaborateur parlementaire, de conseiller départemental et de président de l’intercommunalité qui intrigue l’accusation, qui parle de “télescopage” entre ces fonctions. Et l’interroge sur “la nécessité de deux salaires”. C’est aussi à partir de ce moment-là que Mme Lorho, qui constate que M. Bompard est moins disponible mais sans renier son apport, décide de le passer à mi-temps. L’élu réplique qu’il se rendait à des réunions locales “en tant que tout”, et “jamais je n’ai senti que je volais l’argent et que je ne faisais pas le métier pour lequel j’étais payé”. 

Un ex-militaire condamné à 30 ans de prison pour le meurtre de sa compagne

Un ex-militaire a été condamné mercredi par la cour d’assises d’Angers (Maine-et-Loire) à 30 ans de réclusion criminelle, assortie d’une peine de sûreté des deux-tiers, pour le meurtre à coups de couteau de sa compagne.Le ministère public avait requis une peine “minimum” de 28 ans de réclusion criminelle.Chryssler Hiro, 26 ans, était jugé depuis lundi pour avoir porté onze coups de couteau au visage et sur le haut du corps de sa compagne, Eléonore Places, alors âgée de 27 ans, elle aussi militaire, le 1er janvier 2022.Pour Me Isabelle Steyer, avocate des parents de la défunte, ce dossier est “la chronique d’une mort annoncée” et “un féminicide”, alors que la jeune femme avait déjà été victime de violences conjugales de la part de Chryssler Hiro en juillet et octobre 2021.Le jeune homme, né en Polynésie française, comparaissait également pour violences volontaires en état d’ivresse manifeste sur son frère, Kessler Hiro, qui l’hébergeait avec sa compagne la nuit du drame, à Bellevigne-les-Châteaux (Maine-et-Loire). Il a également été reconnu coupable de ces violences.”Les deux experts psychiatres ont relevé la dangerosité élevée de l’accusé”, a fait valoir Me Violaine de Filippis, avocate de la maraine d’Eleonore Places, dans ses plaidoiries, estimant qu'”il exist(ait) un risque qu’il recommence”.Dernier né d’une fratrie de quatre enfants, Chryssler Hiro s’était engagé dans l’armée française en décembre 2017. Affecté au 2e régiment d’infanterie de marine de Champagné (Sarthe), son dossier militaire est émaillé de sanctions disciplinaires. Il a été renvoyé de l’armée.S’il a reconnu les violences contre son frère qu’il jugeait trop proche d’Eléonore Places, il nie depuis 2023 le meurtre de cette dernière, après l’avoir pourtant reconnu en garde à vue et lors de son premier interrogatoire. “Je jure que je ne suis pas responsable de ces actes”, a-t-il déclaré lundi.Son avocat, Me Alfred Reboul, a assuré que son client n’était pas “un monstre froid”, mais un homme “inadapté, immature”.Sa peine a été assortie d’un suivi socio-judiciaire pendant huit ans et d’une obligation de soins.

Sciences Po Paris adopte une hausse des frais de scolarité et du salaire de son directeur

Sciences Po Paris a adopté une hausse des frais de scolarité pour les étudiants et une augmentation des rémunérations du directeur et de la présidente de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP), a indiqué l’école mercredi, des décisions concommittantes critiquées par des syndicats étudiants.Ces décisions ont été votées mercredi lors d’une réunion du conseil d’administration de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP), l’un des deux organes de gouvernance de l’école.Concernant les droits de scolarité, le conseil d’administration a décidé que “pour l’année 2026-2027, ils augmenteront de 1,25% après 0% de hausse en 2025-2026”, a indiqué Sciences Po dans une déclaration transmise à l’AFP. Par ce vote, le CA “valide la politique de Luis Vassy qui vise à ne pas faire de la hausse des frais de scolarité le levier principal de financement de Sciences Po”, ajoute-t-elle.Mais pour des syndicats étudiants (Unef et Union étudiante notamment), cette hausse est “inadmissible” et “injuste”, ont-ils souligné dans un communiqué commun publié sur Instagram début décembre.Un rapport de la Cour des comptes sur Sciences Po publié en avril soulignait que l’augmentation des frais de scolarité à Sciences Po, première source de revenus de l’école, avait atteint “en moyenne 27%” pour le Bachelor et “31% pour le Master” entre 2016 et 2024.Parallèlement, le conseil d’administration de la FNSP a “voté en faveur d’une hausse de 2,75% de la rémunération de la présidente de la FNSP et d’une hausse de 2,5% du salaire du directeur de Sciences Po”, a indiqué Sciences Po, précisant que ces rémunérations étaient “gelées respectivement depuis 2012 et 2013”. Il a été décidé par ailleurs, comme en 2025, d’y adjoindre une part variable sur objectifs (PVO) pour le directeur, s’établissant à 25% maximum de sa rémunération, a indiqué à l’AFP un membre du conseil d’administration.”Le principe de la part variable a été reconduit pour 2026″ et le Comité des rémunérations proposera au Conseil d’administration en mars le versement de cette part pour l’an dernier, en fonction des objectifs atteints, a-t-il précisé. La rémunération de Laurence Bertrand Dorléac sera ainsi fixée à 37.000 euros bruts pour 2026, et celle de Luis Vassy comprise entre 205.000 euros et 252.000 euros bruts annuels, selon un document adressé aux membres du CA, consulté par l’AFP.Les syndicats se sont aussi opposés à ces augmentations de rémunérations, estimant que “l’exemplarité budgétaire commence par le haut”.”Alors que les étudiants vont subir une énième hausse des frais de scolarité”, cette hausse “n’est ni une nécessité, ni une priorité”, a estimé l’Union étudiante dans un communiqué.

L’économiste Gaël Giraud soupçonné de violences sexuelles, la justice saisie

L’économiste et prêtre jésuite Gaël Giraud fait l’objet d’un signalement à la justice et d’une enquête interne de l’Église catholique pour des soupçons de violences sexuelles, a annoncé mercredi son ordre religieux à la suite de témoignages parus dans l’hebdomadaire La Vie.Le parquet de Paris a confirmé à l’AFP avoir reçu un signalement de la Compagnie de Jésus, la congrégation des jésuites, le 25 novembre.Une enquête préliminaire canonique – c’est-à-dire relevant du droit de l’Église catholique – a également été ouverte, indique la province d’Europe occidentale francophone de la compagnie, dont dépend Gaël Giraud, entré chez les jésuites en 2004 et ordonné prêtre en 2013.”Dès que nous avons été informés de faits décrits comme une agression sexuelle, nous avons accueilli ces paroles avec toute l’attention, l’écoute et l’empathie qu’exige une telle situation”, assure la province jésuite dans un communiqué.L’enquête de l’hebdomadaire catholique La Vie s’appuie sur les récits de plusieurs anciens collaborateurs et proches de l’économiste, aujourd’hui âgé de 55 ans.Sandra (prénom modifié), qui appartient à l’ordre des “vierges consacrées”, relate une relation sous emprise spirituelle et psychologique ayant dérivé vers des rapports sexuels pouvant “s’apparenter à un viol”.Une autre femme, Chloé (prénom modifié), accuse le prêtre de l’avoir “installée dans une vision de la sexualité qui était celle de la contrainte”.David (prénom modifié), un ancien doctorant, décrit un “fonctionnement sectaire” incluant des pressions quotidiennes lors de son passage dans le laboratoire dirigé alors par Gaël Giraud à l’université jésuite de Georgetown, à Washington.Ce dernier lui reproche également d’avoir plagié ses travaux de recherche dans un article scientifique publié en avril 2022.Interrogé par La Vie, Gaël Giraud conteste “formellement et en bloc” l’ensemble des accusations portées contre lui, qu’il qualifie d'”allégations” et d'”insinuations”.Il met en cause une “coordination” au sein du “groupe de presse” dont fait partie La Vie et Le Monde visant, selon lui, à le “diffamer”.Il a par ailleurs affirmé avoir déposé son propre signalement canonique pour harcèlement moral contre le responsable régional de la Compagnie de Jésus.La congrégation rappelle avoir déjà imposé au prêtre des mesures conservatoires depuis janvier 2024, incluant une interdiction de publication et un suivi psychologique, après lui avoir refusé l’accès à ses vœux définitifs en raison de “comportements inappropriés”.Gaël Giraud avait été mis en avant lors de la “primaire populaire”, mouvement citoyen qui plaidait pour une candidature commune à gauche à l’élection présidentielle de 2022.

Narcotrafic: descentes de police d’ampleur dans plusieurs quartiers de Nantes

Sirènes hurlantes, deux véhicules de police déboulent mercredi dans un quartier populaire de Nantes. Les agents s’engouffrent dans le bâtiment numéro trois d’une cité comptant une petite dizaine d’immeubles, sous le regard de plusieurs habitants à leurs fenêtres.Ils interpellent dans la cage d’escalier une adolescente de 17 ans et saisissent la quarantaine de petits sachets de cocaïne et de résine de cannabis qu’elle avait sur elle, constate un journaliste de l’AFP sur place.Port Boyer est l’un des cinq quartiers de la préfecture de Loire-Altantique visés mercredi par une opération mobilisant 160 policiers et gendarmes, à laquelle l’AFP a pu assister.Elle intervient après des opérations similaires dans d’autres villes de France dont Marseille où le président Emmanuel Macron a réaffirmé mardi sa détermination à mener la guerre contre le narcotrafic.Le trafic de drogue nourrit violence et sentiment d’insécurité dans de nombreuses villes françaises, alors que les points de deal deviennent de plus en plus souvent le terrain de règlements de compte.Mardi, la police nantaise avait déjà contrôlé 192 personnes, procédé à 24 interpellations et à des saisies de cocaïne, cannabis et sachets de résine.Vêtue de noir, l’adolescente sort en larmes de l’immeuble, escortée par les policiers. Elle est immédiatement embarquée dans un fourgon. Son point de deal est sordide, une odeur d’urine flotte dans l’air et les peintures décoratives des communs, fleurs et oiseaux autrefois colorés, sont défraîchies.”Depuis la mi-octobre, on est confronté (…) à une recrudescence de séquences de tirs notamment dans deux quartiers”, dont Port Boyer, explique à l’AFP le préfet de Loire-Atlantique, Fabrice Rigoulet-Roze, pendant que des agents de police fouillent minutieusement chaque étage de l’immeuble, ouvrant les placards, inspectant les gaines techniques…”On ne lâchera rien”, continue-t-il, “on n’est pas de passage et la présence sera physiquement visible le temps qu’il faut pour qu’on puisse combattre ces trafics”.- “Vivre sereinement” -Le quartier est “relativement tranquille la journée”, explique un couple de quadragénaires croisé par l’AFP et qui n’a pas souhaité donner son identité. Mais le secteur devient “dangereux la nuit”, suffisamment pour les décourager de sortir à partir d’une certaine heure.Faire en sorte que les habitants “puissent vivre sereinement et tranquillement” est une priorité, assure Bassem Asseh, premier adjoint à la mairie de Nantes, présent sur place. Il souhaite “faire cesser les épisodes de tirs” et “bousculer les dealers et les consommateurs”, sans qui ces trafics n’existeraient pas.Dans les quartiers Nord de Nantes, à quelques kilomètres de Port Boyer, le major Moreau a manqué de peu deux dealers et un consommateur. Ses agents, talkies à la ceinture, fouillent méthodiquement l’espace autour d’un petit square. On peut entendre non loin jouer les enfants du quartier.Les trafiquants “ont toujours 3 ou 4 doses sur eux”, explique-t-il, “ils répartissent la cocaïne à un endroit, la résine à un autre”, tandis qu’un de ses collègues lui montre deux sachets trouvés par terre.La cocaïne “gagne du terrain”, ajoute à ses côtés le chef de la police de Loire-Atlantique, Philippe Jos. Moins connotée junkie, “l’héroïne revient”, souligne-t-il.Le policier dénombre 3.000 procédures pour usage de stupéfiants à Nantes cette année et 150 procédures pour trafic de stupéfiants, deux chiffres en “augmentation considérable”, selon lui.